Speaker #0C'est comme avoir une coche business dans votre poche, prête à vous donner le petit coup de pouce ou le botage de fesse dont vous avez besoin. Alors, installez-vous confortablement et c'est parti pour l'épisode du jour. La semaine dernière, j'ai passé une journée entourée de startups et on a eu un super débat qui était Faut-il scaler à tout prix ? Est-ce que plus de chiffre d'affaires veut dire plus de réussite ? Ou alors, faut-il garder une entreprise à taille humaine, à échelle humaine ? Et j'ai adoré ce débat parce qu'au-delà du côté très caricatural de argent vs valeur humaine, est-ce qu'il faut grossir, est-ce qu'il faut rester avec des belles valeurs ? On va voir que c'est évidemment un petit peu plus compliqué que ça. Mais en fait, les insects qui en sont sortis étaient hyper, hyper intéressants. Et en fait, quand je vous ai partagé un petit peu ça sur Instagram, vous avez été nombreux à me demander, est-ce qu'on peut avoir un épisode de podcast sur le sujet ? Est-ce qu'on peut savoir ton point de vue sur la question ? Et moi, je me suis dit, bien sûr, si vous me demandez mon avis sur quelque chose, je vais évidemment vous le donner au travers de mes six années d'expérience en tant que coach business, au travers... de la vision que j'ai eue de tous les business que j'ai pu accompagner, au travers de ma propre expérience aussi de freelance avant, coach business aujourd'hui, de personnes qui passaient de 70 000 euros de chiffre d'affaires en prestat service au million. Qu'est-ce que ça a changé ? Je vais tout vous dire dans cet épisode de podcast pour vous recontextualiser un petit peu pourquoi est-ce que j'ai eu ce débat et pourquoi est-ce que j'étais avec ces startups ce jour-là. Il se trouve que j'ai été approchée fin 2025 par un incubateur spécialisé dans l'entrepreneuriat féminin et le scaling. justement, comment est-ce qu'on passe à l'échelle, comment est-ce qu'on fait 1 fois 10 sur notre chiffre d'affaires. Et en fait, cet incubateur m'a approché en disant Aline, il se trouve que ton entreprise est domiciliée dans une zone prioritaire, chose que j'ignorais complètement. Du coup, tu peux te faire incuber gratuitement chez nous pour bénéficier d'un programme soutenu par la BPI. Et moi, je suis en mode bah franchement, pourquoi pas ? Je vous avoue que sur le moment quand on m'a dit ça, je suis en mode bof, je sais pas est-ce que vraiment je suis la cliente idéale ? Avec qui est-ce que je vais me retrouver et tout ? Et j'ai dit oui. Et je ne regrette absolument pas parce qu'en fait, c'est beaucoup trop cool et je me retrouve au milieu de business qui n'ont rien, rien. rien à voir avec notre milieu des réseaux sociaux, du coaching, business en ligne, des formations, etc. Là, je vous parle de start-up dans l'écologie, de start-up dans la tech, avec que des femmes à leur tête. Donc ça, c'est trop cool parce qu'on est entre nanas et surtout des personnes qui n'ont aucune connaissance de tout ce dont on peut parler sur ce podcast ou dans notre univers de manière générale. Mais c'est toujours tellement enrichissant d'échanger avec ce type de profil. Et du coup, on a eu ce fameux débat. Est-ce qu'il faut grossir, scaler à tout prix ? Est-ce que plus de CA veut dire plus de réussite ? Ou est-ce qu'au contraire, on a envie de garder un business à taille humaine ? L'objectif du débat dans le contexte de cet incubateur et de cette première journée d'immersion ensemble, c'était évidemment de nous dire c'est quoi Scaler et est-ce que vous êtes prêtes pour ce que ça veut dire Scaler ? Donc, remettons justement un petit peu le contexte, les termes sur ce vaste débat où je suis sûre que déjà dans votre tête, vous avez toute une liste d'arguments qui est en train de défiler. Alors déjà, définissons qu'est-ce que ça veut dire une entreprise à taille humaine. Parce que figurez-vous que moi, ça a été ma première petite claque où je me dis, moi, une entreprise à taille humaine, ça veut dire je reste tout. toute seule, avec peut-être quelques freelances ou un ou deux salariés, mais c'est ça, une entreprise à taille humaine. Déjà, il faut savoir que dans le débat, avec les personnes avec qui j'étais, une entreprise à taille humaine, c'était une entreprise jusqu'à 3 millions d'euros de chiffre d'affaires. Donc moi, j'étais en mode « Ah, est-ce que c'est vraiment ça, une taille humaine ? » Si on regarde à l'échelle des TPE, PME, grands groupes, etc., oui, c'est ça, une échelle à taille humaine. Mais déjà, ça m'a remis un petit peu dans une autre réalité qui était celle de mon microcosme. Donc, première prise de conscience par rapport à ça. Je pense que pour cet épisode de podcast, le vrai débat, c'est « Est-ce que vraiment je veux grandir ? » si oui pourquoi je veux le faire ou est-ce que finalement je me rends compte que ce dont j'ai besoin c'est un certain niveau de chiffre d'affaires et de liberté et que j'ai pas vraiment besoin d'aller chercher plus et on va questionner au-delà de ça aussi c'est quoi l'ambition qu'est-ce qui est sain en termes d'ambition et qu'est-ce qui n'est pas sain quand on a une ambition qui est poussée par les pensées qu'on a de ce que la société voudrait de nous ou attend de nous vs ce qu'on veut vraiment au fond de nous je vous spoil un petit peu les grands points mais vous allez voir il y a des choses bien plus intéressantes que ça à dire donc voilà un petit peu le contexte la définition des termes j'ai l'impression d'être dans un tribunal définissons les termes avant de commencer Merci. Donc ça, c'était la première chose. Deuxième chose, avant de vous donner mon avis, c'est, comme je vous le dis souvent sur ce podcast, mais chacun sa définition de la réussite. Parce que quand j'ai vu l'intitulé du débat, j'allais dire sur le tableau blanc, mais c'était un projecteur, quand j'ai vu l'intitulé plus de CA égale plus de réussite, la première question que je me suis posée, c'est en fait, c'est quoi la réussite ? Parce qu'autant pour certains entrepreneurs, certaines femmes entrepreneurs qui étaient présentes ce jour-là, autant la réussite, c'est, ah non, mais moi, je veux juste vivre confortablement mon activité. passer un minimum de temps sur mon business pour avoir un maximum de temps avec ma famille, pour mes loisirs, mes passions, pour voyager, pour explorer un hobby ou autre chose. Et en fait, pour moi, la réussite, ce n'est pas du tout une réussite financière, ce n'est pas du tout une réussite en termes de prestige ou de notoriété ou de visibilité. Pour moi, la réussite, c'est une vie tranquille avec l'argent dont j'ai besoin ou l'argent que je veux. Alors que pour une toute autre personne dans la même salle... C'était le cas en l'occurrence. Réussite veut dire je suis la numéro 1 dans mon domaine, je fais des millions pour ne pas dire des dizaines de millions d'euros de chiffre d'affaires. Pour une troisième, la réussite c'était dans 5 ans je fais un exit et je revends mon entreprise et je pars élever des lamas au centre de la Loire ou que sais-je. En fait, il y a autant de définitions de réussite que d'entrepreneur et c'est une des premières questions qu'on pourrait se poser dans ce débat, c'est c'est quoi pour vous la réussite ? Pourquoi est-ce que vous êtes lancé dans l'entrepreneuriat ? Est-ce que c'était pour avoir un max de chiffre d'affaires et de notoriété ? Est-ce que pour vous l'argent est important ? Et c'est ok de le dire. Ou est-ce qu'au contraire, vous êtes là pour vous dire « Non, mais en fait, moi, j'en ai soupé du salariat et je veux juste être libre » , mais sans forcément avoir des prétentions. Alors, on peut vouloir très, très bien gagner sa vie, de vouloir se rémunérer, je ne sais pas, 10 000, 15 000 euros par mois, mais ça, ça reste petit à l'échelle d'un grand groupe ou d'une entreprise qui veut faire des dizaines de millions d'euros de chiffre d'affaires. Vous me comprenez ? Donc, première question que je peux vous poser, c'est « C'est quoi la réussite pour vous ? » En gros, pourquoi est-ce que vous êtes devenu entrepreneur ? Qu'est-ce que vous cherchez à accomplir personnellement ? Là, je ne vous demande pas de me parler d'impact, de mission de vie, etc. on le garde pour plus tard. Égoïstement, pourquoi vous voulez être entrepreneur et c'est quoi la réussite pour vous ? Comment est-ce que vous allez savoir que ça y est, j'ai réussi ? Moi, je sais, moi, à l'île de The Beboost, je sais que égoïstement, individuellement, pour moi, la réussite, c'est avoir un max d'impact, c'est avoir de la visibilité, c'est-à-dire pouvoir être libre, mais un certain type de liberté. En fait, aujourd'hui, je n'ai pas de liberté tant que ça sur mes horaires. mes journées de travail parce que j'ai quand même une équipe, il faut que je sois présente pour elle, je ne peux pas me barrer comme je veux, quand je veux, sans en parler à personne. Il y a quand même un devoir de présence, mais je ne vis pas ça comme une restriction de liberté. Par contre, le fait d'avoir zéro personne qui me dit quoi faire et d'être 100% libre de mon emploi du temps parce que je n'ai pas de client avec qui je travaille en direct et que c'est moi qui pilote mon équipe, ça, c'est le kiff total. Donc, pour moi, la réussite, elle passe par tous ces biais-là et c'est très personnel, mais j'entendrai totalement, et je sais que c'est le cas, que ce sera extrêmement différent pour chacun et chacune d'entre nous. Et c'est pour ça que j'adore ce genre de débat. Donc ça, c'est un petit peu pour les termes et le contexte. Maintenant, je vais vous donner mon avis. J'ai pris mon téléphone avec moi, pour ceux qui sont sur YouTube, avec mes notes. Comme ça, je suis sûre de ne rien oublier plutôt que de vous faire un cours magistral. Là, on est en train de papoter entre nous en échange. Moi, il se trouve que, mais je pense que vous me voyez un petit peu venir, je suis plutôt de la team croissance continue dans le business plus vouloir une grosse entreprise plutôt que vouloir un certain chiffre d'affaires que je maintiens d'année en année et puis être plus tranquille avec un petit chiffre d'affaires qui me rémunère juste ce dont j'ai besoin et puis pas envie de m'embêter pour plus. Je vois les arguments des deux côtés. Mais là, comme c'est mon podcast, je vous propose de vous exposer les arguments qui vont dans mon sens. Pourquoi est-ce que je pense qu'il faut viser une croissance continue dans son business et vouloir viser aussi une entreprise bien installée ? Alors, je ne dis pas grosse entreprise, parce que ça, c'est l'interprétation de chacun. Mais en tout cas, une entreprise qui est plus solide que vous générez le chiffre d'affaires dont vous avez besoin pour vivre. J'ai plein d'arguments. J'ai tout préparé, je vous l'ai dit. Mon premier argument, c'est que je suis persuadée que plus de croissance égale plus d'impact. C'est-à-dire que plus vous allez avoir une grosse entreprise... Plus vous allez pouvoir avoir d'impact sur les gens que vous accompagnez, mais pas que, puisque avec votre contenu gratuit, par exemple, vous allez pouvoir aider plein d'autres personnes. Alors qu'aujourd'hui, quelqu'un qui n'a pas de gros chiffre d'affaires dans son entreprise, mais qui n'a pas une entreprise qu'il a un peu dépassée en termes de structure, c'est compliqué d'avoir un impact au-delà de juste consacrer du temps à mes clients, mais en fait, je n'ai pas le temps d'avoir un impact auprès des gens qui ne sont pas mes clients, parce que je n'ai pas le temps de créer du contenu. Et du coup, pour moi, plus de croissance, c'est aussi la possibilité d'avoir... plus d'impact, de pouvoir aider des personnes qui en ont besoin, même gratuitement parfois, parce que mon chiffre d'affaires me le permet. Mon deuxième argument, c'est plus de croissance, c'est aussi plus de solidité. Quand on a une entreprise qui est à une échelle petite, en cas de crise économique, d'imprévus médicals, de situation personnelle, tout est très fragile. Si on tombe, l'entreprise tombe. Et quand je dis si on tombe, c'est genre s'il nous arrive un pépin, je ne vous le souhaite pas, je touche du bois, mais s'il vous arrive un pépin qui vous oblige à arrêter votre business volontairement ou pas pendant plusieurs mois, est-ce que votre business peut survivre ? Même pas grandir, mais est-ce que votre business peut survivre ? Et ça, je suis persuadée que plus on a de croissance et plus on a une structure installée, plus c'est quelque chose qui est possible via quelqu'un qui est 100% à son compte et sur les épaules de qui tout repose au final. Alors qu'un contrario, moins un business repose sur son fondateur, plus le business est jugé solide. D'ailleurs, plus la valorisation sera grosse. S'il y en a parmi vous qui un jour voudraient revendre leur activité, c'est aussi un gros facteur qui joue dans la valorisation de votre business. Mon troisième argument, c'est que plus de croissance et plus l'entreprise est grosse, plus vous avez de la crédibilité. Et là, je sais que vous allez grincer des dents en disant mais pas forcément, gna gna gna, une grosse boîte n'est pas forcément synonyme d'excellence et tout. Je l'entends. Mais allez parler à une banque en fonction de la taille de votre trésor, en fonction de la taille de votre capital, en fonction de la taille de votre entreprise. Vous n'allez pas avoir la même attention de vos interlocuteurs. Et il y a encore aujourd'hui des industries, surtout dans le B2B, où si vous êtes tout seul, VS, si vous arrivez avec une structure, avec une équipe et une grosse boîte, vous n'aurez pas la même crédibilité auprès d'un client grand compte ou autre. encore une fois j'ai conscience que tout ce que je vous dis est assez caricatural et on pourrait trouver des exceptions mais l'idée pour moi est de vous partager mon point de pourquoi est-ce que je pense qu'il ne faut pas se contenter d'une boîte qui nous fait tout juste vivre mais qu'il faut viser un petit peu plus haut pour des questions comme j'ai dit d'impact, de stabilité de sécurité du business de crédibilité comme je viens de vous le partager mon troisième argument c'est plus de croissance et plus la boîte est grosse, plus vous avez de liberté de manière contre-intuitive liberté de vous arrêter, liberté de pivoter et de prendre le temps pour le faire et de pas vous dire j'ai pas le temps de pivoter parce que ma trésor ne me permet pas et que je suis obligé de trouver mon prochain client sinon je mets la clé sous la porte et aussi liberté de donner vie à tous vos projets de coeur quand on a la trésor quand on a une structure quand on a une équipe quand on a de la ressource humaine financière et de temps on peut se permettre de lancer des nouveaux projets des nouvelles idées si aujourd'hui votre business vous vivez au jour le jour au client le client et ou si demain vous perdez le prochain client vous savez même pas comment vous allez faire pour le trouver celui d'après en fait vous voyez bien que vous vivez dans une course continue vers l'avant où il n'y a aucune place pour respirer et aucune place pour vous dire je peux financer un futur projet, rentable ou pas rentable d'ailleurs, et donner suite aussi aux trucs qui m'animent, qui me font vibrer, qui sont en rapport direct avec ma mission de vie par exemple. Autre argument, j'ai l'impression d'être la nana qui vous déroule les arguments et comme vous êtes de votre côté du podcast, vous ne pouvez même pas répondre. Voilà, bien fait. Non, pas du tout bien fait. Ce n'est pas gentil de dire ça. Pourquoi avoir une grosse entreprise ? Tout simplement parce que vous allez pouvoir aussi assurer votre avenir. Là, c'est un débat, je sais. qui est là depuis la nuit des temps. Non, pas depuis la nuit des temps, depuis l'apparition du statut de l'auto-entreprise qu'aujourd'hui s'appelle la micro-entreprise contre lequel je me bats des gens qui disent « Ah non, mais moi, la TVA, ça me fait chier. Donc, en fait, j'arrête de facturer juste en dessous du seuil de la TVA chaque année quitte à prendre un ou deux mois off. » Et en fait, moi, quand j'entends ça, ça me fait hurler parce que je pense que vous n'avez pas conscience que vous cotisez en fonction de votre chiffre d'affaires quand vous êtes en micro-entreprise, mais aussi quand vous êtes sur d'autres statuts. Parce qu'en SAS, c'est par rapport à votre salaire et en SARL, c'est par rapport à votre rémunération de gérant. Et vous cotisez en fonction de combien vous rémunérez. Vous cotisez pour la retraite. pour votre prévoyance, pour beaucoup de choses. Mais en fait, si aujourd'hui, vous vous dites je vais faire le plus petit chiffre d'affaires possible pour ne pas avoir la TVA et puis pour rester en micro, qu'est-ce que ça veut dire de votre retraite demain ? Donc là, c'est un débat qui est très personnel. Je suis d'accord, peut-être que la retraite n'existera plus dans 20 ans, dans 30 ans, dans 40 ans. Peut-être que vous avez d'autres investissements à côté qui vous permettent de ne pas compter là-dessus. Mais ayez conscience aujourd'hui que les choix que vous faites, parfois, auront de grosses conséquences dans l'avenir. Et pour moi, avoir une grosse entreprise, c'est aussi assurer une pérennité et une sécurité. financières pour la suite, de par nos cotisations, certes, mais aussi de par les assets qu'on peut construire. On peut revendre des parties de notre entreprise, on peut revendre une liste email, on peut revendre une base de données client, on peut revendre des process, on peut revendre une innovation, on peut revendre un catalogue de formation. On construit des assets dans notre entreprise, mais si on garde ça tout petit, ça ne vaudra pas grand-chose. Et plus on voit ça gros, plus ça peut se revendre potentiellement cher. Donc, pourquoi avoir peur de viser grand ? Autre argument pour moi, c'est que je suis persuadée qu'un business qui stagne, C'est un business qui est déjà sur la pente descendante. Pourquoi est-ce que je dis ça ? Pour des raisons économiques très simples. C'est qu'aujourd'hui, il y a un truc qui s'appelle l'inflation, qui fait que le coût de la vie augmente d'année en année. Votre loyer augmente, vos assurances augmentent, le coût de vos courses mensuelles et de votre nourriture augmente. Tout augmente aujourd'hui. Ça, on le sait, tout le monde le sait. Et généralement, on a des petites hausses de salaire de temps en temps. On essaye de se rémunérer de mieux en mieux quand on est entrepreneur. Sauf que si vous avez chaque année plus ou moins le même chiffre d'affaires, comment est-ce que vous combattez l'inflation ? Finalement, vous perdez du pouvoir d'achat d'année en année. Et une entreprise qui n'innove pas, qui ne grandit pas, qui ne grossit pas, c'est une entreprise qui est de plus en plus fragile face à un concurrent qui peut arriver dans trois mois avec une nouvelle technologie, une nouvelle manière d'appréhender votre marché et vous killer en quelques semaines. Et c'est pour ça que je pense qu'une des règles du jeu de l'entrepreneuriat, c'est d'accepter d'être dans une innovation constante et une recherche de progression et d'amélioration continue. Et en fait, ça ne s'arrête jamais. Et il y a plein de gens qui pensent que, ok, je suis entrepreneur, je vais faire le travail de base sur la prospection, la visibilité, puis une fois que les cases sont cochées, elles sont cochées pour toute ma vie, je serai tranquille. Non, personne n'est à l'abri de rien du tout. Alors il y a des personnes pour qui ça se passe très bien et qui n'ont pas besoin de prospecter pendant des années, et le bouche-oreille suffit à ce que ça se développe. Bien sûr que ça existe et c'est très cool pour eux, je suis très contente pour eux, mais en fait, la majorité d'entre nous, on doit quand même prendre conscience que le monde évolue tellement vite, les marchés évoluent tellement vite, la concurrence évolue tellement vite, que si vous n'êtes plus en train de jouer le jeu, de jouer le game avec tout le monde, quel que soit votre milieu, quelle que soit votre industrie, en fait, vous mettez potentiellement votre entreprise à risque. Et je ne suis pas là pour nourrir un discours de « allons dans l'arène et battons-nous avec les lions » . Pas du tout. Ni les lions, ni tout le monde, ni les concurrents, ni rien. Je suis juste dans cette démarche de me dire c'est quoi les règles qui régissent l'entrepreneuriat aujourd'hui ? C'est quoi les règles qui régissent notre société aujourd'hui ? Et une fois que je connais les règles du jeu, je peux décider d'y jouer ou pas en toute connaissance de cause. Vous pouvez me dire aujourd'hui, non mais Aline, moi ton discours, je l'entends, j'entends tes arguments, mais franchement, moi je suis plutôt slow-pronariat. Moi, ce qui est important pour moi, c'est pas d'être constamment dans l'innovation, la recherche de croissance, mais dans la recherche de croissance personnelle, dans quelque chose de plus calme, de plus chill et tout, et ça m'intéresse pas du tout ce que tu dis. Ok, mais du coup, ayez conscience des problèmes que vous choisissez, parce que ça va être ma conclusion. Ça va être quel problème est-ce que je choisis ? Quand je choisis de ne pas grossir, quand je choisis consciemment de rester à un même niveau de chiffre d'affaires, parce que ça me convient très bien à l'instant T, je choisis aussi d'être un peu plus fragile. en cas de grosse montée de la concurrence ou de retournement marché. On ne sait jamais ce qui peut se passer. Mais à contrario, quand je choisis la croissance, je choisis aussi tout un stack de problèmes différents. Il n'y a pas une solution qui est meilleure que l'autre. Et j'avais un dernier argument sur pourquoi est-ce que je pense qu'on devrait viser la croissance quand on est entrepreneur. Ça, c'est quelque chose de plus, j'allais dire, convictionnel, mais ce n'était pas un mot français, mais en tout cas, qui tient plus à mes convictions. C'est qu'en fait, aujourd'hui, je ne vois trop personne qui me... Ils se disent « Non mais Aline, moi je préfère rester à un petit niveau d'entreprise. » Donc petit niveau d'entreprise, ça peut être en dessous de 100 000 euros de chiffre d'affaires ou « Je préfère rester micro-entrepreneur, etc. » Et à chaque fois, j'aime challenger ces personnes en leur disant « Pourquoi ? » Je pense qu'il y a à peu près une personne sur deux dans ces réponses où c'est un blocage qui parle et pas sa conviction personnelle. C'est parce que je ne suis pas assez forte, parce que c'est beaucoup des femmes, on ne va pas se mentir. Je ne suis pas assez forte pour faire plus. Je suis une femme, je ne peux pas y arriver. Ça va être trop difficile pour moi. Et en fait, en creusant, je me rends compte que ce sont des personnes qui auraient le talent. l'ambition d'aller plus loin mais qui se sont mis un super plafond de verre au-dessus de la tête de ah non mais en fait c'est pas fait pour moi ça va être un milieu de requins je vais devoir devenir une personne que j'ai pas envie d'être donc en fait je préfère rester petite parce que c'est plus confortable et que c'est là où est ma place et c'est ça ça c'est un discours que j'aime pas du tout c'est un discours sur lequel j'aime bien challenger les gens et je vous cache pas que alors là c'est le moment où je vais passer la pommade ou je sais pas quoi mais je vous cache pas que moi c'est une certaine fierté de pouvoir arriver en disant bah en fait moi je suis une femme j'ai un business je fais plus d'un million d'euros de chiffre d'affaires, j'ai une équipe, j'ai des salariés, j'ai des ambitions de croissance, c'est que le début, je veux faire un fois dix. Et j'ai envie de montrer que c'est possible tout en gardant des valeurs humaines, tout en restant soi-même. Et souvent, dans ce débat de croissance VS garder une entreprise à taille humaine, on oppose indirectement les valeurs de réussite et les valeurs d'humanité. Et en fait, on peut réussir en restant humain. Et ça, je pense que je n'ai pas besoin de vous le dire pour que vous vous rendiez compte que c'est possible. Et donc, de pouvoir montrer... aux personnes qui ont besoin de le voir. Et encore une fois, j'entends que ce n'est pas un discours qui parle à tout le monde, mais pouvoir montrer aux personnes qui ont besoin de le voir que c'est possible et de montrer que c'est possible dans des conditions qui sont agréables pour tout le monde et qui ne nous font pas vivre un enfer, ça peut donner aussi la permission à certaines personnes de faire pareil. Moi, j'ai deux petites sœurs et je suis très contente de leur montrer ce qui est possible. Jamais je leur mettrai la pression en disant « Ah, tu dois être entrepreneur, tu dois visiter tel niveau de chiffre d'affaires » , mais juste de montrer ce qui est possible. Et de ne pas laisser un plafond de verre posé par la société ou l'éducation ou les croyances de la personne. limiter potentiellement ses ambitions ou l'impact que cette personne pourrait avoir sur le monde. Donc ça, c'était mon côté un petit peu plus militant. Bon, je vous ai exposé mes arguments. Maintenant, point suivant que je m'étais noté pour vous, c'est est-ce que grossir avec son business, ça veut forcément dire dire au revoir à l'humain et à ses valeurs ? Ok, je sais que je vous le demande de manière très caricaturale et que vous allez me dire, bah non, on peut faire les deux, etc. Bien sûr que c'est la réponse, bien sûr qu'on peut faire les deux, mais le débat a quand même le mérite d'exister parce que c'est encore aujourd'hui les croyances qu'on se met dans notre tête. Je sais que pendant cette incubation, lorsqu'on avait ce gros débat avec toutes les femmes entrepreneurs avec qui j'étais, en fait, on avait fait un espèce de jeu de rôle où il y avait le clan de « il faut réussir, il faut faire plus de CA » et le clan de « il vaut mieux garder une entreprise à taille humaine » . Donc, je vous laisse deviner dans quel camp j'étais, évidemment. Et je sais qu'à un moment, une personne du clan adverse disait « oui, mais nous, l'humain, nanana » . Et il y a une personne de mon groupe, et j'ai beaucoup apprécié son intervention, qui disait « non mais attendez, vous n'avez pas le monopole du cœur » . Et j'ai adoré cette punchline, tout simplement parce que... elle est vraie, c'est pas parce qu'on veut construire une grosse entreprise que ça veut dire qu'on n'a pas de valeur humaine, que ça veut dire qu'on ne se soucie pas de nos clients de nos équipes et ça ne veut pas non plus dire que dans le processus on va changer et devenir quelqu'un de détestable et que c'est une bonne raison pour ne pas vouloir y aller, bien au contraire et j'ai l'impression d'enfoncer des portes ouvertes en vous disant ça mais j'ai quand même l'impression que parfois c'est une croyance qu'on peut avoir en tête et du coup je me suis posé la question quand j'ai préparé cet épisode de podcast de dire ok on a tous une tête bien faite Merci. On sait que l'un n'exclut pas forcément l'autre. Mais qu'est-ce qui fait qu'encore aujourd'hui, en 2026, on oppose souvent la croissance business, le fait de gagner de l'argent, à l'humain ? Et je me suis vraiment posé cette question par rapport à mon expérience personnelle, par rapport à ce que j'entendais autour de moi. Un premier élément, c'est que je pense que quand quelqu'un dit « je veux faire de la croissance » , les gens entendent « je vais prioriser la rentabilité plutôt que l'humain » . Et on sait qu'aujourd'hui, trouver le curseur entre les deux dans des entreprises, ce n'est pas toujours facile. Il n'y a qu'à voir en 2025, le budget alloué à la qualité de vie au travail, au bien-être des salariés a drastiquement... reculé. Tout simplement parce que les entreprises avaient moins de budget et du coup elles mettaient le budget dans ce qui était prioritaire, l'acquisition, le commercial, la vente, plutôt que dans le bien-être des salariés. C'est extrêmement dur à dire et entendre, mais c'est la vérité. Et du coup, souvent on oppose le côté rentabilité vs le côté humain, c'est le débat qui gouverne notre société capitaliste depuis toujours. Aussi quand on parle de croissance business, on a toujours cette image de ça va me demander un max de travail, ça ne va pas être très écologique pour moi en tant que chef d'entreprise, potentiellement je vais pouvoir m'épuiser, je vais me faire un burn-out, ça va être dur, j'ai moins à voir ma famille, j'ai pouvoir moins profiter, j'ai moins de temps pour moi. Et donc du coup il y a aussi deux valeurs qui s'opposent de je veux la croissance mais à quel prix pour moi en tant que personne, en tant que chef d'entreprise. Et ensuite il y a un troisième frein que j'entends beaucoup, c'est que croissance business égale dirigeant qui ne fait plus son cœur de métier d'expertise mais dirigeant qui fait de l'entreprenariat. Et ça, c'est un point qui est vrai. C'est-à-dire que plus votre business grossit, moins vous allez faire votre métier de cœur, qui est la raison pour laquelle vous êtes lancé de base, et plus vous allez endosser le rôle, la responsabilité, la casquette d'un chef d'entreprise dont le métier, c'est littéralement de gérer des problèmes au quotidien, de piloter la croissance, d'être le leader, de piloter ses équipes. Et du coup, si on n'aime pas faire ça, peut-être qu'effectivement, la croissance, ce n'est peut-être pas le meilleur choix pour nous, ou en tout cas, pas dans ces conditions. Donc, c'est vrai qu'il y a plein d'idées reçues, plus ou moins vraies, plus ou moins fausses, autour de la croissance, ce qui fait que parfois, on oppose en notre tête croissance. et humain, ambition et sérénité, chiffre d'affaires et tranquillité ou liberté. Et là, j'ai envie de vous parler un petit peu de mon expérience personnelle, de quand je suis passée de 70 000 euros de chiffre d'affaires faire en tant que freelance par an, à plus d'un million d'euros de chiffre d'affaires. Et ça, ça a été fait en l'espace de trois ans, trois ans et demi. Donc, trois ans, c'est long et en même temps, c'est hyper rapide parce qu'on passe de 70 à 350, de 350 à 720, de 720 à un million. Ça va extrêmement vite et il faut se construire le mindset qui va avec. Il faut sans cesse réinventer son business pour avoir la structure qui correspond à son chiffre d'affaires, au nombre de clients que ça veut dire d'accompagner, au volume que ça représente en termes de services clients, etc. Et moi, je sais que c'est une aventure que j'ai adoré vivre, mais qui a été tellement challengeante. tellement difficile. Et oui, ça a changé beaucoup de choses. Ça a changé beaucoup de choses dans mon quotidien professionnel. Mes journées d'aujourd'hui ne sont plus du tout les mêmes journées qu'avant. Avant, mes journées étaient concentrées autour du fait de travailler avec mes clients. Aujourd'hui, je ne fais plus de coaching en individuel. Je fais des lives de moins en moins, mais la majorité de mes journées, c'est le pilotage de mon business. C'est l'image de mon business. Par exemple, la création de ces podcasts, des posts sur Instagram, etc. C'est piloter mon équipe et c'est régler tous les petits problèmes de mon business pour être sûre que mon équipe puisse travailler dans les meilleures conditions. Ça a changé beaucoup de choses dans mon quotidien personnel aussi, cette croissance et ce changement. Je pourrais dire que c'est presque un changement de posture, parce que je suis passée d'experte à son compte à entrepreneuse qui dirige une entreprise avec une équipe, des salariés, etc. En fait, ça a changé beaucoup de choses dans mon quotidien personnel, la manière dont je travaille. Je pense que j'étais beaucoup plus libre en termes d'horaire quand j'étais toute seule et que personne ne comptait sur moi, que je le suis aujourd'hui, ou si on regarde mon emploi du temps, grosso modo, j'ai des journées... entre guillemets de salariés, 9h, 18h, parce que mon équipe a besoin de ma présence sur Slack. Alors évidemment, si je veux caler des courses au milieu de la journée, me faire un cinéma ou prendre un rendez-vous médical, je le fais, il n'y a pas de problème. Mais c'est quand même moins de liberté, c'est quand même un fonctionnement un petit peu différent. Et je me suis aussi rendue compte d'une chose qui a été peut-être ma plus grosse prise de conscience, c'est que plus on grossit, plus on attire des problèmes. Des bons problèmes, des gros problèmes, ce que j'appelle des problèmes de riches. Mais il faut aimer résoudre des problèmes quand on est entrepreneur, parce que plus vous allez grossir, plus vous allez avoir des problèmes. et plus vous allez grossir, plus ce seront de gros problèmes qui vont arriver. La bonne nouvelle, c'est que généralement, on construit son mindset et sa posture de leader au fur et à mesure de la croissance de notre business. Donc en fait, le niveau de stress et d'anxiété des problèmes qui arrivent n'est pas linéaire. En fait, c'est toujours à peu près le même niveau de stress. C'est juste qu'on est habitué à gérer des problèmes de plus en plus gros. Mais il faut aussi avoir conscience que quand on fait le choix de grossir, de scaler, on fait aussi le choix de certains types de problèmes que tout le monde n'a pas forcément envie d'avoir à gérer dans sa vie. Et du coup, pourquoi je vous parle aussi de toute cette expérience personnelle ? C'est pour vous parler de ce fameux côté humain. Qu'est-ce que ça a changé chez moi en termes d'humains de passer de 70 000 euros de chiffre d'affaires à 1 million ? Là, je parle de chiffre d'affaires annuel, alors je n'ai pas précisé. Moi, j'ai toujours été quelqu'un, en tout cas, c'est ce que j'aime me raconter de moi-même, qui est très centré sur l'humain. Que ce soit auprès de mes clients, que ce soit auprès de mon audience. Aujourd'hui, même avec quasiment 100 000 abonnés sur Instagram, je réponds encore quasiment à tous les DM. C'est moi qui réponds, etc. Il y a encore parfois même, c'est moi qui réponds à certains emails du service client. Je suis très impliquée auprès de mes clients, de ma communauté et je le suis aussi auprès de mon équipe. En tant que leader, j'essaye toujours de faire en sorte que tout le monde se sente bien, que les charges de travail soient soutenables pour tout le monde, de faire en sorte que chacun soit heureux et épanoui dans son travail. Donc l'humain a toujours été hyper important pour moi, de base, et ça n'a pas changé. Ça n'a pas changé d'IOTA, voire même c'est encore plus présent depuis que mon business a grossi, tout simplement parce que j'ai conscience qu'en plus d'être une valeur, c'est un asset au sein de mon business, que ce soit en termes d'excellence dans ce que je propose quant à ma relation humaine avec mes clients, ou en termes juste de rentabilité, que ce soit ma relation humaine avec mon équipe parce que... mieux ils se sentent dans leur travail, mieux ils font leur travail, plus le business peut grossir. Évidemment, ce n'est pas la seule raison, mais il faut aussi dire les choses, ça en fait partie. Et du coup, vraiment, j'ai développé cette conviction que quand on est quelqu'un d'humain, on ne change pas. Avoir plus d'argent, avoir un plus gros business, ça ne vous fait pas changer en termes de valeur. Par contre, la manière dont vos valeurs humaines peuvent se manifester, elles vont changer. Exemple très simple, là où avant j'étais extrêmement disponible pour mon audience, par exemple quand on me proposait au début de mon business « Ah viens, j'aimerais trop te rencontrer, viens on va boire un café, etc. » , je disais majoritairement « Oui » parce que c'était cool, j'avais « que ça va faire, etc. » . Aujourd'hui, quand il y a des gens qui me disent « Oh Aline, j'aimerais trop échanger avec toi, est-ce que tu peux me consacrer une heure en visio ? Est-ce que tu es dispo pour qu'on aille boire un café ? » C'est extrêmement rare que je dise « Oui » et quand je dis « Oui » , c'est vraiment parce que ben... je sais que je peux apporter quelque chose à cette personne ou que je vois qu'il y a des synergies communes à explorer mais en fait la plupart du temps maintenant je dis non et je sais que ça peut être mal perçu et des personnes qui peuvent se dire maintenant qu'Aline elle fait beaucoup d'argent elle est plus du tout dispo, est-ce que c'est vraiment avoir perdu des valeurs humaines ou est-ce que c'est juste avoir une meilleure conscience de son temps et de gestion de son temps et d'ailleurs des meilleures priorités aussi qui sont ma vie perso mon équipe, mes clients, je vous laisserai trancher évidemment mais c'est vrai que pour des personnes extérieures effectivement la croissance peut être synonyme d'inaccessibilité et du coup de peut-être un peu plus de froideur, du rejet ou des choses comme ça. Donc voilà, ça c'était un peu plus mon retour personnel sur qu'est-ce que ça voulait dire changer d'échelle, en tout cas à mon échelle, à moi, parce qu'encore une fois on se souvient de cette définition de une entreprise à taille humaine c'est jusqu'à 3 millions d'euros de chiffre d'affaires. Et voilà en tout cas moi l'expérience que j'ai vécue. Mais franchement, ce parcours de devenir leader, de travail sur soi, sur sa capacité de leadership auprès des autres, de son équipe, auprès de soi-même aussi, je trouve ça absolument... génial. On sait que l'entrepreneuriat, c'est un parcours de développement personnel qui est équitable et vous ne grandirez jamais aussi vite qu'en étant... entrepreneur, vous n'apprendrez jamais autant de choses sur vous-même et sur les autres qu'en étant entrepreneur. Et franchement, rien que pour ça, je ne le regrette pas. Donc, j'arrive tout doucement à la fin de cet épisode de podcast, de ce monologue mi-philosophique, mi-débat, mi-argumentaire, etc. Et j'ai quand même envie que vous en retiriez quelques questions à vous poser pour aujourd'hui. L'idée, c'est de dire que, de ce débat entre est-ce qu'il faut grandir à tout prix, avoir un business qui grandit à tout prix, ou est-ce qu'on peut se contenter d'une entreprise à taille humaine, bon, vous avez compris un petit peu ma position, mais l'idée numéro une, c'est de se dire qu'est-ce que vous voulez. Et ça, ça va être le point de départ de tout. Qu'est-ce que vous voulez ? À quoi ressemble la réussite pour vous ? Pourquoi est-ce que vous faites tout ce que vous faites ? Et là, on va enlever les discours qui font joli de l'impact, la mission de vie, aider les gens. Là, je veux le vrai discours égoïste, individualiste de pourquoi est-ce que vous faites ce que vous faites et qu'est-ce que vous voulez ? Parce que si vous me dites, moi, je veux avoir un max d'impact, je veux avoir plein d'abonnés parce que ça me fait kiffer d'un point de vue égo, je veux voyager partout, je veux faire des conférences et tout parce que ça me fait trop kiffer d'un point de vue égotrip, ok. Et vous pouvez aussi me dire, non mais moi Aline, en fait, je veux juste être tranquille, je ne veux pas avoir des gros problèmes de gros entrepreneurs, je veux avoir beaucoup d'argent, mais un max de tranquillité, de liberté, ne pas bosser toute ma life sur mon business, et profiter au max de ma famille, de voyager, de mes hobbies, de mes passions, etc. Et en fait, encore une fois, c'est deux profils d'entrepreneurs très caricaturaux, mais que vous soyez plutôt dans une team ou dans l'autre, ça va être des choix totalement différents. Donc la première question à vous poser, c'est, qu'est-ce que vous voulez vraiment ? C'est quoi vos objectifs ? Qu'est-ce qui correspond le mieux à votre personnalité ? C'est quoi vos envies du moment ? Parce que ça peut changer aussi. Peut-être qu'à un moment, on a envie d'aller shooter dans les étoiles et que finalement, après quelques années, on se rend compte qu'on aspire à plus de tranquillité. Des fois, avec l'âge, on ne sait pas. Moi, je sais qu'avec l'âge, je vois qu'il y a des choses qui changent aussi. Et aussi, à quoi est-ce que vous avez envie que votre quotidien ressemble pour les dix prochaines années ? Parce que souvent, le choix de la croissance, c'est le choix d'un certain type de quotidien pour les prochaines années. Et une fois que vous vous êtes posé cette question-là, la deuxième question à vous poser, c'est quel est le type de problème que je veux avoir ? Dans la vie, là, ce discours, je vais dire ce discours pas optimiste, mais en fait, dans la vie... On a toujours des problèmes à titre pro ou à titre perso, mais la liberté incroyable qu'on a en tant qu'entrepreneur, c'est de pouvoir choisir ses problèmes. Est-ce que vous voulez les problèmes de quelqu'un qui fait le choix de garder une entreprise à taille humaine, donc d'être tout seul, de ne pas trop grossir, de ne pas s'embêter à avoir une grosse équipe, une grosse structure, des milliers de clients et une grosse machine à faire tourner ? Est-ce que vous voulez les problèmes de ces personnes-là, qui sont du coup d'avoir une entreprise peut-être plus fragile, plus dépendante à vous, et donc si un jour, vous ne pouvez plus bosser pendant quelques jours, semaines ou mois, ça peut mettre votre entreprise à risque ? Ou est-ce que vous voulez avoir les problèmes d'une grosse entreprise qui grandit très vite ? Et là, c'est avoir des problèmes à gérer au quotidien. Votre métier sera désormais gestionnaire de problèmes. C'est gérer le chaos, le stress un petit peu au quotidien. Parce que qui dit croissance dit forcément chaos. La croissance, elle ne se maîtrise pas tant que ça. Ça peut être aussi le fait de choisir de ne plus exercer votre métier de cœur pour... prendre la tête de votre business, devenir leader de votre business et de laisser d'autres personnes peut-être faire le travail opérationnel à votre place, ça va dépendre aussi de votre business model. Donc vraiment, la question à laquelle il faut répondre, c'est quel type de problème est-ce que vous choisissez de régler et de faire vraiment le choix en toute connaissance de cause. Et il n'y a pas évidemment de bon ou de mauvais choix. Dans les deux cas, il y a énormément d'avantages. Dans les deux cas, il y a énormément d'inconvénients. Et là, ça va être à chacun avec ses objectifs, sa sensibilité de se dire, en fait, qu'est-ce qui est le mieux pour moi à ce moment-là de ma vie ? Donc voilà. Les amis, tout ce que je pouvais vous dire sur ce fameux débat faut-il scaler ou garder une entreprise à taille humaine ? Vous avez vu, comme d'hab, dans n'importe quel débat, il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. La réponse, c'est ça dépend. Mais j'espère en tout cas que mon point de vue vous aura soit parlé, soit apporté un point de vue complémentaire à celui que vous pourriez avoir, soit aiguillé, soit même révolté peut-être sur certains points. Et si c'est le cas, j'aimerais trop en parler avec vous. Moi, j'aime bien ce genre de discussion. Je trouve ça hyper enrichissant. Je vois toutes les failles dans mon raisonnement et la vie que j'ai choisi de mener. Je vois également aussi les risques d'aller dans le... d'autres directions. Donc encore une fois, c'est un débat où il n'y a pas de bonne réponse, où personne n'a raison et en même temps, tout le monde a raison. Et c'est ça aussi qui est beau. J'ai hâte d'en parler avec vous. Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Et à vous tous, je vous souhaite une merveilleuse journée, soirée, après-midi, nuit, où que vous soyez. Et je vous dis à très vite dans un prochain épisode. Bye tout le monde !