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Arthrose :  Yves Henrotin dévoile le rôle clé du kiné et des INM au NPIS Summit cover
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KINECAST, Podcast Kiné

Arthrose : Yves Henrotin dévoile le rôle clé du kiné et des INM au NPIS Summit

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14min |11/12/2025
Play
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14min |11/12/2025
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Description

Dans cet épisode tourné au NPIS Summit, je reçois Yves Henrotin, professeur à l’Université de Liège et figure majeure de la recherche internationale sur l’arthrose. Kiné, chercheur, enseignant et président de la Fondation Arthrose, il relie comme peu d’experts la science, la clinique et la prévention.

Au programme : arthrose, vieillissement, interventions non médicamenteuses (INM), exercice, biomarqueurs… et le rôle central du kiné.


👉 AU PROGRAMME

• Comment combiner médicaments, exercices et INM pour réduire douleur et consommation d’AINS

• Provoquer l’adhésion : auto-efficacité, expériences positives, planification des exercices

• Rôle du kiné dans le vieillissement actif : sarcopénie, contrôle moteur, prévention du déclin

• Comment les nouvelles technologies et la pluridisciplinarité peuvent améliorer l’adhésion

• INM : pourquoi ce sont des interventions efficaces… mais encore sous-utilisées

• Accès direct en Belgique : état des lieux et conditions de mise en œuvre

• Le futur : mieux phénotyper les patients pour personnaliser les interventions


🎧 Épisode disponible sur toutes les plateformes d’écoute et sur YouTube.


📲 Abonne-toi à Kinécast pour recevoir chaque semaine un nouvel épisode et soutenir la diffusion des connaissances dans la profession.

Partage cet épisode avec un·e collègue qui suit beaucoup de patients arthrosiques.

Dis-nous en commentaire ce que tu vas mettre en place dès demain en cabinet.

 

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⚠️ AVERTISSEMENT

Les opinions exprimées dans ce podcast sont celles de l’intervenant et ne reflètent pas nécessairement celles de la FFMKR.

 

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http://www.youtube.com/@FFMKRcCLAIR



Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour à toutes et tous, c'est Céline, kinésithérapeute près de Lille. Bienvenue dans ce nouvel épisode de Kinécast de la FEDE, la communauté dynamique et innovante des kinésithérapeutes. Chaque semaine, vous découvrirez les témoignages, les conseils et les astuces de kinés passionnés et engagés sur des sujets qui vous interpellent dans votre pratique et aussi sur l'actualité. Ensemble et avec la FEDE, bougeons les lignes de la kinésithérapie. Bonne écoute ! La médicale Un réseau expert d'agents généraux pour accompagner les masseurs kinésithérapeutes dans leurs besoins professionnels et privés. La Médicale accompagne près d'un masseur kinésithérapeute sur trois en France. Rassurant non ? Des assurances adaptées aux besoins des masseurs kinésithérapeutes, tant professionnels que privés. Bonjour à toutes, bonjour à tous. Bienvenue dans ce nouvel épisode de Kinecast. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir Yvan Gontin. Bonjour Yves.

  • Speaker #1

    Bonjour.

  • Speaker #0

    Comment allez-vous ?

  • Speaker #1

    Super !

  • Speaker #0

    Donc voilà, on échange dans le cadre du Summit NPIS ici à Paris, à la Cité Interuniversitaire. Eh bien, je vais vous proposer tout d'abord de vous présenter.

  • Speaker #1

    Je suis professeur à l'Université de Liège, professeur de pathologie, de kinésithérapie et réadaptation fonctionnelle. Je suis également le président de la Fondation Arthrose.

  • Speaker #0

    Alors, pourquoi venez-vous dans le cadre du Summit de la NPIS ?

  • Speaker #1

    D'abord parce que je suis particulièrement intéressé par tout ce qui est intervention non médicamenteuse. D'une part par mon métier, par mon métier à la fois de praticien et d'enseignant. Et puis parce qu'on m'a demandé de venir traiter deux sujets, l'arthrose et d'autre part le vieillissement. Et dans ces deux cas de figure, les interventions non médicamenteuses sont évidemment très importantes.

  • Speaker #0

    Peut-être tout d'abord débuter sur le thème de l'arthrose, l'une de vos interventions hier. Alors voilà, on a toujours un peu ce premier réflexe du médicament au sujet de l'arthrose, mais aussi bien sûr il y a les INM. Alors comment vous arrivez à cette complémentarité entre les deux ?

  • Speaker #1

    Alors d'abord il faut rappeler que l'arthrose c'est une maladie dégénérative des articulations qui va progresser sur plusieurs dizaines d'années. Et donc il va falloir gérer les patients, à la fois leurs symptômes, mais aussi leur comportement et l'ensemble des comorbidités qui sont associées à cette pathologie, puisqu'on sait maintenant que l'arthrose est associée à la fois à des comorbidités biologiques, comme le syndrome métabolique, mais aussi des comorbidités psychosociales, comme l'anxiété, troubles du sommeil, fatigue. Et donc il va falloir gérer ce patient dans son ensemble sur une longue durée. Actuellement, les traitements médicamenteux recommandés sont les anti-inflammatoires non stéroïdiens, d'abord en topique, et puis ça ne fonctionne pas par voie orale, mais vous le savez comme moi que ces médicaments entraînent toute une série d'effets secondaires et que donc leur administration va être limitée dans le temps. Et donc il va falloir gérer ces effets secondaires, gérer l'administration de ces médicaments et y associer des interventions non médicamenteuses.

  • Speaker #0

    Alors de quel type par exemple proposer ?

  • Speaker #1

    D'abord il faut bien préciser que les interventions non médicamenteuses et médicanteuses doivent être combinées. Les médicaments antalgiques doivent être là pour faciliter la rééducation, faciliter le retour à l'activité physique et d'autre part l'activité physique, les exercices sont là pour contrôler la consommation d'anti-inflammatoires non soviétiques, d'antalgiques et donc limiter les effets secondaires. Il y a plusieurs types d'interventions non médicamenteuses que nous allons utiliser. D'abord tout ce qui est exercice, donc l'activité physique dans son sens large, que ce soit les exercices structurés et organisés par un kinesthérapeute, l'activité physique aérobie de loisir, comme par exemple courir, marcher, et également tout ce qui est contrôle du poids par l'alimentation, mais aussi évidemment par l'activité physique.

  • Speaker #0

    Parfois, difficile justement, je vois au sein de mon cabinet par exemple, de proposer des exercices à des patients qui ont déjà mal. En fait, ils ont souvent peur justement que ça va aggraver leur douleur. Mais voilà, en leur expliquant, en faisant de l'éducation à la douleur. Comment vous arrivez à lever ces freins auprès des patients ?

  • Speaker #1

    Alors, c'est une excellente question. Et c'est évidemment une question que nous devons absolument aborder dans notre pratique quotidienne. Alors premièrement, il faut confronter le patient avec une expérience positive de l'exercice. C'est-à-dire que moi personnellement, ce que je fais, je choisis quelques exercices simples à réaliser et qui ont une action antérieure. sur le patient. Et donc je lui fais prendre conscience de ça, c'est-à-dire que lorsqu'il a pratiqué les exercices, sa douleur s'est atténuée. Donc il faut vraiment développer ce sentiment d'auto-efficacité pour progressivement conduire le patient à l'auto-gestion. Ça c'est la première chose. La deuxième chose, c'est qu'il va falloir planifier la mise en place de ces exercices dans sa vie quotidienne. Donc, ce que je fais, je choisis deux, trois exercices faciles à reproduire à la maison, qui lui apportent de l'anthalgie, et puis je planifie avec lui la réalisation de ces exercices en termes de moments et en termes également de circonstances de réalisation. Et puis, les traitements médicamenteux sont également là pour faciliter l'activité physique et l'exercice. Pendant les phases douloureuses, ou quand je vois un patient en phase aiguë, je me fais aider du médecin qui prescrit des antalgiques, des anti-inflammatoires pour... permettre la rééducation, permettre le retour à l'activité physique. J'explique également aux patients que les antalgiques, les antiaflammatoires, peuvent être utilisés pour gérer la douleur post-activité physique, parce qu'il ne faut évidemment pas se voiler la face quand on fait de l'activité physique, même si on est en forme, le lendemain on a des douleurs musculaires, des douleurs articulaires, et donc là aussi la prise pendant évidemment une courte durée d'antalgique peut faciliter ce... cette douleur après l'activité physique.

  • Speaker #0

    Passons au deuxième thème, à votre deuxième intervention d'hier. On a parlé pas mal de prévention sur la perte d'autonomie par exemple. Comment vous abordez ces sujets-là ?

  • Speaker #1

    Notre rôle en tant que kinésithérapeute, c'est de gérer le... Déclin des capacités intrinsèques du patient, mais surtout au niveau locomoteur. Et donc, ce que l'on peut faire, c'est très tôt, au début du vieillissement du patient, mettre en place une série d'exercices, d'activités physiques, pour justement limiter ce déclin locomoteur, par exemple en travaillant la musculature. On sait que les muscles jouent un rôle très important et que... Avec l'âge, on va progressivement perdre du muscle, c'est ce qu'on appelle la sarcopénie. Donc très tôt, on peut mettre en place de la prévention en demandant aux patients de faire régulièrement des exercices de renforcement, de contrôle moteur, en étirant également sa musculature pour améliorer l'extensibilité musculaire, éviter toutes les déformations, par exemple les difficiles d'extension au niveau du genou. Ce sont des petits détails, mais qui peuvent évidemment facilement prévenir le déclin. au niveau locomoteur. Donc ce sont des petites choses à mettre en place et j'insiste sur le fait qu'elles doivent être faciles à mettre en place. Vous savez, c'est un petit peu comme se brosser les dents tous les jours pour prévenir l'apparition des caries. On peut aussi implémenter dans la vie quotidienne du patient des choses très simples à mettre en place pour justement éviter ce déclin au niveau locomoteur.

  • Speaker #0

    La difficulté c'est de la mettre en place en prévention. Notre système est plutôt basé sur le curatif. Comment vous arrivez justement à transmettre ces messages en prévention ?

  • Speaker #1

    C'est un petit peu pour ça que j'ai créé la Fondation Arthrose. C'est justement pour essayer de délivrer des messages via les réseaux sociaux, via des campagnes de presse, des messages très simples pour essayer évidemment de changer la conscience du patient par rapport à toutes... Ces pathologies qui sont liées au vieillissement et qui vont engendrer leur déclin locomoteur, donc là évidemment il y a ce genre d'organisation, il y a aussi des sociétés scientifiques comme le NPS, donc tout ça permet évidemment de pouvoir transmettre des messages. Et puis vous savez on est aussi des thérapeutes, des professionnels de la santé, c'est à nous aussi d'aller à la rencontre des patients par des conférences grand public, mais aussi dans son quotidien. des colloques singuliers avec nos patients, de leur expliquer une série de mesures à prendre pour faciliter cette prévention.

  • Speaker #0

    Alors vous disiez en préambule, mais vous faites de la recherche aussi. Quels sont par exemple les travaux que vous réalisez actuellement ?

  • Speaker #1

    Alors je fais de la recherche préclinique et clinique. Donc au niveau préclinique, par exemple, on étudie beaucoup la réaction inflammatoire au niveau de l'articulation. et donc on s'intéresse plus particulièrement à la lymphogénèse. pourrait d'ailleurs jouer un rôle sur la résolution spontanée de la réaction inflammatoire, mais aussi par exemple sur l'accès de toute une série de molécules anti-inflammatoires au niveau de l'articulation et de la membrane synoviale. Pour le moment, c'est un de nos sujets. J'ai beaucoup travaillé aussi sur les marqueurs biologiques afin de pouvoir... On a détecté très tôt l'apparition de la pathologie. Nous développons aussi des nouveaux traitements, surtout évidemment pharmacologiques, des injectables. Voilà, donc c'est très varié comme recherche. Et au niveau clinique, là je suis plutôt orienté vers la recherche d'interventions non médicamenteuses. Je travaille beaucoup d'ailleurs avec des associations scientifiques telles que l'OARCI pour mettre en place des recommandations en termes de prise en charge des patients arthrosiques. par des interventions non médicamenteuses.

  • Speaker #0

    Alors je profite de notre échange aussi, vous êtes kinésithérapeute belge, moura française, on parle beaucoup d'accès direct, et j'ai vu tout récemment justement que l'accès direct était possible maintenant en Belgique.

  • Speaker #1

    Alors ça c'est un sujet d'actualité, alors ce n'est pas encore possible, tant qu'évidemment le ministre n'aura pas signé l'arrêté royal, ce ne sera pas évidemment possible. Mais en tout cas on y travaille en collaboration d'ailleurs avec le conseil supérieur de la médecine puisqu'il faut évidemment que cette décision soit unanime et l'agrément aussi des médecins pour que ça fonctionne bien. Et donc on travaille pour le moment à un projet de texte pour que l'accès direct à la clinothérapie soit possible. Personnellement je suis un défenseur de cette mesure, mais à condition qu'elle soit bien cadrée et acceptée par tout le monde. Et c'est notre mission pour le moment, c'est d'essayer de faire en sorte qu'elle soit acceptable par tous.

  • Speaker #0

    Quelles sont maintenant les perspectives d'évolution de l'implémentation des interventions non médicamenteuses ? Comment, en tant que professionnel de santé, on peut s'emparer, on doit s'emparer justement de ces dispositifs ?

  • Speaker #1

    Alors, on sait que c'est efficace. On sait que c'est efficace, non seulement au niveau économique, mais aussi pour la santé, au niveau de la santé. du patient. Le gros problème maintenant que nous avons, c'est l'adhésion. L'adhésion à la fois des professionnels de la santé, mais aussi des patients à ces interventions non pharmacologiques. C'est ça évidemment notre défi pour les prochaines années. Et comment va-t-on y arriver ? Justement, je pense, en travaillant de façon multidisciplinaire, je pense que nous aurons besoin notamment des psychologues pour nous aider à travailler les mécanismes qui vont permettre aux patients non seulement d'être motivés mais aussi de passer à l'action, donc de réaliser réellement leurs exercices. Donc la pluridisciplinarité va être importante. On peut aussi évidemment utiliser les nouvelles technologies. Je pense que ce seront également des outils utiles dans notre profession, même s'il ne faudra pas qu'elles se substituent à l'activité du kinésithérapeute et du professionnel de la santé. Un deuxième axe de recherche, je pense, c'est que nous allons devoir mieux phénotyper nos patients. C'est-à-dire qu'administrer des traitements, même non médicamenteux, au bon profil de patient. C'est ça qui fera que l'on va gagner aussi en termes d'efficacité à l'avenir.

  • Speaker #0

    Merci beaucoup Yves pour cet échange.

  • Speaker #1

    C'est avec plaisir.

  • Speaker #0

    Et puis je vous souhaite de passer une bonne suite de congrès.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup.

  • Speaker #0

    Merci. Merci de nous avoir écoutés. On espère que cet épisode vous a plu. Si c'est le cas, je vous invite à laisser un avis sur votre plateforme d'écoute préférée et à partager l'épisode autour de vous. N'hésitez pas également à nous dire quels sujets vous aimeriez que l'on aborde dans les prochains épisodes et quels invités vous souhaiteriez écouter. Pour ça, dites-le nous en commentaire. N'oubliez pas de nous suivre sur les réseaux sociaux et de visiter le site web de la FFMKR pour rester informé des dernières actualités et des événements à venir. Votre soutien et votre engagement sont essentielles pour faire avancer notre profession. La Médicale, un réseau expert d'agents généraux pour accompagner les masseurs kinésithérapeutes dans leurs besoins professionnels et privés. La Médicale accompagne près d'un masseur kinésithérapeute sur trois en France. Rassurant non ? Des assurances adaptées aux besoins des masseurs kinésithérapeutes, tant professionnels que privés.

Chapters

  • Introduction

    00:00

  • Présentation d'Yves Henrotin

    01:11

  • Complémentarité du médicament et des INM

    02:16

  • comment lever les freins à la pratique de l’activité physique ?

    04:38

  • Prévention de la perte d’autonomie

    06:50

  • Recherche et kinésithérapie

    09:26

  • Accès direct en Belgique

    10:47

  • Défis pour les INM

    11:49

Description

Dans cet épisode tourné au NPIS Summit, je reçois Yves Henrotin, professeur à l’Université de Liège et figure majeure de la recherche internationale sur l’arthrose. Kiné, chercheur, enseignant et président de la Fondation Arthrose, il relie comme peu d’experts la science, la clinique et la prévention.

Au programme : arthrose, vieillissement, interventions non médicamenteuses (INM), exercice, biomarqueurs… et le rôle central du kiné.


👉 AU PROGRAMME

• Comment combiner médicaments, exercices et INM pour réduire douleur et consommation d’AINS

• Provoquer l’adhésion : auto-efficacité, expériences positives, planification des exercices

• Rôle du kiné dans le vieillissement actif : sarcopénie, contrôle moteur, prévention du déclin

• Comment les nouvelles technologies et la pluridisciplinarité peuvent améliorer l’adhésion

• INM : pourquoi ce sont des interventions efficaces… mais encore sous-utilisées

• Accès direct en Belgique : état des lieux et conditions de mise en œuvre

• Le futur : mieux phénotyper les patients pour personnaliser les interventions


🎧 Épisode disponible sur toutes les plateformes d’écoute et sur YouTube.


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Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour à toutes et tous, c'est Céline, kinésithérapeute près de Lille. Bienvenue dans ce nouvel épisode de Kinécast de la FEDE, la communauté dynamique et innovante des kinésithérapeutes. Chaque semaine, vous découvrirez les témoignages, les conseils et les astuces de kinés passionnés et engagés sur des sujets qui vous interpellent dans votre pratique et aussi sur l'actualité. Ensemble et avec la FEDE, bougeons les lignes de la kinésithérapie. Bonne écoute ! La médicale Un réseau expert d'agents généraux pour accompagner les masseurs kinésithérapeutes dans leurs besoins professionnels et privés. La Médicale accompagne près d'un masseur kinésithérapeute sur trois en France. Rassurant non ? Des assurances adaptées aux besoins des masseurs kinésithérapeutes, tant professionnels que privés. Bonjour à toutes, bonjour à tous. Bienvenue dans ce nouvel épisode de Kinecast. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir Yvan Gontin. Bonjour Yves.

  • Speaker #1

    Bonjour.

  • Speaker #0

    Comment allez-vous ?

  • Speaker #1

    Super !

  • Speaker #0

    Donc voilà, on échange dans le cadre du Summit NPIS ici à Paris, à la Cité Interuniversitaire. Eh bien, je vais vous proposer tout d'abord de vous présenter.

  • Speaker #1

    Je suis professeur à l'Université de Liège, professeur de pathologie, de kinésithérapie et réadaptation fonctionnelle. Je suis également le président de la Fondation Arthrose.

  • Speaker #0

    Alors, pourquoi venez-vous dans le cadre du Summit de la NPIS ?

  • Speaker #1

    D'abord parce que je suis particulièrement intéressé par tout ce qui est intervention non médicamenteuse. D'une part par mon métier, par mon métier à la fois de praticien et d'enseignant. Et puis parce qu'on m'a demandé de venir traiter deux sujets, l'arthrose et d'autre part le vieillissement. Et dans ces deux cas de figure, les interventions non médicamenteuses sont évidemment très importantes.

  • Speaker #0

    Peut-être tout d'abord débuter sur le thème de l'arthrose, l'une de vos interventions hier. Alors voilà, on a toujours un peu ce premier réflexe du médicament au sujet de l'arthrose, mais aussi bien sûr il y a les INM. Alors comment vous arrivez à cette complémentarité entre les deux ?

  • Speaker #1

    Alors d'abord il faut rappeler que l'arthrose c'est une maladie dégénérative des articulations qui va progresser sur plusieurs dizaines d'années. Et donc il va falloir gérer les patients, à la fois leurs symptômes, mais aussi leur comportement et l'ensemble des comorbidités qui sont associées à cette pathologie, puisqu'on sait maintenant que l'arthrose est associée à la fois à des comorbidités biologiques, comme le syndrome métabolique, mais aussi des comorbidités psychosociales, comme l'anxiété, troubles du sommeil, fatigue. Et donc il va falloir gérer ce patient dans son ensemble sur une longue durée. Actuellement, les traitements médicamenteux recommandés sont les anti-inflammatoires non stéroïdiens, d'abord en topique, et puis ça ne fonctionne pas par voie orale, mais vous le savez comme moi que ces médicaments entraînent toute une série d'effets secondaires et que donc leur administration va être limitée dans le temps. Et donc il va falloir gérer ces effets secondaires, gérer l'administration de ces médicaments et y associer des interventions non médicamenteuses.

  • Speaker #0

    Alors de quel type par exemple proposer ?

  • Speaker #1

    D'abord il faut bien préciser que les interventions non médicamenteuses et médicanteuses doivent être combinées. Les médicaments antalgiques doivent être là pour faciliter la rééducation, faciliter le retour à l'activité physique et d'autre part l'activité physique, les exercices sont là pour contrôler la consommation d'anti-inflammatoires non soviétiques, d'antalgiques et donc limiter les effets secondaires. Il y a plusieurs types d'interventions non médicamenteuses que nous allons utiliser. D'abord tout ce qui est exercice, donc l'activité physique dans son sens large, que ce soit les exercices structurés et organisés par un kinesthérapeute, l'activité physique aérobie de loisir, comme par exemple courir, marcher, et également tout ce qui est contrôle du poids par l'alimentation, mais aussi évidemment par l'activité physique.

  • Speaker #0

    Parfois, difficile justement, je vois au sein de mon cabinet par exemple, de proposer des exercices à des patients qui ont déjà mal. En fait, ils ont souvent peur justement que ça va aggraver leur douleur. Mais voilà, en leur expliquant, en faisant de l'éducation à la douleur. Comment vous arrivez à lever ces freins auprès des patients ?

  • Speaker #1

    Alors, c'est une excellente question. Et c'est évidemment une question que nous devons absolument aborder dans notre pratique quotidienne. Alors premièrement, il faut confronter le patient avec une expérience positive de l'exercice. C'est-à-dire que moi personnellement, ce que je fais, je choisis quelques exercices simples à réaliser et qui ont une action antérieure. sur le patient. Et donc je lui fais prendre conscience de ça, c'est-à-dire que lorsqu'il a pratiqué les exercices, sa douleur s'est atténuée. Donc il faut vraiment développer ce sentiment d'auto-efficacité pour progressivement conduire le patient à l'auto-gestion. Ça c'est la première chose. La deuxième chose, c'est qu'il va falloir planifier la mise en place de ces exercices dans sa vie quotidienne. Donc, ce que je fais, je choisis deux, trois exercices faciles à reproduire à la maison, qui lui apportent de l'anthalgie, et puis je planifie avec lui la réalisation de ces exercices en termes de moments et en termes également de circonstances de réalisation. Et puis, les traitements médicamenteux sont également là pour faciliter l'activité physique et l'exercice. Pendant les phases douloureuses, ou quand je vois un patient en phase aiguë, je me fais aider du médecin qui prescrit des antalgiques, des anti-inflammatoires pour... permettre la rééducation, permettre le retour à l'activité physique. J'explique également aux patients que les antalgiques, les antiaflammatoires, peuvent être utilisés pour gérer la douleur post-activité physique, parce qu'il ne faut évidemment pas se voiler la face quand on fait de l'activité physique, même si on est en forme, le lendemain on a des douleurs musculaires, des douleurs articulaires, et donc là aussi la prise pendant évidemment une courte durée d'antalgique peut faciliter ce... cette douleur après l'activité physique.

  • Speaker #0

    Passons au deuxième thème, à votre deuxième intervention d'hier. On a parlé pas mal de prévention sur la perte d'autonomie par exemple. Comment vous abordez ces sujets-là ?

  • Speaker #1

    Notre rôle en tant que kinésithérapeute, c'est de gérer le... Déclin des capacités intrinsèques du patient, mais surtout au niveau locomoteur. Et donc, ce que l'on peut faire, c'est très tôt, au début du vieillissement du patient, mettre en place une série d'exercices, d'activités physiques, pour justement limiter ce déclin locomoteur, par exemple en travaillant la musculature. On sait que les muscles jouent un rôle très important et que... Avec l'âge, on va progressivement perdre du muscle, c'est ce qu'on appelle la sarcopénie. Donc très tôt, on peut mettre en place de la prévention en demandant aux patients de faire régulièrement des exercices de renforcement, de contrôle moteur, en étirant également sa musculature pour améliorer l'extensibilité musculaire, éviter toutes les déformations, par exemple les difficiles d'extension au niveau du genou. Ce sont des petits détails, mais qui peuvent évidemment facilement prévenir le déclin. au niveau locomoteur. Donc ce sont des petites choses à mettre en place et j'insiste sur le fait qu'elles doivent être faciles à mettre en place. Vous savez, c'est un petit peu comme se brosser les dents tous les jours pour prévenir l'apparition des caries. On peut aussi implémenter dans la vie quotidienne du patient des choses très simples à mettre en place pour justement éviter ce déclin au niveau locomoteur.

  • Speaker #0

    La difficulté c'est de la mettre en place en prévention. Notre système est plutôt basé sur le curatif. Comment vous arrivez justement à transmettre ces messages en prévention ?

  • Speaker #1

    C'est un petit peu pour ça que j'ai créé la Fondation Arthrose. C'est justement pour essayer de délivrer des messages via les réseaux sociaux, via des campagnes de presse, des messages très simples pour essayer évidemment de changer la conscience du patient par rapport à toutes... Ces pathologies qui sont liées au vieillissement et qui vont engendrer leur déclin locomoteur, donc là évidemment il y a ce genre d'organisation, il y a aussi des sociétés scientifiques comme le NPS, donc tout ça permet évidemment de pouvoir transmettre des messages. Et puis vous savez on est aussi des thérapeutes, des professionnels de la santé, c'est à nous aussi d'aller à la rencontre des patients par des conférences grand public, mais aussi dans son quotidien. des colloques singuliers avec nos patients, de leur expliquer une série de mesures à prendre pour faciliter cette prévention.

  • Speaker #0

    Alors vous disiez en préambule, mais vous faites de la recherche aussi. Quels sont par exemple les travaux que vous réalisez actuellement ?

  • Speaker #1

    Alors je fais de la recherche préclinique et clinique. Donc au niveau préclinique, par exemple, on étudie beaucoup la réaction inflammatoire au niveau de l'articulation. et donc on s'intéresse plus particulièrement à la lymphogénèse. pourrait d'ailleurs jouer un rôle sur la résolution spontanée de la réaction inflammatoire, mais aussi par exemple sur l'accès de toute une série de molécules anti-inflammatoires au niveau de l'articulation et de la membrane synoviale. Pour le moment, c'est un de nos sujets. J'ai beaucoup travaillé aussi sur les marqueurs biologiques afin de pouvoir... On a détecté très tôt l'apparition de la pathologie. Nous développons aussi des nouveaux traitements, surtout évidemment pharmacologiques, des injectables. Voilà, donc c'est très varié comme recherche. Et au niveau clinique, là je suis plutôt orienté vers la recherche d'interventions non médicamenteuses. Je travaille beaucoup d'ailleurs avec des associations scientifiques telles que l'OARCI pour mettre en place des recommandations en termes de prise en charge des patients arthrosiques. par des interventions non médicamenteuses.

  • Speaker #0

    Alors je profite de notre échange aussi, vous êtes kinésithérapeute belge, moura française, on parle beaucoup d'accès direct, et j'ai vu tout récemment justement que l'accès direct était possible maintenant en Belgique.

  • Speaker #1

    Alors ça c'est un sujet d'actualité, alors ce n'est pas encore possible, tant qu'évidemment le ministre n'aura pas signé l'arrêté royal, ce ne sera pas évidemment possible. Mais en tout cas on y travaille en collaboration d'ailleurs avec le conseil supérieur de la médecine puisqu'il faut évidemment que cette décision soit unanime et l'agrément aussi des médecins pour que ça fonctionne bien. Et donc on travaille pour le moment à un projet de texte pour que l'accès direct à la clinothérapie soit possible. Personnellement je suis un défenseur de cette mesure, mais à condition qu'elle soit bien cadrée et acceptée par tout le monde. Et c'est notre mission pour le moment, c'est d'essayer de faire en sorte qu'elle soit acceptable par tous.

  • Speaker #0

    Quelles sont maintenant les perspectives d'évolution de l'implémentation des interventions non médicamenteuses ? Comment, en tant que professionnel de santé, on peut s'emparer, on doit s'emparer justement de ces dispositifs ?

  • Speaker #1

    Alors, on sait que c'est efficace. On sait que c'est efficace, non seulement au niveau économique, mais aussi pour la santé, au niveau de la santé. du patient. Le gros problème maintenant que nous avons, c'est l'adhésion. L'adhésion à la fois des professionnels de la santé, mais aussi des patients à ces interventions non pharmacologiques. C'est ça évidemment notre défi pour les prochaines années. Et comment va-t-on y arriver ? Justement, je pense, en travaillant de façon multidisciplinaire, je pense que nous aurons besoin notamment des psychologues pour nous aider à travailler les mécanismes qui vont permettre aux patients non seulement d'être motivés mais aussi de passer à l'action, donc de réaliser réellement leurs exercices. Donc la pluridisciplinarité va être importante. On peut aussi évidemment utiliser les nouvelles technologies. Je pense que ce seront également des outils utiles dans notre profession, même s'il ne faudra pas qu'elles se substituent à l'activité du kinésithérapeute et du professionnel de la santé. Un deuxième axe de recherche, je pense, c'est que nous allons devoir mieux phénotyper nos patients. C'est-à-dire qu'administrer des traitements, même non médicamenteux, au bon profil de patient. C'est ça qui fera que l'on va gagner aussi en termes d'efficacité à l'avenir.

  • Speaker #0

    Merci beaucoup Yves pour cet échange.

  • Speaker #1

    C'est avec plaisir.

  • Speaker #0

    Et puis je vous souhaite de passer une bonne suite de congrès.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup.

  • Speaker #0

    Merci. Merci de nous avoir écoutés. On espère que cet épisode vous a plu. Si c'est le cas, je vous invite à laisser un avis sur votre plateforme d'écoute préférée et à partager l'épisode autour de vous. N'hésitez pas également à nous dire quels sujets vous aimeriez que l'on aborde dans les prochains épisodes et quels invités vous souhaiteriez écouter. Pour ça, dites-le nous en commentaire. N'oubliez pas de nous suivre sur les réseaux sociaux et de visiter le site web de la FFMKR pour rester informé des dernières actualités et des événements à venir. Votre soutien et votre engagement sont essentielles pour faire avancer notre profession. La Médicale, un réseau expert d'agents généraux pour accompagner les masseurs kinésithérapeutes dans leurs besoins professionnels et privés. La Médicale accompagne près d'un masseur kinésithérapeute sur trois en France. Rassurant non ? Des assurances adaptées aux besoins des masseurs kinésithérapeutes, tant professionnels que privés.

Chapters

  • Introduction

    00:00

  • Présentation d'Yves Henrotin

    01:11

  • Complémentarité du médicament et des INM

    02:16

  • comment lever les freins à la pratique de l’activité physique ?

    04:38

  • Prévention de la perte d’autonomie

    06:50

  • Recherche et kinésithérapie

    09:26

  • Accès direct en Belgique

    10:47

  • Défis pour les INM

    11:49

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Description

Dans cet épisode tourné au NPIS Summit, je reçois Yves Henrotin, professeur à l’Université de Liège et figure majeure de la recherche internationale sur l’arthrose. Kiné, chercheur, enseignant et président de la Fondation Arthrose, il relie comme peu d’experts la science, la clinique et la prévention.

Au programme : arthrose, vieillissement, interventions non médicamenteuses (INM), exercice, biomarqueurs… et le rôle central du kiné.


👉 AU PROGRAMME

• Comment combiner médicaments, exercices et INM pour réduire douleur et consommation d’AINS

• Provoquer l’adhésion : auto-efficacité, expériences positives, planification des exercices

• Rôle du kiné dans le vieillissement actif : sarcopénie, contrôle moteur, prévention du déclin

• Comment les nouvelles technologies et la pluridisciplinarité peuvent améliorer l’adhésion

• INM : pourquoi ce sont des interventions efficaces… mais encore sous-utilisées

• Accès direct en Belgique : état des lieux et conditions de mise en œuvre

• Le futur : mieux phénotyper les patients pour personnaliser les interventions


🎧 Épisode disponible sur toutes les plateformes d’écoute et sur YouTube.


📲 Abonne-toi à Kinécast pour recevoir chaque semaine un nouvel épisode et soutenir la diffusion des connaissances dans la profession.

Partage cet épisode avec un·e collègue qui suit beaucoup de patients arthrosiques.

Dis-nous en commentaire ce que tu vas mettre en place dès demain en cabinet.

 

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Les opinions exprimées dans ce podcast sont celles de l’intervenant et ne reflètent pas nécessairement celles de la FFMKR.

 

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Chaîne WhatsApp : contenu coulisses, bonus & annonces https://www.ffmkr.org/

http://www.youtube.com/@FFMKRcCLAIR



Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour à toutes et tous, c'est Céline, kinésithérapeute près de Lille. Bienvenue dans ce nouvel épisode de Kinécast de la FEDE, la communauté dynamique et innovante des kinésithérapeutes. Chaque semaine, vous découvrirez les témoignages, les conseils et les astuces de kinés passionnés et engagés sur des sujets qui vous interpellent dans votre pratique et aussi sur l'actualité. Ensemble et avec la FEDE, bougeons les lignes de la kinésithérapie. Bonne écoute ! La médicale Un réseau expert d'agents généraux pour accompagner les masseurs kinésithérapeutes dans leurs besoins professionnels et privés. La Médicale accompagne près d'un masseur kinésithérapeute sur trois en France. Rassurant non ? Des assurances adaptées aux besoins des masseurs kinésithérapeutes, tant professionnels que privés. Bonjour à toutes, bonjour à tous. Bienvenue dans ce nouvel épisode de Kinecast. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir Yvan Gontin. Bonjour Yves.

  • Speaker #1

    Bonjour.

  • Speaker #0

    Comment allez-vous ?

  • Speaker #1

    Super !

  • Speaker #0

    Donc voilà, on échange dans le cadre du Summit NPIS ici à Paris, à la Cité Interuniversitaire. Eh bien, je vais vous proposer tout d'abord de vous présenter.

  • Speaker #1

    Je suis professeur à l'Université de Liège, professeur de pathologie, de kinésithérapie et réadaptation fonctionnelle. Je suis également le président de la Fondation Arthrose.

  • Speaker #0

    Alors, pourquoi venez-vous dans le cadre du Summit de la NPIS ?

  • Speaker #1

    D'abord parce que je suis particulièrement intéressé par tout ce qui est intervention non médicamenteuse. D'une part par mon métier, par mon métier à la fois de praticien et d'enseignant. Et puis parce qu'on m'a demandé de venir traiter deux sujets, l'arthrose et d'autre part le vieillissement. Et dans ces deux cas de figure, les interventions non médicamenteuses sont évidemment très importantes.

  • Speaker #0

    Peut-être tout d'abord débuter sur le thème de l'arthrose, l'une de vos interventions hier. Alors voilà, on a toujours un peu ce premier réflexe du médicament au sujet de l'arthrose, mais aussi bien sûr il y a les INM. Alors comment vous arrivez à cette complémentarité entre les deux ?

  • Speaker #1

    Alors d'abord il faut rappeler que l'arthrose c'est une maladie dégénérative des articulations qui va progresser sur plusieurs dizaines d'années. Et donc il va falloir gérer les patients, à la fois leurs symptômes, mais aussi leur comportement et l'ensemble des comorbidités qui sont associées à cette pathologie, puisqu'on sait maintenant que l'arthrose est associée à la fois à des comorbidités biologiques, comme le syndrome métabolique, mais aussi des comorbidités psychosociales, comme l'anxiété, troubles du sommeil, fatigue. Et donc il va falloir gérer ce patient dans son ensemble sur une longue durée. Actuellement, les traitements médicamenteux recommandés sont les anti-inflammatoires non stéroïdiens, d'abord en topique, et puis ça ne fonctionne pas par voie orale, mais vous le savez comme moi que ces médicaments entraînent toute une série d'effets secondaires et que donc leur administration va être limitée dans le temps. Et donc il va falloir gérer ces effets secondaires, gérer l'administration de ces médicaments et y associer des interventions non médicamenteuses.

  • Speaker #0

    Alors de quel type par exemple proposer ?

  • Speaker #1

    D'abord il faut bien préciser que les interventions non médicamenteuses et médicanteuses doivent être combinées. Les médicaments antalgiques doivent être là pour faciliter la rééducation, faciliter le retour à l'activité physique et d'autre part l'activité physique, les exercices sont là pour contrôler la consommation d'anti-inflammatoires non soviétiques, d'antalgiques et donc limiter les effets secondaires. Il y a plusieurs types d'interventions non médicamenteuses que nous allons utiliser. D'abord tout ce qui est exercice, donc l'activité physique dans son sens large, que ce soit les exercices structurés et organisés par un kinesthérapeute, l'activité physique aérobie de loisir, comme par exemple courir, marcher, et également tout ce qui est contrôle du poids par l'alimentation, mais aussi évidemment par l'activité physique.

  • Speaker #0

    Parfois, difficile justement, je vois au sein de mon cabinet par exemple, de proposer des exercices à des patients qui ont déjà mal. En fait, ils ont souvent peur justement que ça va aggraver leur douleur. Mais voilà, en leur expliquant, en faisant de l'éducation à la douleur. Comment vous arrivez à lever ces freins auprès des patients ?

  • Speaker #1

    Alors, c'est une excellente question. Et c'est évidemment une question que nous devons absolument aborder dans notre pratique quotidienne. Alors premièrement, il faut confronter le patient avec une expérience positive de l'exercice. C'est-à-dire que moi personnellement, ce que je fais, je choisis quelques exercices simples à réaliser et qui ont une action antérieure. sur le patient. Et donc je lui fais prendre conscience de ça, c'est-à-dire que lorsqu'il a pratiqué les exercices, sa douleur s'est atténuée. Donc il faut vraiment développer ce sentiment d'auto-efficacité pour progressivement conduire le patient à l'auto-gestion. Ça c'est la première chose. La deuxième chose, c'est qu'il va falloir planifier la mise en place de ces exercices dans sa vie quotidienne. Donc, ce que je fais, je choisis deux, trois exercices faciles à reproduire à la maison, qui lui apportent de l'anthalgie, et puis je planifie avec lui la réalisation de ces exercices en termes de moments et en termes également de circonstances de réalisation. Et puis, les traitements médicamenteux sont également là pour faciliter l'activité physique et l'exercice. Pendant les phases douloureuses, ou quand je vois un patient en phase aiguë, je me fais aider du médecin qui prescrit des antalgiques, des anti-inflammatoires pour... permettre la rééducation, permettre le retour à l'activité physique. J'explique également aux patients que les antalgiques, les antiaflammatoires, peuvent être utilisés pour gérer la douleur post-activité physique, parce qu'il ne faut évidemment pas se voiler la face quand on fait de l'activité physique, même si on est en forme, le lendemain on a des douleurs musculaires, des douleurs articulaires, et donc là aussi la prise pendant évidemment une courte durée d'antalgique peut faciliter ce... cette douleur après l'activité physique.

  • Speaker #0

    Passons au deuxième thème, à votre deuxième intervention d'hier. On a parlé pas mal de prévention sur la perte d'autonomie par exemple. Comment vous abordez ces sujets-là ?

  • Speaker #1

    Notre rôle en tant que kinésithérapeute, c'est de gérer le... Déclin des capacités intrinsèques du patient, mais surtout au niveau locomoteur. Et donc, ce que l'on peut faire, c'est très tôt, au début du vieillissement du patient, mettre en place une série d'exercices, d'activités physiques, pour justement limiter ce déclin locomoteur, par exemple en travaillant la musculature. On sait que les muscles jouent un rôle très important et que... Avec l'âge, on va progressivement perdre du muscle, c'est ce qu'on appelle la sarcopénie. Donc très tôt, on peut mettre en place de la prévention en demandant aux patients de faire régulièrement des exercices de renforcement, de contrôle moteur, en étirant également sa musculature pour améliorer l'extensibilité musculaire, éviter toutes les déformations, par exemple les difficiles d'extension au niveau du genou. Ce sont des petits détails, mais qui peuvent évidemment facilement prévenir le déclin. au niveau locomoteur. Donc ce sont des petites choses à mettre en place et j'insiste sur le fait qu'elles doivent être faciles à mettre en place. Vous savez, c'est un petit peu comme se brosser les dents tous les jours pour prévenir l'apparition des caries. On peut aussi implémenter dans la vie quotidienne du patient des choses très simples à mettre en place pour justement éviter ce déclin au niveau locomoteur.

  • Speaker #0

    La difficulté c'est de la mettre en place en prévention. Notre système est plutôt basé sur le curatif. Comment vous arrivez justement à transmettre ces messages en prévention ?

  • Speaker #1

    C'est un petit peu pour ça que j'ai créé la Fondation Arthrose. C'est justement pour essayer de délivrer des messages via les réseaux sociaux, via des campagnes de presse, des messages très simples pour essayer évidemment de changer la conscience du patient par rapport à toutes... Ces pathologies qui sont liées au vieillissement et qui vont engendrer leur déclin locomoteur, donc là évidemment il y a ce genre d'organisation, il y a aussi des sociétés scientifiques comme le NPS, donc tout ça permet évidemment de pouvoir transmettre des messages. Et puis vous savez on est aussi des thérapeutes, des professionnels de la santé, c'est à nous aussi d'aller à la rencontre des patients par des conférences grand public, mais aussi dans son quotidien. des colloques singuliers avec nos patients, de leur expliquer une série de mesures à prendre pour faciliter cette prévention.

  • Speaker #0

    Alors vous disiez en préambule, mais vous faites de la recherche aussi. Quels sont par exemple les travaux que vous réalisez actuellement ?

  • Speaker #1

    Alors je fais de la recherche préclinique et clinique. Donc au niveau préclinique, par exemple, on étudie beaucoup la réaction inflammatoire au niveau de l'articulation. et donc on s'intéresse plus particulièrement à la lymphogénèse. pourrait d'ailleurs jouer un rôle sur la résolution spontanée de la réaction inflammatoire, mais aussi par exemple sur l'accès de toute une série de molécules anti-inflammatoires au niveau de l'articulation et de la membrane synoviale. Pour le moment, c'est un de nos sujets. J'ai beaucoup travaillé aussi sur les marqueurs biologiques afin de pouvoir... On a détecté très tôt l'apparition de la pathologie. Nous développons aussi des nouveaux traitements, surtout évidemment pharmacologiques, des injectables. Voilà, donc c'est très varié comme recherche. Et au niveau clinique, là je suis plutôt orienté vers la recherche d'interventions non médicamenteuses. Je travaille beaucoup d'ailleurs avec des associations scientifiques telles que l'OARCI pour mettre en place des recommandations en termes de prise en charge des patients arthrosiques. par des interventions non médicamenteuses.

  • Speaker #0

    Alors je profite de notre échange aussi, vous êtes kinésithérapeute belge, moura française, on parle beaucoup d'accès direct, et j'ai vu tout récemment justement que l'accès direct était possible maintenant en Belgique.

  • Speaker #1

    Alors ça c'est un sujet d'actualité, alors ce n'est pas encore possible, tant qu'évidemment le ministre n'aura pas signé l'arrêté royal, ce ne sera pas évidemment possible. Mais en tout cas on y travaille en collaboration d'ailleurs avec le conseil supérieur de la médecine puisqu'il faut évidemment que cette décision soit unanime et l'agrément aussi des médecins pour que ça fonctionne bien. Et donc on travaille pour le moment à un projet de texte pour que l'accès direct à la clinothérapie soit possible. Personnellement je suis un défenseur de cette mesure, mais à condition qu'elle soit bien cadrée et acceptée par tout le monde. Et c'est notre mission pour le moment, c'est d'essayer de faire en sorte qu'elle soit acceptable par tous.

  • Speaker #0

    Quelles sont maintenant les perspectives d'évolution de l'implémentation des interventions non médicamenteuses ? Comment, en tant que professionnel de santé, on peut s'emparer, on doit s'emparer justement de ces dispositifs ?

  • Speaker #1

    Alors, on sait que c'est efficace. On sait que c'est efficace, non seulement au niveau économique, mais aussi pour la santé, au niveau de la santé. du patient. Le gros problème maintenant que nous avons, c'est l'adhésion. L'adhésion à la fois des professionnels de la santé, mais aussi des patients à ces interventions non pharmacologiques. C'est ça évidemment notre défi pour les prochaines années. Et comment va-t-on y arriver ? Justement, je pense, en travaillant de façon multidisciplinaire, je pense que nous aurons besoin notamment des psychologues pour nous aider à travailler les mécanismes qui vont permettre aux patients non seulement d'être motivés mais aussi de passer à l'action, donc de réaliser réellement leurs exercices. Donc la pluridisciplinarité va être importante. On peut aussi évidemment utiliser les nouvelles technologies. Je pense que ce seront également des outils utiles dans notre profession, même s'il ne faudra pas qu'elles se substituent à l'activité du kinésithérapeute et du professionnel de la santé. Un deuxième axe de recherche, je pense, c'est que nous allons devoir mieux phénotyper nos patients. C'est-à-dire qu'administrer des traitements, même non médicamenteux, au bon profil de patient. C'est ça qui fera que l'on va gagner aussi en termes d'efficacité à l'avenir.

  • Speaker #0

    Merci beaucoup Yves pour cet échange.

  • Speaker #1

    C'est avec plaisir.

  • Speaker #0

    Et puis je vous souhaite de passer une bonne suite de congrès.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup.

  • Speaker #0

    Merci. Merci de nous avoir écoutés. On espère que cet épisode vous a plu. Si c'est le cas, je vous invite à laisser un avis sur votre plateforme d'écoute préférée et à partager l'épisode autour de vous. N'hésitez pas également à nous dire quels sujets vous aimeriez que l'on aborde dans les prochains épisodes et quels invités vous souhaiteriez écouter. Pour ça, dites-le nous en commentaire. N'oubliez pas de nous suivre sur les réseaux sociaux et de visiter le site web de la FFMKR pour rester informé des dernières actualités et des événements à venir. Votre soutien et votre engagement sont essentielles pour faire avancer notre profession. La Médicale, un réseau expert d'agents généraux pour accompagner les masseurs kinésithérapeutes dans leurs besoins professionnels et privés. La Médicale accompagne près d'un masseur kinésithérapeute sur trois en France. Rassurant non ? Des assurances adaptées aux besoins des masseurs kinésithérapeutes, tant professionnels que privés.

Chapters

  • Introduction

    00:00

  • Présentation d'Yves Henrotin

    01:11

  • Complémentarité du médicament et des INM

    02:16

  • comment lever les freins à la pratique de l’activité physique ?

    04:38

  • Prévention de la perte d’autonomie

    06:50

  • Recherche et kinésithérapie

    09:26

  • Accès direct en Belgique

    10:47

  • Défis pour les INM

    11:49

Description

Dans cet épisode tourné au NPIS Summit, je reçois Yves Henrotin, professeur à l’Université de Liège et figure majeure de la recherche internationale sur l’arthrose. Kiné, chercheur, enseignant et président de la Fondation Arthrose, il relie comme peu d’experts la science, la clinique et la prévention.

Au programme : arthrose, vieillissement, interventions non médicamenteuses (INM), exercice, biomarqueurs… et le rôle central du kiné.


👉 AU PROGRAMME

• Comment combiner médicaments, exercices et INM pour réduire douleur et consommation d’AINS

• Provoquer l’adhésion : auto-efficacité, expériences positives, planification des exercices

• Rôle du kiné dans le vieillissement actif : sarcopénie, contrôle moteur, prévention du déclin

• Comment les nouvelles technologies et la pluridisciplinarité peuvent améliorer l’adhésion

• INM : pourquoi ce sont des interventions efficaces… mais encore sous-utilisées

• Accès direct en Belgique : état des lieux et conditions de mise en œuvre

• Le futur : mieux phénotyper les patients pour personnaliser les interventions


🎧 Épisode disponible sur toutes les plateformes d’écoute et sur YouTube.


📲 Abonne-toi à Kinécast pour recevoir chaque semaine un nouvel épisode et soutenir la diffusion des connaissances dans la profession.

Partage cet épisode avec un·e collègue qui suit beaucoup de patients arthrosiques.

Dis-nous en commentaire ce que tu vas mettre en place dès demain en cabinet.

 

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⚠️ AVERTISSEMENT

Les opinions exprimées dans ce podcast sont celles de l’intervenant et ne reflètent pas nécessairement celles de la FFMKR.

 

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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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  • Speaker #0

    Bonjour à toutes et tous, c'est Céline, kinésithérapeute près de Lille. Bienvenue dans ce nouvel épisode de Kinécast de la FEDE, la communauté dynamique et innovante des kinésithérapeutes. Chaque semaine, vous découvrirez les témoignages, les conseils et les astuces de kinés passionnés et engagés sur des sujets qui vous interpellent dans votre pratique et aussi sur l'actualité. Ensemble et avec la FEDE, bougeons les lignes de la kinésithérapie. Bonne écoute ! La médicale Un réseau expert d'agents généraux pour accompagner les masseurs kinésithérapeutes dans leurs besoins professionnels et privés. La Médicale accompagne près d'un masseur kinésithérapeute sur trois en France. Rassurant non ? Des assurances adaptées aux besoins des masseurs kinésithérapeutes, tant professionnels que privés. Bonjour à toutes, bonjour à tous. Bienvenue dans ce nouvel épisode de Kinecast. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir Yvan Gontin. Bonjour Yves.

  • Speaker #1

    Bonjour.

  • Speaker #0

    Comment allez-vous ?

  • Speaker #1

    Super !

  • Speaker #0

    Donc voilà, on échange dans le cadre du Summit NPIS ici à Paris, à la Cité Interuniversitaire. Eh bien, je vais vous proposer tout d'abord de vous présenter.

  • Speaker #1

    Je suis professeur à l'Université de Liège, professeur de pathologie, de kinésithérapie et réadaptation fonctionnelle. Je suis également le président de la Fondation Arthrose.

  • Speaker #0

    Alors, pourquoi venez-vous dans le cadre du Summit de la NPIS ?

  • Speaker #1

    D'abord parce que je suis particulièrement intéressé par tout ce qui est intervention non médicamenteuse. D'une part par mon métier, par mon métier à la fois de praticien et d'enseignant. Et puis parce qu'on m'a demandé de venir traiter deux sujets, l'arthrose et d'autre part le vieillissement. Et dans ces deux cas de figure, les interventions non médicamenteuses sont évidemment très importantes.

  • Speaker #0

    Peut-être tout d'abord débuter sur le thème de l'arthrose, l'une de vos interventions hier. Alors voilà, on a toujours un peu ce premier réflexe du médicament au sujet de l'arthrose, mais aussi bien sûr il y a les INM. Alors comment vous arrivez à cette complémentarité entre les deux ?

  • Speaker #1

    Alors d'abord il faut rappeler que l'arthrose c'est une maladie dégénérative des articulations qui va progresser sur plusieurs dizaines d'années. Et donc il va falloir gérer les patients, à la fois leurs symptômes, mais aussi leur comportement et l'ensemble des comorbidités qui sont associées à cette pathologie, puisqu'on sait maintenant que l'arthrose est associée à la fois à des comorbidités biologiques, comme le syndrome métabolique, mais aussi des comorbidités psychosociales, comme l'anxiété, troubles du sommeil, fatigue. Et donc il va falloir gérer ce patient dans son ensemble sur une longue durée. Actuellement, les traitements médicamenteux recommandés sont les anti-inflammatoires non stéroïdiens, d'abord en topique, et puis ça ne fonctionne pas par voie orale, mais vous le savez comme moi que ces médicaments entraînent toute une série d'effets secondaires et que donc leur administration va être limitée dans le temps. Et donc il va falloir gérer ces effets secondaires, gérer l'administration de ces médicaments et y associer des interventions non médicamenteuses.

  • Speaker #0

    Alors de quel type par exemple proposer ?

  • Speaker #1

    D'abord il faut bien préciser que les interventions non médicamenteuses et médicanteuses doivent être combinées. Les médicaments antalgiques doivent être là pour faciliter la rééducation, faciliter le retour à l'activité physique et d'autre part l'activité physique, les exercices sont là pour contrôler la consommation d'anti-inflammatoires non soviétiques, d'antalgiques et donc limiter les effets secondaires. Il y a plusieurs types d'interventions non médicamenteuses que nous allons utiliser. D'abord tout ce qui est exercice, donc l'activité physique dans son sens large, que ce soit les exercices structurés et organisés par un kinesthérapeute, l'activité physique aérobie de loisir, comme par exemple courir, marcher, et également tout ce qui est contrôle du poids par l'alimentation, mais aussi évidemment par l'activité physique.

  • Speaker #0

    Parfois, difficile justement, je vois au sein de mon cabinet par exemple, de proposer des exercices à des patients qui ont déjà mal. En fait, ils ont souvent peur justement que ça va aggraver leur douleur. Mais voilà, en leur expliquant, en faisant de l'éducation à la douleur. Comment vous arrivez à lever ces freins auprès des patients ?

  • Speaker #1

    Alors, c'est une excellente question. Et c'est évidemment une question que nous devons absolument aborder dans notre pratique quotidienne. Alors premièrement, il faut confronter le patient avec une expérience positive de l'exercice. C'est-à-dire que moi personnellement, ce que je fais, je choisis quelques exercices simples à réaliser et qui ont une action antérieure. sur le patient. Et donc je lui fais prendre conscience de ça, c'est-à-dire que lorsqu'il a pratiqué les exercices, sa douleur s'est atténuée. Donc il faut vraiment développer ce sentiment d'auto-efficacité pour progressivement conduire le patient à l'auto-gestion. Ça c'est la première chose. La deuxième chose, c'est qu'il va falloir planifier la mise en place de ces exercices dans sa vie quotidienne. Donc, ce que je fais, je choisis deux, trois exercices faciles à reproduire à la maison, qui lui apportent de l'anthalgie, et puis je planifie avec lui la réalisation de ces exercices en termes de moments et en termes également de circonstances de réalisation. Et puis, les traitements médicamenteux sont également là pour faciliter l'activité physique et l'exercice. Pendant les phases douloureuses, ou quand je vois un patient en phase aiguë, je me fais aider du médecin qui prescrit des antalgiques, des anti-inflammatoires pour... permettre la rééducation, permettre le retour à l'activité physique. J'explique également aux patients que les antalgiques, les antiaflammatoires, peuvent être utilisés pour gérer la douleur post-activité physique, parce qu'il ne faut évidemment pas se voiler la face quand on fait de l'activité physique, même si on est en forme, le lendemain on a des douleurs musculaires, des douleurs articulaires, et donc là aussi la prise pendant évidemment une courte durée d'antalgique peut faciliter ce... cette douleur après l'activité physique.

  • Speaker #0

    Passons au deuxième thème, à votre deuxième intervention d'hier. On a parlé pas mal de prévention sur la perte d'autonomie par exemple. Comment vous abordez ces sujets-là ?

  • Speaker #1

    Notre rôle en tant que kinésithérapeute, c'est de gérer le... Déclin des capacités intrinsèques du patient, mais surtout au niveau locomoteur. Et donc, ce que l'on peut faire, c'est très tôt, au début du vieillissement du patient, mettre en place une série d'exercices, d'activités physiques, pour justement limiter ce déclin locomoteur, par exemple en travaillant la musculature. On sait que les muscles jouent un rôle très important et que... Avec l'âge, on va progressivement perdre du muscle, c'est ce qu'on appelle la sarcopénie. Donc très tôt, on peut mettre en place de la prévention en demandant aux patients de faire régulièrement des exercices de renforcement, de contrôle moteur, en étirant également sa musculature pour améliorer l'extensibilité musculaire, éviter toutes les déformations, par exemple les difficiles d'extension au niveau du genou. Ce sont des petits détails, mais qui peuvent évidemment facilement prévenir le déclin. au niveau locomoteur. Donc ce sont des petites choses à mettre en place et j'insiste sur le fait qu'elles doivent être faciles à mettre en place. Vous savez, c'est un petit peu comme se brosser les dents tous les jours pour prévenir l'apparition des caries. On peut aussi implémenter dans la vie quotidienne du patient des choses très simples à mettre en place pour justement éviter ce déclin au niveau locomoteur.

  • Speaker #0

    La difficulté c'est de la mettre en place en prévention. Notre système est plutôt basé sur le curatif. Comment vous arrivez justement à transmettre ces messages en prévention ?

  • Speaker #1

    C'est un petit peu pour ça que j'ai créé la Fondation Arthrose. C'est justement pour essayer de délivrer des messages via les réseaux sociaux, via des campagnes de presse, des messages très simples pour essayer évidemment de changer la conscience du patient par rapport à toutes... Ces pathologies qui sont liées au vieillissement et qui vont engendrer leur déclin locomoteur, donc là évidemment il y a ce genre d'organisation, il y a aussi des sociétés scientifiques comme le NPS, donc tout ça permet évidemment de pouvoir transmettre des messages. Et puis vous savez on est aussi des thérapeutes, des professionnels de la santé, c'est à nous aussi d'aller à la rencontre des patients par des conférences grand public, mais aussi dans son quotidien. des colloques singuliers avec nos patients, de leur expliquer une série de mesures à prendre pour faciliter cette prévention.

  • Speaker #0

    Alors vous disiez en préambule, mais vous faites de la recherche aussi. Quels sont par exemple les travaux que vous réalisez actuellement ?

  • Speaker #1

    Alors je fais de la recherche préclinique et clinique. Donc au niveau préclinique, par exemple, on étudie beaucoup la réaction inflammatoire au niveau de l'articulation. et donc on s'intéresse plus particulièrement à la lymphogénèse. pourrait d'ailleurs jouer un rôle sur la résolution spontanée de la réaction inflammatoire, mais aussi par exemple sur l'accès de toute une série de molécules anti-inflammatoires au niveau de l'articulation et de la membrane synoviale. Pour le moment, c'est un de nos sujets. J'ai beaucoup travaillé aussi sur les marqueurs biologiques afin de pouvoir... On a détecté très tôt l'apparition de la pathologie. Nous développons aussi des nouveaux traitements, surtout évidemment pharmacologiques, des injectables. Voilà, donc c'est très varié comme recherche. Et au niveau clinique, là je suis plutôt orienté vers la recherche d'interventions non médicamenteuses. Je travaille beaucoup d'ailleurs avec des associations scientifiques telles que l'OARCI pour mettre en place des recommandations en termes de prise en charge des patients arthrosiques. par des interventions non médicamenteuses.

  • Speaker #0

    Alors je profite de notre échange aussi, vous êtes kinésithérapeute belge, moura française, on parle beaucoup d'accès direct, et j'ai vu tout récemment justement que l'accès direct était possible maintenant en Belgique.

  • Speaker #1

    Alors ça c'est un sujet d'actualité, alors ce n'est pas encore possible, tant qu'évidemment le ministre n'aura pas signé l'arrêté royal, ce ne sera pas évidemment possible. Mais en tout cas on y travaille en collaboration d'ailleurs avec le conseil supérieur de la médecine puisqu'il faut évidemment que cette décision soit unanime et l'agrément aussi des médecins pour que ça fonctionne bien. Et donc on travaille pour le moment à un projet de texte pour que l'accès direct à la clinothérapie soit possible. Personnellement je suis un défenseur de cette mesure, mais à condition qu'elle soit bien cadrée et acceptée par tout le monde. Et c'est notre mission pour le moment, c'est d'essayer de faire en sorte qu'elle soit acceptable par tous.

  • Speaker #0

    Quelles sont maintenant les perspectives d'évolution de l'implémentation des interventions non médicamenteuses ? Comment, en tant que professionnel de santé, on peut s'emparer, on doit s'emparer justement de ces dispositifs ?

  • Speaker #1

    Alors, on sait que c'est efficace. On sait que c'est efficace, non seulement au niveau économique, mais aussi pour la santé, au niveau de la santé. du patient. Le gros problème maintenant que nous avons, c'est l'adhésion. L'adhésion à la fois des professionnels de la santé, mais aussi des patients à ces interventions non pharmacologiques. C'est ça évidemment notre défi pour les prochaines années. Et comment va-t-on y arriver ? Justement, je pense, en travaillant de façon multidisciplinaire, je pense que nous aurons besoin notamment des psychologues pour nous aider à travailler les mécanismes qui vont permettre aux patients non seulement d'être motivés mais aussi de passer à l'action, donc de réaliser réellement leurs exercices. Donc la pluridisciplinarité va être importante. On peut aussi évidemment utiliser les nouvelles technologies. Je pense que ce seront également des outils utiles dans notre profession, même s'il ne faudra pas qu'elles se substituent à l'activité du kinésithérapeute et du professionnel de la santé. Un deuxième axe de recherche, je pense, c'est que nous allons devoir mieux phénotyper nos patients. C'est-à-dire qu'administrer des traitements, même non médicamenteux, au bon profil de patient. C'est ça qui fera que l'on va gagner aussi en termes d'efficacité à l'avenir.

  • Speaker #0

    Merci beaucoup Yves pour cet échange.

  • Speaker #1

    C'est avec plaisir.

  • Speaker #0

    Et puis je vous souhaite de passer une bonne suite de congrès.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup.

  • Speaker #0

    Merci. Merci de nous avoir écoutés. On espère que cet épisode vous a plu. Si c'est le cas, je vous invite à laisser un avis sur votre plateforme d'écoute préférée et à partager l'épisode autour de vous. N'hésitez pas également à nous dire quels sujets vous aimeriez que l'on aborde dans les prochains épisodes et quels invités vous souhaiteriez écouter. Pour ça, dites-le nous en commentaire. N'oubliez pas de nous suivre sur les réseaux sociaux et de visiter le site web de la FFMKR pour rester informé des dernières actualités et des événements à venir. Votre soutien et votre engagement sont essentielles pour faire avancer notre profession. La Médicale, un réseau expert d'agents généraux pour accompagner les masseurs kinésithérapeutes dans leurs besoins professionnels et privés. La Médicale accompagne près d'un masseur kinésithérapeute sur trois en France. Rassurant non ? Des assurances adaptées aux besoins des masseurs kinésithérapeutes, tant professionnels que privés.

Chapters

  • Introduction

    00:00

  • Présentation d'Yves Henrotin

    01:11

  • Complémentarité du médicament et des INM

    02:16

  • comment lever les freins à la pratique de l’activité physique ?

    04:38

  • Prévention de la perte d’autonomie

    06:50

  • Recherche et kinésithérapie

    09:26

  • Accès direct en Belgique

    10:47

  • Défis pour les INM

    11:49

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