- Speaker #0
ok bon bah ok désolé est-ce que ça
- Speaker #1
va ?
- Speaker #0
bah parfait ouais parfait ouais je pense que c'est bien ouais
- Speaker #1
Ok. Merci. Merci. Ce qui est bien, c'est qu'après, on n'est que toutes les trois, donc tranquille. Quand vous voulez. Vous êtes ready ?
- Speaker #2
C'est bon.
- Speaker #1
Et pour la parole, vous distribuez comme vous voulez. comme vous le sentez. Même n'hésitez pas.
- Speaker #3
On va sûrement se compléter.
- Speaker #1
Bonjour à toutes les deux. Bonjour à Pauline, bonjour Claire. Aujourd'hui, on est sur un nouvel épisode de Je te le dis en off. Je reçois Claire Lemaitre et Pauline Renaud qui ont écrit un super livre qui s'appelle Femmes journalistes entre passion et désillusion. Et j'avais très envie de vous recevoir parce que moi, je reçois beaucoup de femmes journalistes sur le podcast. C'est un sujet qui m'intéresse beaucoup, parler des femmes dans les médias. Et aussi parce que je crois que j'en avais parlé à Claire, c'est un sujet que j'avais aussi en tête parce que j'avais très envie de lire sur ce sujet et je ne trouvais pas de livre dessus. Et je m'étais dit, peut-être carrément qu'il faudrait que j'écrive dessus. Et puis je crois que c'est un journaliste en commun qu'on connaît, Jean-Marie Charon.
- Speaker #2
Chercheur,
- Speaker #1
oui. Qui a partagé votre livre et je me suis dit, super, ça va être trop cool. et en lisant votre livre. Je me suis beaucoup retrouvée aussi dans les témoignages. Et je me suis dit, j'avais l'impression de me sentir très seule parfois. Et je me suis rendue compte qu'il y avait peut-être quelque chose d'un peu systémique aussi dans la façon dont on travaille, où vivent les femmes journalistes. Et c'est pour ça que j'avais envie de vous recevoir aujourd'hui. Je suis très contente.
- Speaker #2
Merci de nous accueillir.
- Speaker #1
Avec grand plaisir. Peut-être que déjà, vous pouvez vous présenter chacune pour que les gens vous connaissent un petit peu mieux.
- Speaker #2
Alors moi, je suis journaliste depuis... Depuis quelques années, depuis une vingtaine d'années, je suis spécialisée en économie et en finance. Donc je parle des marchés financiers. Ce qui m'intéresse là-dedans, c'est pas mal la géopolitique, la politique, tout ce qui peut influer sur les marchés. Par exemple, en ce moment, on parle beaucoup de Donald Trump, le président américain, qui a beaucoup, beaucoup d'impact et sur Wall Street et sur le CAC 40. Et puis, on parle aussi de choses assez dures, les guerres qui ont une influence sur les prix du pétrole, certains secteurs comme la défense en bourse. Donc, moi, je travaille là-dessus.
- Speaker #3
OK.
- Speaker #1
Et toi ?
- Speaker #3
Et moi, je suis enseignante chercheuse à la fac à Londres. Avant ça, j'étais journaliste pendant plusieurs années et notamment journaliste éco.
- Speaker #2
On a fait la même école avec Pauline. C'est comme ça que je suis rencontrée au SELSA.
- Speaker #3
Et je crois que tous les deux, on ne se destinait pas du tout à faire du journalisme éco.
- Speaker #2
Pas du tout.
- Speaker #3
Mais finalement, en fait, on s'est bien trouvés là-dedans. Et maintenant, j'enseigne surtout le journalisme financier à la fac aussi. Et c'est vrai que, comme Claire le dit, ce n'est pas que de la finance. Il faut prendre en compte toutes les questions géopolitiques. C'est fascinant. Et la question des femmes aussi, par rapport aux questions de finances, est passionnante.
- Speaker #1
Et j'avais une petite question parce que quand j'ai commencé le livre, vous parlez aussi de la raison pour laquelle souvent les femmes ont envie d'être journalistes. Il y a plein de raisons, mais une des raisons principales, je crois que c'est aussi pour se sentir utile. Est-ce que vous, c'est une vocation d'être devenue journaliste ?
- Speaker #3
Je crois que moi, c'est venu très tôt en tout cas. Je me retrouve pas mal dans le témoignage de celle qu'on a interviewée depuis l'adolescence. et je crois qu'il y avait... Plutôt que l'idée d'être utile, je crois que c'était l'envie d'aventure constamment. Mais de faire aussi un métier comme ça, prestigieux de ce point de vue-là. Pas seulement voyager, mais aider, faire quelque chose d'utile.
- Speaker #2
Oui, on a beaucoup de journalistes qui nous disent... Il y a Laetitia Limoy, par exemple, qui bosse au Monde. Elle dit qu'elle s'était fait une petite caméra en papier, qu'elle enregistrait des journaux radio. Moi, je faisais exactement la même chose. Je faisais des compiles musicales que je donnais à une copine. On s'échangeait nos cassettes. C'était toujours un événement parce qu'on préparait la cassette pendant plusieurs jours, on la donnait. Et donc, on choisissait un peu nos tubes et on expliquait c'est quoi cette chanson. J'aimais bien beaucoup poser des questions. Et puis l'écriture aussi, c'était quelque chose de très important. Et parfois, tu as des profs comme ça qui te marquent. Et moi, je me souviens très bien, c'était en quatrième, une prof qui m'a dit, à moi et un vieux copain à moi, qui nous avait dit, c'est pas mal l'écriture, vous pourriez envisager d'être journaliste. Donc ça a germé à ce moment-là. Et je me suis dit, un peu comme Pauline, que c'était une manière de découvrir plein de choses. Parler à plein de gens et ensuite raconter, rendre ça accessible aux autres. Et ça, ça me semblait vraiment super.
- Speaker #1
C'est drôle, ton histoire, ton anecdote de petite fille. Moi, j'ai créé un journal dans ma classe en CP. Moi aussi, j'avais envie d'être journaliste depuis petite. Et je l'avais appelé le journal des marmottes. Donc, ce n'était pas encore... Je ne sais pas, c'était une idée très brillante. Je crois que c'était un des parents dans la classe qui en avait entendu parler. Et du coup, il nous avait invité au Parisien. Moi, c'était le meilleur jour de toute ma vie. J'avais la une du Parisien après dans ma chambre où j'étais en photo avec mon journal. C'est drôle de voir qu'il y a beaucoup de femmes pour qui c'est une vocation. Depuis toute petite, elles ont envie de faire ce métier.
- Speaker #2
Oui, ça peut venir très vite. Il y en a, ce n'est pas le cas du tout. Il y en a quelques-unes qu'on a interrogées et c'est venu un peu plus sur le tard. Ce qu'on a remarqué aussi, parce que le livre s'appelle Entre passions et désillusions, c'est que Parfois, pour ces femmes-là qui l'ont moins rêvé, qui l'ont peut-être moins fantasmé, il y a moins une sorte de mythe du journaliste. On parle encore de Tintin, on parle encore de l'aventure tout le temps. Parfois, ces femmes-là vont moins vivre la désillusion parce qu'elles s'étaient moins imaginées des choses. En fait, la confrontation avec le réel va être peut-être moins brutale.
- Speaker #1
Oui, parce qu'il y a moins ce côté passion au storytelling.
- Speaker #3
elles sont petites et il y a vraiment moins le côté Parce que pour beaucoup de journalistes qui se sont ` `imaginés journalistes très tôt, c'est leur identité. Elles ne sont pas juste femmes, elles sont femmes journalistes. Et c'est pour ça que c'est extrêmement difficile de se dire, est-ce que je peux faire quelque chose ? Parce que ce n'est pas seulement faire quelque chose, c'est est-ce que je peux être quelque chose ? Et dans le livre, on a une des femmes qui... a choisi de faire quelque chose d'autre parce que c'était trop dur le métier journaliste. Et elle l'a vécu vraiment comme un deuil. Ça a été vraiment... Comment je peux dire au revoir à cette carrière qui faisait vraiment partie d'elle ? Et c'est douloureux et je pense qu'on le vit comme ça aussi tous les deux. En tout cas, moi, quand je me suis plutôt dirigée vers la recherche, je ne me voyais pas... pas faire quelque chose qui ne soit pas en lien avec le journalisme. Et donc, enseigner le journalisme, c'est un moyen de se dire « je suis encore un peu là-dedans » . Écrire ce livre, c'était un moyen de me dire « être toujours dans le game » . De se dire « quelque part, je suis quand même un peu journaliste encore » .
- Speaker #2
Et cette jeune femme que Pauline avait interviewée, qui raconte à quel point ça a été douloureux d'arrêter, elle dit « quand on me demande aujourd'hui qu'est-ce que tu fais dans la vie, Elle dit avant j'étais journaliste, maintenant elle est thérapeute.
- Speaker #3
Oui, dans la psychothérapie.
- Speaker #2
Mais avant j'étais journaliste. En fait ça reste en elle, ça fait partie de son identité.
- Speaker #1
Elle s'identifie comme ça. Exactement.
- Speaker #3
Elle démarre toutes les phrases comme ça. Qu'est-ce que tu fais avant ?
- Speaker #1
Mais ça ne m'étonne pas du tout parce que moi quand j'ai... Je vous ai un peu raconté mon histoire et les gens qui écoutent connaissent, je la répète souvent. Mais du coup moi j'ai rêvé d'être journaliste, je le suis devenu. Et au final, j'étais très déçue. Et du coup, je rentre complètement dans ce que tu disais, où j'ai eu vraiment ce côté des illusions. Et j'ai tout arrêté d'un coup, j'ai jeté ma télé. Moi, j'étais un peu dans le drama. Mais par contre, quand on me demandait ce que je faisais, où je me cherchais, je ne savais plus ce que j'étais. En fait, à part être journaliste, pendant ces moments où j'ai arrêté, je ne savais plus quoi trop faire de ma carrière. Je disais, je suis journaliste, mais j'ai arrêté. Donc, c'est très drôle. Et au final, je me suis retrouvée dans vos témoignages, parce que j'y suis revenue. grâce au podcast et j'ai un témoignage mais j'ai posté d'ailleurs en story cette semaine la page parce qu'elle me parlait beaucoup vous disait il y a des femmes qui grâce au digital ou lancent leurs propres projets, lancent leurs propres médias elles se elles retombent un peu en amour avec leur métier et je m'en suis retrouvée dedans et je trouvais ça assez drôle parce que j'ai l'impression d'être un peu toute seule et en fait je me suis dit non en fait ça arrive à beaucoup de femmes et en fait on a un peu ce métier dans la peau, vous parliez d'ADN je crois dans le livre.
- Speaker #3
Tout à fait oui et c'est intéressant de parler de ces stratégies que beaucoup beaucoup de femmes mettent en place pour continuer de faire vivre ce rêve en fait de journalisme malgré les difficultés qu'elles peuvent rencontrer, quelles qu'elles soient mais ça peut être. Faire partie d'une association, ça peut aller vers différents médias.
- Speaker #2
Faire partie d'un groupe de pivistes. Toi, par exemple, on a un petit peu parlé de ton parcours. Tu as raconté ce qui t'avait dégoûté, mais peut-être que tu peux le redire d'ailleurs. Pourquoi tu as arrêté ?
- Speaker #1
J'ai arrêté parce que je pense que je m'étais fait un grand mythe aussi de ce type de candidat. et en fait je suis arrivée et moi j'avais envie de faire changer le monde voyager il y a le côté les coulisses aussi c'est un peu ce que je ne vous raconte mais ce que je dis dans les témoignages des femmes dans ce livre c'est qu'on disait moi je peux parler à un ministre un jour et le lendemain aller voir un combat de MMA et donc ça c'est incroyable on a accès à des choses on parle avec des gens auxquels on n'aurait peut-être pas accès dans un autre métier donc il y avait ça et puis je suis arrivée en télé et en fait je me suis rendue compte que Merci. Il y avait aussi des réalités d'argent, de publicité, de plaire à des annonceurs, que forcément beaucoup de personnes décisionnaires étaient des hommes. Moi, j'avais envie de traiter de sujets plus féminins. Il y avait aussi des clichés sur les femmes journalistes. Voilà tout ce que j'ai retrouvé dans votre livre. Donc ça m'a fait du bien de me dire que je ne suis pas la seule à penser ça. Plus un côté précarité. Et du coup, tout ça, ça donnait un environnement un peu toxique. Et je me disais, pourtant, c'était des gens qui, quand je regardais les reportages à la télé, qui avaient envie de sauver les autres, aider les autres. Et en fait, ils ne sont pas exemplaires eux-mêmes. Et ça m'a un peu déçue. Alors, personne n'est parfait. Mais c'est vrai que j'étais un peu choquée de cet envers du décor-là. Et à la fin, c'était et la fatigue physique, et la fatigue de ne plus trouver de sens à ce que je faisais. d'où après le choix d'avoir mon podcast au final je pense d'arrêter totalement et j'y suis pas arrivée et je me demandais parce que là on est un peu sur les côtés négatifs pourquoi les femmes ont envie d'arrêter mais du coup est-ce que votre livre est-ce que votre livre vient justement d'une réflexion entre c'est un métier passionnant mais en même temps il y a des côtés négatifs comment vous avez eu l'idée d'écrire ce livre toutes les deux ?
- Speaker #3
Je pense que À la base, c'était aussi une expérience assez commune, même si finalement, moi, j'ai assez peu travaillé en France comme journaliste. Mais voilà, d'un ressenti de est-ce que ce qu'on fait maintenant correspond vraiment à ce qu'on avait en tête au départ ? Mais aussi l'idée qu'on ne pouvait pas juste comme ça quitter le journalisme, faire quelque chose d'autre, alors qu'il y a plein de... Comment on dit ? de choses qu'on apprend dans le journalisme qui sont utiles dans d'autres métiers, on pourrait finalement assez facilement se diriger vers d'autres professions. Et je crois que c'est parti de ça, même si on n'avait pas forcément d'expériences absolument horribles, mais quand même des expériences pas faciles qui fait qu'à des moments, on a peut-être remis en cause notre choix de carrière, mais sans vouloir le quitter. Et c'est aussi un peu le message du livre, c'est... Ça se veut aussi un peu, voilà, porteur d'espoir. La plupart des femmes sont journalistes. Certaines le sont encore à la fin de ce livre. Et certaines le sont depuis 30, presque 40 ans. Et le journalisme reste un très beau métier qui continue d'attirer les femmes. On voit le nombre de cartes de presse, notamment pour les femmes. qui reste conséquent.
- Speaker #2
Et toi qui as lu aussi le travail de Jean-Marie Charon, qui est un chercheur spécialisé dans les médias, qui écrit des super bouquins, on les a lus, il a écrit deux livres, il y en a un qui parle des journalistes qui arrêtent le métier, il en a fait un autre plus spécifiquement sur les jeunes journalistes qui démarrent dans le métier, de mémoire je crois qu'on reste sept ans dans le métier, et en fait ils abandonnent. Et on s'est dit c'est dingue parce que il y a... Toujours autant, voire plus de candidats aux écoles de journalisme. Il y a énormément... C'est un métier qui fait rêver. Il y a cette mythologie autour du métier. Et à côté de ça, en fait, on ne reste pas dans ce métier-là parce que c'est trop compliqué. Ça nous semblait assez pessimiste. Et en fait, on a un peu voulu prendre le problème à l'envers et se dire, ce qui reste, pourquoi il reste ? Et ça, c'était l'idée de Pauline. C'est le petit côté un peu intello du livre. On parle un peu de Bourdieu et de l'illusion. Pauline, elle va peut-être l'expliquer. Mais en fait, qu'est-ce qui fait que tu... que tu tiens, qu'est-ce qui fait que tu restes dans le métier ? Pauline, tu peux expliquer, je pense. Oui,
- Speaker #3
c'est ça. C'est en fait l'idée, pourquoi est-ce que le jeu en vaut la chandelle ? Et ce n'est pas seulement pour le journalisme, c'est dans toutes les professions, notamment les professions ou tout secteur d'activité, ceux qui sont vraiment idéalisés, bébés. Donc, on pense tout ce qui est... au milieu,
- Speaker #2
médecin, c'est des métiers, tu sais, quand t'es petite, t'as envie de se faire ce métier-là, en fait. Ça fait partie des métiers qui font rêver.
- Speaker #1
Et pourquoi les femmes en particulier ? Outre le fait que vous êtes des femmes, est-ce que vous pensez que c'est plus difficile d'être une femme quand on est journaliste ? C'est plus difficile d'être une journaliste femme qu'homme ?
- Speaker #3
Donc c'était notre idée de départ, parce que voilà, on est femmes dans le métier et on a eu des expériences, voilà. d'être femme. Et c'est aussi confirmé, en fait, par des travaux de recherche sur le sujet. Alors, on le dit très souvent dans le livre, les difficultés que rencontrent ces femmes ne sont pas juste le fait d'être femme, mais elles sont souvent exacerbées dans leur cas. Forcément au sexisme, mais il y a aussi toutes les questions de racisme là où on parle d'intersectionnalité. Quand le racisme et le sexisme sont associés, c'est des difficultés encore plus grandes.
- Speaker #2
Il y a la vie personnelle aussi.
- Speaker #3
Tout à fait.
- Speaker #2
Parce que dans le journalisme, c'est un métier où tu vas être parfois plusieurs jours, plusieurs semaines loin de chez toi, à l'étranger ou ailleurs en France. C'est un métier où parfois, il va falloir rester... Élection municipale, par exemple. Tu restes jusqu'à 2h du matin à monter tes sujets, à faire des interviews. En fait, être disponible, c'est une compétence dans le journalisme. Pouvoir rester au boulot longtemps, c'est une compétence. Moi, je me souviens, quand j'ai démarré, j'étais pigiste. Et en fait, j'osais jamais dire non quand on me téléphonait. Parce que je me disais, si je dis non, ils vont prendre quelqu'un d'autre. Il y a tellement de concurrence. Donc je me souviens d'un rédacteur en chef, parfois il m'appelait à 7h du matin, pour le jour même. Il fallait que j'y sois deux heures après, sauf que moi je me suis couché tard, j'avais des choses à faire dans la journée, j'ai une vie personnelle en fait. Et en fait, je me dis il faut que j'y aille, je n'osais pas dire non, je n'osais pas dire non, j'y allais. Et en fait quand t'es une femme, il y a aussi la maternité. Et ça, ça devient quelque chose, c'est une étape dans la vie d'une femme journaliste qui est très compliquée. On a une jeune femme dans le livre, qui a d'ailleurs préféré rester anonyme, et elle dit « mais je ne voulais pas qu'on sache que j'étais enceinte. Je ne pourrais pas dire que c'était une intuition, mais je sentais que ça allait poser problème, que j'allais perdre des piges, qu'on allait dire que j'étais... » Après, il y a toute cette histoire du plafond de verre pour les femmes, à partir du moment où tu as un enfant... Tu n'arrives plus à progresser ni en salaire, ni... Alors, il y a des femmes qui ont des postes de rédactrice en chef, il y a des femmes qui ont des postes importants dans le journalisme. Mais elles disent toutes qu'avoir un enfant, c'est un obstacle, c'est presque un handicap, en fait.
- Speaker #1
Alors que quand on a un homme et qu'on est père, c'est différent.
- Speaker #2
Voilà, alors il y a de plus en plus d'hommes qui s'occupent de leurs enfants. On ne peut pas dire que les hommes, ils ne fichent rien. Mais en tout cas, c'est une étape qui est compliquée parce que t'as un enfant, tu peux plus partir en reportage à Lyon pendant trois jours. En fait, t'es plus toute seule.
- Speaker #1
Moi, j'ai la trentaine, donc je suis en plein avec mes copines qui ont des enfants ou qui ont été enceintes. Et moi, j'ai entendu des « ils veulent pas me mettre » ou « je pense qu'ils m'ont pas mis sur tel poste » parce que j'ai un enfant en bas âge et qu'ils se disent que je pourrais pas partir. je serais pas assez dispo. Donc en fait, il y a carrément des espèces de préjugés où elle me dit j'ai pas la preuve, mais je sens que ou qui ont eu des réflexions quand leur bébé est malade, etc., qui se prennent des réflexions pas très humaines. En fait, s'il y a... Il y a un côté où on doit être totalement dispo, peu importe sa vie perso, etc. dans ce métier-là.
- Speaker #3
On a aussi le témoignage, pareil, d'une autre journaliste qui est anonyme, qui a la cinquantaine cette fois-ci, et qui raconte qu'à son retour de congé maternité, en fait, son poste n'existait plus. Donc on lui a proposé de changer de service avec un salaire moindre, alors que justement, quand on vient d'avoir un enfant, c'est pas forcément facile d'avoir moins d'argent.
- Speaker #1
ça ça m'a surpris quand j'ai vu parce que moi je pensais que c'était aussi beaucoup lié au fait qu'on a un métier précaire, que c'est de la pige etc et de lire que ça arrivait aussi à des femmes qui avaient des postes en place CDI etc,
- Speaker #2
que ça arrivait aussi ça m'a plus surprise alors c'était certes il y a quelques années mais je suis pas sûre que ça existe je pense que t'as vraiment une appréhension il y a la vie personnelle aussi pour celles qui n'ont pas forcément d'enfants mais davantage de célibat chez les femmes. En fait, quand tu bosses jusqu'à pas d'heure, que t'es pas là, est-ce que ton compagnon va comprendre ça ? Est-ce qu'il va accepter ça ? C'est compliqué de dire, bah non, le week-end, moi, je suis pas disponible. C'est des métiers qui sont durs à comprendre. Et puis, l'autre chose, évidemment, qui frappe les femmes, et là, évidemment, on parle de tout ce qui tourne autour de MeToo, qui a été une vague très importante. C'est le sexisme, le fait que les femmes vont être fragiles face à certains rédacteurs en chef. Donc il y a plein de stratégies qu'elles nous ont expliquées, où moi parfois j'ai halluciné. Je n'ai pas de jupe pour partir en reportage, je ne m'attache les cheveux, je ne veux pas être féminine. J'interview un politique, il regarde mon décolleté. Et ça en fait, quand tu essaies de bien faire ton boulot, d'être sérieuse, toi t'es là pour travailler, pour apporter des infos Et c'est hyper dur de vivre ça.
- Speaker #1
Ça ne m'étonne pas parce que, justement, en ce moment, j'ai cette réflexion-là autour de mon podcast puisque avant de faire ce podcast, j'étais que journaliste en télé. Et quand j'ai lu ce témoignage, ça m'a fait trop rire parce qu'en fait, c'est des mécanismes dont on ne se rend pas forcément compte. Et en fait, quand j'ai lu que moi, par exemple, en reportage, je ne mettais jamais du jupe, c'est vrai. Aujourd'hui, j'ai un blazer, mais normalement, je ne le fais pas. Je le fais plus sur mon podcast parce que justement, c'était la tenue que j'avais tout le temps. En fait, pour tourner, j'avais une tenue qui était très stricte. En fait, je voulais pas du tout... En fait, pour moi, je voulais que mon sexe ne rentre pas du tout en compte dans le fait d'être journaliste. J'étais pas une femme journaliste, j'étais une journaliste. Et en fait, le premier jour où j'ai commencé mon premier stage en journaliste, on m'a tout de suite sexualisée. On a tout de suite parlé de mon apparence, etc. On m'a fait des blagues un peu graveleuses. ce qui fait qu'en fait tout de suite je me suis dit ah ouais je peux pas être juste journaliste, je suis forcément une femme journaliste et mon image, elle va tout le temps interférer sur... On m'a fait une blague, vraiment, je sais plus ce qu'on m'avait dit, quelque chose genre « Ah, t'es restée... » J'ai aidé un journaliste sur un portage sur la lingerie et on m'avait dit « Ah, t'es restée longtemps sur le bureau et il a étudié ta lingerie à toi » ou quelque chose comme ça. Et là, je me suis dit « Mais moi, en fait, je veux juste être journaliste » et on m'a renvoyé mon image de femme en pleine tête. Et après, c'est un réflexe, on m'a pas dit de pas m'habiller comme ça. Mais en fait, je l'ai fait de moi-même pour me dire, OK, moi, je veux montrer que je suis sérieuse, en fait, et je ne veux pas que tout le temps, il y ait du sexisme. Et c'est vrai que c'est un peu insidieux, parce que ce n'est pas quelque chose qu'on nous demande de faire. C'est une espèce d'autocensure qu'on peut avoir.
- Speaker #2
On n'en est pas forcément consciente. Et puis, il y a aussi cette impression que tu vas être moins compétente. Ça, on en parle beaucoup, notamment sur les journalistes sportifs.
- Speaker #3
Oui, tout à fait, puisqu'on a parlé notamment à... Amélie Chetali-Miri qui est journaliste sportive et qui fait partie de l'association des femmes journalistes de sport et qui parle constamment de cette impression, et pas que la sienne, des femmes journalistes de devoir en faire beaucoup plus que les hommes pour être à compétence égale mais de devoir constamment prouver qu'on est aussi compétente qu'un homme. C'est assez constant.
- Speaker #1
Quand on fait une faute, elle est beaucoup plus vite imputable en tout cas.
- Speaker #2
Ça ne pardonne pas en fait. On a Lucille Guillotin aussi qui bosse chez Stade 2 maintenant. Elle a roulé sa bosse. Elle raconte ses débuts à Strasbourg. Elle commente les matchs de l'équipe. On lui dit de retourner dans sa cuisine, qu'elle n'a rien à faire là. Et en fait, tu sens cette violence parce que je pense qu'elle est hyper contente. Il n'y a pas tant de femmes que ça à l'époque qui commandent des matchs de foot. Et en même temps, on ne va rien laisser passer. C'est-à-dire qu'elle raconte, elle travaille sa feuille de match pendant quatre heures, connaît tous les noms des joueurs. Si elle fait une erreur... Tout le monde va se moquer d'elle. Je pense que ça a sans doute un peu changé tout ça. Mais en tout cas, il y a beaucoup de travaux de chercheurs sur les femmes journalistes dans le sport parce que c'est un milieu qui est encore très squatté par les hommes. Et c'est encore plus compliqué d'y faire sa place. Ce procès en incompétence et dans les stratégies, parce qu'on a donc essayé. D'être un peu optimiste et qu'elle nous explique un petit peu comment vous faites pour rester dans ce métier, pour vous battre, pour progresser. Et c'est vrai que travailler, travailler, travailler, c'est quelque chose qui revient énormément. Se spécialiser aussi. Tu vois, Pauline et moi, on s'est spécialisés en économie. Je pense que ça a été une force pour nous parce qu'en fait, tu as un savoir que les autres n'ont pas forcément.
- Speaker #1
Tu es toujours se démarquer plus.
- Speaker #2
C'est ça. On a Aline Brachet qui est dans une asso spécialisée dans l'environnement. Donc tu vois, elle est vraiment spécialiste de tous ces sujets-là, écologie, environnement. On avait parlé avec Nora Hamadi. Elle, elle s'était spécialisée dans les questions européennes. Et elle dit, mais je connaissais mes sujets. Je suis en conf de presse. Je sais ce que je vais raconter. Moi, je n'ai pas peur de prendre la parole parce que les sujets, je les connais sur le bout des doigts. Et ça, ça permet aussi, je pense... de s'imposer face à parfois des hommes. Alors, tous les hommes ne sont pas comme ça. Ça, il faut nous rire. Parce qu'il y a des hommes qui sont super. Je pense qu'il y a des hommes aussi qui souffrent de cette ambiance-là. L'ambiance un peu vestiaire. L'ambiance, on fait des blagues de cul. On fait des blagues.
- Speaker #1
C'est toxique.
- Speaker #2
Je pense qu'il y a des hommes qui ne sont pas du tout à l'aise avec ça. Mais en tout cas, les témoignages qu'on a eus...
- Speaker #3
Je crois que c'est ça qui est aussi vraiment fatigant, c'est de se rendre compte qu'on est, en tant que femme journaliste, on est constamment en train d'élaborer ces différentes stratégies pour exister dans le métier. Et c'était intéressant d'interviewer ces femmes-là qui, au fil de l'entretien, se rendaient compte que « Ah oui, je fais ça en effet, ah oui, j'avais pas… » et qu'elles prennent conscience de… de ces stratégies auxquelles on quelque part on ne conscientise pas forcément mais qui sont fatigantes au final pour continuer d'exister des fois on parlait de certaines femmes qui se spécialisent qui essayent
- Speaker #1
un peu de se masculiniser il y a des travaux de recherche qui ont montré que d'autres femmes jouent un peu la bimbo qui justement elles jouent des stéréotypes un peu sur les femmes voilà N'ayant l'air un peu plus... En tout cas, on se méfie moins d'elles.
- Speaker #3
Dans la séduction, pour essayer justement d'avoir des infos, accéder à des endroits auxquels les hommes pourraient ne pas avoir facilement accès.
- Speaker #1
On a moins peur d'elles.
- Speaker #3
Oui.
- Speaker #2
Alors, il y en a, quand tu leur parles de séduction, elles ne sont pas du tout d'accord. Elles disent, non, pour moi, ce n'est pas une arme. En revanche, c'est vrai qu'être une femme...
- Speaker #1
on va se dire la potiche quoi moi ça je l'ai reconnu où je me suis dit comme j'ai l'air moins jeune mais quand j'ai commencé j'avais une tête vraiment j'avais l'air très jeune très blonde et du coup on me prenait un peu pour une débile vraiment clairement et en fait au début j'étais un peu révoltée et en fait après j'en ai fait aussi une arme où je me disais ok moi en fait j'ai les mêmes objectifs qu'un voilà en tant que journaliste de faire des interviews d'aller creuser etc et en fait je me suis bah En tout cas, ça peut être une arme, mais en fait, on se méfie beaucoup moins de moi. Et donc, je faisais l'interview et bim, je balançais une question. Et en fait, on ne la voyait pas venir. Alors qu'ils auraient peut-être moins donné cette interview avec un homme un peu plus âgé qui avait l'air d'avoir un peu plus baroudé dans le métier. Et ça, je m'en suis rendue compte en lisant aussi le livre que j'en jouais aussi. Ça m'est déjà arrivé.
- Speaker #2
Oui, parce que tu as des femmes qui sont sur des terrains compliqués. On a deux grands reporters, Dorothée Olyeric, qu'on ne présente plus. Et puis... ... Ah, ça y est, j'ai un trou. On va couper. De BFM, au secours.
- Speaker #3
Clémence Diboux ? Oui,
- Speaker #2
on a Dorothée Oliéric de France 2 et Clémence Diboux de BFM qui sont sur des terrains vraiment compliqués, dangereux. Elles mettent souvent leur vie en danger. Mais elles expliquent qu'effectivement, au contact des soldats, au contact... de beaucoup d'hommes, en fait, ce côté féminin. Alors sans vouloir essentialiser, dire qu'une femme c'est plus doux, qu'une femme c'est plus gentil, mais elles se rendent compte que parfois aussi, elles vont avoir une qualité d'écoute. Et le fait que, bah oui, en fait, on va moins se méfier d'elles, et bien en fait, elles arrivent à se faufiler et avoir une super info que peut-être, peut-être, un homme n'aurait pas eu aussi facilement.
- Speaker #1
Oui, ça ne m'étonne pas.
- Speaker #0
Et je lisais aussi dans le livre, ce qui m'a beaucoup intéressée, c'était la place des femmes, la représentation des femmes dans les médias, sur les plateaux, surtout en télé. Alors dites-moi si je me trompe, mais je crois qu'en termes de parité, ça commence quand même à s'équilibrer. Il y a de plus en plus de femmes sur les plateaux. Mais ce qu'on relève, c'est surtout en termes où sont les experts et où est le temps de parole. Il y a beaucoup de femmes qui sont animatrices, etc. Mais dès qu'on va aller chercher un expert ou quelqu'un qui va décrypter, il y a un peu moins de femmes. Et en termes de temps de parole globale, si je me souviens bien, je crois que c'était 34% en 2024 ou 2025. C'était ça, en temps de parole pour les femmes, dans les émissions d'info ?
- Speaker #1
Oui, et il y a eu beaucoup d'études faites, notamment dans le sport, dans les émissions sportives à la télé, où là c'est vraiment... On voit plus de femmes, elles ont plus de temps de parole, mais dès que c'est l'expert, dès que c'est un homme, c'est vraiment le rôle de l'expert est sacralisé. Et donc, quand ça va être du football masculin, dans 90% des cas, on va demander à un homme son avis sur la question.
- Speaker #2
Oui, il y a encore un peu cette idée de la potiche, de la faire un peu d'écho. Je pense que ça évolue, mais qu'il y a encore du travail. Et c'est pour ça aussi qu'il y a besoin de modèles. Et tu as certaines femmes qui, elles, pour le coup, ils réfléchissent beaucoup. Des femmes racisées aussi, qui disent... C'est ce que tu racontais avec Mathieu Mollard de Street Press sur le fait qu'il faut qu'il y ait davantage de diversité à l'antenne. Parce qu'effectivement, si tu ne vois pas des femmes commenter des épreuves de sport hyper prestigieuses, est-ce que tu vas te dire, moi aussi, j'ai le droit d'y aller ? Laetitia Limois, par exemple, elle vient de la Martinique. Et elle dit qu'il y a beaucoup de gens qui lui disent, bravo Laetitia, bravo, tu es au monde, tu as réussi. Et en fait, quand on te voit faire tes vidéos, on se dit, on y a droit. Et Nora Hamadi, c'est pareil, par exemple.
- Speaker #1
Tout à fait, il y a encore un manque de modèles, notamment les femmes racisées. Pour ce qui est reporter de guerre, Clémence Diboud expliquait que le service public a ouvert la voie assez tôt finalement, dans les années 80, on a vu pas mal de femmes journalistes de guerre sur France 2 et tout ça. Mais c'est vrai qu'en termes de femmes...
- Speaker #0
De diversité, oui. Oui, c'est ce que vous disiez,
- Speaker #1
il y a notamment dans les postes... à... Dans la hiérarchie aussi,
- Speaker #2
il faut voir des femmes chefs. Le service public fait un gros boulot par rapport à ça. Mais tu vois d'autres publications, d'autres journaux, d'autres chaînes, où en fait, c'est plus compliqué. Et puis les salaires, ce n'est pas ça non plus.
- Speaker #0
Ce que je lisais, je crois que c'est un témoignage d'un livre qui disait en fait, quand il y a des femmes à l'antenne, elles sont quand même souvent blanches, jeunes. du 36-38, donc on est un peu toujours dans ce profil-là, et on a encore du mal à voir des femmes grande taille ou racisées, ou voilà, qui représentent un peu toutes les femmes, et on reste encore dans ces clichés-là. Ça, c'est quelque chose que vous avez aussi retrouvé dans les témoignages ?
- Speaker #2
Oui, et c'est Pauline aussi qui citait une recherche par rapport à ça, le phénomène du token, qui est très intéressant, mais je te laisse expliquer.
- Speaker #1
Voilà, donc on va mettre... une femme, mettons, racisée, plus âgée, ou d'une taille plus grande, on va dire. Mais on en met une. Et on se dit comme ça, on a fait notre boulot. Regardez, voilà, exactement. Et donc, on fait notre boulot, regardez, on est diversifiés. Et en fait, derrière, il n'y a rien. Il n'y a personne dans les hiérarchies.
- Speaker #2
Il va y avoir beaucoup de blancs. C'est Arwa Barkala qui nous disait parfois on voit des photos des rédacs. Et en fait, c'est que des gens blancs, beaucoup d'hommes. Et en fait, la diversité, c'est pas vrai. Elle n'est pas vraiment là. Il y a encore beaucoup de boulot. Effectivement, ça s'améliore. Mais je pense que les gens, ils ont besoin de cette diversité-là aussi. On reproche beaucoup aux journalistes de parler un peu toujours des mêmes sujets. de toujours aller dans les mêmes endroits. Et en fait, c'est aussi ça. Il y a une crise de confiance quand même par rapport aux journalistes. Et je pense que ça joue aussi. C'est-à-dire, on a l'impression que c'est tous des gens qui ont fait des hautes études. Un peu parfois les mêmes écoles que les gens qui sont dans la politique. Tu as cette impression d'entendre ça. Est-ce qu'on peut faire confiance à des journalistes qui ne sont jamais allés... Moi, je viens de la Mayenne, par exemple. Là, ça me touche beaucoup ce qui se passe avec les agriculteurs, leur combat. Et j'ai l'impression que peut-être de Paris, on ne fait pas suffisamment... Il y a beaucoup de reportages, mais peut-être que parfois, ils se disent qu'ils ne viennent pas suffisamment nous voir, parler de nos problématiques. Et il y a un décalage, et puis du coup, quand il y a un décalage, il y a un problème de confiance.
- Speaker #0
Oui, je pense que le problème de diversité, ça va être un problème de s'identifier, de pouvoir donner envie de créer des carrières, et aussi des sujets éditorialement qu'on va traiter, et l'angle qu'on va pouvoir utiliser, parce que c'est vrai que quand on se sent concerné par un sujet, ou quand on l'a vécu, on va peut-être mieux le comprendre, ou avoir envie de le traiter, et quand on va aller proposer un sujet à un rédac chef qui est totalement éloigné de... de ces sujets-là, ça va peut-être être un peu plus difficile de lui faire en parler dans le média aussi.
- Speaker #1
Le seul problème, il est dès les écoles de journalisme. Parce que les écoles reconnues par la profession, il y en a des gratuites, enfin des gratuites, des publiques, on va dire, pas gratuites, et puis il y en a beaucoup de payantes et qui sont souvent les meilleures aussi. Mais qui va pouvoir payer je ne sais combien de frais de scolarité ? ça va être ceux qui ont grandi dans l'Ouest parisien.
- Speaker #2
Il faut avoir des revenus pour faire des études longues.
- Speaker #0
Même, je pense, pour débuter, parce que comme c'est des métiers précaires, même quand on se lance, au début, on a quelques piges, etc. Il faut avoir souvent une famille qui peut nous aider, etc. Souvent, il y a des métiers qui se font en région, mais on vient quand même souvent à Paris, les loyers sont très chers. Il faut quand même avoir une famille ou des proches qui puissent nous soutenir. Ou alors, ça veut dire travailler encore dix fois plus, avoir plusieurs boulots, etc.
- Speaker #1
Certains viennent déjà avec leur réseau, ils connaissent un tel, dans telle rédaction. La question de la diversité, elle se pose dès le moment du recrutement en école de journalisme. Et comment on peut faire pour que ça soit ouvert au plus grand nombre ?
- Speaker #0
Est-ce que vous diriez, peut-être je pose la question à chacune, quel est le témoignage ou qu'est-ce que vous avez découvert dans ce livre ? S'il y a une chose qui vous a un peu étonnée ou le témoignage qui vous a le plus émue ?
- Speaker #1
Moi, ce qui m'a peut-être surpris, c'est qu'on avait vraiment voulu parler à des profils très différents de journalistes en région, jeunes, plus âgés.
- Speaker #0
31 journalistes ?
- Speaker #1
Voilà, dans différents médias. Et ce qui m'a surprise, je dirais, c'est souvent le nombre de points communs, les similarités qui existent dans les difficultés qu'elles ont pu rencontrer, mais aussi dans ce qui continue de les passionner. La plupart pensent qu'elles sont toujours utiles, et ça, je pense que c'est important d'en parler. Comme tu disais, il y a un peu une crise du journalisme, les gens sont de plus en plus méfiants. Mais certaines se disent qu'on peut encore avoir un impact. Mais c'est ça en fait qui m'a... Oui, je ne retiens pas forcément un témoignage en particulier, mais c'est vraiment de se rendre compte à quel point il y a des similarités. Et c'est aussi vrai dans d'autres professions. Moi, j'ai ma cousine qui est architecte et qui finalement se retrouve dans beaucoup de témoignages à travers ça.
- Speaker #2
Moi, j'en ai plusieurs témoignages qui m'ont frappée. Il y a deux jeunes femmes anonymes. Je pense que ça, c'est les deux. Je ne m'attendais pas à autant de violence, en fait, ou vraiment. Ce qui était bizarre, c'est la passion qu'elles ont pour le métier, cette envie d'y arriver, une forme d'ambition. Pareil, deux jeunes femmes qui ont une vocation assez jeune. Il y en a une, on en parle, elle a évolué dans le milieu politique. Et en fait, elle raconte la violence, alors pas tant des hommes politiques, parce qu'elle explique qu'avec Moutou, ça a quand même beaucoup évolué. parfois tu as un peu de lourdeur, mademoiselle vous êtes bien jolie, regarde un peu, appuie sur le décolleté, mais elle me dit bon, maintenant ils font quand même gaffe. En revanche, c'est le milieu des journalistes politiques. Ça, ça m'a étonnée, parce qu'elle me dit, mais j'ai jamais réussi à faire ma place entre eux, ils sont dans un groupe, il y a des boucles WhatsApp. Et elle me dit « Mais tu ne te rends pas compte, il note le physique des journalistes, il note le physique des femmes politiques. » Et je crois que je ne m'en suis toujours pas remue.
- Speaker #0
C'est comme un espèce de boys club.
- Speaker #2
Un boys club complètement hallucinant. L'autre jeune femme, vraiment dans une forme de précarité parce qu'elle fait des piges, elle a du mal à joindre les deux bouts. et elle a... Elle donne tout, en fait. Elle veut rester plus longtemps, elle est prête à bosser gratuitement. Et en fait, ça, c'est des choses aussi, en vieillissant, on se rend compte qu'il ne faut pas accepter ça non plus. Parce que le boulot, ok, c'est super important, mais en fait, il ne faut pas accepter de se faire maltraiter comme ça. Mais c'est facile à dire, nous, on est plus âgés maintenant. Voilà, et après, des témoignages de femmes plus connues. Moi, il y avait Dorothée Oliery qui m'avait fait rire parce qu'elle est quand même assez connue. Et je l'appelle et je lui dis « Oui, est-ce qu'on pourrait parler du livre ? » Elle me dit « Ah oui, mais moi je suis ok parce que j'adore quand on me dit oui. » Et je me dis « Attends, mais Dorothée Lyric, tout le monde lui dit oui. » Enfin, je ne sais pas. Et elle me dit « Non, non, moi je te dis oui parce que j'aime bien quand on me répond oui. Donc pas de problème, je réponds dans ton livre. » Et après, il y en a plein. Il y a Ariane, il y a Nora. Nora m'a dit... On nous en parle beaucoup parce que... Moi, on m'a dit que Nora, elle envoie du steak. Parce que c'est vrai qu'elle est hyper intense et elle n'a pas peur. Elle les cache. Elle les cache. C'est la seule qui parle du harcèlement moral qu'elle a vécu quand elle a démarré. Et qui le dit et qui ne le dit pas anonymement. Parce que le harcèlement moral, il y en a quand même beaucoup. qui témoignent et je trouve que ça fait du bien d'avoir des témoignages comme ça alors anonyme aussi mais c'est vrai que tu disais tout à l'heure tu t'es beaucoup retrouvée et nous dans la rédaction du livre ça nous a fait du bien aussi je pense parfois de se dire, même des choses Pauline et moi on n'en avait jamais parlé en fait de ce qu'on a vécu, de comment on a vécu l'école de journalisme des échecs, parfois des types un peu lourds.
- Speaker #1
Il y a beaucoup de choses qu'on acceptait. Au final, dire que c'est comme ça, c'est la vie.
- Speaker #2
Il faut l'accepter.
- Speaker #0
Ça m'a beaucoup aidée en tant que femme. J'avais intériorisé des comportements masculins toxiques. Même quand j'en parlais, on me disait que c'était un mec.
- Speaker #1
Et pas que dans le métier, dans la vie de tous les jours. Moi,
- Speaker #0
ça a participé à me dire que ce n'était pas normal.
- Speaker #1
c'est pas normal qu'on dise oui c'est juste un mec et tu dois l'accepter j'avais intériorisé plein de choses moi j'étais exactement dans cette situation là et c'est aussi le fait de déménager en Angleterre qui m'a fait prendre conscience de certains comportements que je subissais en France, que je subissais moins en Angleterre et me dire en fait on n'a pas c'est pas obligé,
- Speaker #2
les gens sont pas obligés de se comporter comme ça en fait et puis t'as cette impression aussi que c'est de ta faute Moi, tu vois, je me disais, il faut que je m'accroche, je suis trop sensible, j'ai vécu un petit peu de harcèlement moral. Et je me disais, il faut que je leur montre que je sais bosser, il faut que je leur montre que non, je ne suis pas nulle.
- Speaker #0
Mais est-ce que tu crois que c'est toi qui pensais que tu étais trop sensible, c'est ce qu'on te disait ?
- Speaker #2
Je pense que c'est quelque chose qui est intégré, qu'en fait, ça va être dur, il faut être dur. Et puis, c'est comme ça.
- Speaker #1
On te dit, ah non, la voix, ça va pas. Faut avoir une voix plus masculine. Donc, on se dit toujours, ah oui, non. T'es pas dans le moule. C'est vrai, il faut vraiment se...
- Speaker #0
Moi, j'ai déjà eu des messages. Je les relis parfois parce que j'oublie. Pas j'oublie, mais pour me remettre aussi des situations. Parce que parfois, j'oublie quand je raconte des histoires. Je me dis, non, mais peut-être t'exagères avec ça. Donc, parfois, ça m'arrive de me replonger un peu dans... Je me fais du mal seule, mais dans les échanges, je me dis, non, mais t'exagères pas. et on m'a déjà dit Oui, tu pleures à cause du travail et serre les dents, c'est comme ça. Ça fait partie du boulot. Et après, ça ira mieux quand tu seras meilleure.
- Speaker #2
Quand tu seras meilleure.
- Speaker #0
Enfin, quand tu seras meilleure. Je ne sais plus exactement. En gros, ça ira mieux. Ça fait partie du chemin pour être une bonne journaliste, de pleurer et tu serres les dents.
- Speaker #2
Après, je ne sais pas. Je me souviens d'Elsa Fresnet aussi, qui est aux Echos. Elle parle de ce combat qu'ont fait les femmes. Elles ont essayé un genre de... pas signé leur article dans le journal. Alors c'est très symbolique parce que est-ce que les lecteurs lisent vraiment la signature en bas ? Mais en tout cas, c'était leur manière de dire en fait, là ça va pas, on est moins payé que les hommes, on n'a pas les mêmes postes. Et en fait, elle lance un peu l'idée en disant on va voir qui... Quasiment toutes les femmes de la rédac participent. Elles sont toutes OK. Elles se mettent à échanger sur « il y a ça qui ne va pas, il y a ça qui ne va pas » . Et Elsa, c'était très fort aussi son témoignage. J'avais beaucoup aimé cet entretien. Elle dit « mais en fait, je me rends compte que le problème ne vient pas de moi. Le problème, ce n'est pas que des fois, je fais un peu la gueule ou que je suis fatiguée ou que j'ai eu des problèmes personnels. En fait, c'est systémique, c'est-à-dire qu'il y a un véritable problème. » Et le problème, ce n'est pas moi. Et je pense qu'effectivement, on a aussi un petit peu voulu faire le bouquin pour ça, pour que, en fait, de lire ces expériences-là, tu te dises, OK, ça peut arriver, mais il y a des manières de contourner ça, il y a des manières d'avancer. Et ce n'est pas de ta faute.
- Speaker #1
Et ce n'est pas normal. Et ce n'est pas normal.
- Speaker #0
Moi, ce que j'ai bien aimé, ce que j'ai retenu, c'est qu'à la fin, du coup, vous parlez justement ça de l'entrée du collectif. Vous parlez des échos. Je crois que c'est arrivé à la Provence aussi. Et puis après, vous parlez aussi de Prenons la Une, etc., MeTooMedia. Je ne sais pas si vous pouvez un peu, pas récap, mais raconter un peu ce côté collectif qui a fait progresser quand même les femmes en termes de salaire, en termes de postes dans les rédactions, plus de postes de rédacteur en chef, responsabilité.
- Speaker #2
Oui, je pense que c'est de la solidarité. Et puis c'est aussi de mettre des mots. Tu vois, par exemple, à Provence, Delphine Tanguy a dit qu'il y avait une opacité sur les tavers. On ne savait pas qui gagnait quoi entre les hommes et les femmes. C'est parce que ça parle d'intuition. Elles ont l'intuition qu'elles sont moins bien payées. Mais en fait, on n'en sait trop rien. Les syndicats se disent, bon, on va chiffrer, on va faire des tableaux, on va regarder, on va comparer. Ça saute aux yeux. Il y a un problème. Mais une fois que c'est écrit noir sur blanc... Comment tu vas justifier ça ? Pourquoi Gontran, qui a exactement le même poste, la même ancienneté, il est payé davantage ? Donc ça a permis d'avancer. Après, c'est tous les témoignages aussi. C'est ce qu'on a vécu avec MeToo, cette espèce de libération de la parole des femmes. Par exemple, il y avait eu la signature des femmes en politique dans l'Ibé, qui décident de faire une tribune dans l'Ibé en racontant... en racontant toutes les petites remarques qu'on va leur faire. Mais en fait, quand c'est écrit noir sur blanc, les uns après les autres, dans un article, il y a un vrai problème. Et elles disent qu'effectivement, il y a une prise de conscience par rapport à ça des hommes politiques. Donc je pense que ça fait avancer les choses. Prenons la une, elles sont... C'est beaucoup de femmes indépendantes, c'est beaucoup de pièces, mais pas que. Et c'est vrai qu'en fait, t'as une ambiance. Nous, on est allées à leur anniversaire pour les rencontrer, il y avait un débat. Et en fait, elles t'accueillent, elles te donnent des plans, elles te disent est-ce que t'as pensé à ça, à ça ? Et moi, c'est vrai que c'est quelque chose que j'ai pas toujours vu. Parfois, t'as une forme de...
- Speaker #1
D'être sororité, oui, très bien.
- Speaker #2
Parfois, t'as quand même une forme de rivalité. Attends, il y a un poste là... Je ne vais pas trop le dire, je fais mon truc dans mon coin. Et elles, en fait, tu sens qu'elles ont compris qu'en s'entraidant, ça ne va pas dire j'ai perdu le poste. Mais au contraire, si j'ai des copines qui montent, des copines qui sont mieux payées, en fait, on va s'aider les unes les autres et on va toutes grimper. Et ça, j'ai trouvé que c'était une énergie qui était vraiment super. Moi, je disais, j'ai rencontré des jeunes en école de journalisme, pas mal pour le bouquin. Et je leur disais, mais faites partie du Nassau, faites partie... Jean-Marie Charon, il bosse beaucoup sur les clubs de communistes en ce moment, les réseaux de pigistes. Et je pense que oui, c'est une manière de... Et puis quand tu sors d'école, on a Aline Brachet notamment qui nous raconte, en fait, quand tu sors de l'école, tu te retrouves un peu au milieu de nulle part. Et des fois, ça peut être compliqué. Et d'avoir ça, des gens à qui tu peux parler, tout simplement, ça peut beaucoup aider. Donc oui, moi, j'aurais bien aimé, en sortant d'école, faire ça.
- Speaker #1
C'est vrai parce qu'on passe un ou deux ans à être dans cette compétition, dans cette rivalité constante.
- Speaker #2
On n'ose pas trop parler. Encore une fois, parce que tu dis qu'être faible, ça ne va pas te faire gagner des points. Raconter que tu as pleuré en rentrant de reportage, ça ne va pas te faire gagner des points.
- Speaker #0
Moi, je me suis rendue compte, mais je crois qu'on en avait parlé ensemble. que si certaines femmes pour réussir elles se sont très endurcies, elles ont un peu subi le côté dur parce qu'elles étaient souvent face à des hommes vu que plus on progresse dans les métiers, plus on a des postes à responsabilité, plus on est entouré d'hommes et au final parfois elles avaient cette dureté là, elles étaient même plus dures. que les hommes pour faire leur place dans le milieu. Et ça, moi, c'est ce que je m'étais rendue compte. Et parfois, quand je me retrouvais face à une rédac chef-femme, je me disais, ah, cool, peut-être que... Et en fait, il n'y avait pas tellement de sororité parce qu'elle ne s'était pas construite comme ça. Elle-même, c'était sa façon qu'elle avait trouvée pour réussir.
- Speaker #1
Elle dit, moi, j'ai réussi, alors je ne vois pas pourquoi toi, tu ne peux pas le faire comme ça.
- Speaker #0
Il y a un côté... Il y a une tradition beaucoup d'être à la dure. C'est normal, en tout cas. De galérer. Et moi, j'ai trouvé ça... trop bien en fait que vous résumez un peu dans le livre tout ce collectif toute cette entraide qu'il y a même si je trouve que moi en tant qu'indépendante j'arrive quand même à retrouver ça plus qu'avant quand j'étais en rédac entre femmes on s'entraide aussi donc je trouve ça super, ça existe quand même
- Speaker #2
Pourquoi t'as des femmes qui te soutiennent autour de toi ?
- Speaker #0
En fait depuis que j'ai le podcast, j'ai beaucoup de femmes journalistes qui m'écrivent et qui sont devenues des copines parce que justement Je pense qu'elle se retrouve dans mon témoignage. Alors, pas que des femmes journalistes. Parfois aussi, quand j'ai parlé de mon burn-out, il y a d'autres femmes qui se sont retrouvées, mais oui, et qui écoutent et qui me disent « Ah, mais c'est fou ! » Et j'ai pris un verre il n'y a pas très longtemps avec une journaliste qui m'écoutait, qui écoutait mon podcast. Et en fait, on venait de la télé toutes les deux. Et c'est drôle, on s'est échangé nos anecdotes et on a l'impression d'avoir eu un peu le même parcours. Et ça fait du bien de sentir que, ouais, c'est vrai, c'est pas notre faute ou en tout cas c'est pas isolé Et je pense que ce livre, il fait beaucoup de bien aussi pour ça, de se dire que oui, c'est systémique et en fait, ce n'est pas normal. Mais en même temps, on n'est pas toute seule à vivre ces choses-là.
- Speaker #2
Oui, je pense que ça donne de la force. Et puis parfois, on ne se rend pas compte en fait. Les choses ne sont pas dites. Donc, il y a quelques hommes qui m'ont dit, je n'avais pas vraiment réalisé en fait, que parfois, oui, vous n'allez pas oser vous mettre en jupe. Ou alors qu'on fait des blagues un peu salaces et que c'est pas drôle. Enfin, c'est pas drôle pour vous. Vous vous sentez exclue. Il y a un homme qui m'a dit, mais moi, en fait, on parle du boys club. Le fait de réseauter un peu entre hommes parce que tu vas boire des verres, tu vas parler de foot, tu vas. Et il me disait, mais en fait, je l'ai fait, moi, ça. Je suis restée entre hommes. Je proposais pas vraiment aux filles. Mais je m'en rends pas compte. Parfois aussi de mettre des mots, je pense que ça peut faire avancer les choses.
- Speaker #0
Je pense quand on est pigiste, parce que le boys club, je trouve qu'il est encore plus important quand on est pigiste, parce que souvent dans nos métiers, au moins en tout cas en télé, il n'y a pas vraiment de CV qui tourne, c'est beaucoup du bouche à oreille, machin qui recommande machin. Tu envoies un CV quand tu es stagiaire, mais en fait après c'est que des gens, tu envoies les numéros de « ah je cherche quelqu'un » . C'est souvent aux soirées que tu vas créer des liens, que tu vas parler de toi et que tu vas rencontrer des gens pour tes futurs boulots. C'est vrai que si les femmes ne sont pas invitées, évidemment, ça enlève beaucoup d'opportunités pour travailler.
- Speaker #2
Le réseau, c'est hyper important dans plein de métiers. Le journalisme, c'est un métier de communication. Il faut avoir un carnet d'adresses. C'est vrai que parfois, pour les femmes, c'est plus compliqué. Mais pour les hommes aussi. Il y a des hommes qui sont exclus de ça. Mais ce qu'on a vu, oui, c'est qu'il y en a qui essaient de se blinder beaucoup. Et d'autres qui se blindent, mais qui vont aussi plus vers les autres. Il y a Cécile Olivier aussi qui bosse chez elle. Elle sait se blinder, mais aussi se faire confiance. Et elle disait, je trouvais ça intéressant, on ne nous apprend pas ça assez à l'école. Comme une manière d'être, de se dire, je me fais confiance, je sais bosser, je suis compétente. Et en fait, ça va rouler. Tu vois, moi, j'ai l'âge que j'ai, j'ai 44 ans. Mais même à l'âge que j'ai, ça me fait du bien d'entendre ça, en fait. De me dire, il faut croire en soi et se faire confiance. Ce n'est pas parce que tu es une nana que ça ne va pas le faire.
- Speaker #1
C'est un peu notre espoir avec ce livre. On a eu cette réflexion que j'aurais bien aimé lire ça en école de journalisme. De me dire, déjà, t'es pas toute seule. De se faire confiance.
- Speaker #2
Si t'arrives une galère, que tu te fais embêter dans une rédac, que tu te fais un peu harceler, c'est pas normal. Ça fait pas du tout partie du jeu. Il faut en parler à l'école. Il faut en parler à des collègues, il faut en parler à la hiérarchie. Il ne faut pas rester comme ça. Et c'est vrai que parfois, tu as tendance, je le disais tout à l'heure, à dire c'est moi qui ne suis pas assez forte, c'est moi qui suis un peu fragile, il faut que je me batte. Et en fait, tu te rends compte qu'à deux mètres de toi, il y a une fille qui ressent exactement la même chose. Il suffit d'en discuter et de se dire on va se serrer les coudes et en fait, on va se battre.
- Speaker #0
Et justement, on a parlé de plein d'aspects forcément un peu négatifs du métier, etc. S'il y a des jeunes filles qui nous écoutent qui ont envie de devenir journalistes, qu'est-ce que vous leur diriez comme conseil ? Est-ce qu'il faut quand même se lancer ? Est-ce que c'est quand même un beau métier ?
- Speaker #1
Oui, jamais on ne déconseillera à quelqu'un de faire ce métier, surtout pas à une femme. Mais oui, ce qu'on vient de dire, vas-y, il se pourrait que... T'as des mauvaises expériences et elles sont pas normales. Il faut pas les intérioriser en se disant c'est comme ça. Mais c'est un très beau métier. Tu peux être heureuse, heureux dans ce métier. Mais voilà, et puis de ne pas hésiter à s'entraider. Je pense que c'est très important. Je pense que c'est pas quelque chose qu'on a vécu nous en école, forcément l'entraînement. On avait des... des amis et tout ça. Mais il n'y avait pas cette notion, c'était en tout cas pas encouragé forcément par les gens en dessous de nous, de s'entraîner, de travailler ensemble.
- Speaker #2
Nous, on avait les Troisièmes, la fameuse vague de Troisièmes avant les vacances de Noël. On avait cinq petits élèves de Troisièmes qui voulaient être journalistes et ils me demandaient Ils ont adoré ce qu'on leur a fait faire une interview. Et ils étaient tous emballés parce que c'est super de poser des questions. Après, ils écrivent leurs petites chroniques. Tu vois, en les regardant, je me dis, je comprends ce qui se passe dans leur tête. Donc, on a posé la question à toutes les femmes qu'on a interrogées. La plupart, elles disent qu'elles conseillent le métier parce que c'est passionnant. Tu découvres tellement de choses.
- Speaker #1
Mais c'était souvent un oui, mais. Oui, absolument, mais il faut être à ce point de la réalité du métier aussi. Et je pense que forcément, on a une vingtaine d'années, on est un peu insouciante, on idéalise le métier.
- Speaker #0
Je crois, Claire, tu as été en parler dans les écoles du livre. Est-ce que tu as eu des réactions des élèves ? Est-ce qu'ils ont été surpris d'entendre vos témoignages ou les témoignages du livre ?
- Speaker #2
Ça m'embêtait parce que comme ils sont encore dans ce mythe, ils font plein d'entrains. Je vois les garçons, ils veulent être journal sportif. Les filles, c'est pareil, tu sens qu'elles veulent apporter leurs pattes en tant que jeunes femmes. Elles ont des idées de sujets. Tu as des filles qui veulent faire du sport. Moi, je trouve ça génial. Et donc moi j'arrive, je parle de l'hommage, je parle de précarité, je parle de harcèlement moral, parfois de harcèlement sexuel. Donc c'est compliqué, mais ce qui est dingue, c'est que moi j'avais super peur qu'ils ne posent pas de questions et de me retrouver toute seule. Et en fait, tu sens la curiosité. Et c'est vraiment, je trouve, quelque chose dans la personnalité des gamins. Ils avaient plein plein de questions à me poser. Alors beaucoup sur moi-même aussi, tu vois, moi j'avais pas très envie de parler de moi, et vous madame, vous avez été harcelée, et vous madame, et c'est des échanges, quand on parlait d'échanges, c'est ça que je trouve super riche, ce que tu dis aussi dans ton podcast, ce qu'avec Pauline on a vécu en écrivant le livre, c'est de discuter avec les gens, moi depuis j'ai bu un verre avec une jeune étudiante qui me raconte ses envies. Je lui donne des conseils. Elle veut se lancer en finance. Je trouve ça trop marrant, surtout que les femmes ne sont pas du tout assez présentes dans les sujets éco ou finance. C'est vraiment très enrichissant. Je trouve que c'est vraiment l'âme du journalisme, cet enrichissement qu'on a tous.
- Speaker #0
Moi, je pense que c'est super intéressant de leur raconter, justement, à ceux qui sont en école. Parce que moi, j'ai vu, en étant dans les rédacs, quand les stagiaires arrivent, et moi, qui ai le côté un peu cynique, qui étais là depuis un ou deux ans, et je les voyais arriver, je me disais, oh my God, les pauvres ! Et en même temps, je me reconnaissais. Moi, je n'ai pas fait d'école, mais moi, quand je suis arrivée, j'étais passionnée. Et de les voir en disant, oui, alors, moi, en école, on m'a dit que j'aurais tel ou tel salaire. Et puis moi, je ne veux travailler que sur tel sujet, parce que ça, ça ne m'intéresse pas. Alors, qui lui dit ? Et je me suis dit, je ne pense pas que ça casse l'envie d'être journaliste, mais ça nous prépare. C'est bien d'être préparé, je pense.
- Speaker #1
Oui, et toute cette illusion de bourdieu qu'on aborde, c'est aussi ça. Comment tu t'adaptes ? Parce que tu as une jeune femme, par exemple, qui nous dit qu'elle, elle s'imaginait parcourir le monde. On ne sait pas ce qui est arrivé au final. Mais en fait, elle fait des super rencontres, des super reportages, elle fait des interviews. Ça s'est un peu adapté, mais malgré tout, le métier, elle le trouve passionnant. Donc oui, parfois, tout le monde ne va pas présenter le 20h de TF1 ou de France 2, tu vois. Mais après, la question, c'est ça. C'est jusqu'où tu t'adaptes. Et effectivement, on ne va pas se mentir, il y a quand même beaucoup de gens qui arrêtent le métier. Nous, je te dis, on a voulu faire un angle un peu plus... optimiste.
- Speaker #0
Et sur 31 témoignages, combien ont arrêté depuis ? Est-ce que vous savez ?
- Speaker #2
Une seule.
- Speaker #1
Depuis qu'on a publié le bouquin.
- Speaker #2
Assez rapidement, même après l'entretien.
- Speaker #1
Et assez rapidement après le début des études.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
À la sortie de l'école. Mais parce que Jean-Marie Charon, là, il documente ça très bien qu'effectivement, il y a... des abandons de plus en plus précoces.
- Speaker #0
Plus les femmes en plus, je crois.
- Speaker #2
Oui. Alors c'est souvent lié à la précarité, mais aussi la précarité touche plus les femmes.
- Speaker #1
Et elles sont aussi très très nombreuses dans les écoles en fait. C'est un métier qui s'est énormément féminisé.
- Speaker #2
Mais déjà à notre époque ? Je dis ça comme nous, mais il y a 50 ans, il y avait 5.
- Speaker #1
Il y avait 5 personnes. Donc tu vois, déjà...
- Speaker #0
Et du coup, un dernier mot, si quelqu'un a envie de lire votre livre ? Qu'est-ce que vous lui diriez ? Comment vous en parleriez en quelques mots ?
- Speaker #2
Petit pitch. Ce n'est pas un livre pour les femmes journalistes, déjà. Ce n'est pas un livre sur les femmes journalistes. Mais c'est un livre qui, comme on dit, qui veut traiter de la réalité du métier, qui n'est pas souvent très rose, mais qui se veut aussi, comme on dit, porteur d'espoir. Et en tout cas, dans les retours qu'on a eus, c'est un livre qui parle à beaucoup de monde, pas qu'aux femmes journalistes, mais aussi aux hommes journalistes, pas qu'aux journalistes dans d'autres professions aussi. Et voilà, c'était vraiment le but d'essayer de donner une image assez... Je ne sais pas si elle est complète forcément, cette image. En tout cas, une image qui colle à la réalité du voile. du vécu de ces femmes-là. C'est pour ça qu'on a des entretiens au long cours, vraiment.
- Speaker #0
Sur un an, c'est ça ?
- Speaker #2
Oui. Certaines, on leur a parlé plusieurs fois. Voilà, approfondir certains points. Voilà, pour vraiment parler d'une profession qui reste très belle, mais... On veut aussi alerter sur le fait qu'il y a des choses qui ne fonctionnent toujours pas, qui méritent plus d'attention.
- Speaker #1
Oui, je pense qu'on l'a pensé un petit peu comme un guide aussi. Pauline, elle a travaillé sur la première partie, sur ce mythe du journalisme. Moi, je n'y avais même pas pensé en démarrant le métier, sur à quel point on s'imagine. des choses, à quel point ça fait partie de ton identité aussi. Et derrière, oui, je pense qu'on voulait vraiment, vraiment donner la parole aux femmes un peu en longueur pour en faire, oui, un petit guide, je ne vais pas dire de survie, parce que ce n'est pas non plus un métier de survie.
- Speaker #0
Comme un survie dans une femme journaliste.
- Speaker #1
Je pense que l'idée, c'est de savoir quand tu es une jeune, on visait quand même un peu les plus jeunes aussi, je pense, et de se dire... Voilà ce que c'est la réalité. C'est-à-dire que c'est compliqué d'avoir un CDI, c'est compliqué d'avoir un super salaire. Si tu es pigiste, il y a des avantages. Toi, tu connais tout ça. Il y a des super avantages. Cette liberté-là, il y a des inconvénients aussi. C'est-à-dire, est-ce que je vais me payer à la fin du mois ? Et terminer sur la troisième partie, qui était plus un peu comme des conseils sur... Comment naviguer dans ce métier-là.
- Speaker #0
Comment se trouver aussi.
- Speaker #1
Exactement. Et pour continuer de s'y épanouir. Moi, je pense vraiment qu'on peut continuer de s'y épanouir, y compris en faisant des choix assez radicaux. Toi, tu as fait un choix assez radical. Quelque part, ça avait bien démarré ta carrière. Tu étais dans des belles boîtes de prod. Tu passais sur des chaînes nationaux. C'est une idée. Et tu ne t'y es pas sentie bien. Et aujourd'hui, je pense que tu es plutôt... Le risque,
- Speaker #0
il fait peur, forcément. Ça fait peur, mais au final, il y a d'autres... En fait, je pense que ce qui m'intéressait et ce que j'ai retrouvé dans mon expérience, c'est qu'il y a plein de façons d'être journaliste. Et en fait, parfois, on a l'impression qu'on est bloqué. Et en fait, on peut changer de média, on peut changer de passer de la radio à la télé, on peut lancer son propre média, on peut juste changer de rédac.
- Speaker #1
Faire une newsletter, si t'es passionné. Moi, je suis journaliste éco, si je me mets à... être passionnée de jardinage. J'adore écrire. Pourquoi pas lancer une newsletter sur le jardinage ? Il y a plein de manières. C'est mieux si tu es payée quand même. Il y a des femmes qui lancent des newsletters. Elles ont du mal à monétiser tout ça. C'est compliqué. Mais comme tu dis, il y a des manières de rebondir. Et surtout, moi, en tout cas, vraiment, ce que j'ai appris, c'est que je n'ai pas assez parlé quand j'avais des problèmes. Je n'ai pas assez échangé, y compris avec ma copine, où on se dit des trucs 20 ans plus tard, sur même l'école, comment on s'est senti, comment on s'est sorti en sortant.
- Speaker #2
Surtout parce qu'en fait, on pensait que c'était normal. Je pense que c'est pour ça qu'on n'en parlait pas aussi. C'était, c'est la vie. Il y avait un peu cette idée-là. Et voilà, de montrer que non, ce n'est pas la vie.
- Speaker #1
Oui, il y a moyen de se battre d'être plus forte moi c'est vraiment ça que je voudrais véhiculer avec ce bouquin de ne pas abandonner, si ça vous donne envie il faut y aller et puis parfois on y revient il y en a qui ont quitté qui sont revenus, parce que c'est pareil c'est ton ADN, c'est dans ton sang, dans ton coeur alors tu reviens après un passage C'est ça qui est super chouette dans ce métier-là. Et comme tu dis, c'est hybride, il y a plein de manières de le faire. Toi, je trouve que tu as un super exemple.
- Speaker #0
Moi, c'est très drôle d'avoir quitté le journalisme, d'avoir jeté ma télé.
- Speaker #1
Mais tu as vraiment jeté ta télé ? Oui,
- Speaker #0
je n'ai pas jeté ma télé.
- Speaker #1
À la poubelle ?
- Speaker #0
Oui. Parce que moi, les voix des gens que j'entendais, je les connaissais.
- Speaker #1
Ça t'angoissait ?
- Speaker #0
Oui, ça m'angoissait. Le dimanche, j'allumais ma télé, j'étais « Oh non, lui, je ne l'aime pas » . Mais du coup, je trouve ça tellement ironique de revenir et de faire un... un podcast sur le journalisme alors que j'en étais dégoûtée donc comme quoi au final on a vraiment, enfin moi je sens que j'ai vraiment ça dans mon ADN, c'est vraiment ça quand j'ai lu le mot j'ai vraiment ressenti ça pareil et je me vois pas faire autre chose alors qu'en fait je pourrais faire plein d'autres choses mais je trouve ça passionnant dernière question dans le podcast j'aime bien savoir qui vous aimeriez avoir derrière ce micro écouter un épisode avec un ou une journaliste pour un peu connaître ses coulisses ? Je ne sais pas, ça peut être aussi une femme de votre livre ou autre ?
- Speaker #2
C'est peut-être idiot, mais en fait, moi, j'adorerais entendre encore plus Nora Hamadi. Je l'ai trouvée tellement incroyable. C'est toi qui l'avais interviewée. Mais j'adorerais pouvoir lui parler, moi aussi, ou la voir ici.
- Speaker #1
Oui, c'est un bon choix. Moi, j'aurais du mal à faire un choix. Il y en a plein qui sont super.
- Speaker #0
Peut-être quelqu'un que vous n'avez pas forcément eu sur le livre et que vous auriez aimé rencontrer ?
- Speaker #1
Tu couperas, là. Il faut que je réfléchisse. Qui j'aime bien en journaliste ? Ça m'énerve, ça va me venir après.
- Speaker #0
Ou créateur de contenu.
- Speaker #1
Créateur de contenu. Moi, je pense que je vais sécher, parce qu'il n'y a rien qui me vient. Il y en a plein.
- Speaker #2
Sur le livre ?
- Speaker #1
Sur le livre...
- Speaker #2
Il y a quelqu'un que j'ai interviewé que tu n'as pas eu la chance de...
- Speaker #1
Ah oui. Oui, mais si je dis que l'olivier, ça a fait de la pression...
- Speaker #0
Après, ils ne viennent pas forcément.
- Speaker #1
On a eu qui ? J'ai le trou là. J'ai pas eu de trou parce que toutes les...
- Speaker #2
Moi j'adorais parler. C'est ça, c'est que tous les entretiens qu'on a fait, ça a vraiment été une expérience superbe. C'est un peu ménage. Et si Alimoi était... J'ai trouvé super cet enthousiasme aussi. Putain, là, j'ai un trou gigantesque.
- Speaker #0
Comme tu veux, tu peux me dire tout. Moi, je veux bien tout. Il va y avoir plein d'épisodes encore.
- Speaker #1
Ça, c'est la question que tu aurais dû me demander.
- Speaker #0
Pour parler dans tous les épisodes.
- Speaker #1
Très bien. Je ne vais pas dire Léa Salamé.
- Speaker #0
Après, Léa Salamé, c'est intéressant. C'est ce qu'elle vit en ce moment, avec le harcèlement qu'elle subit.
- Speaker #2
Je pense qu'il y a pas mal de... Si c'était un homme, je pense qu'elle aurait...
- Speaker #0
Moi, je suis persuadée.
- Speaker #2
Elle n'aurait pas forcément le même backlash.
- Speaker #1
En sport, on avait Mejdeh Aline ou Lucille. C'est les deux seules qu'on a en sport.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Bon, je vais dire ça. Du coup, ce n'est pas du tout naturel. Tu peux me reposer la parole. Désolée.
- Speaker #0
C'est la question un peu signature du podcast. À chaque fois, je demande qui vous aimeriez entendre derrière ce micro pour un prochain épisode. Journaliste, créateur de contenu.
- Speaker #1
Moi, j'aurais envie d'entendre une journaliste sport, parce que c'est vraiment un milieu, et par les sportifs, et par les journalistes, où il y a beaucoup d'hommes. Nous, on a fait Médaline Miry et Lucille Guillotin, qui ont des tempéraments explosifs. Et je pense que ça pourrait être très intéressant que tu les interviews. Super.
- Speaker #0
Je ne sais pas si je pose la dernière question, parce que je demande en général, où est-ce qu'on peut vous retrouver si on veut vous suivre ? Mais je ne sais pas si vous avez envie de donner vos Instagram.
- Speaker #1
Si, on peut.
- Speaker #0
Si, je les donne. Dernière question, si les gens ont aimé cet échange, qu'ils ont envie de vous retrouver, de vous suivre ou de vous écrire, où est-ce qu'ils peuvent vous retrouver ?
- Speaker #1
Sur Instagram, on a toutes les deux un compte. On a communiqué pas mal sur le bouquin. On a des échanges là-dessus. Donc Instagram.
- Speaker #0
C'est quoi ton Instagram ?
- Speaker #1
C'est une excellente question.
- Speaker #0
Je l'afficherai sur Instagram.
- Speaker #2
Moi, c'est Confetti Journal. Et aussi sur LinkedIn. LinkedIn, c'est vrai.
- Speaker #0
Super. En tout cas, merci pour cette émission. Merci Mélanie, c'était super. C'était trop cool. Ce livre, moi, je l'ai adoré. Je me suis beaucoup retrouvée. C'est aussi l'occasion d'échanger entre femmes journalistes.
- Speaker #1
C'est super.