Speaker #0Ok les amis, bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans cet épisode d'Investia du vendredi 19 juin, j'espère que vous allez bien, il fait beau, il fait très chaud, les journées sont longues, c'est la coupe du monde, que demande le peuple ? Que demande le peuple finalement, moi ça va très bien les potes, qu'est-ce que je peux vous raconter de beau ? Je peux vous raconter de beau, hier je suis allé courir en pleine cagnard, dans une optique un peu débile, mais importante quand même, qui est que, en gros, début août, j'ai une tournée de tournois de tennis, en gros, genre pendant une semaine, tu fais genre 5-6 tournois, et je l'ai fait l'année dernière, et en fait, tu joues en pleine chaleur, sous 35° pendant 1h30-2h quoi, tous les jours, plusieurs fois par jour. Et donc, moi, je suis une grosse victime du sport sous chaleur. Donc j'ai un projet d'acclimatation. Parce que le corps humain, ça vient pas de moi, évidemment, ça vient des recherches qui ont été faites, le corps humain s'adapte hyper bien à la chaleur. Ça prend à peu près 4 semaines en général. Et il suffit de s'exposer à la chaleur, aux grosses températures, de manière évidemment contrôlée, il faut pas faire le gros débile, sans avoir vraiment à monter à des très très grosses intensités, mais simplement le fait par exemple d'aller courir et de s'exposer à la chaleur assez régulièrement. dans des fortes périodes, c'est quelque chose qui fait que le corps humain s'adapte. Donc je suis un peu dans cette période-là. Hier, je suis allé courir, 35 degrés, piste cyclable, bitume. Les gens, ils me regardaient genre, mais qu'est-ce que tu fais ? Rentre chez toi, qu'est-ce que tu fais ? Mais je vous fais un retour d'expérience, ça marche. Je me sens beaucoup plus confortable, même dans cette période de canicule. Ça fait un moment que je fais ça, je ne l'ai pas fait qu'hier. Et franchement, ça va beaucoup mieux. Voilà voilà les amis, où est-ce qu'on en est ? On en est à peu près là, la Coupe du Monde est là. Voilà, la vie est belle, quel moment ces périodes de Coupe du Monde. Je suis bien lancé là sur mon petit prono. On pourrait se faire une ligue, mon petit prono, ça serait marrant. Mon petit prono c'est une application où tu fais des petits pronostics sans argent en jeu sur des matchs de Coupe du Monde, et ça te fait un classement. Je pourrais faire ça en vrai. Si vous voyez ce passage, ça veut dire qu'on a validé l'idée. Ça veut dire que vous avez un petit code qui s'affiche là, vous pouvez rejoindre et on peut faire une petite ligue, mon petit prono de la team du podcast. Ça serait marrant de jouer le jeu, d'utiliser l'application, c'est rigolo. Bon, on y va pour ce podcast. Comme d'habitude, plein de petits sujets autour de l'investissement, mais pas que. On commence par les sujets investissement, évidemment, et après, je vous recommande de vous laisser porter tranquillement pendant cette petite demi-heure. Ok, premier sujet, la demande institutionnelle s'est inversée. Je vous avais montré ce graphique dans un épisode du podcast, graphique un peu barbare, graphique qui donne pas le plus envie de regarder mais graphique intéressant. En bleu vous avez les bitcoins qui sont émis sur le trimestre, en jaune vous avez la quantité de bitcoins qui sont absorbés par les institutionnels sur la même période. Les institutionnels c'est quoi ? C'est les clients d'ETF et les entreprises avec un protocole d'accumulation comme Strategy ou Strive par exemple. Je vous rappelle une chose très importante, quand on parle des ETF, Ce ne sont pas des institutionnels. Je l'ai mis dans cette case-là, mais quand on dit les ETF ont absorbé tant de Bitcoin, ce sont les clients d'ETF, ce sont des particuliers. Il y a une incompréhension là-dessus. Il y a deux mois, on avait à peine commencé le deuxième trimestre, qu'on avait déjà accumulé 71% de Bitcoin en plus que tout le trimestre d'avant, sachant qu'en Q1, on avait déjà fait trois fois mieux que le trimestre précédent. On avait des signes de reprise, on avait de la reprise du momentum d'accumulation. Sauf qu'avec les événements récents, la baisse de Bitcoin, etc., maintenant, on a ça. On est retombé à 60 000 Bitcoins accumulés, donc c'est en dessous du trimestre précédent. Et la dynamique de réaccumulation s'est complètement inversée en seulement deux semaines. Tout va très très vite dans ce marché. La raison, c'est quoi ? Pourquoi est-ce que l'intérêt baisse d'un coup ? Est-ce que c'est les clients de TF qui préfèrent spéculer ailleurs ? Je sais qu'on a eu une grosse série d'outflows depuis deux semaines. Bah ouais, c'est exactement ça. C'est exactement pareil aussi pour Ethereum. On le voit, les ETF sont carrément négatifs pour ce trimestre. Et surtout, on a vu du mouvement sur les prix. En fait, la crypto actuellement est dans une période de vide d'intérêt social. Elle n'intéresse personne. En gros, tout le monde s'en fout de ce marché actuellement. L'IA est au centre de l'attention, beaucoup plus que la crypto. Si on regarde la tendance des recherches sur Google, si on se met à la place des spéculateurs qui ne cherchent qu'une chose, c'est la perspective de rendement rapide, mais Quel est le plus logique ? Est-ce que c'est de conserver notre liquidité dans les cryptos alors qu'il n'y a aucun intérêt social en ce moment ? Ou est-ce que c'est foncer vers la hype, les semi-conducteurs, l'IA, le spatial, etc. ? Vous avez votre réponse. Et pourtant, je ne le dirai jamais assez dans ce podcast, mais ce sont dans ces moments d'ennui qu'il ne faut surtout pas lâcher, se désintéresser. Il n'y a pas de mal à se diversifier. Il n'y a pas de mal à avoir un portefeuille avec du spatial, avec des semi-conducteurs, avec de l'IA. C'est même plutôt intelligent. Ce qui est dommage, c'est de sauter de train en train au mauvais moment. C'est de sauter de train en train quand il y a la crypto qui ne fait pas de bruit. Et les semi-conducteurs, par exemple, où l'IA qui est vraiment à des niveaux où ça monte, et c'est vraiment du FOMO qui parle, où on se dit « Putain, mais là, en fait, je suis sur les cryptos depuis je sais pas combien de temps, ça bouge pas, je vois l'IA monter, vas-y, à un moment, il faut que je fasse la transition. » Ça dépend évidemment de votre profil, ça dépend évidemment de votre allocation, mais personnellement, c'est ce que je me dis aussi, c'est que ce sont ces périodes d'intérêt social faibles où Bitcoin touche ses zones de bottom. Et Bitcoin nous a montré, avec l'ATH qu'on a eu en octobre 2025, que la temporalité, c'était pas quelque chose qu'il fallait mettre de côté, parce que la temporalité sur Bitcoin, c'est pour l'instant extrêmement puissant. Donc, historiquement, sur le dernier cycle, le dernier bear market, l'avant-dernier bear market, c'était les périodes où l'intérêt social était le plus bas pendant longtemps, dans lesquelles on trouvait les bottoms. Et on est dans ces périodes-là. Ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas aller plus bas. Ça veut dire que pour moi, cette zone qu'on a entre globalement 50 000 et 65 000 dollars, c'est une zone qui est très pertinente. Et quand on prend aussi la temporalité, en général, les bottoms se font dans les périodes de un an et quelques mois après le dernier ATH. Ça nous amènerait entre septembre et novembre, techniquement. Donc on n'est pas loin. On n'est pas loin. Et ça ne veut pas dire qu'il faut commencer à réacheter du Bitcoin en septembre ou en novembre. Il faut aller chercher les bonnes zones d'accumulation sur cette grosse période-là et commencer un dessert parce que c'est là que c'est puissant. Pour avoir vécu les précédents bear markets, je vous le dis, en ce moment, c'est quand même beaucoup plus simple. A l'époque, Bitcoin n'était pas du tout considéré par les gros du marché, par les institutionnels, par les entreprises, etc. Aujourd'hui, oui, l'accumulation de Bitcoin baisse de leur côté, mais ils s'y intéressent et c'est une avancée énorme par rapport à avant. Les fondamentaux de Bitcoin n'ont pas changé. Le prix est plus bas qu'il y a quelques mois. C'est exactement ce genre de moment que je cherche. C'est des zones où l'intérêt fonce sur d'autres objets brillants, où tout le monde s'en fout un peu des cryptos. Et c'est là que je vais me positionner. Un investissement est souvent bon quand il est inconfortable. Voilà pour le côté institutionnel. Je fais une petite parenthèse sur le côté crypto. Je ne sais pas si vous avez vu ce qui s'est passé avec... Binance ou ce qui est en train de se passer avec Binance, Binance en bon français en ce moment. Si vous avez des fonds sur Binance, vous êtes vraiment concernés et je vous conseille d'écouter un petit peu tout ça. En gros, je sais pas si vous avez vu ma dernière vidéo sur les exchanges sur ma chaîne principale, mais les plateformes crypto devaient se mettre à jour avec un agrément qui s'appelle l'agrément Mika, qui est partout en Europe, ok ? Mika sont arrivés, rien à voir avec le chanteur, attention de ne pas confondre, ils sont arrivés... il y a un an et demi, en disant, ok les mecs, vous avez un an et demi pour vous mettre à la page, pour avoir l'agrément, dans un an et demi, si vous ne l'avez pas, vous dégagez de l'Europe, ok ? Il y a des plateformes qui se sont mises à jour, OKX, Kraken, Coinbase, il y a des plateformes qui sont parties, Gemini, Bitget, KuCoin, et là, les fameux un an et demi se terminent. Le 1er juillet 2026. Donc là, quand je tourne cette vidéo, on est le 19 juin. Non, 11 jours. 12 jours, vu qu'il y a le 31. Non, 11 jours. Et il y a le gros flou sur Binance, qui, pour l'instant, n'a pas reçu sa licence. Qui a fait une demande sur l'accréditeur grec. Une demande accélérée. Et il y a de plus en plus de rumeurs comme quoi cette demande, au pire, serait refusée. Donc Binance n'aurait pas sa licence mica et devrait partir d'Europe au mieux arriverait après cette deadline du 31 juin, du 1er juillet. Et donc, il y aurait concrètement des problématiques qui rentrent en courant. Donc, qu'est-ce que ça implique ? Alors, ça ne veut pas dire qu'à partir du 1er juillet, vous n'aurez plus vos fonds disponibles sur Binance. Mais ça veut dire qu'il va y avoir beaucoup, beaucoup de bruit, beaucoup de choses à faire. Ce que j'ai fait personnellement, c'est que j'ai sorti mes fonds de Binance avant tout ça, pour éviter d'être un peu dans ce flou, d'être dans le rush, d'avoir une congestion sur le réseau où on ne sait pas, Binance c'est quand même la plus grosse plateforme. de crypto en France, et je les ai déplacés vers, d'un côté, mon cold wallet, ma ledger, et des exchanges de qualité. Donc, intéressez-vous vraiment à ça, c'est quand même un sujet qui est important, ça veut pas dire qu'à partir du 1er juillet, vous allez perdre vos fonds, attention à ne pas tomber dans la peur de ce qui peut être dit. Ce qui est intéressant, c'est que jusqu'au 1er juillet, il y a pas mal d'offres assez sympas sur les plateformes d'échange, parce qu'ils sont pas fous, hein. Il voit très bien qu'il y a des histoires avec Binance qui font des belles offres. Moi, je travaille avec OKX, qui est pour moi la plateforme la plus complète actuellement. Et je sais qu'ils ont une offre qui est très sympa. C'est que si vous déposez sur OKX en USDC un certain nombre d'USDC, donc d'argent, vous avez des rendements qui augmentent en fonction de ce que vous déposez. Ça peut aller jusqu'à 8%. Donc juste le fait de déposer vos fonds sur OKX, vous pouvez avoir 8% de revenus sur ces stablecoins-là. donc ça peut être intéressant, en tout cas renseignez-vous sur l'histoire, l'objectif, je vous parle de OKX parce que c'est mon partenaire, mais l'objectif c'est plus de que vous preniez conscience de ça, et que vous ne soyez pas dans le rush au moment où ça arrive, voilà, je vous ai mis des petits docs dans la description, et je vous ai mis aussi des petits détails sur l'offre OKX, avec un petit lien dans la description, si vous allez sur OKX, et que vous avez cet objectif, prenez mon lien, tout le monde est content, et la vie est belle. Voilà pour le côté... le côté finance. Ok, sujet suivant. SpaceX, bah oui, on va en parler évidemment. On en a parlé plusieurs fois dans le podcast de SpaceX, de l'IPO d'Elon Musk, et bien ça y est, il l'a fait. Je vous redonne rapidement les stats, même si ça va circuler partout, l'IPO de SpaceX, c'est la plus grosse IPO dans toute l'histoire des marchés financiers, une société qui est dans le top 10 des plus grosses capitalisations, jour 1. Plus de 75 milliards de dollars levés en une journée. Une performance de plus de 20% au lancement. Je crois que ça a pas mal descendu là. Je crois qu'on a eu la première période de correction. Laissez-moi check. Ouais, 185. On est parti de 160, on est monté à 200. On est redescendu, là on est à peu près à 185 sur l'action SpaceX. Donc c'est quand même une action qui est en hausse depuis le lancement. Et un Elon Musk qui devient le premier trillionnaire. de l'histoire. 1000 milliards de dollars. Je sais pas si on se rend compte. Genre, un million, c'est déjà beaucoup. Un milliard, c'est 1000 millions. 1000 milliards, c'est 1000 milliards. Bon, après, c'est évidemment des actions, et ce n'est pas de l'argent qu'il a sur son compte et qu'il peut dépenser, d'accord ? Mais, quand même, c'est fou. Évidemment, mais c'est pas ça qui m'intéresse. Il y a deux autres infos qui m'intéressent, et j'ai trouvé assez exceptionnelles. La première, c'est que, selon une étude, Il y a plus de 4400 salariés de SpaceX, ce qui fait environ 20% de l'effectif total, qui seraient devenus millionnaires grâce à cet IPO. Dans certains cas, quand tu rejoins SpaceX, en plus de ton salaire, l'entreprise arrive te dire « ok, on va te donner des parts de la société comme compensation » . Concrètement, tu reçois un certain nombre d'actions de l'entreprise gratuitement, plus de la rémunération classique. C'est très typique, ça se fait beaucoup. Pourquoi ils font ça ? Pour attirer les meilleurs talents. En plus du salaire, tu as plus de perspectives si le projet fonctionne. Et c'est aussi pour aligner les intérêts. Si tu es actionnaire de la boîte pour laquelle tu travailles, tu es naturellement plus motivé à ce qu'elle réussisse. Donc, avant l'IPO, les actions des salariés n'étaient pas liquides, ça se revendait difficilement. Après l'IPO, ils pouvaient le revendre sur le Nasdaq, donc c'est beaucoup plus liquide. Et c'est très simplifié, ce n'est évidemment pas les actions des salariés qui sont en bourse, mais ça explique pourquoi, en valeur absolue, certains ont vu leur fortune exploser avec l'IPO. La deuxième info, c'est que Elon Musk est devenu le premier... trillionnaire de l'histoire si on enlève les théories du complot autour de la famille Rothschild. Pour vous remettre dans le contexte, nous, gens normaux, on est plus proches d'être aussi riches que Jeff Bezos que Jeff Bezos est proche d'être aussi riche que Elon Musk. J'ai fait un exemple très pessimiste pour vous montrer. Imaginez que le patrimoine médian mondial, c'est 10 000 euros. 10 000 dollars. Jeff Bezos, il a 250 milliards. Elon Musk, il est à 1000 milliards. Donc entre le patrimoine moyen et Jeff Bezos, il y a 250 milliards de dollars. Faire simple. Entre Jeff Bezos et Elon Musk, il y a 750 milliards. Je trouve que ça permet de se rendre compte de la richesse qu'a accumulée Elon Musk ces dernières années. C'est absolument débile. Je vous prépare un documentaire sur le plan d'Elon Musk qui sort sur ma deuxième chaîne qui s'appelle Héril 2. Il sort dimanche, donc dimanche 21 juin. N'hésitez pas à aller faire un petit tour et à le regarder et à vous abonner à cette chaîne. Allez vous abonner ! Ok, on enchaîne. Est-ce que vous vous êtes déjà dit quand j'aurai ça, je serai heureux ? Quand j'aurai ma maison, quand j'aurai mon nouveau job, quand j'aurai 10 000 euros sur mon compte, quand la France gagnera la Coupe du Monde, quand j'aurai mes nouvelles chaussures, là je me sentirai bien. Eh bien, vous êtes comme tout le monde. Et comme tout le monde, vous allez dans la mauvaise direction. Ça a été aussi beaucoup, et ça a l'air encore un petit peu, mon problème. Surtout dans ma vingtaine. Enfin, j'ai 25 ans, qu'est-ce que je dis ? Surtout quand j'avais autour de 20 ans, où je me disais vraiment, ok, quand j'aurai ma grande maison, ça sera trop bien. Quand j'aurai une belle voiture, ça sera trop bien. Quand j'aurai mon entreprise avec tant d'employés, ça sera trop bien. Et en fait, en creusant un petit peu, parce que c'est des sujets qui me plaisent, tout ce qui est psychologie, etc. Je me suis rendu compte que, avec mon expérience aussi personnelle, je me suis rendu compte que ça n'existe pas et ça ne marche pas. Et la science, elle dit même l'inverse de ça. En 2005, Sonia Liubormivski, qui est une professeure de psychologie à l'université de Californie, elle a publié une analyse. Avec sa team, ils ont analysé 225 études sur le lien entre bonheur et succès. Et ils en sont arrivés à une conclusion hyper intéressante. C'est que... Le bonheur ne suit pas le succès. Le bonheur ne suit pas le succès. Quelqu'un qui devient successful, désolé de l'anglicisme, quelqu'un qui a du succès, ça peut être personnel, familial, sportif, professionnel, peu importe, ne devient pas plus heureux. Par contre, ils en sont arrivés à une autre conclusion très intéressante, c'est que le bonheur précède le succès. Les personnes qui sont dans un état émotionnel positif, ils obtiennent de meilleures performances au travail, ils ont de meilleures relations, ils ont une meilleure santé physique. Pas parce qu'ils ont déjà réussi, parce qu'ils étaient déjà dans cet état avant. Et ça change pas mal de choses, et je trouve ça hyper intéressant, parce qu'en fait, le schéma mental qu'on a créé, la plupart du temps, c'est effort, résultat, bonheur. Je travaille très dur, j'atteins l'objectif, et waouh, ok, c'est bon, je peux enfin être heureux. Sauf que fondamentalement, il y a un problème dans ce schéma. C'est que quand on atteint un objectif, le cerveau déplace immédiatement la cible. On appelle ça le tapis roulant hédonique. Tu voulais faire un marathon en 4 heures, tu l'as fait, t'es content pendant 30 minutes parce qu'il y a les endorphines et toutes les motions. Quand tu l'as fait, le lendemain, tu veux 3h30. Tu voulais 10 000 abonnés, maintenant t'en veux 50 000. Tu voulais gagner 3 000 euros par mois, maintenant tu veux 4 000. Le bonheur conditionnel à un résultat est un horizon qui recule en permanence. C'est moi qui l'ai écrit, je suis pas assez fier de cette phrase. Le bonheur conditionnel à un résultat est un horizon qui recule en permanence. Donc si tu attends le résultat pour être heureux, tu attends indéfiniment. Maintenant, est-ce que c'est juste une corrélation ? Est-ce que les gens heureux réussissent parce qu'ils ont déjà de bonnes conditions de vie et pas parce que le bonheur cause réellement la performance ? Ben y'a une autre étude. de l'université de Warwick. Ils ont pris un petit groupe, et ils les ont rendus techniquement plus heureux. Donc sur du très court terme, ils leur ont fait des petits cadeaux, en leur demandant de penser aussi à des événements positifs récents, etc. Et ils leur ont fait faire des trucs en mesurant leur productivité. Le résultat de ça, c'est que la productivité était 12% plus haute quand le groupe était rendu heureux comparé au groupe contrôle. Donc c'est pas une corrélation, c'est une relation de cause à effet prouvée. expérimentalement. Rendre les gens heureux les rend objectivement plus performants. Pourquoi ? Parce que bon, quand je vous le dis comme ça, et quand je l'ai lu aussi, je me suis dit ouais, ça sent un peu le bullshit quand même, je sais pas. On a du mal à voir la corrélation, mais en fait ça fait un peu du sens quand on regarde sur le côté physiologique. Parce qu'en fait, les émotions positives élargissent ce que les chercheurs appellent le répertoire d'action du cerveau. Quand t'es dans un état négatif, donc t'es stressé, t'es anxieux, t'as de la pression, ton cerveau, il se focalise beaucoup plus sur la survie. Il devient plus rigide, il devient moins créatif. Il est moins capable de voir les solutions nouvelles. Quand t'es dans un état positif, par contre, ton cerveau, il s'ouvre. Il fait plus de connexions, il prend des meilleures décisions. Il persiste plus longtemps face aux obstacles. Et les émotions positives ne font pas que nous sentir mieux, elles construisent des ressources cognitives, sociales et physiques durables. Donc concrètement, qu'est-ce que ça change ? En fait, ça change l'ordre dans lequel on doit faire les choses. Au lieu de se dire, je serai heureux quand j'aurai réussi, Il faut se demander comment est-ce que je crée les conditions d'un état positif maintenant pour performer mieux demain. C'est pas du tout la même approche et c'est pas non plus du tout la pensée un peu positive, à deux balles, un peu naïve, c'est la stratégie. Les meilleurs performeurs dans n'importe quel domaine, sport, business, création, c'est pas ceux qui souffrent le plus, c'est ceux qui ont trouvé comment rester dans un état qui les rend performants sur le long terme. Je peux vous donner un retour à un peu d'expérience, pour ceux qui suivent le podcast, vous savez que là ça va mieux, mais pendant 6 mois j'ai eu des gros problèmes aux deux genoux, et je comprenais pas pourquoi, je me disais mais putain, je comprends pas, j'allais chez le kiné, je faisais de l'exercice, je ne comprends pas pourquoi j'ai mal au genou. Et en fait je me suis rendu compte que c'était des douleurs neuroplastiques, psychosomatiques, qui étaient des douleurs projetées par mon cerveau à cause de l'anxiété, à cause du travail, à cause du stress, etc. Donc je me suis dit un peu la flemme d'avoir ça toute ma vie et d'avoir ça à 25 ans, c'est quand même chiant, et je fais pas ça pour ça. Et donc j'ai un peu changé ma façon d'aborder les journées. Maintenant le matin je me dis, ok, là mon objectif c'est pas d'être le plus productif et d'être le plus efficace, c'est de passer une belle journée. C'est genre vraiment que ma journée soit la plus fun possible. Et du coup... Cette Ausha fait que je vais être un peu moins productif, parce que quand on va avoir une réunion, je vais être moins... Je vais plus faire une vanne de plus, on va discuter un peu plus. Mais à la fin de la journée, je sens que j'ai plus d'énergie que dans les journées où je me dis que mon objectif, c'est à tout prix d'être hyper productif, hyper efficace. Et sur du long terme, déjà mes problèmes de genoux, ça va mieux. Et sur du long terme, c'est un truc, c'est un rythme que je vais pouvoir tenir plus longtemps. Donc, très important. Très important, très important. Ok, c'est parti pour l'avant-dernier sujet de ce podcast. Un point histoire, je sais que vous les aimez bien les petites histoires. Pour cette histoire, on est en France. À une époque, une femme de 26 ans veut embarquer sur un navire d'exploration. Sauf qu'à cette même époque, c'est interdit. La marine française, elle a une règle qui est très claire, c'est qu'aucune femme ne doit rentrer à bord des vaisseaux du roi et aucune exception. Mais cette femme, elle embarque quand même. Jeanne Barré est née en 1740 dans un village de Bourgogne, dans une famille paysanne. Je vous fais rapidement son CV. Autodidacte, évidemment pas d'université, les femmes n'ont pas le droit. Elle connaît les plantes mieux que la plupart des botanistes formés, elle les identifie, elle les classe. Elle sait exactement où les chercher et comment les conserver. Elle devient l'assistante de Philibert Comerson, qui est l'un des naturalistes les plus réputés de France, et ensemble, ils travaillent et ils vivent tous les deux. En 1766, Comerson est sélectionné pour participer à l'expédition Bougainville, le premier tour du monde français. Cette expédition, c'est trois ans en mer, des continents inconnus et des milliers de plantes à découvrir. Et Comerson... Il travaille avec Jeanne depuis des années. Il sait à quel point elle est compétente. Il la veut avec lui. Elle a les connaissances, elle a l'expérience. Elle est irremplaçable. Sauf que la marine française, ils n'ont pas changé. La règle, c'est toujours aucune femme à bord. Donc, ils vont trouver une solution. Jeanne va border sa poitrine. Elle va couper ses cheveux. Et elle va prendre un nom masculin. Nom masculin, je pense que vous pouvez le deviner. Ça sera maintenant Jean Barret. Et elle se présente comme le valet et l'assistant de commerçants. Et devinez quoi ? Eh ben ça marche ! Le 22 décembre 1766, elle monte à bord de l'étoile et personne ne pose de questions. Pendant trois ans, ils vont naviguer l'Atlantique, le Tétroi de Magellan, le Pacifique, Tahiti, l'Indonésie, l'océan Indien. Jeanne est sur le pont à chaque escale. Jean, pardon. Elle porte les équipements, elle grimpe dans les collines, elle identifie, elle collecte les spécimens. et elle contribue à ramasser plus de 6000 échantillons végétaux pendant le voyage. Dans ces plantes, il y en a une en particulier, une liane à fleurs violette et rose qu'elle a découvert au Brésil. Commerçant la baptise du nom du commandant de l'expédition, parce qu'il fallait bien lui faire comprendre qu'on n'est pas venu pour rien, le budget et tout, il l'appelle le bougain-villier. Aujourd'hui, cette plante, si vous allez dans le sud, si vous allez en Espagne, en Grèce, vous l'avez déjà vue, elle pousse sur tous les balcons méditerranéens et elle porte le nom du bougain-villain, ok ? Vous allez comprendre pourquoi j'arrive ici. En avril 1768, l'expédition arrive à Tahiti, et là... L'identité de Jeanne est révélée. Bon, les historiens ne sont pas sûrs de comment ça s'est passé, mais ce qui est sûr, c'est que les habitants de Tahiti, dès qu'ils la voient débarquer, ils comprennent immédiatement que c'est une femme. Forcément, l'information remonte jusqu'à Bougainville, ils la confrontent et... Vous voulez qu'elle dise quoi ? Oui, je suis une femme. Bougainville note dans son journal qu'il est choqué par l'audace de Jeanne. Il reconnaît sa contribution au voyage, ça fait trois ans. qui voyage ensemble, qui sait qu'elle est compétente, mais il ne peut pas la ramener directement en France. Bah non, parce qu'il devrait admettre qu'une femme était à bord depuis le départ, en violation des règles de la Marine Royale. Donc Jeanne est débarquée à l'île Maurice, avec Comerson, qui y restera aussi pour faire des recherches. Comerson va décéder là-bas en 1773, sans être rentrée. Et Jeanne, elle, elle rentre seule. Elle épouse un officier français sur place, elle traverse l'océan Indien, elle remonte l'Afrique, et elle rentre en France par ses propres moyens. et elle boucle son fameux tour du monde. En 1776, trois ans plus tard, Louis XVI lui accorde une pension royale, une reconnaissance officielle pour ses services rendus à la couronne, et elle décède en 1807 dans son village natal à 67 ans. Pendant des décennies, son nom n'est arrivé et n'est apparu presque nulle part. Les catalogues botaniques du voyage portent le nom de Commerçon, le bougainvillier porte le nom du bougainville. L'expédition s'appelle l'expédition... Bougainville. Et c'est qu'en 2012 qu'il y a une espèce qui est officiellement nommée en son honneur. La Solanum Baratiae, une plante qui a été découverte en Amérique du Sud. 243 ans après son retour. Jeanne, c'est pas juste une femme qui a fait le tour du monde déguisée en homme. Elle a aussi montré que parfois, la seule façon d'accéder à un espace, c'est d'effacer ce qu'on est pour y rentrer. Elle avait les connaissances, elle avait le courage, elle avait les résultats et elle avait pas le droit d'y aller. Du coup, elle a changé de nom, elle a changé d'apparence, elle a porté les caisses, elle a identifié les plantes et elle a ramené à bord des découvertes que la science utilise encore aujourd'hui. C'est beau, bravo, merci pour cette jolie plante violette et pour tous les travaux dont je n'ai pas la compétence pour les comprendre. On passe au dernier sujet de ce podcast, le sujet science. Est-ce que vous avez déjà entendu parler de soigner une infection bactérienne avec un virus ? Ouais, un virus pour tuer une bactérie. Ça paraît un peu contre-intuitif, et pourtant c'est une idée qui existe depuis plus de 100 ans. Et elle est peut-être en train de nous sauver la vie actuellement. Ok. En 1915, il y a un microbiologiste franco-canadien qui s'appelle Félix Derelle, qui travaille à l'Institut Pasteur à Paris. Ok ? Ce gars, il observe des cultures bactériennes en labo. Et il voit un truc un peu bizarre. Sur certaines plaques, il y a des trous. Mais des zones où les bactéries sont mortes, comme si quelque chose les avait dévorées de l'intérieur. Ce quelque chose, c'est un virus. Un virus qui ne s'attaque pas aux humains, qui ne s'attaque pas aux animaux, qui s'attaque seulement aux bactéries. Félix Deren l'appelle un bactériophage, du grec phagin, qui veut dire manger, pour la culture, celle-là. Un mangeur de bactéries, et il comprend immédiatement le potentiel. Si ce virus mange des bactéries, peut-être qu'on peut l'utiliser pour soigner des infections. Donc il teste, et ça marche. Dans les années 1920, la phagothérapie se développe partout dans le monde, en France, en Inde, aux Etats-Unis, partout. On l'utilise pour traiter des infections de la peau, des intestins, des plaies de guerre. C'est la première thérapie antibactérienne de l'histoire. Et puis arrive 1945. Les bons vieux, vous l'avez, vous l'avez pas ? Les bons vieux antibiotiques. La pénicilline, qui est découverte par Fleming, qui devient accessible à grande échelle. C'est plus simple, c'est plus facile à produire, à prescrire tout. Une pilule, une infection, et c'est réglé. Et la phagothérapie, du coup, on fait quoi ? On l'abandonne, ça dégage. Ouais, c'est bon. Complètement. Complètement pas. Presque. Presque complètement. À l'est du rideau de fer, en URSS et en géologie soviétique, la recherche continue. Ce bilici devient la capitale mondiale de la phagothérapie. L'Occident oublie ce truc, c'est arriéré, ça sert à rien, mais eux, ils continuent à traiter des patients avec des bactériophages pendant des décennies. Nous, on s'en fout. On a les antibiotiques, pourquoi on se ferait chier ? Et là, je vais vous donner un chiffre. Selon l'OMS, la résistance aux antibiotiques est aujourd'hui directement responsable de 1,2 million de morts par an dans le monde. 1,2 million ! Parce que les bactéries évoluent, elles s'adaptent, elles deviennent résistantes aux médicaments qu'on utilise pour les tuer, et ça crée des résistances. Et The Lancet, qui est l'une des revues médicales les plus sérieuses au monde, elle a publié une projection en 2024. Si on ne trouve pas de solution, la résistance aux antibiotiques va provoquer 39 millions de morts supplémentaires d'ici 2050. 39 millions, c'est beaucoup. C'est 3 morts par minute. Donc tout d'un coup, ce vieux concept qu'on avait mis au placard en 1945, il redevient très intéressant. Et c'est là qu'arrive l'histoire d'Isabelle. On est en 2019 et Isabelle Carnel-Oldaway, elle a 17 ans et elle est anglaise. Quelques mois plus tôt, elle a reçu une grève de poumon. Grosse opération, un truc costaud, mais ça s'est bien passé. Sauf qu'à la fin de sa grève, son corps est immunodéprimé. Et il y a une bactérie qui en profite. Mycobacterium abscessus. Une bactérie particulièrement agressive et naturellement résistante à la plupart des antibiotiques. L'infection continue, elle se propage, les médecins essayent tout, mais y'a rien qui marche. À un moment, les docteurs du Great Hormone Street... Hospital de London City il donne à Isabelle moins de 1% de chance de survie. 1% de chance de survie. Sa mère refuse d'abandonner, évidemment, et elle va contacter des chercheurs partout dans le monde. Et elle tombe sur une équipe à l'université de Pittsburgh qui travaille sur les phages. Les médecins décident de tenter quelque chose qui n'a jamais été fait à cette échelle. Ils sélectionnent des bactériophages qui sont capables de s'attaquer spécifiquement à la bactérie qui tue Isabelle. Ils les modifient génétiquement en laboratoire pour les rendre encore plus efficaces et lui injecte directement dans le sang toutes les 12 heures. Et devinez ce qui se passe. Quelques semaines plus tard, les lésions cutanées commencent à disparaître. L'état d'Isabelle est de plus en plus stable. Elle survit. Et Isabelle Carnel-Holdaway est aujourd'hui en vie et son cas est devenu l'une des références mondiales dans la recherche de la phagothérapie. Du coup, pourquoi on entend... on n'en entend pas... Putain, j'ai du mal ce matin. Pourquoi on n'en entend pas plus parler ? Parce que c'est compliqué. En fait, chaque phage est ultra-spécifique, il cible une bactérie précise, parfois même une souche précise, et ça veut dire qu'on ne peut pas produire un traitement universel comme on le fait par exemple avec cet antibiotique. Chaque traitement doit être quasi personnalisé. C'est long, c'est coûteux, et le cadre réglementaire n'est pas encore adapté. Mais la recherche avance. En France, l'Institut Pasteur travaille dessus. L'OMS pousse pour que les pays développent des alternatives aux antibiotiques. Des essais cliniques sont en cours en Europe et aux Etats-Unis. Et quelque part, on réalise que peut-être on avait la solution depuis 1915. On l'a juste mis du côté parce qu'une pilule, c'était plus pratique. Je trouve ça fou ces petites histoires où je me dis qu'il y a certainement des trucs qui ont été inventés où là tout le monde s'en branle. Et genre ça doit devenir des problèmes dans 5 ans, dans 10 ans, dans 20 ans. Et on va les ressortir de nulle part et on va se dire putain c'était des sous-notenés depuis le début. Et je sais pas, moi ça me fascine. J'espère que vous avez une histoire de plus que vous pouvez raconter pour briller en société. J'espère que vous avez passé un bon moment devant ce podcast. Prenez soin de vous. On se voit la semaine prochaine et n'oubliez pas de vous abonner si c'est pas déjà fait. Ciao !