Speaker #0Ralentir, reprendre le temps de vivre, reprendre le pouvoir sur ton temps. Voilà un objectif désirable, mais qui te semble totalement inatteignable ? Eh bien, moi aussi. Mais ce n'est pas parce que ça paraît impossible qu'il ne faudrait pas essayer. Et si on pouvait ralentir d'une manière soutenable pour nous-mêmes ? Tout en apportant une contribution ambitieuse aux changements sociétaux et environnementaux qui sont plus qu'urgents. Je suis Anouk, facilitatrice en décroissance personnelle autoproclamée. Et avec ce podcast, je t'invite à expérimenter ensemble. Parce qu'il est urgent de ralentir sérieusement, mais sans trop se prendre au sérieux. Attention, ce podcast n'est pas une ressource à consommer passivement et dans chaque épisode, je te propose de passer à l'action. Bon allez, c'est parti. On se sort les doigts du clavier et on tente des trucs ? Au pire, ça fonctionne. Notre super pouvoir, c'est les histoires qu'on se raconte. Ce sont elles qui façonnent notre expérience de vie. On ne va pas contrôler toutes ces pensées, c'est impossible et vraiment pas souhaitable. L'idée, c'est de s'accorder des moments privilégiés pour se regarder penser et prendre conscience des conséquences de ces pensées sur notre état émotionnel, nos actions et inactions et sur les résultats que ça crée dans nos vies. Quand on commence à se regarder penser, on est surpris de découvrir que beaucoup de pensées sont vraiment pas constructives ni utiles. Alors pourquoi nos pensées sont souvent négatives ? La partie instinctive de notre cerveau, c'est la partie la plus ancienne, celle qu'on a en commun avec tous les animaux, cette partie de notre cerveau est programmée pour notre survie. Elle est programmée pour éviter la douleur, la douleur physique mais aussi la douleur mentale et en particulier le rejet social, la recherche du plaisir, le confort et la sécurité, donc éviter ce qui est désagréable, insécurisant et inconfortable, conserver l'énergie, c'est-à-dire ne pas faire d'efforts inutiles, ne pas travailler à perte, en faire le minimum. Alors forcément, ça va provoquer des pensées de résistance quand on va vouloir faire les choses différemment, comme par exemple ralentir alors que tout le monde accélère. Cette pratique va nous permettre de penser de manière plus intentionnelle. Alors pas pour éliminer les pensées qui provoquent les émotions inconfortables, mais pour rééquilibrer, apporter de la nuance. sortir de la tendance naturelle à la catastrophisation et aux pensées caricaturales en noir et blanc. Il s'agit de contrebalancer les pensées qui sont induites par notre programmation en mode survie. Oui, car si tes besoins de base sont pourvus, alors tu es dans une situation privilégiée et tu peux de manière intentionnelle décider de prendre des risques, mesurer, de faire des efforts et d'accepter de traverser des moments inconfortables. Dans cet épisode, je te propose un outil pour intégrer tous les concepts que j'ai présentés dans les épisodes précédents. Mettre tout ça dans une pratique simple et efficace pour te permettre de prendre conscience de ton fonctionnement en mode pilote automatique. Beaucoup de choses sont redondantes avec les épisodes précédents. C'est un peu lourd, mais c'est volontaire. Cette semaine, je te présente un outil que j'utilise énormément et qui va t'aider à repérer par toi-même les pensées qui sont la cause des situations sur lesquelles tu souhaites agir. Il s'inspire directement du modèle, un outil d'autocoaching développé par Brooke Castillo. Le principe est de se poser pour décortiquer une situation insatisfaisante en cinq éléments qui sont liés. Les circonstances, c'est-à-dire des faits objectifs, les pensées, c'est-à-dire les histoires que tu te racontes à propos des faits, les émotions qui sont générées par tes pensées, les actions, les choses que tu fais ou que tu ne fais pas quand tu ressens cette émotion, les résultats, c'est les effets concrets de tes actions pour toi-même. Je vais détailler maintenant chacun de ces cinq éléments. Les circonstances. Les circonstances sont des faits sur lesquels tout le monde peut s'accorder, il n'y a aucune interprétation possible. Ce sont des faits qui pourraient servir de preuves objectives dans une enquête. Les circonstances sont des éléments qui échappent à ton contrôle. Elles incluent les autres personnes, ton passé et le temps. C'est important de te rappeler que tu ne peux pas contrôler les circonstances. Tu peux décider d'arrêter de dépenser de l'énergie à essayer de contrôler les autres ou de changer ton passé. Ce que tu peux contrôler, c'est tes pensées à propos des circonstances que tu rencontres. Le deuxième élément, c'est les pensées. C'est avec tes pensées que tu donnes un sens aux faits. Tes pensées sont des phrases qui traversent constamment ton esprit, des histoires que tu te racontes et qui te servent à interpréter le monde qui t'entoure. Tes pensées sont tout à fait subjectives. Tu ne peux pas changer les circonstances, tu ne peux pas contrôler ou négocier avec les faits, mais tu peux enrichir, nuancer et progressivement modifier tes pensées. Avec cet exercice d'auto-coaching, tu vas aller chercher à repérer quelles sont les pensées, souvent automatiques et bien ancrées, qui ne te sont pas vraiment utiles et qui créent des résultats que tu ne veux plus dans ta vie. Le troisième élément, ce sont tes émotions. Tes émotions sont des sensations que tu ressens dans ton corps. Elles peuvent être discrètes, agréables, indécelables, mais elles peuvent être parfois très fortes et même nous faire peur. Elles se traduisent par des réactions physiques, des flux d'hormones par exemple. Les émotions sont tout à fait différentes des sensations physiques automatiques comme la faim, la soif, le froid, les réflexes, la douleur physique. Les émotions sont directement générées par les pensées que tu as à propos des circonstances. Alors on est bien d'accord, ce n'est pas toujours facile. Et puis des fois, on peut s'autoriser à râler et à penser que nos émotions viennent directement des circonstances. Le quatrième élément, ce sont tes actions et inactions. Tes émotions sont le moteur de toutes tes actions, réactions, inactions, comportements vis-à-vis des autres et comportements vis-à-vis de toi-même. Tant que tu n'as pas identifié les émotions et puis les pensées qui motivent tes actions, ça va être difficile de changer quoi que ce soit dans ta façon d'agir. Tu peux aussi chercher quelles sont les émotions qui pourraient soutenir les actions ou les comportements que tu souhaiterais développer dans ta vie. Et puis, imaginez les pensées qui pourront générer ces émotions. Le cinquième et dernier élément, ce sont tes résultats. Tes résultats, ce sont les effets concrets de tes actions pour toi-même. Tu es responsable de tes résultats, car ils découlent de tes actions, qui sont motivées par tes émotions, elles-mêmes générées par tes pensées, qui ne sont qu'une interprétation personnelle de faits objectifs. Là où le système est particulièrement efficace et pervers, ou vertueux, C'est que les résultats que tu obtiens sont souvent des faits et des nouvelles circonstances qui vont venir confirmer les pensées initiales qui ont contribué à les créer. Les résultats de tes actions sur les autres deviennent une circonstance pour les autres. Ce qu'ils en pensent, quelles émotions cela provoque pour eux, ce qu'ils en font ou ce qu'ils ne font pas, ce n'est pas de ta responsabilité et ça leur appartient. Évidemment, ça ne veut pas dire qu'on s'en fiche et qu'on va faire n'importe quoi, car ce n'est pas notre problème. Mais par contre, ça va nous autoriser à faire ce qui nous semble le plus juste, le plus aligné et le plus soutenable pour nous-mêmes, indépendamment de ce que les autres pourraient penser, ressentir, faire, ou ne pas faire, ou ne pas dire. Et ça fait du bien. C'est une excellente et une très mauvaise nouvelle. C'est une très mauvaise nouvelle car on ne va plus pouvoir blâmer les autres, la vie, les contraintes, le monde ou le pas de chance pour être responsable de la qualité de notre expérience de vie. C'est une excellente nouvelle car tu vas retrouver du pouvoir, quelles que soient les circonstances qui se présentent à toi. Alors on ne va pas le faire tout le temps en permanence, mais de temps en temps, on va se poser, ralentir et réfléchir aux choses qu'on voudrait vraiment changer. On va prendre la responsabilité des pensées et croyances inutiles qui sont la cause des résultats insatisfaisants dans nos vies. Parfois, ça peut se faire en une fraction de seconde, c'est presque magique et c'est vraiment impactant. Mais la plupart du temps, ça va être très progressif avec des avancées, des retours en arrière. Et ça va prendre de nombreuses semaines, mois, même voire des années, pour réussir à court-circuiter nos pensées automatiques et croyances bien ancrées. Alors on ne va pas se brusquer, on ne va pas se juger, on ne va pas se mettre davantage de pression. On va y aller doucement mais résolument. Nous allons nous entraîner à examiner nos pensées et reconnaître celles qui nous tirent vers le bas. Alors on ne va surtout pas essayer de les éliminer par la volonté, ça ne fonctionne pas. On va apporter de la nuance, on va équilibrer avec des pensées complémentaires qui vont coexister avec les pensées habituelles. Nous allons nous entraîner à trouver des pensées de meilleure qualité pour progressivement recâbler notre cerveau avec des pensées qui sont un petit peu plus utiles ou impactantes et qui vont nous permettre de créer les résultats que nous souhaitons vraiment dans nos vies. Pour illustrer, je te donne deux exemples archi simplifiés. Pour le même problème initial, je vais présenter un exemple avec une boucle de rétroaction négative et un autre exemple avec une boucle de rétroaction positive. La situation insatisfaisante sur laquelle je souhaite travailler, c'est « je n'arrive pas à ralentir, j'essaye mais je n'y arrive pas » . Alors je te présente tout d'abord une boucle de rétroaction négative. L'effet Ça va être par exemple mon agenda, la liste des choses que je fais et la liste des choses que je voudrais faire. La pensée, ça va être je devrais pouvoir faire plus, il y a urgence. Ce que je fais n'est pas à la hauteur des enjeux. L'émotion que je vais ressentir avec ces pensées, ça va être par exemple de la culpabilité, de la responsabilité et de l'urgence. Les actions et inactions que je vais faire à partir de ces émotions, ça va être je rajoute des choses sur ma to-do list, je me juge sévèrement, je me compare à d'autres qui font des choses exceptionnelles, je travaille plus et j'annule des choses qui me font du bien et qui me rechargent. Le résultat c'est je ne ralentis pas et je confirme la pensée que je ne peux pas et que je ne pourrai jamais ralentir. Maintenant, je vais reprendre le même exemple, les mêmes circonstances, et je vais présenter une boucle de rétroaction positive. Donc les circonstances, c'est les mêmes, mon agenda, la liste des choses que je fais et la liste des choses que je voudrais faire. La pensée, c'est je ne peux pas tout faire. Si je m'épuise, je ne pourrai plus rien faire. L'émotion, ça va par exemple être de l'empathie pour moi-même. Et à partir de cette empathie, je vais peut-être avoir des actions et des inactions qui sont très différentes. Je vais enlever des choses sur ma to-do list. Je vais m'autoriser à ne pas être une super-héroïne. Je vais arrêter de me comparer aux autres. Je vais travailler moins mais mieux sur des choses qui auront plus d'impact. Puis je vais programmer des activités qui me font du bien, qui me rechargent. Et le résultat, c'est que je ralentis. Et je confirme que je ne peux pas tout faire et que je suis capable de ralentir. Maintenant à toi de jouer et d'utiliser cet outil sur une situation que tu aimerais améliorer. Et voilà, c'était le dernier épisode de la série Comment ralentir. La réponse au comment, c'est évidemment lentement. Super décevant, non ? Moi aussi, j'aurais aimé pouvoir te donner une recette magique qui fonctionne pour moi et pour tout le monde. Un truc rapide et sans effort. Mais je n'ai pas trouvé. Alors, comment ralentir ? Eh bien, avec responsabilité. en prenant soin de toi-même, en observant tes pensées et leurs effets sur ta vie, en reprenant tes responsabilités et ton pouvoir, et en commençant petit pour muscler tes nouvelles compétences de métaconnition. Dans la dernière série de printemps, je vais te montrer comment arrêter d'essayer de faire mieux que les autres, ou d'essayer de sauver le monde sans son consentement, comment te donner des objectifs inatteignables et soutenables de décroissance personnelle, et commencer à résoudre ton équation de ralentissement. Quoi ralentir, à quelle vitesse, pour arriver où et quand ? Si tu as envie d'accéder en avant-première au sujet de la prochaine série, aux consignes et aux ressources complémentaires, et peut-être même si tu veux me poser des questions et partager des expériences, je t'invite à t'inscrire à la newsletter. Un seul envoi par mois et promis pas plus. Tu trouveras le lien. dans la description de l'épisode.