- Speaker #0
InnoMatters, le podcast où la matière s'écoute et se réinvente. InnoMatters.
- Speaker #1
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Aujourd'hui, on part à la rencontre d'une entreprise qui donne vie à des objets avec un matériau à base de coquilles d'œufs et d'alcool. Beans est une jeune entreprise parisienne qui valorise les déchets alimentaires pour en faire des objets au quotidien, durables, esthétiques et locaux. Et pour nous en parler, je reçois aujourd'hui Flavien Liby, fondateur de l'entreprise et designer. Bonjour Flavien.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Bienvenue. Pour commencer, tu pourrais te présenter et nous parler aussi de la genèse de Beans.
- Speaker #1
Je m'appelle Flavien, je suis designer et co-fondateur avec mon associé Claire, qui n'est pas là aujourd'hui, de Beans Eco Design. C'est une entreprise qui, comme tu l'as dit, fait des objets en coquilles d'œufs qu'on collecte nous-mêmes dans des restaurants autour de notre atelier. Et donc, c'est un peu ça, disons, la particularité de notre process, c'est qu'on aime bien tout faire de A à Z, disons du dessin jusqu'au sourcing des matériaux.
- Speaker #0
Ok, donc tu disais autour de votre atelier, c'est à Paris. Et donc, autour des boulangeries, vous êtes allé voir les boulangeries directement ?
- Speaker #1
Alors, ce n'est pas vraiment des boulangeries, c'est des restaurants qui font beaucoup de choses avec des vrais œufs. Parce qu'aujourd'hui, il y a beaucoup de restaurants qui font des choses avec des ovoproduits, donc des dérivés de l'œuf, des bidons remplis d'œufs. Donc, ces restaurants-là avec qui on travaille utilisent encore des vrais œufs. Et donc, on fait des cycles de collecte. Il faut que le cycle de collecte se fasse assez rapidement. Et donc, on a deux restaurants partenaires chez lesquels on fait des collectes.
- Speaker #0
Comment est-ce qu'est venue justement l'idée d'aller voir dans ces deux restaurants ? et de se dire, on va valoriser les coquilles d'œufs.
- Speaker #1
Alors, à la base, on n'avait pas du tout l'idée de la coquille d'œufs. À la base, c'est parti de l'idée de cet objet-là, donc qui a un coquetier. De base, on avait juste l'idée de la forme. Et puis, on s'est posé la question de quel serait le meilleur matériau, qui ferait le plus sens, en fait, pour fabriquer cet objet. Et puis, on s'est posé naturellement la question de est-ce que ce serait possible en coquilles d'œufs ? Et donc, on a fait quelques recherches sur Internet et on est tombé sur une recette. open source, qui mélangeait la coquille d'œuf et un extrait d'algues. Et donc on s'est dit, on va tester ça en fait, puisque mon associé Claire est prototypiste et donc elle a le savoir-faire un peu du moulage et de la fabrication d'objets de manière générale.
- Speaker #0
De la forme du coquetier ?
- Speaker #1
Du coquetier en forme de coquille d'œuf, c'est ça vraiment la jeunesse du projet, aussi prosaïque que ça puisse paraître, c'est vraiment avec ça que partit l'idée.
- Speaker #0
D'accord. Et donc, tu as mentionné l'algue qui est votre deuxième élément dans votre produit. L'algue est venue, vous avez vu cet élément-là en open source, mais est-ce que ça a été aussi une recherche plus de fond que vous avez faite ?
- Speaker #1
Oui, alors cet extrait d'algue, il faut savoir qu'il en existe des tonnes de formules différentes parce que c'est utilisé dans la cosmétique, c'est utilisé dans l'agroalimentaire. et aussi dans le moulage. On a quand même testé des dizaines de formules différentes. C'est-à-dire que dans la recette qu'on a trouvée, c'est un terme assez générique qui est utilisé. Et nous, on a dû juste sourcer, tester différents types d'algues en essayant, bien sûr, de les sourcer au plus proche de chez nous. Ce qui n'a pas été toujours très évident, puisque évidemment, on a essayé de trouver des algues bretonnes. Enfin, des producteurs bretons ou du moins français. Et en fait, ça n'a pas fonctionné. Du coup, le plus proche qu'on ait trouvé, c'est les Pays-Bas. La coquille d'œuf, c'est plus simple à trouver. C'est un peu plus basique. Mais l'extrait d'algues, ça demande plus de recherche et de développement.
- Speaker #0
D'accord. Si je comprends bien, il n'y avait pas d'entreprise qui vous proposait un liant à base d'algues que vous pouvez utiliser pour votre produit ?
- Speaker #1
En fait, il y en a, mais c'est qu'elles ne réagissent pas correctement pour notre processus de moulage. C'est comme une sorte de gélifiant. Soit ça prend trop vite, soit ça met trop de temps à prendre. C'est comme si vous faisiez un gâteau et que soit il cuit en une seconde et du coup vous n'avez même pas le temps de mélanger les ingrédients. Soit il met 24 heures à cuire et dans ces cas-là, ou alors il ne cuit jamais vraiment. Donc c'est un peu trop long.
- Speaker #0
On a dû parler un peu justement de ce processus de fabrication. Comment justement on va passer d'une coquille d'œuf Oui. et de l'algue à avoir un produit qui se tient dans la main ?
- Speaker #1
Bonne question. Alors en fait, à la base... On récupère les coquilles, disons, sales chez les restaurateurs. Donc elles ne sont même pas sous cette forme-là, elles sont vraiment comme si vous faisiez une omelette. Donc après, il faut qu'on les lave, un premier pré-lavage. Puis on les stérilise à l'eau bouillante pendant 15 minutes. Et ensuite, on va devoir les sécher dans un four à basse température pour obtenir quelque chose qui ressemble plus à ça, donc des coquilles propres et sèches. Puis après on va les mixer en fine poudre avec un grosseur de cuisine, puisque c'est quand même assez fin comme matériau, pour obtenir une fine poudre avec une granulométrie quand même assez grosse, mais on ne la passe pas au tamis. Donc voilà c'est un processus de revalorisation quand même assez chronophage, puisqu'on a décidé de tout. le faire nous-mêmes, mais on voulait mettre les mains dans le cambouis pour voir comment se faisait le matériau de base.
- Speaker #0
Et donc après avoir broyé, vous ajoutez le liant d'algues, et combien de temps se passe jusqu'à ce que le matériau puisse devenir rigide ?
- Speaker #1
Alors oui, on a la poudre de coquille d'œuf et la poudre d'algues, ensuite on y ajoute de l'eau, et ça fait un peu comme une sorte de pâte qui ressemble à du plâtre, et donc on va verser cette pâte de pâte dans des moules en silicone qu'on fait aussi nous-mêmes. Et puis au bout de, disons, 3 à 5 minutes, ce liquide va se gélifier et en fait ça va donner comme une sorte de... un peu comme du silicone. En fait c'est un objet mais qui est encore un peu mou et qui est donc gorgé d'eau. Et ensuite notre objet va sécher à l'air libre pendant 6 à 7 jours. Donc il n'y a pas du tout de cuisson. C'est vraiment le séchage et l'évaporation de l'eau qui va rendre l'objet dur. Nous, on aime bien aussi dire que ça fait aussi partie de l'éco-design, qu'il n'y ait pas de cuisson, qu'on n'ait pas besoin de cuire à haute température comme la céramique. C'est assez low-tech comme technologie, dans le sens où il y a quand même assez peu d'électricité utilisée dans le process. Mis à part, bien sûr, le broyage, mais dans l'absolu, on pourrait le faire aussi à la main. Ça prendrait un peu plus de temps, mais je veux dire, ça nécessite peu d'électricité.
- Speaker #0
tu nous as apporté des échantillons on voit comme tu le mentionnais les petits débris de coquilles et on voit qu'ils sont colorés aussi, donc c'est des pigments naturels qu'est-ce que vous ajoutez ensuite pour donner un peu ce côté marbré qui est très joli ?
- Speaker #1
Alors la finition dont tu parles c'est en fait du vernis à la gomme lac, il faut savoir que l'objet à la base est quand même très poreux En fait, il faut l'imaginer un peu, bon c'est peut-être un peu bête ce que je vais dire, mais comme une éponge très sèche, étant donné qu'à la base c'est un objet gorgé d'eau dont l'eau s'est évaporée, donc qui est assez sensible à l'eau, et donc pour le protéger, on n'y applique que deux à trois couches de vernis à la gomme laque, et donc la gomme laque c'est un vernis à base de sécrétion de cochenille asiatique, et donc c'est très utilisé. dans l'alimentaire aussi. Parfois, on en mange, on ne le sait pas. Dans les bonbons, par exemple. Ou en pharmaceutique, autour de gélules, etc. Mais c'est aussi utilisé un peu en ébénisterie, dans le design d'objets. On aimait bien ce vernis puisqu'il était aussi biosourcé, naturel.
- Speaker #0
Je parlais justement de la partie entretien. Ton objet, si on veut le nettoyer, c'est simplement avec un chiffon. Il ne craint pas l'eau. justement grâce à cette finition ou il faut quand même faire attention sur un peu l'entretien qu'on lui donne ?
- Speaker #1
Ouais, en fait, disons que le lave-vaisselle va lui enlever son vernis parce que c'est un peu trop violent en termes de température mais on peut facilement le laver avec une éponge et du liquide vaisselle et de l'eau sans problème. Il faut les traiter avec douceur mais on peut quand même vivre avec. Ça reste quand même assez solide. Pardon, je fais des bruits pour le micro.
- Speaker #0
Et donc la partie couleur et pigmentation, comment elle se fait ?
- Speaker #1
Alors donc c'est des pigments qu'on source chez les ocres de France. Donc c'est un fabricant de pigments aptes en Provence. Et donc pour la plupart, les couleurs bleutées, verts en général, c'est des oxydes de fer. Donc c'est un procédé chimique, mais ça reste des ingrédients naturels à la base bien sûr, mais non nocifs. Et puis à la toute base, le jaune qu'on a utilisé. Donc c'était de l'ocre de Provence, qui est leur ingrédient phare qu'ils extraient dans des carrières en Provence.
- Speaker #0
Là, je vois des produits qui sont relativement petits. Tu nous as parlé des cocotiers, là c'est pour des bougeoirs. Est-ce qu'aujourd'hui, Binz fait des petits objets ? Est-ce que demain, vous avez pour ambition d'aller pour du plus grand ?
- Speaker #1
En fait, on aime bien le... L'idée de commencer très petit et d'aller de plus en plus grand progressivement. Donc là, on a sorti un vase sur le même principe que ces objets, où on peut empiler, si vous voulez, c'est le même principe que cet objet, mais en un peu plus grand.
- Speaker #0
C'est-à-dire qu'on va venir empiler les...
- Speaker #1
C'est ça, en fait, c'est plus en fait une sorte de cache-peau. Et l'idée, c'est d'empiler et de choisir ses couleurs. Donc, oui, l'objet fait à peu près, au final, 25 centimètres de haut. Et l'idée, c'est qu'on peut faire aussi un vase de 50 cm de haut si on veut. En fait, c'est toujours dans l'idée de cette modularité de l'objet. On n'a pas trop constaté de limite de taille pour l'instant. C'est juste qu'on va à notre rythme pour la progression de l'échelle.
- Speaker #0
Très bien, j'entends. C'est aussi, vous commencez, c'est quelque chose, et puis vous êtes deux, si je comprends bien. Donc, c'est quelque chose qui prend du temps. Et justement, dans cette partie de développement, quels ont été un peu les freins techniques ? dans ce développement et pour arriver justement à ces résultats ?
- Speaker #1
Alors, vraiment, c'est le sourcing de l'extrait d'algues qui a été le plus compliqué parce qu'on en a quand même testé des dizaines et des dizaines. Et souvent, c'est aussi la provenance qui est dure à établir. En fait, souvent, les distributeurs qui ne sont pas forcément les fabricants cachent un peu la provenance. en fait pour pour pour garder leurs sources. Donc c'est surtout ça qui nous a un peu donné des difficultés, parce qu'on aime bien savoir d'où viennent nos ingrédients, en fait, dans un souci de transparence.
- Speaker #0
Donc c'est la question de la traçabilité ?
- Speaker #1
La traçabilité, c'est le mot que j'ai trouvé, c'est ça. C'est la traçabilité qui souvent est compliquée, contrairement à nos coquilles, on sait très bien par qui elles ont été mangées, et d'où elles viennent, où est-ce qu'elles ont été consommées. Alors que cet extrait d'algues, on sait qui le distribue, mais souvent la traçabilité c'est compliqué.
- Speaker #0
Donc tu nous as parlé des algues et pourquoi ne pas avoir choisi autre liant, donc amidon de maïs ou autre source biosourcée que l'algue ?
- Speaker #1
En fait, pour être très honnête, on n'a pas cherché beaucoup plus loin. Quand on a vu que ça fonctionnait, on s'est dit que... En fait, ce qui est assez miraculeux avec cette recette, c'est que... Au bout de 3 à 5 minutes, on peut démouler l'objet. Et donc, ça permet quand même d'avoir une production assez rapide et surtout de ne pas devoir créer trop de moules et donc de ne pas devoir utiliser trop de silicone par la même.
- Speaker #0
Par rapport à ce que tu nous dis, il y a la question du sourcing de la matière, donc valoriser un déchet. Ensuite, que la composition pour obtenir cet objet-là, elle soit aussi intéressante au niveau de la valorisation et de la composition. Ensuite, l'éco-conception, c'est quelque chose qui est au cœur de la fabrication de Beans.
- Speaker #1
Notre titre complet, c'est Beans Eco-Design. C'est vraiment au cœur de ce qu'on essaye de faire. Pour chaque process, pour chaque matériau, on se doit de se poser la question. En fait, on essaye, évidemment, personne n'est irréprochable, mais on essaye de faire de notre mieux pour chaque process et pour chaque sourcing de matériaux. on essaye d'optimiser L'eau, l'électricité, même si c'est un petit atelier, on essaie quand même de se poser la question sur un peu tout ce sur quoi on peut se poser la question. Tout ce qui est questionnable, on essaye de le questionner.
- Speaker #0
Et justement, par rapport à ça, la partie éco-conception, est-ce qu'aujourd'hui, il y a les démarches que vous faites concrètement, mais est-ce que vous avez réalisé des ACV pour vous rendre compte au niveau plus concret, au niveau chiffre, si justement il y a un impact dans... tout ce processus que vous faites déjà qui est assez intéressant ?
- Speaker #1
Alors non, pour l'instant, on n'a pas du tout entrepris de démarches plus études, plus chiffrées, mais il faudrait qu'on s'y penche. Même si c'est encore très petit comme, disons, échelle de production, je pense qu'il faudrait qu'on s'y penche.
- Speaker #0
Je reviens juste sur, tu nous parlais au début, vous avez deux restaurants. Est-ce que vous avez vocation, parce que tu parlais du sourcing qui est une problématique ? Est-ce que vous voulez aller chercher d'autres partenaires pour que ce sourcing soit beaucoup plus... que vous l'ayez en quantité pour pouvoir produire davantage ?
- Speaker #1
Alors oui, on s'est posé la question. En fait, ce qui nous pose problème, c'est plus le temps qu'on y passe plutôt que la quantité de coquilles qu'on pourrait revaloriser. Et donc, pour le futur, on a déjà un peu une solution, c'est qu'on a trouvé une entreprise. qui revalorisent déjà des coquilles en Bretagne et qui va les collecter auprès de casseries et donc qui revend, disons, cette matière-là par tonnes, par big bag. Donc il en existe une. On l'a testée et donc ça fonctionne. C'est juste que là, pour l'instant, on a encore beaucoup de stocks de ce qu'on a revalorisé nous-mêmes. Je pense que dans le futur, si on est amené à utiliser plus de matière, on va passer par cette entreprise-là pour, disons, essayer de baisser nos coûts.
- Speaker #0
Par mois ? Combien de ? De coquilles, vous récupérez ?
- Speaker #1
On peut en récupérer jusqu'à 25 kilos par mois. avec ces deux restaurants. Je parle de 25 kilos secs, dont toute l'humidité a été extraite. C'est quand même assez énorme. Si on multiplie ça par le nombre de restaurants qui font des œufs à Paris, ça fait quand même pas mal de déchets qu'on pourrait revaloriser.
- Speaker #0
L'entreprise dont tu parlais, vous récupérez déjà la matière prête à usage. Pas besoin de séchage.
- Speaker #1
C'est juste qu'on se pose la question de la stérilisation, dans le sens où nous, on n'a pas encore trop étudié s'ils la faisaient vraiment ou pas. Je ne pense pas qu'elles aient tout à fait prêt à usage. Il faut encore qu'on étudie ça si on veut vraiment l'utiliser.
- Speaker #0
Quand tu dis la stérilisation, tu parlais d'odeur. C'est la question au moment du lavage ?
- Speaker #1
En fait, nous, on fait un pré-lavage et puis une stérilisation dans l'eau bouillante qui enlève vraiment toutes les bactéries. Et donc, cette entreprise-là, on ne sait pas vraiment si elle fait ça.
- Speaker #0
Et dans le temps, comment est-ce que vos objets se comportent ? Vous avez déjà eu des retours de vos usagers ou avec les personnes que vous avez travaillées ?
- Speaker #1
Oui. Disons que nos objets les plus vieux, ils ont peut-être un an et demi ou deux ans. Les premiers prototypes, ils ont peut-être deux ans. Donc voilà, c'est notre spectre maximum de visibilité. Et on a vendu quand même pas mal d'objets et on a eu en effet quelques retours, mais c'est souvent des personnes par exemple qui les ont oubliés dans un évier. Et donc en effet, ça peut un peu abîmer l'objet dans le sens où il est quand même encore un peu sensible à l'humidité. Donc il faut quand même en prendre soin. Les restaurateurs, on a travaillé avec un restaurant pour leur faire des petites coupelles décoratives. Ils les ont passées au lave-vaisselle. Évidemment, ça leur a un peu enlevé le vernis, mais les objets ont tenu bon. On les a juste revernis.
- Speaker #0
Aujourd'hui, vous faites des objets pour la restauration, il y a de la décoration. Est-ce que tu penses qu'à l'avenir, vous irez vers d'autres secteurs ? Quels sont vos projets futurs à ce niveau-là ?
- Speaker #1
Nous, on aimerait bien faire cette année qui vient, commencer à étudier le revêtement mural. On aime bien l'idée de faire des tuiles décoratives. et qui pourraient aussi avoir des... On sait que la coquille d'œuf, ça peut être aussi un retardateur de feu. On ne l'a pas encore testé en laboratoire, mais on sait que probablement, si on le fait tester, on pourrait avoir peut-être un M1 ou M2 assez facilement sans faire de traitement. C'est ce qu'on a lu en tout cas et qu'on a testé avec des flammes maison. En tout cas, ça ne brûle pas. Donc on sait que ça a au moins... cette propriété-là peut-être aussi en tout cas on aimerait l'utiliser comme revêtement décoratif plutôt, sous forme de carreau.
- Speaker #0
Et tu parlais tu mentionnais des laboratoires justement jusqu'à maintenant vous n'avez pas fait de test en laboratoire pour vos produits mais l'idée c'est de pouvoir faire pour les produits actuels mais aussi pour les produits pour un revêtement mural.
- Speaker #1
Oui, donc effectivement si on veut pouvoir Être sur des murs dans des établissements recevant du public, il faut impérativement faire des tests. Et donc oui, ça sera un peu la prochaine étape. Et pour ce qui est aussi de travailler avec des restaurants, pour l'instant, on leur fait juste des coupelles dans lesquelles ils mettent des décorations. Et donc on n'a pas encore fait de test contact alimentaire. Et donc ça, ce serait aussi peut-être une prochaine étape. Donc là, on est un peu à une bifurcation où on est soit se lancer un peu plus dans l'art de la table, soit plus dans la décoration murale. Je pense qu'on va... Plutôt opter pour la deuxième option, pour le coup.
- Speaker #0
Et vous optez pour la deuxième option parce que vous avez plus de demandes ou parce que c'est une envie de bint ?
- Speaker #1
En fait, lors des derniers salons qu'on a faits, on a eu pas mal de contacts de décoratrices, décorateurs d'intérieur qui nous ont demandé si on faisait du revêtement mural en majorité. C'est ce qui est le plus recherché, en fait.
- Speaker #0
Ok, donc ça va partir plus sur la partie murale.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Donc là, c'est la coquille d'œuf qui est quand même principale. Tout à l'heure, je te posais la question, si vous voulez mélanger avec coquilles d'œufs et autres liants, que ce ne soit pas l'algue, est-ce qu'à l'avenir, vous pensez à remplacer l'œuf par autre chose ? Parce que j'entends qu'il y a derrière la question aussi de valoriser un déchet.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Vous avez pensé à ça ?
- Speaker #1
En fait... C'est vraiment à l'origine du projet. En fait, on s'appelle Beans parce que ça veut dire Beans comme les poubelles en anglais. Et l'idée, c'est que... Notre idée, c'était de revaloriser tous les déchets, ne plus les voir comme des déchets, mais plus comme des ressources. Et donc là, on a commencé par la coquille d'œuf. Mais disons que le projet de Big Picture, c'est plus d'utiliser plein de déchets différents et d'expérimenter avec plein de déchets différents. Là, on a fait des tests avec la coquille d'huître, avec le même principe, l'extrait d'algues aussi. Ça fonctionne aussi très bien. Donc, en vérité, on essaye de ne pas se fermer de porte. C'est juste que là, on a trouvé un peu cette recette qui fonctionne. Du coup, on s'est un peu focus là-dessus. Mais l'idéal, ce serait d'expérimenter davantage.
- Speaker #0
Et vous en avez en tête déjà identifié ? Alors,
- Speaker #1
à part les coquilles d'huître, non, pas vraiment. Mais c'est vrai que nous, on aime bien un peu cet univers de la gastronomie. Et travailler déjà juste dans les déchets alimentaires, je pense qu'il y a pas mal de ressources exploitables.
- Speaker #0
Et les coquilles d'huître, c'est pareil avec les mêmes restaurants que vous avez eu l'échange ? C'est à Paris ou c'est ailleurs ?
- Speaker #1
Alors les coquilles d'huître, pour le coup, on les a pour l'instant achetées dans une entreprise bretonne, encore une fois, qui les revalorise déjà et qui les broie déjà. Parce que je ne pense pas que notre gros mixeur de cuisine, même si c'est un mixeur professionnel, il survivrait à une huître. Donc en fait, il existe aussi déjà des entreprises qui revalorisent l'étape 1. des déchets. Donc il suffit de collaborer. En fait, on s'est rendu compte aussi qu'on n'était pas obligé de faire tout ce travail nous-mêmes, mais on a bien aimé le faire pour la première étape du projet.
- Speaker #0
Et donc, tu m'as souvent parlé là que vous avez fait des recherches vous-même. Donc il y a tout un processus un peu de do it yourself que vous avez fait. depuis le début de Beans, donc de vos propres recherches, vos propres tests, pour arriver à un produit que vous vendez aujourd'hui. Et justement, la question justement du coût, comment est-ce que, aujourd'hui, est-ce que par rapport à d'autres produits qui existent, vous êtes concurrent, j'entends que vous êtes assez nouveau, mais c'est un produit visuellement qui est assez attrayant. Donc comment est-ce que vous vous positionnez par rapport aux autres ?
- Speaker #1
Alors, malgré le fait que ce soit encore de l'artisanat et que ce soit fait à Paris etc on essaie quand même de pratiquer des prix qui se veulent quand même assez démocratiques en fait on aime bien l'idée de rendre accessible une sorte de le design qui peut être parfois un mot un peu qui peut être perçu comme quelque chose d'élitiste, nous on aime bien aussi essayer de le rendre un peu plus abordable, là on est sur 12,50€ un objet puis 22 deux objets Merci. Donc finalement, pour quelque chose qui est fabriqué à Paris avec des ressources européennes et françaises, on trouve que c'est quand même des prix assez justifiés.
- Speaker #0
L'ambition de BINZ demain est de grandir, de grandir en France, aussi en Europe. C'est quoi les prochains projets à venir ?
- Speaker #1
Alors nous, pour l'instant, on ne se pose pas trop encore la question de... comment grandir en tant que structure, mais plus comment grandir, expérimenter plus, grandir notre collection. On aime bien aussi l'idée de faire plus de projets spéciaux et sur mesure. Là, on a commencé à collaborer un peu avec un restaurant et avec aussi des institutions pour leur faire des choses comme des trophées, ou en fait, ne pas se limiter à ce qu'on a déjà fait pour en faire quelque chose de commercial, mais plus en fait, nous, ce qui nous intéresse. on est designer et donc mon associé est prototypiste ce qui nous intéresse c'est le processus de création et de fabrication donc on aimerait bien plus développer ce côté sur mesure donc un peu la co-création si je comprends bien avec une
- Speaker #0
entreprise qui vous dit imaginons peut-être demain j'ai ce déchet comment est-ce que je peux le valoriser et donc vous viendrez intervenir c'est ça,
- Speaker #1
co-création c'est le bon mot un... Intervenir avec les déchets que produit une entreprise ou alors juste leur produire un objet dont ils auraient besoin, goodies ou je ne sais quoi, avec nos propres déchets, les déchets qu'on source nous-mêmes. Et créer un nouveau design, c'est aussi faire du design qui nous intéresse, plus que commercialiser.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qui vous aiderait aujourd'hui à mieux vous faire connaître ? Mais vous faire connaître Beans, mais aussi votre matériau, c'est-à-dire un peu quels sont les endroits qui permettraient à Beans de se faire connaître par justement des créateurs ?
- Speaker #1
C'est la grande question qu'on se pose. On n'a pas encore trouvé la bonne réponse, mais évidemment que c'est en fait... Faisant aussi, par exemple, ce podcast, ce qu'on va faire parler de nous un peu plus. En fait, en s'exposant au monde, tout simplement, dans plein de manières, que ce soit faire des salons, être présent dans des matériautiques. Il y a une infinité de solutions qu'on est en train de découvrir en ce moment.
- Speaker #0
Et bien, pour finir, qu'est-ce qu'on peut souhaiter à Binz pour la suite, pour son futur ?
- Speaker #1
Je pense plus de collaboration, plus de... d'échanges créatifs avec d'autres institutions. On est ouvert à la collaboration.
- Speaker #0
Très bien. Merci beaucoup, Flavien, pour nous avoir fait découvrir Beans et pour ce matériau qu'on lui souhaite plein de belles choses et de collaborations à venir.
- Speaker #1
Merci, Alice.
- Speaker #0
Merci de nous avoir écoutés et d'avoir capté de nouveaux signaux avec nous aujourd'hui. On se retrouve très bientôt dans un nouvel épisode d'InnoMatters. sur Spotify, Deezer, Apple Podcasts et YouTube. N'hésitez pas à suivre notre actualité sur LinkedIn, Instagram et Facebook. A bientôt dans Innovators, le podcast où la matière s'écoute et se réinvente.