- Speaker #0
Bonjour à toutes et tous, c'est Céline, kinésithérapeute près de Lille. Bienvenue dans ce nouvel épisode de Kinécast de la FEDE, la communauté dynamique et innovante des kinésithérapeutes. Chaque semaine, vous découvrirez les témoignages, les conseils et les astuces de kinés passionnés et engagés sur des sujets qui vous interpellent dans votre pratique et aussi sur l'actualité. Ensemble et avec la FEDE, bougeons les lignes de la kinésithérapie. Bonne écoute ! La Médicale accompagne près d'un masseur kinésithérapeute sur trois en France. Assurant non ? Des assurances adaptées aux besoins des masseurs kinésithérapeutes, tant professionnels que privés. La Médicale assure les professionnels de santé. Bonjour à toutes, bonjour à tous, bienvenue dans ce nouvel épisode de Kinecast. Depuis plusieurs années, le système de santé français connaît ce qu'on appelle le virage ambulatoire. L'idée ? Réduire les durées d'hospitalisation. et développer davantage les soins effectués directement au domicile du patient avec des parcours plus au coordonné entre l'hôpital, les structures sanitaires de type SMR et la ville. Résultat, des patients aux situations de plus en plus complexes rentrent plutôt chez eux après une chirurgie orthopédique, neurologique, un AVC ou une hospitalisation plus lourde. avec des besoins, forcément. plus important que ce soit en termes de soins, mais aussi de rééducation. Et c'est dans ce contexte que l'hospitalisation à domicile prend de plus en plus d'importance dans l'organisation des soins. Le domicile devient un véritable lieu d'hospitalisation, de rééducation, de réadaptation, avec une place croissante des kinésithérapeutes auprès de ce dispositif. Pour parler de l'hospitalisation, hospitalisation à domicile, de la mention réadaptation et de la signature de la convention avec la FNEA, de la Fédération Nationale des Établissements d'Hospitalisation à Domicile. J'ai le plaisir de recevoir Félix Faber, kinésithérapeute à Marseille et vice-président à l'exercice à la FFMKR. Bonjour Félix.
- Speaker #1
Bonjour Céline.
- Speaker #0
Je te remercie d'avoir répondu positivement à l'invitation, comme à chaque fois. Comment vas-tu ?
- Speaker #1
Très bien, je te remercie. C'est toujours un plaisir de venir. pouvoir échanger au cours de ces kinécastes. Merci beaucoup pour l'invitation.
- Speaker #0
Merci à toi. Alors, parfois, pour certains professionnels, l'hospitalisation à domicile, le cadre, en tout cas, n'est toujours pas très clair. Peut-être un soin à domicile un petit peu plus organisé, mais c'est vrai que le cadre n'est pas forcément très lisible. Est-ce que tu peux, justement, nous différencier un peu plus l'hospitalisation à domicile, l'HAD, d'un soin classique qu'on effectue au domicile du patient ?
- Speaker #1
Alors, je vais essayer d'être extrêmement factuel et puis ensuite, on reprendra rapidement. On va simplement voir la différence principale qui est que dans le cadre d'une hospitalisation à domicile, on est sur des soins plus complexes et qui nécessitent absolument une coordination. C'est vraiment les éléments qui sont à retenir. Après, si je peux prendre des exemples, ça aidera aussi. Vous avez d'un côté l'activité à domicile la plus classique, la plus habituelle, qui consiste à aller voir des patients souvent âgés. Parfois en post-op et donc qui ne sont pas en capacité de se déplacer immédiatement, mais qui ne sont pas dans des cas complexes. Des patients chroniques, de la neurologie, de la respi, tous les patients de l'ambulatoire bien entendu, et de la recherche de maintien d'autonomie. Mais on est principalement sur des sujets qui n'ont pas de complexité particulière, qui peuvent avoir des aggravations bien entendu, mais qui n'ont pas de complexité particulière et qui n'ont pas besoin d'une coordination excessive autour des soins. On communique quand même en général, et on est habitué à le faire, avec l'équipe d'infirmiers, avec le médecin traitant. Quand il y a des spécialistes, ça nous arrive de communiquer avec le neuro, avec le pneumo, mais on n'est pas sur des soins rapprochés avec une coordination H24 et avec un accès à des soins complexes de manière récurrente. La HAD, ça va être ça, c'est comme une hospitalisation, sauf qu'au lieu d'être fait à l'hôpital, c'est fait au domicile du patient, dans un contexte et dans un encadrement de soins qui va se rapprocher le plus possible. de l'hôpital. Donc je le répète sur les critères, c'est vraiment une question de complexité de l'acte et de coordination des soins.
- Speaker #0
Alors à quel moment il a été important justement de structurer cette hospitalisation à domicile ? À quel moment aussi ça a pris une place très importante dans l'organisation des soins ?
- Speaker #1
Alors tu l'as dit, c'est le virage ambulatoire, pour des raisons qui sont non seulement des raisons économiques. Ça coûte bien moins cher d'avoir quelqu'un qui est à la maison que d'avoir quelqu'un qui est hospitalisé avec tout ce que peut représenter aussi bien l'hébergement que les soins, tout ce qui va constituer les dépenses de santé d'une personne hospitalisée. Mais il y a également une question de bien-être de la personne et les personnes âgées. Toute personne qui peut avoir un accident au cours de sa vie préfère très souvent être à la maison qu'être dans une structure hospitalière avec tout ce que ça implique. Il faut bien entendu un environnement qui puisse être adapté. Toute personne ne peut pas rester seule à son domicile en fonction du contexte, en fonction de sa vie, en fonction de ses réalités. Mais dès que c'est possible, les gens préfèrent majoritairement être à la maison. Et comme je le disais, ça coûte bien moins cher aussi.
- Speaker #0
Alors dernièrement, maintenant je l'ai dit aussi dans l'introduction, mais on entend parler de la mention réadaptation pour l'HAD. Qu'est-ce que ça signifie ? Quelle est la différence entre une HAD classique ?
- Speaker #1
Alors on va essayer de reclarifier pour tout le monde. La HAD, c'est de l'hospitalisation à domicile. On est dans le registre du sanitaire. Donc on n'est pas dans du médico-social, on est vraiment dans du sanitaire. On est un petit peu l'image d'un hôpital. Ça va être rattaché d'ailleurs à des structures sanitaires. Il y a la HAD socle, donc l'hospitalisation à domicile. socle qui n'a pas de nécessité de particularité ou d'étiquette complémentaire et il va y avoir des HAD avec des mentions. Quand on parle de ce qui concerne le plus la kinésithérapie, encore qu'il y en aura d'autres, mais on va rester aujourd'hui sur la HAD réadaptation, elle a une mention qui nécessite des spécificités. Cette HADR, elle nécessite d'avoir un MPR, donc un médecin de physique et de réadaptation à la coordination des soins et elle nécessite aussi certaines adaptations. au domicile du patient. C'est-à-dire que, par exemple, à la différence d'une HAD socle dans lequel le nombre de visites, le nombre de consultations hebdomadaires de patients n'est pas contrainte, dans une HADR, il va falloir 5 passages hebdomadaires à minima de professionnels de la rééducation. Donc, bien entendu, de kinésithérapeutes, mais on peut aussi parler des orthophonistes, on peut aussi parler des psychomotriciens, des ergothérapeutes, des pédicure-podologues. des différents professionnels paramédicaux.
- Speaker #0
Alors, on va peut-être faire une petite art partée, mais je pense que Damien Olivon serait plus à même de parler de ce sujet. On parlait de rééducation, de réadaptation et voilà, il y a une profession justement qui est clos et qui se développe de plus en plus, c'est le kinéco-ordinateur. Qu'est-ce que tu peux nous en dire un petit peu sur ce sujet ?
- Speaker #1
Je vais repartir sur la sémantique qui reste pour nous importante et pour Damien encore plus. Les oreilles vont siffler, mais dans le bon sens. La rééducation, c'est le fait de récupérer une fonction. La réadaptation, c'est quand on a une fonction qui n'est pas récupérable et qu'on compense par une autre fonction. Dans la sémantique anglo-saxonne, ça fait très longtemps qu'on utilise le terme de réadaptation et qu'on a englobé dans la réadaptation les différentes professions. On a eu en France un vrai virage, il y a un peu moins d'une dizaine d'années, avec un abandon progressif dans la sémantique, au niveau du ministère de la Santé, dans les textes de loi. du terme rééducation en faveur du terme réadaptation. La preuve en est, on en parlera après puisqu'on est dans des sujets relatifs à la HADR, on a vécu le passage des SSR au SMR avec cette transformation de rééducation-réadaptation. Et aujourd'hui, on ne parle plus spécifiquement de rééducation, mais on parle des professionnels de la réadaptation.
- Speaker #0
Alors, plus globalement, dans ces dispositifs, quelle est la place du kénizithérapeute justement ?
- Speaker #1
La place du kiné est centrale. Alors c'est vrai que nous, on défendait cette sémantique parce qu'elle nous semblait intéressante, mais c'est un combat entre guillemets perdu puisque la sémantique a déjà changé. Et aujourd'hui, dans les réflexions ministérielles, on est sur une logique de réadaptation. Par contre, la place du kinésithérapeute est centrale. Elle est centrale parce qu'on a un champ de compétences qui est extrêmement large et on est un des professionnels de santé par amède qui va avoir le plus de compétences socle pour parler avec les autres professionnels de santé par amède. Faites parler un pédicure podologue avec une orthophoniste, il y aura assez peu d'éléments de compétences communes. Par contre, avec l'orthophoniste, on a la question de l'oralité, on a toute la sphère qui va dans ce sens-là sur lequel on partage des compétences. Avec le pédicure podologue, on a tout le membre inférieur. Avec les ergothérapeutes ou avec les psychomotriciens, on a aussi des compétences qui sont transversales. Donc par rapport à ces principaux professionnels de la rééducation, de la réadaptation, par rapport à ces professions paramédicales, Le kiné, à mon sens, occupe un rôle central qui lui permet d'avoir une vraie notion de coordonnateur de parcours de soins. Ça ne veut pas dire faire à la place d'eux, ça ne veut pas dire déléguer comme on déléguerait à un technicien, ça veut dire être en mesure de définir les besoins d'une personne. et d'adresser vers le spécialiste de ce besoin pour déterminer si on va dans les soins, si on va plus ou moins loin là-dessus. Aujourd'hui, au niveau des HADR, ça se fait principalement sous couvert du MPR, c'est lui qui va être le coordonnateur. Mais les médecins, et avec les différents échanges qu'on a avec les structures relatives et responsables de ces HADR, on en parlera juste après, voient d'un très bon oeil la mise en place de postes de kiné-coordonnateurs qui vont être leurs pendants. dans le domaine de la réadaptation.
- Speaker #0
Alors depuis quelques années, les kinés, les professionnels, remontaient des difficultés, des disparités au sein des HAD. Est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu ce qui s'est déroulé ?
- Speaker #1
Alors, du coup, je vais me permettre d'aller directement sur la FNED aussi, puisqu'elle va avoir son importance dans la réponse. La FNED, c'est la Fédération des HAD. C'est la Fédération Nationale des HAD, qui est une structure qui a été créée, me semble-t-il, au début des années 70, donc qui a aussi une ancienneté, qui a aussi un vécu important. La FNEAD, c'est un petit peu comme la FMKR dans son fonctionnement, puisque c'est une fédération de structures. À la différence près que dans un même département, il peut y avoir plusieurs HAD qui sont adhérentes de la FNEAD, alors que chez nous, on a un département adhérent, mais c'est une fédération de structures. On s'est rendu compte sur le territoire, avec les échanges qu'on peut mener, qu'il y avait des expérimentations notamment tarifaires, qu'il y avait des propositions de conventions tarifaires qui étaient assez disparates sur le territoire, avec des structures qui respectaient méticuleusement la NGAP, des structures qui proposaient une adaptation de la NGAP et des structures qui proposaient une valorisation pour inciter le kinésithérapeute à prendre en charge les patients HAD.
- Speaker #0
Parce qu'on sait qu'il y a des difficultés justement.
- Speaker #1
Tout à fait. Donc on l'a dit sur la HAD Socle, Il y a un peu moins de contraintes, le patient doit être vu, mais ce sont des patients qu'on va qualifier de simplex. Par contre, sur la HADR, on est sur des patients complexes, sur lesquels il y a cette notion obligatoire de 5 passages hebdomadaires minimum de professionnels de santé paramédicaux. Donc à ce titre-là, si les passages ne sont pas réalisés, les budgets que reçoit la HAD pour la prise en charge du patient ne sont pas validés non plus. Donc il y a un enjeu qui est assez important, et comme je le disais, il y avait beaucoup de disparités. Ce qui s'est passé, c'est qu'au niveau de la FFMKR, on considère que les singularités territoriales ne sont pas porteuses. Parce que quand on négocie au niveau national avec l'assurance maladie, c'est facile pour l'assurance maladie ensuite de dire « Regardez, dans tel département, la CPM a accepté tels éléments, tels éléments financiers, telles expérimentations. » On ne voulait pas qu'il puisse se passer la même chose avec des soins qui, aujourd'hui, sont un petit peu en dehors du secteur conventionnel, puisqu'on traite directement avec la HAD, avec une convention avec la HAD. Et on préférait avoir une harmonisation. Face à nous, on a eu ce partenaire qui est la FNEAD, qui avait la même visibilité, la même vision des choses, en nous disant, effectivement, on se rend compte qu'on a des HAD adhérentes ou pas à la FNEAD qui se sont mis à proposer des conventions tarifaires qui sont différentes de la NGAP et des tarifs nationaux. Et il semblait, pour les deux parties, pas préférable qu'on continue sur ce chemin avec des disparités, mais plutôt de chercher une harmonisation nationale.
- Speaker #0
Alors, on va revenir sur cette convention, mais justement, pourquoi elle était devenue nécessaire ?
- Speaker #1
Alors, comme je le disais, mais je ne vais pas trop me répéter, je vais essayer d'aller plus loin. On avait des adaptations tarifaires locales qui émergeaient à différents endroits. Et l'objectif, c'était plutôt de trouver un consensus national qui permette d'avoir une harmonisation des tarifs, mais aussi d'avoir une harmonisation des pratiques. À ce titre-là, on a commencé des échanges dans le contexte en 2020 avec la FNEAD. Très rapidement, après deux réunions, on a proposé que les autres syndicats représentatifs y participent assez promptement. C'était important pour nous que tous les acteurs des négociations conventionnelles, comme des négociations avec un partenaire sur une convention, sur du travail qui n'est pas la convention nationale qu'on a avec l'assurance maladie, mais qui est aussi une convention soit autour de la table, de façon à ce qu'on puisse agir en synergie pour la profession et dans une logique commune. Donc là-dessus, à partir de 2020... On a commencé à avoir des échanges sur le fond, notamment par rapport aux problématiques de tarifs territoriaux, comme je l'indiquais. Et puis, ça a accéléré à partir de 2022, sous l'impulsion du médecin-conseil de l'époque de l'AFNEAD, qui était le docteur Gaëtan Casanova. Et ça nous a permis également, avec le reste de l'organigramme, à commencer par Elisabeth Hubert de l'AFNEAD, de pouvoir avancer sur ces thématiques de convention nationale, avec des discussions plus poussées en 2023. pour aboutir à une convention cadre à partir de 2024. Cette convention... Pour la différencier de la convention qu'on a avec l'assurance maladie, c'est une convention cadre, je la qualifierais plutôt d'un accord de partenariat. C'est un accord de partenariat de bon principe qui vise à valoriser l'expansion des HADR, mais aussi la place centrale des HAD socles, avec des éléments qui sont intéressants pour les kinésithérapeutes, on va en parler un petit peu plus tard, mais également l'obligation de répondre à certains objectifs et certains impératifs de qualité qui sont extrêmement porteurs pour la profession.
- Speaker #0
Alors justement, dans cette convention, quelles sont les obligations, les engagements des HAD auprès des professionnels ?
- Speaker #1
Donc comme je le disais, je vais préférer parler d'une coopération, d'un accord, d'un contrat de coopération entre les parties, puisqu'on a des tarifs qui sont bien plus avantageux que ceux de la NGAP, mais avec des impératifs également, mais qui sont rendus davantage possibles par ces quotations et par ces tarifs, puisqu'on doit avoir une traçabilité renforcée. On doit participer à de la coordination et surtout, on doit nourrir notre bilan et le re-renseigner de manière régulière. Le point positif, c'est que c'est payé tout ça et c'est plutôt bien payé. Donc, ça nous permet de prendre le temps d'engendrer cette coordination avec les autres professionnels et de pouvoir pleinement jouer notre rôle.
- Speaker #0
Alors, tu en as déjà évoqué quelques-unes, mais voilà, qu'est-ce qui est attendu aussi des kinésithérapeutes ?
- Speaker #1
Alors. On a encore une disparité, ça fait partie des chantiers que je peux mener, que j'ai pu mener au cours de ces derniers semestres, c'est d'avoir la meilleure harmonisation possible. Il faut voir que dans certaines HAD, on a des mêmes problématiques de ressources humaines qu'on peut rencontrer dans toute forme de structure. Et très souvent, la signature de la convention, le suivi des échanges, le suivi des staffs, le suivi de coordination est assuré par des personnes qui n'ont pas forcément toujours la compétence. pas forcément été formés initialement pour ça et qui souvent récupèrent des missions complémentaires. Donc l'idée, dans un premier temps, c'est d'essayer d'harmoniser la pratique. On a plusieurs logiciels de gestion qui sont différents. Il n'y en a pas un seul qui existe pour toutes les HAD. Donc pour le kinésithérapeute, c'est déjà une contrainte complémentaire de se familiariser avec ces logiciels qui ont une finalité qualité et de pouvoir s'en servir comme il faut. Donc le premier point, c'est d'arriver déjà à travailler comme il faut avec la HAD. Savoir qui est notre interlocuteur, à qui est-ce qu'on va référer. Est-ce qu'il y a une infirmière coordonnatrice ? Est-ce qu'il y a un médecin coordonnateur ? Est-ce qu'on a des référents au sein de la structure avec lesquels on va interagir ? C'est le premier point. Ensuite, il va falloir voir d'un point de vue technique comment est-ce qu'on va contribuer à cette démarche qualité, sur quoi est-ce qu'on va verser nos bilans, avec quoi est-ce qu'on va communiquer, comment est-ce qu'on va facturer, parce que c'est une question centrale également. Et ça, on a des disparités sur le territoire avec des logiciels qui sont plus ou moins efficients. Après, c'est aussi à la préférence des uns et des autres, comme on peut l'avoir avec nos propres logiciels métiers historiques ou plus récents. Mais du coup, on a cette petite contrainte technique. Pour revenir vraiment au cœur de la question, les obligations pour le kinésithérapeute, c'est de la traçabilité, c'est de la synthèse, c'est du bilan, c'est du bilan intermédiaire et c'est de la participation à des réunions. La bonne nouvelle, c'est que tout ça est payé. Il y a des actes pour chacun des éléments que je viens de citer.
- Speaker #0
Alors, parfois, il y a une différence sur le papier entre une bonne coordination et celle qui est réellement sur le terrain. Quels sont les ingrédients justement pour... pour que ça prend bien, que la recette soit bien réalisée.
- Speaker #1
Alors, il faut être honnête, il va y avoir l'efficience de la structure. Comme je le disais, parfois, on a des carences en ressources humaines. J'ai des kinésithérapeutes qui m'appellent à droite à gauche, des référents plutôt, des responsables départementaux, qui m'appellent en me disant, là, on rencontre telle problématique avec une HAD qui, pourtant, est adhérente de la FNEAD. Là, on a tel problème avec telle structure. En fait, très souvent, c'est des carences. C'est des carences de communication, c'est des carences d'identification de responsables. Et souvent, les kinés sont bloqués parce que l'interlocuteur ne répond pas, ce n'est pas le bon interlocuteur, ils ne savent pas trop ce qu'ils doivent faire. Mais il y a très peu de HAD sur le territoire qui ont refusé l'application de la Convention ou qui indiquent qu'ils ne peuvent pas l'appliquer. L'immense majorité, dans 90% des cas, des HAD adhérentes à l'AFNEAD ont appliqué la Convention. Pour rappel, ce n'est pas parce qu'une HAD adhère à l'AFNEAD qu'elle a l'obligation d'appliquer les tarifs de la Convention cadre national. Elle peut tout à fait appliquer, à minima, les tarifs de la NGAP, avec le même fonctionnement classique que la NGAP. Par contre, comme je le disais, l'immense majorité des structures appliquent la Convention nationale, qui doit être signée entre chaque intervenant et la HAD. puisque c'est une convention bipartite entre la HAD et le kinésithérapeute qui va intervenir. Donc ça, c'est important de bien penser à signer la convention pour avoir les tarifs de la convention qui soient opposables et de définir quels sont les interlocuteurs qu'on va avoir. En ville, quand on fait du soin à domicile, on a déjà l'habitude d'échanger avec les infirmières. Souvent, les infirmières ont des carnets chez les patients sur lesquels on peut aussi apporter nos annotations quand ça concerne l'équipe de soins. Il y a beaucoup de kinés aussi à domicile qui laissent leur petit carnet. qui n'est pas souvent aussi structurée que celui de l'infirmière, parce que l'infirmière a certains éléments. Elle a la prise de tension, peut-être la prise de poids, la prise de température. Elle a des éléments qui sont très traçables et très récurrents. En tant que kinésithérapeute, on n'a pas souvent ce modèle de cahier. Mais on a déjà très souvent ce type d'interaction avec les professionnels de santé du domicile. Là, ça va être la même chose, mais sur lequel on va essayer d'apporter encore un petit peu plus de coordination. Et les échanges d'équipe par rapport à des patients sont également des rémunérés. Donc il ne faut pas hésiter à les solliciter. Quand on a des thématiques sur un patient, plutôt que de faire un essence-change unique avec le médecin, avec l'infirmière, avec l'orthophoniste, ça peut être aussi de proposer une réunion de staff et de prendre une demi-heure pour parler d'un patient, pour évoquer ce qu'on est en train de faire, les limites, les freins, ce dont on aurait besoin en médication, en adaptation du domicile, en suivi, en coordination entre les professionnels de santé. Je la lève, est-ce que tu pourras la rallonger ? Est-ce que c'est moi qui le fais sur un deuxième passage ? Et tous ces éléments qui sont de la logistique qui vont se rapprocher du fonctionnement hospitalier.
- Speaker #0
Alors on l'a déjà dit, mais l'HAD prend une place de plus en plus importante dans cette organisation de soins. Est-ce que tu penses qu'encore à l'avenir, c'est amené à se développer ?
- Speaker #1
Pour l'instant, l'HADR en est à ses balbutiements, ça commence tout juste. On voit d'ailleurs que le nombre de patients éligibles à l'HADR explose dans les régions qui jouent le jeu et qui s'y lancent souvent sous l'impulsion de personnes motivées au sein de l'AFNEAD, pour commencer, mais également de référents du système de santé. dans différents territoires. Je pense qu'il y a vraiment une grande place demain pour les questions de HADR. Déjà parce que sur le post-op immédiat, ou sur le post-aigu plutôt, on n'a pas systématiquement besoin d'aller dans un centre. Si l'environnement à domicile est adapté, il n'y a aucune raison particulière d'aller dans une structure. Les gens sont mieux chez eux. Au niveau des critères qui vont permettre de justifier une prise en charge en HADR, on va en avoir quatre. Dans un premier temps, il y a les critères médicaux. Est-ce qu'effectivement la personne... doit être sous une surveillance encore plus renforcée. Donc, il est préférable qu'elle soit dans une structure avec des professionnels qui sont sur place H24. Ensuite, il va y avoir la question du projet de réadaptation. Est-ce qu'on a besoin d'un petit peu plus de matériel ? Dans ces cas-là, ce sera plus compliqué à domicile. On pourra y venir dans un deuxième temps, mais il vaut mieux commencer dans un centre, puis venir à domicile ou pas. Ça va dépendre des pathologies, ça va dépendre des traitements. Ensuite, on aura les questions de critères sociaux et environnementaux du domicile. Est-ce que c'est adapté ? à recevoir des soignants, des professionnels de santé de manière régulière ? Est-ce qu'il y a un aidant naturel au domicile ? Est-ce que la personne est seule ? Tous les éléments logistiques qu'on peut avoir et sociaux. Et enfin, les éléments organisationnels de la HAD au niveau de son territoire. Est-ce qu'il y a des structures qui existent ? Est-ce qu'il y a des structures qui sont dédiées, qui permettent de générer cette organisation des soins ? On a de plus en plus de SMR qui ont un SMR et en parallèle une HAD qui leur permettent d'avoir cette transition et cette logique de financement du soin à l'économie. Pas à l'économie purement financière, mais à l'économie de ressources humaines. On sait qu'on avait des vraies problématiques de ressources humaines au niveau du système de santé. Donc, est-ce qu'il est préférable d'avoir quelqu'un qui soit dans une structure avec un petit peu plus de surveillance et d'accompagnement, ou quelqu'un qui peut être à la maison avec un accompagnement tout autant qualitatif, mais un peu moins énergivore en termes de ressources humaines ?
- Speaker #0
Pour revenir en termes d'un peu de critères, mais tout comme une hospitalisation à un établissement, une hospitalisation à domicile. Un délai aussi, c'est pas non plus...
- Speaker #1
Alors tout à fait, la problématique qu'ont souvent les kinésithérapeutes, souvent sur ce manque d'échange, sur ce manque de transmission d'informations, mais aujourd'hui avec les logiciels métiers ça s'améliore, c'est d'arriver à considérer la caractéristique de la personne. Et très souvent les kinés disent, oulala HAD, non j'y vais pas moi, c'est la galère pour être payé, on sait pas trop où on va, on sait pas avec qui on doit échanger, on a des obligations, on a des contraintes. Aujourd'hui on a quand même des tarifs qui sont beaucoup plus intéressants sur de la HAD que sur du soin classique à domicile. Pour rappel, sur une base AMK, on va aller d'un AMK 10, qui est simplement du désencombrement bronchique, jusqu'à un AMK 28, qui est le bilan initial, les soins complexes. On a des soins qui se situent principalement sur de l'AMK 15-5, c'est des soins de l'ordre de la demi-heure, sur des patients qui vont être vus de manière récurrente, ou de l'AMK 20, c'est des soins de l'ordre de 40 minutes, sur des patients plus complexes, avec parfois besoin de soins combinés, par exemple de la mobilisation et du désencombrement bronchique. Donc on est quand même sur des tarifs qui sont... qui sont beaucoup plus intéressants. La question, ça va être d'avoir un bon suivi, une bonne coordination pour que le kiné et tous les professionnels de santé qui gravitent autour sachent à quel moment on est dans le cadre d'une HAD et à quel moment on en sort. Il est certain que si on n'a pas de communication, si on n'a pas d'informations, on peut se retrouver un petit peu embêté parce qu'on n'a pas récupéré l'ordonnance pour permettre ensuite de refacturer les soins à l'assurance maladie. On facture des soins à l'HAD mais on n'a pas... fermé cette période d'ouverture de soins et on a une ordonnance qui va être en décalage et donc quelques jours de facturation qui ne sont pas rendus possibles. Donc tout ça, c'est une question de coordination. Les choses avancent très vite, le numérique avance très vite. En tout cas, pour tous les kinésithérapeutes qui ont des HAD sur leur territoire et qui ont des besoins de prise en charge de patients, il faut vraiment s'engager dans ces dispositifs et ne plus voir les freins et les craintes de « je ne vais pas être payé » ou « ça va être compliqué » . C'est de plus en plus simple. On fait le maximum pour vous accompagner, pour vous aider. On a d'excellentes relations avec l'AFNEAD dans son intégralité, que ce soit la présidence, que ce soit les médecins conseils, que ce soit les administrateurs. Au niveau départemental, régional, on a beaucoup d'échanges qui sont très constructifs. Et en tout cas, ce qu'il y a de certain, c'est qu'on va dans le même sens.
- Speaker #0
Et puis, il y a aussi la valorisation du domicile. C'est vrai qu'au vu, malheureusement, de l'inflation actuelle de nos carburants, de par l'HAD, le déplacement... est valorisé.
- Speaker #1
Le déplacement est à 10 euros et il y a un complément de 10 euros également pour les déplacements en week-end, jour férié ou sur les nuités, donc effectivement c'est intéressant et quand on passe d'un forfait de déplacement de 4 euros à 10 euros c'est quand même conséquent aussi, bien entendu à ce forfait-là s'ajoutent également les indemnités kilométriques.
- Speaker #0
Est-ce que tu aurais un dernier conseil à donner à des kinés qui hésiteraient encore même si tu as donné quelques arguments ?
- Speaker #1
Alors le... Forcément, l'argument financier ne doit pas rester prioritaire. Moi, je pense que la valorisation de la profession est toujours importante. Donc, le fait de montrer qu'on fait des bilans, qu'on fait des synthèses, qu'on fait du suivi. Le bilan intermédiaire, c'est un AMK 20. Ça veut dire que si sur un patient qui arrive en phase subaiguë, vous estimez que dix jours après, il a changé de phase et qu'il faut faire un bilan intermédiaire, vous pouvez tranquillement rester au domicile du patient, passer le temps nécessaire sans trop se précipiter par rapport à des questions de « je suis en domicile, j'ai déjà perdu du temps pour venir, je vais perdre du temps pour repartir » . Là, on a une valorisation qui est quasiment deux fois celle de la NGAP. Un bilan qui va être en AMK 20, qui nous permet de prendre le temps avec le patient. Le bilan intermédiaire, puisque le bilan initial est en AMK 28. Donc, on a vraiment cette temporalité qui est importante. Comme je le dis souvent, c'est des problématiques de communication. Ça veut dire que la majorité de nos problèmes, la majorité de nos soucis, ça va être une carence de communication. À partir du moment où on a identifié les différents interlocuteurs, qu'on sait où on en est, qu'on a une traçabilité sur le suivi du patient, Très sincèrement, en termes de paperasse, c'est vraiment pas très compliqué et ça ne prend pas beaucoup plus de temps que sur une organisation classique de soins à domicile. Et comme tu le disais, ça me permet de faire une petite ouverture sur le sujet, il commence à y avoir des kinés coordonnateurs sur les HAD. Ça a été promu par la FNEAD et on s'est poussé également par la FK-COR. Et l'idée, c'est d'avoir de plus en plus de kinés qui puissent embrasser une partie de leur exercice sous la forme d'un salariat dans ces structures, dans ces HAD. principalement ces HADR, qui vont être des coordinateurs de soins et des coordonnateurs de parcours patient et qui vont fluidifier encore au sein de la structure ces interactions qu'on peut avoir et les faciliter.
- Speaker #0
J'invite d'ailleurs les auditeurs et auditrices à écouter les précédents épisodes avec Damien Olivon à propos du kiné-coordonnateur plus au sens large. J'interpelle Damien, on en fera un à propos de la HADR. Merci beaucoup Félix.
- Speaker #1
Merci pour l'invitation Céline.
- Speaker #0
On se retrouvera sûrement bientôt. A très bientôt avec plaisir. Merci, au revoir. Dites-le nous en commentaire. N'oubliez pas de nous suivre sur les réseaux sociaux et de visiter le site web de la FFMKR pour rester informé des dernières actualités et des événements à venir. Votre soutien et votre engagement sont essentiels pour faire avancer notre profession. La Médicale, un réseau expert d'agents généraux pour accompagner les kinés dans leurs besoins professionnels et privés.