- Speaker #0
Pas seul.
- Speaker #1
Mais on sous-estime la quantité d'agression qu'il y a dans ce monde.
- Speaker #2
Du coup, le corps va se préparer à fuir, à combattre, pour être en état de sidération.
- Speaker #1
La société doit nécessairement fonctionner avec le consentement.
- Speaker #3
Ce n'est pas vulgaire et ce n'est pas un gros mot que dire « en fait, je veux une réparation qui est indemnitaire » .
- Speaker #1
Les femmes et le corps de la femme soient la propriété de l'ordre.
- Speaker #3
Les forces de l'ordre, ils sont là pour entendre votre manière. Si vous entendez,
- Speaker #0
peut-être même, tu vois, qu'elles méritent.
- Speaker #3
Ça ne sert pas à rien de prendre un avocat.
- Speaker #1
Le combat, il est humaniste.
- Speaker #2
Aujourd'hui. Même si ça ne va pas, ça ne veut pas dire que demain ça n'ira pas.
- Speaker #1
Intimiste. Bonjour et bienvenue dans ce nouveau podcast Intimiste ou l'équipe de l'intime. Et aujourd'hui, j'ai une équipe du feu de Dieu et c'est normal, on va parler d'un sujet qui méritait bien qu'on soit toute une équipe d'experts pour vous donner les réponses à vos questions. Bonjour tout le monde.
- Speaker #0
Bonjour. Bonjour Sabrina.
- Speaker #3
Bonjour Sabrina. Tout le monde.
- Speaker #1
Alors j'ai avec moi un kinésithérapeute. Guillaume, une psychologue Fanny et une avocate Marie-Camille. Est-ce que vous pouvez vous présenter,
- Speaker #0
Guillaume ? Je commence,
- Speaker #1
c'est très bien. Honneur aux hommes. Tu as une vérité,
- Speaker #0
tu commences. Moi, je suis kiné, j'exerce en libéral. Et aujourd'hui, si on parle de violence sexuelle, le problème, c'est qu'en fait, moi, je pense que je ne suis pas extrêmement informé sur le sujet. Et dernièrement, en fait, une... Personne ne m'a demandé si ce que faisait son kinesthérapeute était normal. Au cours de la séance, ce qui n'était absolument pas le cas, ça ressemblait à des attouchements sexuels. Pour essayer de comprendre un peu plus cette patiente, j'ai fait des recherches de mon côté et je suis vraiment tombé des nues sur les chiffres, sur le peu d'informations qu'on pouvait avoir, sur les réactions aussi que pouvait avoir le reste des gens. Quand on leur parlait de ce cas, on parlera simplement après de ce qu'est la sidération et tout ça, mais je trouvais qu'il y a beaucoup d'injustices. Beaucoup de manque d'informations, beaucoup d'injustices. Et c'est pour ça que je suis vraiment très content d'être là et que je suis impatient d'échanger des informations sur le sujet, parce qu'on en a besoin.
- Speaker #1
Merci à toi, parce qu'en fait, quelque part, c'est toi qui nous a réunis. Même si je vous donne le micro, c'est toi qui nous a réunis, parce qu'effectivement, tu as eu une ouverture sur les violences sexistes et sexuelles. Quand on parle de ces violences sexistes et sexuelles dans la société, on fait souvent rapport aux droits des femmes, aux droits des enfants. Est-ce qu'on va... déchiffrer dans ce podcast, c'est de savoir si c'est vrai, finalement. Et on va essayer de vous amener des réponses pour que si vous tombiez sur ce podcast et que vous les cherchiez, ces réponses, vous les ayez toutes au même endroit. Et pour ça, je vais laisser la parole à Marie-Camille. Est-ce que tu peux te présenter, s'il te plaît ?
- Speaker #3
Oui, bonjour. Alors moi, c'est Marie-Camille Favarelle. Je suis avocat au barreau de... Toulouse et j'exerce en dommage corporel, c'est-à-dire je suis côté victime. Moi, mon but c'est d'aider les gens dans l'indemnisation, parce qu'in fine, c'est quand même un petit peu ça, l'indemnisation des victimes, particulièrement d'accès en route et d'agression. Donc il y a un volet qui, et on va, je pense, le détailler un peu plus tard, il y a plusieurs volets chez moi, un volet qui est civil, un volet qui est également pénal. Et dans ce qui est violence sexuelle, moi j'ai beaucoup de violences intrafamiliales. Moi, ce que j'aimerais un petit peu aussi parler, c'est... et à la fois, et je pense qu'on va en parler, à la fois des victimes femmes et hommes, victimes de violences de leurs soignants, et aussi des soignants qui peuvent être victimes des agissements, des comportements à la fois sexuels, des comportements déplacés de leurs patients. Donc, je trouvais que c'était intéressant de faire un petit peu les deux et parce que je me rends compte avec mes clients qu'il y a un gros imbroglio, il y a un gros flou sur qu'est-ce que je vais faire parce que je suis victime de violences. sexuelle ou parce que je suis victime de violences tout court, ou parce que le médecin très imagé a été sympa avec moi, je n'ai pas compris. Et en fait, quels sont les droits que vont avoir les patients et quelles sont les possibilités qu'il y a ? Parce qu'aujourd'hui, en fait, il y a plusieurs possibilités. Il y a des choses qu'on peut faire en parallèle, il y a des choses où on va se focaliser sur certains points et les gens ne sont pas franchement au courant. Et puis, ils vont voir naturellement des fois les forces de l'ordre qui des fois sont très, très, très bien fermées. Pas fermées, pardon. très bien formés. Ouh, le lapsus ! Le lapsus ! Mais très formés. C'est un lapsus antisexuel, ouais. Et d'autres, ils sont très fermés. Ils sont très fermés et on va avoir des comportements, des agissements. Il y a eu le cas et on va en parler. Et je pense que c'est aussi intéressant que les gens se disent ça n'arrive pas qu'à moi et j'ai des droits et je suis là pour faire en sorte que c'est un peu le truc un peu cliché mais plus jamais ça. Et dans les deux cas. Parce que moi, j'ai aussi l'autre côté avec des médecins. qui sont aussi agressés. Et je pense que c'est important aussi d'en parler parce qu'il y a une grande place, il y a une place, disons, pour les victimes. Et des fois, on ne se rend pas compte que les soignants sont aussi des victimes.
- Speaker #1
C'est hyper intéressant ce que tu dis. Je vais rebondir tout de suite dessus parce qu'en fait, on sait maintenant, via pas mal d'études sociologiques, que finalement, les soignants... J'ai envie de dire les soignantes, mais en tout cas, les soignants sont beaucoup plus sensibles à des pathologies comme le burn-out, mais aussi aux agressions en général, que ce soit les agressions intrafamiliales dans leur vie privée ou que ce soit les agressions sur leur lieu de travail. Ce qu'on va essayer de démêler aussi dans ce podcast, c'est finalement, est-ce que c'est parce que les soignants et les soignantes sont trop empathiques, se laissent trop marcher sur les pieds, ou est-ce que c'est la société qui est comme ça ? Est-ce que culturellement, une femme... On peut en faire ce qu'on veut, et notamment une infirmière, parce qu'on sait que dans les agressions, il y a les agressions du soignant, mais il y a les agressions aussi des femmes soignantes. Donc, j'aimerais bien qu'on revienne là-dessus au fur et à mesure du podcast. Intimiste. Tu as appuyé sur quelque chose qui me semble important, tu as parlé d'indemnisation. Mais au-delà de l'argent, parce que ça, c'est quelque chose qui est souvent opposé quand une victime se plaint en disant « ouais, mais elle recherchait de l'argent » , moi, je crois que les gens, ils recherchent la vérité et ils recherchent à guérir quelque part. Et cet argent, ça matérialise peut-être la guérison, mais je ne suis pas certaine, peut-être que je me trompe, mais je ne suis pas certaine que les gens le fassent pour ça en première intention et que vraiment, ce qu'ils recherchent, c'est de légitimer ce qui s'est passé et que ça soit peut-être... Peut-être qu'ils le réalisent et qu'ils ne soient pas les seuls à l'avoir vécu quelque part, ou en tout cas que quelqu'un leur dise non, ce n'était pas normal.
- Speaker #3
C'est très juste ce que tu dis, mais pour moi, la réparation, elle passe par une réparation qui est pénale, une réponse pénale. C'est une réponse... de la société. On rend la justice au nom du peuple français, donc on a besoin d'avoir cette réparation et cette reconnaissance d'un statut de victime. Et ensuite, il y a une réparation civile qui passe par un système de monétisation. On n'est pas du tout sur un système américain avec des indemnisations à l'américaine, c'est pas du tout ça. Mais en fait, qu'est-ce qu'on peut proposer aux victimes pour les réparer dans toutes leurs composantes ? Il y a une composante pénale, on va les reconnaître victimes, la société les reconnaît victimes, ok, mais... couilles d'après du reste. En fait, on ne peut rien faire d'autre qu'une réparation indemnitaire. Le jour où il y aura mieux, on fera mieux en fait. Mais prenons l'exemple de ce que je peux avoir essentiellement au cabinet. J'ai beaucoup d'accidents de la route avec des gens qui sont, par exemple, amputés après un accident. Qu'est-ce que tu peux faire d'autre que de leur donner de l'argent pour compenser cette perte ? Pour faire en sorte qu'ils puissent équiper toute leur vie, s'adapter dans leur boulot, s'adapter à la maison. Rien d'autre que de l'argent. malheureusement. Donc, ce n'est pas vulgaire et ce n'est pas un gros mot que de dire, en fait, je veux une réparation qui est indemnitaire parce qu'on ne peut rien proposer d'autre à part, comme je l'ai dit, la réparation pénale. Moi, c'est l'une des choses que je vais plaider, c'est, attention, la victime, elle doit être réparée dans toutes ses composantes. In fine, on va parler d'argent. OK ? Dans un premier lieu, on passe par un système pénal où la victime, elle a besoin d'être reconnue comme telle aux yeux de la loi, aux yeux de la justice et aux yeux de tous. Et la victime de violences sexuelles, particulièrement, je ne vais pas dire qu'il n'y a pas des catégories de victimes, mais la victime de violences sexuelles, elle a d'autant plus besoin de cette reconnaissance. Parce que souvent, les violences sexuelles, c'est un peu en huis clos. Ça se passe dans quelque chose d'assez intime. Donc, il n'y a personne d'autre qui peut vraiment témoigner, qui peut dire, oui, c'est vrai, elle a été violée, il y a eu ça. Je dis elle, mais ça peut être aussi des hommes. Donc, elle a... besoin, cette victime, d'avoir cette reconnaissance-là. Alors que la victime d'agression, la victime d'accident de la route, des fois, il y a des témoins, il y a un processus assurantiel qui va être mis en place, qui fait que la victime est indemnisée. Donc, quelque part, elle se reconnaît victime parce qu'elle va être indemnisée. Mais la victime de violences sexuelles, non. Elle, elle a besoin, clairement, de l'entendre, d'entendre des réquisitions du procureur et d'entendre une réponse pénale. Clairement, c'est un besoin. Un besoin, pour moi, c'est vraiment un besoin vital de la victime.
- Speaker #1
complètement. Et juste avant de continuer, est-ce que tu peux nous faire un petit rappel ? Parce que même pour moi, ce n'est pas clair, la différence entre le pénal et le civil.
- Speaker #3
Comme je l'ai dit tout à l'heure, j'ai fait sa différence, le volet pénal et le volet civil. Le volet pénal, c'est une infraction pénale. Donc, on est sur le code pénal. Donc, une infraction pénale, agression, tout ce qui va être agression sexuelle, tout ce qui va être viol, attouchement, agression... Ou potentiellement,
- Speaker #1
ça amène les gens en prison.
- Speaker #3
Potentiellement, comment ça se passe un procès pénal ? Il y a plusieurs types. On va dire qu'on est devant le tribunal correctionnel. Tu as un procureur de la République qui est là pour donner ce qu'on appelle des réquisitions, dire voilà, moi, par rapport au code pénal, ces faits-là sont punis par tel article du code pénal et moi, je propose de payer pour la société avec telle réponse. Ensuite, tu as l'avocat de la partie civile qui a parlé avant, si on veut faire les choses un petit peu bien. et qui lui a dit, nous, on est une victime de ces agissements, et voilà ce qu'on demande. On n'est pas aux États-Unis, l'avocat de la partie civile, il ne demande pas une peine de prison, il n'est pas là pour demander ça. C'est vraiment le procureur de la République qui va faire ce travail-là. C'est lui qui a mené l'enquête, c'est lui qui a dirigé, et c'est lui qui, in fine, va dire, moi, il me semblerait adapter de proposer tel. prison, telle peine, telle sanction, accompagnée de ça, accompagnée de ça, accompagnée de ça.
- Speaker #1
Le procureur de la République qui représente l'État et ce que tu disais tout à l'heure, la réponse sociétale finalement, de telle victime se plaint de ça et elle a vécu ça, ça, ça. L'agresseur potentiel en face, est-ce qu'il est vraiment agresseur, est-ce qu'il ne l'est pas ? Et au vu de l'enquête qui a été menée par l'État, l'État dit... je pense qu'il doit y avoir ça comme punition.
- Speaker #3
Pas par l'État directement, mais c'est le procureur de la République, effectivement, qui, souvent, les gens pensent que c'est le policier ou le gendarme qui va mener une enquête. Non, ils vont mener leur enquête, mais il y a toujours un procureur de la République derrière qui va dire, faites ça, faites ça, faites ça. Là, on va classer ça ensuite. Là, on va audiencer et on va passer devant le tribunal. C'est quand même toujours le procureur qui choisit, ce n'est pas le policier ou le gendarme qui va véritablement choisir. Et à la fin, on est devant un tribunal où c'est un juge qui va trancher les arguments du procureur, les arguments de toutes les parties. Donc, l'avocat de la partie civile, c'est la victime, la partie civile, et l'avocat du prévenu qui s'exprime à la fin. Parce qu'il s'est fait un peu partager en deux par l'avocat de la victime et par le procureur, en général. Il a le droit à la parole à la fin.
- Speaker #0
J'avais une question par rapport à ça. Parce qu'en cherchant des informations sur le sujet, j'ai vu qu'en mars 2022... La présidente du Conseil de l'Ordre des kinés a signé une sorte de protocole avec justement le procureur de la République pour accélérer ou faciliter les signalements entre le Conseil de l'Ordre et justement le procureur. Comment ça fonctionne ça ? Tu as une idée de comment ça peut aller plus vite ? Est-ce qu'il peut y avoir des facilités d'échange ? Parce qu'on disait qu'il y avait deux choses différentes entre le Conseil de l'Ordre et le...
- Speaker #1
Je vais peut-être rebondir sur ça en fait. Ce qui nous amène ici, c'est parce que les plaintes que tu as pu recevoir, les signalements que toi tu as pu recevoir parce que tu es kinésithérapeute et que tu crées du contenu sur les réseaux, que des gens ont eu confiance en toi, c'était sur le fait qu'il y a eu des agissements de certains kinésithérapeutes qui questionnaient la patiente et qui se sont révélés être des agressions sexuelles. Du coup, ça nous amène à qu'est-ce qu'on fait de ces professionnels de santé qui sont agresseurs sexuels ? Et nous, les professions de santé ordinées, notre ordre fait un peu le ménage dans la profession. On est un peu la police de notre profession. Et on va essayer de savoir si la plainte est juste ou pas, si l'acte médical était justifié ou pas, et si la personne aura le droit de continuer à travailler, à exercer son métier, en l'occurrence de kinésithérapeute ou de médecin ou d'infirmier, etc. Ou pas. Ça, ça va être le job du Conseil de l'Ordre. Mais par contre, on ne peut pas se substituer à la justice française. et décider de réparer quelque part la victime, que ce soit financièrement, comme tu l'as si bien dit, ou que ce soit pénalement. Et c'est en ça où des fois, je pense que le Conseil de l'Ordre est un peu gêné, parce que de l'extérieur, la procédure juridique me paraît longue et complexe.
- Speaker #3
Oui,
- Speaker #1
voilà.
- Speaker #3
Peut-être de l'intérieur aussi.
- Speaker #1
Donc des fois, la victime, quand elle trouve la force de parler, parce que... on en reparlera tout à l'heure avec Fanny qui est psychologue, ce n'est pas toujours facile de pouvoir s'exprimer sur ces sujets-là. Je crois que ça peut être aussi plus facile de se dire je vais protéger peut-être les autres en ayant voir confrères et les consoeurs, les pères de la personne qui m'a agressée. Du coup, en interne, ils vont pouvoir se gérer, mais ça ne se substitue pas effectivement à la justice française. Donc toi, tu disais que tu avais trouvé un accord entre notre conseil de l'ordre de kinésithérapeute. puisque nous sommes tous deux kinésithérapeutes, et la justice française pour pouvoir faciliter le transfert de plaintes quelque part ? Oui,
- Speaker #0
tout à fait. Ça, pour encore une fois avoir fait des recherches sur le sujet et pour avoir des communications régulières du Conseil de l'Ordre. Depuis 2021-2022, on voit que c'est quand même une intention particulière à la lutte contre les violences sexuelles, avec la mise en place de plusieurs outils. Par exemple, cette personne qui m'a posé la question m'a décrit des gestes, des actes qui se sont passés pendant la séance pour me demander à moi, en tant que kiné, C'était normal. Donc, par exemple, le conseil de l'ordre a élaboré une espèce de grille d'évaluation qui s'appelle le déontomètre, où tu as des actes. Et toi, par exemple, mon kiné respecte mon consentement, me demande s'il peut retirer, je ne sais pas, une bretelle de soutien-gorge. Donc, tu vois, tu vas être dans la partie haute du déontomètre. Et tout en bas, mon kinesthérapeute m'impose un rapport sexuel. Enfin, tu vois, c'est lunaire, tu vas te dire ça, probablement, c'est un truc de fou. Mais tu vois, au bout, c'est tout en bas de l'échelle, et ça permet à la patiente... ou aux patients, de pouvoir se repérer en fait sur une échelle. Parce que ça, c'est un truc qui est vraiment marquant, c'est qu'on a l'impression que quand tu es dans le centre, c'est ce que disait Fanny Tarr, cette dissociation, quand tu es au centre de la séance, on a l'impression que c'est... C'est pratiquement impossible de savoir dissocier ce qui est de l'ordre de l'agression et ce qui est de l'ordre du soin. Cette façon de pouvoir voir ce qui est normal, ce qui est pénal, ce qui n'est pas normal, c'est un des combats du conseil de l'ordre. Mais quand on voit cet article-là sur 2022, il y a cette notion de corrélation entre le procureur et le conseil de l'ordre. C'était une des questions que j'avais quand on a discuté avant, c'était ce que tu disais Marie-Camille, c'était la nécessité de la double... double plainte, c'est ça, qu'il faut porter plainte, porter une réclamation à l'ordre, mais aussi aux autorités de la sécurité, quoi.
- Speaker #1
Alors, quelque chose qui peut, entre guillemets, faciliter ou en tout cas simplifier les démarches, c'est que effectivement, si la victime a porté plainte auprès du commissariat ou de... ou de la gendarmerie. Il y a un papier, elle a récupéré un papier, un dépôt de plainte. Et ça, elle peut envoyer la copie au conseil départemental de l'ordre du professionnel de santé concerné. En fait, ça lui évite d'avoir à raconter deux fois l'histoire. Alors, des fois, elle aura besoin de faire les choses dans l'autre sens. Elle aura besoin d'aller se rapprocher du conseil de l'ordre pour voir si ce qui a été fait par le professionnel de santé est OK ou pas. J'ai envie de dire, toutes les procédures sont bonnes à partir du moment où ça répare la victime. Mais pour faire plus... concis, effectivement, si la victime va porter plainte auprès de la gendarmerie ou de la police, elle arrive avec ce récipicé de dépôt de plainte au Conseil de l'Ordre concerné et du coup, ça évite de devoir raconter une deuxième fois les faits, parce que je pense que c'est compliqué pour les victimes et Fanny, tu vas pouvoir peut-être nous en dire plus. On parlait de réparation aux civils et aux pénales de la justice française intimiste. Est-ce que tu peux nous en dire plus sur ce besoin de réparation des victimes ? À quel point il est important ? Pourquoi finalement il y a des victimes qui ne parlent pas ? Est-ce que c'est parce qu'elles ont honte ? Est-ce que c'est parce qu'elles ne veulent pas y repenser ? Est-ce que c'est parce qu'elles n'ont pas conscience de ce qu'elles ont subi ? C'est quoi les mécanismes qui sont empreintes des victimes qui subissent des agressions sexuelles ou des viols au sens large ? On ne parle même pas de la notion de professionnel de santé dans un sens ou dans l'autre.
- Speaker #2
Alors bonjour tout le monde. Donc du coup, ta question est... hyper importante, mais elle est aussi très complexe. C'est-à-dire que du coup, quand une personne est dans une situation de danger, le corps de façon générale va pouvoir avoir plusieurs réponses. Le combat, donc du coup, si moi je me sens apte à combattre mon adversaire, la fuite, si j'ai la possibilité de fuir, mais quand la fuite et le combat ne sont pas forcément possibles, du coup, là, il va y avoir une troisième réponse du corps, donc du coup, qui va être la sidération. Pendant ce mécanisme de stress, le corps va se préparer à furent, à combattre ou à être en état de sidération. Et du coup, il y a une petite alarme dans le cerveau qui s'appelle l'amidale, qui va préparer le corps à ses réponses. Pour ce faire, il va décharger du cortisol et de l'adrénaline. Mais quand l'alarme n'est pas entendue par le reste du corps, elle va continuer à crier. Le fait qu'elle continue à crier va représenter un danger potentiel et un danger... vitale pour la personne qui est en situation de stress. Et pour protéger le corps de ce danger hormonal, il y aura ce qu'on appelle une disjonction. Du coup, le cerveau va isoler l'amidale pour éviter qu'elle continue cette sécrétion hormonale. Il y aura d'autres hormones qui vont essayer de renverser le processus, abaisser le niveau de stress. Ce mécanisme de disjonction. du coup, va aussi empêcher la victime de réfléchir, de pouvoir agir comme elle l'aurait fait dans un autre moment, de pouvoir aussi ressentir les émotions, la douleur, et de mettre en place des stratégies de défense efficaces. Cet état, c'est ce qu'on appelle la dissociation. La dissociation, il faut vraiment comprendre que la dissociation, c'est un état de protection face à un danger, face à une effraction, au niveau psychique et au niveau physique. Dans ces moments-là aussi où la victime est dissociée, elle peut avoir l'impression d'être à côté de son corps, d'avoir l'impression aussi que la scène ne se réalise pas, que ce n'est pas vrai. Et donc, du coup, là, on va créer quelque chose de traumatique.
- Speaker #1
OK. Donc, ce qui explique aussi finalement ce qu'on appelle une amnésie traumatique. Tout à fait. Quand les gens n'ont pas réalisé ce qu'ils ont vécu ou tout simplement l'ont effacé de leur mémoire. Tu parles de disjonction, donc c'est le disjoncteur qui bloque tout.
- Speaker #2
C'est ça, c'est qu'en fait, durant ce processus de dissociation, qui suit la sidération, il faut vraiment comprendre que du coup, dans ce moment-là, il y a vraiment un danger vital au niveau physique. Les doses d'adrénaline et de cortisol sont trop dangereuses. Donc du coup, le cerveau, il est quand même assez bien fait, il va se mettre en mode survie. Et pendant cette disjonction, toutes les fonctions supérieures du cerveau, c'est-à-dire l'analyse de la situation, la prise de décision, mais aussi la mise en mémoire, sont altérées. Donc l'amidale, c'est... cette petite alarme du cerveau, n'arrive plus vraiment à communiquer, à faire du lien avec les autres parties du cerveau. Elle est un petit peu isolée. Et le fait qu'elle soit isolée, empêche certaines informations d'être intégrées, et notamment la mémoire. C'est-à-dire que... Tout ce qui va être quotidiennement vécu par une personne va être stocké dans une petite... Je ne vais pas rentrer trop dans les détails du cerveau, mais dans notre cerveau reptilien. Et au cours de la nuit, avec le sommeil paradoxal, le moment où le sommeil permet la digestion, la mise en mémoire autobiographique de la journée, ça remonte dans la partie la plus avancée du cerveau. Quand il y a effraction, quand on est face à des situations violentes, Cette mémoire, elle ne peut pas être faite. Donc du coup, elle reste à l'arrière. C'est la mémoire traumatique. Elle n'est pas digérée. Parce que si, quand on est face à une situation de violence, on dort moins bien. Donc il ne peut pas y avoir ce sommeil paradoxal. Qu'il n'y ait pas ce sommeil paradoxal empêche la digestion de cette situation. Et cette mémoire traumatique, du coup, elle va pouvoir être revécue. À chaque fois qu'il y a un stimulus qui peut ressembler à la situation, ça peut être quelqu'un qui se rapproche. trop de moi, un bruit, une odeur, etc. Donc, comme elle n'a pas été digérée, elle se réactive et la victime va revivre la scène telle qu'elle l'a faite, même des années après. Et donc, du coup, ça peut replonger justement la personne dans un état de dissociation. Par exemple, sur cette personne qui est victime d'un acte sexuel qui n'est pas du tout OK, elle peut se retrouver dans cet état de dissociation étant donné que sa mémoire peut être réactivée.
- Speaker #0
Ou être elle-même victime auparavant, et de se retrouver sidérée, puisqu'elle revit en fait un état antérieur qui n'a pas été soldé.
- Speaker #2
C'est ça. Et je tiens quand même à préciser que la sidération, on peut tous l'avoir, parce que souvent, comme tu disais tout à l'heure, on se dit « mais pourquoi elle n'a rien fait ? Pourquoi elle n'a pas crié ? Pourquoi elle n'a pas agi ? » Non,
- Speaker #0
c'est pas moi qui dis ça.
- Speaker #3
Ouais,
- Speaker #2
c'est pas moi. Non,
- Speaker #0
mais c'est pas moi qui m'envoie des racios, c'est parce que... C'est parce qu'en fait, tu sais, quand cette personne m'a raconté son témoignage, Moi, j'écris, c'est des textes, alors évidemment, j'ai reponditionné son texte pour, en fait, informer les gens. Et j'ai été incroyablement surpris par, en fait, la réaction de jugement extrêmement violente des gens sur cette personne qui, en fait, venait pour un problème complètement différent. Donc, on va dire qu'elle venait pour une entorse de poignet. Et au cours de la séance, le praticien l'a déshabillée, a pratiqué sur les attouchements. Et la réaction majeure de tous les commentaires, ça a été, non mais attendez, mais qu'est-ce que c'est que ça ? L'embête, c'est là, mais moi, j'aurais jamais fait ça, moi, je me serais battu. D'un côté, sous-entendu, peut-être même, tu vois, qu'elle mérite ce qui est arrivé, parce qu'elle n'a pas été capable de se défendre. Et je trouvais ce déferlement d'agressivité, je ne m'attendais absolument pas à cette violence-là, et à cette réaction de la part de gens, tu vois, qui ne sont pas des personnes qui sont mauvaises, tu vois. J'ai l'impression que c'est une image de la société, ou une image de cette représentation, de cet acte de violence ou d'agression. Qui est vraiment biaisé, on ne comprend pas ce qui se passe.
- Speaker #2
C'est difficile en fait. Déjà la sidération, c'est vraiment quand même un point sur lequel je souhaite insister. Ce n'est pas nous qui choisissons. C'est un système de survie de notre cerveau face à une réaction de stress. Donc du coup, soit on fuit, soit on combat, soit on est dans un état de sidération. Si la fuite et le combat ne sont pas possibles, notamment quand on a une réactivation de cette mémoire traumatique, du coup on peut être plus rapidement plongé dans cet état de sidération. Là aussi, en fait, c'est que même... en dehors de toute violence, on peut être dans un état de sidération. Par exemple, quelqu'un nous parle mal dans la rue, nous bouscule, des chauffards sur la route, souvent, on peut entendre des personnes dire « je suis restée bouche bée, j'étais estomaquée » . Cette réaction, c'est de la sidération.
- Speaker #1
Tu marmonnes une fois que tu es chez toi, pourquoi je n'ai pas répondu ça ?
- Speaker #2
Pourquoi on n'est pas dans une situation de violence extrême ?
- Speaker #1
On est vraiment dans les agressions classiques du quotidien, j'ai envie de dire.
- Speaker #2
Imaginons cette personne qui ne peut pas agir, qui ne peut pas agir, ne peut ni faire ni combattre. Du coup, cet état de sidération est majoré.
- Speaker #1
Donc là, ce que tu nous expliques, c'est que vraiment la sidération, ça peut nous arriver à tous. Plus l'agression est considérée comme extrême par la personne, plus la sidération peut être grande. Si elle a été précédemment agressée, elle peut aussi se mettre plus rapidement en état de sidération parce que ça réactive des mémoires traumatiques. Intimiste. J'aimerais aussi rebondir sur ce que tu disais, Guillaume. Finalement, c'est que là, on est au plein cœur d'un sujet sociétal qui est les violences sexistes et sexuelles. Et en fait, je crois aussi qu'il se joue quelque chose, c'est-à-dire que ces gens qui ont mal réagi sur les réseaux sociaux et qui ont dit « mais franchement, elle aurait pu faire quelque chose » , alors ils ne connaissent pas le cerveau humain vraisemblablement, ça c'est une certitude, mais il y a aussi la potentialité que... Ils ont vécu eux-mêmes des agressions parce qu'en fait, on sous-estime la quantité d'agressions physiques, sans même parler d'agressions sexuelles et de viols, mais on sous-estime la quantité d'agressions qu'il y a dans ce monde. Donc en fait, pour peu qu'ils l'aient vécu toute leur vie ou de manière répétée, ils la banalisent en disant mais ça, c'est pas grand chose ou et encore plus. Pire ou encore mieux, j'ai envie de dire, comme on ouvre la parole sur ce sujet, il y a de plus en plus d'agresseurs potentiels qui se croyaient protégés ou qui n'avaient peut-être pas conscience de ce qu'ils ont fait par le passé, qui minimisent les réactions des victimes, en fait, parce qu'ils ne veulent pas être considérés comme des agresseurs, en fait. Et c'est là, je crois aussi qu'il faut revenir sur le profil des agresseurs, si on peut dire ça, mais je crois qu'il y a deux types d'agresseurs. Il y a ceux qui agressent par opportunité, parce qu'on est dans ce qu'on appelle une culture du viol en France, c'est-à-dire que la violence, et d'autant plus la violence sexuelle, est minimisée, vraiment, si elle n'est pas même cachée, et que du coup, en fait, il y a des opportunités qui se créent, et comme il n'y a pas de réponse juridique en face, parce que la justice est en ce qu'elle est, la complexité de porter plainte, etc., il y a peu d'affaires qui sont portées vers la justice, ils se pensent protégés. Donc, je pense que ça, c'est de l'opportunité. Et derrière, je crois qu'il y a un mécanisme de vraie perversion où la personne a juste envie de faire souffrir la personne qu'elle a en face comme un jouet et que c'est là aussi dans son cerveau que ça se passe. Est-ce que c'est juste ? Est-ce que ma vision est juste ou est-ce que je me trompe, Fanny ?
- Speaker #2
Alors, la question est très complexe.
- Speaker #1
On va faire simple parce que le podcast ne doit pas dépasser une heure.
- Speaker #2
Ouais, du coup... Juste pour les personnes qui sont quand même un peu plus curieuses, je renvoie en fait à un modèle qui est sorti qui s'appelle le modèle général de la violence.
- Speaker #1
C'est un livre ?
- Speaker #2
Non, du coup il y a des recherches qui ont été faites, c'est vraiment un modèle en fait. Donc du coup en tapant sur internet on peut trouver ce modèle. Il y a quand même plusieurs choses. Du coup en fait ce qui va expliquer la violence et l'agressivité, déjà les problèmes de gestion émotionnelle, de régulation émotionnelle. Il va y avoir aussi tous les besoins de proximité affective et de contrôle. Toutes les pensées aussi. permissive liée à la violence, mais aussi aux violences sexuelles. Donc du coup, la violence est quand même assez minimisée dans nos sociétés, enfin en tout cas dans notre société française. Ce dernier point est quand même assez controversé, mais tout ce qui est de l'ordre des excitations déviantes. Ce modèle va mettre en lien plusieurs facteurs, et en fait, les chercheurs vont définir des profils de potentiels agresseurs. Mais comme tu disais, ce qu'on va voir aussi, c'est le besoin de dominer. Enfin, voilà du... professionnel qui va avoir un certain pouvoir, qui va vouloir dominer la victime. Mais il y aurait aussi toutes les personnes qui ont du mal à contrôler leurs émotions, leurs pulsions. Quand je parle de pulsions, ce n'est pas forcément des pulsions sexuelles, mais du coup, je suis en colère, qu'est-ce que je fais de cette colère ? Et donc, ce manque de régulation émotionnelle va entraîner des gestes agressifs.
- Speaker #1
Et est-ce que si, parce qu'à l'heure où il y a un peu de combat, il y a ceux qui sont... pro-éducation positive et bienveillante, communication non violente, et ceux qui sont, c'est pas grave si on s'est pris une claque quand on était gosses, est-ce qu'il y a des recherches sur l'impact de l'éducation des enfants en intrafamilial et au niveau sociétal dans les crèches, dans les écoles, etc. sur la violence d'une société ?
- Speaker #2
Alors là, peut-être...
- Speaker #1
Parce qu'on parle beaucoup du modèle suédois qui est intégré...
- Speaker #2
Je pense que oui, en tout cas. Ce qui peut être intéressant, c'est que, déjà,
- Speaker #0
La violence, enfin les personnes qui... Les auteurs de violences, en fait, eux-mêmes ont été victimes de violences.
- Speaker #1
100% des auteurs de violences ont été victimes de violences ?
- Speaker #0
Ça ne veut pas dire que 100% des personnes victimes de violences vont devenir des auteurs. D'accord ? Je fais juste le parallèle, par exemple, avec les auteurs de harcèlement scolaire. Souvent, les victimes de harcèlement scolaire sont des personnes qui vivent des violences en milieu intrafamilial. Attention, ça n'excuse en rien et ça ne déresponsabilise pas l'auteur. Non. Mais du coup, si on essaye d'éduquer et de prévenir au niveau de la gestion émotionnelle, on prend en charge les auteurs, on pourrait aussi diminuer l'impact de ces violences par la suite.
- Speaker #1
Ce qui est sûr, c'est qu'en fait, c'est une affaire de société et qu'on ne peut pas se dire que les violences intrafamiliales, ça reste de l'intime et donc qu'on n'en parle pas. Dans ce podcast, ça s'appelle Intimiste, l'équipe de l'intime, parce que ce n'est pas parce que c'est intime que ça doit être. tabou et encore une fois sur ce sujet là on le révèle. Est-ce qu'on peut rebondir du coup sur...
- Speaker #2
Moi je voulais juste rebondir sur les circonstances un peu atténuantes que tu dis. Alors oui, il y a... Alors c'est pas des circonstances atténuantes mais souvent ils ont été victimes tout ça. Alors non ça l'est pas et le plus souvent il y a un ébrouillot sur la question parce qu'on voit souvent des prévenus à la barre nous dire ah non mais attendez moi j'ai une circonstance atténuante, j'ai été déjà victime, j'ai une circonstance atténuante, j'étais bourrée. Ça, c'est magnifique, mais on l'entend souvent. Le pauvre. Non, ce n'est pas des circonstances atténuantes. Attention même, par exemple, pour des délits routiers, c'est une circonstance aggravante que de conduire. Enfin, c'est quelque chose à part, mais on a souvent des agressions. Moi, j'ai eu, ça m'a fait doucement rire, mais j'ai un client qui s'est fait agresser par quatre personnes de la communauté gitane qui, du coup, fêtaient un anniversaire. Ils étaient totalement bourrés et ils se sont amusés. mais c'est comme ça qu'ils le disent, sont amusés à frapper des jeunes comme ça dans la rue, au hasard comme ça. Et leur argument, ça a été de dire « Ah ouais, mais on a des circonstances atténuantes » . Franchement, on était bourrés. Ce n'est pas du tout une circonstance atténuante. Être sous état d'alcoolémie, être en état d'ébriété ou positif à n'importe quelle drogue, ce n'est pas une circonstance atténuante, ça ne l'a jamais été et j'espère que ça ne le sera jamais. Et souvent, les gens... les gens vont s'expliquer comme ça. Je trouve ça un peu... On peut en dire pour le fait que nous avons vécu des violences,
- Speaker #1
ce n'est pas non plus une circonstance atténuée à nous de la justice.
- Speaker #2
Pas du tout, j'avais...
- Speaker #1
C'est juste que ça explique un mécanisme sociétal. C'est ça,
- Speaker #2
c'est pas tout à fait la même chose. C'est souvent ce qu'on avance à la barre en disant « Ah, mais moi, je suis désolée d'avoir été violent, mais moi, on m'a éduquée comme ça. Moi, j'ai déjà pris des claques. » Donc, voilà, on a des parents, des fois, avec des violences intrafamiliales qui vont totalement minimiser... Souvent, c'est des parents qui se frappent l'un l'autre et qui vont expliquer que ça leur arrive de mettre une claque à leur enfant, c'est pas grave, eux aussi ils ont pris des claques, ils sont pas morts pour autant. Vraiment, ils vont totalement le minimiser comme ça. Bah non, c'est pas comme ça que ça se passe d'un point de vue psy a priori, mais d'un point de vue légal aussi, c'est pas atténuant. Jamais.
- Speaker #0
Mais c'est intéressant ce que tu dis, parce que là, je reviens quand même sur la question de la minimisation de la violence dans notre société. Mais ça commence sur des choses toutes simples. On est tous professionnels de santé ici, et je suis question...
- Speaker #2
Non.
- Speaker #0
Non. Non. On pourrait dire que le travail des vendeurs de services est un peu important. Mais du coup, en fait, on se fait souvent démarcher par des plateformes, enfin, bon, je ne vais pas nommer, mais du coup, qui...
- Speaker #2
On en est trois, c'est ça le truc. On en est trois.
- Speaker #0
Donc du coup, qui nous disent voilà, on vous propose tel service, tel logiciel. Donc du coup, par contre, on dit on n'est pas intéressé. Donc c'est un non. Et donc, du coup, la personne insiste. Puis parfois, on se fait rappeler, puis redémarcher. Là, déjà, il y a un problème.
- Speaker #1
Il n'y a pas de respect de consentement. Il n'y a pas de respect de consentement.
- Speaker #0
C'est quelque chose qui est quand même assez accepté. Donc, du coup, déjà, si la limite n'est pas comprise ici, avec d'autres faits sociétaux, etc.,
- Speaker #3
Moi aussi, je peux rebondir sur ce témoignage à la base qui a créé cette interrogation. Il y a énormément de vues, pratiquement un million de vues sur ce réel. Il y a eu énormément de commentaires culpabilisants, quand tu parles de problèmes sociétals, énormément de commentaires, tous les top commentaires, c'est ça. C'est « moi, je n'aurais jamais fait ça, mais n'importe quoi, si cette pauvre nana est capable de se faire tripoter quand elle va pour une entorse de poignet. » Chez son kiné, c'est qu'il y a quelque chose qui ne va pas chez elle. Mais à aucun moment, je te promets, à aucun moment, il y a eu un commentaire qui était accusateur. ou réprobateur, ou même juste agressif, pulsionnel, tu vois, envers l'auteur des faits, tu vois. Et moi, c'est ça qui m'a choqué le plus. Je me suis dit mais attends, tu scrolles, tu scrolles. En fait, le mec, il fait un truc. La nana, elle se retrouve avec son problème. Elle essaie de trouver, jusqu'à demander à un mec qu'elle ne connaît pas sur la réseau social si ce qu'elle a vécu, c'est normal. Même quand toi, tu te fais le médiateur de cette plainte, il n'y a pas de réponse du collectif. Le collectif dit non, mais en fait, c'est un problème, c'est un faux. Et le mec, on ne se pose même pas la question de pourquoi il a fait ça.
- Speaker #2
Je pense qu'il y a ce rôle du paternalisme médical, c'est-à-dire que le médecin et le professionnel de santé aillent toujours dans ce rôle du... On parle vraiment de ce modèle. Avant ça, c'était le paternalisme. C'est-à-dire que vraiment, c'est le médecin qui a le savoir, qui est le sachant, qui te dit tu fais ça, tu fais ça, tu t'exécutes. Et n'importe quel professionnel de santé, il a quand même cette autorité-là. Je veux dire, on te dit vous avez mal à la cheville, déshabillez-vous, tu vas t'exécuter sans te poser de questions. Parce qu'il y a toujours ce modèle-là. On n'est plus trop dans le paternalisme, mais pour autant, il y a toujours des stigmates de ça en fait. C'est pour ça que moi, c'est ce que j'ai l'impression sur les gens qui vont réagir comme ça. Et en plus, je rejoins totalement Fanny sur ça. Dire que tu t'exécutes et tu ne réfléchis pas, en fait. Il te dit de faire ça, tu fais ça. Et c'est après coup, tu te dis, putain, ce n'est pas normal. Mais non, clairement, tu es pas normal.
- Speaker #3
Pour finir, pour cet argument, si vous permettez, tu vois. Juste, moi, ce que je voudrais dire, c'est que nous, en tant que professionnels de santé, moi, en tant que kiné, je me suis dit, mais il faut qu'on aide ces victimes. Il faut qu'on soit à leur côté. Il ne faut pas qu'elles se retrouvent seules. Un contre l'agresseur et un seul contre la société et un seul contre le jugement. Il faut aussi que tu puisses te dire, en fait, si ça m'arrive, je ne suis pas seul. Il y a des gens qui vont se battre avec moi, des gens qui vont recueillir mon témoignage, des gens qui vont m'aider à porter plainte, des gens qui vont m'orienter, des gens qui ne vont pas me juger. Et c'est cette voix-là, tu vois, je pense qu'elle est importante, c'est cette voix-là qu'il est important, je pense, de porter aujourd'hui. C'est qu'en fait, il faut se dire, mais vous n'êtes pas seul, quoi. On est là, il faut qu'on déconstruise cette espèce de climat un peu d'impunité qui se passe autour de ces événements qui sont gravissimes. Franchement, t'as envie des fois, ces gens-là, c'est aussi quelque chose qu'on entend parfois. On dit oui, mais attention, il ne faut pas stigmatiser la profession. Attention, il ne faut pas dire que c'est tous les kinés qui sont comme ça, que c'est tous les hommes qui sont comme ça. Mais en fait, quand tu rentres dans cette espèce de protection, en fait, tu protèges qui ? Tu protèges ces mecs-là, tu vois. Ils ne font pas avoir peur de pointer du doigt les gens qui vont, les professionnels de santé qui sont défaillants, déviants, et les sanctionner, et les striker, et les éjecter de notre profession. Donc, c'est ce truc-là où il faut se dire, maintenant, Il faut qu'on prenne aussi nos responsabilités. Et c'est ce que le Conseil de l'Ordre semble faire progressivement depuis 2021, de dire aux victimes, en fait, vous n'êtes pas seuls.
- Speaker #1
Merci pour ces mots, parce que c'est hyper important. Tu soulèves énormément de choses et de concepts. C'est-à-dire qu'on est dans une société patriarcale. Qu'est-ce que ça veut dire, une société patriarcale ? C'est une société où l'homme a les pleins pouvoirs. Il n'y a encore pas si longtemps que ça à l'échelle de l'humanité. La femme n'existait pas. pas vraiment financièrement, elle dépendait de son mari, on n'avait pas le droit de vote, on n'avait pas beaucoup de possibilités de travail et d'épanouissement personnel quand on était une femme non mariée. Donc ça, c'est le patriarcat. Et il reste encore énormément de stigmates, j'ai envie de dire, ou en tout cas d'héritage de cette culture-là. encore en plein dedans, et notamment le fait que les femmes et le corps de la femme soient la propriété de l'homme. On a tous entendu parler du moment où il y avait encore des rois dans le droit de cuissage, bien évidemment, mais aussi des obligations lors du mariage. Donc ça, ce n'est plus du tout obligatoire. Il y a une notion de consentement, on n'en a pas parlé jusqu'ici, mais c'est quand même la base de tout rapport humain, au-delà même de rapport sexuel. Et en fait, le consentement est nécessaire. Dans les rapports médicaux, il y a un consentement libre et éclairé qui est en train d'arriver et d'être nécessaire. Tu parlais tout à l'heure de paternalisme, du professionnel de santé. Même ça, on le déconstruit au fur et à mesure parce qu'en fait, maintenant, on sait que le patient est acteur de sa santé. Nous, chez les professionnels de santé, on parle de démarche EBP, Evidence, Brands, Practice. C'est un tabouret à trois pieds, c'est les données de la science, l'expertise du praticien et la demande du patient. Et sans ces trois pieds... c'est bancal. Et la demande du patient, elle ne peut être respectée que si on lui a amené des informations qu'il est en capacité de comprendre, donc avec un verbe atyme qu'il est capable de comprendre et pas avec des mots trop compliqués, et on lui fait signer la plupart du temps un consentement libre et éclairé, au-delà même d'une pratique intracavitaire. Donc quand je dis pratique intracavitaire, je parle de toucher vaginaux ou de toucher recto, puisque moi je suis kiné spécialisé en périnéologie, c'est mon quotidien. Mais quand on sort un peu et qu'on dézoome de ça, en fait, la société se débrouille. doit nécessairement fonctionner avec le consentement. Et ce n'est pas le cas. Ce n'est pas le cas parce qu'à l'heure actuelle, la femme en général, les enfants aussi en particulier, sont plutôt objectifiés que des sujets. Et c'est tout ça à déconstruire. Et là où finalement, ce qui s'est passé sur les réseaux sociaux est un microcosme de ce qui se passe dans notre société, c'est que quand il y a quelqu'un qui est agressé, plutôt que la société entière se remette en question, en fait, on vient... acculer la victime encore plus en lui disant mais pourquoi t'as pas réagi mais pourquoi mais c'est ta faute et c'est complètement insensé mais ça vient souligner je crois une dysfonctionnement complètement sociétal et ça les féministes se battent pour ça depuis des années souvent on les décrédibilise parce que on les ramène à l'hystérie à tout ce que vous voulez etc et c'est là où on a besoin d'allier et c'est pour ça Guillaume que je te remercie parce qu'en fait le combat il est humaniste le combat il est pour nos sociétés il est pour nous humains au sens général. Quand on est parent, qu'on a des filles, quand on a des sœurs, ne serait-ce que pour les mères, je pense que c'est important de comprendre qu'on ne peut pas mettre la moitié de l'humanité d'un côté et dire qu'on se sert littéralement, on prend possession de leur corps et que c'est OK. Et pour ça, il faut aussi que l'autre moitié de l'humanité, donc des hommes, se positionnent en disant non mais stop, moi je n'ai pas envie d'être assimilée à ces violeurs, à ces agresseurs, je ne veux pas faire partie de cette équipe-là. D'autant plus un professionnel de santé où on a quelque part le lead, en tant que connaisseur, en tant qu'expert, les gens nous font confiance. Ils ont besoin de nous faire confiance. C'est nécessaire pour une bonne relation soignant-soigné. Donc, il faut qu'on se positionne en personne sécure. Et donc, moi, je suis tout à fait d'accord avec toi. Un agissement peut potentiellement salir toute une profession. Donc, il faut nettoyer ces agissements.
- Speaker #3
Mais c'est insupportable. Ce n'est même pas une réaction, si tu veux, idéologique ou politique. C'est une réaction viscérale, enfin moi quand tu vois la personne s'excuser. Excuse-moi de te déranger avec mon histoire, j'ai une question à te poser, je sais que machin, je suis vraiment désolé, il s'est passé ça. Mais ne t'excuses pas, c'est terrible ce qui t'arrive tu vois. La personne se retrouve vraiment dans un mode, non mais en fait il m'est arrivé ça mais je veux pas embêter. Je veux pas embêter, je sais pas vraiment si c'est légitime ma plainte. Et un des chiffres qui m'avait fait le plus réagir c'est que... Le conseil de l'ordre, je cite beaucoup le conseil de l'ordre des kinés, parce que j'estime que c'est un problème effectivement sociétal majeur. On le voit, autant plus en ce moment avec l'actualité, on va rentrer dedans. Mais globalement, je pense que j'ai l'impression qu'il faut qu'on fasse le ménage déjà petit secteur par petit secteur. Et dans notre profession en kiné, je pense que c'est un truc, c'est un devoir qu'on doit mettre en place. Et quand j'ai regardé les stats du conseil de l'ordre en 2021, c'est une communication officielle de M. Dumas. Donc il y a 30 cas, 30 plaintes. on appelle ça des affaires de mœurs, je pense que c'est des histoires de législation, il faut dire que c'est un truc, bref, 30 histoires d'affaires de mœurs, les associations estiment que c'est 10% de tout ce qui se passe sur le territoire. Donc ça veut dire qu'il y a 30 cas, il y a 300 potentiels, c'est vraiment texto, tricto sensos, que j'ai lu dans le rapport, il y a 300 cas potentiels par an qui sont tûts. Donc il y a 270 patientes et patients, bien que la majorité soit des patientes. en 2021, qui ont potentiellement subi des violences, potentiellement subi des viols, et qui ont gardé ça pour elles. Et ça, ce n'est pas possible. Le premier objectif, je pense, c'est que ce chiffre se rapproche, déjà le plus de zéro, mais surtout qu'il n'y ait plus de discordance entre hypothétiquement ce qui se passe et ce qui est rapporté. Il ne faut plus qu'il y ait ce gap dans lequel il y a tout un panel de causes.
- Speaker #1
Et je vais rebondir, du coup, la question, elle est pour Marie-Camille et Fanny. Est-ce que... potentiellement, il y a des cas qui sont tues, donc il y aurait 300 victimes, en tout cas chez les kinés, mais dans la société, ça serait encore plus. Mais est-ce que ça veut dire qu'il y a 300 agresseurs, ou est-ce que il y a des récidivistes ? Est-ce que vous voyez les cas où, en général, un agresseur potentiel, finalement, quand on ne parle pas, est récidive ?
- Speaker #0
Alors, oui, en fait, il y a des personnes qui sont victimes de violences sexuelles, et donc, du coup, quand elles portent plainte, ou quand elles en parlent, il y a d'autres personnes aussi qui parlent. ça fait effet domino quoi voilà donc du coup je souhaite quand même revenir sur le fait que beaucoup de victimes ne parlent pas non plus mais pour plusieurs raisons une des raisons en fait c'est l'état de dissociation dont je parlais quand je viens de subir une violence sexuelle notamment je peux être encore dans cet état de dissociation soit elles n'en ont pas conscience soit c'est trop compliqué pour elles d'en parler soit on parlait d'amnésie traumatique ça revient 10,
- Speaker #1
15,
- Speaker #0
20 ans après donc ça c'est une raison pour laquelle elles ne parlent pas parfois je ne suis pas en capacité de parler en fait Donc du coup, cette amnésie traumatique, en fait,
- Speaker #2
elle peut l'enlever.
- Speaker #1
Donc on ne culpabilise pas les victimes qui ne parlent pas.
- Speaker #0
On ne culpabilise pas, ça c'est vraiment très important. Ensuite, il y a toutes les personnes aussi qui taisent par honte. Donc du coup, je me rends compte qu'il y a quelque chose de pas normal, et donc du coup, je n'en parle pas. Il y a aussi toutes les personnes qui ne parlent pas, du coup, de peur de chambouler l'univers familial. Donc du coup, elles se mettent aussi en tant que protecteurs.
- Speaker #1
Il y a aussi des personnes qui parlent même de violences intrafamiliales.
- Speaker #0
Des violences intrafamiliales, mais même par exemple, dans certaines cultures aussi, Du coup, la victime de violences sexuelles, quand elle parle, c'est elle qui est punie. Elle salit la famille. Je parlais d'acceptation aussi de la violence dans la société, mais aussi du mythe du viol. D'accord ? De la culture du viol, avec toutes les pensées permissives qui vont avec et qui enferment la victime, en fait, qui l'empêche de parler. Et donc, du coup, qui la culpabilise. Elle passe de la victime à la personne coupable. Donc, il y a une double punition, il y a une double peine. Par rapport aussi, quand même, au fait d'avoir ces réactions assez violentes. Pourquoi elle n'a pas réagi ? Pourquoi elle n'a pas crié ? Pourquoi... etc. Il y a aussi quelque chose en nous qui s'active aussi en se disant si j'étais à sa place, j'aurais pu faire ça. D'accord, ça me donne une idée. Ça donne en fait une idée de pouvoir se protéger. En fait, les violences sexuelles sont parmi les délits les plus graves. Du coup, tu me reprendras, mais il me semble qu'au niveau légal et même au niveau européen, les violences sexuelles sont classées parmi les délits les plus graves. Pour autant, ce sont les délits qui sont les moins reconnus. Et en fait, si je donne une responsabilité à l'autre, donc du coup, il lui est arrivé ça parce que... Il y a eu ça, ça, ça. D'accord ? Ben si, je ne fais pas ça, alors moi, je ne vais pas être victime. Donc, il y a quand même cette idée de vouloir se protéger, de se mettre aussi en sécurité. Et si, en fait...
- Speaker #1
On ne parle pas, finalement, c'est pas vrai.
- Speaker #0
Mais si n'importe qui, en fait, si moi, personne lambda, je peux aussi être victime de violences, d'agressions physiques et d'agressions sexuelles alors que je n'ai rien fait, c'est tout mon système de croyance aussi qui peut être bouleversé. C'est-à-dire que je ne suis plus en sécurité. Donc du coup, il est plus facile parfois de dire, ah, si j'étais à sa place, j'aurais crié. Si j'étais à sa place, je me serais défendue. Si j'étais à sa place, je serais partie. Parce que ça me donne l'impression de pouvoir être en sécurité. Alors qu'en fait, du coup, c'est bien plus complexe que ça. Et que la victime, au moment de la violence, elle fait ce qu'elle peut. Et le cerveau va tout faire pour la protéger.
- Speaker #1
Ça, je pense que c'est très clair pour nos auditeurs que vraiment, si la personne, elle ne parle pas, ce n'est pas parce qu'elle ne veut pas parler, c'est parce qu'elle a des mécanismes de protection. Et du coup, pour rebondir sur ma question initiale, est-ce que tu vois chez des potentiels agresseurs un système de récidive ? J'avais cru comprendre que finalement, les chiffres que j'ai en tête, c'est dans notre société, il y a énormément de violences et de tentatives de viol. Je crois que c'est toutes les sept minutes, quelque chose comme ça. Mais que finalement, les agresseurs potentiels... Si on prend que les hommes, c'est 10 à 15% des hommes. Donc finalement, la même personne est un agresseur potentiel pour plusieurs victimes, et que ce n'est pas tous les hommes qui sont des agresseurs potentiels. Donc, est-ce que ça, c'est juste ? Est-ce qu'il y a plus de victimes que d'agresseurs ? Parce qu'en général, ils sont récidivistes.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #3
En tout cas, cette personne-là, celle qui m'a contactée, m'a réécrit pour dire qu'effectivement, le fait d'avoir eu le retour lui a permis d'envoyer des marges, et elles se sont retrouvées plus... plusieurs à déposer de l'argent. Quand tu tombes sur le Google de l'horreur que tu tapes, qu'une agression sexuelle avec tous les articles, à chaque fois, ce sont des cas, en tout cas, c'est pas de la science, et quand tu vois tous les articles qui sortent, à chaque fois, c'est des affaires de multirécidivisme, sur des longues périodes, dans des institutions. C'est pareil dans... La statistique de la Chambre disciplinaire de Paris, c'est que 70% des plaintes sont faites par les victimes, et tu as 30% des plaintes aussi qui sont faites par les institutions. Donc soit l'hosto, le centre, l'association, le conseil de l'ordre, ou même d'autres collègues du cabinet qui vont dire les agissements. Et ça, je l'ai aussi vu en DM, je ne sais pas si vous avez ces cas-là, où ce sont les collègues qui veulent protéger les patients en disant « Non, ça suffit, dans notre cabinet, il y a des choses qui sont déviantes. » et je vais moi-même porter plainte avec mes collègues pour dire que ce collègue-là a des pratiques qu'on n'accepte pas. Donc, dans 30% des cas, ce n'est pas la victime qui porte le conseil de l'ordre. Ça,
- Speaker #1
c'est hyper important parce qu'en fait, du coup, ce que ça met en lumière, c'est que déjà, nous, on est kinésithérapeutes et ça nous touche d'autant plus parce qu'en fait, on a quand même un accès majoré au corps des gens. On les voit souvent dénudés et en fait, on devrait les protéger, on devrait les sécuriser, on devrait respecter leur intimité. Moi, je sais que... Au quotidien, quand je pratique des touchés vaginaux, des touchés rectaux, en fait, je leur demande leur consentement pour leur montrer ce que c'est la normalité d'un acte médical et potentiellement d'un acte de la vie quotidienne, pour leur rappeler la normalité. Mais justement, quand on se positionne en paternaliste, la norme, ça serait de montrer le bon exemple. Or, ce n'est pas le cas, d'autant plus parce que ces personnes déviantes, ces personnes dominantes et perverses, En fait, elles se servent de leur métier pour avoir un accès majoré. Elles se servent de leur supériorité pour avoir un accès majoré. Donc, c'est hyper important que tu dises que finalement, des fois, c'est les collègues qui dénoncent les agissements. Et on le comprend très bien maintenant avec ce que Fanny, tu nous as expliqué. Maintenant, on va rebondir avec Marie-Camille. Qu'est-ce qu'on peut faire au niveau légal ? Là, on a vu qu'on peut se plaindre à l'ordre des kinés, des médecins, des infirmières, etc. Il y a des professions médicales qui n'ont pas d'ordre. Il y a des agresseurs qui ne sont pas des professionnels de santé, donc qui n'ont pas d'ordre. Maintenant, qu'est-ce qu'on peut faire quand on a la force de porter plainte, quand on a vu que c'était déjà compliqué ? Ou quand on est un témoin.
- Speaker #0
Juste, si je peux me permettre, on parle d'agresseur de victime, on oublie aussi le témoin, le rôle du témoin. Donc du coup, le fait qu'il y ait une personne qui voit et qui dénonce et qui reconnaisse que ce n'est pas OK, cette personne a un rôle important.
- Speaker #1
Elle majeure finalement la confiance de la victime aussi, je suppose.
- Speaker #0
Du coup, c'est dire stop aussi, en fait. Donc du coup, c'est pour ça qu'il est important de parler. Ce qu'on disait sur les violences sexuelles, ça reste quand même dans l'intime. Entre quatre murs et donc du coup souvent cachés, c'est un message pour tout le monde en fait, pour responsabiliser aussi tout le monde. Mais s'il y a des doutes d'une personne, enfin j'ai un doute par rapport au comportement d'une personne vis-à-vis d'une autre, c'est important d'aller interroger, c'est important de questionner la victime, enfin en tout cas la personne qu'on pourrait identifier comme victime d'un acte déviant. Donc du coup en demandant est-ce que ça va ? On a repéré telle et telle chose, est-ce que tu es ok ? Qu'est-ce qui se passe ? Comment on peut l'aider ? Du coup, il y a un rôle majeur aussi du témoin ou de la personne qui pourrait aussi repérer des états qui seraient déviants.
- Speaker #1
Merci, ça c'est super important, effectivement, qu'on est tous acteurs. On a démarré sur cette notion de, c'est une patiente qui a des doutes sur une possible agression et qui finalement a vécu une agression sexuelle. On a parlé aussi des professionnels de santé qui se faisaient agresser. J'ai tendance à facilement passer à nos consoeurs infirmières, à nos collègues infirmières. Moi, je suis kinésithérapeute femme, autant vous dire que c'est compliqué. Encore une fois, dans ma spécialité en périnéologie, on rééduque peu d'hommes parce que potentiellement, ils sont plus agresseurs. Et on a tous des histoires avec le fait qu'on se soit fait potentiellement agresser ou qu'il y ait eu des tentatives ou des choses déviantes. In fine, on est dans cette société violente où il y a des agressions, où il y a une permissivité avec la violente qui n'est pas admissible et qui, la plupart du temps, se déverse vers les personnes considérées comme plus faibles, donc les femmes et les enfants. Et les personnes handicapées, effectivement. Intimiste. Je pense qu'on n'arrive pas loin de la fin de ce podcast et je pense que vous avez compris, si vous êtes arrivés jusqu'au bout, les différents mécanismes qui bloquent. Est-ce que maintenant, on pourrait s'arrêter sur la justice ? Qu'est-ce qu'on a le droit de faire ? Qu'est-ce qu'on peut faire pour mettre en lumière, pour réparer ? Quelles sont les limites aussi ? Parce que tu l'as dit au tout début, mais on a quand même cette image que la police, les gardiens de la paix... sont devenus de plus en plus des forces de l'ordre et qu'ils ne sont pas toujours là pour nous protéger. Il y a même cette image où eux-mêmes, parfois, peuvent être violents parce que ce qui ressort dans les médias, c'est souvent les histoires un peu gloques où eux-mêmes étaient violents. Oui,
- Speaker #2
il ne faut pas tout faire, il ne faut pas faire des... Voilà. Il y a quand même...
- Speaker #1
La majorité des gens sont là pour nous protéger. Il faut quand même se le rappeler. Oui,
- Speaker #2
c'est quand même leur rôle.
- Speaker #1
C'est quand même leur rôle. Donc, qu'est-ce qu'on peut faire ?
- Speaker #2
Alors, j'aurais tendance à dire, faisons un peu la to-do liste de... qu'est-ce qui se passe si je suis victime ? Alors, il y a celui qui en est clairement conscient à un moment donné, sans revenir sur ce qu'ont dit Guillaume et Fanny, donc celui qui vraiment se dit, j'ai été violée, j'ai subi une agression sexuelle, et qui a aucun doute, et qui prend le courage, parce qu'il faut beaucoup de courage pour le faire, beaucoup de courage pour aller voir les forces de l'ordre, pour faire la queue pendant des heures. Maintenant, il y a un système de pré-plain de tout ça, mais à un moment donné, on va se retrouver face à un homme, alors de plus en plus, ils essayent de mettre des femmes quand on est une femme. pour que ça soit un peu plus simple à s'exprimer. Et on va aller dire, voilà, il s'est passé ça. J'ai eu une entorse de la cheville, je suis allée voir un kiné, et en fait, il m'a demandé de me déshabiller, il m'a fait des attouchements, tout ça. Donc, il y a la peur de se sentir jugée, et a priori, à bon droit, vu tout ce que tu as dit, Guillaume. Donc, ça va être la première démarche, qui n'est pas des moindres, parce que c'est mettre un premier pas dans une procédure qui va être longue, et dans un véritable combat, parce que ça va être un combat, et un combat très énergivore. Donc, la première étape, c'est ça. Le plus souvent, les forces de l'ordre vont dire « Bon, ben OK, vous allez voir ce qu'on appelle un médecin légiste. » Le médecin légiste, ce n'est pas un médecin qui va voir que les morts. C'est aussi un médecin qui va regarder les vivants pour pouvoir, dans une enquête pénale, donner des éléments au procureur de la République, puisque c'est lui qui est en haut de la chaîne des forces de l'ordre. Et qu'il fallait dire « Voilà ce que ça représente comme blessure. » Parce que les policiers, les procureurs, les gendarmes... entre un nez cassé, un viol, une entorse, il ne sait pas faire la différence. Donc, on a besoin de cette échelle médico-légale. Donc, on va aller voir l'unité médico-judiciaire à Purpan, à Toulouse. C'était à Rangueil, maintenant c'est à Purpan. Les locaux sont magnifiques.
- Speaker #1
Il y en a partout.
- Speaker #2
Il y en a partout en France. Il y en a partout en France.
- Speaker #1
Vous êtes bien agréable. C'est à Lille, vous n'êtes pas obligé de venir à Toulouse.
- Speaker #2
Vous pouvez venir à Toulouse parce qu'il fait bien meilleur. Mais en soi, il y en a partout. À Toulouse. particulièrement, c'est maintenant à Purpan. Donc soit on y va parce qu'un policier, on a pris sa plainte et vous a dit « Vous allez maintenant voir un médecin légiste, vous allez lui re-raconter. » Et oui, il va falloir lui re-raconter un petit peu. C'est un médecin, on a quand même un peu plus confiance. Ils sont hyper bienveillants, il y a des psys. Mais il va falloir le re-raconter encore.
- Speaker #1
Mais ce que tu dis, par contre, c'est que maintenant, ils en ont conscience et dont l'endroit est plutôt sympa et la prise en charge médicale...
- Speaker #2
Parce qu'avant, c'était à Rangueil, c'était un petit peu lugubre, même les médecins qui bossaient là-bas. Là, maintenant, c'est quand même plus sympa. Alors, soit on peut y aller sur réquisition de personnes des forces de l'ordre, soit on peut y aller sans réquisition. On va à l'unité médico-légale et c'est le kit de viol, en fait. Mais ça, c'est quand on a été violé, quand il y a eu des violences ou des attouchements. le plus souvent, on n'y va pas. L'unité médico-judiciaire à Purpan a mis connaissance aussi, puisque là, nous, avec l'Ordre des avocats de Toulouse, il y a maintenant un partenariat qui vient de se faire et il y a des avocats de permanence pratiquement tous les jours, ce qu'on appelle l'UMJ, à Purpan. Alors, ce n'est pas toute la journée, je crois que c'est le matin. Moi, ça fait deux mois qu'on a mis ça en place. Moi, je suis avocat de permanence là-bas, donc j'y suis déjà allée deux fois. Il y a beaucoup de violences sexuelles. Il y a aussi de tout, en fait. De tout où il y a... très imagé de tout. Il y a du bobo et que les forces de l'ordre sont là en mode je ne sais pas trop comment je vais l'analyser. Donc, on va demander à un médecin. Et là, il y a des avocats de permanence.
- Speaker #1
Il y a deux accès. On va à la police. La police dit j'ai besoin de plus d'infos médicales. On va là-bas. Ou vous arrivez par les urgences et les urgences disent je ne sais pas trop comment ça peut se passer et ils vous amènent.
- Speaker #2
L'UMJ, ce n'est pas les urgences. L'UMJ, c'est l'unité médico-judiciaire. C'est vraiment que les médecins légistes.
- Speaker #1
On peut s'en passer par la police.
- Speaker #2
C'est ce que l'UMJ me disait, j'ai été de permanence la semaine dernière, et on dit que des fois, il y a des gens qui viennent sans rendez-vous parce qu'ils viennent de se faire violer. Et du coup, il y a un système qui doit avoir un répondant d'immédiateté. Donc, ça arrive. Sinon, effectivement, ça passe par les forces de l'ordre qui vont dire qu'on a besoin d'avoir un médecin qui va vous ausculter, qui va vous poser des questions, parce que nous, on a besoin d'avoir une vision médico-légale de la question. Et ensuite, si on veut schématiser, donc ça, c'est si on est passé par le côté pénal, c'est qu'on va attendre une réponse pénale. Une réponse pénale sur un viol, sur des agressions sexuelles ou sur certaines violences qui peuvent être pratiquées. Donc ça, c'est vraiment le côté pénal. Moi, je pense que dans tous les cas, il faut mener cette bataille en parallèle avec une plainte qui est disciplinaire. Donc c'est vraiment saisir le conseil de l'ordre. kiné, médecin, chirurgien dentiste, j'en sais rien, de la profession, le mieux, c'est comme tu disais, la chose la plus simple, c'est de joindre son dépôt de plainte. Parce qu'on a un récipicet de dépôt de plainte quand on va déposer plainte, on prend ce récipicet, qui normalement tout est explicité dedans, et on vient communiquer au conseil de l'ordre. Qu'ils soient au courant qu'il y a une plainte au niveau pénal, parce qu'eux, ils peuvent donner une sanction disciplinaire. Mais le maximum de la sanction disciplinaire, c'est la radiation. C'est le max. Donc, on va te radier de ta profession. Mais alors, c'est bien parce qu'en fait, tu vas faire en sorte que tu protèges d'autres patients. Mais toi, ça ne va pas te réparer entièrement. Donc, toi, tu vas attendre aussi quand même du pénal qu'il y ait une réparation pour ton cas à toi, qui peut effectivement faire en sorte qu'il y ait d'autres personnes qui vont se joindre à ça. Ça va commencer à faire parler. Et du coup, tu vas te retrouver avec docteur machin ou tu vas avoir... plusieurs dépôts de plaintes qui vont se joindre parce qu'en fait, on se rend compte qu'il est très maltraitant. On parlait de la récidive. Ouais, souvent, ce sont des gens qui n'ont, je pense, pas spécialement... Soit ils en ont clairement conscience et ils ne peuvent pas arrêter. Donc, il faut que quelqu'un les arrête. Il faut un garde-fou, en fait. Il y a des pervers sexuels comme ça qui vont dire « En fait, il faut que quelqu'un m'arrête parce que de moi-même, je ne vais pas y arriver. » C'est aussi à la victime de pouvoir dire « Je vais l'arrêter pour moi et pour les autres. » Mais par contre, ce qui est mal fait, mais...
- Speaker #0
Il y a des choses à travailler sur ça. C'est que le combat, il va être dur. Il va être dur si tu es tout seul en plus. Il faut s'adjoindre d'un avocat, il faut s'adjoindre de professionnels, d'aller voir un psy pour pouvoir en parler parce qu'on a besoin d'être accompagné. Surtout ces plans-là. Je vois tous le verre.
- Speaker #1
Je vais juste faire une question rapide parce que Fanny parlait de la sidération et du fait qu'il faille parfois du temps à la victime. Pour réaliser en fait l'agression, est-ce qu'il y a un délai où tu vas à l'UMJ donc, où tu vas porter plainte, un délai dans lequel tu vas constater des choses ou est-ce qu'au bout d'un moment, du coup, si tu attends, s'il te faut du temps avant de porter plainte, est-ce que tu...
- Speaker #0
Le viol, je crois qu'il faut que ça soit très immédiat parce qu'en fait, le but, c'est d'aller prendre des preuves médico-légales. Donc ça va être des traces de sperme, ça va être des traces de griffures, ça va être des traces intravaginales, ça va être ce genre de choses. Mais ça, c'est le côté médico-légal. Sur la plainte en soi, non. Sur la plainte sur un viol ou une agression sexuelle, c'est 20 ans, donc tu as le temps. Ce que j'aimerais ajouter, parce que vraiment, c'est un problème que moi, je trouve récurrent pour une typologie d'agression différente, ça va être les forces de l'ordre qui vous disent non, mais on ne va pas prendre votre plainte. Non, non, en fait, non, ce n'est pas comme ça que ça se passe. Les forces de l'ordre, ils sont là pour entendre votre plainte. Il faut entendre que des fois, il y a des gens qui veulent porter plainte, effectivement, pour tout et rien, que ça va être classé sans suite. Mais c'est un petit peu aussi, à mon sens, au rôle des forces de l'ordre, de pouvoir être un peu pédagogue et de dire, bon, je pense que ça serait bien de faire ça, de faire ça, mais il faut porter plainte, c'est un droit. Si les forces de l'ordre, donc quand je dis les forces de l'ordre, c'est police ou gendarme, ne veulent pas prendre votre plainte, alors que, si je ne me trompe pas, c'est l'article 15.3 qui nous dit bien qu'ils sont obligés de prendre votre plainte, ben, courriez. Procureur de la République du tribunal... compétent et on vient écrire, on dit voilà, je voudrais porter plainte pour tel et tel fait. On vient essayer de le détailler le plus possible et c'est comme ça que ça va marcher. Si toi,
- Speaker #1
en tant que victime, tu as envie de faire quelque chose, mais tu ne te sens pas d'aller au commissariat porter plainte, est-ce que tu peux passer par des intermédiaires, des associations, des numéros que tu peux appeler où les gens vont venir faire des marchés avec toi ou pour toi, tu peux être représenté par quelqu'un ?
- Speaker #0
Oui, tu peux aller déposer plainte avec quelqu'un, avec un avocat. Moi, ça ne m'est jamais arrivé d'accompagner mes clients. pour déposer plainte. Mais ça m'est arrivé avec des gens qui viennent me voir en rendez-vous. Alors, soit c'est des gens qui viennent te voir en consulte parce qu'ils viennent te voir toi spécifiquement, soit c'est des gens comme à l'unité médico-judiciaire ou en permanence, parce qu'il existe des permanences juridiques gratuites d'avocats. Tu as, si je ne me trompe pas, au tribunal, dans beaucoup de mairies, là maintenant, à l'unité médico-judiciaire.
- Speaker #2
En plus de tous les ordres, c'est tous les ordres départementaux.
- Speaker #0
Les ordres des avocats, oui.
- Speaker #2
Tous les départements français, normalement.
- Speaker #0
Dans toutes les cours d'appel. Donc, en fait, on a le barreau dans tous les barreaux de France. Donc, ce n'est pas trié au département. Mais tu as le barreau de Toulouse, le barreau de Paris, le barreau de Lille. Dans tous ces barreaux-là, tu as... Donc, il y a des permanences gratuites. Ça existe. Il y a vraiment une typologie de choses qui existe. Tu as le bon juridique gratuit. En tout cas, ça se fait à Toulouse, parce que tous les ordres, on est un peu différents. À Toulouse, tu as des bons juridiques gratuits. Tu appelles l'ordre des avocats, tu as un bon. pour avoir une consul gratos chez un avocat où tu vas demander un petit peu, tu vas dire, voilà, moi je viens parce que j'aimerais parler, j'ai peut-être été victime de viol, j'aimerais en parler. On va te donner des avocats qui vont faire ça. Ou alors, tu as des permanences. Donc le plus souvent, renseigne-vous auprès des mairies parce que le plus souvent, ça existe en mairie. Au sein des tribunaux aussi, pareil, il faut appeler l'ordre des avocats de Toulouse et leur demander. Et tu as ces permanences-là qui existent avec des avocats. qui sont là la matinée, soit sur rendez-vous, soit sans rendez-vous, et qui vont t'aider. Soit ils vont t'aider eux directement parce que c'est leur spécialité, soit ils vont te renvoyer vers tel ou tel avocat. Et ça te fait du bien parce que ça te permet un petit peu d'en parler, un petit peu de te rassurer sur ça, et qu'ils vont te dire, moi je l'ai eu en rendez-vous ou en permanence, avec des gens qui me disent, non mais je vous appelle parce que, voilà, je vous appelle, je viens vous voir parce que j'aimerais bien porter plainte, mais je ne sais pas comment il faut faire, je ne sais pas ce qu'il faut dire, le plus simplement du monde. Vous allez en gendarmerie, vous vous appelez pour prendre rendez-vous. C'est plus facile quand c'est des petites villes que Toulouse, où c'est un gros truc. Et en fait, on vient expliquer ce qui s'est passé le plus simplement possible. On va dire, c'est pas la peine de se dire que ça va être compliqué. On vient dire ce qu'on peut. On pourra être entendu après.
- Speaker #2
Tu parles du coup, c'est plus simple dans les petites villes, mais par exemple, nous, on est tous toulousains ici. Donc, c'est pour ça qu'on fait beaucoup de références à Toulouse. On a un énorme commissariat central qui est très, très gros. Et effectivement, rien que d'être devant le parvis, tu te dis, où c'est que j'arrive ? Mais on peut aussi aller déposer nos plaines dans les petites gendarmeries et les petits commissariats de quartier.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #2
On n'est pas obligé d'aller...
- Speaker #1
Pour ceux de la santé aussi. Il y a des fiches de signalement aussi sur le conseil de l'ordre. Il y a des fiches qui sont pré-remplies.
- Speaker #2
Alors nous, on peut aider, mais ce n'est pas tout à fait...
- Speaker #0
C'est un système au final que faire un courrier et écrire au procureur de la République directement. auprès d'un tribunal pour dire je voudrais porter plainte pour les agissements de telle et telle et telle personne, d'une personne en particulier. C'est vrai que c'est un peu plus simple parce qu'on ne va pas parler, mais à un moment donné, on va y être obligé. À un moment donné, on va parler face à un humain. Pourquoi ? Parce que le principe de la justice est de dire que ta parole, elle ne vaut pas plus que celle d'un autre. Donc, le respect du contradictoire, c'est de dire qu'il faut que vous expliquez sur ce qui vous est arrivé et l'autre personne a le droit de s'en expliquer, ce qui est très difficile. C'est ça. ce qui est important de s'entourer le plus vite d'un avocat, c'est que des fois, tu vas avoir des victimes où on va leur dire, bon, on va faire une confrontation. Donc tu vas te retrouver dans un tout petit bureau comme ça, avec quelqu'un qui est mis en cause. Le plus souvent, il vient avec un avocat. Lui, il vient avec un avocat. Et toi, t'es tout seul, t'as pas d'avocat. Parce que des fois, on t'a dit, ça sert à rien de prendre un avocat. Non, ça sert pas à rien de prendre un avocat. Tu vas parler à un policier, tu parles pas directement, mais il est là, il est dans la même pièce que toi. Il va dire que t'as fabulé. On entend des trucs qui sont extrêmement lunaires. Et c'est extrêmement difficile pour les victimes de l'entendre, de le vivre. Et ensuite... Tu es redevant un tribunal avec un juge qui va dire « Je ne comprends pas, vous venez pour une entorse de la chie, on vous dit d'enlever votre culotte et vous enlevez votre culotte. » Des fois, tu as des juges qui te parlent comme ça. Du coup, pour toi, c'est hyper dur. C'est pour ça que je dis que c'est un combat. Un combat, il faut s'entourer d'armes. Ton arme, c'est un avocat. Et d'allier. Et d'allier, mais d'allier, c'est tes armes. Pour moi, c'est prendre un avocat, c'est prendre un psy, c'est prendre ces partenaires-là.
- Speaker #2
Combien ça coûte un avocat ? Et est-ce qu'en fonction de nos responsabilités civiles, etc., on a des aides juridiques qui peuvent payer les avocats ? Comment ça se passe ? Parce qu'effectivement, ça peut être une vraie question. Est-ce que je peux me payer la défense ? Ça peut être.
- Speaker #0
C'est toujours une question. C'est toujours la fin de mes consultations. Même en permanent juridique gratuite, c'est toujours la question. Combien ça va me coûter ? Alors, théoriquement, notre devoir, c'est quand même de dire à la fin d'une consulte, il y a plusieurs possibilités. Les deux premières, c'est est-ce que vous avez un contrat de protection juridique ? Donc, on va se renseigner avec l'assurance habitation, on va se renseigner avec une assurance spécifique, qui s'appelle protection juridique, défense, recours, et on va leur poser la question. Souvent, il faut envoyer le dépôt de plainte à la compagnie qui va dire, OK, on va vous payer l'avocat pour telle et telle chose, et on va vous envoyer une grille. Et ensuite, la deuxième, c'est si on n'a pas de contrat, on peut demander l'aide juridictionnelle. L'aide juridictionnelle, c'est en fait un avocat qui va être payé par l'État. Nous, avocats, on a le droit de dire, moi, par contre, je ne vais pas travailler à l'aide juridictionnelle. Moi, ça m'arrive très peu de travailler à l'aide juridictionnelle. Et quand je ne le fais pas, je vais dire par contre, si vraiment en fonction... Si on trouve des solutions, soit si on n'a pas de solution, on va donner des confrères qui le font. Parce qu'on ne peut pas laisser les gens comme ça en disant « Bon, désolé, je peux vous aider. Salut. » Non, ça, ce n'est pas possible. Moi, j'assume que ce n'est pas notre métier. C'est d'essayer de leur trouver des solutions. Donc, on va aller voir un avocat. Moi, j'ai deux, trois noms d'avocats qui font ça et qui le font potentiellement à l'aide juridictionnelle. Je ne vais pas mettre ma main coupée parce que je ne suis pas leur secrétaire. A priori, ils le font. Et après, la fixation des honoraires, elle est libre. Donc après, l'avocat peut dire, moi, je ne travaille pas à la juridictionnelle et vous n'avez pas de contrat de protection juridique. Par contre, on vient fixer les honoraires en avant. Il ne peut pas y avoir de facture surprise. C'est peu probable quand même. Sinon, il faut saisir le bâtonnier. C'est notre chef à nous, les avocats. On va avoir des conventions d'honoraires. On est missionnés pour ça. Et on va avoir des tarifs qui vont être acceptés par l'autre personne. Si on va devant le tribunal et si on gagne, on redemande ensuite ce qu'on appelle un article 475.1, c'est-à-dire qu'on vient condamner la partie adverse à payer une partie des frais d'avocat.
- Speaker #2
Très bien. Donc, ça paraît très, très clair finalement que la défense par un avocat peut être à la portée de chacun et ne peut pas dépendre de ses moyens financiers.
- Speaker #0
C'est comme aller voir un médecin. En clinique, je n'y vais pas parce que ça coûte trop cher, il y a des dépassements. Du coup, je vais voir plutôt un professionnel hospitalier qui ne pratique pas de dépassements.
- Speaker #2
Il y a des pollutions.
- Speaker #0
Il y a tout au ciblant. Et je pense que comme les médecins, les avocats, on renvoie. Moi, ça m'arrive. Soit parce que je ne suis pas compétente en permanence, ça m'arrive. Rarement parce que je ne fais vraiment que des permanences victimes ou à l'unité médico-judiciaire. Mais si vraiment je ne peux pas prendre le dossier, ça m'arrivait si, ça m'arrivait lundi, pour des violences intrafamiliales. avec des questions de garde, des questions de divorce. Ça, moi, je n'en fais pas. Donc, du coup, j'ai dit, je vais vous envoyer. Ils donnent toujours deux noms de consoeurs. Comme ça, je me dis, j'ai vraiment une victime qui sort de là en ayant deux noms et en se disant, j'appelle. C'est des consoeurs ou des confrères où je sais un petit peu comment ils travaillent. Si ça vient de moi, ils vont prendre au moins le temps de discuter par téléphone en expliquant ou en étant très clair. Et les gens, ils ont véritablement besoin de ça. Mais ce qu'ils ne savent pas, c'est que vraiment, il y a des permanences qui sont super intéressantes, qui vont vous permettre... ou moins de faire un tri. Parce qu'il n'y a pas de réponse dans l'immédiateté comme ça. Moi, j'ai des gens qui viennent me voir et qui disent « Alors bon, je veux divorcer, ça, ça, ça, ça. » « Attendez, je ne suis pas une encyclopédie, je ne connais pas le code pénal, le code civil par cas. » « En plus, je ne suis pas une encyclopédie. »
- Speaker #1
« Je ne suis pas chez n'importe quel avocat. Il faut que tu puisses déjà savoir si l'avocat en question va être sur ta problématique. »
- Speaker #0
Alors, on parle de spécialité, ce n'est pas très répandu chez nous, ça ne marche pas trop bien la spécialité. On parle plutôt d'activité dominante pour nous. On a, en général, on a le droit à trois activités dominantes. C'est un peu comme tout. Plus tu vas en campagne, plus les avocats font un peu de ce qu'on appelle du général. Normal, ils ne sont pas nombreux, il n'y a pas non plus beaucoup de personnes, donc tu fais un peu de tout. Soit plus tu vas dans les métropoles, plus maintenant, il y a des avocats qui pratiquent vraiment des activités dominantes. Moi, c'est mon cas où je vais vraiment faire du dommage corporel et je vais vraiment faire que de la défense de victimes. Tu viens de moi pour un divorce. D'abord, tu ne viens pas me voir pour mon divorce, parce qu'en général, tu ne me trouves pas quand tu veux divorcer. Mais je vais envoyer vers d'autres copines. Franchement, je ne fais pas. Maintenant, il y a une technicité du droit qui est telle, il y a des chemins à prendre, il y a un arbre de possible. Parce que je disais, il y a le côté disciplinaire, où je vais porter plainte, comment ça va marcher, ce qui va se passer ensuite au volet civil. Maintenant, tout est tellement technique et complexe que tu dois t'entourer d'avocats qui pratiquent cette technicité. Moi, tu viens me voir parce que tu es prévenu. parce que tu es mise en cause dans une affaire de stupéfiants, pareil, je ne le fais pas. Par contre, je connais deux, trois confrères qui sont super et qui vont t'accompagner. Comme les médecins, quand tu as mal aux pieds, tu ne vas pas avoir un cardio. Tu vois, c'est clairement pas ça, en fait.
- Speaker #2
Maintenant, je pense que c'est plus clair pour les gens qui regarderont cette vidéo ou pour les auditeurs. Ce qu'il faut comprendre, c'est que si vous avez une question d'ordre juridique, les avocats sont là. pour y répondre. La majorité des policiers et des gendarmes sont là pour vous accueillir. Vous aurez une réponse juridique à votre problématique. Ça peut être compliqué, tu l'as dit plusieurs fois, on parle de combat. Donc, même si vous n'êtes pas sûr de vouloir mener ce combat, vous avez le droit d'aller vous renseigner sans aller jusqu'au bout.
- Speaker #0
Je pense que c'est...
- Speaker #2
que la justice n'est pas réservée à une catégorie socioculturelle. En fait, ça, c'est quand même important de l'entendre. Tout le monde a droit à être défendu. Ça peut ne pas coûter plus cher que le reste.
- Speaker #0
Ça peut être accessible. Tu vois, elle est même rendue au nom du peuple français. C'est un premier point qui est important. C'est-à-dire que ce n'est pas parce que tu n'as pas d'argent, ce n'est pas parce que tu ne te sens pas légitime que tu n'as pas le droit de la justice. Non, c'est un principe qui... qui est vraiment très important. C'est pour ça que la juridictionnelle existe. C'est une loi, je crois que c'est depuis 91, donc tu vois, c'est vieux, tu as plus de 30 ans. Parce que le but, c'est d'aider les gens, justement, dans leur quête de justice. Aller mieux, c'est aussi passer par là.
- Speaker #2
Bien sûr. Du coup, on va rebondir avec la psychologue. Tu l'as beaucoup dit, Marie-Camille, qu'il fallait aussi s'entourer. Là aussi, il y a une question de finances, parce que ce n'est pas pris en charge. Jusque-là, ce n'était pas pris en charge par la Sécurité sociale, mais c'est tout nouveau, ça vient de changer. Vous avez des psychologues qui peuvent vous accompagner gratuitement, entre guillemets, en tout cas, c'est pris en charge par la Sécurité sociale. Donc là aussi, vous pouvez trouver votre chemin et trouver des aides. Donc n'hésitez pas à demander de l'aide. Intimiste. Je crois que dans ce podcast ou dans cette vidéo, vous avez toutes les informations nécessaires pour faire votre chemin. Et c'est ça qui est important. Ce vécu, il est le vôtre. Il vous appartient. Et en fait, nous, ce qu'on voulait dans cette prise de parole, c'est que vous ayez des clés, que vous sachiez trouver votre chemin pour aller mieux, pour vous prendre en charge quelque part, ou en tout cas, pour trouver les alliés pour vous prendre en charge et pour guérir. Parce que toutes ces agressions, ça laisse des plaies ouvertes, autant physiques que psychologiques. Et qu'on est là pour vous accompagner, que la majorité des gens dans ce monde sont plutôt gentils, bienveillants et cherchent à vous accompagner. Et qu'il y a toujours des solutions. qui sont plus ou moins faciles et plus ou moins abordables pour vous. Mais en tout cas, j'espère que vous saurez vous en saisir si vous avez écouté cette vidéo. Fanny, tu veux rajouter quelque chose ?
- Speaker #3
Oui, j'ai plusieurs choses en fait. Du coup, justement, sur le fait de s'entourer, il y a des numéros verts, c'est-à-dire gratuits, accessibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Donc, vous avez le 3919. Très bien. D'accord ? Vous avez aussi le 119. Vous avez le 0800. 05 95 95. Et donc, du coup, je ne vais pas tous les citer en termes d'associations, mais vous avez aussi sur le site du gouvernement arrêtonslesviolences.gouv la liste des associations qui viennent en aide aux victimes, qui sont accessibles. Vous avez des personnes pour vous répondre.
- Speaker #2
Un légende de ce podcast ou un légende de cette vidéo, on mettra tous les contacts, comme ça vous ne cliquez plus et vous les avez.
- Speaker #3
C'est important pour moi quand même de le dire, de ne pas rester seule. Parce que du coup, l'accélération, la dissociation peuvent isoler la victime. C'est important aussi de lui donner l'espace en fait pour parler à son rythme, parce que le rythme, parfois au niveau légal, n'est pas le rythme de la personne. Donc du coup, il faut vraiment s'entourer. Ces numéros, ils sont importants. Vous avez aussi les avocats, comme on a parlé, mais aussi tous les psychologues, les SMP, tous les centres en fait. Enfin, ne restez pas seuls.
- Speaker #0
Ne restez pas seuls.
- Speaker #2
Et vraiment, les gens de ce support, que ce soit un podcast ou une vidéo, il y aura vraiment... Toutes les informations, vous n'aurez pas à aller les chercher ailleurs.
- Speaker #3
Et ne culpabilisez pas. Quoi qu'il en soit, ce n'est pas de votre faute.
- Speaker #2
Pour un temps,
- Speaker #3
c'est le point de vue de son jeu. Ce n'est pas de votre faute.
- Speaker #2
Guillaume, le mot de la fin ?
- Speaker #1
Cette notion de responsabilité collective, je pense. Tu le disais, ce n'est pas du tout un combat minoritaire, c'est un combat sociétal. C'est un combat, je pense, dont on n'a pas conscience quand on n'a pas été... comment dire, en contact, confrontés, même en tant que professionnel de santé. Je pense qu'on parlait tout à l'heure de la victime, des personnes qui vont dire, mais moi, je ne me serais jamais fait agresser. Mais aussi, il y a un énorme discours des hommes qui dit, moi, ça n'existe pas, parce que moi, je ne suis pas capable de faire ça. Moi, je n'aurais jamais fait un truc comme ça, donc ça n'existe pas. Donc, je pense que c'est une remise en question collective, sociétale. C'est un travail qui est énorme. Je reste persuadé que d'abord, il faut le faire secteur par secteur. Notre métier prend cette direction-là. Et je souhaite de toute ma force que ce soit le cas, que ce soit vraiment que les sièges, les cabinets de kinés soient des sanctuaires. C'est un mot qu'on a aussi employé plusieurs fois dans certains articles. Mais voilà, dire aux victimes aussi qu'on est là, qu'il y a des gens pour les écouter. Ne culpabilisez pas. Et c'est notre devoir de défendre ces gens, de les aider et de se battre à leur côté. Et j'espère que ce podcast aura donné, ou cette vidéo aura donné des informations et la sensation aussi que vous n'êtes pas seul.
- Speaker #3
Et oui, et aussi... Aujourd'hui, même si ça ne va pas, ça ne veut pas dire que demain ça n'ira pas. On a parlé de réparation beaucoup au niveau légal, mais une réparation aussi au niveau psychologique. Je parlais de cette mémoire traumatique qui peut se réactiver à chaque instant, replonger la victime dans la situation de violence. Mais avec la thérapie, les différents types de thérapie, on peut permettre à cette mémoire traumatique de devenir une mémoire autobiographique et de soulager la victime, la personne aussi, de cette souffrance. Donc il est possible aussi d'aller mieux.
- Speaker #2
On est kiné, tu es psychologue, on est rééducateur au final. Le cerveau se rééduque, le corps se rééduque. Il y a un après qui peut être plus lumineux, plus positif. Voilà, au-dessus des nuages, il y a le soleil. Donc gardez espoir, vous n'êtes pas seul. Merci beaucoup d'avoir partagé le micro avec moi dans ce podcast Intimiste. L'équipe de l'intime, encore plus aujourd'hui. Merci. Merci chers auditeurs pour votre écoute. On se retrouve très prochainement dans Intimiste, l'équipe. de l'intime à votre service.