Speaker #0Ralentir pour prendre le temps de vivre, reprendre le pouvoir sur ton temps. Voilà un objectif désirable mais qui te semble totalement inatteignable ? Eh bien moi aussi. Mais ce n'est pas parce que ça paraît impossible qu'il ne faudrait pas essayer. Et si on pouvait ralentir d'une manière soutenable pour nous-mêmes ? Tout en apportant une contribution ambitieuse aux changements sociétaux et environnementaux qui sont plus qu'urgents. Je suis Anouk, facilitatrice en décroissance personnelle autoproclamée. Et avec ce podcast, je t'invite à expérimenter ensemble. Parce qu'il est urgent de ralentir sérieusement, mais sans trop se prendre au sérieux. Attention, ce podcast n'est pas une ressource à consommer passivement et dans chaque épisode, je te propose de passer à l'action. Bon allez, c'est parti. On se sort les doigts du clavier et on tente des trucs ? Au pire, ça fonctionne. Dans cet épisode, on va apprendre à séparer les faits des histoires que l'on se raconte. Notre réalité, notre expérience de vie se construit à partir des histoires, à propos de ce qui se passe autour de nous. Et on se raconte beaucoup d'histoires, vraiment énormément d'histoires, environ 60 000 par jour. Heureusement, on n'en a pas conscience, sinon ce serait absolument épuisant. Alors ces petites phrases que l'on crée entre nos oreilles, ce sont ce que l'on appelle nos pensées. Le souci, c'est que ces pensées sont souvent pas très positives, et puis surtout pas super utiles. Alors pourquoi séparer les faits des histoires ? C'est une compétence importante pour ralentir. Eh bien, prendre conscience des histoires qu'on se raconte à propos des circonstances, c'est une première étape pour reprendre la responsabilité du rythme que l'on s'impose. Comme d'habitude, on va se placer dans une posture d'observation tranquille. On va se regarder penser avec curiosité, légèreté et empathie. Cette semaine, je te propose un exercice tout simple, mais vraiment très difficile. Tu vas faire une liste de 10 circonstances et pour chacune de ces circonstances, tu vas... identifier au moins trois pensées que tu as à propos de ces faits. Alors c'est quoi un fait, une circonstance ? C'est la description objective d'une situation, quelque chose sur laquelle tous les observateurs pourraient se mettre d'accord et si on en avait besoin, une preuve pourrait être produite. C'est quoi une pensée ? C'est une phrase silencieuse entre nos deux oreilles, dont on n'a pas conscience, Et c'est tant mieux. C'est une interprétation du réel qui vient de nos expériences passées, de notre état physique et mental, de notre épigénétique, de nos sociabilisations, de nos connaissances, de nos raccourcis mentaux et de tout plein d'autres choses dont on ignore encore l'existence. Comment ça fonctionne les pensées ? C'est très rapide, c'est automatique, c'est câblé neurologiquement. Parfois c'est très ancré sous forme de croyances. Les croyances, c'est des pensées que l'on pense beaucoup, très souvent et depuis très longtemps, et qui sont partagées aussi parfois par un grand nombre de personnes autour de nous. Nos systèmes de croyances sont très importants pour notre stabilité psychique. Mais il y a quelques croyances dont on a hérité et qui ne sont pas très utiles, voire qui nous empêchent de transformer nos modes de vie. Ces croyances limitantes, quand on a réussi à les repérer, on peut décider de les remettre en question. mais elles vont résister. On ne va pas pouvoir les faire disparaître comme par magie. Ce que l'on peut faire, c'est leur opposer d'autres pensées, des pensées qui apportent de la nuance et de l'ouverture. Alors on ne va pas contrôler toutes nos pensées, à moins peut-être d'être un super maître yogi après des années, des années et des années de pratique. En tout cas, moi c'est certain, je ne vais même pas essayer de contrôler mes pensées. Concrètement, comment exercer à séparer les faits des pensées ? Comme dans les épisodes précédents, tu vas passer par l'écrit, en te posant une série de questions. Qu'est-ce que j'observe ? Objectivement, quels sont les faits, les circonstances, quels sont les éléments de preuve ? Et puis la question, qu'est-ce que j'en pense ? Et là, tu vas lister au moins trois pensées différentes à propos de ce que tu as observé. Et tu peux aussi questionner les autres. Qu'est-ce qu'ils observent objectivement ? Tu verras que ce sera parfois différent de ce que toi tu as observé. Et qu'est-ce qu'ils en pensent ? C'est vraiment intéressant de prendre conscience de la diversité des pensées possibles à propos d'une même circonstance. En questionnant les autres, tu vas découvrir des pensées utiles qui donnent de la capacité d'action. Des pensées auxquelles toi, tu n'aurais peut-être pas pensé. Et tu peux même emprunter les pensées des autres, les essayer pendant quelques jours pour voir si elles te vont bien. Alors en faisant cet exercice, au début tout va être mélangé et c'est normal. C'est vraiment une capacité à construire progressivement sur le long terme. Une nouvelle compétence à muscler un peu tous les jours. L'idée est d'approcher cet exercice comme une série d'observations scientifiques. Et attention au piège de commencer à juger tes pensées, parce que dans ce cas-là, c'est la double peine assurée. Tout ça te paraît très théorique, vague et éloigné du sujet ? Je vais essayer de rendre ça un tout petit peu plus concret avec deux exemples inspirés de la vraie vie. Je te présente une situation insatisfaisante, puis je décris les observations factuelles, les éléments de preuve possibles. Ensuite, j'illustre avec une série de pensées possibles, parfois un peu extrêmes, voire caricaturales. Évidemment, dans la vraie vie, c'est sans doute un peu plus nuancé. Toutes ces pensées, elles peuvent tout à fait coexister de manière simultanée dans un même esprit. Voici un premier exemple assez courant. La situation insatisfaisante, c'est « je n'ai pas traité tous mes mails aujourd'hui » . Alors dans ce cas-là, l'effet, ça pourrait être « j'ai commencé ma journée avec 64 messages non lus, j'ai reçu 23 messages, j'ai passé 55 minutes à répondre et à trier mes mails, et en fin de journée, j'ai 80 messages non lus ou à traiter » . Les éléments de preuve, ça pourrait être ma boîte mail, le nombre de messages non lus, le nombre de messages rangés, le nombre de messages auxquels j'ai répondu. Et si on avait besoin de preuves, on pourrait retrouver dans mon ordinateur la durée de travail effectif sur ma boîte mail aujourd'hui. Alors, quelles sont les pensées qu'on pourrait avoir ? Par exemple, une première pensée, ça pourrait être « je ne suis pas organisée, je ne suis pas fiable, je n'y arriverai jamais » . Une autre pensée possible, « j'essaierai de faire mieux demain, j'aimerais pouvoir répondre à toutes les sollicitations, prendre pour connaissance de toutes les informations et avoir une boîte mail totalement vide tous les soirs. Ou encore on pourrait penser c'est pas mon job de répondre aux mails. Je réponds quand j'aurais fait ce que j'avais prévu de faire aujourd'hui. C'est ok de ne pas répondre et c'est ok de ne pas lire toutes les infos. Et une dernière pensée pour la route. C'est infernal cette situation. Alors soit je quitte mon job pour cultiver du chanvre en Bretagne, soit je trouve un moyen de réduire de 90% le nombre de mails que je reçois. Un second exemple dans lequel on est plutôt nombreuses à se reconnaître. La situation insatisfaisante, c'est « je n'ai pas fait ce que j'avais prévu de faire aujourd'hui » . C'est une situation qui te parle ? Oui ? Ben moi aussi. Alors les faits, ce serait, par exemple, la liste de ce que j'avais prévu de faire, et puis la liste de ce que j'ai fait à la place. Si on en avait besoin, les éléments de preuve, ça pourrait être mon agenda, ma to-do list, le post-it sur lequel j'avais noté ce que j'avais l'intention de faire aujourd'hui. Et puis en explorant les données de mon ordinateur, de mon téléphone, en interrogeant les personnes que j'ai croisées, en visionnant des caméras de surveillance, on pourrait prouver ce que j'ai fait à la place de ce que j'avais prévu de faire. Les pensées que l'on pourrait avoir. Il pourrait y avoir une pensée, quelque chose comme « j'ai aucun contrôle sur mon temps, je suis sans cesse sollicité, interrompu, je ne sais pas mettre des limites et les faire respecter, je me fais voler mon temps » . Une autre pensée possible. « En répondant aux sollicitations, aux interruptions, je procrastine un travail difficile en faisant des tâches plus faciles. Je suis flémarde et pas courageuse et je n'ai pas assez de volonté » . Encore une pensée un peu différente à propos des mêmes faits. Je ne suis pas la seule dans ce cas. Tous mes collègues disent la même chose. On n'arrive pas à faire ce qu'on avait prévu de faire. Je fais du mieux que je peux. J'ai le droit de ne pas y arriver certains jours et demain j'y arriverai sans doute. Une dernière pensée pour finir. Je pourrais m'exiler dans un monastère sans connexion internet, m'enfermer pendant une semaine pour faire le travail de fond que j'ai vraiment envie de faire. J'annoncerai que je suis injoignable et je ne répondrai... Aucune sollicitation. Ce serait le rêve. C'est à toi de jouer maintenant. Identifie des situations insatisfaisantes. Sépare les faits objectivables des histoires que tu te racontes. Pas de jugement, juste une saine curiosité avec une pointe d'autodérision. Tu peux bien entendu faire l'exercice avec des situations plus positives. Dans cet épisode, tu t'es entraîné à observer tes pensées et à bien différencier ce qui est objectif de ton interprétation personnelle. La semaine prochaine, je te propose de développer ta maturité émotionnelle, t'entraîner à reconnaître les émotions que tu crées avec les histoires que tu te racontes à propos des faits et puis explorer les conséquences de ces émotions sur ce que tu fais ou ce que tu ne fais pas. Si tu as envie d'accéder en avant-première au sujet de la prochaine série, aux consignes et aux ressources complémentaires, Et peut-être même si tu veux me poser des questions et partager des expériences, je t'invite à t'inscrire à la newsletter. Un seul envoi par mois et promis pas plus. Tu trouveras le lien dans la description de l'épisode.