- Speaker #0
J'étais par maquillée et en fait il n'y avait pas de lumière sur mon visage et du coup mon visage il est genre tout noir. Parce que j'ai plein de maquillage et comme il n'y a pas de lumière j'étais à...
- Speaker #1
Sur l'épisode d'épisode ou sur la...
- Speaker #0
Sur tous les rushs.
- Speaker #1
Ah merde.
- Speaker #0
En fait elle m'avait fait les yeux foncés et tout et en fait j'ai pas du tout les lights sur moi.
- Speaker #1
Ah putain. C'était pas rentabilisé.
- Speaker #0
Non j'étais à 100 balles de maquillage pour rien.
- Speaker #1
Ah merde. Ouais j'ai une pote maquilleuse à BFM.
- Speaker #0
Ah ouais, pour qu'il maquille les plateaux ?
- Speaker #1
Les plateaux, les invités, ouais.
- Speaker #0
Moi j'ai un de mes anciens stagiaires qui fait des plateaux maintenant à TFR. Bah je sais pas si tu le connais, il s'appelle Valentin.
- Speaker #1
Valentin comment ?
- Speaker #0
De mai.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Attends je vais stalker.
- Speaker #0
Après il est jeune, je pense qu'il fait les nuits.
- Speaker #1
Ah y'a pas de réseau.
- Speaker #0
Le pauvre.
- Speaker #2
Ok.
- Speaker #0
Fais comme si je voyais. Très bien. Pas de vagues ? Ouais, ça a l'air bien.
- Speaker #1
Moi, je vois, je...
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Ouais. Ouais. Ok. Ouais. Ok. Ok.
- Speaker #0
Non, à part les chiffres de l'euro million. Très bien. Normalement, je ne regarde pas mes questions, mais on fait un peu au fil. Mais bon, comme j'ai une semaine un peu, je suis un peu fatiguée, ça peut m'arriver de regarder des questions. Mais normalement,
- Speaker #1
c'est misé.
- Speaker #0
Bonjour Clément, bienvenue sur le podcast Je te le dis en off, je suis très contente de te recevoir aujourd'hui. Est-ce que tu peux te présenter pour les gens qui ne te connaîtraient pas ?
- Speaker #1
Je m'appelle Clément, j'ai 28 ans, je suis journaliste, reporter d'images. J'ai une caméra et je vais sur le terrain pour filmer l'actu, ça fait 10 ans que je fais ça. Et j'ai monté une agence de presse, depuis que j'ai commencé en fait. en freelance, en vendant mes images à droite à gauche. Et maintenant, j'ai professionnalisé cette activité-là en 10 ans. Et maintenant, je suis officiellement directeur d'une agence de presse qui regarde ma carte de presse et ce qui est marqué dessus.
- Speaker #0
À 28 ans ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
C'est étonnant, quand même.
- Speaker #1
Je ne sais pas.
- Speaker #0
Je me demande souvent quand je reçois des journalistes sur le podcast parce que souvent, pas tout le temps, mais souvent, ce métier, c'est une vocation. Est-ce que tu as toujours eu envie d'être journaliste ?
- Speaker #1
Pas tout le temps. toujours depuis que j'étais tout petit. J'ai toujours été attiré par l'audiovisuel, par la vidéo, enfin voilà. Mais quand j'étais plus jeune, c'était inimaginable pour moi de me dire oui, tu peux être journaliste.
- Speaker #0
Pourquoi ?
- Speaker #1
Je ne sais pas, c'était un truc inatteignable,
- Speaker #0
si tu veux.
- Speaker #1
Je me rappelle très bien quand j'étais petit, il y avait des magazines quand j'étais au collège ou des trucs comme ça, avec les métiers. Il y avait un magazine sur le métier de photoreporteur. Je ne me dis pas que c'était trop bien et tout, mais c'était vraiment un truc inaccessible pour moi. Je me dis, jamais je ne ferai les études. pour ça. Moi, j'ai grandi en banlieue parisienne. Je me suis dit, mais jamais, c'est pas un métier pour moi. Et puis...
- Speaker #0
Tu pensais faire quoi, alors ?
- Speaker #1
Pendant très longtemps, je ne savais pas trop. Au collège, j'ai été harcelé pendant plusieurs années. Et par hasard, j'ai appris à faire des sites Internet quand j'étais au collège. Et ça m'a un peu sorti ce harcèlement. En tout cas, j'avais une passion, si tu veux, à côté pour me vider la tête et un peu me donner confiance en moi, de me dire que j'arrive à faire un truc tout seul, je ne dépends que personne. Et donc pendant longtemps, j'ai voulu être développeur. Et après, les aléas de la vie, des rencontres et tout, ont fait que je me suis remis dans la vidéo. Enfin, j'ai appris la vidéo et après, un peu par hasard aussi, j'ai compris que je pouvais aller sur des manifs, sur des procès et vendre mes images. Et donc une fois que j'ai compris que je pouvais faire ça et que ça marchait, j'ai continué et j'en suis là aujourd'hui.
- Speaker #0
Donc tu n'as pas fait d'école de journalisme ?
- Speaker #1
Non, je n'ai pas fait d'école de journalisme. Après le lycée, du coup, je me posais cette question-là. Et en fait, j'ai vu les écoles de journalisme reconnues, pas reconnues, j'y comprenais rien. Et puis, je voyais les concours et enfin, j'étais pas mauvais à l'école, mais moi, genre le truc de concours, de machin, il y a une sélection, il y a une compétition. Enfin, j'ai toujours détesté ça. Je pense que ça vient aussi un peu du harcèlement où j'avais pas forcément confiance en moi à l'époque. Et donc en fait, j'ai même pas essayé. J'ai même pas essayé de postuler dans les écoles reconnues parce que je me suis dit, jamais je vais y arriver, c'est pas pour moi. En plus, je voyais sur les... les... Les écoles reconnues que beaucoup avaient fait genre Sciences Po. Moi, j'étais un gamin en banlieue parisienne. Non, ce n'était pas pour moi. Donc, je n'ai même pas pensé essayer de faire ces écoles reconnues.
- Speaker #0
Et du coup, j'imagine que peut-être le petit garçon que tu étais, qui rêvait qu'il y avait un jour, qui a entendu parler du métier de photoreporteur, aujourd'hui, à 28 ans, avoir créé ton agence de presse, il penserait quoi ?
- Speaker #1
Je pense qu'il serait content. Je mesure la chance que j'ai eue parce que j'ai commencé un peu par hasard. Je pourrais raconter après pourquoi, mais j'ai commencé par hasard, j'ai réussi à en vivre. Et maintenant, j'arrive à faire bosser d'autres gens et ça se développe gentiment pour voir plus grand. Donc, je suis hyper content et ce n'est pas facile tous les jours parce que d'être son propre patron, d'être tout seul sur le terrain, il n'y a personne qui me dit, va faire tel sujet, il n'y a personne qui me dit, c'est ça tes horaires et tout. Je n'ai pas d'horaire, je suis joignable à tout. toute heure du jour, de la nuit. Et même la pression, maintenant, je gère une entreprise, donc c'est beaucoup de trucs chiants, d'administratifs et tout. Il y a beaucoup de pression et de choses pas forcément cool et faciles, mais je mesure la chance que j'ai et que j'ai eu pour réussir à arriver là où j'en suis. Donc, tous les jours, je me lève le matin et je suis content de bosser pour moi-même et de ne pas avoir un chef au-dessus de moi qui me dit quoi faire et d'être libre, en fait. Et ça, c'est hyper précieux.
- Speaker #0
T'as jamais bossé dans une rédac, en fait ?
- Speaker #1
Non, j'ai fait quelques piges. En fait... J'ai fait un BTS audiovisuel après mon bac et j'ai fait quelques stages à l'AFP France Télé à BFM. Donc j'ai vu pendant quelques semaines ce que c'était une rédaction et j'ai fait quelques piges à BFM vraiment au tout début de ma carrière. Mais je dis en faire trois ou quatre. Donc je sais comment ça se passe, mais pas plus.
- Speaker #0
Et du coup, je suis curieuse de savoir et je pense qu'il y a peut-être des gens qui nous écoutent et qui rêvent. de devenir journaliste. Comment on devient journaliste quand on n'a pas fait d'école ?
- Speaker #1
Franchement, on me pose la question et moi, mon conseil, c'est un peu bizarre, mais c'est d'essayer de faire une école. Maintenant, il n'y a pas que les écoles reconnues, il y a des écoles privées, pas reconnues, mais on arrive quand même à travailler derrière. C'est pas facile. Même le métier de journalisme, qu'on ait fait une école ou pas, c'est pas facile. Il faut avoir de la chance, il faut en vouloir, il faut être passionné. Mais de... De faire une carrière de journalisme sans faire d'école, c'est hyper dur. Et c'est ce que je dis, moi j'ai eu énormément de chance d'avoir les bonnes rencontres, d'avoir aussi des périodes d'actu qui m'ont beaucoup aidé. Mais d'arriver comme ça, à sortir du bac par exemple, et se dire « ouais, je vais être journaliste et je vais bosser en rédac » , c'est hyper dur. Et je pense que faire une école, même une école pas reconnue, il y a beaucoup d'écoles pas reconnues qui sont ouvertes à plein de profils. Moi, quand j'étais plus jeune, je me suis fait un peu une caricature du fait que... Pour faire une école de journalisme, il faut aller à Sciences Po, pas du tout. On peut sortir d'avoir le bac, pas le bac. Il y a plein d'initiatives maintenant, même pour les gens qui n'ont pas forcément le bac, pour intégrer ces écoles-là. Donc c'est paradoxal, mais je pense que faire une école, ça a quand même quelques portes.
- Speaker #0
Moi, si j'avais eu aussi envie de te recevoir, c'est parce que moi non plus, je n'ai pas fait d'école de journalisme. Et c'est vrai que quand je suis arrivée dans une rédac, je me sentais un peu... perdu en me disant ouais mais moi je suis pas aussi bonne journaliste que les autres parce qu'on me parlait de montage j'y connaissais rien mais j'avais tellement en fait envie aussi de faire ce métier j'étais passionnée quand en fait j'ai bossé 20 fois plus que les autres peut-être j'avais quelque chose à me prouver mais au final c'est très possible moi ce que j'ai remarqué c'est que ce qui m'a manqué c'était les contacts du coup en école Tu te fais un réseau pour entrer dans les redacs, pour demander des conseils. Et moi, j'ai eu du mal à me faire un réseau. C'est ça, moi, que je dirais qui m'a manqué au début.
- Speaker #1
Ouais, c'est beaucoup un métier de contact. Moi, j'ai eu la chance, du coup, avec mon BTS audiovisuel, d'avoir des stages à faire. Et donc, en fait, c'est comme ça que j'ai pu faire quelques contacts avec mes stages pour vendre mes images ou même rencontrer des gens pour m'expliquer comment ça se passait. Donc, c'est vrai que j'ai eu cette chance-là avec mon BTS. Et puis, en fait, quand j'ai commencé à comprendre que je pouvais vendre mes images, En fait, j'allais après les manifs au car régie de TF1, BFM, France Télé. Je toquais au car régie, j'expliquais que j'avais des bonnes images à vendre et je restais devant le car régie. Je restais devant le car régie tant que le mec n'avait pas envoyé mes images à la rédaction. Je devais être hyper relou et en fait, c'est comme ça qu'à chaque fois, il proposait mes images. Je commençais à devenir un peu le mec relou qui saoule tout le monde après les manifs. Mais en fait, c'est comme ça que je me suis fait mes contacts aussi. Mais c'est vrai que c'est hyper important. C'est un métier de contact pour les stages, pour les relations. et quand on a... pas de gens dans nos amitiés, dans notre famille, de ces milieux-là, c'est hyper dur.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous raconter, du coup, tu nous disais que t'as commencé, t'as pas fait d'école, qu'est-ce qui t'a... C'est quel jour tu t'es dit, ok, je veux vraiment faire ce métier, je peux y arriver, et que tu t'es rendu compte que tu pouvais vendre tes images ?
- Speaker #1
En fait, au collège, je faisais du développement web pour des youtubeurs. En gros, à l'époque, c'était à Milan maintenant. C'était les tout débuts du live stream sur internet et donc en fait les youtubeurs ils étaient beaucoup sur youtube et mais le live sur youtube marchait pas bien je me rappelle plus fin il y avait des galères du coup ils voulaient tous des pages web avec à la fois le player vidéo de twitch c'est même pas twitch quoi à l'époque J'ai oublié le nom bref l'ancêtre de twitch et par contre ils voulaient le chat de youtube ok et donc du coup moi j'ai vendu à plein de youtubeurs ce genre de pages toutes bêtes Et petit à petit, je me suis fait des contacts dans le milieu de YouTube à l'époque. C'était à 10 ans.
- Speaker #0
Qui comme YouTuber, par exemple ?
- Speaker #1
En fait, j'ai beaucoup bossé pour des YouTubers à l'époque qui faisaient du Minecraft.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Voilà, bête. Et donc, je me suis fait ces premiers contacts-là. Moi, j'ai grandi. J'ai commencé... En fait, j'ai eu de la chance aussi. Et tout est une histoire de chance. C'est qu'au collège, il y avait une option audiovisuelle. À la place d'art plastique, moi, je faisais audiovisuel. Donc, on faisait des trucs sur fond vert. Enfin, bref. Et donc j'avais toujours été intéressé par la vidéo, j'étais dans la famille, le gamin avec le caméscope qui filme tout le monde pendant les vacances et tout. Donc je fais cette option audiovisuelle et donc je me rends compte que vraiment j'adore l'audiovisuel et j'ai un attrait pour ça. Donc à côté, ayant des contacts de youtubeurs qui font des vidéos, je me mets à faire des vidéos pour des youtubeurs. Des micro-trottoirs, un temps je bossais beaucoup avec des youtubeurs qui faisaient du freestyle football. Alors que je ne suis pas du tout football mais j'avais eu cette opportunité là. Et donc j'avais du matériel vidéo à la maison. et le premier déclic que j'ai eu c'était le 13 novembre au soir avec les attentats en 2015 où il se passe ce qui se passe et comme tout le monde, comme beaucoup, je regarde les chaînes d'info et j'ai ce déclic là de me dire, ah putain il y a des journalistes qui prennent des risques, alors mesurés par rapport aux policiers qui sont dans le Bataclan mais il y a quand même des journalistes qui prennent des risques pour nous informer et je me dis, ah putain c'est un beau métier je repense aussi à cet album que j'avais vu quand j'étais petit de photoreporteur Et donc en fait le lendemain, sans carte de presse, sans rien, je vais filmer les hommages. Et j'avais envie de voir par moi-même ce que j'avais vu la veille et de voir les gens, de sentir le truc en fait. Donc je vais filmer ça et ça me fait du bien. Le truc est horrible et il y a eu des morts et voilà. Mais moi ça me fait du bien de ressentir le truc sur le terrain. Et quelques années après, il y a les manifs de travail. en 2016, et pareil, je le vois à la télé tous les jeudis, il y a des manifs et tout, et je me dis, je vais aller voir par moi-même. En fait, je ne supportais pas de le voir à travers un écran, je voulais le voir par mes yeux. Et donc, en fait, je vais filmer ces manifs-là, et avec d'autres collègues, je fais des rencontres, parce que la première, j'y vais, c'était une manif qui était assez violente à l'époque, je n'ai pas de carte de presse, je n'ai pas de casque, je n'ai pas de masque à gaz, je n'ai rien, j'y vais vraiment en touriste. et donc en fait je finis par rencontrer du monde et je comprends petit à petit qu'en fait je peux vendre mes images que les chaînes de télé sont intéressées par des images des manifs. Et donc voilà, je vais au quart régie comme un idiot et je toque et j'essaie de vendre mes images.
- Speaker #0
Et on te dit quoi à ce moment-là ?
- Speaker #1
Au début, j'allais me prendre pour un fou. Ils me prennent pour un fou et ça finit par marcher parce qu'en plus, j'avais déjà fait des stages, enfin je commençais à faire des stages avec mon BTS, donc en fait, tout s'embrique plutôt bien et en fait, je comprends que oui, je peux vendre des images. Et donc, je fais ça pendant... pendant tout 2016 et une partie 2017, jusqu'à la fin de mon BTS où je me dis qu'est-ce que je fais après ? Parce qu'en fait mon BTS audiovisuel c'était un BTS montage. Donc en fait rien à voir, enfin il y a l'audiovisuel mais rien à voir avec le journalisme, j'ai rien appris.
- Speaker #0
Oui t'as appris quand même, enfin on apprend quand même en montage à faire de la bonne image, ça t'aide ? Oui oui,
- Speaker #1
bah ça j'avais, moi mec les youtubeurs je savais à peu près tourner, je savais à peu près monter, j'avais fait des... J'ai été déjà updaté dans une boîte de prods, j'avais la connaissance audiovisuelle, mais journalistique, pas du tout. Ce n'est pas du tout un truc que j'ai appris. Et donc, à la fin de mon BTS, je me pose la question de est-ce que je fais une école ? Est-ce que je continue comme ça en indépendant ? Et du coup, je demande aux journalistes que j'ai rencontrés, que je connais. Et la moitié me disent, oui, une école, c'est important, ça va t'apprendre des trucs et tout. La moitié me disent, franchement, tu vas te faire chier.
- Speaker #0
Est-ce que tu as croisé Rémi ? Parce que Rémi Buzine, il n'a pas fait d'école et son histoire, elle est un peu similaire à la tienne. Oui,
- Speaker #1
c'est exactement à cette époque-là que je rencontre Rémi. Je me rappelle la première rencontre avec Rémi, c'était en 2017 de mémoire. C'était la finale de l'Euro de foot. On s'est croisés. En fait, il y avait une fan zone. Donc, il y avait l'Euro de foot à Paris et il y avait une fan zone sur la Tour Eiffel. et ce soir là il y a beaucoup plus de supporters que prévu qui essaie de rentrer. Et donc, ça finit par déborder. Les gens forcent, les policiers interviennent. Et en gros, tout par vue de la Tour Eiffel, c'est sous lacrymo. Et moi, je me rappelle, je rencontre Rémi. Moi, je n'avais pas fait tant de manifs que ça à l'époque. Je rencontre Rémi. On se réfugie dans une cabine sous la Tour Eiffel. Habituellement, il y a les vendeurs pour vendre les billets. On s'est abrité des lacrymogènes. Et lui, il est en live avec son téléphone. Moi, je suis avec ma caméra. Et c'est là qu'on se rencontre. Je pense qu'on se connaissait des raisons, mais c'est là vraiment qu'on se rend compte. Et en fait, on fait l'après-midi... ou la soirée ensemble sous les lacrymos.
- Speaker #0
C'est la forge des liens, forcément.
- Speaker #1
Non, mais exactement. Et après, de là, on crée un groupe. Un groupe, à l'époque, en DM sur Twitter. Et depuis, on a 15 000 groupes WhatsApp. Et on passe souvent ensemble. Donc, c'est à cette époque-là aussi que je le rencontre.
- Speaker #0
Oui, parce que c'est drôle, vos histoires, elles se croisent, parce que lui aussi, ça vient un peu des mouvements sociaux, etc. Sauf que lui, il est parti un peu sur le live, et tu as décidé de vendre tes images. Mais on sent l'envie, en fait, qui est commune, de vouloir faire partie des mouvements, et d'être dans la rue avec les gens, et de faire une nouvelle forme un peu de journalisme aussi. Oui,
- Speaker #1
complètement. Et puis même nos histoires perso se croisent un peu, enfin se ressemblent un peu, parce que lui aussi, à l'école, ce n'était pas simple. donc en fait on a passé un peu similaire, une origine de vouloir et du journalisme assez ressemblable et on a commencé plus ou moins en même temps. Donc même maintenant, je le vois plus que ma propre mère ou mon propre père parce qu'on est souvent ensemble sur le terrain.
- Speaker #0
Et ensuite, du coup, tu commences à vendre tes images, ça fonctionne bien et comment tu réfléchis à ensuite, tout seul, monter comme ça ton agence de presse ?
- Speaker #1
En fait, après mon BTS, je réfléchis à faire une école ou pas. La moitié me dit, fais une école, fais pas d'école. Et en fait, je me donne un an pour essayer. Je suis encore chez mes parents. Enfin, je n'avais pas de risque à apprendre. Et donc, en fait, je me donne un an pour en vivre. Et j'arrive à en vivre à cette époque-là. Alors, au prix de ne pas beaucoup voir mes amis, ma famille, de beaucoup d'heures sur le terrain, enfin, de beaucoup de galères.
- Speaker #0
Tu es toujours avec tu, quoi, de terrain.
- Speaker #1
Ouais, ouais. Le téléphone toujours allumé. Donc, voilà. Et donc, en fait, le truc se développe naturellement. En fait, moi, je me fais de plus en plus de contacts. Je suis plus... présent sur beaucoup plus d'actualité du coup parce que j'ai plus de temps, j'ai pas d'école ou d'études et le truc se fait naturellement de grossir quoi tu vois, à le début je commence à être un couple conneur puis après je me rends compte que bah en fait pour avoir la carte de presse il faut que je monte une société pour m'auto-embaucher, pour avoir un bulletin de paye avec plusieurs de cartes de presse qui sont hyper compliquées donc ça grossit en fait naturellement avec le temps et aussi les contraintes administratives qui existent.
- Speaker #0
Mais c'est fou parce que je regardais sur ... Sur YouTube, tu as plus de 200 000 abonnés sur le compte de ton agence de presse, c'est dingue !
- Speaker #1
Ouais c'est ouf, en fait à la base, moi je mettais mes vidéos sur YouTube en privé pour les envoyer aux chaînes, parce que c'était simple pour les chaînes de regarder, et après je me dis pourquoi je ne mettrais pas ça en public, en plus il y avait d'autres gens qui faisaient pareil, donc en fait je mets ça en public, sans vraiment me dire qu'un jour j'aurai une agence, en fait à la base, en plus le nom C'est la Presse, il vient juste d'un dossier sur mon ordi, c'était... Quand je bossais pour des youtubeurs, il y avait CLprod, mais c'était vraiment un nom de dossier sur mon ordi qui n'était pas réfléchi.
- Speaker #0
C'était Clément Lannopresse.
- Speaker #1
Ouais. Enfin, à la base, quand je bossais pour des youtubeurs, c'était CLprod, production audiovisuelle, tu vois. Mais c'était vraiment un nom de dossier sur mon ordi, c'était pas du tout réfléchi. Quand je commençais à faire de la presse et qu'il me faut un dossier sur mon ordi, je mets CLpress, tu vois. Et du coup, je mets mes vidéos en public sur YouTube. Et mois après mois, la chaîne a le grossi. Et même maintenant, je me dis, putain, j'aurais pu réfléchir à un nom sans forcément mes initiales. parce que les gens pardon Les gens parfois se disent putain mais il a mis ses initiales dedans quand même, il a un gros melon le gars.
- Speaker #0
T'as un peu mes galops le gars.
- Speaker #1
Alors en fait pas du tout, à la base moi j'avais jamais imaginé que ça serait ça.
- Speaker #0
Après pour le personal branding c'est super.
- Speaker #1
Oui ça aide tu vois, mais c'était vraiment pas du tout réfléchi, c'était vraiment un nom de dossier sur mon ordre.
- Speaker #0
Et du coup vu que tes vidéos maintenant elles sont publiques, ça t'aide aussi à les vendre aux chaînes, elles peuvent directement te contacter aussi comme ça ?
- Speaker #1
Ouais bien sûr, en fait c'est devenu aussi un moyen pour les vendre, il y a plein de médias étrangers, par exemple sur le Louvre qui tombe, vu que c'est un truc qui est assez recherché sur les réseaux, ils tombent sur mes vidéos et ça les intéresse et ils me contactent grâce à ma chaîne YouTube.
- Speaker #0
Et pourquoi les rédacs, parce qu'ils ont l'or GRI, pourquoi ils préfèrent faire appel à toi ?
- Speaker #1
En fait, les rédacs, elles ont l'or GRI, mais elles n'ont pas non plus des moyens illimités. Donc parfois, il suffit juste d'être au bon endroit au bon moment. Moi, souvent, je regarde sur les gros événements, par exemple le salon de l'agriculture. En fait, tout le monde est sur le président, par exemple. Moi, je vais essayer de plus faire les alentours, de voir les gens, qu'est-ce qui se passe autour. Et c'est comme ça que sur le salon d'agriculture, là où il y a toutes les chaînes, il y a un pool, il y a les agences de presse. Donc en fait, il y a 200 caméras sur le président. Moi, j'arrive à vendre des images sur ce qui se passe en dehors ou à l'extérieur ou à côté. Donc oui, ils ont leur GRI. Après, il y a beaucoup de chaînes qui ont de moins en moins de GRI. Mais tu arrives quand même à être présent sur des endroits qui ne sont pas forcément couverts, moins couverts. Donc plein de trucs comme ça, ouais.
- Speaker #0
Je dirais justement, c'est quoi ton conseil pour être le meilleur journaliste d'actu de terrain, d'être toujours là ? Parce que quand j'ai discuté avec des journalistes pour dire que tu venais sur le podcast, ils me disaient mais on voit sa tête souvent Clément et en fait il est toujours partout. Comment tu fais ?
- Speaker #1
Je ne dors pas beaucoup. Il y a deux choses. Il y a en amont du terrain, c'est beaucoup de veille, beaucoup de réseaux, beaucoup de recherches. Être tout le temps joignable. Combien de fois on m'est arrivé au milieu de la nuit parce qu'il y avait une grosse actu ? Là, je sais quand plus les chaînes, elles dorment. Donc là, je peux avoir de l'avance. Et après, sur le terrain, moi, je regarde toujours qui fait quoi, qui filme quoi et j'essaie de me mettre à l'opposé.
- Speaker #0
Tu m'as dit ça pour le Louvre, je crois, tu avais fait ça aussi. Là, il n'y a pas longtemps, le cambriolage.
- Speaker #1
Un truc tout bête, c'est qu'il y a le Louvre qui se fait cambrioler un dimanche matin. Et en fait, tu as la rue, c'est pas Rivoli, c'est la rue d'à côté, j'ai pas le nom en tête. Bref, tu as le grand boulevard où il y a le dispo policier. Et en fait, toutes les chaînes se mettent sur la gauche pour faire leur duplex. et en gros avoir la fenêtre du Louvre dans le fond. Moi je regarde ça et en fait à droite il y avait la police scientifique et il n'y avait personne qui filmait. Parce qu'en fait toutes les chaînes étaient sur leur duplac, sur le direct, sur l'instantané et tout. Et donc moi je me fous à droite, je fais mes images et je pense à l'après pour les docs, de se dire l'image de la police scientifique elle est pas mal quand même, ils ont ramassé les caches, les machins.
- Speaker #0
Peut-être que c'est un peu quand même une pensée de monteur. Tu penses ?
- Speaker #1
Je ne sais pas mais au moins c'est des réflexes que j'ai de me dire, ok tout le monde filme ça qu'est-ce qu'il y a à côté qui n'est pas filmé tu vois Et donc, en fait, je filme ça. Et à un moment, ils partent. Et moi, j'envoie ces images-là. Et après, tous les JT, toutes les chaînes d'info m'ont repris ces images-là de la police scientifique. Parce que les chaînes d'info, les JT, ils ont envoyé une caméra pour faire un duplex. Et donc, du coup, ils ne peuvent pas être partout. Et moi, j'essaie d'être là, d'être sur le pas de côté, là où elles ne sont pas allées.
- Speaker #0
Et tu parlais tout à l'heure de carte de presse. Je crois que c'était compliqué. Et je pense que c'est encore compliqué aujourd'hui parce que ton métier et nos métiers, ils sont un peu neufs. Ils ne rentrent pas forcément dans les cases. J'avais deux questions parce que je sais que c'était difficile pour l'avoir. Et je sais que tu as une anecdote assez drôle de comment tu as fait pour l'avoir. Justement, raconte-nous un petit peu.
- Speaker #1
En fait, pour la carte de presse, il ne suit pas des journalistes. Il y a plein de journalistes qui n'ont pas de carte de presse et qui font un très bon travail. Pour l'avoir, il faut présenter à la commission de la carte de presse des bulletins de salaire en tant que journaliste. Moi, quand j'ai commencé à vendre mes images, j'étais auto-entrepreneur. Et donc, en fait, je vendais mes images à toutes les chaînes, à TF1, France Télé, M6, Le Parisien, ce que tu veux. Et donc, je suis arrivé avec ma centaine de factures à la commission de la carte de presse. J'ai dit, ben, coucou, tenez les factures, ça prouve que je fais un travail de journaliste, puisque tous les médias achètent mes images. Et ils m'ont dit, ben, non, non, il faut des bulletins de travail. Et donc j'étais là, ah ok, j'avais pas forcément trop étudié le truc au début, mais je comprenais pas, pour moi c'était légitime. Et donc en fait ça s'est arrivé au bout moment, parce qu'en 2018 il y a le scandale sur Benalla qui sort, et moi là complètement par hasard, c'est vraiment de la chance, il se trouve que j'ai filmé Benalla le 1er mai, avec une radio de police et un brassard de police. Et donc quand je me rends compte que j'ai cette image, je comprends assez vite que...
- Speaker #0
Mais tu t'en rends compte après au final, sur le moment où tu t'es pas avec Benalla...
- Speaker #1
En gros il y a la manip du 1er mai. où il se passe, il y a Benalla qui frappe des manifestants, et il était dans la manif aussi avant. Et donc moi, je fais ma couverture habituelle, et c'est en juillet, je crois, que le scandale sort avec la journaliste du Monde qui révèle que cette personne qui a frappé des manifestants est un proche du président. Et donc moi, ce soir-là, je regarde Disque Dur, je regarde tous mes images, et je tombe sur cette image de Benalla avec la radio, etc.
- Speaker #0
Je le vois bien, j'ai vu les images bi-plan.
- Speaker #1
Mais oui, il passe devant moi ! Et moi, ce jour-là, quand j'ai filmé, je me dis, mais en fait c'est un peu... C'est un policier en civil, je ne capte pas du tout.
- Speaker #0
Et là, c'est Jackpot un peu...
- Speaker #1
Ouais, et du coup, j'envoie un mail au rédacteur en disant « Coucou, j'ai Benelac, un brasseur police, est-ce que vous êtes intéressé ? » Et là, c'est avalanche de mails, d'appels et tout. Et vu que juste avant, je venais de me faire refuser ma carte de presse parce que je n'avais pas de contrat, j'ai dit à toutes les rédactions « Ok, vous voulez cette image-là exclusive ? Vous me faites un contrat de travail, une pige, comme on dit, pour diffuser cette image-là. » Et au début, ça râle parce que ça leur coûte plus cher. C'est plus administratif. Et surtout, ce n'est pas du tout dans leur process. Parce que pour faire un contrat de travail, habituellement, c'est un journaliste qui n'est engagé pas à la rédaction pour faire ce qu'on leur dit de faire, qui va à la rédaction. Et moi, je n'allais pas à la rédaction, je ne faisais pas ce qu'on me disait.
- Speaker #0
Tu te franges un peu les cotes. Oui,
- Speaker #1
je casse complètement le truc. Et je tiens le truc en disant, si vous voulez ces images-là, c'est une pige ou sinon, tant pis, je la garde pour moi. et donc il y a des rédactions qui suivent le truc Des rédactions qui râlent, mais qui finissent par faire une pige en bonne et due forme. Et donc, c'est quand même ça que j'ai eu ma première carte de presse, un peu grâce à Benalla.
- Speaker #0
Est-ce que tu aurais pensé qu'un jour, tu aurais ta carte de presse grâce à Benalla ?
- Speaker #1
Pas du tout. Mais donc, c'est un peu grâce à ça, puis en faisant le forcing. Et là, j'ai eu assez de la chance aussi, tu vois, parce que cette image-là, si je ne l'avais pas eue, je n'aurais sûrement pas eu ma première carte de presse.
- Speaker #0
Et pourquoi c'est important quand tu es en manif d'avoir une carte de presse ? parce que, au final, c'est un bout de papier. Moi je l'ai jamais eu, tu vois j'étais réalisatrice de reportage, j'étais considérée comme réelle même si je suis journaliste. J'ai mon podcast, j'ai pas de carte presse, mais ça me bloque pas en fait dans mon travail. En manif c'est différent ?
- Speaker #1
Bah en fait en manif c'est important parce que vis-à-vis des policiers... Pour eux, c'est un... Je comprends leur point de vue de se dire qu'il y a un bout de papier avec marqué presse, donc s'il l'a, il est journaliste, s'il ne l'a pas, il n'est pas journaliste. Alors qu'en fait, c'est beaucoup plus compliqué. Il y a plein de journalistes, t'en es l'exemple, qui n'ont pas de carte de presse. En fait, c'est important, notamment en manif, pour passer les barrages, pour passer les contrôles. Ça dépend des manifs, mais parfois, quand tu n'as pas de carte de presse et que tu as un casque, ils te le prennent. donc c'est chiant, un masque à gaz dangereux, ouais le masque à gaz c'est pareil donc en manif c'est bien pratique et puis c'est pratique aussi pour aller se faire accréditer à l'Elysée C'est pas récréé d'idée au sein de l'agriculture. Enfin, pour plein de trucs, c'est hyper utile.
- Speaker #0
Et ça fait combien de temps que tu l'as aujourd'hui ?
- Speaker #1
Je l'ai eu en 2018, donc ça va faire 7-8 ans.
- Speaker #0
Bravo.
- Speaker #1
J'ai une collection de cartes de presse à la maison.
- Speaker #0
J'ai vu sur ton Instagram que tu les portais.
- Speaker #1
Ouais, je les garde. Mais non, non, j'en suis fier parce qu'en tant qu'indépendant, en n'étant pas embauché par une rédaction au quotidien... C'était vraiment pas évident. Et du coup, maintenant, après, j'ai monté ma boîte et je me suis auto... Enfin, je passe les détails, mais je me suis auto-embauché. Et je m'auto-fais un contrat de travail tous les mois.
- Speaker #0
Et tu n'es plus que par sommet. Ouais,
- Speaker #1
ouais, mais je suis obligé de me faire un peu plein de salaires tous les mois avec marqué journaliste, maintenant directeur. Et pareil, quand j'ai monté ma boîte, pendant longtemps, c'était ma mère qui était directrice de l'agence parce que je ne pouvais pas être directeur et journaliste. Il fallait une ancienneté, machin, pour être directeur d'agence. Donc, en fait, c'est... C'est énormément de temps, d'heures. même d'argent parce qu'avec des avocats et tout pour étudier les trucs, pour rentrer dans les clous mais c'est vrai que sur le terrain, moi elle m'est indispensable
- Speaker #0
Et tu parlais de casque etc on a vu certaines images de mecs qui pouvaient être tu vois un peu violentes est-ce qu'une fois que tu penses que t'as risqué ta vie ou que t'as été en danger ou que t'as eu peur pour toi en manif ?
- Speaker #1
J'ai déjà eu peur en manif ou sur des événements que j'ai couverts après j'ai jamais eu le sentiment d'avoir risqué ma vie il y a des journalistes qui vont en Ukraine, qui vont sur des conflits là oui clairement, ils risquent leur vie. Moi, je ne veux pas dire ça. J'ai eu peur d'être blessé. J'ai déjà été un peu blessé et tout, rien de grave. Mais je n'ai pas eu peur de perdre la vie dans une manif ou sur un événement que j'ai couvert.
- Speaker #0
Mais j'ai vu des photos de gros bleus quand même. Tu l'as pu tirer dessus.
- Speaker #1
C'était en 2020, je ne sais plus. C'était après le Covid, la photo dont tu parles. En gros, c'était juste après le Covid, mais il y avait encore... Donc, on pouvait sortir, mais il y avait encore les restrictions de ne pas se rassembler, etc. Et en fait, il y avait eu une free party en Bretagne, je crois, ou en Bretagne-Normandie, selon les... Et donc en fait, je vois qu'il y a un gros rassemblement qui se prépare, et c'était aussi pour rendre hommage à Steve Mayakanniko, qui était un jeune qui a été mort pendant la fête de la musique, après une intervention de police. Et donc je sens qu'il va y avoir beaucoup de jeunes qui vont se rassembler, qu'à la fois c'est interdit, donc en fait je vais voir ça. Et en gros, donc effectivement, on fait la route, on arrive dans un champ vraiment... plein milieu de la nuit et la police essaie de disperser ces jeunes et en fait c'est que des jeunes qui viennent faire la fête qui sont pas venus affronter la police tant que ça il y avait des profils plus extrêmes et la majorité c'était des jeunes qui venaient faire la fête et qui comprenaient pas en fait pourquoi la police intervenait pour les disperser et en fait la police vraiment ça gasse de partout, ça lance des grenades à un moment donné ça lance dans le noir dans un champ, il y a une grenade explosive avec de l'explosif qui est lancé Merci. Il y a un jeune qui ne connaît pas ces pratiques, qui essaie de la renvoyer. Et en fait, la grenade explose et il perd sa main. Et là, on est dans un champ avec énormément de jeunes qui ne sont pas habitués aux manifestations, qui ne comprennent pas pourquoi il y a cette personne qui a perdu sa main et qui sont tous choqués autour. Et en fait, on était trois, quatre journalistes. Et en fait, c'est nous qui prenons le blessé et qui l'exfilterons en dehors de la zone de danger parce qu'on est dans un champ, les pompiers ne peuvent pas venir là. Donc, on l'exfilte sur le parking. Et en fait, moi, j'ai la bonne idée de me dire, il y a des gendarmes. Techniquement, ils sont censés... Protéger. Ils sont protégés, enfin voilà. Moi, je ne suis pas un manifestant, je suis un journaliste. Donc en fait, je retire mon casque, etc. Je prends ma carte de presse et je m'avance dans un coin calme vers les gendarmes pour leur dire qu'il y a un blessé grave et qu'il faut faire un truc. Et j'avais les mains levées, en fait. Et du coup, j'avais les mains comme ça. Et en fait, je prends un tir de LBD. Je ne sais pas si tu peux mettre la photo au montage. Mais je prends un tir de LBD sur le... Parce qu'elle est impressionnante. Sur le bras. Et en fait, là, je suis dans un champ, je sens un projectile. et je sais pas ce qui vient après du coup je me jette par terre dans des buissons pour fuir ce qui vient de m'arriver et en fait le lendemain je regarde j'ai un bleu mais genre énorme et c'est qu'un bleu tu vois en fait c'est impressionnant mais c'est qu'un bleu et rien de grave je me dis la pommade j'avais plus rien mais c'était une de mes aventures même avec ma carte de presse et tout
- Speaker #0
Pas très bien fini la soirée.
- Speaker #1
Tu m'étonnes. Est-ce que tu as une... Je me disais, forcément, quand on est journaliste, on a derrière une envie un peu d'aider les gens, de changer les choses. Est-ce que tu as une anecdote ou une fois, peut-être il y en a plusieurs, où tu t'es sentie vraiment utile, où tu as senti que ton métier, tu vois, il servait à quelque chose ?
- Speaker #0
Je n'ai pas d'exemple précis, mais sur plein de choses où tu arrives avant que le truc soit médiatisé. bah tu te sens utile en fait. Typiquement, par exemple, les agriculteurs, avant qu'il y ait la grosse crise, il y a deux ans, moi je les couvrais de... Le dernier que j'ai fait, c'était avant... La crise était en janvier, et moi, dès octobre, novembre, j'allais les voir. Je suis allé à Avignon, notamment, voir des viticulteurs qui faisaient des manifs et tout, qui étaient en colère à l'époque, mais personne ne parlait d'eux, tu vois. Et quand tu vas les voir et que tu te dis « Ouais, je suis journaliste, je viens de Paris et tout pour couvrir... » Bah en fait, les gens, ils ont la lumière dans les yeux, quoi. Tu sens que vraiment, ça leur fait plaisir et que tu ne pourras pas forcément les aider à changer leur vie, mais que... Ils sont contents d'avoir quelqu'un qui s'intéresse à eux. Et ça, pour plein de trucs où tu arrives avant que ce soit un sujet couvert par tout le monde, où tu arrives avant et tu vois que les gens sont contents. Et parfois même, ils ne comprennent pas que tu arrives, que tu es journaliste et que tu t'intéresses à eux. Et donc, c'est toujours agréable de se dire, on ne pourra pas forcément faire qu'ils aient leurs revendications, changer leur vie, mais au moins, on leur donne la parole et ils ont le sentiment d'être écoutés.
- Speaker #1
Et est-ce que ça t'arrive ? Parce que je sais que ça arrive aussi pendant des manifs et parfois à juste titre, parce que les journalistes et les médias sont... pas du tout pas fait. Est-ce que ça t'est arrivé d'avoir des gens qui pouvaient être réticents et qui t'aident un peu à discuter envers les journalistes ?
- Speaker #0
Ouais, en fait, ça arrive souvent que les gens ne veulent pas te parler parce que t'es journaliste et qu'ils ont une image qui n'est pas bonne. Et parfois, il y a des bonnes raisons. Parfois, c'est aussi un truc qui se crée et qui n'est pas forcément... Ils généralisent des choses. Donc en fait... Pardon.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Donc en fait, c'est un truc où tu discutes avec les gens. Moi, je leur explique que je suis indépendant, que je mets les images sur les réseaux, que je vends mes images, que je ne peux pas leur garantir que toutes les télés vont parler d'eux ou les médias, peu importe. Mais que moi, à mon niveau, si on fait une interview d'un quart d'heure, je vais mettre un quart d'heure d'interview sur ma chaîne YouTube. Et ce qu'ils ont à dire, le message sera passé et les gens qui regarderont se feront leur propre idée. Après, je ne peux pas décider que telle chaîne parle d'eux ou tel média. Mais je leur explique et en général, ils apprécient ça. Puis après, moi, je leur envoie les images. Et ils sont contents de voir que j'ai pas pris 10 secondes dans l'interview.
- Speaker #1
Et tu leur renvoies les images ?
- Speaker #0
Ouais, les gens sont demandeurs souvent d'aller voir. Ou même parfois, ils connaissent la chaîne et ils se disent « Ah ok, c'est bon, on peut lui parler. On sait que toute l'interview sera diffusée. Il va pas prendre la mauvaise question. » Et moi, après, souvent, je prends ce truc-là et quand je contacte les chaînes pour parler de ce que j'ai couvert, je leur explique. Et souvent, je vérifie que mes images ne soient pas utilisées n'importe comment.
- Speaker #1
Est-ce que tu as un deal avec les chaînes ? Comment tu fais ?
- Speaker #0
Non, moi en fait, je n'ai pas de... Je ne peux pas, même physiquement, je ne peux pas vérifier. Quand je fais une manif, peu importe, une action, ce que tu veux, un procès, je ne peux pas vérifier que les 50 000 chaînes à qui j'ai... Je ne peux pas. Mais moi, je fais un mail vraiment très précis où j'explique ce qui s'est passé. J'explique pourquoi les gens... Et souvent, même les red chefs apprennent mes appels. Donc, il y a un échange qui se fait et qui fait que quand mes images sont utilisées, ce n'est pas trop... trop mal utilisée, globalement, je fais attention. Et ça est arrivé deux, trois fois sur des manifs où le commentaire ne correspondait pas précisément à ce qui s'est passé. Moi, j'appelle direct et je gueule. C'est mes images, j'ai la responsabilité. Et c'était toujours corrigé après, derrière, très rapidement. Donc, je fais tout.
- Speaker #1
Ça doit être difficile de dire, il faut garder sa déontologie et après, tu passes les images à quelqu'un d'autre.
- Speaker #0
Après, tu vois, les chaînes, elles ont l'habitude, parce qu'il y a quand même les agences traditionnelles, il y a l'AFP, il y a Reuters, donc ils savent reprendre des images qui ne sont pas forcément tournées. par les journalistes maison mais c'est impossible de tout surveiller mais j'essaie de surveiller et même souvent ce qui arrive c'est que c'est plutôt même des militants sur les réseaux qui reprennent mes images et qui leur font dire moi je réponds à chaque fois, alors parfois je signale c'est compliqué toujours de pas les droits en plus on a fait sauter énormément de comptes TikTok notamment avec la crise des agriculteurs qui reprenaient nos images et il y a par exemple des images d'il y a deux ans qui les remettent maintenant en mode ah regardez ils se mobilisent tu vois. Moi, le formulaire de droit d'auteur sur TikTok, je le connais par cœur. Non, mais on a fait sauter plein, plein de comptes, tu vois. Ou sur Twitter, je réponds et je leur dis qu'ils racontent de la merde, quoi.
- Speaker #1
Oui, parce qu'en fait, on peut très facilement manipuler des images, surtout avec les réseaux sociaux, sortir leur contexte, etc. Ouais,
- Speaker #0
il peut y avoir énormément de manipulations. Après, moi, ce que je dis, c'est que je préfère... Tu préfères ? S'ils ne manipulent pas mes images de journalistes, ils manipuleraient des images amateurs. Et la personne derrière pourrait... Je pourrais contredire, tu vois. Donc limite, je préfère qu'ils manipulent mes images. Moi, je peux signaler, commenter. Enfin, tu vois, je peux faire mon taf de journaliste derrière. Et sur des événements où, si je n'étais pas là, ils prennent des images amateurs. Et là, personne ne peut... Vu qu'il n'y a que des images amateurs, c'est qu'il n'y a pas de journalistes. Et donc, du coup, personne ne peut dire qu'il ne sait vraiment pas ça, tu vois. Donc j'essaie de passer un peu de temps, moi, à vérifier ce qui se fait de mes images et à intervenir s'il faut.
- Speaker #1
Et une autre anecdote, est-ce que tu as une idée de ta plus belle rencontre dans ta garde de journaliste ?
- Speaker #0
Je pense que c'est ma copine.
- Speaker #1
Ah oui, c'est vrai, je ne m'y attendais pas.
- Speaker #0
Tu penses à quoi ?
- Speaker #1
Je ne sais pas.
- Speaker #0
Non, en gros, je ne vais pas être très précis dessus, mais en gros, j'ai rencontré ma copine pendant les Gilets jaunes.
- Speaker #1
Ok,
- Speaker #0
c'est original. Elle n'est pas journaliste, mais elle est caméraman en gros, pour résumer. On s'est rencontré dans les lacs du mot. Ok. Pendant la culture.
- Speaker #1
Romantique.
- Speaker #0
Dans l'acte 2 des Gilets jaunes et c'est un appui hyper précieux parce que mon quotidien il y a quand même beaucoup de pression, tu connais ça aussi à ton niveau où t'es tout seul pour tout gérer et donc avoir quelqu'un au quotidien qui connait à peu près dans quel univers t'évolues et qui comprend combien de fois on m'a réveillé au milieu de la nuit pour aller bosser je pense pas que tous les gens comprennent ce genre de contraintes donc c'est trop bien c'est hyper précieux et ça m'aide sur plein de trucs elles m'aident sur plein de trucs parce qu'elles comprennent Elle accepte mon boulot, ce qui est pas... Puis elle connaît l'univers aussi dans lequel j'évolue, donc c'est hyper précieux.
- Speaker #1
C'est vrai que ça doit pas être facile d'avoir une vie perso quand t'es réveillé pendant la nuit. T'as dû déjà annuler des vacances ou des choses comme ça ?
- Speaker #0
Alors des vacances, non. Après, il m'est arrivé de bosser 2-3 jours pendant les vacances.
- Speaker #1
J'ai vu là que tu bossais pendant tes dernières vacances.
- Speaker #0
Ouais, bah en fait, j'ai eu l'énorme chance d'avoir une amie journaliste qui cherchait quelqu'un pour garder ses Ausha à New York pendant 13 jours. Moi, on m'a dit ça, parce que les hôtels à New York sont hors de prix. Donc là, j'avais le logement gratuit, donc j'ai eu la chance de passer 10 jours à New York. Et il y avait Maduro qui était à New York. Donc j'étais obligé de faire un petit détour d'une journée au tribunal pour aller couvrir ça. Mais oui, bosser pendant les vacances, ça m'arrive de temps en temps. Annuler des anniversaires. Enfin, en 2017, quand j'ai commencé, j'ai pas vu beaucoup mes potes. Enfin, tu vois, j'étais tout le temps sur le terrain. Même parfois, il n'y avait rien, mais j'avais peur qu'il y ait un autre truc. Donc, je préfère rester à Paris plutôt que partir en vacances. Et c'est une pression que je me suis mise. Je ne la regrette pas. Après, je me dis que si je n'avais pas fait ça, ma vie aurait été peut-être complètement différente.
- Speaker #1
Mais comment tu fais aujourd'hui pour protéger un peu ta vie perso, même ta santé mentale ? Parce que ça fait dix ans. Pendant dix ans, tu ne peux pas... Enfin, je ne sais pas, possible, tu peux avoir un rythme comme ça, mais c'est quand même dur.
- Speaker #0
En fait, j'ai eu quelques downs, notamment après la réforme des retraites, où là, on a énormément bossé. Il y avait les manifs, l'actualité à côté. Et puis, il y a en plus des manifs syndicales. Il y avait les manifs aussi le soir, beaucoup. Dans Paris, il y avait des manifs spontanés. Et donc, du coup, pendant trois à quatre mois, c'était super dur. Et en plus, après, il y a eu les émeutes à Nanterre après la mort de Naël. Et là, du coup, moi, je suis parti en vacances un mois et demi et ça ne m'était jamais arrivé. C'est la première fois, je ne sais plus quelle année, c'était 2023, je crois, où j'avais pris autant de vacances parce que j'avais besoin de tout couper. Sinon, je pense que j'arrêtais tout. Et même plein de fois, là, je suis dans une période où j'essaie de faire travailler plus de journalistes avec moi pour justement me décharger un peu et pas toujours avoir la pression. Mais c'est beaucoup trop compliqué. Et en ce moment, je passe plus de temps à faire de l'administratif, à faire des mets et tout. Parfois, je regarde des trucs sur le terrain parce que j'ai des rendez-vous pour gérer des trucs comme ça. C'est pas forcément facile. Les gens se disent que Clément est tout le temps partout, c'est trop bien, c'est génial.
- Speaker #1
Moi, j'ai l'impression que t'es partout.
- Speaker #0
Ouais, mais c'est le... J'essaye, tu vois. Il y a un côté un peu plus sombre aussi à ça. Oui, ta famille, tes proches. C'est beaucoup d'administratifs aussi. À ce moment, je sais que là, ça va mieux. Je peux partir un peu avec les fêtes. Avant la fin de l'année, j'ai passé plus de temps à faire des mails, à m'arracher les cheveux, à des trucs administratifs qui ne m'intéressent pas, plutôt qu'être sur le terrain avec les gens. Et ce n'est pas forcément facile tout le temps. Après, je suis content. Ça veut dire que mon agence, elle marche et que j'arrive à faire mon truc. Mais c'est énormément de pression à gérer, en plus de gérer l'actu sur le terrain et d'être présent.
- Speaker #1
Et comment tu sais qu'il y a une bonne actu ? Est-ce que tu te fais un calendrier ? Parce que je sais que pour... Par exemple, planifier aujourd'hui, on a essayé de checker qu'il n'y ait pas trop de grosses actus. Au final, il y en a une où on a déplacé. Comment tu fais pour savoir qu'il y a une actu qui va tomber ? Ou est-ce que tu as des gens ici qui t'informent ?
- Speaker #0
En fait, j'ai un calendrier. J'ai un calendrier où je sais mettre le plus tôt possible tout ce que je vois qui peut arriver. Quitte à bloquer des journées pour rien, mais au moins, je ne prends pas d'engagement. Puis après, avec d'autres collègues journalistes, notamment à Grémy, on s'échange beaucoup de trucs. pour se partager parce qu'en fait, vraiment, tout ça, à 100%, c'est pas possible d'être sur le terrain, de gérer tout d'un côté, de voir ce qui va arriver et tout. Donc, on s'échange pas mal de trucs. Et puis après, c'est beaucoup de dernières minutes. Tu vois, le truc la dernière fois où on devait se voir la semaine dernière. Et puis, en fait, les agriculteurs, ils décident de monter à Paris. Et du coup, moi, je pensais... En fait, pour être transparent, je pensais me lever à 6h pour aller couvrir les agris et après faire le podcast ensemble. Finalement, en fait, ils décident de venir à Paris plus tôt et je fais une nuit blanche. Avec eux de 19h à 8h le lendemain, tu vois, donc en fait c'est beaucoup de dernières minutes et... Et ouais, heureusement, j'ai des proches. Ma famille, malheureusement, ils ont l'habitude, tu vois. Quand je prends des rendez-vous, j'essaie toujours de prévenir que peut-être...
- Speaker #1
Après, ça va, je connais les risques. Quand j'invite en journaliste d'actu, c'est pareil avec Rémi. Mais bon, ça fait partie de notre job. On ne peut pas vous en vouloir.
- Speaker #0
Mais c'est... Enfin, t'es compréhensif, tu vois. Mais il y a aussi des gens qui ne comprennent pas, tu vois. Et je sais que je me suis coupé, moi, d'amitié et tout. De gens qui... En fait, t'as pas le temps de prendre de nouvelles. Quand tu es censé les voir, tu vois. Et du coup, tu t'éloignes de gens... Et Rémi, c'est pareil, je sais qu'il y a plein de gens où c'est compliqué. Ça fait partie un peu des côtés un peu plus sombres de nos métiers, mais on essaie de gérer au mieux, tu vois, et quand il y a une période calme, de se rattraper. Il y a des périodes, tu vois, l'année dernière, en janvier, j'ai quasiment pas bossé, tu vois, donc j'ai pu rattraper, voir tous mes potes.
- Speaker #1
Mais est-ce que t'étais serein ? Parce que t'as tellement l'habitude d'être raffiné.
- Speaker #0
Non, mais en fait, j'ai pas tant bossé que ça. Mais t'as quand même une pression de se dire putain, j'ai pas bossé depuis une semaine, deux semaines, genre, est-ce que c'est moi qui suis plus bon et qui rate des trucs ? Est-ce que ça va être comme ça ? Parce que c'est hyper exigeant, ça demande des sacrifices et tout, mais on adore, tu vois, être sur le terrain. Moi, j'adore être sur le terrain, j'adore me lever à 6h et rentrer à 22h. Enfin, tu vois, c'est un truc qui me fait vibrer, d'être au contact des gens, de médiatiser leur lutte et tout. Et ça, que quand ça s'arrête, ça te manque, tu vois, quelque part, et t'as l'impression de plus servir à quelque chose, d'être inutile.
- Speaker #1
Est-ce que tu pourrais faire un autre métier aujourd'hui, tu crois ?
- Speaker #0
Je ne sais pas, franchement, c'est dur. Je sais que, tu vois, j'ai 28 ans, j'ai encore le temps, mais je sais que quand j'aurai 50 ans et tout, je ne pourrais pas être autant sur le terrain, autant actif et tout. Mais c'est pour ça que j'essaie de construire mon agence et de pérenniser tout ça. Mais je ne me vois pas, même dans une rédac, tu vois. Moi, tu me mets dans une rédac trois jours, je suis dans le burn-out. Je ne sais pas si ce n'est pas fait pour moi, mais je sais que je suis tellement habitué à ce que je fais maintenant. que j'aurais beaucoup de mal à être dans un bureau toute la journée et rester enfermé.
- Speaker #1
J'ai écouté ta chaîne YouTube aussi, à toi, en dehors où tu racontes un peu ta vie de journaliste et un peu incarnée. Et j'ai perdu ma question.
- Speaker #0
Attends, je tousse.
- Speaker #1
Vas-y, touche. Qu'est-ce que je voulais dire ? Oui, et dedans, tu as une chaîne YouTube à toi, et dedans, tu racontes que... T'as aidé Hugo Décrypte à monter sa chaîne YouTube, c'est ouf, je savais pas du tout.
- Speaker #0
Ouais, bah en fait c'est quand j'étais encore au lycée, au BTS, où en gros, je sais plus exactement comment on s'est rencontrés, mais en gros on s'est rencontrés après mes premiers sujets, les hommages que j'ai faits après le Bataclan, etc. Et donc en fait je bossais pour des youtubeurs, et lui voulait lancer sa chaîne, et moi je m'intéressais à l'actu, donc en fait il a fait un appel à moi pour... pour l'aider à lancer sa chaîne. Donc les 30-40 premières vidéos, on les a faites ensemble. Moi, j'étais juste sur la partie cadreur-monteur. Parce que tu vois, même à l'époque, je ne me sentais pas d'écrire un script, de faire un travail journalistique comme ça. J'étais vraiment juste cadreur-monteur. Donc j'avais un intérêt pour l'actu, mais je l'avais juste aidé sur la partie cadrage et montage.
- Speaker #1
Ok, et c'est drôle aujourd'hui de voir les trajectoires et qu'aujourd'hui, vous êtes établis un peu tous les deux dans le journalisme. Surtout que... C'est drôle parce que moi, je donne des cours parfois en école. Globalement, à peu près tous les jeunes aujourd'hui s'informent grâce à E-Crypt. C'est assez fou. Ils sont à l'ascension. Ils doivent voir l'évolution des médias aujourd'hui.
- Speaker #0
Oui, c'est ouf qu'il ait percé. Après, franchement, dès le début, ça a eu quand même son succès. Et ça a monté petit à petit. Moi, j'ai arrêté après de bosser avec lui parce que j'avais moins de temps pour lui. Je voulais faire plus de terrain. Donc, ce n'était plus forcément compatible. Mais il a complètement percé. Il est trop fort.
- Speaker #1
Et comment tu... Justement, comment tu... J'entends beaucoup, on pose beaucoup cette question sur créateur de contenu, journaliste, carte de presse, pas carte de presse. T'en penses quoi, ça, de toi ? Qu'est-ce que tu... Pour toi, c'est quoi un journaliste ? Comment tu le définirais ?
- Speaker #0
Déjà, pas par la carte de presse, comme on a parlé tout à l'heure. Et après, sur l'aspect créateur de contenu, en fait, tu me rends compte, en parlant beaucoup avec les jeunes que je peux croiser sur le terrain ou sur les réseaux, que les jeunes font de plus en plus confiance à une personne. plutôt qu'à un média. Et je pense qu'il y a aussi beaucoup de défiance contre les médias traditionnels là-dessus. C'est qu'ils vont plus faire confiance à Hugo qu'ils vont suivre pour sa personnalité, pour le voir lui et son équipe. Ils vont suivre Brut pour Rémi, qui voit sur le terrain, au milieu des événements, etc. Et il y a beaucoup de gens qui me suivent. Je recevais pas mal de messages aussi de se dire, ah trop bien, on suivait ta chaîne sur YouTube. Maintenant j'ai ma chaîne perso où je suis un peu plus incarné, ils me disent « ah c'est trop bien de voir ton visage » et tout, et je me rends compte que les gens font plus confiance à une personnalité, à quelqu'un où ils peuvent savoir d'où il vient, qui il est, comment il bosse, et ça crée un rapport de confiance qui est plus important j'ai l'impression qu'à travers les médias traditionnels.
- Speaker #1
Pourquoi tu penses que ça a évolué comme ça ?
- Speaker #0
Je ne sais pas, je pense que c'est une question aussi de nouvelles générations, des nouveaux formats avec TikTok, ou pour qu'un TikTok marche, on a envie de voir la tête de la personne, de la voir nous raconter le truc, je pense que ça a beaucoup participé.
- Speaker #1
Et pourquoi toi, tu as décidé de lancer ta chaîne YouTube ?
- Speaker #0
En fait, je l'ai lancée pendant la réforme des retraites, où j'ai passé beaucoup de temps sur le terrain. Et j'avais envie de raconter ce que je voyais. J'avais fait des heures et des heures de manif, des heures et des heures d'images sur YouTube. Et j'avais envie de juste faire un peu un carnet de bord où j'ai fait une vidéo sur la Bravème, la première. Parce qu'en fait, tout le monde en parlait sur les réseaux et pas grand monde qui en parlait la voyait au quotidien. Et donc j'avais fait cette vidéo de c'est qui ces policiers à moto qui sont parfois très violents ? Qu'est-ce qu'ils font ? Quelles sont leurs missions ? Qu'est-ce qu'ils font quand il n'y a pas de manif ? D'où est-ce qu'ils viennent ? Quand j'allumais la télé ou que je regardais sur Twitter, tout le monde en parlait, mais personne ne les avait autant vus que moi, limite. Donc c'est parti de ça. Et puis après, j'ai fait plusieurs formats où sur le terrain, j'ai raconté ce que je vois. Parce qu'il y a plein de fois où sur une manif, je vais filmer deux heures de manif, j'ai des super témoignages ou des super images. Et en fait, elles sont noyées dans ma chaîne YouTube, c'est à l'impresse, au milieu de deux heures d'images. Et beaucoup de gens regardent ces deux heures d'images, mais ça fait quand même beaucoup à regarder. Et donc j'avais envie de trouver un format pour mettre un peu en valeur les bonnes inter-radios que j'ai faites, les images mignonnes, les images fortes, même parfois les images qui n'intéressent pas du tout les grands médias. En 2023, je suis parti en Martinique couvrir la crise de la vie chère. Et en fait, à l'époque, même pendant cette période, personne n'en a parlé dans les grands médias. C'était un truc hyper sous-traité. Et du coup, je suis rentré à Paris et je me suis dit « Vas-y, je vais faire un truc pour raconter sur ma chaîne. » Et c'est une des vidéos, je pense, les plus vues de ma chaîne YouTube, parce que c'est un sujet qui n'est pas abordé. Les gens, il y a des super témoignages. C'est un vrai sujet où tout le monde peut se reconnaître dedans. Et donc, j'avais envie de mettre un peu en valeur et de raconter ce que je voyais sur le terrain.
- Speaker #1
Ça veut dire que tu as quand même envie de mettre un peu ta patte aussi. Et tu vois qu'il y a peut-être certains médias tradis où tu as des sujets qu'on ne traite pas. Tu as envie aussi, toi, de participer à peut-être mettre en valeur des gens qu'on n'entend pas ?
- Speaker #0
Ouais bah c'était typiquement la Martinique c'était ça tu vois c'était un truc que t'es moi à l'époque je le voyais sur Twitter tu vois et je me dis putain mais c'est ouf ce qui se passe là-bas en plus il y avait que les images de violence et il y avait que des images de violence tu vois et du coup j'avais un pote qui allait là-bas et qui connaissait du monde et tout donc je me suis dit bah vas-y je vais avec toi et on a bossé à deux là-bas et ouais en fait j'avais envie de comprendre ce qui se passait là-bas et pourquoi les gens étaient en colère pourquoi Pourquoi il y a des prix aussi chers en Martinique ? Voilà ce qui se passait, parce qu'on n'en parlait pas du tout dans les grands médias. Et du coup, je me suis dit, vas-y, je fais une vidéo sur ma chaîne YouTube où je vais raconter ce que j'ai vu. Et que oui, il y a des émeutes, il y a des violences, mais ce n'est pas que pour la vie chère, c'est beaucoup plus large. Et oui, en Martinique, les prix sont hyper chers. Voilà, voici pourquoi. Et expliquer un peu cette colère qu'on voyait quasiment qu'à travers Twitter, qu'à travers des images de nuit, mal filmées de loin, avec le blindé de la gendarmerie qui défonce des barricades. Je voulais aller donner la parole à ces gens.
- Speaker #1
Et toi qui es à ton agence de presse, qui es journaliste depuis 10 ans, t'es sur le terrain, t'as vu aussi les médias évoluer, on parle de concentration des médias, on parle beaucoup de fake news aujourd'hui. C'est quoi ton regard sur cette évolution des médias aujourd'hui en 2026 ?
- Speaker #0
Comme je te le dis, on voit qu'il y a une énorme défiance. Après la réalité c'est que quand il y a un événement majeur à l'international, les gens souvent ils allument la télé quand même. Donc je pense qu'il y a beaucoup de défiance, mais les gens regardent aussi quand même beaucoup. Et puis, concentration des médias, oui, parce que les télés, les radios, c'est beaucoup les milliardaires, etc. Mais la réalité, c'est qu'il y a beaucoup de jeunes, j'en suis aussi la preuve, tu vois, qui, grâce aux réseaux sociaux, peuvent se lancer sans forcément faire une carave de journalistes, mais peuvent raconter des événements, peuvent être témoins d'un truc. Donc, concentration, oui, pour les chaînes, mais ça n'empêche pas que... Si on veut s'informer différemment aujourd'hui, je pense qu'il y a mille moyens de le faire. Il y a Hugo Décrypte, il y a Brut.
- Speaker #1
Il y a beaucoup de médias indépendants.
- Speaker #0
Oui, il y a beaucoup de médias. Tu en as reçu plein. Donc oui, il y a une concentration des chaînes de télé, des radios par beaucoup de milliardaires. Mais il y a aussi plein de moyens de s'informer qui sont différents. Et puis, on parle beaucoup de certains milliardaires très à droite et tout. Mais il y a par exemple Le Monde. C'est Xavier Niel derrière. Pour autant, on ne critique pas tant que ça. Ils font quand même un bon taf, notamment en vidéo, avec beaucoup d'enquêtes et tout. Je pense qu'aujourd'hui, si on veut s'informer librement et se faire son asie, on a quand même les moyens de le faire.
- Speaker #1
Et tu conseilles quoi justement aux gens qui ont envie, c'est un peu le centre du sujet du média, mais si on a envie de bien s'informer aujourd'hui, tu conseilles quoi ?
- Speaker #0
Je pense qu'il faut varier les sources, tu vois. Il ne faut pas regarder que la télé, il ne faut pas écouter que la radio, il ne faut pas faire que du Twitter ou du YouTube, tu vois. Je pense que, enfin même moi, c'est comme ça que je m'informe, tu vois. Alors j'ai beaucoup les chaînes d'info en continu parce qu'il y a beaucoup d'images en direct, et donc ça me permet de voir.
- Speaker #1
Il y a beaucoup tes images aussi.
- Speaker #0
Ça arrive. Moi j'ai besoin de ces médias là Pour un peu voir ce qu'il se passe Juste à l'assemblée, les prises de parole Et voir ce qu'il se passe en direct Je regarde aussi GoodEcrib, je regarde Brut Je regarde plein de chaînes sur Youtube Par exemple C'est dans l'air Ils font des super bons sujets sur l'international Moi je les regarde sur Youtube J'ai jamais mis ces dernières sur ma télé Je les regarde sur Youtube en replay Pour voir ce qu'ils font Je pense que la clé c'est de se diversifier Et de regarder plein de supports différents Et plein de médias différents
- Speaker #1
Ici, un jeune journaliste qui nous écoute, qui est un peu inspiré par ton histoire. Je ne sais pas, il n'a pas forcément envie, mais peut-être les moyens, parce que ce n'est pas tout le temps donné de faire des études de journalisme. Tu lui conseilles quoi ?
- Speaker #0
En fait, ça dépend quel âge il a, mais je pense que viser une école, je pense que ça reste quand même un truc important. Et je dis ça en n'ayant pas fait d'école. Je pense que ça ouvre des portes, ça permet d'avoir des contacts, ça permet d'apprendre. Moi, je l'ai appris encore il n'y a pas longtemps. J'ai eu la chance de faire une masterclass au CFPJ. J'ai appris il y a un mois qu'ils avaient des initiatives. C'est une des meilleures écoles les plus reconnues. Ils avaient des initiatives pour les jeunes qui viennent de banlieue, qui n'ont pas forcément le bac, ou même des gens qui ont déjà une carrière, qui arrivent à 30 ans et qui veulent se reconvertir. Il existe des initiatives pour les gens qui ne sont pas du tout dans le... qui se disent que le journalisme n'est pas fait pour eux, mais qui voudraient le faire. Il y a ça. Et puis, je pense qu'à l'heure de TikTok et des réseaux, va sur le terrain, entraîne-toi va filmer des trucs, moi j'en croise de temps en temps et même j'en fais bosser des jeunes qui juste ont ouvert un compte TikTok, ils filment des trucs ils sont venus en manif trois fois et parfois ils ont des bonnes images que moi j'ai pas, je leur achète et je suis content de les soutenir donc il faut faire attention, il ne faut pas prendre n'importe quel risque aller n'importe où mais grâce au réseau tu peux te faire une expérience et je pense qu'entre un jeune qui sort d'école, qui a zéro expérience Et un jeune qui a fait 2-3 ans de manifs, d'actions, de procès, ou juste même chez lui, qui a fait des formats chez lui, de décryptage, de machins, les rédacs apprendront le jeune qui a déjà pratiqué.
- Speaker #1
Je suis d'accord. Quand on me pose la question, je conseille... Moi, j'ai été pas mal dégoûtée de mon expérience en télé, mais c'est un truc très perso. Mais je conseille quand même tout le temps aux gens autour de moi de créer du contenu, parce qu'au final, aujourd'hui, ça te fait soit un CV, un super portfolio pour aller toquer aux rédacs, Ou même, si tu cartonnes, elles viennent te chercher toi-même. Et puis, en fait, tous les médias aujourd'hui, ils sont tous incarnés de plus en plus. Donc, c'est vraiment le futur. Donc, on attend ça, je pense, des futurs journalistes.
- Speaker #0
Ouais, clairement. En fait, ça fait un portfolio, ça fait un CV. En fait, même si ce n'est pas ouf au début, tu vas apprendre. Tu t'inspires de ce que les autres font. Tu peux juste contacter d'autres journalistes et leur dire, regarde, tu fais ça, qu'est-ce que tu en penses ? En fait, ça permet tellement. Et puis, tu peux te faire repérer par une rédac. Avec TikTok, tu as de la monétisation maintenant. Donc en fait, techniquement, en vivre de TikTok, ça va être compliqué. Mais... Ça permet de financer du matos. Tu vas pas payer tes écoles de journalisme avec juste la monétisation. Mais ça peut être un truc qui joue un rôle là-dedans. En fait, il faut se lancer, il faut essayer. Et comme moi, j'ai essayé. J'ai vu les trucs à la télé et je me suis dit, vas-y, j'y vais. J'avais pas de carte de presse, j'avais rien. Et ça a payé.
- Speaker #1
Et est-ce qu'aujourd'hui, tu as encore un rêve en tant que journaliste ou plutôt journaliste dans les médias ?
- Speaker #0
Franchement, je n'ai pas de rêve précis. Le seul truc que j'ai envie de continuer, c'est que ça marche autant de développer mon agence, de pouvoir faire bosser d'autres journalistes qui n'ont pas forcément... Il y a un journaliste, Timothée, qui a commencé en indépendant. qui a galéré un peu à trouver sa place dans les rédacs et tout. Et moi, je le fais bosser maintenant. J'aimerais bien l'embaucher. Je veux continuer là-dedans. J'ai eu énormément de chance pour réussir ce que j'ai réussi. Il y a eu beaucoup de travail, mais je sais qu'il y a eu de la chance. J'en mesure pleinement. Je la mesure tous les jours. J'ai envie de donner sa chance à d'autres journalistes et de continuer de pouvoir transmettre ce que j'ai appris, d'en motiver, d'en aider, de continuer là-dedans.
- Speaker #1
OK, donc au final, continue à faire grossir ton agence.
- Speaker #0
Et pouvoir continuer à donner la chance à d'autres jeunes journalistes qui n'ont pas forcément les codes ou qui ne veulent pas forcément aller en rédac. De transmettre ce que j'ai réussi à avoir et de donner la chance à d'autres jeunes ou à d'autres journalistes qui ont peut-être plus de mal à réussir que moi.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a un sujet que tu rêverais de traiter et que tu n'as jamais traité encore ?
- Speaker #0
Wow, bonne question. Je ne sais pas, franchement, tu me prends un peu au dépourvu. J'aimerais beaucoup aller sur un terrain de guerre, mais pas tant pour couvrir la guerre en tant que telle, mais raconter comment les autres journalistes font. Parce que j'ai l'habitude des terrains un peu compliqués, les manifs, les émeutes et tout. Mais le terrain de guerre, je ne l'ai jamais fait. Et je sais très bien que ce ne sont pas les mêmes codes, les mêmes façons de fonctionner. Et je suis hyper curieux de ça, tu vois. Donc, égoïstement, j'aimerais bien aller faire un reportage sur les autres journalistes de guerre, tu vois, pour voir comment ils bossent, en même temps apprendre et en même temps raconter ça, parce que c'est quand même un truc hyper particulier. Vu là que je suis, il y a plein de journalistes sur des terrains hyper dangereux. Donc, c'est un truc que j'aimerais bien, tu vois. Après, c'est très compliqué en indépendant d'aller sur ce genre de terrain. Oui,
- Speaker #1
et puis risquer sa vie pour informer, c'est dingue, quoi.
- Speaker #0
Ouais,
- Speaker #1
Moi ça m'intéresserait, j'aimerais bien recevoir aussi un peu le coin journaliste de guerre parce que je pense qu'on a plein d'idées un peu préconçues mais je pense qu'on se rend pas du tout compte de ce que c'est au quotidien.
- Speaker #0
Ouais c'est pour ça que j'aimerais bien filmer le quotidien et la routine d'un journaliste qui est en Ukraine ou peu importe tu vois. Mais ouais ça me ferait plaisir. C'est un terrain hyper compliqué tu vois mais c'est un truc qui me titille et qui m'interroge parce que à la fois c'est des collègues qui font le même métier que moi mais en même temps c'est quand même complètement différent. Et je me dis comment ils bossent, comment ils prennent leurs risques, comment ils décident où est-ce qu'ils vont. Je me dis que je vais bien raconter ça.
- Speaker #1
C'est un sujet intéressant. Pour le coup, j'ai un ou deux proches qui font ça. Et même de parler des conséquences que ça peut avoir pour leur vie quand ils rentrent. Moi, j'ai vécu un peu ça. Et c'est des choses qu'on ne sait pas forcément après. À quel point ça peut être dur le retour ? Comment on prend la distance avec ce qu'on a vu ? J'imagine que ce n'est pas évident. Oui,
- Speaker #0
mais je ne connais pas du tout. Alors, je n'ai pas de... collègues proches. J'ai quelques collègues qui sont partis en Ukraine, mais je n'ai jamais forcément parlé de ça avec eux et je ne sais même pas forcément comment ils bossent sur le terrain. Je me dis que ce serait intéressant de...
- Speaker #1
Si tu fais ça, moi, je serai là pour regarder parce que ça m'intéresse aussi. Passionnant.
- Speaker #0
J'aurais une vue.
- Speaker #1
En plus, je like beaucoup tes vidéos. C'est gentil. Du coup, c'est un peu la dernière question du podcast. Si tu voulais... Peut-être que tu as un peu déjà répondu, mais si je devais recevoir quelqu'un au micro, qui t'aimerais entendre pour qu'il raconte un peu les coulisses de son métier, que ce soit créateur de contenu ou journaliste ?
- Speaker #0
Créateur de contenu, je ne sais pas, journaliste. En fait, je pense que ce serait intéressant de recevoir soit des... Tu vois, tu as reçu des journalistes de terrain, mais de voir des journalistes qu'on ne voit pas forcément à l'antenne. Des journalistes, je ne sais pas, dans une chaîne info qui sont en régie. d'expliquer ce que c'est ce métier-là. Parce que les gens, par exemple, quand ils regardent une chaîne d'info, ils voient le journaliste qui a fait un scam, tu vois. Mais je pense que pour beaucoup, c'est une boîte noire, tu vois, de comment ça fonctionne. Et je me dis, tu vois, démystifier un peu ce truc-là. Moi, je sais comment ça fonctionne parce que je l'ai vu de mes propres yeux, tu vois. Mais pour le grand public, je pense que, ouais, comment ça marche une chaîne d'info, tu vois, ça permettrait aussi, je pense, de casser peut-être certains clichés ou certaines idées préconçues. de se dire en fait parce que moi je trouve qu'un journaliste enfin un caméraman en tout cas de BFM sur le terrain il fait le même travail que moi tu vois on n'a pas un truc si éloigné que ça et pourtant les images sont très différentes que les gens en ont donc je me dis ce serait intéressant que le grand public en tout cas se rende compte de comment ça marche ouais je
- Speaker #1
pense et puis tu vois même moi quand je faisais des reportages pour la télé j'ai fait quelques reportages en carnet mais c'était souvent pas à la caméra Et donc, c'était très drôle parce que quand tu bosses pour une chaîne, les gens s'attendent à ce que ce soit le présentateur qui vienne. Et quand ils me voyaient, ils étaient un peu déçus. C'était là, mais c'est pas Mélissa Torrio, c'est Philippe. J'étais là, ah non, non. Mais du coup, c'est drôle. Et j'en parlais justement avec Rémi et il me disait que je pense aussi que pour un peu combattre cette défiance qu'il peut y avoir envers les journalistes, d'être ultra transparent et de montrer les coulisses et de lire les rédacs et de raconter un peu les métiers de l'homme, c'est ça aussi qui peut faire un peu avancer. Et faire comprendre aux gens que oui, il y a des journalistes qui ne sont pas géniaux, mais en fait, il y en a plein qui travaillent dans l'ombre.
- Speaker #0
Il y a plein de petites mains qu'on ne voit pas, où les gens ne savent même pas qu'il y a des métiers que les gens n'imaginent pas que ça existe, qui pourtant sont hyper importants et qui font un boulot hyper important et qui le font très bien. Mais les gens ne se rendent pas forcément compte, je pense.
- Speaker #1
Trop bien. Écoute, je vais y penser alors pour le prochain épisode. En tout cas, merci beaucoup pour ce temps tous les deux d'avoir partagé ce moment. Et puis, où est-ce qu'on peut te retrouver si les gens veulent te suivre ?
- Speaker #0
Eh bien, sur Instagram, sur YouTube. Soit CL Press, soit Clément Lanneau. C'est pas très original. Mais ouais, Instagram, YouTube principalement.
- Speaker #1
Ok, super. Merci à toi. Et rendez-vous au prochain épisode.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Ça va, ça a été ?
- Speaker #1
Ouais, nickel. Ouais ?
- Speaker #0
Je t'ai pas posé de questions. Non, non, nickel. Ça va ?
- Speaker #1
Oh non, pas du tout.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux faire un petit truc ? T'as le droit de tousser. Tu veux que j'aille te chercher un poteau ? Non, c'est bon, c'est bon. T'as le droit de tousser. Non, je ne peux pas. Non, je suis... Ça va, ça a été, ouais ? Trop bien.
- Speaker #1
Ouais. Ok. Ouais. Ouais. Ok. Ouais. Ouais. Ouais, t'arrives à consommer un truc, ouais.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Bah écoute, je m'en suis rendu compte. En fait, ça s'est passé au collège, tu vois, et je m'en suis rendu compte que j'ai mis le mot harcèlement, mais genre hyper tard, genre après mon lycée et tout. Et parfois,
- Speaker #0
c'est des gros mots, on n'ose pas les mettre sur nous, on ne se rend pas compte.
- Speaker #1
Je ne savais même pas ce que c'était. Enfin, tu vois, pour moi, c'était...
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Ouais, beaucoup, tu vois. Et ouais à l'époque je voulais changer de classe au collège parce que enfin je crois c'était en 4e, en 3e ils remettent dans ma classe des harceleurs tu vois Et je suis allé voir le principal pour changer de classe avec mes parents et tout Et le principal il dit ah bah non c'est pas possible Clément c'est le seul élève moteur de la classe Bon pas le changer tu vois Et t'es là genre ok Et à l'époque moi ça me parait, bon j'ai fini par changer de classe et tout mais à l'époque je trouvais enfin ça se passait tu vois juste je mettais pas de mots et j'ai mis le mot hyper tard et après j'ai réalisé tu vois tout ce que j'ai fait que c'est aussi grâce à ça que j'ai fait du développement web etc je me suis dit ok bon bah finalement faut que j'en parle tu vois pour il y a des jeunes qui sont dans le même cas et s'il y en a un qui se bouge le cul et qui se disent putain ok je m'en fous genre je fais mes trucs à côté et je me lance je pense que quand on est jeune on pense que tu vois l'univers
- Speaker #0
scolaire c'est le monde et il n'y a rien à l'écouter est-ce que je peux juste te demander un petit peu de story pour teaser pour teaser le prochain épisode est-ce que tu peux me faire un petit face cam pour dire salut c'est Clément Lano on se retrouve bientôt dans l'épisode de je te dis en off je pense que ta cam est réelle je pensais que tu voulais que je le finisse avec mon téléphone vas-y pas de problème ne t'étouffe pas non t'inquiète je dis quoi je dis salut c'est Clément c'est Clément Lano rendez-vous très vite pour le prochain épisode de je te dis en off ok
- Speaker #1
à prire ce que tu veux salut c'est Clément on se retrouve très vite dans le podcast de Mélanie je te le dis en off comment je peux finir salut c'est Clément je te retrouve très bientôt attends je sais pas ce que tu veux ah ouais très bien salut c'est Clément on se retrouve très vite dans le podcast de Mélanie je te le dis en off Salut c'est Clément, on se retrouve très vite dans le podcast de Mélanie je te le dis en off,
- Speaker #0
n'hésitez pas à vous abonner pour pas rater l'épisode avec un bon CTA est-ce que tu peux nous faire des photos ? ça va ça a été les questions ?
- Speaker #1
ouais très bien,
- Speaker #0
t'inquiète très très bien après j'ai un peu fait au feeling de la nouvelle manière de le penser c'est magnifique
- Speaker #1
Ouais, c'est ouf.
- Speaker #0
Mais il y a un podcast, je ne sais pas si tu l'avais envoyé, tu sais, avec François Hollande et Gaspard G. Et justement, il est improbable que François Hollande ait son podcast. Et du coup... Mais tu sais que j'essaye de recevoir François Hollande pour qu'il me parle de son podcast, mais j'arrive... J'ai une numéro...
- Speaker #1
C'est vrai ?
- Speaker #0
Ah, trop bien. Je ne sais pas si tu as vu, elle s'est lancée sur les réseaux et là, elle est partie en immersion avec Uber. Toute seule.
- Speaker #1
Avec qui ?
- Speaker #0
À Cuba, toute seule.
- Speaker #1
Mais non. Ouais. Ah, trop bien. Tu sais que tu peux pas aller aux Etats-Unis après, je crois. Les gens qui sont là à Cuba, ils peuvent plus du tout aller aux Etats-Unis. J'ai vu ça sur Instagram, justement, quand j'étais à New York, je me suis dit, OK, mais possible ? OK.
- Speaker #0
Ils font pas comme en Israël, en Israël tu sais ils font un tampon, un truc que tu...
- Speaker #1
Ah oui justement j'ai vu une meuf qui a fait un road trip là-bas et qui disait en fait ils arrivent à retrouver avec l'historique des compagnies et genre en fait du coup les styles est refusé, faut qu'on en a un visa, je sais pas quoi.
- Speaker #0
Ouais ouais je sais pas si elle a eu son visa ouais.
- Speaker #1
Donc ouais, c'était pas un terroriste ça devrait être sûr.
- Speaker #0
Ouais. Sur les vidéos,
- Speaker #1
il y a des débats. Ah ouais ?
- Speaker #0
Tu devrais les mettre en story, c'est drôle.
- Speaker #1
C'est vrai, c'est un problème. Mais oui, du coup, l'accroche de la prochaine vidéo, c'est les figures. C'est bien,
- Speaker #0
tu nous fais des bons hooks.
- Speaker #1
Ouais, je ne pourrais pas mieux. C'est un peu rapprochissant.
- Speaker #0
Déjà, c'était quoi l'autre avec le footballeur ? C'était qui ?
- Speaker #1
Ah oui,
- Speaker #0
Guillaume.
- Speaker #1
Et lequel qu'elle soit pour vous aider à...
- Speaker #0
Celle-là, elle est pas mal.
- Speaker #1
C'est l'indiqué. Comment je la prends ?
- Speaker #0
On est trop loin pour que... Il faut que ça soit en format story, mais... Ouais, fais-en plein, parce que de toute façon... Je sais pas comment je mets mes cheveux. Ça va être un peu bien, mais... Merci. T'es pas objective, mais c'est gentil. Attends, peut-être avec le micro. Ah oula.
- Speaker #1
Je casse pas. C'est trop bien.
- Speaker #0
Bah, trop cool. Est-ce qu'on fait un petit selfie au cas où ? Ouais, tu veux ? Oh, tu fais... C'est nice. Ouais, tiens, pour faire un selfie.
- Speaker #1
Maintenant, je vais me collectionner avec un petit peu de bleu. Je vais mettre un petit bleu. Je vais mettre un petit bleu. Un minute d'expiration. par une jambe d'ici, on va loin, on va là, et... Et oui, oui, il y a des choses que je... Je sais en tout moment qu'on s'en va. C'est trop...