- Speaker #0
Bonjour à tous, bienvenue dans le podcast Entre Amuros, une conversation au cœur du bureau des leaders de l'immobilier d'entreprise. J'ai la chance aujourd'hui d'être aux côtés de Marion Dehan, directrice générale associée d'Interface Group et cofondatrice de Capsule. Bonjour Marion.
- Speaker #1
Bonjour Marie-Laure, merci.
- Speaker #0
Avant de commencer, je voudrais débuter par un petit exercice. Pour te présenter, j'ai demandé à notre IA de faire ton portrait chinois. Et cela donne, si Marion était un bâtiment, ce serait un marché couvert pour le mouvement perpétuel. Si Marion était un matériau de construction, ce serait le bois pour sa chaleur et sa durabilité. Si Marion était un service dans un immeuble, ce serait une conciergerie d'hôtel, bien sûr, qui, pour la création du lien et la facilitation du quotidien, fait le maximum pour l'ensemble de ses utilisateurs. Et enfin, si Marion était une pièce dans cet immeuble, ce serait le rooftop. qui symbolise l'ouverture de l'immeuble sur son environnement. Un marché couvert, du bois, une conciergerie et un rooftop, ce portrait dessine déjà ta vision. Un immobilier plus humain, durable, serviciel et ouvert, c'est une introduction parfaite pour lancer notre conversation. Est-ce que tu es d'accord avec ce premier portrait chinois, Marion ?
- Speaker #1
Je suis plutôt d'accord et Lya me connaît bien. Je le pratique plusieurs fois par jour, donc peut-être qu'ils ont effectivement... pris mon portrait de fait des questions que je pose chaque jour sur l'IA. Donc oui, c'est étonnant. Étonnamment juste.
- Speaker #0
C'est un vrai sujet qu'on pourrait développer lors d'un prochain podcast avec grand plaisir. Alors Marion, nous sommes dans les bureaux d'Interface Group. Ce lieu reflète-t-il ta vision de ce que doit être un espace de travail aujourd'hui ?
- Speaker #1
Alors comme je te le disais quand je vous ai accueillie, quand je t'ai accueillie, pas du tout. Absolument pas. Ce sont des bureaux qui ont été achetés il y a une vingtaine d'années par les fondateurs d'Interface. Et on a passé plus de temps chez Interface à s'occuper de nos propres clients que de nous-mêmes. Les coordonnées sont souvent les plus mal chaussées et on en fait partie. Nous avons donc pris la décision de déménager à la rentrée 2026. Ça a été annoncé avec grand bruit aux collaborateurs qui sont tous absolument ravis. Et on va pour le coup, avec notre investisseur qui est aussi notre client, développer un lieu très vitrine, mais vitrine vivante. Avec une mixité justement dans ces plateaux de bureaux qui sera vraiment le reflet d'Interface 2026-2027 et bien après. Pour moi, les bureaux, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, c'est vraiment un espèce de facilitateur de relations et qui doit être au service de nos collaborateurs, aussi de nos clients. On va débattre, recevoir, on va en faire vraiment un lieu, un club, le club Interface pour tous.
- Speaker #0
J'adore ! Tu as une belle expérience en commercialisation classique, un passage chez un grand promoteur et enfin le saut vers la spécialisation bas carbone, tout en co-dirigeant ta propre structure de conseil. Quelle est la frustration ou la révélation qui a été le moteur de ce passage d'un modèle établi à la création de ta propre vision ?
- Speaker #1
Depuis que je suis toute petite, je suis entrepreneur. C'est-à-dire que je crée des micro-entreprises à ma micro-échelle. Donc, c'était écrit, tout le monde me l'a toujours dit. Et d'ailleurs, mes anciens patrons, mes anciens boss, mes mentors, parce que je n'ai travaillé que pour des mentors, c'est ce qui leur plaisait chez moi. Je faisais un peu d'entrepreneuriat au cœur de mes anciennes structures. Néanmoins, j'ai pris mon temps pour me connaître, parce que j'ai peur, j'avais peur. Aujourd'hui, je n'ai plus peur, parce que je suis très bien accompagnée, pour justement passer ce cap. hum... Et ne plus être dépendante de la vision des autres. Jusqu'à aujourd'hui, je faisais très bien ma partie de la chaîne de valeur. J'ai fait gagner beaucoup d'argent et de confort à mes anciens patrons. Mais je ne faisais pas le lien entre la stratégie d'entreprise et la stratégie de projet. Et Vincent Lazaroni, qui est le fondateur d'Interface, m'a contacté. On se connaît depuis très longtemps, mais on a partagé nos visions. On s'est trouvés et me voilà aujourd'hui dirigeante. d'une très belle entreprise.
- Speaker #0
Ça te va très bien.
- Speaker #1
Merci, Marilor.
- Speaker #0
En regardant en arrière, quelle est la croyance ou la pratique la plus répandue à tes débuts dans l'immobilier que tu considères aujourd'hui comme obsolète ?
- Speaker #1
On m'a élevée professionnellement avec cette grande phrase qui dit « tout se loue » . Alors, ça m'a beaucoup apporté d'avoir cette phrase en tête depuis toujours parce que ça m'a apporté une hargne et une niaque où, effectivement, j'ai pu tout louer. Ça, c'est sûr. Notamment sur la première partie de ma carrière, tu en as parlé. Aujourd'hui et assez récemment, j'ai pris conscience que non, tout ne se loue pas. Les utilisateurs ont besoin de productivité, d'apporter de la productivité à ses collaborateurs. Et les immeubles qui manquent de sens, qui manquent de valeur, d'identité, de service, notamment, se louent. moins bien, plus tard, voire jamais. Et donc, je suis un peu revenue sur ce tout, ce loup.
- Speaker #0
Je comprends complètement. Tu as partagé avec moi, lors de mon arrivée dans tes locaux, ton projet de déménagement dont tu nous parlais au début de ce podcast et la difficulté aussi de chercher des locaux, d'y arriver, d'avoir un projet d'entreprise. Tu veux t'exprimer quelques instants sur ce sujet parce que je pense que ça peut être très intéressant aussi de dire à nos collaborateurs... aux professionnels de l'immobilier, que nous les conseillons au quotidien, mais que ce n'est pas forcément évident.
- Speaker #1
C'est vrai que j'ai un peu vécu le vie-ma-vie de mes clients aujourd'hui. J'ai quand même mis six mois à trouver 500 m² dans Paris, ce qui est quand même long. Je pensais trouver ça beaucoup plus rapidement. Après, je suis arrivée sur le marché avec une somme d'un cahier des charges qui est très figé. Je ne pensais pas figer, mais finalement, avec beaucoup de conviction sur ce que je voulais apporter aux nouvelles interfaces. Et finalement, ce temps long et cette complexité m'a permis de me mettre à la place de mes clients et de m'apercevoir à quel point c'était compliqué de déménager et compliqué d'embarquer une cinquantaine de collaborateurs dans cette nouvelle vision. Donc oui, je pensais que c'était plus simple que ça de déménager, alors que non. J'ai eu beaucoup de difficultés à le faire, effectivement.
- Speaker #0
Alors, j'adore ce message et il est vraiment adressé aussi aux jeunes générations qui nous disent régulièrement qu'au bout de deux, trois ans, ils ont tout vu, ils ont tout connu, c'est facile. J'adore partager avec les vrais professionnels d'immobilier le fait qu'on apprend tous les jours et qu'effectivement, on peut aussi se rendre compte au fur et à mesure de nos carrières, des difficultés qui ne sont pas celles forcément qu'on a en tête. Donc, j'adore ton discours, Marion. On va en parler largement dans les prochains mois avec nos collaborateurs. Chez Interface, tu es avec tes équipes aux premières loges des besoins des utilisateurs. Tu es également cofondatrice de Capsule, une structure orientée vers la stratégie de commercialisation locative et les transactions immobilières. Quelle est, selon toi, la demande ou l'attente qui monte mais que les plupart des acteurs de l'immobilier ne voient pas encore venir ?
- Speaker #1
Pour moi, ce qui commence, on a quelques prémices, mais qui n'est pas encore établi, c'est la mixité. La mixité des immeubles, on en parle depuis longtemps, particulièrement post-Covid, qui a été initiée dans le cadre des Réinventer Paris en 2016-2018, mais qui prend de plus en plus d'ampleur depuis quelques années. En revanche, cette mixité, elle ne marche pas toujours. Donc pour moi, je crois à la mixité, évidemment, mais à la mixité qui marche. Et c'est pour ça qu'on a créé Capsule, pour une entreprise qui est tournée autour de la transaction immobilière et de commerce particulièrement, pour créer cette vraie mixité, celle qui marche dans le temps. Aujourd'hui, les immeubles de bureaux, sur les grands immeubles en tout cas, accueillent tous des services, dans leur grande largesse, Food, Business Center, Fitness & Co, mais qui sont opérés en B2B, donc avec des exploitants qui sont établis depuis des dizaines d'années, etc. Aujourd'hui, je trouve que ce qui est le plus pertinent sur une certaine catégorie d'immeubles, c'est plutôt d'exploiter ces services en B2C, avec des vrais commerçants, qui ont le sens du service, mais le service long terme, parce qu'il faut qu'ils créent du chiffre d'affaires. Et donc ça sert au commerce, ça sert au quartier, mais ça sert aux utilisateurs en tant que personnes, aux collaborateurs qui viennent tous les jours puisqu'ils ont une grande qualité. Mais ça sert aussi à l'entreprise au sens coût total immobilier, dans le sens où on allège quand même l'entreprise de parties communes, d'OPEX. Et surtout, on a une garantie d'exploitation qui est optimale parce que c'est ce que je disais, ces commerçants doivent créer du chiffre d'affaires. Alors que les exploitants B2B, ils attendent quand même que leur contrat se renouvelle tous les trois ans. Pour moi, ma grande phrase, c'est « moins mais mieux » . Plutôt se tourner autour du qualitatif, plutôt que le quantitatif, ne pas cocher des cases, mais que ces cases soient belles et durables.
- Speaker #0
Nous partageons totalement ta vision. Lors des deux dernières années, c'était le moins de bureaux, mieux de bureaux, mais on le voit effectivement de façon majeure, et cette transformation est globale. Donc, tu vas complètement dans le sens du B2B2C. Exactement. Puisqu'effectivement, à la fin, on s'intéresse aux utilisateurs finaux de l'ensemble de ces services et de ces immeubles.
- Speaker #1
Qui sont les clients de tous, l'utilisateur final. Exactement.
- Speaker #0
Exactement. Si tu avais le droit de voler une seule idée à un lieu qui n'est pas un bureau, un hôtel, un musée, un restaurant, un théâtre, pour l'implanter dans chaque projet immobilier, que serait-elle et pourquoi ?
- Speaker #1
J'aime bien la notion d'hospitalité. On en parle aussi beaucoup, mais je crois beaucoup à l'hospitalité invisible de l'hôtellerie, c'est-à-dire que c'est une capacité à anticiper les besoins, encore une fois, de notre client final qui est l'entreprise, mais aussi et surtout le collaborateur qui y vit chaque jour. Tout fonctionne sans effort, sans erreur. Que l'expérience quotidienne soit fluide, soit agréable. Et pour moi, c'est vraiment ce qu'un immeuble de bureau doit offrir au demain. C'est que ça ne se voit pas, mais c'est ce qui est simple, qui est le plus compliqué à déployer. Et ça, sans l'humain, c'est difficile. On y travaille, encore une fois, avec Capsule. On a monté une marque qui s'appelle Joseph, qui est effectivement un travail de conciergerie, d'hôtel, mais très invisible. très sous-jacente qui, justement, anime tout cet écosystème qu'on met en place au fur et à mesure. Mais ce n'est pas facile parce que c'est beaucoup d'efforts, vraiment beaucoup d'efforts pour, finalement, que ça reste invisible mais que ce soit réussi tout de même.
- Speaker #0
Tout paraît si simple quand c'est parfait.
- Speaker #1
C'est exactement ça.
- Speaker #0
Alors, créer des expériences et des services premium à un coût. Dans un marché tendu, comment convaincre un investisseur que le ROI de l'hospitalité, dont tu viens de parler, n'est pas qu'une question de bien-être, mais un véritable levier de performance financière mesurable ?
- Speaker #1
C'est une question qu'on nous pose souvent, parce que c'est difficile de faire dépenser à un investisseur des capex qui sont souvent un peu plus que si on faisait moins, parce que le moins met mieux à un coup. Pour moi, sur le marché, il y a deux valeurs. Il y a une valeur locative de marché que vous, chez JLL, vous savez parfaitement expertiser, que vous savez parfaitement mesurer. Et puis, il y a une valeur que j'appelle la valeur immeuble qu'on lutte à donner à cet immeuble. Il faut qu'un immeuble, quel que soit le marché, vale ce prix. Et ça, on peut l'estimer par une valeur de vraie vie, avec une vitesse de relocation, qui est quand même souvent l'enjeu chez les investisseurs, et un niveau de loyer signé. Donc la sur-valeur de marché désigne quand même, doit aller en face de quelque chose d'absolument criant. Cette valeur-là, elle ne vient évidemment pas du tout par hasard. J'ai appris beaucoup sur les 20 dernières années. Ma carrière m'a permis d'aborder des immeubles qui sont magnifiques, qui sont très beaux. Donc cette valeur vient évidemment par le beau, l'architecture, la culture, l'art. Elle vient aussi par la responsabilité carbone, qui est maintenant devenue en impondérable et heureusement. Tout le monde s'y met et ça a de la valeur, cette responsabilité carbone. Tu me décrivais comme le bois et ça en fait partie évidemment. Je ne peux pas et plus le nier. Et elle vient aussi, cette valeur, elle est donnée par l'expérience qui est vécue au quotidien par les collaborateurs dans l'immeuble. Et ça, j'y crois beaucoup parce que les sur-valeurs qu'on peut donner à un immeuble, elles viennent par des dirigeants qui viennent signer un prix. qui eux cherchent du bien-être. Alors du bien-être, encore une fois, c'est un terme qui est plutôt galvaudé aujourd'hui sur le marché, mais du bien-être qui donne le sentiment à un collaborateur d'être vraiment dans un espace de bien-être et au service de la productivité de ce collaborateur. Et le dirigeant va aller chercher cette valeur pour donner un espace de productivité pour ses collaborateurs, pour que les collaborateurs viennent au bureau, c'est aussi un grand sujet. que le télétravail, finalement, on voit aujourd'hui les plages de télétravail sur les trécisses. Et dans ce marché concurrentiel, pour moi, le bon immeuble, c'est un immeuble où un utilisateur vient accepter de payer le juste prix. Donc, cette fameuse valeur immeuble que j'évoquais. Et le résultat, ça, c'est que tout simplement, l'investisseur gagne du temps. Donc, en relocation, bien sûr. On pré-commercialise souvent les bons immeubles, tu le sais encore mieux que moi, de l'argent, puisque la valeur est maintenue. sur le long terme. L'utilisateur reste, donc il n'a pas besoin de redépenser en coût de relocation. Et l'utilisateur est ravi parce qu'il a des équipes plus efficaces. Et pour ça, j'ai un chiffre qui m'a marqué en fin d'année dernière, fin d'année 2025. C'est que quand j'ai fait la liste de toutes les transactions sub 5000 du marché, nous, Interface, on fait du service. Je crois en ça depuis 20 ans, puisque Interface a travaillé à mes côtés depuis 20 ans. Et 75% des grandes transactions qui ont eu lieu, donc encore une fois en supérieur à 5 000 m², sont sur des immeubles qu'Interface a créé, a valorisé ou en tout cas a mis sa patte. Donc ça marche.
- Speaker #0
Là, c'est un ROI qui est effectivement absolument indiscutable. Marion, diriger dans l'immobilier d'entreprise aujourd'hui nécessite d'anticiper des transformations rapides et nombreuses. Comment transmets-tu cette culture de l'anticipation à tes équipes ?
- Speaker #1
C'est nouveau pour moi de diriger dans cette ampleur-là, en tout cas. Ça fait une grosse année maintenant, donc ça reste quand même nouveau. Je leur demande d'appliquer ce que je m'applique à moi-même, à savoir d'être curieux, très curieux, temps pro, temps perso, en tout cas d'être passionné par ce qu'on fait. Je les accompagne, je leur demande aussi de faire de la veille, beaucoup de veille pour justement s'inspirer sur le passé et également sur le futur en France, à l'étranger. Et surtout, je les autorise à se tromper. Je leur autorise le droit à l'erreur. On les encourage, donc ce que je disais, à perdre du temps dans des expos, aller au théâtre, etc. Surtout de partager ensemble pour pouvoir s'inspirer les uns les autres. Et aussi de proposer, ça fait sourire nos clients souvent, mais de proposer l'improposable, d'aller vraiment hors des sentiers battus, quitte à évidemment revenir en arrière si tout le monde ne partage pas nos convictions, mais vraiment de défendre ses convictions dans ce fameux improposable. Attention, il ne faut pas refaire. réinventer la roue sans arrêt, mais c'est important de sortir un peu des sentiers battus. C'est ce que j'essaye de leur apporter au quotidien et en plus, même à titre personnel, ça les élève. Donc je suis fière de ça.
- Speaker #0
Complètement, et tu peux l'être. Ça va dans ce sens, justement, quelle est ta méthode pour créer ces synergies ? Tu nous as donné déjà quelques indices, mais quand on prend la direction d'une entreprise et d'une équipe, ce n'est pas forcément facile de faire travailler tout le monde ensemble. Est-ce que tu as ta méthode ? pour créer ces synergies entre les différents métiers d'interface ?
- Speaker #1
C'est un sujet qui est au cœur de nos discussions actuellement, justement, chez Interface, parce qu'on a une palette de métiers qui est très, très vaste, qui part vraiment du tout au rien. Et pour ça, je mets en place vraiment des cellules de formation, des formations quasi constantes. J'ai été inspirée par le fondateur de Vente Privée qui, lui... Ils investissaient beaucoup d'argent dans la formation mensuelle et c'est en partie grâce à ça que ces collaborateurs ont pu grandir comme ça. Donc je les aide, je les forme à tous les métiers de l'entreprise, même ceux qui n'exploitent, qui n'exercent pas, pour qu'ils puissent évidemment savoir en parler à leurs clients principalement et ça nous permet évidemment d'avoir une palette de métiers qui est visible auprès de nos clients. Et puis ça permet aussi de cette formation de les faire communiquer entre eux. Et donc, le passage de balle est plus simple et plus fluide et on n'a pas l'impression de développer. Ça devient un développement naturel, interne, endogène pour justement faire tout ça. Après, c'est du temps, vraiment beaucoup de temps. Encore une fois, on est une cinquantaine de collaborateurs de tout âge, de toute séniorité. Mais en revanche, moi, ça me passionne, j'adore ça. Je trouve ça absolument génial.
- Speaker #0
J'adore et la conviction effectivement que la formation est au cœur de la synergie entre les métiers et anticipe le monde de demain est au... cœur aussi de notre stratégie. J'y pense aussi en permanence. Nous parlions en introduction de ce podcast de l'IA. La meilleure façon d'utiliser l'IA comme un outil, c'est d'être formé à côté et donc de garder ce contact humain qui fait toute la richesse effectivement de notre écosystème, de nos métiers et de nos entreprises. Donc, je partage complètement ta conviction. Diriger une entreprise demande une énergie constante. Alors là, on rentre un petit peu dans le domaine du privé. As-tu développé des habitudes ou des rituels qui te permettent de maintenir cet équilibre et cette performance ?
- Speaker #1
Nouvellement, oui. Effectivement, tu as raison. Ça développe une énergie constante que je n'avais pas forcément évaluée avant de me lancer dans cette aventure-là. Il faut être disponible tout le temps et pour tout le monde. Et chose que je ne faisais pas avant ou mal avant, je me suis mise au sport. Alors, il faut être motivée, mais il faut surtout être disciplinée. Et ce n'est pas facile d'être disciplinée, de prendre ce temps, de s'obliger à prendre ce temps-là. Mais on en parlait toutes les deux il y a quelques semaines aussi. Donc, je me suis fait accompagner, évidemment, le temps au moins d'avoir cette discipline qui me rende accro au sport. Parce qu'apparemment, on est accro au sport. Et donc, trois fois par semaine à 6h30 du matin, je fais mon heure de sport de manière plus ou moins intensive en fonction du dîner de la veille. mais on pourrait croire que ça tue d'ailleurs je pensais que ça allait me tuer et en fait les jours où je fais du sport j'ai une énergie complètement folle et puis ça me permet de manger un peu plus de desserts donc finalement j'y gagne partout,
- Speaker #0
complètement merci beaucoup pour ce très bon truc et je pense que nous avons tous besoin justement de trouver notre routine et celle-ci est vraiment excellente donc je ne fais que t'engager à garder ton réveil matin très tôt, ça fait du bien c'est pas si dur
- Speaker #1
Non, finalement,
- Speaker #0
ce n'est pas si dur. Au-delà des transformations technologiques, quelle tendance sociétale surveilles-tu avec le plus d'attention pour l'évolution des lieux de travail ?
- Speaker #1
Tu évoques justement la transformation technologique. J'ai 40 ans, donc j'ai connu le Minitel. J'ai connu le monde avant la connexion constante. Et moi, ce que j'observe beaucoup et ce à quoi je m'intéresse beaucoup en ce moment, c'est le rapport qu'on a au temps. L'immobilier est un temps long. Il ne faut pas l'oublier. Tout se fait du jour au lendemain. Et on veut justement reprendre la maîtrise de notre quotidien. dans ce temps-là. Et je fais le lien, évidemment, alors ça c'est plutôt personnel, mais je fais le lien avec le côté plus professionnel. Les lieux de travail doivent vraiment s'adapter à ces vies qui doivent être plus choisies. Et d'ailleurs, quand je parlais d'improposables, on a pu proposer des espaces à nos utilisateurs qui sont hors des sentiers battus, notamment, je pense, à une salle qu'on appelle la salle silence, mais une salle silence qui va loin, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de Wi-Fi. Le collaborateur a le même silence qu'il a chez lui, mais qu'il a au bureau. Donc il a le droit, il peut prendre son temps sans être dérangé par le bruit qu'on peut retrouver au bureau. Et finalement, les utilisateurs adhèrent beaucoup à ces sales silences, les mettent en place et voient encore un gain de productivité derrière ça. Pour moi, l'enjeu sociétal que tu évoques, il est vraiment dans le rapport au temps. On a tous ubérisé notre vie et essayé de se détacher de ça quand même.
- Speaker #0
Se protéger un petit peu, effectivement, dans une bulle de silence ou de musique. On en parlait tout à l'heure aussi, puisque ces évolutions sociétales rentrent au cœur aussi du monde du bureau. Au-delà de l'immobilier, quel livre, œuvre d'art ou voyage a le plus profondément changé ta manière de voir l'interaction entre les humains et les espaces ?
- Speaker #1
Je suis une grande fan de l'artiste Niki Tsenfal, qui est une artiste féministe des années 60-70. Il y a eu une exposition très récemment au Grand Palais. Alors l'œuvre que je vais citer n'était pas exposée puisque c'était une œuvre éphémère, qui s'appelle Aune, qui a été exposée à Stockholm. C'est une œuvre qui est plutôt radicale, qui est géante. C'est une énorme nana. Le mot nana est un mot employé par Nikita Pallé, évidemment. Une énorme nana dans laquelle on peut entrer. Et en improvisation totale, quand elle a créé cette œuvre-là, elle a rempli l'œuvre de lieux. Elle a complètement inversé le rapport à l'espace. En 1966, je n'étais pas née, donc je n'ai pas visité cette œuvre, mais j'ai beaucoup lu sur elle. Et on pouvait, à l'intérieur de cette œuvre, être spectateur par le biais d'un cinéma, être usagé d'un restaurant par le biais de plusieurs restaurants, plusieurs coffee shops. Et on pouvait, à l'intérieur, s'asseoir, se rencontrer, encore une fois débattre, parce que c'était une personne qui aimait beaucoup débattre. Et en fait, cette œuvre... me fait poser une question qui est plutôt très actuelle, aussi bien dans mon job que dans ma vie personnelle, c'est à quoi ça sert un espace, au fond ? Finalement, un lieu, quel est l'usage d'un lieu, quelle est l'utilité d'un lieu ? Et c'est ce combat-là que je mène, au bureau ou même avec mes enfants, pour arrêter de concevoir, encore une fois, dans le grand mantra « moins mais mieux » , arrêter de concevoir des lieux pour qu'ils soient regardés. pas forcément utilisés, mais créer ces espaces pour leur rendre vraiment un service qui soit très humain, qui soit réel et qui donne envie d'y être et idéalement d'y rester longtemps. Et encore une fois, l'utilisateur n'aime pas déménager, j'en suis la preuve, pour y rester longtemps dans ces lieux-là. Et je pense que Nikita Sinfal était assez précurseur de ça.
- Speaker #0
Merci beaucoup Marion, c'est très inspirant. Alors nous commençons à voir notre routine aussi dans ce podcast. Et cette routine passe par une interprétation de ce que nous pourrions faire comme un cadeau. à notre personne interviewée. Donc, nous avons essayé de nous creuser la tête et nous demander qu'est-ce qui pourrait faire plaisir à Marion. Donc, comme ça va relativement bien dans le sens de ta dernière réponse, je me permets de te laisser découvrir ce cadeau que tu peux commenter en temps réel. Voilà. Évidemment, tu vas le voir. Merci. Merci beaucoup. C'est un éditeur français, un éditeur que nous aimons beaucoup. Nous espérons que tu n'as pas ce que tu vas ouvrir maintenant. Mais c'est publié sur...
- Speaker #1
Je ne l'ai pas. Ah, fantastique. Donc, c'est un livre, effectivement, aux éditions... Tachène. Tachène. Très beau livre. Très, très beau livre. C'est un livre plutôt d'images, ce qui est plutôt très agréable et qui permet aussi de déconnecter sur 100 espaces intérieurs, 100 intérieurs autour du monde. Donc, très inspirant. Très, très inspirant. Merci. On a du bois, on a du béton, on a du mobilier, on a de l'espace, on a de la verdure. C'est très beau. Merci, c'est un très beau cadeau.
- Speaker #0
Écoute, ça va complètement avec ta conclusion et effectivement tes émotions que tu décrivais dans l'œuvre de Nikit Sinfal. Donc, je ne sais pas s'il y a une remarque quelconque dans ce livre justement sur cette œuvre éphémère, mais on s'était dit que toi qui aimes être inspirée en permanence, ça te donnerait peut-être quelques idées complémentaires ou alors ça ne ferait que corroborer les idées et les projets que tu as déjà. Merci.
- Speaker #1
Tu me le dédicaceras.
- Speaker #0
Avec grand plaisir, avec immense plaisir. Merci beaucoup Marion d'avoir passé ce temps avec nous et merci de cette inspiration et tes collaborateurs ont beaucoup de chance de t'avoir donc nous vous souhaitons un très joli déménagement mais plein de belles choses pour la société Interges et Capsule bien entendu. Merci beaucoup Marion. Merci.
- Speaker #1
Au revoir.