Speaker #0Dans ce nouvel épisode d'intéressant, je vous parle de l'immigration. Tout le monde sait qu'il y a un malaise sur le sujet et ça ne s'éteindra pas tant qu'il n'y aura pas de débouchés politiques. Il n'y a pas de réponse à la demande majoritaire dans le pays. Ne pas parler d'immigration aujourd'hui, refuser le débat, c'est refuser ce que demandent les Français. Tous les sondages le disent depuis des années. Et s'il n'y avait qu'une chose et une seule à retenir à propos de l'immigration en France, c'est qu'elle est hors de contrôle de la puissance publique. Les droits et libertés des étrangers ont pris le pas sur l'intérêt général. Le pouvoir politique a perdu presque toute autorité en matière d'immigration. Pour le dire de manière un petit peu provoquante, ce sont les immigrés eux-mêmes qui font la politique migratoire de la France. On en parle sur Intéressant. Salut, c'est Dimitri Pavlenko. D'abord, je voudrais vous remercier car vous êtes plus de 15 000 à avoir visionné Le précédent épisode sur le narcotrafic, c'était notre deuxième épisode seulement. Et donc, un immense merci parce que ça nous encourage vraiment à continuer. Si vous aimez Intéressant, si vous aimez l'actu en grand format, que vous voulez soutenir notre travail, abonnez-vous. Laissez-nous aussi un petit commentaire, ça nous fait toujours plaisir de vous lire et de vous répondre. Dites-nous aussi s'il y a des sujets que vous aimeriez que nous abordions dans Intéressant. Je regarde toujours ce qui se fait sur YouTube quand je me lance dans une nouvelle chronique. et souvent, je dois bien dire, je trouve qu'il manque le grand récap qui permet d'entrer sereinement, bien armé, dans un débat avec un factuel solide. C'est l'ambition que j'ai pour les grands formats d'intéressants comme celui-ci, de vous offrir ce vaste tour d'horizon que souvent, moi, je cherche et que je ne trouve pas. Alors le voici aujourd'hui pour le sujet le plus clivant du débat public français, je veux parler de l'immigration. Alors je vous disais en introduction que le débat est politiquement bouché, paralysé par l'inertie du politiquement correct. par le manque de courage de la majorité de nos décideurs politiques qui ont comme perdu le pouvoir sur les questions d'immigration. Ce pouvoir, ils l'ont perdu, ou plutôt, ils y ont progressivement renoncé, bon gré, mal gré. Ils l'ont abandonné à d'autres autorités, et on verra lesquelles, essentiellement par peur d'être taxés de racisme au moment d'agir dans le sens qui est clairement voulu par l'opinion publique majoritaire, le sens d'un durcissement. Le débat, tout de même... avance un petit peu principalement dans l'hémisphère droit du champ politique. On regarde par exemple ce qui se fait ailleurs en Europe, dans des pays comme le Danemark notamment. Surtout, on essaye de rassembler les données à notre disposition pour connaître notre immigration parce qu'en effet, vous allez voir, on la connaît mal cette immigration. Ça n'est pas simple de collecter ces données. Comme politiquement, l'immigration est perçue à tort, je pense, comme un sujet sensible, notre appareil statistique, nos administrations publiques sont... défaillantes parce qu'elles sont mal à l'aise tout simplement à l'idée de compter, de catégoriser les choses et les personnes lorsqu'il s'agit du fait migratoire. Heureusement, il y a des personnes courageuses dans ce pays qui bravent l'interdit moral posé par la gauche sur tout ce qui concerne l'immigration. Je pense à l'équipe de Nicolas Pouvremonti, à l'Observatoire de l'immigration et de la démographie, l'OID, qui accomplit un travail absolument remarquable d'objectivation du fait migratoire. Je pense aussi à des personnalités comme Didier Leschi, ... Patrick Stefanini qui font ce que la gauche prétend vouloir faire, c'est-à-dire sortir des craintes et des fantasmes pour injecter de la science dans la conversation sur l'immigration. C'est aussi l'objectif de cet épisode d'intéressant. Que sait-on vraiment de l'immigration en France ? On va le découvrir ensemble. C'est un très gros sujet. Il y a beaucoup de choses à dire. On va donc procéder en deux parties. Voici donc la première. Combien y a-t-il d'immigrés en France ? Alors d'abord, mettons-nous d'accord sur les mots. C'est quoi un immigré ? C'est une personne née étrangère à l'étranger et résidant en France. Ça, c'est la définition française, la définition INSEE d'un immigré. Certains immigrés gardent leur nationalité étrangère tout en vivant en France. D'autres font le choix de devenir français, mais statistiquement, ils restent toujours des immigrés. Leurs enfants, eux, qui sont nés en France, alors ils sont français, mais classés comme descendants d'immigrés. Combien y a-t-il d'immigrés en France ? Combien de personnes ? Alors, il est de coutume à propos de l'immigration de parler de flux et de stocks. Ne soyez pas choqués, cette expression fait penser à des marchandises, mais les stocks désignent tout simplement les personnes qui sont là en France. Les flux, ce sont les personnes qui entrent et sortent du pays pour une période de plus de trois mois, que ce soit pour raison familiale, économique ou pour études. Alors, on va commencer par le stock, c'est-à-dire la population d'origine immigrée qui est présente. en France. Alors généralement, on donne deux chiffres, c'est un peu tout le temps les mêmes, dans les journaux notamment, autour de 7 millions, 7 millions et demi, soit 10 à 11% de la population. Et ces chiffres, on vous les assène comme si ça ne bougeait pas, comme si c'était des chiffres fixes. C'est totalement fou. Le nombre d'immigrés progresse plus vite que l'ensemble de la population française. Regardez ce graphique INSEE qui nous apprend qu'en 2006, on comptait un peu plus de 5 millions d'immigrés sur un peu plus de 63 millions d'habitants. Ça faisait 8,1% de la population française. 2023, donc c'est 17 ans plus tard, on comptait 7 300 000 immigrés pour 68 300 000 habitants. 10,7% de la population. Vous voyez donc que la part... des immigrés dans la population générale, elle est passée en moins de 20 ans de 8 à presque 11%. Et cette accélération migratoire, elle est sans précédent dans l'histoire de France. Alors 7,5 millions de personnes d'immigrés, on ne compte là que les personnes qui ont fait le voyage vers la France. La deuxième génération, c'est-à-dire les descendants qui ont au moins un parent immigré, sont eux plus de 8 millions, soit autour de 12% de la population. 8 plus 7, vous faites l'addition, on est à 15 millions de personnes immigrées ou... descendants d'immigrés en France, soit environ 23% de la population. Et sur trois générations, si vous rajoutez les grands-parents en quelque sorte, on atteint presque 20 millions de personnes, soit pratiquement 30% de la population française. Le fait migratoire n'est donc absolument pas anecdotique, c'est un fait démographique absolument majeur. Il n'y a jamais eu autant d'immigrés en France qu'aujourd'hui, que ce soit en valeur absolue, c'est-à-dire en nombre, ou en part relative, c'est-à-dire en... pourcentage de la population. Alors cette immigration installée en France, elle a aussi des caractéristiques particulières. C'est d'abord l'immigration la plus africaine d'Europe. Selon l'OCDE, 3 immigrés sur 5 en France proviennent d'Afrique. C'est 3 fois plus que la moyenne européenne. Cette immigration africaine, elle a longtemps été à majorité maghrébine, mais de plus en plus, elle devient subsaharienne, c'est-à-dire noire. Cette immigration, elle est aussi majoritairement familiale. On vient en France avant tout pour retrouver un membre de sa famille. C'est le premier motif d'immigration des Africains, loin devant le travail, les études ou pour fuir l'insécurité. Alors, après les stocks, voyons maintenant les flux migratoires qui sont en forte hausse sur un quart de siècle, depuis le début du XXIe siècle. En fait, tous les indicateurs sont à la hausse. D'abord, on va parler des... premiers titres de séjour. Regardez ces chiffres du ministère de l'Intérieur. Le nombre de titres délivrés chaque année est passé de 188 000 en l'an 2000 à 327 000 en 2023. C'est un quasi-doublement du flux migratoire annuel en l'espace de 25 ans avec notamment une très forte accélération ces dix dernières années depuis 2015. On voit que notamment sous la présidence Macron, 2017- 2025, plus d'un million et demi d'immigrés Merci. ont reçu leur premier titre de séjour en France. Alors le motif famille, vous voyez qu'il est dépassé depuis peu par les étudiants internationaux, mais il a quand même été pendant de loin le premier motif de demande de séjour en France pendant très longtemps, historiquement même. La seconde filière d'immigration légale, la plus importante aujourd'hui, ça n'était pas du tout son destin initial, c'est la plus polémique aussi, c'est l'asile. Autrement dit, quand un étranger fait à la France la demande de la France. d'une protection internationale. L'avocat Philippe Fontana a écrit sur le droit d'asile un livre absolument édifiant. On y apprend que depuis 1973, le nombre de demandes d'asile en France a été multiplié par plus de 100. On était à 1 000, 1 500 demandes chaque année il y a 50 ans. On est à 150 000 demandes par an aujourd'hui. C'est le record d'Europe. Le nombre de demandes d'asile explose et le taux de réponse positive aussi. Ceci expliquant cela d'ailleurs. Les avis favorables à l'asile en France, on était à 13,5% de oui en l'an 2000. On est à 45% aujourd'hui. Une demande d'asile sur deux reçoit une réponse favorable. On verra pourquoi un petit peu plus loin. Le pays qui fournit le plus de demandeurs d'asile à la France, c'est l'Afghanistan. On est passé de 618 demandes d'asile émises par des Afghans en 2014 à plus de 15 000 demandes chaque année. Et plus de 70% des Afghans décrochent l'asile. Un Afghan en France a deux fois plus de chances de décrocher une protection internationale que n'importe où ailleurs en Europe. Et ça, les Afghans le savent bien. S'ils échouent dans leur procédure en Allemagne ou en Suède, qui était leur destination privilégiée il y a dix ans, mais ces pays, finalement, se sont fermés à eux face à l'afflux. Eh bien, ils se dirigent aujourd'hui prioritairement vers la France. La France est devenue le pays de l'exil afghan. c'est une immigration très particulière, qui est essentiellement masculine, qui n'est pratiquement pas allée à l'école, qui est surreprésentée dans la délinquance. Regardez ces images d'une rixe filmée fin 2024 depuis un balcon dans le nord de Paris, sur fond de trafic de cigarettes, impliquant des dizaines de ressortissants afghans en bataille rangée, en pleine rue. De Paris, on a compté lors de cette bagarre plusieurs blessés. C'est typiquement ça, l'immigration afghane en Allemagne. Les Afghans sont aussi 21 fois plus présents que d'autres nationalités dans les cas d'abus sexuels sur mineurs, 21 fois. Alors, chose étonnante également concernant l'asile, les quatre pays qui suivent l'Afghanistan au classement du nombre de demandeurs d'asile, ce sont tous des pays qui sont considérés comme sûrs par l'Union européenne. Pourquoi c'est étonnant ? Parce que quand vous demandez l'asile, Normalement, vous demandez refuge à un pays qui considère que votre pays d'origine vous persécute ou vous menace. C'est une demande de protection internationale. Est-ce que c'est vraiment le cas, vous pensez, pour tous les Turcs ou les Ivoiriens qui demandent l'asile en France ? Clairement, on voit que la procédure de demande d'asile est aujourd'hui détournée par une immigration qui est essentiellement à but économique. Et le système français semble leur donner raison, vu sa générosité dans la délivrance des titres. Vous avez aujourd'hui en France plus de 600 000... bénéficiaires de l'asile. Et la définition de l'asile, elle ne cesse de s'étendre à des groupes toujours plus larges. La Cour nationale du droit d'asile, c'est la juridiction qui est spécialisée dans le contentieux de l'asile. C'est cette Cour-là que les demandeurs d'asile saisissent quand ils sont déboutés pour demander un nouvel examen de leur dossier. Eh bien, la CNDA considère, depuis 2024, que toutes les femmes afghanes, toutes peuvent prétendre au statut de réfugiées en France. Toutes, sans exception. On parle quand même de 20 millions de personnes. Tous les Palestiniens également depuis le 11 juillet 2025. À partir d'un seul cas, c'est devenu jurisprudence, donc élargie en généralité. Vous avez donc aujourd'hui un peuple entier, le peuple palestinien, qui peut prétendre à demander l'asile en France. Alors c'est le cas aussi des femmes irakiennes, sri-lankaises, des homosexuels birmans, congolais, togolais, les albinos du Nigeria, etc. L'OID a calculé que 580 millions de personnes ont été touchées par le virus. personnes dans le monde peuvent potentiellement obtenir l'asile en France, c'est-à-dire 8 fois la population française ou encore 7% de la population mondiale. J'allais oublier les mineurs non accompagnés, les MNA qui se déclarent comme tels alors arrivés en France. Pourquoi ? Parce que quand ils sont mineurs, ou en tout cas qu'ils se prétendent comme tels, ils sont pris en charge systématiquement par l'aide sociale à l'enfance, au point qu'aujourd'hui les MNA représentent entre 15 et 20% des jeunes qui sont pris en charge par l'ASE. En réalité, ils sont loin d'être tous mineurs. La vérification de leur minorité par test osseux, c'est très coûteux, c'est compliqué aussi, donc on le fait rarement. La vérification de leur isolement aussi, c'est compliqué. Et donc les départements payent assez aveuglément, prennent en charge ces mineurs prétendument non accompagnés. Ça coûte 50 000 euros par jeune et c'est une facture pour les départements d'environ 2 milliards d'euros. Alors le dernier flux migratoire légal en France, après les titres de séjour et les demandes d'asile, ce sont les demandes de visa. court ou long séjour. C'est ce que demandent les touristes quand ils viennent visiter la France. La demande est autour de 3 millions de visas par an, mais parmi ces demandeurs, vous avez une catégorie de fraudeurs qui demandent un titre court séjour, mais qui, une fois le visa expiré, ne va pas quitter la France. C'est le cas notamment des Algériens, parce qu'ils ont une facilité en vertu de cet accord de 68 signé avec l'Algérie pour venir en France et notamment obtenir ces fameux visas. Alors, combien ça concerne de personnes ? technique qui consiste à venir légalement en France avec un visa de voyage et à basculer dans la clandestinité, on ne sait pas vraiment, mais ces personnes viennent grossir le nombre des illégaux qui sont présents en France et on évalue leur nombre entre 500 000 et 900 000. Alors pour cela, on a un indicateur, c'est le nombre de bénéficiaires de l'aide médicale d'État, l'AME, qui a été créée en 2001. À l'époque, vous aviez 140 000 bénéficiaires, aujourd'hui c'est près de 500 000. Et tous les clandestins, sachez-le, n'ont pas... pas recours à l'aide médicale d'État. Un récent rapport parlementaire aussi consacré à la Seine-Saint-Denis nous informe de la situation dans le seul département du 9-3 où vivraient entre 150 000 et 400 000 clandestins. Autrement dit, l'écart entre la population officielle de Seine-Saint-Denis et sa population réelle, il serait de l'ordre de 30%. Vous voyez, c'est considérable. Alors pour les clandestins, l'objectif, une fois qu'ils sont en France, ça va être de durer. le plus longtemps possible, d'accumuler des preuves de présence, que ce soit des documents administratifs datés, des contrats de travail, etc., qui leur serviront ensuite à se faire régulariser. Il n'y a pas vraiment de risque à la clandestinité en France. Vous avez plus de chances d'obtenir vos papiers que d'être éloignés. Pour 2022, regardez ce chiffre, ministère de l'Intérieur, 85 799 régularisations pour divers motifs, regroupements familiales. maladie, violence conjugale, insécurité du pays d'origine, etc. C'est un peu comme à la loterie, vous avez échoué au premier tirage, c'est pas grave, vous en avez un second. Concernant les clandestins, les autorités françaises prononcent aussi parfois des mesures déloyales. Alors ça peut être une OQTF, une obligation de quitter le territoire français, une expulsion ou encore l'interdiction du territoire français qui est prononcée alors par un tribunal. Seulement on a toutes les peines du monde à appliquer ces mesures. En ce qui concerne les OQTF, regardez sur longue période, le taux d'exécution, il n'excède pas 10%. La raison principale, c'est la difficulté d'obtenir la coopération des états de retour, c'est-à-dire les états d'origine des clandestins qui ont beau jeu, Ces États nous rappelaient que la France, la Cour de justice de l'Union européenne aussi, ont dépénalisé le séjour irrégulier depuis 2012. Le cas extrême, c'est l'Algérie, avec qui la France s'est brouillée diplomatiquement depuis qu'Emmanuel Macron a reconnu la marocanité du Sahara occidental. Les consuls algériens en France ne délivrent plus du tout de laisser passer consulaires. Déjà qu'ils en étaient avares, mais on est tombé à zéro résultat. Vous avez en France aujourd'hui une population de plusieurs... dizaines de milliers d'Algériens en situation irrégulière, mais qui de fait sont inéloignables, en particulier des sortants de prison, des fauteurs de troubles qui représentent un vrai danger pour la sécurité des Français. Et puis, il faut dire, nous sommes d'une tolérance ahurissante avec celui qui fait le choix de vivre illégalement en France. On prend en charge ses frais médicaux et hospitaliers par l'aide médicale d'État. Les mineurs sans papier, eux, ils sont scolarisés de manière inconditionnelle. Ça rend juridiquement presque impossible. l'expulsion de sa famille. Il en va de même aussi des procédures de régularisation. Le clandestin se dit qu'il n'a qu'à attendre son tour. Et puis la France accorde aussi très généreusement la nationalité française avec 100 000 attributions chaque année depuis 2000. Ça fait environ 3 millions de personnes devenues françaises en l'espace d'un quart de siècle. Au total, vous avez chaque année entre 400 et 500 000 entrées légales sur le sol français, nous dit l'INSEE. Regardez d'ailleurs ce petit graphique. qui insiste sur la baisse du nombre d'entrées en 2023. La baisse du nombre d'entrées et la communication de l'INSEE dans les documents officiels souvent va dans le sens de minimiser le fait migratoire. Le chiffre est incontestable, le commentaire qu'il a sorti en revanche, celui-là, il est discutable. Pourtant, l'immigration clairement apporte désormais le plus gros de l'augmentation de la population française. En 2021, par exemple, sur 270 000 nouveaux habitants dans le pays, Vous aviez une naissance pour deux immigrés. A propos des naissances, l'immigration encore là joue un rôle moteur puisque les immigrés ont une natalité qui est beaucoup plus dynamique que celle des natifs. Les femmes immigrées algériennes, marocaines et tunisiennes en France, ont en moyenne 2,51 enfants au cours de leur vie. Deux enfants et demi, c'est une moyenne bien sûr. Les immigrés originaires de pays d'Afrique hors Maghreb, autrement dit Afrique noire, en moyenne. 3,32 enfants par femme au cours de leur vie, c'est d'ailleurs l'indice de fécondité le plus élevé de toute l'Europe de l'Ouest. C'est près du double du taux de fécondité des femmes françaises non immigrées qui en moyenne ont 1,67 enfants, en dessous d'ailleurs du seuil de renouvellement des générations. Conséquence, en 2023, un enfant sur trois né en France a au moins l'un de ses deux parents qui est né à l'étranger. et vous en avez près d'un sur cinq, 18,5%. dont les deux parents sont nés à l'étranger, très majoritairement hors de l'Union européenne. Dernier indice de l'influence de l'immigration sur la natalité, c'est la part des prénoms arabo-musulmans parmi les naissances des garçons. C'est Jérôme Fourquet qui le mentionne dans son livre « L'archipel français » . En 2021, plus d'un nouveau-né garçon sur cinq porte un prénom d'origine arabo-musulmane. Ce taux était proche de zéro jusqu'aux années 1960. Alors où s'installe l'immigration ? Comment se répartit-elle sur le territoire ? Là aussi, on a quelques éléments de ce qui s'est passé à bas bruit depuis une vingtaine d'années. En gros, vous avez deux phénomènes. D'abord, la consolidation, c'est-à-dire une augmentation de la présence migratoire dans les régions concernées de longue date. Île-de-France, le Grand Est, Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d'Azur. Mais le fait vraiment nouveau, c'est l'arrivée massive d'immigrés dans des régions qui jusque-là étaient peu concernées par le fait migratoire contemporain. notamment le Grand Ouest, les régions Bretagne, Normandie, Pays de la Loire. Vous avez comme ça la plupart des grandes villes de l'Ouest qui ont vu leur part d'immigrés doublée ou presque en moins de deux décennies. Le Mans, Brest, Caen, Rennes, Nantes, Rouen, etc. Mais aussi des villes moyennes et même de tout petits villages ruraux. Le record revenant à la Gorge de Bretagne. La Gorge de Bretagne, 4500 habitants. Vous êtes à une heure au sud-est de Rennes. Entre 2006 et 2021. La part d'immigrés à la gage de Bretagne a été multipliée par plus de 8. Alors cette diffusion migratoire dans des territoires nouveaux, elle n'est pas le fruit du hasard. C'est d'abord l'effet de la politique nationale de répartition des migrants, ce qu'on appelle le dispositif national d'accueil des personnes demandant l'asile. et des réfugiés, le DNA. Aujourd'hui, vous avez en France 120 000 places pour les demandeurs d'asile. Et alors, regardez la carte, la répartition, elle est assez homogène sur le territoire. Le bon migratoire de la Gersh de Bretagne, d'ailleurs, s'explique exclusivement par l'ouverture en 2017 d'un centre d'accueil pour migrants, un CADA, auquel est venue s'ajouter par la suite une résidence louée par la ville de Rennes. Du fait de la saturation de ses propres capacités, Rennes envoie son surprenant. plus de migrants, si je puis dire, à la Guerche de Bretagne. On dit souvent que l'immigration appelle l'immigration dans le sens où les diasporas qui sont présentes à un endroit, elles ont tendance à attirer à elles de nouveaux membres de leur communauté. C'est aussi vrai, donc, dans un sens administratif, la Guerche de Bretagne sait volontairement ou non trouver une vocation migratoire. Alors, certaines villes subissent de devenir comme ça une destination pour les migrants. Elles s'en plaignent faute de pouvoir leur refuser. C'est le cas de la ville de Valence, par exemple. dont le maire Nicolas Daragon avait beaucoup critiqué cette politique gouvernementale de répartition des migrants. Bon ça c'était avant qu'il entre au gouvernement, depuis il est plutôt discret sur le sujet. Mais vous avez aussi des communes, des régions qui militent pour accueillir davantage d'immigration. Il existe ainsi une association nationale des villes et territoires accueillant ce qu'on appelle l'ANVITA qui revendique de faire de ces territoires, je cite, des refuges pour celles et ceux qui ont besoin d'être mis à l'abri. Alors, son membre de l'anvita... Des villes de toutes tailles, des régions aussi, mais qui ont pour point commun d'être toutes dirigées par la gauche. Voilà, c'est tout pour cette première partie de ce grand format consacré à l'immigration. La semaine prochaine, on va parler d'économie. Combien coûte et rapporte l'immigration à la France ? Est-ce qu'elle y gagne ? Est-ce qu'elle y perd ? On va aussi voir pourquoi le pouvoir politique en est réduit à l'impuissance en matière migratoire. Il a confié les clés du camion à d'autres autorités. Alors rendez-vous très vite sur Intéressant. D'ici là, portez-vous bien.