- Speaker #0
Bonjour à tous, bienvenue dans le podcast Impramuros, une conversation au cœur du bureau des leaders de l'immobilier d'entreprise. J'ai la chance aujourd'hui d'être aux côtés de Frédéric Chiantu, président de l'ADI, l'Association des directeurs immobiliers. Bonjour Frédéric.
- Speaker #1
Bonjour Marie-Laure.
- Speaker #0
Avant de commencer, je voudrais débuter par un petit exercice. Pour te présenter, j'ai demandé à notre IA de faire ton portrait chinois. Je vais te lire quelques mots et tu vas me dire ce que tu en penses et te présenter pour nos auditeurs. Si tu étais un objet, tu serais un passeport diplomatique de l'immobilier. Parce que tu as les visas de tous les métiers, droits, finances, conseils pour faire dialoguer les mondes. Si tu étais un élément d'architecture, tu serais une clé de voûte. Parce que tu as ce talent pour assembler les forces et assurer la cohésion d'ensemble. Si tu étais un lieu, tu serais une tour de contrôle. Parce que ta vision à 360 degrés fait de l'immobilier non pas un coût, mais un levier de performance stratégique. Qu'en penses-tu ? Est-ce que notre IA a su capter les points saillants de ton parcours ? Frédéric, à toi de te présenter.
- Speaker #1
Écoute, merci pour cette... L'IA a bien fait son boulot. C'est plutôt flatteur et effectivement, je pense à peu près... C'est même vrai. Ce qui m'a attiré dans l'immobilier et ce que j'ai aimé pendant plus de 30 ans, c'est le fait qu'on ne s'ennuie jamais et c'est composé de différents métiers. Et on peut aller de l'un à l'autre. Et la connaissance de l'actif et du secteur nous permet de pouvoir aussi aborder des phases de l'immobilier qu'on n'aurait pas fait dans d'autres métiers. Ensuite, la clé de voûte, ce que j'aime effectivement, et on le retrouve dans l'immobilier, pour faire avancer un projet, on a besoin de rassembler, on a besoin de cohérence, on a besoin d'avancer et de trouver un intérêt partagé. Ensuite... Quand on dit la tour de contrôle, en tous les états de cause, pour ce que j'aime, c'est les gens, c'est la cohésion. C'est d'être dans mon élément et dans l'environnement de l'immobilier.
- Speaker #0
Écoute, effectivement, bravo Alia d'avoir cerné ta personnalité comme cela et tu nous montres effectivement que... Cette clé de voûte nous permet aussi tous de nous rassembler et cet écosystème est particulièrement important. Pour commencer, je voulais que l'on s'arrête sur ton parcours qui a quelque chose d'assez unique. Tu commences par des études de droit, tu prêtes même serment en tant qu'avocat.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui te pousse à ce moment-là à faire un premier grand saut vers le monde de la promotion immobilière, je crois chez Vinci Immobilier à l'époque ?
- Speaker #1
Oui, exactement.
- Speaker #0
En tant que maître d'ouvrage et non en tant que juriste.
- Speaker #1
Écoute, j'avais... Quand j'étais petit, j'avais envie d'être architecte. Après, concours de circonstances, j'ai fait du droit immobilier quand même. Et j'ai été effectivement avocat. Et après, j'ai tout de suite voulu connaître le produit et le monde de l'immobilier. Pas forcément pour y rester toujours, mais pour le connaître. Parler de... Voilà, le produit m'intéressait. Et voilà comment j'ai sauté le pas. Ce qui était assez rare à l'époque. Il a fallu que j'explique pourquoi je voulais faire ce... Et quand j'ai été embauché chez Vinci Immobilier, ils m'ont dit « Bon, écoutez, au moins vous aurez des contrats, vous n'appliquerez pas trop dans les chiffres, donc vous nous sortirez des projets carrés et qui tiennent leur budget. » Voilà.
- Speaker #0
Je reconnais bien ta rigueur là, effectivement. Et comme beaucoup de parcours dans l'immobilier, c'est vrai que ce n'est pas forcément une fin en soi, mais qu'on trouve des parcours pour y accéder et c'est d'autant plus riche dans notre industrie. Après la construction, tu pars dans le corporate finance chez Crédit Agricole, puis Arthur Andersen. Et ensuite, tu prends la direction générale d'ING Real Estate. Pourquoi la finance après avoir été avocat et maître d'ouvrage ? Qu'as-tu découvert dans le secteur qui t'a convaincu d'y consacrer la suite de ta carrière ?
- Speaker #1
Pour être très honnête, comme je n'étais pas du tout financier à l'époque, on parlait toujours de finances, de bilan, etc. à un mesure. C'était la balade boxe, je ne comprenais rien. Je me suis dit, je veux vraiment connaître pour comprendre, pour avoir une vision plus globale. Et c'est pour ça que j'ai sauté le pas. C'était assez dur parce que passer, je dirais, d'un métier de juriste à un métier de maître d'ouvrage pour devenir purement financier. Mais j'ai aimé puisque j'y suis resté une quinzaine d'années, avec trois métiers vraiment différents. Et la finance, finalement, c'est déjà plus amusant qu'on ne le pense, parce qu'on peut être très créatif. Et de toute façon, on s'aperçoit que si on n'a pas une vision financière dans l'immobilier, on n'arrive pas à faire de choses concrètes et de construire vraiment une activité. Donc, de toute façon, c'est quelque chose d'indispensable, je pense.
- Speaker #0
Lorsqu'on parle effectivement d'un passeport diplomatique de l'immobilier, tu as... au fur et à mesure de ta carrière, a été chercher justement toutes les connaissances et toutes les compétences pour cette vision 360. Cette carrière est souvent jalonnée de rencontres. Y a-t-il eu un mentor, une personne ou un projet en particulier qui a agi comme un véritable déclic et qui a orienté tes choix de manière décisive ?
- Speaker #1
C'est la première fois qu'on me pose cette question. C'est difficile d'y répondre. Pour moi, il n'y a pas eu une personne. Il y a eu des rencontres. Et en réfléchissant, je me dis que ces rencontres, c'était souvent des femmes, marrant, qui ont cru en moi, qui ont accepté aussi mes changements d'orientation, parce que ce n'était pas évident, surtout il y a une vingtaine d'années. Et en m'ouvrant les portes, une fois, je dirais, de la maîtrise d'ouvrage, après de la finance, après du métier de directeur immobilier, ça m'a donné confiance et j'ai construit, avec un regard un petit peu différent, un parcours.
- Speaker #0
Alors, avec le recul, comment ces trois vies, l'avocat, le financier, le dirigeant immobilier, dialoguent-elles en toi aujourd'hui ?
- Speaker #1
Je dirais, de toute façon, je n'ai jamais construit ma carrière. Je ne me suis jamais dit, il faut que je fasse ci, ça, ça se passera comme ça. C'est vraiment un concours de circonstances, un concours d'envie, une envie à un moment donné. Donc comment ça dialogue ? Ça dialogue, je dirais naturellement. C'est évident que quand vous regardez un projet, le parcours que vous avez eu influe. Un avocat regardera un contrat différemment, une structuration différemment d'opération. Un financier regardera forcément, si ce n'est la rentabilité, au moins l'équilibre financier. Et un promoteur regardera la construction, l'acte de construire et, je dirais, la qualité, la beauté du bâtiment.
- Speaker #0
Je pense que ce sont de très bons conseils pour aussi les jeunes de l'immobilier qui aujourd'hui peuvent se dire qu'ils ont un peu fait tout le tour de la question assez rapidement. C'est ce qu'on entend parfois. Mais bien au contraire, un parcours se construit, une carrière se construit. Et tu en es le formidable exemple. Quelle est la chose que tu sais aujourd'hui et qui aurait le plus changé ta manière d'agir à 25 ans ?
- Speaker #1
Ça, c'est encore une question très difficile, très personnelle. Je vais essayer d'y répondre de façon la plus transparente. À 25 ans, j'étais très timide. Donc, je pense que ça m'a... Déjà, on l'est toujours un peu, quand on l'a été. Mais à l'époque, je pense que ça m'a empêché d'aller au bout de ce que je voulais faire ou d'y aller, ou de mettre plus de temps. Voilà, je pense que ça, ça a été un petit peu bloquant. Et avec le recul, j'aurais dû l'être beaucoup moins.
- Speaker #0
Aujourd'hui, en tout cas, ça ne s'est jamais vu. Pendant dix ans, tu as été le directeur immobilier d'une marque iconique. Qu'est-ce que ça change de faire de l'immobilier pour L'Oréal ?
- Speaker #1
Alors déjà, le métier de directeur immobilier est un superbe métier. Là encore, je n'avais pas prévu de le faire, mais c'est le concours de circonstances. Et c'est parce que c'est L'Oréal que j'y étais allé. et que L'Oréal avait envie de construire une direction immobilière en connaissant, je dirais, en percevant l'importance de l'immobilier et du métier au sein d'une structure. Alors, quel est l'intérêt, je dirais, d'être dans un groupe pour L'Oréal ? Déjà, L'Oréal comprend le produit. On fait des produits, donc l'immobilier est un produit, entre autres. Et c'est marrant parce que Jean-Paul Agon... avait dit, quand on devait arbitrer sur un projet architectural, il avait dit, c'est comme pour nos produits, il n'y a que les gestes forts qui restent, donc on va choisir ce produit. Voilà, donc ce produit immobilier. Donc, je veux dire, c'était un point important. Après, ce qui est vraiment intéressant dans le groupe L'Oréal, c'est qu'il y a une vraie notion de beau. Et le beau, quand on fait de l'immobilier, c'est quelque chose d'important. Ça ne veut pas dire que c'est cher, c'est beau, c'est différent aussi d'avoir ça en tête. Et c'est le fait d'être présent en immobilier dans 71 pays. Donc le côté international est intéressant parce que quand on fait de l'immobilier, voir ce qui se fait ailleurs, comment il se fait et comment on raisonne et les différences culturelles, est vraiment très enrichissant. Je pense que ça, c'est la grosse découverte que j'ai faite en arrivant. et puis c'est des produits très différents, voire des produits très atypiques parfois, parce qu'on passe vraiment de l'usine à la plateforme logistique, pour aboutir à la boutique évidemment en passant par les bureaux, mais vous avez aussi des termes, à la Maison de la Rose, à Grasse, enfin voilà, on travaille aussi sur des choses très différentes et tout ça rend très riche, et il y avait vraiment la volonté de positionner l'immobilier. auprès de la direction générale, en stratégique, et en regardant tout l'impact que pouvait avoir l'immobilier sur l'image. interne, sur l'image externe, et aussi faire rentrer toutes les thématiques du groupe. Donc que ce soit quelque chose vu comme un fleuron. Et ça nous a fait travailler, bien sûr avec les marques, mais aussi avec les ressources humaines, la sûreté, l'IT, le digital, et toujours avec une volonté d'être en avance sur le temps. Et ça, c'était aussi très intéressant.
- Speaker #0
Alors justement, je creuserais bien à ce niveau-là. Tu nous as parlé de beauté, d'esthétique, d'international, mais l'innovation est aussi au cœur de la stratégie de cette belle maison et du travail que tu y as réalisé. Est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus ?
- Speaker #1
Je dirais, il y a une phrase qui est chez L'Oréal importante, qui est de dire, on prend de l'avance sur ce qui commence. Donc ça, c'est quelque chose qu'il faut toujours avoir en tête et de se dire... Et moi, ce que j'ai fait pour justement être sûr de le faire, d'y penser et d'inciter aussi les gens à le faire, c'est de dire pour chaque projet, il faut qu'il y ait une innovation, que ça soit petit ou grand, et que cette innovation puisse être dupliquée, que ça puisse servir pour des autres projets, mais que ça puisse servir aussi hors L'Oréal. Et donc ça, c'est important et on a fait des choses un peu dans tous les pays. que je trouve très intéressante. Et si j'avais été au bout de la démarche, j'aurais vraiment créé un lab dédié à l'immobilier pour justement favoriser, tester et même travailler avec des startups sur un certain nombre de nos projets.
- Speaker #0
En tant que président de l'ADI, je pense que tu peux aussi continuer à avoir ce joli projet. Voilà, exactement. Pour toute l'industrie.
- Speaker #1
Avec encore plus d'ampleur.
- Speaker #0
Exactement. Dans tous les projets que tu as menés, s'il y avait... Une seule transformation immobilière que tu as menée chez L'Oréal, quelle serait-elle et pourquoi ? Est-ce qu'il y en a une qui ressort plus qu'une autre ?
- Speaker #1
C'est-à-dire, là ça va faire un petit peu bateau, parce que c'est quelque chose qui aujourd'hui est devenu presque usuel. C'est vraiment la transformation des espaces de travail. Parce que quand je suis arrivé il y a 11 ou 12 ans, on était, et les entreprises notamment en France, étaient assez encore... traditionnel. C'était du cloisonné ou du semi-cloisonné, et de toute façon du poste affecté. Et ça, c'est quelque chose, ce n'était pas mon métier, mais c'est quelque chose que j'ai découvert justement aussi en voyageant. Et je me suis aperçu que le salarié avait besoin d'autre chose. Il avait aspiré, même si c'était quelque chose qu'il ne connaissait pas. Et ça, j'ai réussi, je dirais, à le développer très rapidement, avec beaucoup de succès. faire évoluer pendant les 10 ans, le faire évoluer. Et arrivé aujourd'hui, on a changé 91% des surfaces de travail dans le monde, dans 71 pays. Donc c'est-à-dire partout. Il n'y a eu aucun retour en arrière et le produit continue à évoluer. Et ça, je pense que ça a été un gros impact pour les collaborateurs et pour la société. Ça va dans l'agilité. la prise en compte des besoins personnels. Et après le Covid, si on n'avait pas fait ça, ça aurait été beaucoup plus compliqué.
- Speaker #0
Bien sûr. Est-ce que ça raconte quelque chose de ta vision, justement, de l'immobilier, cette innovation constante, cette volonté en permanence d'améliorer les espaces de travail, mais aussi la vie des collaborateurs ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça aussi qui est intéressant dans l'immobilier. Je pense que l'immobilier, ce n'est pas que de la technique ou de la finance, c'est s'intéresser aux autres, s'intéresser aux gens, s'intéresser à la vie de la cité. L'immobilier, c'est beaucoup plus large qu'on ne le pense et on le voit aujourd'hui. Je pense que ce sera un des enjeux des prochaines années, c'est se tourner vers l'être humain et la façon dont il veut vivre et dont on veut faire interagir. les différentes typologies d'immobilier dans l'environnement d'une personne. Ça va du bureau au matin, son habitation, ses loisirs, son transport, et ce qu'il respire, ce qu'il voit et ce qu'il entend.
- Speaker #0
Justement, sur ce côté humain, la guerre des talents est féroce, toujours aujourd'hui. Comment as-tu utilisé l'immobilier et l'environnement de travail que tu as mis en œuvre comme une arme stratégique pour attirer et retenir les meilleurs ?
- Speaker #1
là. Ça, je dirais, c'est évident. C'est d'ailleurs un RH qui m'avait dit, quand on avait livré un immeuble, c'était en France, sur les Quai de Seine, il m'avait dit, maintenant, quand je reçois des collaborateurs à l'embauche, je n'ai plus besoin de leur dire qu'on est moderne. Je veux dire, les espaces et nos espaces à nous, RH, le montrent. Voilà. Donc, c'est anecdotique, mais ça traduit bien les choses. C'est de la rétention. Et puis, je pense que les collaborateurs, sont aussi très contents de voir qu'on pense à eux, que c'est quelque chose qui est fait pour eux, qu'on améliore, qu'on investit, et qu'on pense à leur façon de travailler, qu'on les écoute, parce que c'est souvent aussi de la co-construction, ces espaces de travail, c'est pas, on va vous faire ça, et c'est en évolution permanente, évolution permanente avec les envies, évolution permanente avec l'évolution des métiers et de la société. Je pense que l'IA va aussi donner un petit coup de... Un petit coup de booster, pas uniquement dans les présentations de parcours, mais aussi dans les modes de travail payés et sur l'immobilier en général.
- Speaker #0
Bien sûr, bien sûr. Nous ne l'avons pas encore embrassé complètement, mais en tout cas, on en voit tout à fait les enjeux. Piloter l'immobilier d'un groupe mondial, c'est gérer une tension permanente entre la nécessité d'une cohérence de marque et le respect des cultures locales. Comment as-tu arbitré ces défis ?
- Speaker #1
Je dirais, il n'y a pas à arbitrer. Il y a tout simplement, je dirais, à y mettre de la cohésion. à y mettre une vision, à écouter les gens. à la fois, je dirais, dans un groupe, par exemple, comme L'Oréal, puisque c'est la question, c'était vraiment se faire déjà une idée de ce que l'on voulait. Parce que l'idée, c'est que, par exemple, l'ADN du groupe se perçoit dans tous nos bâtiments. C'est-à-dire que quand vous rentriez dans un bâtiment, que ce soit à Paris, à Mexico ou à Shanghai, vous vous disiez, je vois que je suis chez L'Oréal. Mais ce n'était pas du tout uniforme. C'était, on prend en compte la culture et quelque chose de symbolique, on faisait souvent intervenir des artistes. C'est-à-dire que par exemple en Amérique latine, qui aime beaucoup les fresques, la peinture, il y avait toujours des fresques et des peintures locales. Et ça, je veux dire, voilà, ça donne, c'est anecdotique encore, mais c'est important. Et il y avait aussi une chose qui m'avait beaucoup, quand je suis arrivé, beaucoup marqué, c'est qu'on avait fait des bureaux au Danemark. Et j'avais remarqué qu'il y avait beaucoup de bureaux qui étaient le long des fenêtres. Et j'avais demandé tout simplement aux personnes pourquoi. Parce que quand on a envie de penser à autre chose, on lève la tête et on voit l'eau. C'était le long de l'eau. Et donc, ce que j'ai essayé de faire, c'est que quand on recherchait des bureaux, s'il pouvait y avoir une vision sur l'eau... Merci. C'est beaucoup plus souvent le cas qu'on ne le pense, entre les rivières, la mer et les lacs. Donc, ça a été déterminant. Et quand on ne pouvait pas le faire, j'ai fait en sorte qu'il y ait de la verdure. Et ça, parce que j'ai pensé aux collaborateurs qui, effectivement, lèvent la tête et ont envie de voir. Donc, c'est aussi comme ça qu'on fait adhérer. Ce n'est pas une lutte pour... Quand on voit qu'il y a à la fois du professionnalisme et à la fois envie de bien faire pour les gens, je veux dire, ça fonctionne.
- Speaker #0
Bien sûr, très jolie leçon. Tu es aujourd'hui président de l'ADI, quelle est la grande bataille que tu veux mener pour la fonction de directeur immobilier ?
- Speaker #1
Je dirais le directeur immobilier, c'est un des plus beaux métiers, c'est ce que je disais, c'est un des plus complets, c'est au cœur de l'entreprise, et l'impact est fort, l'impact est fort pour le produit, l'impact est fort pour... Les personnes qui y travaillent, les personnes qui viennent dans les bâtiments. Et là encore, l'immobilier, ce n'est pas que du bureau. Bien souvent, les directeurs immobiliers gèrent des usines, des plateformes logistiques, des laboratoires. Et les populations sont très différentes. Donc, ça impacte beaucoup de monde. Donc, je dirais, ayant dit ça, mon objectif, c'est de faire en sorte... que le directeur immobilier soit à la fois à la bonne place dans les entreprises et à la fois un interlocuteur encore plus important dans le microcosme immobilier, puisque c'est le consommateur final, il consomme le produit, il sait ce dont il a besoin. Et aussi vis-à-vis des pouvoirs publics, puisqu'il est peut-être parfois un peu plus neutre que certains et qu'il soit écouté et qu'il puisse porter la parole de l'immobilier. Donc, c'est donner aussi plus de voix au directeur immobilier.
- Speaker #0
Qui sont effectivement les ambassadeurs d'un écosystème, mais aussi de leur entreprise et aussi de l'innovation et des collaborateurs.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
D'où la richesse de ce très beau métier. Si tu devais identifier le plus grand défi que doivent relever tes pairs aujourd'hui, directeur immobilier, quel serait-il d'après toi ?
- Speaker #1
Alors là, c'est une question difficile parce qu'il y a beaucoup de défis. c'est de réussir à faire évoluer son entreprise et l'immobilier en général. Et quand je dis l'immobilier, ce n'est pas forcément que l'immobilier de son entreprise, c'est l'immobilier en général. Et comme je viens de le dire, le directeur immobilier, avec sa vision d'utilisateur, et légitime pour porter cette parole.
- Speaker #0
Pour porter une parole effectivement très large, on a parlé d'innovation, de technologie, de bien-être des collaborateurs, aussi de développement durable, qui a été peut-être mis un tout petit peu de côté ces derniers mois, parce que les priorités n'étaient pas forcément celles-ci. C'est aussi quelque chose que porte le directeur immobilier, donc dans le sens, comme tu l'indiquais, des pouvoirs publics, mais aussi son entreprise.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Pour finir... Quel conseil donnerais-tu à un jeune professionnel qui rêve de laisser comme toi une empreinte positive sur la ville et l'immobilier de demain ?
- Speaker #1
Je veux dire, c'est difficile aussi de donner des conseils parce que chacun est différent. Si je donnais un conseil, ça serait déjà de faire ce qu'il aime et de ne pas renoncer à ses projets, à ses envies, de découvrir le milieu de l'immobilier parce que le milieu de l'immobilier, au-delà des métiers, est très intéressant. Parce qu'il y a des personnes, je dirais, on découvre, même moi aujourd'hui, je découvre tous les jours des gens différents, des gens qui portent des projets, des idées. Voilà, c'est... C'est vraiment de ne pas renoncer, même s'il y a des échecs, de continuer, d'aller jusqu'au bout et de croire en ce qu'il fait.
- Speaker #0
C'est un très joli conseil. Alors, dans justement ces conseils, quel est le livre qui se trouve sur ta table de chevet en ce moment et qui pourrait intéresser nos auditeurs ?
- Speaker #1
Là, je n'en ai pas qu'un, j'en ai plusieurs, mais si je dois donner une réponse, c'est... pas forcément mon livre de chevet, mais je le relis en ce moment, c'est l'avis de Simone Veil. Parce que je dois dire que son parcours, sa vision, et réussir après tout ce qu'elle a subi, à malgré tout, à la fois, fonder une famille, porter un métier, mais avec un regard utile. Et moi aujourd'hui qui travaille aussi pour le ministère de la Justice, je vois ce qu'elle a fait au niveau des prisons, de façon bien avant tout le monde. Je me dis que ce sont des parcours qui peuvent être inspirants et superbes. Voilà, c'est beaucoup d'admiration pour ce genre de profil.
- Speaker #0
Merci beaucoup de mettre dans tout ton parcours aussi les femmes en avant. Tu les as citées au début effectivement de ton parcours comme certaines mentors, mais aussi ça continue semble-t-il. Alors, nous allons peut-être essayer de t'amener un autre livre sur ton chevet, puisque pour te remercier de ces jolis moments ensemble, on essaye toujours d'avoir une relation entre notre invité et ce que nous considérons qui puisse être un petit cadeau pour te remercier. J'espère répondre à tes envies, à ce que tu aimes. C'est très gentil, je l'ouvre là. Avec grand plaisir, au contraire.
- Speaker #1
Il y a un beau papier que je ne reconnais pas.
- Speaker #0
Alors nous travaillons avec les éditions de ta chaîne, de Très Très, nous savons pas si tu l'as celui-ci.
- Speaker #1
Ah, le livre des couleurs, alors... Là, je vais me faire une confidence, je suis daltonien.
- Speaker #0
Au revoir,
- Speaker #1
Serge ! Donc, je vois les couleurs, mais différentes. Et j'aime beaucoup les couleurs. Et ma couleur préférée, c'est le vert.
- Speaker #0
Alors, tu partages cela avec Astrid, effectivement, qui est aussi sa couleur préférée. Voilà, mais je ne m'habille pas en vert. Mais nous voulions te dire que nous, tu nous inspires beaucoup de couleurs et un monde, justement, très divers et très en symbiose aussi. on a On voulait te dire que tu es notre grande couleur et tu portes les couleurs de l'immobilier. Merci beaucoup.
- Speaker #1
Je vous remercie beaucoup et c'était un plaisir.
- Speaker #0
Mille merci. Merci beaucoup pour toutes ces inspirations. À très vite. Merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci.