Speaker #0Ralentir, reprendre le temps de vivre, reprendre le pouvoir sur ton temps. Voilà un objectif désirable, mais qui te semble totalement inatteignable ? Eh bien, moi aussi. Mais ce n'est pas parce que ça paraît impossible qu'il ne faudrait pas essayer. Et si on pouvait ralentir d'une manière soutenable pour nous-mêmes, tout en apportant une contribution ambitieuse aux changements sociétaux et environnementaux qui sont plus qu'urgents ? Je suis Anouk, facilitatrice en décroissance personnelle autoproclamée. Et avec ce podcast, je t'invite à expérimenter ensemble. Parce qu'il est urgent de ralentir sérieusement, mais sans trop se prendre au sérieux. Attention, ce podcast n'est pas une ressource à consommer passivement et dans chaque épisode, je te propose de passer à l'action. Bon allez, c'est parti. On se sort les doigts du clavier et on tente des trucs ? Au pire, ça fonctionne. Dans cette série « Comment ralentir ? » en 4 épisodes, 4 étapes, 4 outils à expérimenter et quelques exemples pour illustrer, je te propose de prendre tes responsabilités en devenant sérieusement irresponsable, t'observer penser et apprendre à séparer les faits des histoires que tu te racontes, reconnaître tes émotions et développer ta maturité émotionnelle, prendre conscience de tes super pouvoirs et t'accorder le droit d'être humainement imparfait. Attention, c'est important de te promettre de ne pas utiliser ces outils pour te juger négativement. Ou encore essayer de tout changer dans ta vie ou dans ta tête d'une manière brutale et radicale. Et non, dans cette série, toujours pas de recettes magiques, inratables. Il n'y aura pas d'IA qui va générer automatiquement un processus opérationnel de freinage d'urgence personnalisé. Ici, on ne va pas essayer d'arriver le plus rapidement possible dans une nouvelle réalité plus désirable, plus soutenable, plus frugale. Eh oui, il s'agit de prendre le temps de développer tes compétences internes pour ton capacité à ralentir en toute autonomie. Alors on se relaxe, on expérimente et on apprécie le voyage. Et oui, on a le droit de se moquer gentiment de nous-mêmes et de pratiquer une forme d'autodérision empathique. Et si ta décroissance personnelle commençait par une gestion plus soutenable de tes ressources les plus précieuses ? Et si pour économiser et utiliser de manière plus rationnelle et intentionnelle ton énergie physique et mentale, ton temps et ton attention, si pour faire ça, il suffisait simplement de se déresponsabiliser ? Et oui, c'est la bonne nouvelle et la mauvaise nouvelle du jour. Tu n'es pas responsable de tout. Dans cet épisode, je te propose de prendre tes vraies responsabilités en devenant sérieusement irresponsable. Alors on est bien d'accord, c'est tout à fait paradoxal. Mais dans la vraie vie, tu l'auras sans doute remarqué, les paradoxes, ils existent. C'est normal et c'est ok. Accepter les paradoxes, ne pas chercher la cohérence absolue, ça fait du bien. Cet épisode est vraiment plus long que les autres. Je vais te présenter des perspectives qui vont peut-être être nouvelles pour toi et pas faciles à intégrer. Alors n'hésite pas à faire des pauses. à ne prendre que ce qui fait clic, et tu auras peut-être besoin d'écouter cet épisode plusieurs fois. Et puis, si ce que je te présente est tout à fait familier, c'est l'occasion de mettre en pratique concrètement ces connaissances. Comme d'habitude, je te donne des consignes pour expérimenter un outil dans ta vraie vie, et puis quelques exemples pour illustrer et te motiver à passer à l'action. Allez, hop hop hop, on y va ! Dans cet épisode, on va réfléchir à ton sentiment de responsabilité avec une grille de lecture radicale et libératrice. Il s'agit de reprendre tes vraies responsabilités et lâcher toutes celles que tu portes mais sur lesquelles tu n'as pas de pouvoir. Oui, parce que c'est épuisant de se sentir responsable des choses sur lesquelles on est impuissant. Et souvent, ça nous détourne de nos réelles capacités d'action. Cette semaine, tu vas t'exercer à identifier les choses dont tu es vraiment responsable et les choses dont tu n'es pas responsable, même si c'est parfois difficile à lâcher. Si tu es abonné à la newsletter mensuelle, tu trouveras un outil à compléter pour te guider. Attention de ne pas utiliser cet exercice pour te juger sévèrement. Il s'agit plutôt de développer une saine curiosité, généreusement robée d'empathie. Après les consignes, je te donnerai un exemple pour illustrer. Cette semaine, tu vas utiliser une trame pour noter et catégoriser toutes les choses qui sont de ta responsabilité. Même si tu aimerais bien pouvoir rejeter cette responsabilité sur les autres ou sur les circonstances. Tu es responsable de prendre soin de toi-même. Oui, mauvaise nouvelle. Personne d'autre que toi n'est responsable de ton bien-être. À moins que tu sois un enfant ou une personne avec des besoins d'assistance spécifiques, ça va être quelque chose qui est de ta responsabilité. Alors, tu vas noter ici tout ce que tu fais ou tout ce que tu ne fais pas pour prendre soin de toi-même. Tu peux également noter les moments où tu reproches à quelqu'un ou à quelque chose d'être responsable de ton mal-être ou de ton inconfort. Tu vas identifier les situations dans lesquelles tu... à tant des autres ou des circonstances qu'ils prennent en charge ton bien-être. Tu es responsable de tes pensées, c'est-à-dire des phrases dans ta tête qui sont des histoires que tu te racontes pour interpréter les faits. Tu vas noter dans cette catégorie des pensées qui te viennent spontanément à l'esprit à propos d'une situation insatisfaisante, désagréable, ou au contraire à propos d'une situation ou d'une circonstance agréable et positive. Ce sont ces pensées. nos interprétations des circonstances qui vont créer notre expérience du réel. Et c'est précisément au cœur de ces petites phrases, nombreuses et inconscientes, que réside notre pouvoir et notre responsabilité. Beaucoup de ces pensées sont totalement irrationnelles, saugrenues, négatives, et puis pas du tout utiles, c'est tout à fait normal. C'est ta soupe intérieure personnelle et elle se constitue tout au long de ton existence. Ce qui est certain, c'est que tu vas y trouver des choses qui ne vont pas toujours te plaire. Oui, car on a beaucoup de pensées qui ne sont pas politiquement correctes ou qui sont diamétralement opposées aux valeurs qui sont importantes pour nous. Ça peut être déstabilisant d'en prendre conscience. Alors attention à ne pas te mettre à faire dans l'urgence. un grand ménage de printemps. C'est important de rester dans une posture d'observation et de curiosité. Tu es responsable de tes émotions, c'est-à-dire les sensations physiques que tu crées dans ton corps avec tes pensées. Tu vas noter dans cette catégorie des émotions que tu as ressenties cette semaine, des émotions agréables et puis des émotions moins agréables. Souvent, on va attribuer nos émotions aux circonstances, aux faits, ou encore aux actions d'autres personnes. Ben oui, c'est tellement plus facile ! Mais cette semaine, tu vas essayer de reprendre ta responsabilité. Alors, pour chacune des émotions que tu auras identifiées, tu vas te poser la question suivante. Quelles sont tes pensées à propos des circonstances, des faits ou des actions d'autres personnes qui ont créé cette émotion ? J'imagine que tu as déjà remarqué que les émotions inconfortables font partie de la vie. Quoi que tu fasses, quelles que soient les circonstances, elles seront toujours là. Puis ces émotions inconfortables, elles sont utiles, elles font partie de notre humanité. Alors vu qu'on ne va pas s'en débarrasser, autant apprendre à les reconnaître, les accepter, ne plus essayer d'y résister, d'y échapper. Ne plus avoir peur de ressentir nos émotions, c'est également un super pouvoir à développer. Par exemple, ne plus avoir peur d'avoir peur, c'est développer son courage. Le courage, ce n'est pas une absence de peur, c'est la capacité de continuer à agir avec la peur comme passagère. Tu es responsable de tes actions, c'est-à-dire de ce que tu fais et de ce que tu ne fais pas, de ce que tu dis, de ce que tu ne dis pas, de comment tu te comportes avec les autres et avec toi-même. Et ce sont tes émotions qui sont le moteur de toutes tes actions. Alors pour chacune des émotions que tu as identifiées, tu vas lister les actions et les inactions qui sont directement provoquées par cette émotion. C'est naturel de vouloir attribuer nos actions aux faits, aux circonstances et aux autres, mais c'est irresponsable. Être responsable de tes pensées, de tes émotions et de tes actions, ça te semble certainement beaucoup de responsabilité. Mais finalement, ce sont nos seules réelles responsabilités. Et la bonne nouvelle ! c'est que nous ne sommes pas responsables d'énormément de choses pour lesquelles nous nous sentons pourtant souvent responsables. Alors cette semaine, tu vas également noter toutes les choses dont tu n'es pas responsable. Tu n'es pas responsable des autres, humains et adultes. Tu n'es pas responsable des pensées des autres, les histoires que les autres se racontent à propos des faits, des circonstances. Tu ne peux pas contrôler ce que les autres pensent, ça leur appartient et c'est leur responsabilité. Et oui, c'est super tentant d'essayer de contrôler ce que les autres pensent et on essaye toujours un peu de le faire. Mais c'est clairement des efforts à perte. Si tu veux, tu peux partager tes pensées et inspirer d'autres à t'emprunter ces pensées si elles leur semblent utiles. D'ailleurs, c'est sans doute ce que je cherche un peu à faire à travers ce podcast. Tu n'es pas responsable des émotions des autres, c'est-à-dire les émotions que les autres ont créées avec leur pensée à propos des faits. Ce n'est pas toi qui crée les émotions des autres. Les émotions des autres sont de leur responsabilité. Par exemple, tu n'es pas responsable de l'agacement de ton collègue. C'est ce qu'il pense à propos de toi, de ce que tu as fait ou de ce que tu as dit, qui a créé son agacement. Et même s'il cherche à te faire prendre cette responsabilité en te culpabilisant par exemple. Alors tu peux décider de ne plus prendre cette responsabilité. Tu n'es pas responsable des actions des autres, c'est-à-dire de ce qu'ils font, ne font pas, disent ou ne disent pas, à partir de l'émotion qu'ils ressentent. Alors tu peux décider de ne pas dépenser de l'énergie à essayer de contrôler ce que tu ne peux pas et tu ne pourras jamais contrôler, c'est-à-dire les autres. Tu peux décider de te concentrer sur ce qui est de ta responsabilité Merci. tes pensées, tes émotions, tes actions. C'est peu de choses finalement. Et c'est là que tu vas trouver ou retrouver le pouvoir de ralentir. Tu es peut-être un peu perdu ? En t'inscrivant à la newsletter mensuelle, tu auras accès au cahier d'exercice dans lequel toutes les consignes sont détaillées. Cet épisode va déjà être trop long, alors pour ne pas en rajouter, je vais prendre un seul exemple pour illustrer ma responsabilité. Un exemple tout simple et actuel pour moi, mon niveau d'activité physique proche de zéro. Je suis responsable de prendre soin de moi-même. La situation insatisfaisante, c'est je ne bouge pas suffisamment pour prendre soin de ma santé. L'épreuve objective, c'est je ne fais pas les 7000 pas par jour recommandés par l'Organisation mondiale de la santé, ou les 3 fois 30 minutes d'exercice physique par semaine. Et je pourrais trouver tout plein de circonstances qui sont responsables de cette situation. J'y peux rien. Je travaille depuis chez moi et je n'ai pas besoin de sortir. C'est à cause de la météo vraiment pourrie, ça m'empêche d'aller bouger dehors. Puis j'habite trop loin de tout club ou activité sportive de groupe. etc. Je peux également attendre de meilleures circonstances ou de l'aide extérieure. Je bougerai quand il fera beau, sans vent et sans pluie, mais pas trop chaud quand même. Je bougerai quand il y aura une activité sympa organisée à côté de chez moi. Je n'ai pas les bonnes chaussures, je n'ai pas le bon équipement, etc. Alors, je suis responsable de mes pensées, c'est-à-dire les phrases dans ma tête qui sont les histoires que je me raconte à propos de cette situation. Qu'est-ce que je pense de mon niveau d'activité physique ? Je pense, je ne suis pas sportive, j'ai jamais été, je ne le serai jamais. J'ai aucune volonté, je suis flemmarde et paresseuse. J'ai des problèmes de santé, je suis fatiguée et bouger c'est souvent trop difficile. Je n'ai pas envie de bouger, je n'ai pas envie de répondre aux injonctions de fitness. Je bouge si je veux parce que je suis une rebelle moi. Je sais que bouger me fera vraiment du bien mais je n'y arrive pas. J'aime pas bouger, c'est une perte de temps. Moins je bouge, moins je bouge et plus c'est difficile. Je suis coincée. Je suis responsable de mes émotions, c'est-à-dire les sensations physiques que je crée dans mon corps avec mes pensées. Alors, dans quel état d'esprit je suis quand je pense les pensées que j'ai identifiées au-dessus ? Je ne suis pas sportive, j'ai jamais été, je le serai jamais. Je me sens résignée. J'ai aucune volonté, je suis flemmarde et paresseuse. Je me sens coupable. J'ai des problèmes de santé, bouger c'est souvent trop difficile. Je me sens découragée. Je n'ai pas envie de bouger pour répondre aux injonctions de fitness. En rébellion, insurgée. Je sais que bouger me ferait vraiment du bien, mais je n'y arrive pas. Je me sens impuissante. Je n'aime pas bouger. Je me sens empathique. C'est une perte de temps. Je me sens justifiée. Moins je bouge ou moins je bouge et plus c'est difficile. Je me sens bloquée, coincée, piégée. Je suis responsable de mes actions, c'est-à-dire de ce que je fais et de ce que je ne fais pas, je dis ou je ne dis pas, et comment je me comporte avec les autres et avec moi-même. Alors quand je me sens résignée, coupable, découragée, en rébellion, impuissante, apathique, justifiée et coincée, qu'est-ce que je ne fais pas ? Je ne bouge pas. Je ne cherche pas des idées d'activités agréables pour bouger. en particulier quand il fait moche dehors. Je ne prends pas soin de ma santé. Je ne cherche pas d'équipement adéquat pour m'aider à avoir une pratique d'activité physique plus confortable. Ce que je fais, je ne bouge pas plus. Je trouve tous les jours des nouvelles pensées qui vont consolider mon incapacité à changer cette situation et à prendre des décisions. Ce que je dis, je vais certainement me plaindre et me placer dans une posture de victime. Je vais raconter mes difficultés. Je vais dire haut et fort que je suis une personne contemplative et pas sportive et que je refuse de céder à ces injonctions de fitness. Comment je me comporte avec les autres et avec moi-même ? J'oppose des impossibles à ceux qui voudraient essayer de m'aider. Je ferme les portes à toutes les opportunités de bouger qui pourraient se présenter. Et puis, je me juge sévèrement. Pour la seconde partie, Pour prendre conscience des choses dont je ne suis pas responsable, je vais prendre un exemple de mon ancienne vie d'ingénieur d'études dans un laboratoire de recherche. La situation. Je ne sais pas dire non quand on me sollicite, j'en fais trop pour les autres. Les faits, les preuves objectives, la liste des dernières sollicitations que j'ai reçues, et même parfois anticipées, la liste de tout ce que j'ai fait pour y répondre, et qui ne figurait pas dans ma fiche de poste ou mes objectifs annuels. Je ne suis pas responsable des pensées, des émotions des autres, les histoires que les autres se racontent à propos des faits, des circonstances et les émotions que ces histoires provoquent pour eux. Ce que j'aimerais que les autres pensent ou ressentent, si je dis oui, à leur sollicitation. C'est une collègue sympa, on peut toujours compter sur elle quand on a besoin et ils pourraient sentir de l'appréciation ou de la gratitude. Ce qu'ils pensent ou ressentent, peut-être, si je dis oui à leur sollicitation. Elle est compétente et organisée, elle a toujours du temps pour les autres. Mais moi, je n'y arrive pas, je suis tout le temps débordée. Et du coup, ils pourraient avoir un sentiment d'incompétence, peut-être même de jalousie. Ce que j'anticipe, qu'ils pourraient penser ou ressentir si je dis non à leur sollicitation. Elle est perso et individualiste, elle pense qu'à elle et à ses propres objectifs. Et dans ce cas-là, la personne pourrait être indignée, pleine de ressentiment. Et puis, il y a ce qu'ils pensent ou ressentent probablement si je dis non à la sollicitation. D'habitude, elle dit toujours oui. Mais qu'est-ce que j'ai fait pour qu'elle ne veuille plus m'aider ? Et là, la personne pourrait se sentir inquiète et pleine de doutes. Je ne suis pas responsable des actions des autres, c'est-à-dire de ce qu'ils font, ne font pas, disent ou ne disent pas, à partir de l'émotion qu'ils ressentent. S'ils parlent de moi aux autres en termes négatifs ou positifs, ce n'est pas de ma responsabilité. S'ils se font des films mentaux pour se rendre eux-mêmes responsables de ce que j'ai dit ou de ce que j'ai fait, ce n'est pas non plus de ma responsabilité. En fait, on passe beaucoup d'espace mental à penser à ce que les autres peuvent penser de nous. mais en fait on n'a aucune idée de ce qu'ils pensent et ressentent parce que ça leur appartient et c'est tant mieux. J'espère que ces exemples vont t'aider à te lancer dans cet exercice. Dans la newsletter, tu trouveras un lien qui te permet de partager tes questions et tes difficultés à faire cet exercice. Ou bien aussi peut-être de partager tes fulgurantes prises de conscience qui ont tout à coup tout éclairé. Dans cet épisode, tu as découvert une pratique qui va te permettre d'arrêter de te sentir responsable de tout, et puis reprendre ton pouvoir là où il est, c'est-à-dire entre tes deux oreilles, dans ta magnifique et imparfaite intelligence naturelle. Dans le prochain épisode, je te propose un entraînement pour séparer les faits des histoires que l'on se raconte. Spoiler alert, c'est archi simple, mais vraiment vraiment pas facile à mettre en pratique.