- Speaker #0
Bonjour à toutes et tous, c'est Céline, kinésithérapeute près de Lille. Bienvenue dans ce nouvel épisode de Kinécast de la FEDE, la communauté dynamique et innovante des kinésithérapeutes. Chaque semaine, vous découvrirez les témoignages, les conseils et les astuces de kinés passionnés et engagés sur des sujets qui vous interpellent dans votre pratique,
- Speaker #1
et aussi sur l'actualité. Ensemble, et avec la FEDE, bougeons les lignes de la kinésithérapie. Bonne écoute ! La Médicale accompagne près d'un masseur kinésithérapeute sur trois en France, assurant donc des assurances adaptées aux besoins des masseurs kinésithérapeutes, tant professionnels que privés. La Médicale assure les professionnels de santé.
- Speaker #0
Bonjour à toutes, bonjour à tous, bienvenue dans ce nouvel épisode de Kinecast. Aujourd'hui, j'ai une question pour toi. Tu connais les tarifs d'une séance, mais est-ce que tu sais combien coûte une séance de kiné en CO2 ? Parce que c'est un sujet qui arrive... progressivement dans nos cabinets. On commence à y réfléchir individuellement par la voiture, nos déplacements, les draps d'examen qu'on peut utiliser ou le matériel, mais sans forcément avoir de repères concrets. Et justement, une étude nationale, Kiné CO2, vient apporter des premiers éléments très concrets. Tout d'abord, quelques chiffres. Une séance en cabinet, c'est en moyenne 3,7 kg de CO2. Et surtout, près de la moitié Merci. vient des déplacements des patients. Donc derrière une séance, il y a un impact bien réel. Dans cet épisode, on va voir concrètement ce qui pèse réellement dans l'empreinte carbone d'un cabinet, pourquoi certaines pratiques émettent plus que d'autres, et surtout les actions simples que tu peux mettre en place dès maintenant sans complexifier ton organisation. Pour en parler, j'ai le plaisir d'accueillir aujourd'hui Romaric Maire, kinésithérapeute et ingénieur spécialisé. dans les enjeux de transition bas carbone. Bonjour Romaric.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Comment vas-tu ?
- Speaker #1
Eh bien, ça va très bien.
- Speaker #0
Alors aujourd'hui, on change un petit peu de la version studio Kinecast. On est à distance aujourd'hui en visio. Je te propose tout d'abord, Romaric, de te présenter, s'il te plaît.
- Speaker #1
Merci de m'accueillir, Céline, dans le Kinecast. Je suis très heureux d'être avec toi et avec tous nos auditeurs. Du coup, moi, je m'appelle Romaric Maire, je suis kiné à domicile à Saint-Etienne et en même temps, je suis ingénieur, donc j'ai été ingénieur et je m'occupe en ce moment du projet Kiné CO2 dont on va parler aujourd'hui.
- Speaker #0
Alors voilà, je le disais un peu dans ton introduction et tu le disais toi-même, tu as un double regard, kiné... et ingénieur. Alors comment tu es arrivé justement à t'intéresser à ces questions d'empreintes carbone dans ta pratique de kiné ?
- Speaker #1
Alors la notion d'empreintes carbone, je l'ai en tête depuis un bon moment, pas spécifiquement sur la pratique kiné, mais dans mon autre vie d'ingénieur, j'avais en tête que tout est lié à l'énergie, c'est-à-dire que le monde de l'industrie d'où je venais ne tourne que grâce à l'énergie. Énergie qui peut être issue de l'électricité ou qui peut être issue de l'électricité d'une source thermique, donc d'une centrale de quelque chose, ou alors d'une source thermique qui vient du pétrole. Quand on compte des kilos de CO2, on compte en fait notre dépendance au pétrole. Donc pendant ma reconversion vers la kinésithérapie, Je m'intéressais au... aux problématiques environnementales. Et je me suis rendu compte que le monde de la santé était un petit peu étanche à ces problématiques d'environnement. Et donc, j'ai essayé de créer quelque chose qui permettrait de sensibiliser le monde de la santé aux enjeux environnementaux. En parallèle, le Shift Project a sorti quelques chiffres et a expliqué aux Français que le monde de la santé représentaient 8 à 10% des émissions carbone. globale de la France. Donc, c'est un impact non négligeable. Et donc, c'est aussi une dépendance. C'est-à-dire que le système de santé est dépendant des énergies fossiles. On coupe les énergies fossiles, le système de santé s'effondre de manière encore pire que le Covid, parce qu'en fait, on a besoin d'énergie pour fonctionner. Ce que j'ai remarqué aussi, c'est que les institutions avaient des plans de décarbonation. C'est-à-dire que toutes les associations Et les entreprises de plus de 250 personnes dans le public ont devoir, doivent faire des bilans carbone. Mais pour tous les libéraux... Il n'y a rien qui existe. Il n'y a pas de solution. Et il faut que chaque libéral, chaque personne s'intéresse à la question, creuse. Il passe un temps fou. Et je trouvais que si chaque libéral faisait... Enfin si chaque professionnel libéral de santé ou autre, il passait énormément de temps, c'était un gâchis monstrueux. Donc j'ai eu envie de faire avancer le... de faire avancer le sujet de mon côté.
- Speaker #0
Alors, voilà, justement, tu l'as expliqué un petit peu déjà, mais tu aurais pu te limiter justement à ta propre pratique, en fait. Là, tu expliquais que tu es kiné à domicile. Qu'est-ce qui t'a poussé, justement, à élargir, à objectiver, justement, et à en faire un véritable projet national ?
- Speaker #1
Alors, l'idée... Je suis parti du principe... qu'un bilan carbone coûte cher pour une entreprise. Un bilan carbone, ça coûte entre 4000 et 10000 euros. Ça coûte 8 jours de travail répartis sur 6 mois. Donc ça prend du temps et ça prend de la ressource humaine. Et dans des très petites entreprises, dont les libéraux font partie et dont les kinés font partie, en fait, c'est impossible. À moins d'être passionné, c'est impossible de faire un bilan carbone Donc il fallait industrialiser et baisser les coûts. Il fallait industrialiser, ça c'est ma casquette d'avant qui parle, mais il fallait industrialiser le bilan carbone, enfin le bilan des émissions de gaz à effet de serre, et il fallait le simplifier au maximum pour que les kinés puissent faire leur bilan carbone facilement et puissent ensuite avoir des ordres de grandeur en tête sur ce qu'ils aimaient et ce qu'ils n'aimaient pas ou pas trop. Moi je suis convaincu que le bilan carbone est le... Le bilan carbone, c'est une méthode. Et le bilan des émissions de gaz à effet de serre, c'est ce qui se passe dans le bilan carbone. C'est une partie du bilan carbone. Le bilan carbone, il compte le nombre de kilos de CO2 et ensuite, il suggère des améliorations. Et c'est une démarche qui est copyrightée par l'association Bacarbone. Donc là, l'idée du projet, c'était de faire quelque chose qui se rapprochait du bilan carbone. Mais globalement, c'est un bilan des émissions de gaz à effet de serre. Donc on compte le CO2. Et ensuite, on suggère des améliorations, mais sans utiliser toute la méthode qui est très contraignante du bilan carbone. Et donc, moi, je suis convaincu qu'utiliser la trame de cette méthode permet de pousser vers une décarbonation pragmatique, pertinente, qui cible les postes importants et donc qui évite du gaspillage de temps sur des postes qui ne sont pas nécessairement... importants au regard de leurs émissions associées. Et pourquoi il fallait que ça prenne une envergure nationale ? En fait, ça, ça s'est fait sur la chronologie du projet. Simplement, quand j'ai budgété le temps que ça allait nécessiter de faire des calculs d'émissions carbone, je me suis rendu compte que ça demandait beaucoup de travail tout de même. et que ça représentait un budget qui ne pouvait pas être couvert uniquement par un individu, ni par une CPTS, ni même par une URPS. Donc ça, je le développerai un tout petit peu après dans la chronologie. Mais voilà, il a fallu que ça bascule en national pour que nous puissions faire avancer le projet de manière carrée avec un partenaire qui est rentré dans la boucle assez tôt, qui s'appelle Carbon4 et qui a fourni... tout le support technique nécessaire pour faire des calculs de biens carbone.
- Speaker #0
Alors, tu me fais une bonne transition, justement. Comment tu as construit ce projet ? Alors, tu disais que Carbon 4, mais est-ce que tu as eu d'autres partenaires, justement, pour cette étude ?
- Speaker #1
Alors, ce projet, c'est une aventure humaine, parce qu'au début, ça a commencé par, en septembre 23, le lancement du projet sur un... sur un Word, sur un papier blanc. Et six mois plus tard, j'étais en discussion en intérieur URPS, avec dans un premier temps l'URPS Occitanie, qui était très motivée par le projet, et ensuite les intérieurs URPS, avec dix URPS qui sont rentrés dans le projet pour financer le projet et le faire avancer. Tout ça, ça a été un travail de longue haleine avec des rencontres, des discussions avec des syndicats, dont la FEDE, et qui ont permis de faire avancer le projet. Alors le projet a fait un peu trois pas en avant, deux pas en arrière, pendant fort longtemps, parce que je toquais aux portes des institutions, du Conseil de l'Ordre. des CPAM, des ARS, et globalement, ce n'était pas les bonnes portes jusqu'à ce que je rencontre les bonnes personnes motivées par le projet et qui ont ensuite catalysé le projet et l'ont ensuite projeté dans une oeuvre nationale.
- Speaker #0
Et ce partenaire Carbon4, tu le connaissais déjà ? Tu avais déjà travaillé avec eux ?
- Speaker #1
Alors Carbone 4, c'est une entreprise qui a été créée par Jean-Marc Jancovici, qui, lui, je le connaissais via ses conférences des mines, parce qu'il a fait des cours aux mines. Il y a des modules de 20 heures de cours qui parlent de décarbonation et d'enjeux énergie-climat. Très intéressant et que je recommande. Mais bon, il faut avoir le temps. Et donc, je n'avais jamais travaillé auparavant avec Carbon 4, mais je savais que c'était une référence. Le rapprochement avec Carbon4 s'est fait à la suite d'un appel à projet. C'est-à-dire qu'on a cherché, une fois qu'on avait un budget, un nombre d'heures à répartir et des partenaires financeurs, on a fait faire des devis à quelques pure players du monde de la décarbonation. Et c'est Carbon4 qui a remporté le marché. Il y avait aussi d'autres marques, il y avait Greenlee. Et il y avait aussi des carbone actions. Non, il n'y avait pas des carbone actions. Bon, il y avait d'autres pure players dans la boucle. Globalement, c'est les URPS qui ont choisi de partir avec carbone 4 et leur solution MyCO2.
- Speaker #0
Et alors, c'est les URPS qui t'ont mis en relation avec les différents cabinets ensuite ?
- Speaker #1
Oui, ça a été un travail énorme qui a été fait par les URPS, les 10 URPS. et leurs équipes d'arriver alors dans un premier temps l'idée c'était de faire un échantillonnage random donc de prendre tout l'annuaire de santé des personnels soignants kinés et de faire une fonction random et de sortir des noms au hasard et de les appeler, de leur proposer de participer à l'étude Ça s'est vite épuisé parce qu'on a eu beaucoup de difficultés à rentrer en contact avec les kinés. Et quand on arrivait à rentrer en contact avec eux, l'adhésion n'était pas toujours franche et sincère, franche et totale. Et du coup, c'était compliqué pour les équipes et pour nous pour arriver à faire avancer le projet. Donc, en août... dernier, on a décidé de basculer sur du volontariat et de faire des appels à volontaires pour participer à l'étude. L'étude qui porte sur 106 cabinets, donc c'est 106 bilans carbone qui sont faits sur 106 cabinets différents dans 10 régions de France et d'Outre-mer. Donc c'est... C'est du jamais vu dans le monde de la santé et dans le monde du bilan carbone parce que les médecins ont travaillé sur le sujet du bilan carbone de la médecine de ville et ils sont pour l'instant arrivés à publier une étude qui portait sur le bilan carbone de 7 cabinets. Donc là, l'étude que nous menons avec le projet KineCO2 est quelque chose de jamais vu et donc d'une précision. assez importante.
- Speaker #0
Ça vous permet d'avoir des résultats significatifs.
- Speaker #1
Disons que les résultats sont plus significatifs qu'avant. Après, ce sont des résultats qui portent sur un échantillon de volontaires, donc biaisés. Donc, les études plus précises sont en cours pour essayer de débiaiser au maximum les résultats.
- Speaker #0
Alors, quels étaient... vos différents objectifs justement de par cette étude ?
- Speaker #1
Donc le premier objectif, c'était de faire un état des lieux des émissions carbone des kinés en France via cette étude des émissions carbone de ces 106 cabinets. En parallèle de ça, c'était de sensibiliser les kinés à leurs émissions et à leurs dépendances aux énergies fossiles. Comment les sensibiliser ? L'idée, c'était de produire un outil de diagnostic rapide qu'on a appelé kiné CO2. et dans cet outil de diagnostic rapide on associait aussi des solutions pour décarboner le cabinet. En gros le kiné se connecte à kiné CO2, fait son bilan rapide, et après ce bilan rapide il a les résultats qui s'affichent avec des petits histogrammes, des petites barres, et sur chaque barre ou à peu près est suggéré une amélioration. Piste d'amélioration pour réduire les barres. Et en gros, l'idée, c'est de permettre aux kinés de travailler sur les grosses barres, sur les gros postes d'émission, plutôt que sur les petits postes d'émission. Parce que les gros postes d'émission peuvent réduire un tout petit peu. Les gros postes d'émission permettent d'avoir un impact massif, alors que réduire beaucoup des postes d'émission très faibles ne permettent pas d'avoir un impact massif et font perdre beaucoup de temps aux kinés. Et ensuite, en plus de ça, un autre objectif était de remonter des données de terrain aux institutions pour que les institutions puissent avoir des briques techniques et des ordres de grandeur sur ce qu'émet un kiné en France. Et ça, ça permet de projeter le monde de la santé vers la mesure des émissions de carbone, des parcours de soins. Et éventuellement... niveau de qualité équivalent, il y a un niveau de chance équivalent de choisir une solution A avec un parcours de soins A ou alors un parcours de soins B avec une solution B qui permettrait de réduire les émissions de carbone à soins, à qualité de soins équivalente, très très important. Et enfin, le dernier objectif, c'était de publier les résultats de l'étude dans une revue à comité de lecture et ça c'est en cours.
- Speaker #0
Parler des résultats, j'aimerais qu'on comprenne un peu mieux comment tu as travaillé concrètement quand on parle d'empreintes carbone d'une séance de kiné. Qu'est-ce que vous avez pris en compte ? Qu'est-ce que vous avez mesuré réellement ?
- Speaker #1
Alors pour mesurer une empreinte carbone, on ne va pas avec le détecteur de carbone dans un cabinet à essayer de faire des moyennes, etc. Parce que tous les objets du quotidien ont été produits par de l'énergie, parfois carbonée, parfois pas carbonée, et elles n'émettent plus quand on l'a en stock chez nous, dans nos cabinets. En fait, un bilan carbone, c'est... quelque chose où on fait de la comptabilité et on fait des modélisations. Donc on part d'un objet, par exemple, de son poids, de sa taille, de sa composition, et on en déduit ce que la production de cet objet a dû induire en émissions de gaz à effet de serre. Et ça, ce sont des calculs qui sont faits grâce à une base de facteurs d'émission. grâce à des méthodes qui sont très cadrées, qui s'appellent des méthodes d'analyse de cycle de vie. Dans l'analyse de cycle de vie, on étudie le cycle de vie du matériel, de la mine, vraiment du tout début, quand le tractopelle récupère la terre et la met dans un broyeur, à recyclage. Donc c'est mine, production des matières premières, transformation des matières premières, éventuellement soudure, assemblage, transport, expédition, réception chez le kiné. Dans la durée de vie, il y a aussi la consommation du matériel, électrique ou autre, et ensuite le recyclage et la fin de vie. Donc dans le bilan carbone, nous... on a pris tout ce qui permettait au kiné de fonctionner. C'est-à-dire, c'est ce qu'on appelle un bilan carbone de scope 3. Donc, on prend en compte les émissions directes et les émissions indirectes. Donc, dans les émissions directes, il y a tout ce qui est associé au fonctionnement direct du cabinet, donc l'électricité, le chauffage, les factures que le kiné paye en direct. très concrètement. Et en fait, dans les émissions indirectes, il y a énormément de choses. Il y a la production des matériels, la production des immobilisations, donc des bâtiments aussi, et la production des déplacements, c'est-à-dire comment est-ce que les patients sont venus, comment est-ce que le kiné se nourrit aussi, parce qu'en fait, toute cette enveloppe, tout ce périmètre permet au kiné de fonctionner. Si les patients ne se déplaçaient pas au cabinet, le kiné ne pourrait pas faire de soins. Si la séance de kiné se passait en extérieur au lieu d'être dans un bâtiment, même histoire, le kiné pratiquerait beaucoup moins de séances de kiné. Et si le kiné ne mange pas, ça se passe beaucoup moins bien pour le kiné. Du coup, il pratique beaucoup moins aussi. Dans ce bilan carbone, l'idée, c'est de prendre vraiment... tous les facteurs qui permettent au cabinet de kiné de fonctionner. Donc la méthode est assez cadrée, c'est une méthode de bilan carbone, de bilan des émissions de gaz à effet de serre. Ça c'est défini par des documents de l'ADEME et par des normes. Du coup on ne peut pas trop en déroger. Et l'idée c'est d'arriver à... Donc ça c'était le travail... monumental que Carbon4 a fait avec moi, c'est que l'idée, c'est de simplifier au maximum cette démarche de bilan carbone pour la rendre faisable dans un premier temps en 4 heures et dans un second temps en 15 à 20 minutes. Pour ce qui est de la récolte des données, alors dans un premier temps, donc on a fait des analyses de cycles de vie, des matériels récurrents dans le cabinet, donc des analyses de cycles de vie, majoritairement des tapiers... des tapis roulants, des tables de massage, et puis des petits matériels. On a tout compilé dans un formulaire qu'on a voulu le plus simple possible, mais qui était tout de même compliqué. Et ensuite, on a envoyé tout ça aux différents cabinets volontaires.
- Speaker #0
Alors, quels enseignements avez-vous tiré, justement, des résultats que vous avez obtenus ?
- Speaker #1
Alors, le... Un des enseignements dont on s'attendait un petit peu à ces résultats, parce qu'on avait lu la littérature, la petite littérature sur le sujet. et les ordres de grandeur qui avaient été remontés. Donc la littérature sur le sujet, c'est majoritairement les bilans carbone qui ont été faits en Suisse et en France sur 7 à 10 cabinets de médecins généralistes qui donnent des ordres de grandeur. Et donc ça, c'est une étude qui vient du terrain et qui fait remonter des données. Et il y avait l'étude du Shift Project qui, elle, fonctionne en top-down. prend les grands chiffres macroéconomiques et macro et qui redescend ensuite des données en moyenne sur les cabinets. Donc, disons que les données montantes et données descendantes confirment les résultats qu'on a, les ordres de grandeur qu'on a pour l'instant. Donc, ce qu'on a remarqué, c'est que les émissions carbone varient beaucoup d'une zone. géographique à l'autre. Typiquement, on a remarqué qu'il y avait un forfait carbone fixe pour les cabinets de kiné, c'est-à-dire que le cabinet ne peut pas fonctionner sans immobilisation, sans bâtiment, sans acheter quelques matériels et sans énergie et sans alimentation aussi. Et donc, il y a un forfait qui est assez répétable d'un cabinet à l'autre qui correspond. au bâtiment, au matériel, à l'énergie et à l'alimentation des kinés. Et il y a un forfait carbone modulable par cabinet en fonction de la zone géographique qui est de l'ordre de 1,6 kg de CO2 par séance, mais plus 0,7, donc plus 50% pour la ruralité, et moins 1,3 pour Paris-Intramuros, c'est-à-dire qu'en gros, on varie... La partie déplacement, dans les 3,7 kg de CO2, la partie déplacement peut prendre soit plus de la moitié de la part de la séance, ou à Paris, moins d'un quart des émissions carbone associées à la séance. Donc ça, c'est hyper important. Ça veut dire qu'il y a une grosse disparité d'émissions carbone. de manière native et qui est dictée par la géographie. Donc on ne peut rien y faire. Enfin si, on peut y faire en décarbonant la mobilité, mais globalement, on ne peut pas ordonner à tous les patients de basculer sur l'électrique. Donc géographiquement, déjà, le diagnostic qu'on a pu faire, c'est que les émissions de carbone ne sont pas identiques en ruralité et en zone urbaine.
- Speaker #0
Et cette variabilité, elle est vraiment due aux déplacements. Ça a été...
- Speaker #1
Merci. Alors, on a remarqué autre chose, c'est que le mode de pratique influe grandement les résultats des émissions carbone d'une séance de kiné. Une séance de kiné pratiquée en cabinet émet en moyenne 3,7 kg de CO2, mais une séance à domicile, donc quand le kiné se déplace à domicile chez les gens, chez les patients, à ce moment-là, on est à un peu plus de 3 fois moins d'émissions carbone. On est à 1,15 kg de CO2 par séance. Et les déplacements en EHPAD, c'est encore plus faible, à 0,09 kg de CO2 par séance. Ce qui veut dire que le mode de pratique influe grandement sur les émissions carbone. Donc c'est les deux facteurs prépondérants. C'est petit 1, le mode de pratique, et petit 2, la géographie.
- Speaker #0
Peut-être que voilà, moi en premier, ces 3,7 kg de CO2 par séance en cabinet, c'est peut-être difficile de s'imaginer ce que ça peut représenter. Est-ce que tu peux nous aider à comprendre ?
- Speaker #1
3,7 kg de CO2 par séance, c'est l'équivalent de 17 km en voiture thermique de taille moyenne et c'est l'équivalent de 64 heures de visioconférence. Alors, je n'ai pas choisi ces exemples au hasard. En fait, ces trois chiffres, 3,7 kg de CO2, 17 km en voiture thermique et 64 heures de visioconférence, plaident pour un développement des téléconsultations. Parce que faire une téléconsultation, quand on a une vision uniquement carbone, les téléconsultations, ça a une efficacité certaine. que... Un aller-retour en séance de kiné pour un patient induit l'équivalent de... 120 séances de kiné en visioconférence, à raison d'une demi-heure par séance en visio. Après, il faut que ce soit possible dans le contexte à qualité de soins équivalent et à perte de chance équivalente. Petit détail sur la méthode, parce que je ne l'ai pas précisé avant. Pour arriver à trouver un nombre de kilos de CO2 par séance, il a fallu faire le bilan carbone de tout le cabinet et ensuite de demander au cabinet combien de séances il faisait par an, l'ensemble du cabinet, et de diviser enfin le nombre de tonnes de CO2 émises par le cabinet par an par le nombre de séances. Ce ratio nous a permis de déduire un nombre de kilos de CO2 par séance. Et on a choisi cet indicateur parce que c'est un indicateur qui n'a pas beaucoup de zéros. Travailler uniquement avec l'empreinte carbone du cabinet, ça amène à parler de tonnes de CO2. Et ça nous projette très très loin d'une pratique quotidienne. Alors qu'un nombre de kilos de CO2 par séance, ça nous pousse à... à comprendre ce qui se passe quotidiennement dans notre cabinet. Il y a un patient qui arrive et qui vient d'une zone rurale, on sait qu'il a déplacé une voiture qui pèse une tonne cinq, et donc que ça induit des émissions carbone via l'énergie consommée. Et donc, ça amène dans le concret le chiffre, le nombre de kilos de CO2 par séance.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
et puis ça va par cabinet. Il y a un nombre de praticiens aussi différents, donc forcément, c'est plus visible et plus parlant par séance, en effet. Alors, ce qui interpelle aussi, c'est que près de la moitié des émissions viennent des déplacements des patients. Est-ce que ça a été une surprise ?
- Speaker #0
Alors, ça aurait pu si on n'avait pas fait... si on n'avait pas lu la littérature scientifique. Mais dans notre étude, ça ne nous a pas beaucoup étonnés. En revanche, quand j'en parle autour de moi, auprès des kinés qui ont fait le bilan carbone, ça les étonne énormément. Ils ne s'attendaient pas à ça. Ils s'attendent surtout, en général, à voir les déchets en premier lieu, parce que c'est des objets qui se voient et qui... et qui basculent dans la déchetterie assez rapidement. Et c'est aussi des problématiques qu'ils travaillent énormément, les déchets, dans l'objectif de réduire les consommables et dans l'objectif aussi de réduire un petit peu les charges. Mais travailler sur les déchets, c'est très intéressant. Mais ce n'est pas là où une majorité des émissions de gaz à effet de serre se cachent. La majorité des émissions de gaz à effet de serre se cachent dans tout ce qui est massif. Quand on veut savoir quelle est l'énergie consommée par une action, on regarde la masse induite, le nombre de kilos qu'on doit déplacer. Typiquement, une voiture pèse en moyenne 1,5 tonne, 1,9 tonne, selon la taille de la voiture. Déplacer une voiture qui pèse 1,9 tonne, c'est quand même... Ça ne demande pas la même quantité d'énergie qu'un marcheur ou que déplacer un bus rempli de personnes ou que déplacer un vélo qui pèse 12 kilos. Et en fait, quand on compte le carbone, on compte finalement la quantité d'énergie nécessaire pour déplacer une machine. Donc on s'attendait à ce que les déplacements... et une part belle. Par contre, on ne s'attendait pas à ce qu'il y ait un écart aussi important entre la zone rurale et la zone urbaine. Là, on voit que Paris-Intramuros, via la densité du bourg Paris, via la densité de la capitale, fait que la densité et les modes de transport associés qui sont assez optimaux font que les émissions carbone associées au déplacement Merci. dans Paris-Intramuros, ridicule, vraiment toute petite. Alors que quand on est dans des communes hors attraction des villes, vraiment des communes isolées, là pour le coup, les patients se déplacent très majoritairement en voiture. Là, j'ai des chiffres en face des yeux, c'est plus de 90% en voiture, même 98% en voiture, dont 10% d'électrique. Et donc, sur des... sur des trajets longs, ce qui induit des émissions de gaz à effet de serre plus importantes. Puisqu'on a vu que 3,7 kg de CO2, c'était 17 km de voitures thermiques. Donc on a vite fait, en zone rurale, on a vite fait d'émettre beaucoup de carbone pour aller à sa séance de kiné.
- Speaker #1
Alors tu as indiqué aussi que quand c'est le kiné qui se déplace à domicile ou en structure, en EHPAD par exemple, Finalement, il y avait moins d'émissions de carbone. Comment tu l'expliques ? Parce que finalement, ça reste quand même un déplacement.
- Speaker #0
Oui, alors les émissions de carbone en cabinet comptent le déplacement des patients. C'est-à-dire que le patient vient en VSL ou alors en voiture avec un chauffeur parfois ou sans chauffeur. Donc, il déplace son... son fameux tas de tôle et des brouettes de 1,5 tonnes. Et il va au cabinet, il se gare. Et donc ça, ça induit une émission carbone qu'il n'y a pas dans la visite à domicile, puisque dans la visite à domicile, c'est le kiné qui se déplace. Le kiné se déplace en faisant une tournée. En général, il ne fait pas des allers-retours entre son cabinet et chaque domicile. Et c'est le fait que la tournée soit optimale qui fait... que les visites à domicile sont beaucoup moins émissives en carbone que les cabinets. C'est vraiment une division. Oui, division par trois des émissions carbone associées. Et en EHPAD, la différence est encore plus massive, puisque tous les patients sont au même endroit. Donc il n'y a pas le kiné qui faisait des déplacements de manière optimisée, en faisant une tournée. Là, le kiné se déplace à un seul endroit, et il fait toutes les séances au même endroit. Donc il n'y a qu'un seul aller-retour, ou deux ou trois ou quatre par semaine, mais voilà, il n'y a qu'un seul aller-retour pour réaliser toutes les séances. À ce moment-là, on se retrouve uniquement avec des émissions de gaz à effet de serre associées au déplacement du kiné pour l'EHPAD et aux immobilisations associées à l'utilisation du plateau technique de l'EHPAD et à l'utilisation de la voiture qui rentre dans les immobilisations. puisque la voiture, il a fallu la produire. Et quand on produit une voiture, il y a une empreinte, une énergie grise associée. Et donc une empreinte carbone grise associée. Et cette empreinte carbone, on la ventile sur la consommation quotidienne de la voiture. Que ce soit en déplacement pro pour aller au cabinet ou en déplacement pro pour aller en EHPAD.
- Speaker #1
Alors revenons au cabinet, au-delà des déplacements des patients, quels sont les postes qui pèsent le plus ?
- Speaker #0
Alors là c'est en moyenne. Pour 55%, c'est les déplacements. Donc, c'est du mouvement avec des voitures. Pour 45%, dans ces 55%, il y a 45% qui sont dus aux déplacements des patients et il y a 10% qui sont dus aux déplacements des kinés. Donc, le kiné aussi se déplace en cabinet. Ensuite, en deuxième poste, on a les immobilisations. Dans ces immobilisations, on retrouve le véhicule. puisque le véhicule est une immobilisation. L'énergie grise de production du véhicule, c'est-à-dire que pour produire le véhicule, il a fallu aller chercher du lithium, il a fallu assembler tout ça, transporter, fondre, beaucoup de travail autour. Et pour les véhicules thermiques, c'est un petit peu la même chose. Il y a une énergie grise associée qui est un petit peu plus faible que pour les véhicules électriques. Mais en moyenne, les véhicules représentent 56% de l'émission carbone des immobilisations. Donc c'est vraiment un gros poste dans le deuxième gros poste. Ensuite, on a le bâtiment qui représente 33% des immobilisations, des émissions carbone des immobilisations. Donc c'est le bâti, c'est vraiment les murs. le sol, tout ce qui est local, construction. Et ensuite, on retrouve, dans les 9% restants, on retrouve tout le reste. C'est-à-dire, dans les immobilisations, il y a aussi les tapis, tapis de marche, les vélos, les ordinateurs, les serveurs éventuellement, tout ce qui est petits et gros matériels en fonte. Tout ça, c'est 9% des émissions carbone associées. Donc ça donne des ordres de grandeur. En fait, si on a envie de décarboner très rapidement, l'idée c'est de travailler sur les véhicules et sur la mobilité des patients et de soi-même. Et ensuite, les immobilisations représentent un quart des émissions carbone d'une séance de kiné en cabinet. Et les achats représentent 9%. Et dans les achats, on retrouve l'alimentation. du kiné. La moitié des achats, c'est de l'alimentation du kiné avec différents régimes. On a essayé d'aller gratter sur les régimes alimentaires utilisés par les kinés pour passer la journée en cabinet. Ensuite, il y a les agendas. parce qu'il y a des agendas pour faire tourner les cabinets, la comptabilité aussi, et le papier consommable. Donc le papier pour les imprimantes, pas beaucoup, et surtout le papier pour les tables de massage, pour assurer l'hygiène des tables de massage. Donc le papier, c'est 5% des achats. Ça représente 5% des émissions de carbone des achats, et les achats représentent 9%. des émissions de gaz à effet de serre de l'ensemble de la séance des émissions de la séance du coup c'est le papier représente vraiment une Petite part des émissions carbone associées à l'ensemble des émissions carbone d'une séance de kiné.
- Speaker #1
Alors que c'est un poste qui revient souvent dans les discussions, justement, comment remplacer le papier. Alors que, comme tu expliques, c'est une faible part.
- Speaker #0
Oui, donc très schématiquement, c'est 0,5% des émissions carbone d'une séance de kiné, le papier. juste le papier après on peut passer beaucoup de temps sur le papier mais il y a probablement des choses très rapides à faire qui permettraient de réduire peut-être 1 ou 2% le déplacement les émissions carbone associées au déplacement des patients et ça aurait un impact plus important que la suppression du papier et enfin le troisième gros poste c'est le enfin le Le quatrième gros poste, pardon, c'est les émissions carbone associées à l'énergie, la consommation énergétique du bâtiment et des locaux. Parce qu'il faut chauffer et refroidir le cabinet, et que ça, ça a des implications énergétiques. Sachant aussi qu'il y a un effet balnéothérapie dans notre échantillon. On a remarqué qu'un cabinet standard émettait... Un cabinet avec balnéothérapie émettait deux fois plus de carbone qu'un cabinet normal, sans balnéothérapie. Après, vu que l'électricité utilisée est décarbonée, puisque l'on est en France, et que le mix énergétique français est faiblement carboné, finalement, il n'y a pas un impact sur les émissions carbone, il n'y a pas un impact massif. Mais ce qu'il faut noter, c'est que les cabinets qui sont chauffés au propane, au gaz de ville, émettent vraiment beaucoup plus de gaz à effet de serre dans ce poste-là que les cabinets chauffés par pompe à chaleur ou par électricité.
- Speaker #1
Alors quel conseil tu donnerais au kiné justement pour essayer de... Sur quel levier ils pourraient agir pour diminuer cette empreinte carbone sans non plus bouleverser totalement leur organisation au cabinet ?
- Speaker #0
Alors comme au kinésithérapie, le premier pas à faire face à une problématique, c'est de faire un bilan. Et ce qui tombe bien, c'est que le projet Kiné CO2 a produit un outil qui... permet de faire un bilan des émissions de gaz à effet de serre. Le lien sera probablement en description.
- Speaker #1
On l'ajoute.
- Speaker #0
C'est un site internet qui permet de faire son bilan carbone. Et à partir de ce bilan carbone, on peut déployer des solutions efficaces. Après, globalement, pour le kiné, pour le cabinet de kiné standard En ville, le premier poste à travailler, c'est la mobilité des patients et la mobilité du kiné, dans une moindre mesure par rapport aux cabinets ruraux. Pour décarboner la mobilité des patients, un des leviers intéressants à déployer, c'est de discuter avec le patient de comment est-ce qu'il vient au cabinet et de comment est-ce qu'il pourrait venir au cabinet. Selon ses capacités et selon ce qu'on évalue de possible pour lui, dès l'anamnèse, ça peut commencer le travail de prévention. Et en plus, ça pourrait permettre aux patients de commencer l'échauffement en amont de la séance de kiné. Ensuite, une autre idée, ça pourrait être de... de mettre en place des arceaux à l'entrée du cabinet pour faciliter la vie des mobilités alternatives, des mobilités actives, pour que les patients puissent se stationner en vélo ou en trottinette ou autre. Encore une autre suggestion du côté de la décarbonation des déplacements, ce serait de de soi-même donner l'exemple et prendre le vélo pour aller au cabinet. Ou alors le vélo électrique. En fait, on a vu qu'il y a quelques... Des études ont montré qu'utiliser un vélo électrique, ce n'est pas être tir au flanc, c'est très bien, parce que ça pousse à l'activité physique. Il vaut mieux être en vélo électrique qu'en voiture, parce que quand on est sur un vélo électrique, on fournit quand même un effort et on travaille sur nos déterminants de santé et à la prévention des risques cardiovasculaires. Il y a un gros bénéfice pour le kiné et éventuellement pour le patient, s'il peut venir aussi en vélo ou en vélo électrique. parce que ça permet de couper, de s'échauffer, de prendre l'air. Et c'est très bénéfique pour la qualité de vie aussi. Ensuite, pour décarboner les immobilisations, si on travaille, si on réduit l'utilisation de la voiture, mécaniquement, les immobilisations associées aux véhicules baissent. Donc, on tape aussi dans la moitié. On tape dans la moitié des émissions de gaz à effet de serre liées aux immobilisations, ce qui est assez intéressant. Pour ce qui est du bâtiment, il faut se coller au DPE et aux suggestions du DPE dans un premier temps, parce que le DPE suggère souvent des améliorations ciblées et efficientes, parfois chiffrées, du bâti. Après, ça, ça dépend si on est en location ou si on est propriétaire. Donc, j'entends que les solutions toutes faites n'existent pas et qu'il faut que ce soit fait au cas par cas. C'est pour ça que l'outil KineCE2 a été conçu. Ensuite, pour décarboner les achats, l'idée, c'est de décarboner l'alimentation et donc de réduire... plutôt d'augmenter la part de protéines végétales dans l'alimentation. Et ensuite, pour ce qui est du côté énergie, pour décarboner l'énergie, il faut essayer de basculer sur des moyens qui consomment plutôt de l'énergie électrique, parce que l'énergie gazière pose quelques problèmes au niveau des finances et au niveau géopolitique. mais aussi posent des problèmes en termes d'environnement et d'émission de gaz à effet de serre, puisqu'on brûle du gaz qui émet mécaniquement du carbone. Donc voilà, ça fait un petit peu liste de course, un peu indigeste, mais le mieux, c'est d'aller faire le bilan carbone via le petit outil Kiné CO2, et à ce moment-là, les choses seront plus claires, Parce qu'en fait... Et pour un kiné qui ne fait que du domicile, la répartition des efforts à allouer à tel ou tel poste ne sera pas du tout la même que pour un kiné qui pratique en cabinet ou un kiné qui pratique en EHPAD.
- Speaker #1
Mais c'est justement rassurant. C'est qu'il existe différents leviers sur lesquels on peut agir pour faire baisser ce bilan. Vos résultats montrent aussi que c'est grâce à la modification de nos déplacements, de celle de nos patients, l'organisation de nos parcours, qu'on peut réduire notre impact carbone. Mais c'est aussi avoir une action justement sur la santé des patients, leur demander de marcher un peu plus, de venir à vélo, va avoir aussi un impact sur leur santé. Excuse. Justement, ce n'est pas aussi une opportunité pour la profession de se positionner davantage comme un acteur de santé publique, avec en plus cet impact environnemental positif ?
- Speaker #0
Complètement, oui. Je te rejoins complètement sur ce sujet. Et c'est un peu la suite logique des questionnements sur les émissions de carbone. En fait, c'est intéressant d'avoir une... Une idée des ordres de grandeur de ce qu'émet une séance de kiné et de ce qu'émet le monde de la kinésithérapie en France. Mais c'est encore plus intéressant de projeter ça dans une approche systémique et de se dire, si pour décarboner, il faut mobiliser le patient, à ce moment-là, peut-être que pour décarboner, finalement, la meilleure solution, c'est de réduire la demande de soins. Et pour réduire la demande de soins, il faut faire de la prévention. Et la prévention, c'est une des capacités du kiné. Et c'est, je pense, une partie du futur de la kinésithérapie. Parce qu'on est des kinésithérapeutes, donc on soigne par le mouvement. Et en fait, le mouvement induit une dépense énergétique, comme je l'ai dit précédemment pour les voitures, et ça marche aussi pour les humains, induit une dépense énergétique. Et l'humain n'est pas fait à la base pour être sédentaire et pour ne pas dépenser d'énergie. On est plutôt des êtres de mouvement et des êtres de dépense énergétique, choisis, mais de dépense énergétique. Et en fait, tout notre corps est optimisé pour ça. Donc à partir du moment où on ne dépense plus d'énergie, on crée des pathologies, dont les pathologies de sédentarité. Et donc le kiné qui rééduque ces patients à bouger a toute sa place dans la prévention. Et j'irais même plus jusqu'à avoir envie de promouvoir le kiné auprès de toutes les populations, pas seulement les populations pathologiques. pour que le kiné puisse finalement promouvoir la mobilité de manière très très large auprès des adolescents, des enfants, puisqu'on commence à avoir des problématiques d'obésité chez les jeunes, le kiné pourrait rééduquer l'ensemble de la population à se mouvoir avec son corps sans activer de machine, et ça, ça induirait. quelques années plus tard, une baisse drastique de la demande en soins et donc une baisse drastique des émissions de carbone associées.
- Speaker #1
Le double effet kiné.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Quelles sont les prochaines étapes de cette étude kiné-CO2 ?
- Speaker #0
Les prochaines étapes, c'est déjà de finir la collecte de données parce que là, les résultats que je vous ai présentés... Ce sont des résultats intermédiaires qui ont été compilés avec les données de 74 bilans carbone et bilans carbone de cabinet. L'idée, c'est de finir de récolter les données et ensuite de publier ces données dans un journal à comité de lecture. Ça, ça représente encore un travail massif. déjà de récolter les données parce que c'est pas simple. D'ailleurs, si vous êtes motivé, vous pouvez me contacter pour participer à l'étude. Et il faut que vous soyez associé à une URPS inclue dans le projet. Et ensuite, pour la publication, le travail de rédaction de matériel et méthode est en cours. Ensuite, il va falloir analyser toutes les données et en déduire les résultats. Il y a encore pas mal de travail d'analyse et de rédaction.
- Speaker #1
On ne manquera pas de suivre le processus et de partager la publication de ton article.
- Speaker #0
Ça, c'est pour la partie article, mais ensuite, l'idée du projet continue à faire route. Dans les URPS, il y a en ce moment des groupes de travail qui se montent pour communiquer autour de l'outil kiné CO2 pour que les kinés en entendent parler. Ensuite, il y a différentes actions qui vont être mises en place dans les différentes URPS pour apporter de la donnée et de l'aide à la décarbonation des cabinets de kinés. Il y a beaucoup de données qui sont disponibles. La difficulté, c'est d'arriver à faire le lien entre les données et les kinés de manière efficace et fluide et que ça ne fasse pas perdre de temps aux kinés. Donc ça, c'est le plus gros challenge qu'on a sur ce sujet et que les URPS ont sur ce sujet.
- Speaker #1
Merci Romaric pour cet échange. C'est un sujet qui n'est pas forcément beaucoup discuté. entre confrères, consoeurs, mais on voit vraiment l'impact de par cette étude et les chiffres que tu nous as présentés, l'impact que peuvent avoir nos séances de kiné, les déplacements de nos patients, les nôtres au sein de nos cabinets, dans nos pratiques. Est-ce que tu aurais un petit dernier mot à nous partager ?
- Speaker #0
Un grand merci pour ton accueil, Céline. J'espère que les auditeurs seront désormais motivés pour utiliser ce petit outil de bilan carbone. Alors, ça peut prendre un petit peu de temps. Il faut avoir en tête que pour remplir cet outil, il faut dans un premier temps donner des ordres de grandeur. On n'a pas besoin de chiffres exacts. Dans tous les chiffres qui sont demandés, donnez des ordres de grandeur et vous gagnerez beaucoup de temps et vous aurez quand même des résultats qui sont fiables et priorisables. Ça va vous permettre de prioriser vos actions de décarbonation et d'être le plus efficace. dans votre transition énergétique. Sachant que quand on décarbone, je ne l'ai pas dit précédemment, on travaille aussi à l'efficacité financière du cabinet. Quand on décarbone le déplacement des patients, on ne gagne pas toujours en efficience financière. Mais quand on se décarbone soi-même, surtout en ce moment, eh bien, on... on a une efficacité financière plus importante puisqu'on brûle moins de pétrole et en ce moment le pétrole subit quelques à-coups et induit une hausse des charges assez massive. Donc c'est un triple effet finalement qui naît puisque la décarbonation peut aussi induire une meilleure qualité de vie. La décarbonation peut induire une meilleure qualité de vie mais aussi... Une meilleure efficacité financière.
- Speaker #1
On ne manquera pas de remplir ton bilan.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Merci Romaric. A bientôt. Au revoir. Merci. Merci de nous avoir écoutés. On espère que cet épisode vous a plu. Si c'est le cas, je vous invite à laisser un avis sur votre plateforme d'écoute préférée et à partager l'épisode autour de vous. N'hésitez pas également à nous dire... quels sujets vous aimeriez que l'on aborde dans les prochains épisodes et quels invités vous souhaiteriez écouter. Pour ça, dites-le nous en commentaire. N'oubliez pas de nous suivre sur les réseaux sociaux et de visiter le site web de la FFMKR pour rester informé des dernières actualités et des événements à venir. Votre soutien et votre engagement sont essentiels pour faire avancer notre profession.
- Speaker #0
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