- Speaker #0
Bienvenue dans Kinecast, le podcast de la FFMKR. A travers nos épisodes, nous aborderons les sujets qui font l'actualité de la profession, les défis de demain et les évolutions de l'exercice, aux côtés de celles et ceux qui les construisent. Je suis Céline Doran, kinésithérapeute. Bonne écoute ! Bonjour à toutes, bonjour à tous, bienvenue dans ce nouvel épisode de Kinecast. C'est une question qui revient souvent dans les cabinets. Que sommes-nous réellement autorisés à prescrire ? Depuis près de 20 ans, la liste des produits que nous pouvons prescrire est restée quasiment inchangée. Or, en 2021, la loi est allée plus loin en ouvrant notre droit de prescription aux produits de santé. Cinq ans plus tard, où en est-on réellement ? Qu'allons-nous pouvoir prescrire ? À partir de quand ? Et comment faudra-t-il faire concrètement au cabinet ? Pour en parler, j'ai le plaisir de recevoir Sébastien Guérard, kinésithérapeute près de Perpignan et président de la FFMKR. Bonjour Sébastien.
- Speaker #1
Bonjour Céline.
- Speaker #0
Comment vas-tu ?
- Speaker #1
Ça va très bien, merci.
- Speaker #0
Alors, peux-tu nous rappeler peut-être rapidement ce qu'on a le droit de prescrire actuellement ?
- Speaker #1
Depuis 2006, un arrêté prévoit la liste des dispositifs médicaux que les kinéastérapodes sont habilités à prescrire dans le cadre de leur exercice. Alors, il comprend essentiellement quelques aides techniques, cannes, déambulateurs, béquilles. Il comprend quelques éléments de dispositifs de contention, bandes de contention, des orthèses. simples, plutôt des dispositifs qui ne sont pas sur mesure. Donc une liste qu'on trouve facilement, elle est disponible d'ailleurs sur notre site internet, qui comprend quelques produits, mais encore une fois, qui sont vraiment circonscrits aux dispositifs médicaux. Et pour mémoire, effectivement, cette arrêtée date de 2006, alors que la loi qui nous permettait de prescrire ces dispositifs médicaux, elle datait de 2000. Donc il avait fallu presque 6 ans déjà à l'époque pour réussir à construire et atterrir sur cette liste. Et s'il avait fallu... tant de temps et si la liste est tellement circonscrite, c'est essentiellement parce qu'il y avait une crainte absolument folle du côté de la direction de la Sécurité sociale et de l'assurance maladie de voir une flambée des prescriptions et donc du coup induit par la prescription des kinésithérapeutes, ce qui n'est évidemment absolument pas le cas.
- Speaker #0
Alors dorénavant, le Code de la santé publique parle maintenant de produits de santé. Qu'est-ce qui distingue justement ces produits de santé des dispositifs médicaux ?
- Speaker #1
La différence, elle est assez claire, c'est que dans les produits de santé sont inclus d'une part les dispositifs médicaux, mais aussi et surtout les médicaments. Et c'est ça qui est nouveau en fait.
- Speaker #0
Alors tu peux nous donner, je ne sais pas, quelques exemples justement de ces produits de santé ?
- Speaker #1
Là, sur la liste qui circule et qui est en cours de validation et qui doit passer devant un certain nombre de commissions qui doivent délivrer leur agrément sur cette liste, on attend évidemment les ontalgiques. de palier 1, on attend les anti-inflammatoires non stéroïdiens, des myorlaxants, par exemple. C'est ce genre de molécules qui sont aujourd'hui attendues par la kinésithérapie.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a eu des produits de santé qui ont été demandés mais qui n'ont pas été retenus dans cette liste ?
- Speaker #1
Alors oui, puisqu'on travaille sur cette liste depuis près d'une dizaine d'années. Ça fait 10 ans qu'on essaie de la remettre au goût du jour. Effectivement, quand on a commencé ces travaux, la loi ne nous permettait pas encore de prescrire ces produits de santé, mais donc ça a été de longues séquences de réunions avec le ministère de la Santé sur ce sujet, et nous avions à cœur, et il faut se reposer la question du pourquoi, du comment, on veut faire évoluer cette liste, c'est qu'aujourd'hui on confie de plus en plus de missions et de compétences aux kinésithérapeutes, et notamment l'accès direct. Et je sais que certains kinésithérapeutes ne comprennent pas bien pourquoi on se bat sur ce sujet de pouvoir prescrire quelques molécules, mais c'est avant tout et surtout pour pouvoir répondre À ces nouvelles missions, lorsqu'on nous confie un accès direct, vous allez voir un patient pour une entorse de cheville simple, vous allez le prendre en consultation en accès direct. Si vous ne pouvez pas lui prescrire les antalgiques de base, c'est compliqué et c'est complètement absurde de renvoyer le patient chez le médecin généraliste pour lui prescrire du paracétamol, qui d'ailleurs est en vente libre en pharmacie. Par contre, on souhaitait évidemment aller un cran plus loin, et on pensait qu'il était essentiel pour nous de pouvoir prescrire des actes de radiographie et d'échographie de base. Je pense que si on fait le tour chacun dans notre tête comme ça du nombre de patients qu'on revoit très régulièrement en consultation chez le médecin généraliste qui est complètement saturé, juste pour ce bon à rembourser de l'échographie ou de la radiographie parce que c'est un besoin très courant dans notre pratique et je ne crois pas qu'on se retrouve confronté assez régulièrement à des médecins qui s'opposent à notre demande systématiquement et l'accordé. Donc radiographie, échographie, des arrêts de travail relativement courts. et là aussi pour répondre aux besoins de l'accès direct en kinésithérapie pour de la petite traumatologie, mais qui nécessite parfois 2-3 jours de repos, des prises en charge de transports VSL dans certaines conditions. Autant de demandes qui ont été refusées. On avait également demandé quelques examens biologiques, notamment les ECBU pour les collègues qui font beaucoup de rééducation pelvipérinéale ou les ECBC pour les kinésithérapeutes qui pratiquent beaucoup de kinés respiratoires.
- Speaker #0
Or, depuis quand, justement, la Fédération, la FFMKR, porte cette demande ?
- Speaker #1
Je dirais que dès 2006 et la publication de l'arrêté, on est revenu tout de suite à la charge parce qu'on avait évidemment été assez déçus par le contenu de cet arrêté. Donc, il nous a fallu près de dix ans pour relancer ces travaux. On a réussi à entamer en 2016 une première vague de concertation avec la DGOS notamment et l'ensemble des syndicats représentatifs. et le Conseil national de l'ordre et le Collège de la kinésithérapie à l'époque. Ces travaux n'avaient pas abouti. La loi RISTE 1 de 2021, qui introduit dans la loi la possibilité pour les kinésithérapeutes de prescrire des produits de santé, a relancé la dynamique. Et donc, nouvelle séquence de réunion, de concertation. Et il a fallu près de cinq ans. Et je dirais que Stéphanie Thirist arrive au ministère de la Santé pour pouvoir débloquer la situation. On l'espère en tout cas, parce que l'arrêté n'est toujours pas publié à ce jour.
- Speaker #0
Quels sont les freins ? Pourquoi tout ça prend autant de temps ?
- Speaker #1
Les sous. Les freins, ce sont les sous. Aujourd'hui, on régule la dépense, clairement, en santé par l'offre. Et donc, moins vous avez de médecins prescripteurs, moins il y a de prescriptions, et moins il y a de dépenses de soins. Donc, la stratégie qui a été mise en œuvre il y a une trentaine d'années sur la médecine, en fait, ça a été de limiter le nombre de médecins que nous allions former en France. Trente ans après, on pleure parce qu'on réalise qu'on n'en a plus suffisamment. Et puis les autres professions se sont structurées et chacune a acquéri de nouvelles compétences et donc se retrouve avec une partie de ce doigt de prescrire. Mais aujourd'hui, la principale crainte, c'est l'explosion des dépenses. La deuxième crainte, elle existe et elle est réelle, c'est du corporatisme. C'est-à-dire que dès l'instant qu'une liste de produits prescriptifs évolue pour une profession, pas que la nôtre, elle est soumise de toute façon à l'avis de l'Académie de médecine. Ce qui n'est pas toujours friand, de voir une partie du pouvoir médical s'échapper vers les autres professions, pour le dire j'espère joliment. Et puis, troisième sujet, je pense qu'il est réel, mais il n'est pas toujours sincère. C'est probablement celui des problématiques de santé publique. Si on élargit la liste de produits prescriptibles... à un certain nombre de professions et que celles-ci ne se coordonnent pas et ne se parlent pas entre elles. Mais je dirais qu'aujourd'hui, le principal impact sur ce sujet-là concerne plus la relation entre le médecin spécialiste et le médecin généraliste qu'entre les autres professions et la médecine.
- Speaker #0
Alors justement, sur l'aspect financier, comment la FFMKR répond justement à cet argument ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, de toute façon, quand il y a un besoin de ce type de produit, aujourd'hui, le réflexe du kinésithérapeute, c'est de renvoyer le patient chez le médecin généraliste pour obtenir la prescription. De toute façon, en termes de dépenses, la réponse, elle est claire. Si le kinésithérapeute ne prescrit pas, c'est une consultation de médecine générale en plus. Voilà, ça, c'est la première chose. La deuxième chose, c'est qu'il y a un delta entre notre droit de prescription et les conditions de remboursement de ce qui est prescrit. Et encore une fois, il ne faut pas mélanger les deux sujets puisqu'ils ne sont pas directement liés. Ce sont des sujets différents, des textes législatifs et réglementaires différents. Et là, encore une fois, on vient de faire un pas sur notre droit de prescription. Ça ne veut pas dire que tout ce qu'on pourra prescrire sera remboursé par le patient.
- Speaker #0
Alors, au Conseil des professions paramédicales a examiné le projet début juillet. On est là au moment de l'enregistrement fin août. Où en est-on justement du texte ?
- Speaker #1
Alors, le texte continue son parcours. Il est passé par l'Académie de médecine, par le HCPP, comme tu viens de le souligner. Je crois savoir dans les jours qui viennent ou qui ont précédé devant le Conseil national de l'assurance maladie. Je pense qu'il doit y avoir encore deux, trois avis à émettre. Et puis ensuite, ce sera signature par la ministre. Donc, on attend ce texte très prochainement.
- Speaker #0
Alors, on va être maintenant très concret. Voilà, imagine-moi demain au cabinet. Qu'est-ce que je dois faire figurer sur une ordonnance de ce type ?
- Speaker #1
Alors, exactement la même chose que ce qui devait y figurer. déjà, puisque nous avons déjà ce droit de prescrire. Donc, c'est une ordonnance tout à fait classique qui reprend pour le kinésithérapeute, en tout cas, son nom, ses coordonnées professionnelles, son numéro ADLI, son numéro RPPS, ce que prévoit de toute façon la plupart des logiciels métiers. La prescription doit évidemment être datée du jour de sa rédaction et signée par le kinésithérapeute. Elle doit contenir les coordonnées également du patient, son nom, son prénom. On doit pouvoir l'identifier clairement. Et puis maintenant... qu'on doit pouvoir prescrire des médicaments et des médicaments notamment, il va falloir aller un petit peu plus loin, c'est-à-dire qu'il faudra parfois préciser, par exemple, la corpulence, sa taille, son poids au patient. Il va falloir préciser les molécules qui vont être délivrées. Alors sous cette dénomination commune, c'est-à-dire qu'aujourd'hui il y a une obligation, par exemple, à prescrire du paracétamol et non pas du doliprane. L'Ipran étant une marque, il va falloir prescrire des nominations communes. C'est désormais obligatoire pour permettre aux pharmaciens de pouvoir délivrer un maximum de produits génériques. Ensuite, ce sera au pharmacien de s'entendre avec le patient sur savoir si le patient veut une marque générique ou un autre produit. Et là, ça ne nous concerne plus. Il faudra évidemment prévoir la posologie, donc quel grammage pour le médicament, la quantité et le nombre de prises par jour. Éventuellement également la forme. on ne pourra pas prescrire dans Talgique de palier un sous forme injectable. En revanche, on pourra le prescrire sous toutes les autres formes. Donc ça peut être par voie orale, ça peut être par patch pour certains anti-inflammatoires, ça peut être en gel, etc. Donc il faudra prévoir, le préciser sur la prescription médicale. Donc effectivement, ça nécessite d'aller un petit peu plus loin dans la précision de ce qu'on pouvait avoir l'habitude aujourd'hui puisque les dispositifs médicaux, c'est quand même un peu plus simple et un peu plus clair.
- Speaker #0
Alors, est-ce que ce sera obligatoirement un patient qu'on a en soins, que ce soit en accès direct ou via une ordonnance ? Ou est-ce qu'on pourra le prescrire pour un usager, quel qu'il soit ?
- Speaker #1
Alors ça, ça ne change pas. Effectivement, il est bien précisé dans le texte que c'est dans le cadre de notre exercice professionnel. À partir du moment où c'est dans le cadre de notre exercice professionnel, le fait est qu'on doit connaître et prendre en charge ce patient. Donc là, pour le coup, il n'y a pas d'évolution en ce sens. Effectivement, c'est un patient qu'on doit avoir en charge.
- Speaker #0
Alors et pour le patient, donc il va se présenter à la pharmacie, comment ça va se dérouler ? Est-ce que ce sera remboursable ? Comment ça va se dérouler ?
- Speaker #1
Alors oui et non. En fait ça va se dérouler exactement comme ça se déroule actuellement, c'est-à-dire qu'il se présentera avec sa prescription médicale chez le pharmacien. Mais comme je le disais tout à l'heure, il va falloir faire bouger un certain nombre de textes, notamment dans le code de la sécurité sociale, pour que tout ce que les kinéthérapeutes peuvent aujourd'hui, pourront. à l'avenir prescrire, puissent être remboursés par le patient. Ce sont évidemment deux éléments différents. Donc dans un premier temps, il faut s'attendre à ce qu'un certain nombre de choses que nous prescrivons, et notamment les médicaments, ne soient pas remboursées.
- Speaker #0
Alors, quand je prescris un médicament, est-ce que je dois aussi prévenir le médecin traitant dans le cadre de la collaboration ?
- Speaker #1
Le texte ne le prévoit pas. En revanche, nous, on considère que la coordination avec les autres professionnels de la santé est essentielle. Donc, il est important que le médecin puisse avoir accès à cette information. Cependant, on sera assez rapidement rattrapé et conforté par les outils numériques, puisqu'on attaque la vague 2 du Ségur dans laquelle sont les kinésithérapeutes, ce qui veut donc dire que nos logiciels métiers seront très prochainement directement interconnectés avec le DMP. Et donc, dans ce champ-là, il y a de très fortes chances que, dès l'instant qu'un kinésithérapeute émette une prescription, elle soit directement envoyée dans le DMP du patient. Et donc, l'ensemble des professionnels qui prendront en charge ce patient auront accès à cette prescription.
- Speaker #0
Est-ce que cet élargissement de responsabilité, on va dire, va aussi toucher notre responsabilité civile professionnelle, notre RCP ?
- Speaker #1
Alors, oui et non. En fait, nos assureurs vont être obligés de se mettre en adéquation avec le contenu et toujours un législatif réglementaire de la profession. Donc, de toute évidence, nos contrats à responsabilité professionnelle vont évoluer. Il faut peut-être être un petit peu attentif. On a l'habitude de travailler avec des compagnies d'assurance partenaires, parmi lesquelles la MACSF et la Médicale, qui sont vraiment des assureurs spécialisés chez les professionnels de santé. Donc on peut s'attendre à ce que, dès le jour de la publication du texte... les contrats RCP aient évolué en conséquence, peut-être être un petit peu plus attentif chez les autres assureurs, chez lesquels il peut y avoir un petit délai de mise en œuvre et de mise en adéquation du contrat. Mais ça ne changera rien, puisque le code de déontologie précise de toute façon que le kinésithérapeute exerce en pleine responsabilité et dans la limite de ses compétences. Et la limite de ses compétences, ce n'est pas uniquement les compétences qui nous sont conférées par la loi ou les textes réglementaires. C'est les compétences... qu'on se sent en capacité d'appliquer. Quand vous n'avez pas exercé tout un pan de la profession depuis 15 ou 20 ans, je ne pense pas qu'on puisse dire qu'on soit compétent à la matière. Je vais prendre un exemple très clair. Je fais beaucoup, pour ma part, de rééducation musculosquelettique. Je n'ai absolument jamais exercé de rééducation pédipérinéale. Demain, je ne me vois pas prescrire un quelconque produit sur le sujet. Je ne me sens absolument pas compétent. Et c'est quelque part ma réserve déontologique et éthique qui m'oblige. à ne pas me saisir de ce champ-là.
- Speaker #0
Alors quels seront les points de vigilance justement pour les kinés sur ce sujet ?
- Speaker #1
Les points de vigilance, ça va déjà être de s'assurer qu'on soit parfaitement compétent pour le faire. Aujourd'hui, le texte ne nous impose pas. par exemple, de formation complémentaire pour pouvoir prescrire l'ensemble des dispositifs et des produits de santé que nous pourrons prescrire. Pour autant, en fonction de notre parcours professionnel, de notre expérience, de notre expertise, des différents champs dans lesquels nous pratiquons la kinésithérapie, peut-être qu'il conviendra d'aller se mettre à jour sur certains sujets, et notamment sur les médicaments, parce qu'on n'a pas forcément tous été formés à ça. et notamment en IFMK. Donc il y aura peut-être une mise à jour à faire sur le sujet. C'est probablement le principal point de vigilance, mais je pense que les kinésithérapeutes sont suffisamment mûrs et matures pour savoir ce qu'ils sont en capacité de faire ou de ne pas faire.
- Speaker #0
Alors où est-ce qu'on pourra consulter justement cette nouvelle liste ?
- Speaker #1
Cette liste sera déjà publiée au journal officiel. Elle sera applicable dès le lendemain de sa parution. De toute évidence, nous, on la relèvera très massivement à travers... Notre site internet, mais également nos réseaux sociaux, donc on fera savoir. Et puis, on se saisira également très rapidement, là aussi, des prestataires informatiques partenaires, de telle sorte à ce qu'ils puissent mettre à jour la liste sur nos logiciels métiers. Et puis nous, de notre côté, on travaille déjà depuis quelques mois, pour ne pas dire années, avec une solution d'intelligence artificielle, Marcus, qui est le nouvel assistant d'intelligence artificielle des kinésithérapeutes, et qu'on nourrira. évidemment, de ces évolutions pour faciliter la prise en main par les kinésithérapeutes.
- Speaker #0
Alors, je sais, on le dit souvent que la FFMKR réfléchit toujours à l'après et aux futurs proches ou plus ou moins proches. Quelles sont les extensions de prescriptions sur lesquelles vous travaillez actuellement ?
- Speaker #1
Déjà, toutes celles qu'on nous a refusées. Et on va y revenir, c'est les actes d'imagerie, notamment, qui sont absolument essentiels à notre exercice. La prescription des arrêts de travail pour des courtes durées et dans certaines conditions. La prescription de quelques examens biologiques complémentaires qui sont pour nous vraiment des fondamentaux. Et puis sur la liste des médicaments, on a eu quelques refus et je pense notamment aux bronchodilatateurs, aux bêta-2 mimétiques qui sont complètement indispensables dans l'exercice quotidien pour les kinésithérapeutes qui font de la rééducation respiratoire.
- Speaker #0
Alors on voit ces derniers mois, plusieurs sujets avancent réellement. Petit pas, mais ils avancent. L'accès direct, l'élargissement du droit de prescription, mon bilan prévention. Est-ce que toutes ces briques, on doit les voir individuellement ou est-ce que ça participe justement à cette évolution pleine de la profession ?
- Speaker #1
Oui, non, absolument pas. Je pense que c'est même quelque chose qui est plutôt cohérent. c'est je dirais Un repositionnement de la kinésithérapie dans le champ de la santé aujourd'hui. Kinésithérapie qui est vouée à prendre de plus en plus de place. Pour faire un pas de côté avec le sujet d'actualité, vous avez vu que le rapport chargé produit mettait en avant la kinésithérapie cette année, notamment au regard de ces dépenses qui seraient soi-disant galopantes. Aujourd'hui, le fait est que notre population vieillit. Notre population est de plus en plus sédentaire, souffre de plus en plus de troubles musculosquelétiques et souffre de plus en plus de maladies chroniques. Donc de toute évidence, la kinésithérapie est en train de prendre une place majeure dans le système de santé en France. Ça nécessite qu'on reconnaisse également un certain nombre de nos compétences. La dernière fois qu'on s'était vu, je crois que je parlais un petit peu du décalage entre la reconnaissance de nos compétences sur le plan législatif et sa traduction ensuite dans les faits. On est en plein dedans. Et je pense que tout ce qu'on décrit là, finalement, c'est l'évolution naturelle de la kinésithérapie et un repositionnement, je dirais, de cette profession comme complètement centrale dans le soin primaire.
- Speaker #0
D'ailleurs, ça m'a fait un peu sourire ce matin dans le TGV. En venant ici, j'ai lu qu'on avait le droit de prendre l'attention de nos patients maintenant.
- Speaker #1
Ah oui, alors c'est complètement nouveau et c'est surtout complètement fou. C'est-à-dire qu'il a fallu qu'un... Ministre de la Santé, cardiologue Yannick Noder, qu'on connaît bien, s'empare du sujet pour sa loi sur la prévention des maladies cardiovasculaires. Et il a fallu que nous l'alertions sur ce sujet essentiel, c'est-à-dire que le kinésithérapeute pouvait jusqu'à présent prendre l'attention sur prescription médicale. C'est-à-dire qu'il était impossible jusqu'il y a quelques jours où la loi a été promulguée. de prendre une tension artérielle sans prescription médicale. C'est complètement absurde, mais quand on en parle à nos énarques, ils se décrochent un petit peu la mâchoire, et on en est arrivé là aujourd'hui, c'est-à-dire qu'il y a un tel excès de normes. liés à la façon dont nos professions sont structurées sur le plan juridique. Plutôt que de nous faire complètement confiance et de reconnaître notre métier par des missions qui lui sont confiées en termes de santé publique, on est encore régi par un décret d'acte. Et ce décret d'acte est une liste à la prévère de tout ce qu'on a le droit de faire. Et c'est extrêmement compliqué de le faire bouger. Et donc on en arrive avec ce genre d'ineptie. Alors que... Aujourd'hui, n'importe quel patient est en capacité de prendre sa tension artérielle, je ne le dirai pas encore avec sa montre, mais bientôt. Il fallait encore jusqu'en 2026 une prescription pour que le kinesarpute puisse le faire.
- Speaker #0
Youpi, on est autorisé.
- Speaker #1
Voilà. Et sans manger pour le patient.
- Speaker #0
Alors, je vais profiter aussi de ta présence aujourd'hui. Voilà, on va rentrer. On est rentré dans une séquence de négociations conventionnelles. On le voit, tout prend beaucoup de temps. temps, mais ça avance. Pourquoi, voilà, il est vraiment important que la profession se mobilise, que les kinés se mobilisent durant cette période ?
- Speaker #1
On n'est pas encore complètement rentrés dans une période de négociation conventionnelle. On sent que ça chauffe et pour plusieurs raisons. La première, c'est le calendrier, c'est-à-dire que notre convention court jusqu'en avril 2027. Ce qui veut donc dire que les syndicats ont la possibilité, sous réserve, que la ministre n'est pas ouverte. de négociation conventionnelle six mois avant de dénoncer cette convention, ce qui implique de fait une négociation conventionnelle. Donc il y a de très fortes chances que d'ici le début du mois d'octobre, nous rentrions en parler de négociation conventionnelle. Le deuxième indicateur, c'est effectivement la place centrale que la kinésithérapie a pu prendre dans ce rapport chargé produit pour les éléments qu'on a soulignés tout à l'heure. En revanche, ce qu'il faut avoir en tête, c'est qu'aujourd'hui, ce qui nous permet à nous de peser fort dans la balance d'une négociation conventionnelle, C'est notre poids, c'est notre représentativité. Et la première chose que va faire le directeur général de l'assurance maladie lorsqu'il va ouvrir une séance de négociation conventionnelle, c'est de comptabiliser le nombre d'adhérents par syndicat. Et aujourd'hui, le taux de syndicalisation de la profession est de l'ordre de 12%. C'est-à-dire qu'on a 88% des collègues qui ne sont pas dans nos rangs. Et effectivement, lorsqu'on commence une négociation avec un taux de représentation aussi faible, je dirais qu'on démarre la négociation avec un petit peu de plomb dans l'aile. Donc si je devais faire un message... passer un message, c'est celui-là. C'est que aujourd'hui, les dispositifs de représentativité, qu'on soit d'accord avec ou pas, passent par la représentation des organisations syndicales représentatives. Donc le seul moyen d'avoir une voix qui porte et qui compte, ce n'est pas de lancer des pétitions sur les réseaux sociaux. Je vous assure pour les fréquenter très régulièrement que les ministères et l'assurance maladie ne s'en préoccupent absolument pas. C'est d'être affilié à une organisation syndicale.
- Speaker #0
Merci beaucoup Sébastien.
- Speaker #1
Avec plaisir.
- Speaker #0
On se retrouvera très bientôt. Et puis la FFMKR ne manquera pas justement de communiquer sur l'élargissement de ce droit de prescription.
- Speaker #1
À très bientôt.
- Speaker #0
À bientôt. Au revoir. C'était Sébastien Guérard, au micro de Céline Derame, sur le Kinecas de la FFMKR. Merci pour votre écoute. Vos commentaires nous aident à faire vivre les débats et à choisir les prochains sujets. Alors n'hésitez pas à partager votre avis. Et si vous voulez agir avec nous pour faire avancer la profession, rejoignez la FFMKR. A bientôt dans Kinecast !