- Speaker #0
Bonjour à tous, bienvenue dans le podcast Intramuros, une conversation au cœur du bureau des leaders. J'ai la chance aujourd'hui d'être aux côtés d'Éloïc Perrache, professeur et directeur général d'HEC Paris. Bonjour Éloïc.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Avant de commencer, je voudrais débuter par un petit exercice. Pour te présenter, j'ai demandé à notre IA de faire ton portrait chinois. Le voici en quelques mots. Si tu étais une architecture, tu serais une bibliothèque universitaire moderne. Parce qu'elle abrite le savoir, mais est surtout conçue pour favoriser la rencontre, l'échange et la création. Si tu étais un livre, tu serais la théorie de la justice de John Rawls. Parce que c'est un livre qui cherche à définir les principes d'une société juste, où l'on donnerait à chacun les mêmes chances de réussir grâce à son talent. Si tu étais un principe, tu serais l'équité. Parce que c'est la conviction que seul le talent doit compter, et que le rôle d'une institution est de lever les barrières qui l'entravent. Qu'en penses-tu ? Est-ce fidèle à tes convictions et ton parcours ? Et Loïc, c'est à toi de te présenter.
- Speaker #1
Alors, hyper intéressant, parce que je crois que c'est la première fois que j'ai le droit à un petit portrait chinois. Et l'IA, c'est fort quand même, fait des choses intéressantes. Alors, théorie de la justice et équité, enfin John Rawls et équité, c'est assez proche, parce qu'il parlait de justice as fairness, donc justice comme l'équité. Donc c'est vrai que ça se rencontre. Je vois bien que c'est une partie de ce que je fais ou que j'ai pu pousser à HEC. C'est intéressant John Rawls, parce que John Rawls, il a un petit détour, parce que si je suis supposé être une bibliothèque universitaire, il écrit un peu avant ma naissance, un peu avant ta naissance aussi, parce que comme on est nés la même année. Tout à fait. Et en fait, il... Il demande aux gens de définir les règles de fonctionnement de la société avant même de savoir quelle va être leur place dans la société. C'est ce qu'il appelle le voile d'ignorance. Et donc, ça permet d'avoir des choix assez impartiaux. Puis après, il y a deux grands principes. Un principe de liberté. Tout le monde doit avoir le même droit. Et puis un principe de différence. C'est-à-dire qu'on va accepter les différences à partir du moment où elles sont favorables ou défavorisées et qu'il y a de l'égalité des chances. et je me reconnais pas mal là-dessus c'est-à-dire que cette question de l'égalité des chances elle est importante et donc quand tu dis à moi de me présenter mon rôle à moi c'est de se dire comment est-ce qu'on peut fortement contribuer au sein d'une institution académique à faire partie de la solution sur de nombreux défis de société une école qui soit au cœur de la cité. Et la question de l'ascenseur social, la question de l'égalité des sciences est une question. L'ascenseur social est souvent bloqué. Et donc, c'est vrai que, fortement poussé pour que l'institution soit très engagée sur ce sujet-là, il y a des gens qui passeront par l'école, il y a des gens qui ne passeront jamais par l'école, mais qui, parce qu'à un moment donné, ils ont eu un point de contact, puisqu'ils ont participé à un programme, vont être capables de changer assez massivement leur destin. Je trouve qu'il y a plein de choses qui m'intéressent. C'est forcément beaucoup plus large, mais c'est pas mal, je prends.
- Speaker #0
Parfait, merci beaucoup. On va rentrer justement un petit peu dans le détail pour te connaître et te comprendre. Et pour commencer sur une note personnelle, tu es né en Inde. Est-ce exact ? Exact.
- Speaker #1
À Bombay, voilà, je suis né à Bombay.
- Speaker #0
Parce que tes parents étaient...
- Speaker #1
Mes parents travaillaient là-bas, les deux. Mon père, à l'époque, était diplomate. Et ma mère aidait certaines entreprises françaises, certains secteurs à s'installer en Inde.
- Speaker #0
Donc ton parcours international s'est complété par la suite. Effectivement, dans un certain nombre de pays, est-ce que tu as justement voyagé avec tes parents et tu as accompagné aussi ta formation dans un grand nombre ? d'autres nations ou tu es resté justement fidèle à l'Europe dans laquelle tu es aujourd'hui ?
- Speaker #1
Alors j'ai eu cette chance de naître en Inde, je l'ai quitté j'avais un peu plus de 3 ans. Je ne parlais pas français quand je suis arrivé en France parce qu'on parlait anglais à la maison. Et donc j'ai appris le français, j'ai oublié l'anglais. Et puis assez rapidement en fait je suis parti vivre au Japon. Donc j'ai grandi au Japon entre 8 et 15 ans, donc des années assez structurantes de ma vie, avant de revenir en France, d'avoir un parcours d'enseignement supérieur aussi en France. Et puis pendant mon doctorat, effectivement j'ai pu repartir en partie aux Etats-Unis et en Espagne, avant d'arriver à HEC. Donc ça fait maintenant... 23 ans que je suis à HEC. J'ai trois enfants qui sont nés en France, qui ont grandi en France. Ça me fait toujours bizarre de me dire ce que je leur ai offert. Je ne leur ai pas finalement offert cette possibilité de l'ORG, mais depuis, ils se sont rattrapés dans différents pays du monde. Mais ça m'a beaucoup marqué. C'était une richesse absolument incroyable. Et ça a été un... Un élément assez fort et structurant dans ce que j'ai pu vouloir amener à HEC au début de ma carrière, quand j'ai commencé à m'engager dans l'universel de l'institution, c'est vrai qu'en faire un forum mondial, une école qui rayonne, qui attire des gens du monde entier, était clé. Aujourd'hui à HEC, il y a 135 nationalités différentes sur le campus. On y parle un peu toutes les langues. Notre capacité à faire que les uns et les autres soient des ambassadeurs de la richesse de cette diversité-là, c'est quelque chose qui est, je pense, ancré un peu dans mon ADN. Donc, je suis ravi d'avoir pu contribuer à ça. Mais ça vient sans doute pas mal de là.
- Speaker #0
On ne se renie pas. Effectivement, tu es un souffle à HEC, cette notion d'international. Et aujourd'hui, ça permet d'avoir aussi une grande ouverture et une grande reconnaissance de l'école. On en parle beaucoup des États-Unis, parce qu'on parle d'Angleterre et en Inde. Effectivement, lorsqu'on a parlé de la mise en place de ce podcast, tous nos internationaux étaient extrêmement intéressés aussi d'avoir ta vision, justement aussi de cette internationalisation vue de la France. Donc, ça permet de mettre aussi en avant le fleuron français de l'excellence.
- Speaker #1
Oui, mais c'est vrai qu'on passe beaucoup de temps au Quai d'Orsay, par exemple, mais un lieu parmi d'autres. Et on me dit souvent, vous êtes le meilleur outil d'attractivité du territoire. Et c'est vrai que je pense qu'il faut que les gens aient conscience que quand on arrive à attirer des talents du monde entier, qui resteront ou qui ne resteront pas, certains vont rester en France, d'autres vont repartir, mais ils auront appris le français, parfois très bien, parfois au niveau conversationnel, mais toutes et tous sont des ambassadeurs de la France. J'étais avec des étudiants du MBA d'HEC la semaine dernière, un Américain, un Indonésien et une Colombienne. Les trois ne veulent pas quitter la France après. Certains doivent le faire et c'est à contre-cœur. Ils nous disent quel pays formidable, un équilibre de vie professionnel, personnel incroyable. Et donc, on essaie de participer à ça. besoin d'attirer des talents du monde entier qui aideront aussi les entreprises françaises à briller dans le monde entier.
- Speaker #0
Nous avons besoin de beaucoup d'ambassadeurs comme toi. Tu es aussi un économiste reconnu, avec des travaux sur des sujets pointus comme le biais de genre. Comment cette expertise de chercheur influence-t-elle concrètement le dirigeant que tu es ?
- Speaker #1
Alors effectivement, moi j'ai commencé ma carrière comme enseignant-chercheur au département d'économie. sur plein de sujets différents. Je parle des biais de genre, j'ai beaucoup travaillé sur sujets de contrats optimaux qu'on peut être amené à signer à la fois dans le domaine des RH, à la fois entre différentes entreprises. Mais là, cette démarche de chercheur, tous les jours, la façon de regarder un problème, elle est... Elle a imprégné de cette démarche du chercheur, la manière d'essayer de comprendre le problème, de poser le problème. Ça a été un sujet d'ailleurs très intéressant dans un monde d'IA. C'est-à-dire que l'IA et la machine vont sans doute proposer très rapidement tout un ensemble de solutions à des problèmes qu'on le pose. Mais la capacité que les uns et les autres auront à bien structurer le modèle, à bien définir le problème, va devenir de plus en plus clé. On sait toutes et tous que si on pose la même question à deux plateformes et l'élève différente, on va avoir des réponses très différentes. Donc je suis très attaché à ce parcours, cette formation et cette manière de penser. Après, quand vous prenez des positions de leadership dans l'institution, ça fait appel à plein d'autres compétences, j'espère, en tout cas à plein d'autres dimensions de management qui sont souvent plus peu visiter et travailler quand vous êtes professeur parce que il y a une capacité à réfléchir au sujet une capacité j'imagine à parler devant de nombreuses personnes mais c'est vrai qu'on est souvent moins orienté process une capacité à tirer vers l'eau un peu les uns et les autres Donc, c'est deux vies différentes. Moi, j'adore ça dans mon parcours, c'est que j'ai eu une première vie de chercheur et j'ai adoré. Et puis, j'ai une deuxième vie très complémentaire, mais très différente. Je ne sais pas quelle sera la troisième vie.
- Speaker #0
Il y a plein de choses à faire, effectivement. Tu viens de l'évoquer, mais est-ce que justement, tes recherches et ton travail en tant que chercheur te changent ? Ou du moins, tu penses que ta manière de recruter ou du moins la... composition du corps professoral est différente parce que justement tu as eu cette première vie. Est-ce que tu vois des choses assez concrètes et des indices que tu pourrais nous donner ?
- Speaker #1
On a un fonctionnement très décentralisé dans une institution académique. C'est-à-dire que c'est vraiment aux différents professeurs et au département de recruter. Donc moi, je n'ai pas vraiment une hâte à amener. On est une équipe, on peut donner, comme tout tout leader de n'importe quelle organisation, on va donner une direction, c'est très important d'être capable de dire quelle est l'étoile polaire vers laquelle on va, mais l'idée c'est qu'on a un corps professoral, aujourd'hui nous on a un peu plus de 180 professeurs, on a 130 professeurs qui sont des professeurs chercheurs, et c'est vrai que c'est à eux d'être amenés à choisir aussi les meilleures personnes, donc moi aujourd'hui en tout cas dans mon rôle, j'ai un rôle, enfin j'ai une place assez limitée dans le recrutement du corps professoral, et c'est très bien comme ça. Mais par contre, oui, j'ai un goût prononcé à chaque fois que je les vois, de me dire, allez, on va commencer par parler un peu de tes recherches, avec un petit moment de formation continue pour moi, intéressant, parce que ma journée est faite de choses bien différentes. Mais ça a été... Je pense que quand j'étais chercheur, J'avais une volonté d'impact plus rapide, assez différent. Et aujourd'hui, je n'ai plus le temps de faire de la recherche. J'aimerais bien avoir retrouvé un peu ce temps-là de réflexion. Donc, voilà, l'utiliser autrement.
- Speaker #0
Bien sûr. Une carrière comme la tienne qui te mène à la tête d'une institution comme HEC fascine. Quand tu regardes en arrière, est-ce que tu... T'écrirais ce parcours comme une trajectoire que tu avais patiemment dessinée, une ambition construite pas à pas, ou plutôt comme un chemin qui s'est révélé au gré des rencontres et des opportunités que tu as su saisir ?
- Speaker #1
J'aurais été incapable de dire que je ferais ce que je fais aujourd'hui. C'est intéressant quand je discute avec quelques personnes qui m'ont vu HEC il y a peut-être 10 ou 15 ans et qui disaient « non mais nous on le savait » . Et sérieusement, c'est quelque chose d'intéressant. Pour beaucoup de mes collègues, je pense que mon poste ne serait pas agréable. Ils y prendraient un plaisir très limité parce que j'ai moins le temps de faire de la recherche, j'ai moins le temps de réfléchir à un certain nombre de sujets. Et donc, on n'est pas dans un système qui peut caractériser les entreprises. si je fais de manière très simple et caricaturale, le meilleur d'entre nous est monté, a pris la responsabilité. Ici, c'est vraiment très différent, c'est plus horizontal. Et moi, j'avais sans doute un côté entrepreneurial que j'ai voulu mettre en œuvre, et je me réalise beaucoup là. Et ça ne faisait pas de moi quelqu'un qui était... Le meilleur des professeurs et des chercheurs. Et donc, on lui a confié cette position. Le moins de l'un, c'était d'autres types de compétences. Donc, j'aurais été incapable de les créer. Puis, ça a été une succession d'un peu de hasards. J'aime bien en rigoler. Mais quand j'étais jeune professeur, le directeur de la grande école de l'époque est parti. Donc, le DG de l'époque m'avait demandé si je voulais bien prendre l'intérim avant que je sois nommé à ce poste. pendant 8 ans, et puis au bout de 8 ans j'ai dit maintenant il faut laisser la place à quelqu'un d'autre donc il m'a dit mais il y a tout un pôle de formation continu, je sais, est-ce que tu veux pas prendre l'intérim ? parce que pendant un an on aura personne et il y a beaucoup de transformations à faire et j'ai dit mais génial, ça va être très différent donc je vais y aller et puis je suis devenu directeur général adjoint du groupe en charge des programmes et puis le DG de l'époque C'était il y a 5 ans, pour des raisons personnelles, elle est partie et le board m'a dit « veux-tu prendre l'intérim de la direction générale avant d'être nommée ? » Donc, il y a beaucoup de hasards de la vie, beaucoup de rencontres. Après, les rencontres, ça se provoque, mais... Ça n'a pas été patiemment dessiné et je n'y pensais pas en me rasant le matin. J'ai même longuement hésité avant de passer le pas. Ça a été une longue réflexion, mais c'est passionnant.
- Speaker #0
C'est passionnant et je pense que la chance, effectivement, ça se travaille au-delà des opportunités. Tu parlais de transformation et lorsqu'on se concentre sur HEC, le profil des étudiants a beaucoup changé. Ils sont en quête de sens et d'impact au-delà de l'excellence académique. que ton institution représente, quelle est la qualité humaine que tu cherches absolument à cultiver chez eux pour qu'ils deviennent les leaders dont le monde a besoin ?
- Speaker #1
Alors, bonne question, mais la qualité... Je vais faire un... Je vais faire ce que font certains de mes fans politiques, je ne vais pas répondre complètement à ta question, peut-être pas directement, mais je pense que j'y réponds. Il y a 5-6 ans à peu près, quand je suis arrivé pour mon premier mandat, on a lancé un travail collectif avec les étudiants, les professeurs, les staffs, les diplômés, pour essayer collectivement de se dire quelle est la raison d'être de cette institution, quelle est sa mission et quelles sont ses valeurs. Et donc une façon de répondre à ta question, c'est de revenir sur les valeurs parce que je pense qu'elles le... Plus je les vois, plus je trouve qu'elles caractérisent l'institution. Parfois, des valeurs, ça peut paraître bateau, mais je pense qu'elles disent quelque chose. C'est intéressant. Et donc, il n'y a aucun ordre de priorité, mais il y a une première valeur, c'est la curiosité. Et donc, ça peut être bateau des étudiants qui, pour certains d'entre eux, étaient en classe préparatoire, ont fait des lettres de la philosophie, de la géopolitique, des maths, des langues, etc. Enfin, il y a une sorte de... une ADN curiosité forte, mais nous on va au-delà de ça, c'est la curiosité de l'autre, cette volonté de comprendre, une institution académique, les chercheurs sont des grands curieux par excellence, donc si on veut les exposer à nos étudiants, à tout un ensemble d'environnements différents, de sortir de leur zone de confort, cette capacité, cette curiosité, va être assez clé. Et quand on leur amène le monde entier sur le campus, et c'est un challenge, c'est génial, mais c'est un challenge de tous les jours. Et plus le monde va être tendu, plus on va nous aussi être exposés à certaines fractures qui peuvent exister. Et donc, si vous avez cette curiosité de comprendre l'autre, ce qui se passe vraiment et comment il ou elle peut être amené à... Regardez ce sujet-là. Ça fait de vous quelqu'un de plus riche, je pense. Il y a une deuxième qui est... Bon, l'excellence t'en a parlé, donc je ne vais pas m'étendre là-dessus. La troisième, c'est la diversité. Et c'est vrai que ma volonté et la volonté de beaucoup de gens à HEC, c'est est-ce qu'on peut être un lieu de dépolarisation ? On vit dans des sociétés polarisées et nous, on travaille à dépolariser. On va inviter des gens avec lesquels on n'est pas d'accord, mais est-ce qu'on est capable de débattre avec les gens avec lesquels on n'est pas d'accord ? Donc la diversité d'opinion, diversité de genre, parce qu'on est quasiment à 50-50 à HEC, diversité générationnelle, parce qu'on a des jeunes, mais des moins jeunes, partie des moins jeunes maintenant. Et bien sûr, la diversité internationale. Je pense que ça mélange tout un ensemble de dimensions de la diversité qui sont fortes. Il y a l'esprit entrepreneurial. Et ça, c'est une qualité très, très forte. Il y a une ADN dans cette école que je trouve spectaculaire. C'est vraiment d'être orienté solution. Je pense que c'est peut-être le propre parfois d'école de management. Mais c'est... C'est énormément le cas, je sais. C'est-à-dire qu'on est entouré de défis, il y en a tous les jours, et quand vous avez des difficultés, des défis à relever, il y a plusieurs positions. Il y en a une qui est de dire « mais qu'est-ce qu'il fout l'autre là ? » . Vous trouvez des responsables, vous trouvez des gens qui vous disent « mais c'est leur responsabilité que de régler ces problèmes-là » . Ou alors vous remontez les manches et vous dites « bon, mais qu'est-ce que moi je fais pour ça ? » . et donc cet esprit entrepreneur il est très fort ici c'est à dire qu'un entrepreneur il voit un problème et il se dit tiens c'est une opportunité et donc on essaie d'entretenir cette dynamique là c'est à dire qu'il n'y a pas on n'est pas dans une école qui a un esprit critique sur analyser le sué, mais qu'il y a plutôt une ADN solution en train de se dire bon ben là il y a eu un problème, il y a un défi il y a un conflit, qu'est-ce que collectivement ou individuellement je peux faire pour essayer de le relever et ça c'est une qualité je pense vraiment extraordinaire qui caractérise beaucoup les étudiants et la dernière c'est la responsabilité j'ai lancé une feuille de route il y a quelques mois que j'ai appelée nouvelle responsabilité et Et... Je pense que c'est important qu'un je sais en soit là à dire qu'on a une responsabilité. Parce que c'est l'éducation, parce que c'est la jeunesse, parce que c'est une marque, parce qu'il y a une attente, parce qu'il y a un potentiel énorme. Et donc cette capacité à réaliser ce potentiel, à transformer massivement des destins, c'est une responsabilité. Et donc si chacun des élèves agit demain en adéquation avec... Avec ces valeurs-là, je pense qu'on a fait quelque chose d'intéressant.
- Speaker #0
C'est très intéressant et c'est le meilleur conseil que tu puisses donner à tes étudiants. Dans la vie des entreprises, aujourd'hui, tu peux porter tous les challenges possibles, tous les problèmes et les faire remonter, mais on te demande d'abord d'apporter les solutions potentielles aux problèmes que tu soulèves. Et c'est aujourd'hui ce qui fait avancer toutes les organisations et le meilleur conseil qu'on peut donner à des étudiants.
- Speaker #1
Mais c'est vrai que... On connaît tous, quand on est en position de leadership, toute personne qui vient nous voir en disant « il n'y en a que le problème à vous présenter » , on va lui dire « tu reviendras quand tu auras le problème et des solutions à proposer, puis on peut éventuellement discuter des solutions » . Et sérieusement, c'est vraiment très marquant ici et à nous de continuer à faire vivre cet état d'esprit.
- Speaker #0
Tout à fait. Ton ambition est de faire d'HEC une destination de classe mondiale. Au-delà des classements, qu'est-ce qui, pour toi, rend un campus véritablement vivant ? Tu nous as parlé beaucoup des valeurs et des qualités aujourd'hui qui constituent ces grandes équipes et tes étudiants. C'est une expérience qui marque les étudiants pour toute leur vie. Donc, qu'est-ce qui rend un campus vivant ?
- Speaker #1
Dans le portrait chinois, on évoquait la bibliothèque et la rencontre. Donc, je vais faire du... Tu es Edouard Baird dans Astérix. Moi, avant tout, je crois que ce qui a marqué ma vie, c'est des rencontres. C'est ça. Mais c'est vrai. On a une chance, on en parlera un petit peu plus tard, on a un campus extraordinaire qui est un peu à l'extérieur de la ville, mais c'est un atout, un actif extraordinaire, puisqu'ils sont près de 2000 à vivre ici en permanence. C'est une petite ville, le maire de la ville aussi. Et donc, c'est des amitiés incroyables qui naissent ici. Et donc, c'est ça qui rend à la fois l'expérience inoubliable et à la fois ce campus très vivant. Il y a une énergie et donc on va rire, on va pleurer. On va s'embrasser, mais on va vouloir faire beaucoup de choses ensemble. Et les grands défis auxquels on a à faire face sont des défis du collectif. Et donc, il y a par la rencontre un collectif fabuleux.
- Speaker #0
Une fois qu'on a parlé des humains justement et de ce côté vivant, concrètement, comment fais-tu pour faire vivre ce campus physique avec ces installations effectivement qui ont la taille d'une ville ? Comment fais-tu justement pour animer par le lieu ces rencontres et ces opportunités incroyables ? Alors,
- Speaker #1
ils n'ont souvent pas beaucoup besoin de moi, ni beaucoup besoin du staff pour le faire vivre, quand vous avez 20 ans, 30 ans, 40 ans. et que vous avez un collectif fort autour de vous, il se passe des choses formidables. Donc, je pense que c'est plutôt dans le message. Le message, au tout début, quand les étudiants arrivent, c'est aussi de leur dire, vous avez réussi un truc hyper compliqué. Et bravo, c'était vraiment difficile. Maintenant, la question, c'est qui vous avez envie d'être ? Et ça, c'est au moins aussi difficile, si ce n'est plus difficile. Et donc, pour répondre à cette question, il va falloir aller à la rencontre des uns et des autres. Il va falloir vivre des expériences, connaître des échecs, chercher sa zone de génie, et puis, où est-ce que vous êtes peut-être ? pas bon. On peut dire que vous devez progresser ou au contraire, vous reposez sur les endroits où vous êtes capable de faire une vraie différence et d'expérimenter. Donc, ils ont à cœur d'avoir plein de projets. Et ce que moi, je trouve formidable aussi, c'est que parfois, ils peuvent avoir l'impression qu'il y a un moule, ils se ressemblent tous. Mais non, ils ont tous des aspirations, toutes et tous des aspirations complètement différentes. Ils veulent faire des choses très différentes. Et donc, ça amène énormément d'énergie sur le campus. Donc après, il faut que le lieu s'y prête. Et donc, c'est vrai qu'on a un campus qui fait 135 hectares, à la fois très vert, un lac, une forêt, des bâtiments, des installations sportives extraordinaires. des gens qui vivent ici. Donc vous pouvez être avec vos amis à 11h du soir ou à 2h du matin en train de réfléchir à un projet que vous avez envie de mettre en oeuvre. Donc c'est un peu du 24h sur 24. Et donc c'est ça qui crée l'énergie. Donc le lieu permet ça. Il permet même de démultiplier ça. Et donc le campus c'est un des plus beaux actifs aussi qu'on peut avoir à HEC à côté. La qualité du corps professoral et la qualité du staff qui est ici, c'est un véritable démultiplicateur d'expériences.
- Speaker #0
Nous parlons justement de la dimension internationale d'HEC. Est-ce que le campus comme lieu physique te permet de jouer dans la guerre des talents entre cette magnifique excellence académique et celle qu'on peut rencontrer aussi à l'international, aux Etats-Unis ou en Angleterre ?
- Speaker #1
Oui, c'est un élément d'attractivité. Et petite anecdote, j'étais à Dubaï il y a quelques mois, avec une soirée, une réunion d'anciens, je sais qu'ils étaient à la fois certains des grandes écoles, d'autres des masters, d'autres des MBA. Et puis j'ai un étudiant brésilien qui vient me voir, qui me dit, voilà, moi j'ai passé... Mon premier cycle de 4 ans dans mon université au Brésil, et puis après je suis venu 2 ans à HEC. Mon affection sociétatiste, mon lien avec HEC, est incomparable avec celui que j'ai dans l'institution d'origine pour laquelle j'ai passé 4 ans. Et pourquoi ? Parce que le campus. Enfin, ça a tout changé. J'ai vécu ici, je suis entouré, ça a été mes meilleurs amis, c'est grâce à eux que j'ai trouvé... un job, ils m'ont recommandé, ils m'ont ouvert des portes, etc. Et j'avais un étudiant MBA qui est à côté qui me dit, j'ai pas fait le même programme que toi, mais moi c'est exactement ça. Et d'ailleurs tous mes amis qui sont là, ils étaient tous à mon mariage, etc. Donc oui, c'est un élément d'attractivité fort. Et on sait que dans la guerre des talents, notre capacité à attirer les meilleurs talents du monde entier, On a des étudiants qui sont admis dans les meilleures institutions du reste du monde et qui décident quand même de venir ici parce qu'ils disent « On m'a parlé du campus, je veux vivre cette expérience-là. » Et inversement, des étudiants qui sont chez nous, qui partent en échange dans des institutions incroyables dans le reste du monde, nous disent « J'ai pas vécu nécessairement la même expérience parce que je vivais en dehors, je prenais le métro le matin, j'allais à l'université, je repartais, etc. » Donc c'est extrêmement important et c'est pour ça que... Pourquoi est-ce qu'on va investir sur le campus ? Et pourquoi on va vouloir faire plus ? C'est que plus le digital se développe, plus vous devez offrir une expérience transformante. C'est-à-dire qu'un étudiant qui tracinait Brasilia ou Vancouver pour venir à HEC, si jamais il pense qu'il va vivre une expérience transformante. Sinon, peut-être que le digital... formation à distance fera bien les choses et qu'il n'est peut-être pas la peine de tout laisser et puis me déplacer. Et donc, il faut investir sur le campus pour qu'il soit vraiment un lieu qui permette de vivre des expériences véritablement transformantes. Alors, ces expériences, il faut qu'on les nourrisse, il faut que l'état d'esprit soit là, il faut qu'on les nourrisse en sujet, c'est pour ça que je disais, je veux qu'on soit un lieu de solution, qu'on fasse remonter vers le campus des défis du monde entier et que... On soit capable d'être une plateforme qui permette d'amener des solutions. C'est intéressant sur la raison d'être de l'école. Pendant une centaine d'années...
- Speaker #0
depuis sa création en 1880 jusqu'à dans les années 70-80, je sais, c'est ce qu'on appelait une teaching school. En ce moment, c'est un lieu où on enseignait. Et on avait des professionnels, beaucoup, c'est même essentiellement des professionnels qui venaient enseigner. Puis dans les années 70-80, on a décidé d'être aussi une institution de recherche. Et donc on a massivement investi dans des chercheurs extraordinaires, qui font des choses fascinantes. Et donc c'est un lieu d'enseignement et un lieu de recherche. Depuis quelques années, on construit aussi cette... La troisième dimension, c'est d'être une plateforme. Et un lieu dans lequel on va regarder un certain nombre de sujets qui vont peut-être donner lieu à des créations d'entreprises, à développer des entreprises, à faire de la reprise d'entreprises, à transformer le système public et autres. Mais on a une capacité à amener en un même lieu des gens qui ont déjà fait, donc des entrepreneurs, des investisseurs, des chercheurs, des étudiants, des experts, des alumnis, etc. et qui, collectivement, vont dire « comment est-ce qu'on est capable de craquer ce sujet-là ? » Et donc, ça veut dire que le lieu physique reprend aussi une importance déterminante, et donc, si on veut continuer à attirer les meilleurs étudiants du monde entier, il faut qu'ils se disent « quel lieu formidable qui a permis ça ! » Donc, voilà comment ça se passe.
- Speaker #1
On peut vraiment faire des parallèles avec aussi la vie des entreprises et le lieu qui est justement un lieu de sociabilisation et qui amène beaucoup plus de choses qu'uniquement l'ADN de l'entreprise. Chaque décision immobilière est un choix très très fort. Est-ce que tu peux nous orienter un petit peu sur la grande orientation que tu as donnée à la transformation immobilière de ce campus et à cette volonté justement de changement ? Est-ce qu'il y a des choses que tu souhaiterais partager sur la priorité absolue quand tu es arrivé au niveau physique ? Pour changer des choses, est-ce que quelque chose t'a sauté aux yeux ?
- Speaker #0
On a à la fois un campus énorme, on a beaucoup d'espace, mais il manquait une centralité sur le campus. Et donc un lieu bouillonnant où tout le monde se croise et se rencontre. La bibliothèque est un extrême du campus, le corps professoral est un extrême du campus. Le restaurant universitaire est à l'autre extrême du campus. La cafétéria est à l'autre extrême du campus. Alors le campus, on ne prend pas le métro pour traverser. Mais il manquait cette centralité. Et c'est très intéressant, c'est que ce lieu où se croisent les grands axes de symétrie du campus est un lieu, une esplanade. avec des arbres, des bancs, mais ce n'est pas un bâtiment. Et donc la décision qui a vraiment un peu sauté aux yeux, ça a été de se dire, il nous faut une centralité sur le campus. Il faut ce lieu où tout le monde va être, va se rencontrer, va se croiser, avant de repartir éventuellement vers un extrême ou l'autre du campus. Et donc ça, ça a été la grande décision. qui a vraiment été au cœur de ce projet. Et donc, la bibliothèque, aujourd'hui, on dit Learning Center, c'est une classe plus internationale, mais donc le Learning Center, les espaces d'innovation, le corps professoral, une cafétéria, le Grand Amphi, etc., vont être le lieu de spectacle, les autres vont être vraiment en plein cœur du campus. Et ça, c'est... Ça change beaucoup de choses. Donc le choix, ça, ça a été un choix très fort. Il y a une deuxième dimension du projet immobilier, c'est de se dire, l'apprentissage tout au long de la vie va devenir, on le pense, encore plus important qu'hier. C'est une partie importante de l'activité d'HEC et elle a toutes les raisons du monde de se développer. Mais si vous voulez accueillir les COMEX, les plus grands groupes, ou même de PME mondiales qui viennent se former à HEC, il faut aussi avoir une capacité d'accueillir dans un lieu d'exception. Et on a ce lieu d'exception, parce qu'en bas du campus, il y a le château. Et derrière le château, les communs du château, classés, mais qui sont en ruine, et donc on a décidé de... d'investir pour complètement rénover cet espace-là et en faire un espace extrêmement premium de formation continue, un peu à l'écart du reste du campus, donc un peu protégé du côté bouillonnant du cœur du campus, mais avec la nature en face magnifique, des espaces de sport pour aller se promener. Et donc, on capitalise à la fois sur la... l'histoire qui est le château, une sorte de tradition et une capacité à rénover ces communs du château. Donc, le deuxième choix un peu structurant, on doit avoir un lieu de formation continue digne de ce nom sur le campus. Il n'était pas au standard, on l'avait, c'est l'occasion de le... C'est même plus qu'une rénovation, c'est quasiment une construction. Et après, la troisième partie, c'est de rénover le... le reste du campus existant. Donc là, c'est un choix qui est au passage obligé tous les X années, un travail de rénovation. Mais les deux autres sont des choix très structurants pour l'avenir de l'école.
- Speaker #1
Une transformation de cette ampleur amène forcément des défis. Est-ce que tu as eu des arbitrages à faire justement dans cette transformation pour conserver l'héritage et en même temps moderniser autant l'image que l'usage ? des lieux d'HEC ?
- Speaker #0
On s'est posé tout un ensemble de questions au tout début, avant même de rentrer dans le projet immobilier. On réinvestit sur le campus ou on va faire plus de choses à Paris. Ça a été un premier moment de discussion intéressant, très stratégique. Et comme on se l'a dit depuis le début, le campus, c'est un actif absolument extraordinaire. Et donc, le choix a été fait de se dire non, tout ce qui est programme diplôme, c'est ici. On va continuer, on montrera le nombre de résidences, on aura encore plus de monde. Mais il faut permettre de vivre cette expérience-là, de lien avec les autres. Par contre, on est très présent à Paris, au travers de l'entrepreneuriat, et toutes nos structures d'entrepreneurs, et elle, en plein Paris, pour être proche des clients. Mais ça, c'était une première décision de se dire. finalement, est-ce qu'il faut une partie du campus à Paris ? Est-ce que certains programmes doivent être à Paris ? Assez vite, quand on discutait avec aussi les élèves, ils nous ont dit, ah pas ou quoi ? Vous avez vu le campus, c'est pas question qu'on aille casser un peu ce lien qu'on peut créer avec les autres. Après, le deuxième sujet, c'était... On voulait une centralité, mais on voulait aussi un bâtiment iconique. C'était HEC, c'est une marque extrêmement forte, visible, puissante. Il fallait un bâtiment qui représente aussi cette marque. Et aujourd'hui, on a un campus qui est iconique, mais on n'a pas un bâtiment ou une représentation très iconique d'HEC. Et ça, ça a été déterminant dans le choix de l'architecte, qui a une capacité à nous convaincre, en plus de l'unanimité du conseil d'administration. Et c'est très intéressant, ce qu'on en parlait tout à l'heure, c'est-à-dire que ce bâtiment cœur de campus, pour lui, c'est une représentation de la main, avec les cinq doigts. Donc c'est un connecteur. Et finalement... Voilà. Tu vois qu'on est en ligne avec pas mal de choses qu'on a pu se dire jusqu'à maintenant. C'est-à-dire que ce bâtiment, le cours de campus, il vient connecter les autres bâtiments. Il est là pour faire le lien. Et ça, ça a été aussi très convaincant. Mais il faut être iconique sans être amusé. Parce que vous êtes quand même un lieu d'éducation, un lieu de passage, un lieu où les étudiants vont travailler. Et donc, il fallait trouver le bon équilibre entre le côté facile d'utilisation. Mais le « waouh » effect dont on parle, qui était un point. Puis après, t'imagines bien que les sujets de budget ou autres trucs, naturellement, ont été déçu. Parce que sinon, c'est sans limite. Mais voilà, deux sujets qui nous ont occupés pendant pas mal de temps.
- Speaker #1
C'est passionnant, tu parles si bien de l'immobilier aussi. Du coup, j'ai une question quand même piège pour toi. Aujourd'hui, le secteur de l'immobilier vit une transformation. historique, radical, devenant un levier stratégique majeur pour les entreprises. Le lieu, comme tu l'as indiqué, est vraiment essentiel autant pour la pédagogie que pour la co-création, pour l'innovation. Pourquoi HEC n'a pas une chaire de l'immobilier aujourd'hui ?
- Speaker #0
Très bonne question. On va faire un petit appel, parce que visiblement vous avez une audience captive très liée à l'immobilier. Et donc, je fais un appel. On serait ravis d'avoir à nouveau, parce qu'on en a eu une, À nouveau, une chaire dans le domaine de l'immobilier, des actions plus fortes dans le domaine de l'immobilier, c'est un secteur extrêmement important, c'est un secteur en transformation, et c'est un secteur peut-être encore trop méconnu de nos élèves. et donc il y a à la fois des sujets de marque employeur, de visibilité, qu'ils aient conscience qu'il y a des carrières absolument extraordinaires. L'immobilier c'est un levier de transformation même sur les sujets du climat, il y a beaucoup sur les sujets du climat, donc tout un ensemble d'élèves très engagés sur ces sujets devraient être aussi intéressés par ce secteur-là. Et donc on a eu il y a quelques années une chaire. qui était une chaire partagée entre Unibail et Morgan Stanley sur l'immobilier. Alors très, sans doute, économie, finance de l'immobilier, mais elle a vécu pendant quelques temps, elle avait vraiment trouvé son régime de croisière. Puis voilà, les choses ont fait qu'au bout de quelques années, ça s'était arrêté. Mais on avait trouvé ça très intéressant, et donc n'hésitez pas. me contacter si vous êtes intéressé.
- Speaker #1
C'est parfait. Je continue cet appel. D'ailleurs, le premier podcast qui a été tourné était tourné avec Laurence Desmazières qui est diplômée d'HEC, mais aussi enseignante ici. Et effectivement, Uniba et un grand nombre des acteurs aujourd'hui fidèles à l'immobilier viennent de cette belle maison, viennent d'HEC.
- Speaker #0
Son CEO, Vincent. Les diplômés de l'école sont très engagés,
- Speaker #1
et nous avons aussi beaucoup de travail à faire dans l'immobilier pour apporter une image très différente, puisque l'immobilier n'a pas forcément l'image qu'elle mérite. Et aujourd'hui, nous sommes au carrefour de beaucoup de tendances. allant de la décarbonation à l'usage, à l'humain, aux vivants, aux lieux. Donc je fais aussi appel à tous ceux qui nous écouteront dans ce sens avec beaucoup de plaisir.
- Speaker #0
C'est important d'avoir conscience que quand vous êtes jeune, 20, 22, 23 ans, les opportunités sont immenses, incroyables, et c'est compliqué de naviguer dans toutes ces options. Et donc on a besoin de faire connaître. Parfois, vous pouvez être issu d'une famille qui travaille dans le secteur et donc vous avez une bonne idée de ce que ça veut dire. Mais HEC, on aime parler d'un monde d'opportunités. Donc déjà, vous pouvez travailler dans le monde entier. Donc déjà, où est-ce que j'aurais travaillé ? Et puis, vraiment dans tous les secteurs. Et donc, on a ce travail-là. Alors, on aime faire revenir nos diplômés qui sont amenés à partager leur expérience. Parce qu'un campus, c'est aussi un lieu de passage d'expérience. On a beaucoup de diplômés qui reviennent, ils n'ont pas le droit de parler de leur boîte, ils doivent parler de leur vécu. Et je me souviens d'un patron du CAC 40 qui était venu faire une conférence à un étudiant. En premier, on lui avait dit, mais excusez-moi, c'est quoi, vous dirigez une boîte de 160 000 salariés ? vous faites quoi ? C'est quoi votre journée ? Et il lui a dit, mais écoute, c'est une excellente question. On n'était pas en train de parler de l'Ebitda, de la stratégie, etc. On est en train de dire... Il a dit, je vais te raconter ce que moi je fais dans une journée. Et donc, c'est très important d'être aussi un lieu où on passe... Les diplômés sont aussi des passeurs d'expérience. Et de leur dire, Peut-être à refaire, je ferai différemment. Mais voilà ce que ça veut dire que de travailler dans mon secteur. Je ne suis pas là en train de tenir bien chez nous. Après, à toi, si tu veux me rappeler, de me rappeler. Et donc, parler plus d'immobilier, de ses carrières dans le secteur immobilier, on serait ravis.
- Speaker #1
Avec grand plaisir pour remporter ce challenge. Tu es un citoyen du monde très connecté à la jeunesse, aux tendances. aux tendances sociétales ou technologiques. Qu'est-ce que tu surveilles de plus près avec le plus d'attention en ce moment ? Car tu sens que cela va tout changer.
- Speaker #0
Je ne vais pas être original.
- Speaker #1
Petite idée peut-être.
- Speaker #0
Le sujet de l'intelligence artificielle est capital. On est tous à regarder ça de très près. Je pense que les écoles, on a aussi été très forts pour donner des leçons à chaque fois qu'il y a eu des grandes disruptions dans des secteurs. Bon, ben là, on en a une qui touche tous les secteurs. Et donc, forcément, on regarde ça de très près. Enfin, une fois plus, c'est une parmi d'autres, parce que la question de la géopolitique mondiale est aussi un sujet. Je te l'ai dit au début, on a 135 nationalités, des gens qui viennent du monde entier. c'est... C'est existentiel et structurant, je pense, pour HEC, pour notre pays dans sa capacité à attirer des gens du monde entier. Donc oui, on était déjà bien occupés et là encore plus. Donc on continue et enseigne encore plus le sujet de la géopolitique parce que c'est devenu un sujet clé pour des décisions des différents leaders des organisations parce que ça vient toucher quand même de près ou de loin les enjeux de supply chain, de continuité d'activité. Et c'est vrai qu'on le regarde, nous, avec un regard business. la géopolitique au sein des décisions business. Et puis l'intelligence artificielle, c'est à la fois qu'est-ce qu'on doit enseigner à nos élèves, quel type de compétences ils vont avoir, comment est-ce qu'on va être amené à transformer la manière dont on évalue au sein d'une école, au même titre que quel est l'avenir de l'enseignement supérieur dans son ensemble et quelles vont être les reconfigurations qui vont exister. Donc c'est à la fois dans notre enseignement, dans nos propres transformations. Donc c'est passionnant, mais un sacré défi.
- Speaker #1
Je suis absolument intimement convaincue que l'éducation, le libre-arbitre, le choix, nous permettra peut-être d'avoir des étudiants augmentés, mais aussi une société augmentée. On a tout intérêt à prendre l'IA comme un outil, mais pour cela il faut être déjà assez costaud sur un certain nombre de thématiques. Et l'éducation va être majeure, à mon sens, dans les prochaines années pour cela.
- Speaker #0
Oui, on travaille beaucoup sur... Enfin, on entend beaucoup parler d'esprit critique. Enfin, je veux dire, la meilleure façon d'être remplacé, c'est d'être un passe-plat. Donc, si on fait un prompt, on prend la solution, on la donne, on ne sert pas à grand-chose. Et donc, quand on regarde un petit peu avec attention le sujet, ce qu'on dit, c'est que... Ce que je disais tout à l'heure... la machine va être amenée à proposer des solutions et elle peut le faire de manière très rapide. La capacité à structurer le modèle, à poser les bonnes questions, à définir les choses en un mot, va être capitale. Et là, on voit bien que la démarche de chercheur et de recherche peut beaucoup aider à ça, parce que le chercheur pose déjà, est-ce que c'est une bonne question, et comment est-ce que je pose cette question, et comment je structure mon modèle pour essayer de répondre au mieux à cette question. Donc on voit bien que ça, c'est une compétence qui va être... particulièrement importantes. On est en ligne aussi avec ces sujets de curiosité et autres. Et puis après, on sait de tout ce que une stratégie, c'est 10% ou 15% du temps et 80%, c'est l'implémentation de la stratégie. Et donc, la question de l'articulation des acteurs, la question à piloter une organisation, à tirer tout le monde vers le haut, à entraîner. à mettre en place, etc. Ça va être aussi crucial et c'est des choses sur lesquelles peut-être que nous, on va être amené à pouvoir faire plus. Et là, on retrouve l'importance d'un campus parce que c'est un lieu dans lequel on va dire « Ok, très bien, on va vous poser des questions, vous allez travailler à imaginer des solutions, mais comment vous les mettre en œuvre ? »
- Speaker #1
Bien sûr. Merci, c'est passionnant, inspirant, on pourrait te prendre tout ton après-midi, mais c'est déjà un très beau cadeau que tu nous fais de donner ton temps. Merci, alors nous avons une petite tradition qui se met en place dans ce podcast, comme tu es d'une grande bibliothèque, mais au-delà de ça, nous adorons les livres. Nous sommes en train de travailler avec une maison d'édition française qui a aussi la décarbonation au cœur de son activité. Et nous essayons de trouver un livre que tu as peut-être déjà, mais pas forcément, et qui pourrait te plaire.
- Speaker #0
J'ai le droit de l'ouvrir maintenant ? Au contraire, au contraire,
- Speaker #1
et de donner ton impression. Les gens ne le voient pas,
- Speaker #0
mais j'ai un magnifique paquet cadeau. Alors, je déchire un tout petit peu, je suis désolé. Information Graphics. Alors, je ne l'ai pas.
- Speaker #1
Ah, merveilleux.
- Speaker #0
Et donc, c'est en anglais.
- Speaker #1
Alors, celui-ci est en anglais. On s'est dit que justement, ça pouvait être aussi dans l'idée de toi, citoyen du monde. Ce sont les éditions de ta chaîne. Merci beaucoup. On a des contenus qui nous intéressent beaucoup. Je ne pensais pas avoir un cadeau en plus. C'est tout à fait normal. C'est au minimum pour le temps que tu nous as accordé, évidemment, et pour l'inspiration que tu nous as donnée. Mais tu vas voir, ça allie... l'humain, le graphique, l'économie et une certaine direction artistique qu'on aime bien et qu'on a retrouvée dans le geste architectural de ton campus. On peut faire des ponts entre plein de disciplines,
- Speaker #0
c'est magnifique.
- Speaker #1
Exactement, je pense que c'est ce qu'HEC fait aujourd'hui et ce que tu incarnes au quotidien. Donc, mille merci, Éloïc.
- Speaker #0
Merci d'être venu jusqu'à moi.