Speaker #0ralentir, reprendre le temps de vivre, reprendre le pouvoir sur ton temps. Voilà un objectif désirable, mais qui te semble totalement inatteignable ? Eh bien, moi aussi. Mais ce n'est pas parce que ça paraît impossible qu'il ne faudrait pas essayer. Et si on pouvait ralentir d'une manière soutenable pour nous-mêmes, tout en apportant une contribution ambitieuse aux changements sociétaux et environnementaux qui sont plus qu'urgents ? Je suis Anouk, facilitatrice en décroissance personnelle autoproclamée. Et avec ce podcast, je t'invite à expérimenter ensemble. Parce qu'il est urgent de ralentir sérieusement, mais sans trop se prendre au sérieux. Attention, ce podcast n'est pas une ressource à consommer passivement, et dans chaque épisode, je te propose de passer à l'action. Bon allez, c'est parti. On se sort les doigts du clavier et on tente des trucs ? Au pire, ça fonctionne. Dans l'épisode précédent, tu as commencé à exercer tes capacités d'observation de tes pensées, reconnaître ce qui est factuel de ce qui est subjectif. Ces histoires que l'on se raconte pour interpréter et donner du sens à ce que nous vivons. Ces phrases que l'on formule souvent inconsciemment entre nos deux oreilles sont à l'origine de nos émotions. Pourtant, naturellement, on a plutôt tendance à attribuer nos émotions directement aux faits. Par exemple, en réunion, quelqu'un dit On ne peut plus rien faire à cause de tous ces écolos qui cherchent à nous empêcher de travailler. Alors je tiens à rappeler ici que toute ressemblance avec ma propre expérience, avec des observations de personnes réelles ou des histoires qui m'ont été rapportées, est totalement intentionnelle et absolument pas fortuite. Donc, en réunion, quelqu'un dit « On ne peut plus rien faire à cause de tous ces écolos qui cherchent à nous empêcher de travailler. » C'est tellement plus facile de penser que c'est à cause des mots qui ont été prononcés par cette personne que tu te sens en colère. Ce n'est pas toujours simple de reconnaître que finalement, c'est ce que tu penses à propos de ce que cette personne a dit qui provoque chez toi cette émotion de colère. Et d'ailleurs, si on est honnête, dans cette réunion, il y a peut-être un autre participant qui pourrait ressentir du soulagement, de la reconnaissance, de l'appartenance avec des pensées. totalement différentes à propos de ces mêmes mots qui ont été prononcés. Dans cet épisode, je te propose d'apprendre à reconnaître les émotions que tu crées à partir de tes pensées. Développer notre maturité émotionnelle, c'est prendre l'entière responsabilité de nos émotions. Et tu vas dire, mais c'est hyper culpabilisant ! Et hop, il suffit de penser positif et puis tout va bien, là là là ! Et puis si je me sens mal, c'est uniquement de ma faute ! C'est quoi cette positivité toxique ? Et tu as tout à fait raison. Et oui, on pourrait utiliser cette donnée pour se culpabiliser quand on se sent mal, pour essayer de ne ressentir que des émotions positives tout le temps, et quelles que soient les circonstances. Évidemment, ce n'est pas le programme que je te propose ici. J'ai deux bonnes nouvelles et une mauvaise. Les bonnes nouvelles, on n'est pas obligé de croire toutes nos pensées. on peut arrêter d'avoir peur de nos émotions. Et une mauvaise nouvelle, les émotions inconfortables font partie de la vie, elles en feront toujours partie, quelles que soient les circonstances. Alors on ne va pas tenter d'échapper à certaines émotions en fabriquant des pensées artificielles qui vont provoquer des émotions positives de synthèse. On va plutôt apprendre à vivre avec, et surtout, surtout, en avoir moins peur. C'est naturel et tout à fait sain de se sentir triste, en colère, d'avoir honte et d'avoir peur d'être rejeté. Et puis si on décide de sortir du troupeau, d'aller à contre-courant en ralentissant sérieusement, on va certainement rencontrer beaucoup de ces émotions que l'on cherche à fuir. Ce sont ces émotions qui nous font peur, qui nous empêchent de passer à l'action et de prendre des décisions pour ralentir. Alors on va avoir besoin de développer notre courage, c'est-à-dire notre capacité à continuer d'agir malgré la peur, les doutes, l'insécurité, le découragement. Joli programme, non ? Ici, on vend du rêve ! Cette semaine, je te propose de repérer et de noter des émotions inconfortables et des émotions plus agréables. Et tu vas essayer de les ranger dans quatre catégories. Les émotions que tu ressens. Les émotions que tu évites, que tu fuis, les émotions auxquelles tu résistes et les émotions auxquelles tu réagis. Dans la première catégorie, ce sont les émotions que tu ressens. Souvent, c'est des émotions de faible intensité que tu acceptes de ressentir sans trop chercher à les éviter, à y résister et sans trop y réagir. Ce sont les émotions de tous les jours, l'inquiétude, la confiance, l'agacement, l'ennui, la surprise, le calme, etc. Ensuite, il y a les émotions que tu évites, celles que tu cherches à fuir. C'est-à-dire que tu en as tellement peur que tu évites soigneusement toutes circonstances ou pensées qui risqueraient de les provoquer. C'est des émotions de forte intensité comme la honte, la colère, le rejet, la peur, la perte, le renoncement. Et il y a les émotions auxquelles tu résistes. C'est-à-dire que même si l'émotion est là, tu refuses de la ressentir. Tu vas chercher à mettre un couvercle dessus. Souvent, tu vas pratiquer des activités échappatoires à forte réponse dopaminique pour ne pas ressentir ces émotions. Alors tu te demandes sans doute, c'est quoi des activités échappatoires à forte réponse dopaminique ? Eh bien, je vais te donner quelques exemples. Manger plus que besoin. Surtout des aliments gras, sucrés, salés, pour se réconforter. Tozit a remarqué que c'est rarement vers les brocolis que l'on ressent des pulsions irrésistibles. Ça peut être boire de l'alcool ou consommer des substances qui vont momentanément t'anesthésier. Ça peut être se distraire en scrollant sur des réseaux sociaux ou en enchaînant de manière compulsive des séries. Mais ça peut être également des activités qui sont plus valorisées socialement comme étudier, lire, s'occuper des autres et même s'engager à corps perdu dans des causes perdues. Ça peut être rechercher des activités intenses, par exemple pratiquer des activités extrêmes ou pratiquer de manière extrême des activités. Chercher des sensations fortes, la vitesse, la peur ou l'épuisement physique, mais aussi chercher le succès, la reconnaissance sociale. Les activités échappatoires, c'est tout ce qui te donne une dose intense de dopamine, de plaisir et qui nous permet d'ignorer l'émotion à laquelle nous résistons. Il y a plein de façons de résister à ces émotions, et on peut devenir très créatif dans ce domaine. Mais ces activités échappatoires ont en commun d'avoir des conséquences négatives, soit sur notre santé physique ou mentale, et ou d'ailleurs sur nos relations sociales. Les émotions auxquelles on résiste souvent, c'est par exemple l'angoisse, la solitude, la frustration, le découragement, l'incertitude, le stress, le doute, la confusion. Et puis la dernière catégorie, ce sont les émotions auxquelles tu réagis. C'est-à-dire que tu es totalement débordé par cette émotion, elle s'exprime avec intensité à l'intérieur et à l'extérieur de toi. C'est tellement intense que tu ne peux plus fonctionner. C'est souvent des émotions qu'on cherche à fuir, justement par la peur de se laisser déborder et de ne plus pouvoir contrôler. C'est par exemple crier, hurler de colère et de frustration. pleurer, souffrir de la perte ou du deuil, être tétanisé, bloqué, paralysé par la terreur. Et maintenant que tu as une liste d'émotions dans chacune de ces catégories, tu vas chercher à identifier les pensées qui sont à l'origine de ces émotions. Alors tu ne vas sans doute pas y arriver pour chaque émotion. Ce n'est pas grave, c'est vraiment une compétence que tu vas développer progressivement. Donc on y va ! tranquillement, toujours cette posture d'observateur, bienveillant et amusé. Tu peux également faire cet exercice avec des émotions agréables ou que tu souhaiterais ressentir plus souvent. Oui, parce que des fois, on résiste, on évite des émotions agréables, comme la fierté. Ah bah oui, ça pourrait être prétentieux de me sentir fière de mes réalisations. On peut éviter la joie, on va me jalouser ou les autres vont se sentir mal si j'exprime ma joie. L'euphorie, je vais être prise pour une hystérique si je manifeste mon excitation pour un nouveau projet. Alors c'est possible que tu aies aujourd'hui trop peu de vocabulaire émotionnel pour pouvoir saisir les nuances et les subtilités des émotions. C'était mon cas et pendant longtemps j'étais totalement illettrée émotionnellement. En dehors de la joie, la peur, la colère, la surprise, eh bien c'était l'encéphalogramme plat. Si c'est ton cas, pas de souci, dans la newsletter, tu trouveras une longue liste d'émotions pour développer ton alphabétisation émotionnelle. Le lien pour s'inscrire se trouve dans la description de l'épisode. Et maintenant, quelques exemples pour illustrer. Et pour cet épisode, j'ai choisi des exemples de ma vraie vie. Avant de commencer, je précise que je n'ai pas choisi des exemples récents. Alors pas d'inquiétude, j'ai à nouveau des rissons dans mon jardin, je n'ai pas assassiné mon voisin, je ne souffre plus de douleurs chroniques. Et si tu écoutes ce podcast, ça veut peut-être dire que j'ai finalement réussi à le lancer. Mais évidemment, aujourd'hui, je suis encore et toujours dans la vraie vie. imparfaite et nuancée, avec son lot d'émotions inconfortables que je fuis et auxquelles je résiste. Et maintenant, voici un exemple de résistance à la frustration. La circonstance, c'est « je ressens des douleurs chroniques » . Une des pensées que je pourrais avoir, c'est « je suis coincée dans cette situation, je ne m'en sortirai jamais » . Je résiste à cette frustration. Au niveau physique, la frustration se manifeste chez moi par de l'agitation, une incapacité à rester en place, l'augmentation de mon niveau de stress, de la tension dans la mâchoire. Je serre les dents. Ce que je fais ou je ne fais pas quand je résiste à la frustration. J'ai besoin de faire quelque chose, mais je me sens impuissante. Par exemple, je vais faire des achats compulsifs de compléments alimentaires ou de matériel orthopédique pour essayer d'aller mieux. Je vais manger des aliments réconfortants dont mon corps n'a absolument pas besoin. Et puis j'essaye d'oublier tout ça en regardant jusqu'à pas d'heure une série dans laquelle les personnages ont plus de problèmes que moi. Résultat, je suis toujours coincée dans cette situation et je n'ai pas plus de chance de m'en sortir. Et pour finir, un exemple d'émotion à laquelle je réagis, la colère. La circonstance, c'est la même qu'au début. J'ai retrouvé deux hérissons morts dans mon jardin. C'est les mêmes hérissons, ce n'est pas deux hérissons de plus. La pensée, ça peut être tout ce que je fais pour la biodiversité ne sert à rien si mon voisin met du poison antitaube dans son jardin. Cette nuit, je vais aller faire son trou dans sa belle pelouse parfaite. Je réagis à la colère. Je ressens de la tension dans mes muscles, une accélération de mon rythme cardiaque. Mon regard est dur et déterminé. Ce que je fais ou ce que je ne fais pas quand je réagis à la colère. J'ai plein d'idées sur comment je pourrais lui empoisonner la vie. Je passe des heures à imaginer les pires choses que je pourrais faire subir à mon stupide voisin et à sa magnifique pelouse. Résultat, finalement, je ne suis pas passée à l'acte, mais je garde énormément de ressentiment contre mon voisin. À chaque fois que je le vois, j'ai une montée d'adrénaline. Ce n'est pas bon pour ma santé. Je ne fais rien pour protéger les futurs hérissons du quartier. Quand je cherche un peu, je m'aperçois que je ne m'autorise pas souvent à réagir aux émotions. J'essaye toujours de garder le contrôle et c'est épuisant. Mais si j'avais mis mes plans à exécution, quels auraient été les résultats ? Est-ce que mon voisin aurait changé sa relation passionnelle avec son gazon parfait ? Est-ce qu'il aurait renoncé à garder son stock de poison interdit ? Est-ce que je me serais sentie mieux ? Ou est-ce que j'aurais pris un coup de fusil ? Est-ce que j'aurais fait quelque chose d'utile ? Finalement, je n'ai rien fait, je n'ai pas été courageuse ni violente. J'ai ressassé, j'ai ressenti la tristesse et de l'impuissance. Bref, je sais bien qu'il va falloir que j'ouvre le dialogue avec mon voisin, qui pense qu'être un bon être humain en 2025, c'est avoir un jardin parfait, sans monticule de terre et sans taupe et évidemment sans hérisson. Le problème, c'est que je n'ai pas envie et je ne suis pas certaine de pouvoir garder mon calme et d'être capable de construire un espèce de dialogue constructif. Alors je reste pleine de ressentiment, je critique mon manque de courage. Et toi, est-ce que tu t'autorises parfois à réagir à tes émotions ? Ou bien tu gardes tout sous contrôle ? Et dans les deux cas de figure, quelles sont les conséquences pour toi ? À toi maintenant de repérer tes émotions. Bon, c'était un gros morceau cet épisode. Tu auras peut-être besoin de laisser décanter et de le réécouter plus tard. Dans le prochain épisode, un programme plus léger. Prendre conscience de nos super pouvoirs et s'accorder le droit d'être humainement imparfait. Avec un outil simple et pragmatique qui va te permettre d'intégrer tout ce que je t'ai présenté dans les trois derniers épisodes. Si tu as envie d'accéder en avant-première au sujet de la prochaine série, aux consignes et aux ressources complémentaires, Et peut-être même si tu veux me poser des questions et partager des expériences, Je t'invite à t'inscrire à la newsletter. Un seul envoi par mois et promis pas plus. Tu trouveras le lien dans la description de l'épisode.