Speaker #0Bienvenue sur Intéressant, la chaîne qui décrypte l'actu en grand format pour vous donner les clés du débat public, les faits, tous les faits, mais aussi des idées pour vous nourrir. Merci à vous qui nous suivez, abonnez-vous d'ailleurs, c'est hyper important pour faire vivre la chaîne. Seconde partie donc de notre grand format consacré à l'immigration. Dans le précédent épisode, on a passé à la moulinette les chiffres de l'immigration, combien d'immigrés en France, les stocks et les flux. On a vu que le pays connaissait depuis le début des années 2000. Une accélération migratoire absolument sans précédent. Il n'y a jamais eu autant d'immigrés en France qu'aujourd'hui. Et ça a des conséquences démographiques absolument majeures. Tout est dans le précédent épisode que je vous invite donc à regarder. On va maintenant répondre à deux questions cruciales à propos de l'immigration. Quel est son impact économique ? Ce qu'elle rapporte ? Ce qu'elle coûte ? Est-ce que la France est gagnante à faire venir des gens en France ? Enfin, les faire venir. Plutôt, les laisser entrer. parce que les... malheureusement ne contrôle plus grand chose en matière de migratoires alors qu'est ce qui s'est passé pourquoi ce renoncement qui pilote la machine de l'immigration en france restez bien jusqu'au bout de cet épisode pour avoir la réponse mais d'abord l'économie que touche un immigré en france à quoi a-t-on droit quand on s'installe en france ça dépend de votre situation mais la france on le sait d'une grande générosité donc en substance un étranger en situation régulière, a droit aux mêmes prestations que n'importe quel Français. Les minima sociaux, protection maladie complète, aide au logement, allocation familiale, logement social, réduction de transport, etc. Le demandeur d'asile, celui dont le dossier est à l'instruction, accède à à peine moins. Il n'a pas le RSA, en revanche, il va toucher une aide mensuelle de 207 euros, l'ADA, plus 225 euros pour se loger si on ne lui a pas trouvé de place en centre d'accueil. Il a aussi la protection maladie complète, mutuelle, comprise. Et même les clandestins ont des droits sociaux. On l'a déjà vu, le droit à l'hébergement d'urgence, par exemple. Ce droit que les clandestins revendiquent en assiégeant en nombre les mairies avec des camps de tentes et le soutien d'associations d'aide aux migrants. Le clandestin, il a aussi droit, on l'a vu, à l'aide médicale d'État. Quand il gagne moins de 10 000 euros par an, ça coûte 1,2 milliard d'euros quand même à l'État, sans aucune contribution du bénéficiaire. d'autres Autre pays en Europe exige une participation financière des intéressés pour toucher l'équivalent de l'AME, mais pas la France. L'AME, d'ailleurs, ce n'est pas ce qui attire le clandestin en France, c'est plutôt son lot de consolation quand il échoue à obtenir le droit d'asile. Si vous êtes débouté, on vous refuse le titre de séjour, vous restez en France parce qu'on va vous soigner et que l'AME paiera l'hôpital, le médecin, ainsi que de petits avantages. Par exemple, une réduction en Ile-de-France de 50% sur votre abonnement transport. des tarifs sociaux aussi pour la cantine des enfants. Ça va aussi vous permettre de documenter votre présence en France pour votre future demande de régularisation. Il ne faut jamais perdre espoir. Ajoutons que l'immigration occupe une position singulière aussi dans le parc de logement social public, puisque 35% des immigrés vivent en HLM contre 11% des personnes qui n'ont pas d'ascendance migratoire. Vous avez 5 millions de places dans le parc social en France, 2,5 millions d'immigrés. vivent dans le parc social, vous avez un taux d'occupation qui monte même à 57% pour les immigrés originaires d'Afrique sahélienne, 49% pour les immigrés algériens. Et donc cette surreprésentation des familles immigrées dans le parc social, ça conforte chez les Français l'idée d'un habitat qui affiche complet, mais qui serait surtout destiné en priorité aux étrangers. Alors maintenant, quelle est la contribution de l'immigration à l'économie française ? Regardons ce que rapporte et coûte l'immigration au pays. C'est un point délicat. hein. à l'heure où l'économie française n'affiche pas vraiment une forme éclatante. Notre économie, elle a d'abord un gros handicap, elle souffre d'un taux d'emploi des 15-64 ans plus faible que la moyenne européenne. Nous sommes à 68,4% de taux d'emploi. C'est 5 à 13 points de moins que d'autres pays, Royaume-Uni, Allemagne, la Suisse, les Pays-Bas. Or, quand vous avez moins de travail, vous produisez moins, donc moins de revenus, moins de recettes fiscales et sociales, donc des impôts plus élevés pour ceux qui produisent. C'est aussi plus de chômeurs et d'inactifs qu'il faut aider. Et puis, la productivité du travail en France, elle recule depuis 2019. Retenons que si la France avait le même niveau de productivité que l'ensemble de la zone euro et le même taux d'emploi, notre PIB serait supérieur de 15%, notre déficit public inférieur de plus de 8%, autrement dit, on serait en excédent budgétaire, et le revenu par Français serait supérieur en moyenne de 15%. Alors, est-ce que l'immigration a... apporte des solutions à ces problèmes. Malheureusement, non. La France a le deuxième plus faible taux d'emploi des immigrés en Europe, 62,4%. C'est six points de moins que l'ensemble des 15-64 ans. Les étrangers extra-européens en âge de travailler, eux, travaillent encore moins. avec un taux d'emploi qui dépasse à peine 56%. Et on constate que les immigrés de deuxième génération travaillent encore moins que ceux qui viennent d'arriver. Ça témoigne de l'échec partiel de l'intégration en France. Et vous ajoutez à cela, nous dit l'INSEE, 1,740,000 immigrés de première génération, donc qui viennent d'arriver, 27% d'entre eux, qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en retraite. Que font-ils ? On ne sait pas. En tout cas, ils ne contribuent pas. à l'économie française et il lui coûte. L'immigration n'améliore donc pas le taux d'emploi de la France, au contraire, elle le dégrade. Et ça n'est pourtant pas une fatalité. Vous avez plusieurs de nos voisins qui présentent des taux d'emploi supérieurs chez les immigrés que chez les natifs. Dans 13 des 27 pays de l'Europe, le taux d'emploi des immigrés est supérieur à celui des natifs. Regardons maintenant quels sont les secteurs qui emploient le plus d'immigrés. Ce sont les services à la personne, la sécurité, le gardiennage. le bâtiment ou encore l'hôtellerie-restauration, bref des secteurs qui ont pour point commun de ne pas être exposés à la concurrence internationale, mais qui surtout tirent un bénéfice double de l'immigration. C'est pour eux une main d'œuvre peu qualifiée et abondante, mais qui aussi, par sa présence, augmente son activité. Prenons l'exemple de la construction. Plus d'immigrés, ça veut dire de plus grands besoins de logements et d'infrastructures. idem pour la sécurité privée puisque le besoin accru de protection Il découle pour partie de l'accroissement migratoire des 25 dernières années. On observe en effet une surreprésentation des étrangers dans les stades de la délinquance. En 2024, les étrangers, je vous rappelle c'est 11% de la population totale, et bien les étrangers ont été mis en cause dans 38% des cambriolages, dans 30% des vols violents sans armes, dans 18% des homicides. Et donc la demande de sécurité face à cette délinquance qui vient des étrangers, elle est comblée justement par des étrangers qui occupent massivement ces postes de la sécurité. Alors, quel est l'impact maintenant de l'immigration sur les comptes publics ? À l'heure des grands déficits et de l'explosion de la dette, là, on touche à un sujet qui est politiquement très sensible. D'ailleurs, j'ouvre une parenthèse, puisqu'il y a en France une réticence culturelle, politique, très forte à documenter cette question du coût budgétaire. Pour les finances publiques, de l'immigration, l'appareil statistique français est défaillant, précisément parce qu'il est tétanisé. Les données sont peu ou mal relevées. Quand elles le sont, Ces données sont difficilement accessibles, les organismes partagent mal les infos, et quand les chiffres ne correspondent pas ou sont plus élevés qu'attendus, les rapports parfois sont non reconduits les années suivantes. La CNIL, la Commission Nationale Informatique et Liberté, déclare sensibles des données qui sont disponibles facilement dans d'autres pays, comme s'il y avait un problème. On peut soupçonner l'administration française de ne pas vouloir savoir précisément ce qui nous pénalise pour comprendre les phénomènes migratoires et leurs impacts. Je referme là la parenthèse. Alors revenons à notre question, quel coût pour les finances publiques de l'immigration ? À nouveau, je me tourne vers les travaux de l'OID qui arrivaient à ce chiffre de 86%. Ça signifie que la population immigrée n'apporte en recette aux finances publiques que 86% des dépenses dont elle bénéficie. Ça s'explique là encore par son faible taux d'emploi et là encore, il n'y a pas de fatalité. Si vous regardez au Portugal, le ratio de la population immigrée, il est de 140%. elle contribue à hauteur de 140% par rapport à ce qu'elle reçoit de financement public. Le taux de pauvreté maintenant, quand vous touchez en gros moins de 1300 euros de revenus par mois, le chiffre est complètement dingue. Vous avez 47,6% des étrangers extra-européens en France qui étaient en 2020 en situation de pauvreté. Près d'un sur deux record d'Europe pour un groupe social. C'est quatre fois plus que les non-immigrés. De même, selon l'INSEE, vous avez un bénéficiaire de l'aide alimentaire sur deux. qui sont des immigrés. Les immigrés perçoivent aussi un montant moyen annuel de prestations sociales deux fois supérieur à celui des personnes sans ascendance migratoire. 2 380 euros pour les immigrés en moyenne, contre 1 200 euros pour les non-immigrés. Ce montant atteint même 3 130 euros pour les immigrés originaires d'Afrique. Et cet écart, il persiste à la deuxième génération. Alors donc, le coût de l'immigration pour les finances publiques, on aimerait bien avoir un chiffre. Malheureusement, il n'y a pas d'études vraiment sérieuses sur le sujet. Je vous l'ai dit, un sujet sensible. Alors donc, les conclusions, elles varient entre 1,4 milliard et 41 milliards d'euros par an. 41 milliards d'euros, c'est le chiffre le plus élevé. C'est celui notamment qui est avancé par l'entrepreneur Pierre Danon, qui a mis comme ça, bout à bout, tous les types de dépenses publiques, en tenant compte aussi de ce que l'immigration rapporte sous forme de cotisations sociales, notamment. C'est donc un coût... Net. Le premier poste déficitaire, c'est la santé. Il se trouve que les immigrés en France, contrairement à une croyance répandue, globalement sont en moins bonne santé que les natifs. Ils vont plus souvent aux urgences. Ils ont tendance à consommer plus de soins. Ils ont plus de... risque de contracter certaines maladies chroniques. Par exemple, le diabète touche deux fois plus les personnes originaires du Maghreb que la population native. La France est aussi une destination médicale qui est très prisée à l'étranger du fait d'un dispositif qui est presque unique au monde, qui s'appelle le séjour pour soins, avec un statut d'étranger malade qui coûte par an à la Sécu autour de 100 millions d'euros. Il suffit de dire que votre pays n'a pas les moyens techniques de vous soigner pour venir le faire en France. Et on ne contrôle pratiquement pas si c'est vrai ou faux. Il n'y a aucun filtre médical à ce statut d'étranger malade. La France agit comme s'il existait un droit universel à la sécurité sociale française. Et c'est souvent pour des pathologies dont les traitements coûtent une fortune à soigner, entièrement payés par la sécurité sociale, donc les contribuables français. En résumé, l'immigration importe en France une dette de santé étrangère qui vient aggraver la situation de l'offre sanitaire française. Pour pallier le problème, l'hôpital va chercher des médecins étrangers. Autre poste budgétaire déficitaire, on passe un peu plus rapidement, les prestations de solidarité, surtout les allocations familiales, les dépenses d'éducation, de sécurité et de justice aussi, qui sont liées à la délinquance étrangère. Au total, 41 milliards d'euros de coût net de l'immigration pour les finances publiques, nous dit Pierre Danon. Et alors si vous retirez de cette évaluation les immigrés issus de l'Union européenne... et britanniques, ainsi que les immigrés qui sont en emploi, quel que soit leur pays d'origine. Il ne reste donc plus dans ce tableau que les non-européens qui ne travaillent pas. La facture résiduelle est de 34,4 milliards pour les finances publiques. On a donc un vrai problème massif avec l'immigration improductive, celle qui ne travaille pas. Et vous voyez que son coût n'est pas anecdotique. Or, c'est un sujet politiquement très difficile en France. Et même pire que ça, c'est à se demander même si un responsable qui voudrait bouger les lignes pourrait le faire. Parce que le politique a abdiqué pratiquement toute volonté sur le terrain migratoire. Il a fait le choix de déléguer le pilotage du système à des agences qui, de fait, ont pris leur indépendance. À des juges aussi qui, par la jurisprudence, font le droit migratoire dans le sens de toujours plus d'ouverture, ainsi qu'à des associations militantes ouvertement immigrationnistes. Le grand renoncement politique, il saute aux yeux quand vous regardez le droit d'asile dont je vous ai déjà beaucoup parlé, qui est devenu une des voies d'immigration les plus importantes. clairement On voit que les droits et les libertés des étrangers ont pris le pas sur l'intérêt général et sur la souveraineté nationale. Rappelez-vous les 580 millions de personnes potentiellement éligibles à l'asile en France. Enfin, huit fois la population française quand même. Et ce, par la seule évolution de la jurisprudence de la Cour nationale du droit d'asile, qui est toujours plus favorable aux immigrés. Et le drame dans tout ça, c'est que l'État, le Parlement, pratiquement ne dispose plus d'aucune souveraineté sur le traitement de l'asile. L'État, de fait, en est réduit. à financer un système qu'il ne maîtrise plus. Le pouvoir politique a renoncé à toute autorité en matière d'immigration. Il se contente d'accompagner l'élargissement. Prenons en exemple le budget 2023, la mission Immigration, Asile, Intégration. Ça, c'est le nom de l'enveloppe budgétaire qui est dédiée à la politique migratoire. Ce que retenait le gouvernement en 2023, c'est surtout que la France ne traitait pas assez vite les demandes. On parlait, je cite le document, d'améliorer les performances. de la machine à accueillir française, alors que la France est déjà le bon samaritain de l'Europe. Pour vous dire l'état d'esprit de l'administration française, Didier Lesquille, directeur général de l'Office français de l'intégration et de l'immigration, révèle dans son tract le grand dérangement que le clandestin, de plus en plus dans l'administration, est qualifié d'étranger à droits incomplets, sous-entendu cet étranger, il a vocation à les compléter. ses droits. L'État a donc fait le choix, alors qu'aucun texte ne l'y oblige, de confier la gestion du système d'asile à l'OFPRA, qui est une agence théoriquement sous tutelle du ministère de l'Intérieur. Or, celui-ci ne transmet pas d'instruction à l'OFPRA. Concrètement, le demandeur d'asile peut aussi compter sur un écosystème d'environ 1500 associations et ONG. Parmi les plus connus, vous avez la CIMAD, vous avez France Terre d'Asile, qui est présidée par Najat Vallaud-Belkacem. On retrouve comme ça beaucoup de personnalités de gauche dans les associations d'aide aux migrants. Là encore, l'État, sous l'influence de la gauche, a fait le choix de sous-traiter l'accompagnement des migrants par appel d'offres, comme si ces associations étaient de banales prestataires de services sociaux totalement neutres, alors que ce n'est absolument pas vrai. Les associations ont un intérêt financier objectif à l'immigration, puisque le montant des subventions qu'elles perçoivent dépend de leur volume d'activité. Donc plus il y a de demandeurs d'asile, plus il y a d'immigration, plus elles reçoivent d'argent public. Et elles en reçoivent beaucoup, 1 milliard d'euros par an pour loger les migrants, pour les nourrir, les orienter, les défendre si besoin en cas d'expulsion, pour les mobiliser aussi, le cas échéant, en faveur de l'accueil inconditionnel, donc œuvrer contre des décisions de l'État en clair. On suspecte aussi ces assautes proposées aux migrants une aide au récit, autrement dit des histoires clés en main pour maximiser leur chance devant la Cour nationale du droit d'asile. Ça va être la Nigériane arrivée d'Italie pour fuir un réseau de prostitution. le Somalien qui fuit l'enrôlement forcé des Chebabs, le Bengladais qui est parti à cause d'un méchant oncle qui veut faire main basse sur le terrain familial. Vous avez plein comme ça d'histoires toutes faites. Quand l'État, lui, veut lutter contre l'immigration irrégulière, il va trouver sur son chemin ces associations qu'il finance généreusement, associations qui mordent la main, qui le nourrissent. Je vous avais promis une anecdote hallucinante. La voici, on est en 2019. vous avez 8 ONG, dont Amnesty International, la CIMAD ou encore la Ligue des droits de l'homme, qui saisissent le tribunal administratif pour empêcher que la France ne livre des embarcations rapides aux gardes-côtes libyens pour leur permettre d'intercepter les bateaux de migrants. Eh bien la justice a donné raison à ces ONG. Le gouvernement français a dû renoncer à livrer les bateaux aux autorités libyennes. J'espère que ça vous aura éclairé sur notre système migratoire. Je n'ai pas parlé des enjeux culturels de l'immigration, comment ça transforme la France sur le plan identitaire. On va le faire dans un prochain épisode. D'ici là, portez-vous bien. Je vous dis à très vite.