- Speaker #0
InnoMatters, le podcast où la matière s'écoute et se réinvente. InnoMatters.
- Speaker #1
InnoMatters.
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- Speaker #0
Bonjour Thomas.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Bienvenue sur le podcast InnoMatters. Pour commencer, est-ce que tu pourrais nous dire qui tu es et nous présenter aussi Fiboo ?
- Speaker #1
Alors je suis Thomas Lommel, directeur général de la société Fiboo. Fiboo a été créé en 2021 avec trois associés, Pakinam, Pierre Vion et moi-même, sur la base d'une fabrication de panneaux isolants en fibre de bambou.
- Speaker #0
Est-ce que tu pourrais maintenant nous parler un peu plus de l'origine de ce matériau ? Comment est-ce qu'il se compose ?
- Speaker #1
Alors tout... part de Pierre et de Paquin à l'époque quand ils étaient encore étudiants ils sont partis faire un stage de fin d'études en Asie dans une usine de fabrication de cure-dents en bambou et il y avait beaucoup de déchets au sol ils en ont récupéré ils se sont posé la question s'ils pouvaient faire un isolant avec ils étaient alors Pierre travaillait déjà dans le bâtiment et Paquin lui il était il était juste en externe et du coup en rentrant en France ils ont essayé de refaire un petit panneau isolant avec quelques tests, avec une caméra thermique, etc. Ils ont vite abandonné l'idée parce qu'ils n'avaient pas le temps ni les compétences pour mettre les choses en place. Et je suis arrivé en 2017 dans le bureau d'études de Haxway, qui appartient à Pierre Vion aussi, en tant qu'aide d'ingénierie électrique dans la partie ingénierie du bâtiment. Et pour la fin de stage en matériaux composites, master recherche. j'ai dû développer un produit. On a décidé de développer le produit isolant en fibre de bambou avec Pierre Viron en association.
- Speaker #0
Super. Et concrètement, est-ce que tu peux nous décrire le matériau en lui-même ? Comment est-ce qu'il marche ? Comment est-ce qu'il est composé ?
- Speaker #1
Alors, on est parti sur un produit isolant en fibre de bambou qu'on a pu trouver sur le marché en Asie pour vraiment caractériser la partie matériau isolant. voir comment ça fonctionnait, quels étaient les grands principes de la mise en place d'un matériau comme celui-ci. Donc j'ai été chercher, grâce à Pâkin, des fibres de bambou non biosourcées en Asie, défibrées chimiquement. Et je les ai mises en place en panneau dans mon garage avec un peu de colle, deux brosses à chien, et j'ai brossé la fibre de bambou pour en fabriquer des petits panneaux de 10 par 10. que j'ai après mis en four, en étuvage pendant un certain temps pour lier la fibre de plastique que j'avais incorporée dedans directement avec la fibre de bambou et on a croisé les données. On a vu que potentiellement ça fonctionnerait bien. Donc on a été chercher plus loin un système de défibrage complètement mécanisé et donc supprimer la partie chimique. du défibrage du bambou, qui aujourd'hui est en grande majorité ce qu'on se fait en Asie. Ce qui ne s'appelle plus maintenant fibre de bambou, mais viscose de bambou du coup. Et donc on a développé la partie mécanisée défibrage grâce à des laboratoires privés et ça nous a permis de mettre ça en place en deux ans de temps. Il y a une partie de recherche fondamentale, d'abord sur la littérature du bambou et sur la littérature du défibrage en général, que j'ai développé pendant à peu près un an. Suite à ça, on a sélectionné deux typologies de machines et on a fait les tests. On a vu que ça fonctionnait correctement avec une typologie de machine. On a refait des tests deux ans après avoir créé Fiboo. pour être sûr et certain de ce qu'on fait et de prouver à notre investisseur qui est arrivé chez FIBU en 2023, groupe Baudelay, comment ça s'est fait.
- Speaker #0
Ok, super. Est-ce que tu pourrais nous parler un peu plus sur la question de fibrage et défibrage ? Qu'est-ce que ça apporte au matériau ? La performance, pour bien comprendre justement quelle est l'importance ?
- Speaker #1
Alors l'importance de base c'était vraiment d'avoir un défibrage complètement mécanisé et donc jamais d'utiliser la partie chimique qui est dégradante pour l'environnement aujourd'hui. Le défibrage est... Compliqué avec le bambou, étant donné que le bambou est une plante annuelle qui est extrêmement rigide, il y a très peu de machines qui arrivent à arracher fibre par fibre, et ça en grande quantité. Donc la fibre de bambou qu'on utilise chez Fiboo, elle est structurelle. On vient la défibrer en longueur. On a des fibres de 2 cm environ de longueur. On ne défibre pas 100% du bambou. On vient faire des modes de fibres, ce qui nous permet d'avoir des petits crochets sur la fibre lors du défibrage, ce qui nous permet de diminuer la part du liant dans le produit en dessous de 5%. Majoritairement, dans les isolants biosourcés, on est entre 10 et 20 à peu près de liant.
- Speaker #0
D'accord, très bien. Donc c'est ça aussi qui est important, le pourcentage de matière biosourcée, donc le bambou qui prend la plupart. Et ensuite, l'autre partie qui est moindre, vous disiez qu'on est à 5%. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. On est en dessous, inférieur à 5% de part de liant dans le produit isolant, ce qui nous permet d'être sur le marché, d'être le produit isolant avec le moins haut taux de liant incorporé dans notre panneau.
- Speaker #0
Donc le bambou, par rapport à cette matière-là, n'est pas une autre. Qu'est-ce qu'il y a de plus ? plus justement qui fait que ça soit un isolant intéressant par rapport à d'autres matières par exemple le myocondyl ou d'autres types de matériaux biosourcés ?
- Speaker #1
On est parti sur le bambou parce que grâce à l'histoire de Pierre et de Paquin à l'époque, c'est pour ça qu'on utilise cette fibre de bambou. Bien sûr il y a une histoire de caractéristiques de la plante qui est hyper importante avec les fondamentales, donc la lignine la cellulose et mes celluloses, ce qui nous permet de faire une fibre Alors... et une fibre résistante. Aujourd'hui, si on utilise ce produit-là, c'est grâce à ses caractéristiques annuelles. On est sur des tonnages qui sont extraordinaires par hectare. On est à 10 ans, 15 ans, on est sur du 100 tonnes hectare, chose qu'à côté, il y a le miscanthus, par exemple, qui est entre 13 et 14 tonnes, 15 tonnes hectare. Et on doit le replanter régulièrement, alors que nous, on le plante une fois. Certes, on attend 5 ans avant qu'on puisse le récolter une première fois, mais une fois récolté tous les ans, on peut aller chercher un rendement bien plus supérieur au miscanthus. Et grâce au maintien de la bambouserie dans l'hectare en coupant que un tiers de la parcelle par an, ça nous permet de garder notre bambouserie pendant 80-100 ans. on ne sait pas encore. En fait, scientifiquement, en littérature, il n'y a pas de... d'arrêt de bambouserie, il n'y a pas de date définitive de bambouserie. La bambouserie vient à mourir seulement quand elle fleurit. Chaque espèce de bambou fleurit au même moment partout dans le monde. C'est très étrange, on ne sait pas pourquoi, on ne sait pas comment ça fonctionne, mais c'est très intéressant. Et quand il fleurit, elle vient à mourir. C'est pour ça que dans nos parcelles, nous on plante plusieurs espèces de bambous différents. Déjà pour garantir un maintien dans le temps. de la bambouserie, mais aussi pour garantir un maintien géothermique et environnemental de la parcelle. Par exemple, on ne va pas planter la même espèce de bambou les pieds dans l'eau que dans un sol sec. On va avoir plusieurs espèces différentes et on va sélectionner en fonction de l'espèce qui est bien dans la parcelle.
- Speaker #0
Ok, très bien. Et est-ce que les différents types de bambous, d'espèces de bambous ? a un rapport avec le matériau final ou pas du tout ?
- Speaker #1
Oui, il y a un mini-rapport. L'impact n'est pas exceptionnel, il est de l'ordre de quelques millième de pourcentage, mais il est là. L'impact est surtout sur la qualité de la fibre et la qualité du produit en général à l'intérieur de la fibre, donc l'hémicylose, la cellulose et la lignine, qui sont les trois grands principes du bois. les trois grands composés du bois, et ils vont varier. C'est pareil avec les espèces de bois, ils varient en fonction des espèces. Nous, on va sélectionner les espèces qui nous intéressent le plus techniquement parlant. Donc on va faire varier ça, mais pour vous donner un exemple, si on fait varier la lignine, par exemple, en fonction des espèces, elle va varier de 15% à 30-33%. Et nous, plus on est haut en lignine, plus c'est intéressant. pour le futur de FIBU, mais pour le moment, ça n'impacte pas directement le produit isolant. Le produit isolant, ce qui est important... Autant de savoir, le produit isolant, c'est l'air qu'on emmagasine, la densité du produit et l'aspect final extérieur du produit aussi, qui est important.
- Speaker #0
Très bien. Et donc, ça me fait passer à la partie usage. Après avoir ce premier matériau, quelles sont aujourd'hui les applications ? J'entends que c'est la partie isolant. donc ça principalement est-ce que Tu peux nous parler de ça et ensuite est-ce qu'il y a d'autres usages que vous envisagez chez Fiboo ?
- Speaker #1
Alors on part sur un panneau isolant parce que c'est le principe de Fiboo aujourd'hui, un isolant thermique qui a aussi une part de phonique. Bien sûr tous les isolants sont thermiques et phoniques, mais nous on est parti sur la base thermique de l'isolant. C'est un isolant qui est assez dense, on est sur du 50 kg par mètre cube. On peut aller plus densément. mais on reste sur la part de marché qui se fait très bien et qui fonctionne très bien à 50 kg par mètre cube. Ça permet d'avoir une inertie correcte pour le confort d'été, mais aussi une performance thermique pour l'hiver lors de la chauffe des bâtiments.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, vous êtes vraiment dans cette partie-là d'isolant thermique. Est-ce que vous envisagez d'aller vers d'autres secteurs ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. On est déjà en train de travailler avec une société sur des isolants acoustiques. On a plusieurs sociétés qui sont autour de nous, qui veulent travailler pour d'autres matériaux et matériels. Mais pour l'instant, on travaille spécifiquement sur l'aspect acoustique en plus. Le changement de liant aussi dans notre produit, qui est hyper important. Nous, on espère avoir un liant qui soit biosourcé rapidement. Aujourd'hui, ça n'existe pas encore sur le marché, mais on travaille avec des laboratoires privés et publics pour ça, justement. Et d'autres sociétés aussi qui ont d'autres aspects biosourcés avec d'autres cols, mais qui ne sont pas utilisables pour le moment dans notre machine de fabrication. Potentiellement, dans le futur, on aura les machines qui seront là pour. Mais il n'y a pas que l'isolant chez Fiboo, on veut aussi se diversifier. On est en train de travailler sur du MDF HDF. On espère partir aussi sur de la structure bâtiment directement avec du bambou aussi. Non pas du bambou canne potentiellement qui existe déjà sur le marché mais plutôt des bambous structurels avec une déformation du matériau elle-même et potentiellement avec des parts de marché aussi autre part que le bâtiment. Et donc dans l'automobile, l'avionique, le ferroviaire, tout ça, on peut aussi y avoir accès avec des matériaux tels que acoustique ou isolante thermique, mais pas que, avec des matériaux qu'on va chercher plutôt composites, cette fois-ci. Mais tout ça est encore dans les cartons pour le moment.
- Speaker #0
Super, en tout cas c'est des beaux projets qui s'annoncent. Et est-ce que c'est envisagé aussi ? pour l'ameublement ? Des panneaux ?
- Speaker #1
Le MDF, HDF, et spécifiquement pour l'ameublement. On parle beaucoup de MDF quand on fait des tables, par exemple, ou des bureaux, ou des meubles de qualité qui peuvent avoir une durabilité plus intéressante.
- Speaker #0
Très bien. Et au niveau de la partie sourcing, je reviens un peu sur ça, donc, Vous n'êtes pas seul dans cette partie de sourcing de bambou, est-ce que tu peux en parler un peu plus, comment est-ce que ça se passe ? Vous êtes tout seul avec vos partenaires ?
- Speaker #1
Alors aujourd'hui en Europe, on est la première industrie qui va fabriquer un produit à base de bambou. Il y a trois partenaires en Europe de producteurs et de cultivateurs de bambou. Ils sont hollandais, français et italiens. Nous, on travaille avec les Français et les Hollandais pour le moment. Et on est un peu primitif dans le domaine du bambou en Europe, mais c'est en train de se développer. On va développer ça fortement dans les prochaines années. En tout cas, on espère qu'il y aura un rebondissement sur cet aspect culture, qui est une culture et pas une forêt. C'est vraiment une culture et ça reste... ça reste très spécifique parce qu'il faut contrôler le bambou. Il est traçant quand même, il faut le contrôler sur les parcelles.
- Speaker #0
D'accord, et donc ce partenariat avec ces trois pays vous permet justement de mieux connaître le bambou ?
- Speaker #1
Grâce à eux, on peut avoir nos propres cultures, on met en place des partenariats entre les différents acteurs, entre les agriculteurs qui ont déjà planté en Italie par exemple, il y a à peu près 10 000 hectares de plantés en bambou. Et nous, on fait le lien avec cette société qui a des acteurs là-bas sur site directement, ce qui nous permet d'avoir du bambou 100% européen dans un premier temps pour la fabrication de nos panneaux isolants. Et en même temps, on espère arriver à 450 hectares de bambouserie en propre rapidement chez Fiboo, ce qui nous permettra d'avoir 100% de notre production en usine. 100% avec du bambou français et appartenant à Fiboo.
- Speaker #0
Donc aujourd'hui, il n'y a pas vraiment de difficultés d'approvisionnement, si je comprends bien ?
- Speaker #1
Il y avait des difficultés d'approvisionnement à l'époque. Aujourd'hui, ça ne l'est plus. Par contre, s'il n'y a plus d'acteurs, il y aura des difficultés aujourd'hui. Et ce n'est pas du tout envisageable d'importer du bambou extérieur de l'Europe. Ce qui aurait... Alors l'impact carbone, il serait quasiment négligeable entre un transport en bateau et un transport en... en camion, pardon. Nous, l'objectif, c'est de faire un transport en train, ce qui nous permettrait d'avoir un impact carbone bien moindre entre l'Italie et le nord de la France. On est en train de travailler dessus avec nos transporteurs et à voir ce que ça donne à l'avenir. Mais pour l'instant, on fait du transport en camion d'Italie.
- Speaker #0
Ça me permet de passer à cette partie de performance et durabilité. Donc, il y a un peu ce cycle de vie, donc d'extraction de la matière, ensuite production. Et est-ce que vous, dans votre réflexion, vous mettez ça en avant ? Donc, depuis l'extraction de la ressource, les plantations, devoir avec vos partenaires, et ensuite la fabrication de la matière, est-ce que vous avez aussi réfléchi à cette fin de vie ? Bien sûr. Les différents impacts que ça peut avoir.
- Speaker #1
l'objectif c'est ce n'est pas de mettre un produit sur le marché et de ne pas le récupérer ou de ne rien en faire, de le mettre en déchetterie à la fin. C'est vraiment d'avoir cette circonférence entre la production, la culture, la production, la vie du produit et la récupération de ce produit-là pour la réincorporation dans nos produits. Alors ce qui a un avantage chez Fiboo, c'est que comme on utilise très peu de liens, on peut déstructurer nos produits très facilement. Et donc on les réincorpore directement dans nos productions. C'est-à-dire que si 100% des produits qui sont mis sur les bâtiments, s'ils sont récupérés par Fiboo, on peut les réintégrer dans un autre bâtiment derrière la vingt-fille du produit. Parce que la fibre de bambou ne se déstructure pas dans le temps. C'est un avantage avec l'humidité, l'ensoleillement, bien sûr la température, etc. Ça ne se déstructure pas. Donc même si notre produit venait à stasser... Un petit peu, parce que si on regarde notre produit qui est rigide quand même avec 50 kg par mètre cube, il ne se tasse quasiment pas. S'il venait à se tasser, on pourrait l'ouvrir, le rouvrir et on pourrait refabriquer le même panneau. Mais on espère que nos panneaux seront dans les bâtiments le plus longtemps possible, parce qu'il y a quand même un carbone du carbone qui est emmagasiné là-dedans et qui est important aujourd'hui.
- Speaker #0
Et donc qu'est-ce que tu... Peux-tu nous dire un peu plus sur la question de l'impact carbone que ça a justement avec votre isolant ?
- Speaker #1
Nous, on a un impact carbone qui... C'est des données qui ne sont pas encore officialisées, mais on est sur un impact carbone qui est potentiellement négatif de notre produit grâce à l'incorporation du carbone dans les bambouseries, dans la terre. l'incorporation du carbone qu'on garde dans nos produits parce qu'on ne déstructure pas chimiquement, donc le carbone reste dans notre produit. On le stocke, et donc le stockage du carbone est hyper important. Aujourd'hui, on ne sait pas quoi en faire, donc autant le stocker et en faire quelque chose plus tard, le jour où on sait quoi en faire et comment s'en servir.
- Speaker #0
Très bien. Et au niveau, est-ce qu'aujourd'hui, il y a des limites que vous voyez dans ce développement d'isolation ? Est-ce que vous avez des limites en tout cas dans la communication que vous faites par rapport à votre isolant avec d'autres partenaires, cette communication en fait sur cet impact là positif qu'il faut avoir avec vos clients ?
- Speaker #1
Aujourd'hui c'est hyper important de communiquer sur cet impact carbone qu'on a dans les matériaux, dans les habitations surtout. Donc on communique énormément avec eux et nos distributeurs pour communiquer après derrière et montrer que notre produit a un impact quand même sur l'environnement qui est plutôt positif. en tout cas je l'espère, on verra potentiellement dans le temps mais oui je pense que c'est hyper important de communiquer dessus et potentiellement plus communiquer dessus que sur la qualité thermique du produit qui reste globalement une qualité thermique relativement stable dans le temps de temps, on ne va pas avoir un produit isolant biosourcé qui va être ultra performant par rapport à un autre. Aujourd'hui, en tout cas, ça n'existe pas. Donc, on reste sur, globalement, une caractéristique, on va dire, standard, sur la partie thermique, je parle. Et donc, la communication sur l'impact carbone est bien plus intéressante pour nous, car on est meilleur que nos concurrents sur cette partie-là. Et j'espère qu'il y en aura d'autres qui seront meilleurs que nous. à l'avenir, mais ça est important.
- Speaker #0
Super. Est-ce que tu pourrais nous en parler plus sur la question sur la partie thermique de votre matériel ?
- Speaker #1
Sur la partie thermique, nos produits correspondent à un produit thermique biosourcé avec un lambda de 0,038, ce qui nous donne une caractéristique de performance thermique relativement bonne, et bonne dans le temps, parce qu'on ne va pas avoir une... Une diminution de cet impact, cette caractéristique thermique dans le temps étant donné que nos produits restent rigides et stables dans le temps. Donc on sera équivalent à la laine de roche par exemple. Bien sûr, ce n'est pas que cette caractéristique thermique qui nous intéresse sur le produit isolant aujourd'hui. Il y a aussi l'inertie de l'isolant. L'inertie, c'est le temps que met la chaleur ou la fraîcheur à traverser le produit. la conductivité thermique est une donnée qui permet de contrer cet effet de traverser le produit. Et l'inertie, c'est le temps que met cette chaleur ou cette fraîcheur à traverser le produit. Donc si nous, imaginons que nous, on ait une inertie thermique à 24 heures, ça veut dire qu'il n'y aurait pas de différence de température à l'intérieur du logement, même si à l'extérieur, il y a une différence de température qui est extrême. Par exemple, si on part de 200 à moins de 100. Mais ça n'existe pas. Aujourd'hui, on est sur une inertie thermique, donc ça veut dire que l'été, tu vas avoir un produit, une chaleur qui va être dispersée dans ton mur et non pas dans ta maison ou dans ton appartement. Donc, tu vas faire plus frais à l'intérieur et l'été et la nuit, la chaleur va être dispersée vers l'extérieur de ton logement parce que tu vas avoir un effet thermodynamique où la fraîcheur va récupérer la chaleur de ton mur et donc tu vas refroidir ton mur. À l'intérieur de ton mur, tu ne vas jamais avoir de passage de chaleur ou de fraîcheur. On parle de chaleur l'été parce que c'est hyper important. Aujourd'hui, en France, il fait de plus en plus chaud. Au lieu d'utiliser la clim, on vient mettre une inertie thermique sur ton mur avec un isolant ou avec une augmentation de l'épaisseur de ton isolant, ce qui nous permet d'avoir 10 heures, 12 heures. Par exemple, la paille, ça peut aller jusqu'à 16, 17 heures d'inertie. Mais par contre, c'est 40 centimètres de... d'épaisseur de mur, minimum.
- Speaker #0
Ah oui, quand même. Super. Et donc, justement, tu parlais de réguler la température. Est-ce que, justement, avec ces changements climatiques, donc les extrêmes températures, est-ce que, justement, l'isolant aura, enfin, je pense, a déjà un impact, mais aura un impact dans le futur ?
- Speaker #1
Ah oui, bien sûr. Il faut absolument mettre de l'isolant dans son bâtiment et bien le faire. On peut très bien mal le faire et ça, ça ne sert pas à grand chose malheureusement. Donc mieux vaut le faire bien, consensueusement, et il faut absolument isoler son logement. C'est une qualité à avoir même si ça coûte de l'argent aujourd'hui. Mieux vaut isoler son logement aujourd'hui que de payer 500 ou 600 euros par mois d'électricité, même en été parce qu'on utilise de la climatisation. Ce serait quand même dommage.
- Speaker #0
Et quand tu dis bien le faire, qu'est-ce que ça engendre ?
- Speaker #1
Bien le faire, c'est essayer de supprimer un maximum les ponts thermiques, donc l'entrée de la fraîcheur dans le logement. Pour ça, souvent on fait une isolation extérieure, ce qui fonctionne le mieux. Mais si on ne peut pas, il faut faire une isolation intérieure. Et dans ces cas-là, on garde certains ponts thermiques qu'on ne peut pas supprimer. Et donc une épaisseur supplémentaire d'isolant permet de... de garantir un maintien. Nous aujourd'hui on ne fait pas d'isolant extérieur, on ne fait qu'un isolant intérieur mais on est en train de développer un isolant extérieur d'ici l'année prochaine on va dire de fin 2026-2027, on sortira un nouveau produit d'isolation par l'extérieur.
- Speaker #0
D'accord très bien, est-ce que tu pourrais nous dire la différence entre un isolant intérieur et extérieur ? Quels sont les impacts ?
- Speaker #1
L'impact sur le produit lui-même est sa densité. La densité va être augmentée, donc le côté thermique va être diminué. Plus on augmente la densité, plus la conductivité thermique augmente. Plus elle augmente, moins elle est performante. Mais ce n'est pas un souci parce qu'on supprime quasiment tous les ponts thermiques. En supprimant ces ponts thermiques, on peut diminuer la part de caractéristiques thermiques de l'isolant.
- Speaker #0
Pourquoi on aurait besoin justement d'une isolation extérieure ?
- Speaker #1
Et après c'est la technique et le prix aussi. Le prix est quand même bien plus supérieur avec une isolant par l'extérieur que par l'intérieur. Mais la technique aussi est importante. Si on doit rénover un bâtiment par exemple, c'est plus facile de le rénover de l'intérieur parce que souvent l'aspect extérieur doit garder cet aspect extérieur. Donc c'est plus souvent facile d'isoler par l'intérieur, plus efficace, moins cher et moins contraignant.
- Speaker #0
Très bien. Merci. Et donc, tu parlais justement de prix. Est-ce que le développement de ce genre de matériaux, ça a un impact ? Donc, il y a un coût. Est-ce que par rapport à d'autres matériaux, d'autres isolants, c'est concurrentiel ?
- Speaker #1
Oui, on reste concurrentiel sur le marché. Surtout, c'était l'objectif. Si on était beaucoup plus cher, par exemple, si on allait chercher les isolants sous vide, ça n'aurait pas du tout été le même marché. On n'avait pas la possibilité d'aller faire ça. Donc on reste sur une tarification standard des matériaux biosourcés.
- Speaker #0
Ok, très bien. Et quand tu dis isolant sous vide, qu'est-ce que c'est ?
- Speaker #1
Un isolant sous vide, c'est un isolant qui n'a pas d'air à l'intérieur. Donc c'est deux panneaux qui sont étanches. Et à l'intérieur, on enlève l'air, on remplace par un gaz, ce qui permet d'avoir une efficacité thermique bien plus supérieure. Mais ce sont des caractéristiques qu'on ne peut pas utiliser dans toutes les parties bâtiment. Et souvent, c'est utilisé pour de la très haute performance.
- Speaker #0
Ok, très bien. Et donc aujourd'hui, votre isolant, dans le temps, dans sa durée de vie, a déjà des caractéristiques intéressantes du fait du matériau, du bambou. Est-ce qu'il y a une... deuxième vie ? Tu disais tout à l'heure quelques mots sur ça, mais est-ce qu'il y a une deuxième vie de ce matériau-là après isolation ?
- Speaker #1
Soit on en fait de l'isolant, on en refait de l'isolant, comme j'ai expliqué tout à l'heure, soit on le récupère et dans ces cas-là, on peut en faire un éco-produit. Mais il faut savoir qu'il y a une part de liant qui est aujourd'hui pétrochimique dans notre produit, qu'il faudrait séparer pour en faire un autre matériau biosourcé ou écologique. Si celui-ci est utilisé pour, par exemple, de la biomasse dans les chaufferies, il faudrait savoir supprimer la partie PPPE. Mais aujourd'hui, on n'a pas réfléchi à aller plus loin sur quel matériau utiliser ou fabriquer grâce à notre isolant. On peut aller faire plein de matériaux, mais aujourd'hui, ce n'est pas... Ce n'est pas encore dans les cartons chez Fiboo, à part la récupération pour en refaire un isolant.
- Speaker #0
Ok, très bien. Et est-ce que, tu parlais justement de ces 5% en plus qu'il y a dans votre isolant, est-ce que dans le futur, vous pensez l'éliminer complètement ? Est-ce que c'est possible ou pas ?
- Speaker #1
Alors, l'éliminer complètement, j'espère, mais c'est quasiment infaisable. Mais je pense qu'on peut diminuer la part de liant. On est en train de travailler sur d'autres liants naturels, biosourcés. Le sujet de ces liants biosourcés pour le moment, c'est qu'ils sont beaucoup moins performants dans le temps et mécaniquement. Du coup, on est obligé d'augmenter la part de liant dans le produit. Les liants écologiques biosourcés sont deux fois plus chers. Donc si on augmente la part de liant de 5% à 15% pour garantir les caractéristiques mécaniques du produit, et que le prix fait x2 sur la quantité de l'orient, ça veut dire que le prix du panneau serait extraordinaire aujourd'hui. On ne pourrait pas se permettre de le vendre. Du coup, on est en train de travailler avec des sociétés, une société en général pour de la glu, et un laboratoire pour mettre en place une fibre liante biosourcée sur nos produits. Mais je pense sincèrement que ça n'arrivera pas entre avant 5 à 10 ans. sur le marché. C'est une question de prix, surtout.
- Speaker #0
Très bien, merci. Et est-ce que, c'est une question comme ça, ça ne marchera pas, tu viens de mentionner le prix, est-ce qu'on pourrait imaginer avoir un panneau isolant entre parenthèses premium, donc qui irait plus dans ce sens où on va trouver des cols qui soient...
- Speaker #1
C'est possible, mais...
- Speaker #0
Mais c'est toujours la question du prix qui... Oui,
- Speaker #1
c'est la question du prix et la question de la quantité. si par exemple si on fait un produit réellement biosourcé, 100% biosourcé déjà le prix imaginons que le mètre carré sur une épaisseur standard soit à 20 euros c'est un exemple avec un produit biosourcé potentiellement il est à 50 ou 60 euros déjà et en plus de ça la production serait tellement petite que nous on n'arriverait pas à être rentable sur notre machine industrielle du coup on peut pas soit on en fait un Soit on en fait deux, mais on arrive à le vendre également sur la même quantité de pourcentage de vente. Sinon, ça ne servira à rien.
- Speaker #0
D'accord, très bien.
- Speaker #1
Mais c'est faisable.
- Speaker #0
Mais c'est faisable, très bien.
- Speaker #1
Ça, c'est sûr.
- Speaker #0
C'est faisable, ok. Mais c'est plus une question de... Oui, complètement.
- Speaker #1
Est-ce que les gens sont prêts à mettre 5 fois plus dans un isolant pour avoir 100% de biosourcés ? C'est possible, il y a des gens qui sont riches et donc qui peuvent le permettre et c'est très bien. Mais 95-98% des personnes qui vont acheter nos futurs isolants n'auront pas ces capacités financières-là.
- Speaker #0
D'accord, et donc ça c'est pour du particulier, mais est-ce que les entreprises, est-ce que c'est une demande que vous avez ? Non,
- Speaker #1
ce n'est pas du tout une demande. C'est une contrainte plus qu'autre chose pour nous, si on le fait. Parce que même les entreprises... Eux regardent le tarif, bien sûr, parce que derrière, la finalité, c'est le client qui paye. Même pour les promotions immobilières, ils ne peuvent pas se permettre d'aller mettre des isolants 5 fois plus chers que le marché, que les isolants standards du marché, parce que derrière, ils ne vendraient pas leurs produits.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Ils n'arriveraient pas.
- Speaker #0
Et l'amélioration aussi de votre produit se fait à travers les projets, donc les demandes que vous avez. Je suppose qu'il y a aussi la R&D chez Fiboo, en effet. Mais est-ce que ça fait aussi par rapport au projet que vous avez que vous pouvez modifier au fur et à mesure votre matériau ?
- Speaker #1
Là, c'est vraiment notre produit de base. Et après, si une promotion immobilière ou alors un industriel ou un distributeur demande des produits spécifiques, on en discute. Mais on n'en fabrique pas sur mesure, en tout cas, pour le moment. Par contre, si on travaille dans le futur avec notre société, avec qui on travaille déjà sur la partie acoustique, bien sûr, on va lui fabriquer des panneaux qui sont propres pour cette société-là. On ne va pas utiliser nos propres panneaux, qui ne correspondent pas à leurs attentes.
- Speaker #0
Selon toi, les plus grands freins aujourd'hui à diffusion de ton matériau, enfin de matériaux de Fiboo, est-ce qu'il y a des freins techniques, le coût, les réglementations ?
- Speaker #1
Alors aujourd'hui la réglementation est assez stricte avec le SSEB qui n'est pas forcément simple à travailler avec, mais ça reste un gros frein pour des sociétés qui arrivent sur le marché comme nous. Ça fait par exemple un an, un an et demi qu'on travaille avec eux, qu'on attend des données, mais malheureusement on n'a toujours rien.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui vous bloque dans la réglementation ?
- Speaker #1
La réglementation est complexe pour des bâtiments. Ce n'est pas la même réglementation européenne qu'en France. On doit respecter un certain nombre de normes qui sont difficilement atteignables pour des produits biosourcés, surtout. Mais ça reste atteignable. On le fait, on l'a fait. Derrière, on sera accrédité, il n'y a pas de problème. c'est juste que c'est facidieux à mettre en place et les discussions comme c'est il n'y a que le CSTB qui permet de garantir un produit sur le marché qui autorise un produit sur le marché en tout cas on peut mettre de l'isolant Fiboo tu peux mettre de l'isolant Fiboo chez toi s'il n'y a pas d'autorisation du CSTB il n'y a pas de problème si ton assurance le prend en charge par contre sur des projets Merci. de bâtiments avec des promotions, avec des industriels, etc. Ça, on ne peut pas se le permettre parce qu'on ne vendrait pas notre produit. On est obligé d'avoir des accréditations pour pouvoir vendre notre produit. Alors, ce n'est pas obligatoire, mais les gens n'iront pas l'acheter si on ne les a pas, ces accréditations-là. Donc, on est obligé de les attendre pour pouvoir le vendre.
- Speaker #0
J'entends. Très bien. Donc au niveau, après, technique et coût et puis approvisionnement, c'est quelque chose qui est déjà quand même assez bien rodé.
- Speaker #1
C'est quelque chose qu'on contrôle aujourd'hui. L'approvisionnement, les coûts et le transport, on le contrôle. Ça n'a pas toujours été évident, surtout pour le bambou, l'utilisation du bambou. On n'avait pas mélu de bâton dans les roues, surtout sur la partie culture. mais ça y est, ça se débloque enfin cette année. On autorise les plantations de bambous plus facilement et surtout des aides et des subventions de l'État qui arrivent de plus en plus sur cette partie-là.
- Speaker #0
Donc c'était plus dans la partie culture qui a été un frein ?
- Speaker #1
Oui, ça a été un gros frein. Mais on a toujours gardé la ligne droite sur ça.
- Speaker #0
Super. Et quand tu dis qu'il y a un an, c'était des subventions, c'était des aides pour pouvoir...
- Speaker #1
Des aides pour travailler sur le bambou en lui-même, peu importe le travail, sur la culture, sur l'industrie, sur la transformation de lui-même. Mais il n'y avait pas de possibilité de subvention sur cette partie-là. Parce qu'on ne rentrait pas dans les plantes annuelles, mais on rentrait pas dans le bois. Du coup, ça a été difficile. Là enfin, ça y est, l'ADEME débloque le sujet cette année. Et puis on espère que dans l'avenir ça restera une plante cultivable de plus en plus et l'impact sur l'environnement et les sols est bien plus intéressant que de planter tous les ans du lin ou du chanvre, qui sont des plantes qui sont intéressantes sur certains points mais qui pour moi, à ma connaissance, ne sont pas assez en quantité. en qualité, pour en faire des isolants pour le bâtiment.
- Speaker #0
Quel est cet impact sur le sol qui est justement intéressant ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, on ne va pas déstructurer le sol, parce qu'on plante une fois et après on arrête de planter. Donc le sol va garder sa richesse. On va rouler dessus une fois tous les trois ans pour pouvoir couper les mambous. Donc on n'ajoute pas d'intrants non plus dans les mambouserais. Donc on vient laisser complètement le sol faire comme il a envie de faire. Et ça c'est hyper intéressant je trouve. Parce qu'on vient remettre une biodiversité au pied des bambous, dans le sol, dans les bambous aussi en eux-mêmes. Alors aujourd'hui cet impact-là il est dimensionné par les sociétés justement avec qui on travaille. La société Horizon qui travaille sur les impacts. et très intéressante, il faut discuter avec eux.
- Speaker #0
Donc il y a l'utilisation du mambo pour faire l'isolant, mais tout le reste, est-ce que c'est réutilisable ?
- Speaker #1
Nous on a des déchets, en industrie on a des déchets, forcément ces déchets-là on va les réutiliser pour en faire des produits éco-conçus. Dans un premier temps on va en faire du pelé pour de la biomasse, On va essayer aussi, comme j'en ai expliqué tout à l'heure, de récupérer les fibres qu'on ne utilise pas pour le panneau isolant pour en faire du MDF, HDF. Et après, autres produits, mais pour le moment, on se base dessus.
- Speaker #0
Très bien, merci. Pour vous suivre, pour savoir un peu comment évolue Fiboo, où est-ce qu'on peut avoir plus d'informations ?
- Speaker #1
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- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
De rien.
- Speaker #0
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