- Speaker #0
Hey !
- Speaker #1
Je te le dis en off !
- Speaker #2
Je me suis mise à écrire pour des youtubeurs du divertissement, genre Squeezie, Simon Puech, mais aussi Hugo Descrypte, Charbilla. Et là, il y a quelques mois, je me suis dit « En fait, moi, je ne me lance pas sur YouTube. » Des fois, je y repense, je me dis « Waouh ! Comment je vais faire l'année prochaine ? »
- Speaker #1
Est-ce que tu penses qu'on peut encore se lancer sur YouTube aujourd'hui ?
- Speaker #2
Il y a 10 ans, on disait déjà que c'était trop tard de se lancer sur YouTube. Tu as très peu de femmes, tout court. En fait, sur les créateurs, tu as 8 % de créatrices. J'ai vu le suivage,
- Speaker #1
je me suis dit,
- Speaker #2
c'est dingue ! vu que je débute, c'est pas l'aplomb de tous les créateurs de contenu avec lesquels je travaille qui ont presque un million d'abonnés. Là, eux, ils peuvent te faire un partenariat quand même à 15 000, 20 000 euros. Là, tu vois, mes partenariats, moi, je m'en fiche, je peux vraiment donner le prix. C'est du 1 000, 1 200, ce qui est super, mais en fait, c'est vraiment ce que va me coûter la prod. Il me reste rien après. J'adore ce métier. Je sais que je l'ai dans le sang.
- Speaker #1
Mesdames et messieurs, nous sommes en guerre.
- Speaker #2
CNN is fake news.
- Speaker #1
Don't talk to me. Alors,
- Speaker #2
tu es devenue un métier, donc en 2017, de regarder des jeux vidéo et de les commenter.
- Speaker #1
Est-ce que manger des pizzas,
- Speaker #2
c'est devenu un métier ?
- Speaker #1
Moi, c'est Mélanie, alias Mélanie Nouveaux Médias sur Instagram. Réalisatrice de reportages pendant 7 ans pour la télé, aujourd'hui, je suis experte en nouveaux médias et je t'emmène dans les coulisses de l'audiovisuel, qu'il soit tradit ou digital. Fake news, mensonges, jeux d'influence et de pouvoir, mon objectif, c'est d'aider à mieux t'informer en levant le silence sur ce qui se passe derrière la caméra,
- Speaker #2
les micros.
- Speaker #1
dans les rédacts, dans les bureaux des prods.
- Speaker #2
Et surtout,
- Speaker #1
on décrypte tout ça avec les insiders, peu qu'ils font les médias. Dans cet épisode 11, je reçois la journaliste Justine Rex. Après un passage par les médias tradis, elle a travaillé en coulisses pour les plus gros youtubeurs du moment, Squeezie, Hugo Décrypte. Aujourd'hui, elle passe devant la caméra et elle lance sa propre chaîne YouTube pour partager ses reportages. Elle a d'ailleurs remporté récemment la prestigieuse bourse Albert Londres en partenariat avec la Scam et YouTube. Avec Justine, on parle de son parcours, de comment on écrit une vidéo YouTube et des coulisses du lancement de sa chaîne, avec quelques petits tips au passage. Alors que tu sois dans ton canapé, au sport, dans les transports, je te souhaite une très bonne écoute. C'est bon, t'es ready ?
- Speaker #2
Je suis prête.
- Speaker #1
Trop bien. Salut Justine. Salut. Bienvenue dans le podcast, je suis très très heureuse de te recevoir. Déjà parce que j'adore recevoir des femmes journalistes sur le podcast. Et parce qu'on en a discuté un petit peu en off toutes les deux, mais on a des petites similitudes dans nos parcours et dans nos carrières. Et donc j'avais très envie de te rencontrer, le podcast s'est aussi fait pour ça. Je crois que tu as écouté un peu quelques extraits, quelques épisodes. Je te refais un petit récap du projet. Donc moi je vais en télé, j'étais journaliste, et puis j'ai eu envie de lancer mon média, justement parce que parfois il y a pas mal de défiance. envers les journalistes, parfois à juste titre aussi. Et j'avais envie d'aider les gens à mieux connaître les coulisses des médias, comment on crée de l'info, la création de contenu, etc. Et je me suis dit que, à travers d'interviews de gens qui les écoutent, qui aiment suivre, ils pourraient un peu en savoir plus et savoir comment s'informer de façon un peu plus déclairée.
- Speaker #2
Et c'est une très bonne idée parce qu'on en a besoin, franchement.
- Speaker #1
Pour les gens qui ne te connaissent pas, est-ce que tu peux te présenter ?
- Speaker #2
Ouf ! Alors du coup je m'appelle Justine Rêgue, je suis en effet journaliste comme toi. Maintenant j'opère beaucoup sur Youtube, un peu comme toi, j'essaye de gagner en indépendance. Mais de base j'ai un profil très très classique, école de journalisme, j'ai travaillé pendant deux ans pour la télévision. Donc le réseau France Télévisions, France 2, France 3, France Info, Arte, BFM, vraiment les JT où j'étais sur le terrain avec les Gilets jaunes. J'ai aussi fait un burn-out et j'en ai eu marre. Je suis partie plutôt après vers l'écrit et le web. qui me correspondait un petit peu plus. Donc, je suis rentrée chez Vice et j'y suis restée trois ans. À la fin, j'étais du coup chef du service société. Je me suis éclatée. Ça a fait faillite, malheureusement, comme plein de médias. Et à l'issue de ça, du coup, j'ai vraiment pris le temps de me poser parce qu'on me proposait des trucs, mais ce n'était pas forcément exactement ce que je recherchais. J'avais écrit un livre entre-temps. Je me suis dit, est-ce que j'écris un deuxième livre ? Enfin, voilà, ce genre de choses. Et en fait, on m'a proposé d'écrire pour un YouTuber. Donc, c'est Simon Péache qui m'a contactée. le doigt dans l'engrenage et c'est à ce moment-là que je me suis mise à écrire pour des youtubeurs, à travailler avec des youtubeurs, que ce soit plutôt du divertissement, genre Squeezie, Simon Puech, mais aussi vraiment du journalisme en tant que tel sur Youtube, Hugo Descript, Charles Villa. Et là, il y a quelques mois, je me suis dit, moi je ne me lance pas sur Youtube.
- Speaker #1
Trop cool. Et est-ce que tu as toujours voulu être journaliste ?
- Speaker #2
En vrai, à part quand j'étais petite, où j'adorais les animaux et je me disais, bon, je serais bien véto, comme je pense. Deux enfants sur quatre, tu vois. Ça m'est venu quand même très, très tôt. Mon stage de troisième, c'était de journaliste. Tu vois, j'avais vraiment envie de rencontrer plein de gens, raconter leur histoire. Ça a toujours été un truc très ancré en moi.
- Speaker #1
Est-ce que tu sais qui était ton journaliste ou ton émission préférée ? quand tu étais petite, ce qui t'a donné envie de devenir journaliste ?
- Speaker #2
J'étais abonnée à mon petit quotidien, je pense comme beaucoup, et en fait mon papa surtout était du coup libraire, il vendait un certain nombre de magazines et de journaux, et le week-end j'étais coincée avec lui parce qu'il travaillait, c'était un commerçant forcément, et en fait je bouffais tout, vraiment, c'est-à-dire qu'au bout d'un moment je finissais par lire Capital alors que j'avais 9 ans, je ne comprenais rien, mais je disais vraiment de tout, et en fait je pensais ce truc-là aussi, où je me suis dit, mais il n'y a pas... plein de choses différentes à raconter. Et ce n'est pas un journaliste en particulier, mais vraiment le côté pluralité du métier.
- Speaker #1
Tu sais que moi, quand j'étais petite, j'ai appris à lire super tôt parce que j'étais très curieuse et j'avais lu tous les tintins. J'avais tellement envie d'être reporter et j'ai créé mon premier journal, je crois, quand j'avais 6 ans, dans ma classe en CP. Je crois que c'est quand même une vocation, j'ai l'impression, d'être journaliste. Oui,
- Speaker #2
pour beaucoup. C'est pour ça qu'on s'y accroche.
- Speaker #1
C'est tellement difficile, mais en même temps, je pense qu'on a un peu ça dans la peau.
- Speaker #2
Carrément.
- Speaker #1
Et du coup, c'est aussi pour ça que je disais qu'on a un peu des parcours qui se ressemblent. Tu as fait de la télé avant. Moi aussi, je me suis mise dans le digital parce que j'ai fait un burn-out et j'avais besoin de sens. Et aussi, c'est un milieu toxique, on en parlait un peu en off. Qu'est-ce qui t'est arrivé ? Toi, est-ce que c'est un peu la même chose qui t'est arrivé ?
- Speaker #2
Je pense que c'est un petit peu tout. Probablement que c'est un peu comme toi. Tu peux m'en dire plus aussi, mais en gros, déjà, c'était tes jeunes, donc en fait, t'es vraiment corvéable à merci. C'est comme ça que je l'ai ressenti. Et aussi, je sais que l'on parlait avec mes collègues jeunes, c'était la même chose. Tu peux pas dire non. Donc, c'est-à-dire qu'un jour, tu vas terminer à 23h et le lendemain, tu commences à 5h du matin. Tais-toi parce qu'en fait, t'es jeune et t'as cette opportunité de travailler pour un gros média. Donc, tu te tais, en fait. Et si tu dis quelque chose, on va vraiment te faire comprendre que t'as pas ton mot à dire. Ou sinon, reviens pas bosser chez nous. Il y avait cette crise là-bas.
- Speaker #1
Il y avait une chambre là-dessus devant la porte.
- Speaker #2
Exactement, on peut comprendre que t'as une chance pas possible, donc tais-toi. Et puis nous, on est passé par là, donc pourquoi toi t'en chierais pas ? Donc t'avais vraiment les horaires très très difficiles, la pression constante, où en gros t'as l'impression de jouer ta vie. Alors bon, oui c'est du journalisme, c'est important de vraiment faire attention à ce que tu racontes, mais à des moments en fait, on te met une pression telle. Des fois j'avais trois chefs qui m'appelaient en même temps, qui se contredisent, machin. je dis mais stop, calmons-nous, nous ne faisons que de la télé, je ne vais parler de la météo aujourd'hui parce qu'il fait très chaud et que c'est la canicule. Donc il y a ce truc où tu dis, j'ai l'impression qu'on me met sans cesse sous pression. Vivre aussi dans les hôtels, en tout cas moi, vu que je travaillais dans le JT, c'était un peu dur, évidemment ça avait parti du métier, mais avoir cette sensation de jamais jamais se poser, au début c'est un truc un peu excitant avec le journalisme, et puis au bout d'un moment tu te dis, je ne peux pas dire non. Par exemple, un moment, j'avais accepté un contrat d'une semaine et demie. pour les vacances de Noël, vraiment sur pile poil Noël. Et en fait, le journalisme faisait que ça faisait quatre ans et demi que je n'avais pas fêté le 24 décembre avec ma famille. C'est typiquement le journalisme. Et là, je m'étais dit cette année, le 24 au soir, je suis avec ma famille. Le 25, on fait ce que vous voulez de moi, mais le 24, non. Et c'était cool parce que de base, je bossais pour France Info et je terminais à 17h. Je disais nickel. Et là, en fait, on me dit Ah non, on va te rapatrier plutôt pour le JT, etc. Et je me dis Ah ok, bon, du coup je terminais à 20h, 21h, je dis ok, pas de souci, parce que tout de même c'est la même maison, donc je peux pas dire non. Et en fait on commence à me dire, bah non mais tu vas faire une mission, etc. Et je dis, mais je vous avais dit de base que je voulais 24h au soir, et en fait c'est ce trou où on te grignote sans cesse au fur et à mesure, qui m'a vraiment fait perdre pied.
- Speaker #1
Et du coup c'est à partir de ce jour-là où t'as décidé d'arrêter ?
- Speaker #2
Petit à petit, tu vois, là j'ai commencé à faire un burn-out. Et le souci, c'est comme tu le disais, vu qu'on est indépendant, en fait, à beau faire un burn-out, il ne se passe rien. En fait, tu te fais arrêter. Je ne vais rien toucher ou aller un tout petit peu de chômage, mais je ne peux pas payer mon loyer. Donc, tous les matins, tu es dans ton lit, tu pleures, et tu dois quand même y aller. Je crois que c'était vraiment le plus dur, où tu commençais à réaliser que tu es en train de faire un burn-out. Et en fait, on est tellement jeunes, quand on a pu faire un burn-out, tu te dis... Mais ça va pas m'arriver, je suis trop jeune, je viens de démarrer,
- Speaker #1
t'as le sang prêt, tu vois. Ouais, moi je me sentais invincible. Et puis, moi je me souviens quand j'en parlais à mes collègues à côté, c'était là. En fait, comme ils étaient dans le même monde que moi, ils disaient « Ouais, enfin bon, c'est la vie de journaliste, quoi, tu l'as choisi. » Et en fait, comme tout le monde est dans le même univers toxique, personne n'a plus de recul du tout. Et un jour, je me suis dit « Attends, mais tous les jours, tu pleures pour aller au travail ? » C'est pas normal. Et le jour où j'ai démissionné, en fait, c'était même pas un choix. Je crois que c'était de la survie. Et je suis allée au mariage de ma meilleure amie. Et j'ai reçu des messages horribles de mes patronnes. Et en fait, j'ai pleuré, pleuré sur le trajet. Et j'étais témoin du mariage. Et ma copine, elle me récupère et me dit « Non mais attends, c'est le plus beau jour de ma vie. » Je fais « Ouais, mais là, moi, ça va pas du tout. » Et en fait, j'ai passé... C'était la première fois que j'ai coupé mon téléphone pendant trois jours pendant le mariage. Et le lundi, au lieu de retourner à la rédac, j'ai pris un covoit et je me suis enfuie à Osgore sur la plage. j'ai appelé ma boss et j'ai démissionné et j'ai éteint mon téléphone Et au final, c'était le jour, je crois, le plus heureux de ma vie.
- Speaker #2
C'est trop bien, ça me touche trop ce que tu dis, parce qu'en fait, on vit tellement beaucoup quand même la même chose. Et en fait, il y en a très, très peu qui passent le cap de se dire « Ok, là, je dis non. » Et je me mets aussi en difficulté financièrement.
- Speaker #1
J'avais pas du tout d'argent de côté. J'avais mon intermittence, parce que j'étais intermittente du spectacle, que je bossais pour la télé, mais j'avais pas un euro de côté. J'étais au milieu d'un doc que j'adorais. En plus... Pour une fois je bossais pour un doc qui me plaisait, je faisais un doc sur la trisomie pour France Télé, donc j'étais trop contente. Mais en fait j'étais déjà trop cramée quoi. Mais trop bien, ouais c'est vrai qu'on a... Enfin pas trop bien, j'ai dit trop bien c'est un réflexe mais c'est...
- Speaker #2
Mais trop bien de s'en faire près de parler de ça quoi. Oui,
- Speaker #1
de s'en faire près d'en parler mais...
- Speaker #2
C'est bien d'avoir d'autres gens qui font la chanson, qui disent on est pas seuls quoi.
- Speaker #1
C'est ça. Et qu'est-ce qui t'a fait du coup... Donc tu m'as dit au final c'est un peu un... C'est Vice et après c'est un peu un youtubeur qui est venu te chercher en fait pour te mettre dans le digital.
- Speaker #2
C'est ça. En fait, Simon Puèges regardait aussi ce que font les médias, parce que c'est une source d'inspiration aussi pour les youtubeurs. Et lui travaille déjà avec un journaliste qui était auteur pour lui. Il m'a dit « je kiffais ce que tu faisais chez Vice, et ce que ça te dit de travailler aussi pour moi » . À ce moment-là, j'avais l'avantage d'avoir eu un licenciement économique, du coup j'avais le chômage, j'avais le temps de réfléchir. Je me suis dit, tant ou, ça peut être marrant. Et pour le coup, ça m'a vraiment plu. Je me suis dit OK. C'est un autre milieu qui a aussi évidemment ses travers, mais c'est pas pareil, ça reste du journalisme, je m'adresse à un public un peu différent, tu vois, et je me dis tiens, est-ce que j'ai pas moyen de me réapproprier mon métier, tu vois, et au fur et à mesure, tu vois, vraiment prendre les rênes en quelque sorte, le lead comme toi, tu vois, avec le podcast.
- Speaker #1
Et comment c'est de faire du journalisme sur YouTube ? C'est quoi la différence avec ce que t'as pu apprendre avant ?
- Speaker #2
Alors, il y a le ton, je dirais. C'est-à-dire qu'en gros, là, par exemple, on est... Pareil sur un ton très décontracté et ça c'est, tu as fait de la télé donc tu es comme moi, nous on nous a vraiment appris à être très très très formel, à avoir la fameuse voix télé, ce genre de choses.
- Speaker #1
Ah ouais le ton télé, je n'en ai pas à coeur.
- Speaker #2
Voilà et ça c'est, en vrai c'est très difficile de s'en défaire. J'ai réussi à m'en défaire avec Vice justement parce que je faisais aussi des vidéos etc. On me disait Justine stop ta voix télé et tout, je m'en rendais même pas compte. Donc il y a ça le côté liberté ton, d'écriture. Et puis après, les vraies questions qui se posent, c'est plutôt tout ce qui est autour de la création de contenu. Comment j'en vis ? Est-ce que je fais des placements de produits ? Parce que normalement, en tant que journaliste, t'es pas supposé faire ça.
- Speaker #1
C'est un gros problème auquel je me confronte.
- Speaker #2
Et la question se pose pour les podcasts, mais depuis plus longtemps, et je trouve que c'est plus accepté que dans les podcasts, vous fassiez vraiment des placements. Alors que sur YouTube, on est très peu de journalistes implantés. Aujourd'hui, je pense que ça va faire un petit quai le moment où on va shifter, on va dire on est obligé de le faire, sinon on ne peut pas se payer.
- Speaker #1
Parce que je pense que la différence que moi j'ai réalisée en montant mon podcast, c'est qu'en fait, avant, on était juste journaliste, mais on travaillait pour une chaîne, un diffuseur qui, lui, faisait des pubs. Maintenant, quand on a notre chaîne YouTube comme toi ou notre podcast, en fait, on a la voix journaliste et notre propre média. C'est ça. Et donc, quand t'es journaliste, on t'a toujours appris que jamais d'accepter l'argent des marques, mais un média, lui, il est obligé d'être financé par l'un. Soit les personnes qui le lisent ou qui s'abonnent, comme sur Twitch. À ce moment-là, il faut que les gens payent. Ils ont l'habitude, je pense, maintenant aussi, d'avoir du contenu gratuit. Ou alors, c'est les pubs. En fait, on n'a pas d'autre solution, en tout cas pour faire du contenu quali. Je sais que toi, tu fais des enquêtes qui durent un moment, donc tu as besoin aussi d'en vivre. Moi, je paye en studio. Et du coup, la question se pose et je n'ai pas la solution. Moi, chaque fois, avec les enquêtes, j'en parle parce que je me dis mais qu'est-ce que je fais ? Il faut que j'en vive. En même temps, j'aime la déontologie parce que je pense que ça, on l'a emmené avec nous, en tout cas, en plus de la télé et des autres médias. Donc, je trouve que c'est assez intéressant de renouveler notre métier.
- Speaker #2
Là, je pense que tu vois, on est en train, malgré nous, de poser des fondements pour plus tard et des réflexions qui vont forcément se poser aujourd'hui. Tout ce qui est commission de la garde de presse, ils sont complètement à la ramasse. Dans dix ans, ils s'y pencheront, mais ça va arriver. Est-ce que tu l'as,
- Speaker #1
la garde de presse ?
- Speaker #2
Je vais la perdre.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #2
Je vais la perdre.
- Speaker #1
C'est très important.
- Speaker #2
Exactement. Et en fait, cette année, j'ai été en contrat avec Charles Villa, qui est journaliste, qui est reporter de guerre, qui mérite amplement sa carte de presse, mais qui n'est pas considéré comme un média. Donc en fait, même si je travaille pour Charles, même si vraiment mon contrat, c'est écrit journaliste, je n'aurai pas ma carte de presse. Ça, c'est vraiment évidemment le paradoxe. Mais après, ce n'est pas que moi. Quand on regarde les prix Albert Londres, quand on a toujours deux sur trois qui n'ont pas leur carte de presse, malheureusement, il y a tout à revoir, en tout cas pour moi, sur les critères d'attribution.
- Speaker #1
Donc tu sais que tu travailles aussi pour Charles Villa. Tu peux nous dire un petit peu sur quels différents sujets, quelles différentes vidéos tu as travaillé ? Parce que tu as travaillé quand même pour les gros YouTubers. On sait que les gens, ça leur fait un peu rêver cet univers. Est-ce que tu peux nous dire un peu ? Avec quoi tu as travaillé et avec quel youtuber ?
- Speaker #2
Bah écoute avec Charles du coup c'est le dernier youtuber avec lequel je me suis mis à travailler mais avec lequel je travaille le plus puisque maintenant je suis en temps plein avec lui jusqu'à la fin de l'année où là je vais me lancer vraiment à fond sur ma chaîne, on verra comment ça se passe mais en gros avec Charles on travaille sur des formats courts et sur des formats longs donc en gros je m'occupe de par exemple tous ces youtube shorts et on travaille sur différents tu vois formats enquête là par exemple il a sorti une grosse enquête sur tout ce qui était autour de la surpêche. Il a sorti il y a moins d'un mois. J'ai travaillé de A à Z sur le projet. Là, on va faire un gros film sur les enfants de Gaza. Je suis déjà partie au Qatar pour lui faire des premières interviews de Gazaouis d'enfants. Et j'y retourne encore dans un mois. Je m'occupe aussi des enfants qui sont recueillis en France. L'idée, c'est de faire des vidéos ensemble. Donc, soit ça va être du côté reportage, soit au niveau de l'écriture, soit aussi au niveau des idées. Je suis un peu le petit couteau suisse journalistique parce que lui, évidemment, il est aussi complètement sous pression à essayer aussi d'en vivre lui-même de sa chaîne. Oui,
- Speaker #1
parce que je pense que les gens... Je regardais un peu, j'ai regardé les interviews forcément sur tes réseaux et quand tu disais que tu travaillais pour des youtubeurs, les gens disaient « Ah bon, mais je ne savais pas qu'il y avait des gens derrière ces équipes » . Et alors nous, on sait parce qu'on sait à quel point... On a une grosse enquête de Charles et en fait, il en sort quand même assez régulièrement. C'est impossible de le faire tout seul. Mais en fait, maintenant, c'est devenu des mini boîtes de prod ou des grosses boîtes de prod. Ouais, vraiment. Par exemple, les YouTube.
- Speaker #2
Oui, ils ont quasiment tous des boîtes de prod. Et c'est normal. Tu vois, Hugo décrypte. Quand je suis partie avec lui en Corée du Sud, on était quatre à partir. On avait des réunions en amont sur quel sujet, quel angle on prend. Après, évidemment, il y a le montage. Mais c'est vrai que dans l'esprit des gens, je pense que c'est parce que le principe du YouTube, c'est on fait un plan de style, on est dans notre chambre, ce genre de choses. Et évidemment, c'est pas du tout le cas. C'est ça. Du coup, il y a encore, dans l'esprit de certaines personnes, cette idée qu'il n'y a pas une équipe derrière. Mais tu vois, par exemple, Charles, le doc dont je te parle sur la surpêche, à la fin, il a un générique, ce genre de choses. Je pense que là, ça tend à changer et que les gens comprennent. Peut-être aussi, c'est parce qu'on est joint S, comme tu dis, mais quand tu vois la prod, tu vois bien qu'il n'y a pas qu'une seule personne. Et heureusement, là, tu vois.
- Speaker #1
Puis moi, je trouve ça rassurant de savoir qu'en fait, il y a des équipes. donc c'est-à-dire qu'il y a des gens qui vont enquêter qui vont vérifier la info parce que s'il était tout seul au bout d'un moment...
- Speaker #2
Bien sûr !
- Speaker #1
Moi je trouve que c'est justement un gage de sérieux et de crédibilité d'avoir plein d'équipes qui t'aident à bosser sur les vidéos.
- Speaker #2
Mais carrément, tu vois, moi mon rêve c'est de pouvoir travailler avec plein de gens sur ma chaîne. Plus t'es seule, plus t'as de chances de faire des conneries, plus tu te sens aussi toi-même seule. Là, tu vois, quand tu peux enfin un peu déléguer, c'est l'idéal. Charles c'est un excellent journaliste que j'admire énormément et du coup il peut se concentrer sur ce sur quoi il est le meilleur. Et au moins, il délègue le reste à ses équipes.
- Speaker #1
Et est-ce que tu penses... Alors, ça va après enchaîner sur ta chaîne YouTube, mais est-ce que tu penses qu'on peut encore se lancer sur YouTube en tant que journaliste aujourd'hui, où il y a déjà beaucoup de monde ?
- Speaker #2
Je pense que du moment que tu as une envie, tu as quelque chose à raconter, tu vois, tu as ta patte, je pense que c'est possible. Il y a dix ans, on disait déjà que c'était trop tard de se lancer sur YouTube. Aujourd'hui, là, on voit que... Il y a de nouveaux styles de youtubeurs qui se lancent, de nouveaux créateurs de contenu, du moment que tu as ton identité. Tu vois, par exemple, je pense beaucoup à Benoît, Benoît Lecorq, qui s'est lancé en même temps que moi, que je connais très bien. Et Benoît, il a complètement son identité, qui est complètement différente de la mienne. Moi, ça va être très enquête, ce genre de choses. Benoît, on est sur quelque chose de très intimiste, très posé. On va faire aussi une vidéo ensemble. Mais typiquement, tu vois, on est sur deux journalistes qui font deux types de vidéos complètement différentes. Donc je pense qu'il y a de la place pour tout le monde. Mais évidemment, ça reste du journalisme, donc ça coûte cher à produire. Enfin, il y a plein de choses qui vont avec. Oui,
- Speaker #1
je pense que nous, on a l'expérience de la télé, donc on imagine un peu les budgets. On sait un peu ce qu'il y a derrière des grosses prods. Mais c'est vrai que quand on se lance, parfois, on ne sait pas dans quoi on part.
- Speaker #2
C'est faramineux. Franchement, des fois, je y repense, je me dis « Waouh, comment je vais faire l'année prochaine ? » Ce genre de choses. mais... J'essaye de me dire si je ne me lance pas à 100%, je regretterais et ça a bien démarré. Il faut que je prenne le temps de le faire totalement. Mais comme tu disais, nous, on voit et on sait combien ça coûte, ne serait-ce qu'au niveau du matériel.
- Speaker #1
C'est quoi ton plus beau souvenir pour l'instant de YouTuber avec qui tu as travaillé ou la plus belle vidéo ?
- Speaker #2
C'est super dur. On m'a posé cette question la dernière fois. Parce que franchement, j'ai des exemples pour tous les YouTubers avec lesquels j'ai travaillé. mais je pense que En ce moment, le docu sur les enfants de Gaza avec Charles, ça va être génial. C'est quelque chose qui m'a déjà vraiment bouleversée sur les premiers tournages qu'on a pu faire. C'est un gros projet qui lui tient à cœur, qui me tient à cœur, qui n'a jamais été fait. Donc ça, je pense que ça va être vraiment génial. Et après, sinon, un projet vraiment abouti, c'était les deux reportages en Corée du Sud avec Hugo Descriptes parce que c'était super cool d'imaginer vraiment des docus d'une demi-heure fois deux, de réfléchir. aux angles, de creuser, tu vois, vraiment, je me suis vraiment occupée de beaucoup de choses, tu vois, en presque de la prod par moment, tu vois, et ça, c'était génial, tu vois, de vraiment voir la conception des vidéos de A à Z, parce que des fois, je fais juste script, où j'ai trouvé une idée et je vais écrire la vidéo, mais plus je suis impliquée, évidemment, plus c'est sympa, évidemment, c'est plus de travail, mais c'est encore plus gratifiant.
- Speaker #1
C'est fou parce que je donne des cours, tu sais, dans les écoles de com, et je fais pas mal d'éducation en médias, et quand je demande à mes élèves de faire des choses Comment ils s'informent, c'est tout le temps Hugo Décrypte. C'est assez dingue de voir à quel point tout a changé, la façon de s'informer. Je pense que j'espère qu'ils écouteront l'épisode aujourd'hui. Mais c'est vrai que c'est dingue parce que moi, je me souviens d'avoir regardé la télé petite. Et aujourd'hui, c'est que le digital. Et donc, j'essaye de leur dire, vous savez, il faut bien Hugo, mais il y a plein d'autres médias. C'est important de multiplier ses sources. Mais c'est vrai que c'est unanime. Hugo, c'est incroyable.
- Speaker #2
vraiment et c'est pas pour toi mais je me souviens très bien des moments où hugo s'est lancé où c'était les moments où nous on était un peu en fin de des écoles de formation ce genre de choses où là il commençait vraiment un petit peu pas à percer mais on parlait de lui tu vois dans le milieu je me souviens de tous les vieux de la vie elle disait mais c'est de la merde c'est la même chose que la fp ça va pas marcher c'est la même chose et en fait il a compris un truc que tous les médias n'ont pas compris tu vois rien que ça je trouve ça facilement
- Speaker #1
C'est vrai que moi, de l'intérieur, quand les gens voyaient des journalistes se lancer à l'époque sur d'autres réseaux dans le digital, tout le monde se moquait un peu de eux, les critiquaient. Aujourd'hui, c'est complètement l'inverse. Je vois même Gaspard Gé commence à produire Stéphane Bern, Élise Luté sur YouTube. Et en fait, tout est inversé. C'est pour ça que dans l'intro de mon podcast, j'ai repris la petite phrase de Thierry Ardisson quand il se moque de Squeezie. parce que pour moi, c'est très drôle parce que... Tout s'est inversé aujourd'hui entre médias et tradis.
- Speaker #2
C'est la télé qui vient chercher maintenant YouTube. Alors qu'à une époque, c'était en mode les YouTubeurs, ces gens bizarres dans leur chambre qui se filment, qui sont un peu cringe. C'est par là que passe maintenant le premier canal d'information. Ce n'est pas principalement YouTube, c'est Internet. Mais YouTube a dépassé la télé depuis très longtemps en termes vraiment d'audimat et d'heures de diffusion et d'écoute.
- Speaker #1
Ma transition, c'est que tu disais que tu avais envie de cette vidéo. de te lancer ton compte à plein temps. Déjà, j'avais envie de te dire félicitations parce que je crois que tu as réussi une super bourse. La bourse Albert Londres, je crois qu'il y a un partenariat avec la SCAM et YouTube,
- Speaker #2
c'est ça ?
- Speaker #1
Pour une idée de reportage, c'est ça ? C'est ça,
- Speaker #2
exactement. En fait, depuis deux ans, du coup, Albert Londres s'associe avec un média ou une plateforme. L'année dernière, c'était France Info. Et cette année, c'était du coup YouTube. et du coup il fallait juste proposer juste des 15000 signes de dossier mais il fallait juste proposer une idée ce qu'on voulait et du coup j'ai été sélectionné donc c'est trop chouette parce que du coup je vais avoir un petit budget pour financer une enquête et ça c'est évidemment gratifiant moi au delà de juste me dire ok ça fait des sous et c'est vrai qu'évidemment ça me fait moins peur pour quand j'ai lancé dans quelques mois mais je vais quand même devoir les utiliser pour cette vidéo donc c'est pas juste dans dans ma poche comme ça Mais c'est surtout d'avoir un peu de légitimité, de gagner en légitimité. Je trouve que c'est dur. Encore plus quand tu es une femme sur YouTube, on cumule un peu les trucs. Des fois, je me dis, est-ce que je fais bien ? Est-ce que je suis à ma place ?
- Speaker #1
J'ai lu ton post sur Instagram quand tu annonces ta bourse. Après, c'est parce que je suis une femme. Je pense que les choses que j'ai relevées dans ton post, c'est quand tu dis, je me sens un peu plus légitime. Je me suis dit, c'est dingue parce que peu importe les parcours, tu as quand même déjà un super parcours. Je pense que tu n'as plus à prouver que tu es une bonne pour elle.
- Speaker #2
Tout le monde m'a dit ça.
- Speaker #1
Et j'ai l'impression qu'en tant que femme, c'est toujours un peu un combat avec ça même, de se sentir légitime, capable d'eux, alors que peut-être que les hommes se posent moins la question.
- Speaker #2
Je pense que quand tu es un mec, alors évidemment, il y a des exceptions, mais quand tu es un mec, tu es beaucoup plus fonceur dans ce truc. Déjà, produire en tant qu'homme sur YouTube, ce n'est pas la même chose que produire sur YouTube en tant que femme. C'est-à-dire que, par exemple, Charles me le disait, on en parle régulièrement parce que c'est un mec qui, je trouve, est très éduqué là-dessus et c'est agréable. il me disait régulièrement qu'on lui a jamais fait des remarques sur son physique. Jamais, tu vois. Alors que tu parles avec n'importe quelle créatrice de contenu, mais sur des sujets qui ne sont même pas la mode ou le maquillage ou des choses genrées. Et déjà, ça, ça n'excuse rien. Mais sur des sujets qui n'ont rien à voir, genre l'histoire avec Manon Brie qui raconte qu'on lui dit tout le temps « Ah, t'es ride, machin, etc. » Ça, c'est assez dingue. Moi, pour l'instant, j'ai eu quelques petites remarques au moment de « T'es fraîche, etc. » Mais ça va. mais je sais très bien qu'en gros... c'est ce à quoi t'es exposée en tant que femme sur Youtube alors que quand t'es un mec tu te poses pas la question de comment tu vas t'habiller ou enfin juste est-ce que tes fringues sont repassées et puis basta tu vois mais c'est vrai que moi je me pose la question est-ce que ça va être trop décolleté tu vois à chaque fois que j'arrive parfois je me dis je suis relou parce que j'ai les angles parce que je sais qu'on va pas me rater si jamais j'ai un décolleté trop machin ou si jamais on va en bourrer machin et puis
- Speaker #1
Et donc, en fait, parfois, je me dis, mais il était un peu superficiel et tout, alors que ce n'est pas le but du podcast. Mais en même temps, je sais qu'on ne va pas me rater. Donc, c'est toujours une petite charge mentale, je pense qu'on a en plus dans la tête. Hier, j'ai posté un extrait de mon podcast où je parlais justement de rôle modèle. J'interviewais une podcasteuse qui est super et qui fait des histoires justement de femmes inspirantes pour aider les petites filles à oser. Et on m'a envoyé un message pour me dire, mais toi, ta place, il est dans la cuisine.
- Speaker #0
Et je me suis dit, après, c'est pas grave.
- Speaker #1
C'est du troll, quoi.
- Speaker #0
C'est du troll. Je me dis, c'est justement des hommes qu'on dérange en prenant la parole et tout. Mais je me suis dit, un mec, on ne peut jamais envoyer ça, quoi.
- Speaker #1
Non. Mais c'est un truc qu'il faut. Je pense que ça passe au-dessus. Mais c'est juste que, tu vois, ça, plus ça, plus ça, ça peut vite être fatiguant. Et je pense que c'est aussi pour ça que tu as plein de meufs qui n'osent pas se lancer. Parce qu'aujourd'hui, par exemple, sur YouTube, forcément, je me suis intéressée à l'écosystème en vraiment me lançant dessus. T'as très peu de femmes, tout court, en fait, sur les créateurs, t'as 8% de créatrices. Quand j'ai vu ce chiffre-là, je me suis dit « c'est dingue » . Et admettons, t'enlèves les contenus genrés, et une nouvelle fois, j'ai pas de problème avec les contenus genrés et j'en regarde, tu vois, mais juste t'enlèves les contenus genrés, il y en a encore moins, tu vois. Des meufs qui se disent « ok, je vais peut-être aller sur, aujourd'hui, les terrains d'hommes » et c'est pas des terrains d'hommes, mais juste des terrains qui sont juste appropriés par les hommes sur YouTube, l'information, l'histoire, ce genre de choses,
- Speaker #0
C'est dingue. Et c'est pour ça que pour moi, à chaque fois que je reçois une femme journalist sur le podcast, pour moi, c'est aussi le thème du podcast, de mettre plus en valeur des rôles modèles. Je me dis, si on voit plus de femmes oser parler face caméra, se lancer sur YouTube, j'espère que ça inspirerait aussi d'autres femmes à le faire, parce qu'on en a besoin, je pense.
- Speaker #1
Oui, j'espère aussi. Parce que pour le coup, je pense que tant que tu ne verras pas des filles dans les miniatures, tu diras, tiens, il y a une meuf. je sais pas par exemple quand j'ai j'ai pris ma première miniature et que je le montrais autour de moi, on me disait « Ah, ça va être bien de voir une meuf sur YouTube ! » Mais tu vois, c'est ouf comme réaction. Et il n'y a aucun souci. Mais juste, j'aimerais bien que ce soit normal. Ouais. Tu vois ?
- Speaker #0
Et du coup, pour te lancer, là, t'as déjà sorti deux vidéos YouTube. C'est quoi alors le plan pour te lancer ? Tu m'as dit à partir de l'année prochaine, c'est quoi, 2026 ?
- Speaker #1
Fin novembre, je termine avec Charles. Ok. Et tout de suite après, j'enchaîne sur moi toute seule. Et je sais pas, j'essaye de... pas me mettre de deadline en me disant « bon bah tu verras bien, tu vois, je vais voir en fait si j'en vis, tout simplement » . Donc là aujourd'hui, je vais avoir des sponsors parce que c'est la seule chose que je peux avoir pour financer. Je parle même pas pour moi, tu vois. En gros là je parle vraiment du principe que si j'ai ne serait-ce qu'un SMIC, tu vois, quand je termine avec Charles, et je sais même pas vraiment comment je vais le faire, tu vois, c'est juste que je donne des cours un peu comme toi, des trucs par ci par là,
- Speaker #0
tu vois. On apprécie des moyens.
- Speaker #1
On grappille, tu vois. et je vais faire des sponsors à chaque fois juste pour les coûts de prod. Mais aujourd'hui, évidemment, vu que je débute, ce n'est pas l'aplomb de tous les créateurs de contenu avec lesquels je travaille, qui ont presque un million d'abonnés, où là, eux, ils peuvent te faire un partenariat quand même à 15 000, 20 000 euros. Là, mes partenariats, je m'en fiche, je peux vraiment donner le prix. C'est du 1 000, 1 200, ce qui est super, mais en fait, c'est vraiment ce que va me coûter la prod. Il me reste rien après.
- Speaker #0
Une prod minimale quoi.
- Speaker #1
Oui, minimal, minimal du minimal. À chaque fois, les personnes avec qui je bosse disent « je suis désolée, on réduit le nombre de jours au minimum. » J'ai un motion designer qui est un débutant, donc il est OK pour travailler pour un petit peu moins. Mon monteur, pareil, il me fait des tarifs de journaliste, alors qu'en fait, normalement, ça ne devrait pas être ça. Et ça me gêne. Et j'ai hâte de pouvoir, et j'espère pouvoir les payer plus.
- Speaker #0
Je te le souhaite aussi. Et comment tu fais justement pour trouver tes sponsors ? C'est grâce à tes vidéos que tu as sorties ? Et grâce au prix, peut-être ça va t'aider ?
- Speaker #1
J'imagine que le prix, enfin j'espère, va peut-être m'amener quelque chose. Aujourd'hui, ça m'amène plutôt des médias qui veulent acheter le projet ou qui veulent que je sois plutôt consultante pour leur contenu sur le web, etc. Ce qui, en vrai, je trouve très cool.
- Speaker #0
Ça peut t'amener des missions.
- Speaker #1
Carrément. Et pour le coup, les sponsors, il y en a qui sont venus à moi. Et aujourd'hui, j'ai signé aussi avec une agence. Donc, c'est eux aussi qui vont m'aider à les chercher. parce qu'en fait... Pareil, en fait, en gros, vu que t'es tout seul, vu que t'es tout seul, en fait, je peux pas tout faire. Et même si je suis plus avec Charles, en fait, j'ai besoin de déléguer. L'avantage d'avoir une agence, c'est que en tant que tel, je le paye pas. Il va se payer sur ce que la marque va me payer. Donc, en gros, ça me permet déjà d'avoir une petite équipe mais qui me coûte pas cher.
- Speaker #0
Ouais, c'est ce qu'on me disait sur le podcast. Alors, est-ce que tu vas mettre de la pub sur ton podcast ? J'ai jamais... J'ai pas du tout le temps pour l'instant de tout gérer parce que je fais mes missions de freelance de journaliste à côté. Et en fait, c'est un métier presque à part entière. Donc je me suis dit, je fais la première saison. Déjà, j'ai envie de faire quelque chose de quali, avoir des superbes invités. Et après, quand j'aurai une saison à montrer, j'irai un peu chercher des sponsors et tout. Mais en fait, on fait dix métiers à la fois.
- Speaker #1
C'est survivre, trouver des gens avec qui bosser. avoir une sponso, vivre aussi à côté, avoir des équipes si des fois tu vis, enfin tu vis, tu travailles avec ces gens-là, enfin c'est interminable.
- Speaker #0
Et donc là c'est quoi le... Est-ce que tu peux nous parler un tout petit peu du thème de la vidéo que tu vas avoir, enfin du prix que tu as gagné ? Oui,
- Speaker #1
bah du coup la bourse Cern-Berlonges, je l'ai gagnée pour une future enquête, qui est une enquête du coup sur le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme via TikTok, pas très fun mais qui existe. En gros, aujourd'hui, tu as plein de lives sur TikTok et en fait, c'est vraiment une sorte de flou juridique où c'est un tampon pour faire passer de l'argent. Dans le sens où toi, tu veux blanchir ton argent, j'ouvre un live, tu mets de l'argent sur mon live et c'est bon, il est blanchi parce qu'en fait, TikTok a agi malgré lui comme intermédiaire. Et tu as quelques états qui sont en train de tirer les sonnettes d'alarme parce que tu as des millions et des millions d'euros qui flottent. et qui financent notamment Daesh et qui sont liées à des trafics, notamment de drogue. Donc l'idée, c'est de faire une enquête là-dessus.
- Speaker #0
Ok. Et comment tu as justement les idées de tes enquêtes ? Est-ce que tu fais de la veille médiatique ? Comment tu vas trouver une idée ? Dire que ça, ça ferait une bonne vidéo, une show.
- Speaker #1
C'est un peu des deux. En gros, je vais fouiller au max les médias internationaux, ce genre de choses. Des fois, c'est juste, je vais dire une phrase et je vais me dire, tiens, ça, c'est marrant et ça va me permettre de creuser ainsi de suite. Des fois, je vais dire aussi juste de la documentation officielle. Des fois, ça marche bien de voir juste ce dont parle le Royaume-Uni, l'Assemblée, ce genre de choses. Parce que des fois, eux, ils ont des infos presque avant les médias. Et après sinon, des fois c'est des intuitions. Je sais pas, par exemple quand j'étais chez Vice, tu vois, on pouvait pas se permettre de faire de l'actualité hyper chaude parce qu'on était une petite équipe et en fait les gens n'attendent pas la même chose que sur BFM. Mais on pouvait quand même faire des rebonds d'actualité. Donc typiquement, quand il y a eu le début de la guerre en Ukraine, je me suis dit, mais vraiment intuition, je me suis dit, les gens sont suffisamment cons pour harceler les restaurateurs russes en France. Je me fais une liste, il y avait que 8 restaurateurs russes, des vrais russes en France, Je les appelle, presque tous, je crois qu'il y en avait un qui n'avait rien eu, ils avaient eu leur vitrine brisée, ils avaient été insultés, ce genre de choses. Donc des fois aussi, c'est juste ce truc d'avoir des petites intuitions, et de se dire, ok, ça, peut-être que ça va donner quelque chose, et puis des fois, pas du tout. Une fois, je m'étais dit, tiens, est-ce que j'avais lu un bouquin sur l'histoire qui parlait des gens qui faisaient des crises d'épilepsie ? au Moyen-Âge et qui étaient du coup traités comme si en fait ils étaient fous, comme s'ils étaient surtout possédés. Exactement, je me suis dit est-ce que c'est pas déjà le cas ? Enfin est-ce que c'est pas encore le cas aujourd'hui ? C'était pas le cas, tu vois, donc ça dépend.
- Speaker #0
Et tu me disais un peu en off, et là tu nous l'as redit, qu'il y a des médias qui ont voulu acheter ton reportage, enfin ton idée déjà pour lequel tu as gagné ton prix, et tu me disais qu'au final tu allais le laisser sur ta plateforme. Pourquoi ? Parce que pour certains, ça pourrait être un peu un rêve de passer de YouTube à la télé ?
- Speaker #1
Ouais, parce que pour le coup, je pense que je ne peux pas en parler là comme ça, sortir des noms, mais c'était des grosses émissions, très prestigieuses en tout cas dans le journalisme, où je pense, tu vois, il y a quelques années, tu m'aurais dit, tu peux faire une émission là-dessus, j'aurais fait waouh, tu vois. Mais je me dis, ok, je vais gagner pas mal d'argent et ça va être dans une émission super prestigieuse. Mais en fait, c'était mon sujet. En fait, j'ai envie de le faire à ma sauce, parce qu'en fait, même si je suis réel et je signe avec eux en tant que réel, ce qui n'est même pas sûr, en fait, ça va être fait à la sauce télé. Et ce n'est pas ça qui m'intéresse.
- Speaker #0
De la case de l'émission pour la question de la signe.
- Speaker #1
Donc en fait, mon sujet, je le perds. Je pourrais l'avoir sur ma chaîne YouTube, le faire comme je veux. Et en fait, ce ne serait pas le cas et ce n'est pas ce qui m'intéresse. Donc on verra. Peut-être que ça va évoluer. Peut-être qu'on va me proposer un truc qui pourrait être en simultané sur ma chaîne et sur une chaîne télé. J'en doute fortement. mais autrement ça m'intéresse pas trop le projet je l'ai vendu en me disant c'est pour ma chaîne je te disais tout à l'heure,
- Speaker #0
parfois on me dit tu fais ton podcast et puis peut-être qu'après tu es à l'aise maintenant pour hoster le podcast que tu pourrais retourner à la télé et je dis tout le temps mais en fait c'est un choix d'être partie, c'est pas par dépit je trouve que la liberté qu'on a en tant que journaliste par son propre média elle a pas de prix, alors évidemment on galère parfois, comme disait, à gagner sa vie ... Mais moi, je me souviens qu'en tant que réelle, et encore quand je pouvais être réelle d'un reportage ou d'un documentaire, il y avait mon rédacteur en j'ai foutu, la boîte de prod, le producteur, la chaîne. Et au final, le reportage ne ressemblait pas du tout à ce que moi, j'aurais voulu que ça ressemble. Parce qu'en fait, c'est très normé, télé, puis même le minutage, c'est super. Moi, je me dis, je fais un épisode de podcast qui doit ressembler à la durée que notre discussion... Bon, après,
- Speaker #1
finalement... Et c'est une bonne remarque, le minutage, ouais.
- Speaker #0
Mais bon, là, à un moment, on va se faire virer du studio parce qu'on ne pouvait pas payer toute la journée. Mais tu vois, si je trouve que notre interview, si je peux la faire durer une heure et demie parce que c'est passionnant, je vais le faire. Si parfois, on sait qu'une demi-heure, ce n'est pas grave, mais je trouve que parfois aussi, les formats très compliqués...
- Speaker #1
Il faut que ça rentre dans la case.
- Speaker #0
C'est ça. Il faut que ça rentre dans une case, au final, au détriment de ce que tu vas raconter.
- Speaker #1
C'est ça. Alors qu'en fait, tu vois, tu as des sujets des fois qui ne se prêtent pas à plus. et d'autres où tu te dis, mince, je suis vraiment frustrée, j'aurais bien aimé... raconter ou mettre cette interview en plus long. Et tu vois, typiquement sur YouTube, en fait, les gens s'en fichent. Tu peux sortir un truc de 45 minutes, c'est pas grave. Tout comme, tu vois, ma première vidéo, c'était 12 minutes. Mais tu vois, 12 minutes déjà, comparé à moi, ce que je faisais en télé. Alors toi, déjà, t'avais l'avantage de faire du un peu plus long. Mais moi, en télé, c'était genre 1 minute 20, grand maximum. Si tu fais du magazine, 2 minutes 30. Donc c'est assez frustrant.
- Speaker #0
Ouais, après moi, j'ai fait 90 minutes quand j'étais réelle à la télé. Moi, j'avais une équipe de prod, ça coûtait, j'ai plus d'idées des heures de prix, mais au moins plus de 100 000 euros, 200 000 euros à produire, ce que j'ai pas aujourd'hui. Donc, rien que de produire 10 minutes toute seule, c'est énorme. Ouais,
- Speaker #1
c'est ça. Moi, par exemple, mes deux premières vidéos, il y a plein de gens en commentaire, j'ai eu vraiment des retours très cools. Et la remarque que j'ai eue assez régulièrement, qui était pour le coup vraiment une critique constructive, c'était « c'était très chouette, mais j'aurais bien aimé que ce soit plus long » . Et j'ai vu ça sur les deux premières, et je me suis dit « j'entends » . Mais en fait, chaque minute que je produis coûte de l'argent et me prend un temps infini. Mais j'essaye. La deuxième, normalement, va faire 25 minutes. Et pareil, comme tu dis, je ne vais pas tirer pour tirer.
- Speaker #0
Je pense que c'est tellement une liberté qu'il faut pouvoir faire l'enquête, ce que ça vaut en durée et pas plus. Et puis si les gens trouvent que ce n'est pas assez long, c'est plutôt un compliment. C'est-à-dire que ton travail, il est... Oui,
- Speaker #1
c'est cool. Je l'ai bien pris.
- Speaker #0
Est-ce que tu as un souvenir de tournage dans toute ta carrière ? Je ne sais pas depuis combien de temps que tu es journaliste.
- Speaker #1
Ça va faire 8 ans.
- Speaker #0
Est-ce que tu as un souvenir de tournage un peu mémorable ?
- Speaker #1
En bien ou en mal ?
- Speaker #0
Un peu les deux.
- Speaker #1
Un peu les deux.
- Speaker #0
Les galères, on en a connu aussi dans le tournage.
- Speaker #1
En galère de tournage, il y en a eu tellement. Mais ce qui a été très dur pour moi en tant que journaliste, c'était vraiment de couvrir les gilets jaunes. parce que c'était vraiment le moment où je venais de sortir de mon école de journalisme. On savait que c'était un métier qui était détesté. Mais en fait, c'est différent quand tu es exposé au quotidien. Et vraiment, quand je te dis j'ai fait tous les samedis du début des Gilets jaunes, je vois que ça avait commencé en novembre ou fin octobre au mois de juin, j'ai fait tous les samedis.
- Speaker #0
Et pour quelle chaîne ?
- Speaker #1
J'ai fait pour France 2, pour France 3, pour France Info, pour BFM, pour RTT.
- Speaker #0
Voilà toutes et toutes.
- Speaker #1
Et c'était terrible. Et j'ai fait dans toute la France. Donc j'ai fait en effet Paris, les Champs Elysées, avec les pavés qui partaient dans tous les sens. J'ai fait aussi Strasbourg, Nantes, plein de villes différentes. Il y avait évidemment des moments où heureusement ça se passait bien. Mais avoir des gens qui te hurlent « vous êtes la finance ! » alors qu'en fait, tu as probablement beaucoup moins que lui sur son compte en banque. J'ai eu des amis qui ont été à l'hôpital. C'était vraiment d'une violence extrême où tu te dis « punaise, comment je vais réussir en tant que journaliste à essayer de renouer avec ces gens-là ? » Moi, je prenais énormément de temps au départ à parler avec eux. Je sais pas si t'as eu l'occasion d'en rencontrer toi des Gilets jaunes, mais c'était particulier.
- Speaker #0
Pas trop parce que moi je faisais du magazine, mais moi j'étais ultra attristée de voir évidemment mes collègues... J'ai des copines qui étaient JRI, donc qui étaient journalistes, et avec leur caméra qui y allaient. Quand je les voyais arrêt nachés, ça me brisait le cœur parce que je me disais « waouh » . Et en même temps, on comprend la méfiance qu'il peut y avoir envers les médias parce qu'il n'y a pas tout qui fonctionne bien. Bien sûr. Et en même temps, nous, on sait qu'on est de bonne foi et qu'on est passionnés par ce qu'on fait et qu'on veut justement relayer l'info et relayer ce qui se passe. Et c'est pour ça aussi que ce podcast, pour moi, il est important de me dire, en fait, oui, les journalistes, ils sont souvent précaires. Enfin, c'est pas nous qui décidons, on n'est pas les patrons des médias pour lesquels on travaille. Et parfois, il y a même des urgentes. Parfois, on fait des reportages juste parce qu'on a besoin de bosser. Et il y a ce côté-là que les gens ne connaissent pas. Et moi, je sais que quand j'arrive pour faire des reportages, les gens pensaient que j'allais être un peu une princesse. Tu sais, quand tu fais des reportages, tu dois te glisser dans la vie des gens. Et en fait, quand ils se rendent compte que tu es quelqu'un de normal, de plutôt simple, et qu'en fait, tu gagnes sûrement moins qu'eux, en fait, ils sont assez surpris. Et donc, je trouvais ça assez triste d'avoir cette division entre les médias. Et les gens, alors que ça devrait pas,
- Speaker #1
mais... Ouais, t'as vraiment un mythe, en fait, autour du journaliste, je crois, qui est... Surtout la télé. Ouais, surtout la télé. T'as ce truc où t'as le présentateur, etc. Ils imaginent vraiment tous les journalistes dans une sorte de prison dorée à Paris, tu vois, complètement déconnectés. Et il y en a, évidemment, tu vois. Tous les clichés, ils viennent pas de nulle part. Et moi, je les comprenais, les Gilets jaunes, quand ils disaient « on se sent pas représentés » , je les comprends. Mais il y a aussi des moments où tu te dis, bah en fait, tes cours d'éducation au Média, en fait... obligatoire à partir du CP, ce serait génial. Comme les cours d'éducation sexuelle, on va vous apprendre aujourd'hui ce que c'est une fake news, ainsi de suite, je le fais de temps en temps, mais c'est un truc où tu prends du temps bénévolement et si le gouvernement prenait vraiment les choses à bras le corps en disant juste, ah oui, il y a des fake news, mais non, on va mettre un peu d'argent parce que ce ne serait pas non plus hyper cher d'avoir des cours d'éducation média, je suis sûre que ça aiderait.
- Speaker #0
Je ne sais plus si ça existe maintenant à l'école, mais l'éducation civique, moi ce que j'explique quand j'en ai cours à mes élèves, c'est juste apprendre à être un bon citoyen. En plus, c'est dans des écoles de com, donc je leur dis, c'est aussi votre boulot. Vous ne pouvez pas relayer n'importe quoi, il faut faire attention. Mais rien que de savoir à qui appartiennent les médias, ce genre de choses-là, avoir un peu de recul. Je leur apprenais la définition d'une fake news, et je leur dis, mais une fake news, ce n'est pas une fausse info qu'un journaliste va se tromper parce que parfois il y a la course au secours. On se coupe aussi,
- Speaker #1
on peut faire des erreurs.
- Speaker #0
Et souvent, après, on va dire, OK, on s'est trompé, on a voulu aller trop vite. Une fake news, elle a pour but de vous manipuler. Et c'est là où c'est important de savoir éviter, alors on ne peut pas tout le temps, mais d'éviter de tomber dans le piège. Donc, oui, pour moi, c'est primordial de savoir tout ça. Mais je me dis que ça commence à changer. On commence à en parler de plus en plus. Et j'espère que dans les écoles, on en parlera.
- Speaker #1
Moi, c'est un peu l'IA qui m'inquiète, parce que même en tant que journaliste, tu vois, c'est très compliqué par moments, sur certaines images, d'être vraiment raccord et de dire « Ok, ça, c'est de l'IA » . Évidemment, je ne me fais pas avoir dans les trucs de petits vieux en mode « Oh, il y a un château de sable en forme de Jésus » , tu vois, il y a des trucs de dingos qui sont hyper drôles.
- Speaker #0
Oui, tu parles des deepfakes.
- Speaker #1
Mais sans parler des effets, tu vois, avec Charles, on avait fait tout un short sur les incendies à Los Angeles. Et bien, à un moment, on avait laissé passer... une image qui était générée par IA et qu'on n'avait pas captée au départ. Et en fait, aujourd'hui, on n'a pas les outils suffisants pour tout de suite déceler que ça, c'est l'IA. Et c'est ce qui m'inquiète le plus. Vraiment, de temps en temps, je tombe sur des vidéos, encore plus depuis le nouvel outil de Google. Je me dis qu'il va falloir qu'on s'arme de patience parce que niveau debunk et fake news, on va en avoir plein, plein, plein avec ça.
- Speaker #0
Oui, mais je pense que ça va être notre grand défi aussi de journalistes, d'arriver à expliquer aux gens, aider Bunker, et même nous, ne pas se faire avoir par les infos et les sources qu'on va recevoir. Et est-ce que tu as quelqu'un que tu rêves d'interviewer ?
- Speaker #1
C'est une bonne question. Quelqu'un que je rêve d'interviewer ? Moi, je suis plutôt dans l'optique d'interviewer des gens qu'on n'a pas vus dans les médias. Donc, je n'ai pas un nom où je me dis « Ok, j'adorerais rencontrer cette personne » . Il y a des gens, évidemment, que j'admire parce que j'adore leur écriture. Par exemple, Leïla Simagny, j'adore. Je ne fais pas du contenu littéraire, donc je ne l'interviewerais pas forcément. Mais j'essaye vraiment, pour le coup, plutôt de m'atteler aux gens dont on ne va pas beaucoup parler. Tu vois, il y a par exemple mes prochaines vidéos. Tu vois, j'aimerais bien faire un truc sur le milieu agricole, ce genre de choses. Donc, pas forcément, tu vois, parce qu'en plus, j'ai eu le temps, avec la télé, d'interviewer beaucoup de gens, beaucoup de ministres, ce genre de choses. Et ce n'est pas ce qui m'attire le plus. Et je pense que ce n'est pas comme ça que je vais vraiment intéresser les gens ou même avoir quelque chose, moi, à apporter en tant que journaliste.
- Speaker #0
Mais est-ce que par exemple, il y a des gens où... pays ou enfin tu vois quelque part une enquête qui te fait un peu rêver ?
- Speaker #1
Eh bien écoute moi j'aimerais bien poursuivre une enquête que j'avais commencé chez Vice qui avait vachement bien marché, qui était une enquête sur le trafic d'organes des Ouïghours et c'était juste avant qu'on se mettait vraiment à parler des Ouïghours et ça avait vraiment mené à une conversation au Sénat après une enquête de l'OTAN tu vois ça c'est hyper rare en tant que journaliste qui est vraiment quelque chose en fait après ce que tu as fait parce que généralement faut se dire ok je le fais pour informer les gens qui vraiment des retombées en tant que telle. généralement il n'y en a pas tu vois mais là du coup il y avait eu quelque chose et ouais c'était trop bien et la frustration c'est que j'y suis pas allée en Chine c'était vraiment une enquête 100% à distance avec des témoignages tout était très étayé mais évidemment je sais que les camps de Ouïghour aujourd'hui sont complètement fermés d'accès mais j'adorerais refaire ça en version vidéo parce que c'était un article papier et vraiment le mettre au bout du jour. Mais par exemple, moi, je sais que ce serait très compliqué parce que, par exemple, je suis dans l'éviseur parce que j'ai déjà fait une enquête là-dessus. Donc, je pense que je remets les pieds en Chine. Si je suis déjà allée, je pense que peut-être que ça passerait. Mais pour m'approcher, en tout cas, de la région du Xinjiang où il y a des camps de gourds, ce serait compliqué. Mais par exemple, bosser avec des gens sur place, ça, ce serait génial.
- Speaker #0
OK. On note. Alors, j'espère que tu verras ça bientôt sur ta chaîne. est-ce que t'as encore euh J'imagine que tu es encore jeune, mais est-ce que tu as encore des rêves quand tu dois, dans 10 ans ? Je ne sais pas, comment tu t'imagines encore avec ta chaîne YouTube ?
- Speaker #1
Écoute, mon rêve aujourd'hui, c'est de pouvoir en vivre. Les médias traditionnels m'ont déçue. Je ne me vois pas forcément y retourner. Je ne me vois pas non plus arrêter de jouer, c'est parce que j'adore ce métier. J'adore ça, vraiment, je sais que je l'ai dans le sang. tu vois. Donc, dans 10 ans... Honnêtement, si j'ai ma chaîne YouTube, si je peux m'éclater avec des autres journalistes, moi j'ai vraiment envie de ça aussi, de faire des collabs, de pouvoir par exemple acheter une enquête d'un journaliste écrit, qu'on travaille ensemble. J'ai aussi envie de ramener le journaliste sur YouTube qui existe, mais de manière un peu trop individuelle, je trouve. Ça, ça me ferait vraiment kiffer. Et il y a encore plein de choses à faire. Là, j'ai pu réaliser un rêve qui était de réaliser un reportage à l'étranger pour ma chaîne. Je suis partie au Japon il y a un mois. ça devrait sortir du coup mi septembre tu vois l'un de l'une des deux vidéos que j'ai pu tourner ça c'est déjà génial donc finalement c'est des choses qu'on a pu peut-être vivre un peu à travers des médias traditionnels mais quand c'est tu vois comme pour toi pour ton podcast ou moi pour ma chaîne youtube quand c'est pour toi et que tu sais ce pourquoi tu le fais en fait ça prend une autre dimension tu vois.
- Speaker #0
Ouais je trouve moi je suis ultra émotionnelle avec mon média parfois ma famille ils comprennent pas du tout mais tu vois quand j'arrive à Avoir une invitée qui me dit oui, qui vient, d'avoir tourné cette semaine. En deux semaines, j'ai tourné six épisodes et j'étais ultra fière que des gens acceptent venir sur mon média. Et à chaque fois que j'ai une bonne nouvelle, j'ai tout le temps envie de pleurer parce que je suis trop fière. Alors qu'évidemment, j'aimais trop mon métier, mais je me dis aujourd'hui, le digital, il nous offre cette possibilité. Moi, ça m'offre la possibilité de faire le métier de mes rêves en vrai. Et parfois, quand je repense à la petite fille qui voulait être journaliste, peut-être parce que j'étais une femme et j'aurais jamais osé, un petit média, tu vois, aujourd'hui, lancer mon propre média. Tu vois, j'arrivais d'être journaliste, mais alors avoir mon propre média et décider des sujets dans lesquels je pourrais parler, je trouve que c'est assez... C'est pour ça, je te comprends, quand tu me dis que j'ai été déçue par les médias, tu as dit, aujourd'hui, je n'y retournerai pas. Tout ce que j'ai envie, c'est de pouvoir vivre ce que je fais. Je comprends tellement. je me vois pas faire autre chose je crois plus tard dans 10 ans on sait ce qu'on nous souhaite écoute j'espère et c'est vrai que je trouve que c'est pas encore ultra développé enfin il y a encore des journalistes dessus est-ce que s'il y a des journalistes qui osent pas se lancer et qui s'écoutent à ce micro qu'est-ce que tu leur dirais ?
- Speaker #1
bah de foncer évidemment se lancer sur Youtube aujourd'hui c'est pas la même chose que se lancer il y a 15 ans où tu avais des gens qui avaient une petite caméra merdique posée sur trois bouquins en guise de trépied, je ne vais pas dire le contraire. Je pense qu'aujourd'hui, ça s'est vachement professionnalisé. C'est un métier en tant que tel. Je pense quand même que tu peux arriver sur YouTube et d'un coup faire des millions de vues. C'est ce qui est arrivé à Benoît. Moi, ça a bien marché. J'ai fait 100 000 vues pour ma première vidéo. Ce n'est pas un million, mais je m'en fiche. Ce qui compte, c'est d'avoir déjà ton audience et que tu dises « Ok, j'ai pu raconter l'histoire comme je la voulais. » Donc aujourd'hui j'aurais tendance à dire bon bah si vous n'avez pas les moyens, bah vous faites avec les moyens du bord. Est-ce que vous avez un sujet qui pour vous va forcément péter parce que personne n'en a déjà parlé, c'est hyper intéressant et vous avez fait une enquête pour le canard enchaîné mais en fait super les abonnés du canard enchaîné l'ont lu, ont trouvé ça bien mais en fait ça pourrait avoir une portée beaucoup plus grande parce que YouTube. Donc allez-y et en fait on s'en fiche si le matos est pourri, si vous voulez faire un truc où vous voulez... plus raconter une histoire, un truc plus chill, dans ce cas-là, pourquoi pas louer, comme toi, tu loues le studio, louer juste sur le moment du tournage et faire au fur et à mesure. Mais pour moi, en fait, tout est aujourd'hui possible. Et même si on se trompe, c'est pas grave. J'ai envie de te dire, je sais pas si toi, tu faisais des duplexes de temps en temps. Tu as eu cette chance. Tu vois, moi, par exemple, au départ, quand j'ai commencé les duplex, les directs à la télé, j'étais super stressée, tu vois, forcément. En plus, moi, j'ai commencé avec France Télé, France 2, France 3. Donc, en fait, c'est très sacralisé. En gros, tu n'en fais qu'un, tu vois. Donc, sinon, tu te plantes. Et je me souviens, au départ, des fois, je bafouillais, ce genre de choses. On me criait dessus. Tu avais un mot où j'avais bafouillé, on me murlait dessus. Merci, mes chefs. Et après, j'ai commencé à bosser, tu vois, aussi en chaîne info, où là tu les enchaînes toutes les demi-heures et tu commences un peu à désacraliser le truc. Tu te dis, en fait, j'en ai loupé un, je refais un après, tu vois. Alors évidemment, c'est dur parce que c'est ta chaîne, c'est ta vidéo, etc. En fait, tous les gros youtubeurs, ils diront, il y a des vidéos que j'ai ratées, c'est pas grave.
- Speaker #0
Mais moi, c'est pas... Alors moi, pour le coup, c'était plus... Comme j'étais réelle, j'étais cachée derrière la caméra pendant 7 ans à la télé. Et quand j'ai voulu me lancer en friand, je me suis dit, ah mais là, il va falloir que tu sois incarnée. C'était super dur parce que... très compliqué quand tu es une femme d'avoir le rapport à l'image etc Et puis aujourd'hui, j'y pense, mais beaucoup moins. Et c'était la première prise de parole en public. J'ai fait une conférence sur les femmes et tout dans une mairie. Et c'était horrible. Je me suis totalement vautrée. C'était kata. En fait, je me suis rendue compte que je n'étais pas du tout morte. Ce n'est pas grave. J'ai survécu. C'est juste mon égo qui a été touché. Et aujourd'hui, tu vois, je fais des conférences, je donne des cours. Et voilà, j'anime mon podcast. Ça se passe très bien. Et je pense que là, j'en suis à une quinzaine d'épisodes. Mais si je revoyais le premier que j'ai sorti il y a six mois, c'est normal que j'étais beaucoup moins à l'aise. Et en fait, j'optimise le montage, j'optimise l'écriture à chaque fois, au fur et à mesure, parce que moi, je ne peux pas être parfaite du premier coup. Et je pense qu'on a...
- Speaker #1
C'est pas que toi, c'est tout le monde. Je peux rassurer Mélanie, c'est tout le monde.
- Speaker #0
Et je me dis, en fait, les gens, parfois, ils n'osent pas s'en serrer parce qu'ils ont peur de ne pas être prêts. Mais je pense qu'on n'est jamais prêts. évidemment il faut réfléchir un petit peu à ce qu'on fait, à avoir une petite stratégie à préparer son contenu mais Mais je pense qu'en fait, on va s'améliorer en faisant. Et je pense que les gens oublient que les gros youtubeurs qui voient aujourd'hui un Innoxtag, un Squeezie, ils sont là depuis plus de dix ans. Si on ressort à leur première vidéo, bon déjà, ils seraient très jeunes. Mais en plus, ils n'étaient pas du tout parfaits. Ils seraient dix ans, quinze ans de métier derrière.
- Speaker #1
Et puis même, en fait, ce que toi, tu considères comme des erreurs, des fois, les gens, ils ne vont même pas capter. Des fois, je me fais un drame vraiment sur « Ah, mais le son, nanana ! » Et tu vois, on me dit « Mais j'ai rien vu ! » j'ai rien vu, j'ai rien entendu, tu vois. Donc, évidemment, des fois, il y a des erreurs qui peuvent être plus ou moins visibles, mais aujourd'hui, on parle souvent, tu vois, sur les réseaux sociaux, de sincérité, et c'est vachement, par exemple, les marques qui recherchent beaucoup, c'est l'authenticité, la sincérité, mais ça passe aussi par ça, ça passe parfois par faire des conneries, tu les assumes, et puis voilà, et les gens, en fait, ils auront plus l'impression d'être proches de toi que si le truc est chiadé comme pas possible, où t'as certes dépensé des centaines de milliers d'euros, mais ça a pas d'âme.
- Speaker #0
Il n'y a pas d'humanité. Je suis d'accord avec toi. Donc du coup, le mot d'ordre, c'est lancez-vous.
- Speaker #1
Ouais, clairement, lancez-vous. Essayez, ratez, explosez, c'est pas grave. Dans tous les cas, moi je me dis toujours une chose, c'est même si moi, par exemple, ça marche pas dans un an, les vidéos, elles ont marché, mais je peux pas en vivre. Bah en fait, elles sont toujours là, tu vois. En fait, je vais pas revenir en arrière, casse zéro. Oui, certes, j'aurais perdu de l'argent, ça c'est évident, tu vois. Mais le truc, je l'aurais fait, je pourrais toujours le montrer, je pourrais toujours en être fière. Professionnellement, je pourrais toujours me dire « Je l'ai fait et je suis allée au bout. » Et en fait, moi vraiment, dans ma vie, j'ai le mojo de « Je veux pas de regrets » comme plein de gens. Mais si je l'avais pas fait, je sais que je l'aurais regretté. Et ça faisait déjà des années que j'y pensais. Pour le coup, je remercie vraiment Charles parce que c'est lui qui m'a mis le coupier au cul et qui m'a dit « Justine, fais-le si t'en as envie. »
- Speaker #0
Moi, c'est pareil. Je pense que je me suis pas posée la question, c'est juste que je me suis dit « En fait, tu le regretteras toute ta vie et au pire, tu ne pourras pas te reprocher d'avoir essayé. Et puis, tu pourrais toujours aller après montrer aux boîtes que tu sais faire toute seule. Et ça, c'est super. Et au final, ce n'est pas le nom de milliers ou de centaines de milliers de vues qui fait que ton travail est super ou pas. Un jour, ça pète ou ça ne pète pas. Tu ne sais jamais quand ça va arriver et ce n'est pas le plus important.
- Speaker #1
Ce qui compte, c'est que tu sois épanouie quand tu le fais et que tu sois fière et contente à la fin. C'est l'essentiel. C'est facile à dire. Des fois, c'est plus compliqué, tu vois, quand tu as vraiment investi du temps et qu'il y a quelque chose qui ne marche pas. Mais je pense que c'est vraiment un truc vers lequel il faut toujours tendre.
- Speaker #0
Et dernière petite question, si tu devais écouter ce podcast, qui t'aimerais avoir derrière ce micro que je n'ai pas reçu ? Question ? Est-ce que tu as envie de t'étendre aux gens à l'international ?
- Speaker #1
En anglais ?
- Speaker #0
Oui, en anglais.
- Speaker #1
Je peux essayer.
- Speaker #0
Do you want to try ? Moi, il y a une journaliste sur YouTube, justement, que j'aime beaucoup, qui s'appelle Cléo Abraham, qui…
- Speaker #1
Ah oui, on a déjà parlé, je crois, à nos interviews.
- Speaker #0
Vraiment, qui est une grande source d'inspiration pour moi, que je trouve hyper intéressante, parce qu'elle a réussi ce pari, justement, de sortir d'un gros média pour créer… vraiment, elle a littéralement créé un média et... que je trouve fascinante parce qu'elle te fait de la vulga scientifique. Moi, vraiment, c'est des trucs qui me saoulent. Je trouve ça chiant. Et en fait, toutes ces vidéos, elles sont passionnantes. Tu vois, parce qu'elle va te trouver le hook, la manière de raconter. Évidemment, elle travaille avec des gens, elle aussi, tu vois. Mais en fait, elle a réussi à vraiment trouver son identité sur YouTube. Et pareil, j'ai l'impression que c'est une meuf qui est relativement préservée des gens qui sont cons, alors qu'en fait, elle est vraiment dans un terrain très masculin qui est la science, tu vois. Et typiquement, je suis sûre qu'elle serait ravie d'être là et d'avoir un truc avec toi en échange, parce que pareil, ce truc de partir d'un média et un très gros média pour lancer ta propre chaîne, ça veut dire quelque chose. Il y a le côté très entrepreneurial, très féministe, et puis aussi un peu... En fait, les médias actuels, c'est bien qu'ils existent, mais il y a d'autres voies possibles. Je pense qu'il y a vraiment des gens qui sont faits pour être épanouis dans les médias actuels, et tant mieux pour eux. Évidemment les médias, il faut qu'ils changent leur comportement, tu vois, dans tous les cas la toxicité ça convient à personne. Mais il y a des gens qui sont faits pour travailler dans des médias traditionnels et il en faut. Et tu as maintenant de nouvelles formes, tu vois, de journalistes qui sont en train de se créer et qu'il faut en fait encourager.
- Speaker #1
Ouais, mettre en valeur. Ok, bah écoute, je vais essayer. J'avais vu un Australien donc je vais réviser mon anglais. Ah bah voilà ! Trop cool ! Et du coup si les gens, ils ont envie... de te suivre. Où est-ce qu'ils peuvent te retrouver ?
- Speaker #0
Alors, évidemment sur Youtube. C'est assez facile, tout est à mon nom, donc Justine Rex, R-E-I-X. Donc il y a ma chaîne Youtube principalement.
- Speaker #1
Donc il faut s'abonner, absolument.
- Speaker #0
Exactement, ouais, ça fait plaisir à l'algorithme. Commenter, liker, évidemment c'est assez dingue, mais voilà, c'est un algo, donc en fait, dès qu'une vidéo sort, quand on a envie de soutenir quelqu'un, c'est comme ça. Moi, par exemple, depuis que j'ai une chaîne Youtube, je me rends beaucoup plus compte de ça.
- Speaker #1
Je ne le faisais pas avant. Maintenant, dès que, par exemple, mes envies invité, dès que tu vas te reçoire quelqu'un, je le follow de partout. Parce que je sais que c'est trop important. Et je fais de l'éducation à tous les gens autour de moi, je les soul. Mais parce que...
- Speaker #0
En fait, on n'a pas cette tendance à, par exemple, poster un commentaire. Alors que des fois, il y a des vidéos que je kiffe. Vraiment, je me dis, ouais, elle est trop bien. Des fois, je la partage même à des potes. Mais je ne vais pas envoyer un message dire que c'est cool. Alors qu'en fait, tu vas avoir des gens qui vont des fois se recevoir de la haine par une minorité. Et la majorité va avoir kiffé, mais ne va pas l'avoir dit. Tu vois, alors un message qui dit... « Waouh, c'est trop bien ce que tu fais ! » J'ai eu des messages qui étaient trop touchants sur « C'est cool de voir une meuf, c'est cool de voir du journalisme différent aujourd'hui. » Ça met du baume au cœur et typiquement, après, je suis sûre que tu fais pareil, des fois tu peux dire « Ok, j'ai un coup de mou » ou je me remets en question. Tu vas lire ce genre de commentaires et c'est cool.
- Speaker #1
Moi, souvent, bizarrement, après je crois à ce genre de choses, mais souvent quand j'ai des coups durs, c'est souvent que je reçois un message et je me dis « Ah, en fait, tu sais pourquoi tu le fais. » Et même s'il y a une personne qui a écouté ton épisode...
- Speaker #0
Bien sûr !
- Speaker #1
et à qui ça fait du bien, c'est ok tu vois, et donc c'est trop précieux, donc surtout abonnez-vous à la chaîne de Justine, c'est important pour donner de la force, donc sur Youtube et Instagram aussi ?
- Speaker #0
Ouais Instagram je suis partie des gens un peu étranges où j'ai plus d'abonnés sur Youtube qu'Instagram parce que mon Instagram était presque un Instagram juste, tu vois, perso, moi en tant que journaliste j'utilisais beaucoup Twitter, donc c'est là où j'avais pas mal d'abonnés, mais Insta en fait je le délaissais pas mal, et là je me suis dit ok je fais passer mon Insta perso à l'Insta pro, donc j'ai des potes qui m'ont dit ah t'as viré tes photos de vacances, oui j'ai fait pareil aussi donc en gros évidemment Instagram aussi Justine Rex et après je me lance aussi un petit peu sur TikTok pareil, tout est à mon nom donc c'est assez facile ok super,
- Speaker #1
bah écoute merci beaucoup pour cet épisode, merci beaucoup pour l'invitation c'était trop cool et puis donc à très vite pour un prochain épisode merci,
- Speaker #0
merci à toi
- Speaker #2
Si l'épisode t'a plu, n'hésite pas à laisser un commentaire sur Apple Podcasts et Spotify et à t'abonner à ma chaîne YouTube. C'est vraiment très très important pour soutenir mon travail et n'hésite pas aussi à t'abonner à la chaîne YouTube. Si tu te demandes ce qu'il se dit en train d'inviter un podcasteur une fois qu'on a coupé l'interview, je te partage notre toute première seconde en off. Spoiler, on parle évidemment encore de journalisme. A très vite et rendez-vous au prochain épisode.
- Speaker #1
Ça va, ça a été ?
- Speaker #0
Très bien et toi ?
- Speaker #1
Ouais, très bien. Ça fait une heure. Ça va ? C'est un peu dans le jeu, on fait pas de pause ?
- Speaker #0
Non, non, très bien, tout va bien, c'était hyper intéressant. Puis c'est cool d'avoir quelqu'un qui a vécu un peu la même chose. C'est où ton histoire sur le mariage de ta pote ?
- Speaker #1
Ouais, ouais, bah ouais, faut que je la réponde, c'est plein de temps. Mais c'est vrai, à chaque fois je suis ultra aimée parce que je me dis, je sais pas pourquoi je prends la décision, mais parfois c'est la décision la plus importante de ma vie. Ouais,
- Speaker #0
bien sûr, c'est important de...
- Speaker #1
Et des petits déclics... Et pendant 7 ans, je me suis dit tu regretteras le jour où tu partiras parce que tu n'as jamais regretté. Et en fait, j'étais un moment ultra heureux. Et en plus, maintenant, Osgore, c'est devenu un endroit où ma safe place est toute seule. Parce que c'est là où j'ai pris mon temps.
- Speaker #0
C'est chouette. En plus, c'est joli. Oui,
- Speaker #1
mais je pense qu'on est plein à en vivre. Hey, je te le dis en off.