- Speaker #0
Bienvenue dans Kinecast, le podcast de l'IFF MKR. A travers nos épisodes, nous aborderons les sujets qui font l'actualité de la profession, les défis de demain et les évolutions de l'exercice, aux côtés de celles et ceux qui les construisent. Je suis Céline Doran, kinésithérapeute. Bonne écoute ! Bonjour à toutes, bonjour à tous. Bienvenue dans ce nouvel épisode de Kinecast. Après Valence l'année dernière, c'est à Metz que la profession s'est donné rendez-vous en juin dernier. à l'occasion du 63e congrès de la FFM-Caire. Et les retrouvailles, en ce qui me concerne, et certains kinésithérapeutes ont commencé un peu avant l'ouverture officielle. En effet, certains TGV Gare de l'Est nous avaient offert un peu plus de temps d'échange. C'est le petit clin d'œil pour certains kinés, dont ceux de Marseille. Pendant trois jours, les kinés, les représentants des institutions, les acteurs de la santé se sont retrouvés pour débattre de l'avenir de la profession. Et puis voilà, quelques semaines plus tard, on se retrouve Rémi Rivier, bonjour.
- Speaker #1
Bonjour Céline.
- Speaker #0
Comment vas-tu ?
- Speaker #1
Très bien, écoute, je suis très heureux d'être à Paris aujourd'hui puisque je quitte un peu la canicule marseillaise qui nous fatigue un petit peu dans le sud.
- Speaker #0
Nous dans l'or, on a eu quelques épisodes, mais je pense qu'on s'en sort mieux que vous quand même. Alors je suis heureuse de parler avec toi, tu es secrétaire générale de l'AFFMKR, donc au cœur de l'organisation de ce congrès. Alors justement, pourquoi ce congrès annuellement est aussi important justement pour la fédération et la vie de la fédé ?
- Speaker #1
Juste peut-être avant de préciser, je suis effectivement secrétaire générale de l'AFFMKR, mais avant tout kinésithérapeute et j'exerce à Marseille en libéral auprès de mes patients. Ça me paraît important de le rappeler, on est avant tout des praticiens. Pourquoi cet événement est toujours un temps fort de la Fédération ? C'est assurément pour le côté humain. On était à peu près quasiment 200 personnes qui étaient inscrites à ce congrès, qui viennent d'un peu partout en France, qui viennent des 90 départements de la FFMKR. Et cela permet vraiment énormément d'échanges. C'est presque un peu des retrouvailles. On voit de plus en plus de nouvelles têtes depuis ces dernières années. On a de plus en plus de... de gens qui viennent découvrir un petit peu ce qu'est la FFMKR, qu'est-ce que c'est que ce congrès, de plus en plus d'adhérents, au-delà des cadres syndicaux qui étaient au départ la volonté de la FFMKR, surtout un groupement de cadres, et puis on élargit un petit peu. Et puis après, je pense qu'on aura l'occasion de dire le verre, mais c'est un moment où on fait le point un petit peu sur ce qui s'est passé. Ce congrès était en cela assez particulier parce qu'il signifiait la fin d'une mandature de trois ans avec le rapport moral. qui a présenté un petit peu l'ensemble des actions et des missions qui ont été réalisées. Et puis après, il y a aussi tout ce versant prospective qui nous permet de savoir un peu où est-ce que va aller la FFMKR, où est-ce que va aller la kinésithérapie sur les prochaines années, également sur la durée du mandat de trois ans que l'on a habituellement à la FFMKR. Principalement, je dirais vraiment que c'est l'humain qui est vraiment au cœur de tout ça. Et c'est vraiment en ce sens... Moi, en tant que secrétaire général, tu disais que j'étais au cœur de l'organisation. En fait, je donne la direction, très honnêtement. Et on a des équipes de salariés au sein de la FFMKR qui organisent ensuite le congrès. Et voilà. On impulse quelque chose en tant que membre du bureau, en tant que secrétaire général. On a quelques grands lits. Mais après, ce sont les salariés qui... qui font le reste, et puis après les congressistes qui donnent un petit peu le tempo du congrès.
- Speaker #0
Alors tu le disais, comme chaque édition, mais celle-ci elle était aussi particulière, parce que le fil rouge de ces trois jours, c'était les 80 ans de la kinésithérapie, une profession à défendre, un avenir à construire. Alors pourquoi avoir choisi cette thématique cette année ?
- Speaker #1
Eh bien parce que, comme souvent un peu, c'est pour savoir où tu vas, il faut savoir d'où tu viens. Et je pense qu'effectivement... Quand on regarde un petit peu derrière, évidemment ni toi ni moi n'étions là il y a 80 ans, moi personnellement ça fait 20 ans que je suis kinésithérapeute, ça commence à faire, même s'il y en a qui étaient là bien avant moi, ça nous semblait être un anniversaire important dans le sens où on le voit quand même, il y a des évolutions qui ont eu lieu tout au long de ces 80 années et il y a encore des évolutions à aller chercher. Donc à travers ce titre, à travers la rédaction d'un manifeste, On a réussi à agréger un maximum de gens autour de cet anniversaire, autour de tout ce qui fait la kinésithérapie, autour de tout ce qui va faire la kinésithérapie. Et ça nous paraissait important que le congrès, justement, ce moment de rassemblement... tant pour la FFM Care que pour l'ensemble des kinésithérapeutes. On y reviendra peut-être tout à l'heure sur les interventions qui ont pu avoir lieu. Mais ça permet finalement de démontrer qu'on va tous dans une direction. On évolue tous, on va tous vers l'avant et on essaye tous de faire en sorte que la kinésithérapie progresse. Et cet anniversaire, si on se souvient d'où l'on vient, de gymnaste médical, pas forcément à viser spécialement thérapeutique au-dessus du parc, dans la France de l'après-guerre. et puis maintenant une profession avec... L'accès direct dans la loi, en tout cas dans l'exercice coordonné, potentiellement la capacité à prescrire des médicaments, d'autres dispositifs prochainement, le fait qu'on intègre les bilans de prévention, telle qu'une profession de premier recours, une véritable profession sur laquelle on peut s'appuyer en termes de santé publique. Tout ça fait que ce contexte nous a donné l'occasion de rédiger un manifeste pour les 80 ans de la kinésithérapie et de mettre en exergue effectivement toutes les... tout ce que l'on souhaite encore amener pour notre profession.
- Speaker #0
Alors moi, dès le départ, tout ce qui m'a marqué lors de cette édition à Metz, c'est la diversité des personnes représentées, des interventions. Parfois, certaines personnes n'avaient pas pu être présentes, que ce soit de ministre, d'ancien ministre, de représentant d'institution. Pourquoi, justement, il est important pour la FED de confronter ces différents acteurs de santé ?
- Speaker #1
Eh bien, quelque part, en fait, les faire venir à notre congrès, déjà, c'est un message politique. C'est dire, voilà, l'FFMKR, nous, on a la capacité à faire venir des gens qui sont décideurs. Voilà, je ne suis pas sûr qu'on voit tous les décideurs à tous les congrès de tous les syndicats des professions de santé. Donc, c'est déjà le premier message. Et puis après, c'est aussi le fait de pouvoir faire entendre à nos congressistes, à nos cadres syndicaux, comment les pouvoirs publics nous perçoivent. Et puis après, c'est effectivement peut-être... Parfois aussi faire passer des messages. On l'a vu sur certaines interventions. J'ai le souvenir d'une table ronde, d'un échange entre Sébastien Guérard, le président, avec la directrice de la DGOS et le directeur général délégué de l'ACNAM, de l'assurance maladie, où effectivement, on commence déjà à parler un petit peu de négociations conventionnelles, de quelles seraient les pistes de progression, etc. Donc ça reste toujours important. Je peux comprendre que pour certains kinésithérapeutes qui sont dans leur cabinet, ça puisse paraître un peu éloigné, mais... Moi j'ai tendance à dire que tant que ce n'est pas nous qui fixons les règles du jeu, il faut jouer avec les cartes que l'on a dans les mains. Et ces cartes, effectivement, ce côté institutionnel, on assume ce côté qui fait qu'on travaille aux côtés des institutions, on le met en avant au travers de ces congrès, et c'est peut-être ce qui nous permet ensuite lors de négociations, lors de discussions avec les différents cabinets ministériels, nous permet d'obtenir peut-être parfois des avancées plus facilement que les autres.
- Speaker #0
Alors justement, tu en as parlé un petit peu, mais quelles sont les prises de parole qui t'ont le plus marqué, même si c'est souvent difficile d'en extraire une ou deux ?
- Speaker #1
Moi, je dirais, il y a eu pas mal de tables rondes. L'intervention de Jean-Claude Mailly était assez intéressante. Il était ancien secrétaire général de force ouvrière, si je ne dis pas de bêtises. Et ce que je retiens principalement, c'est que ce qu'il a dit à un moment donné, c'est qu'en fait, dans une négociation, il y a forcément deux déçus. C'est-à-dire que celui qui a trop donné et celui qui n'a pas assez obtenu. Si quelqu'un est satisfait, c'est que la négociation n'a pas été bonne, quelque part. Et ça, je pense que pareil, c'est aussi un message que les confrères et les consœurs doivent entendre, c'est qu'on ne peut pas obtenir tout ce que l'on veut, en fait. Clairement, on est en plus dans un contexte économique, je parle un peu de ce qui va se passer dans le futur, des négociations conventionnelles et tout, on sait qu'on n'obtiendra pas tout. Par contre, on sait que nous, on se battra pour obtenir le maximum, mais à la fin, c'est sûr qu'il y aura un peu de frustration et quelque part... Je rejoins ce que dit Jean-Claude Mailly, c'est effectivement normal. Après, la deuxième chose sur son intervention, parce qu'elle était assez riche, c'était le fait qu'il ne faut jamais rompre le dialogue. Le fait de couper les ponts n'est jamais positif à long terme. On y perd toujours. Moi, personnellement, ça me refait penser un peu à cet épisode de l'avenant signé et dénoncé. par les deux autres syndicats où finalement je me dis qu'on a et on l'observe bien, on a perdu du temps et cette rupture du dialogue n'a pas amené finalement plus que ce que l'on aurait obtenu parce qu'on a obtenu la même chose, c'est juste décalé avec du retard et encore c'est pas encore tout appliqué donc voilà ça et le dernier truc c'est que j'ai retenu qu'il a tutoyé Emmanuel Macron, ça c'est juste pour l'anecdote et deux autres points aussi effectivement qui étaient importants, j'en ai un petit peu parlé tout à l'heure c'était cette table ronde entre Sébastien Garrard, la DGOS et le le délégué général de l'assurance maladie. Ce qu'on disait tout à l'heure, ce ne sont pas des gens qui se déplacent à tous les événements. Et ce sont des gens avec qui il y a pu y avoir un échange assez franc, où chacun a pu un peu poser ses premiers jalons sur les différentes négociations qui auront lieu prochainement. Et on voit bien qu'à l'assurance maladie, par exemple, ils ont la préoccupation de la maîtrise du coût de la kinésithérapie. Ils veulent avoir quelque part une enveloppe fermée. Alors on n'a pas encore, bien évidemment, tout le détail, tout ça. On a vu que récemment, le rapport chargé-produit est sorti. Il parlait beaucoup de kinésithérapie. On voit déjà un petit peu. et nous, de notre côté, en tant que syndicat, on... On avance effectivement, la perte du pouvoir d'achat, 20% en 10 ans, la paupérisation de la profession, le manque d'attractivité par ce manque de rémunération, mais également par le peu de missions qui nous sont confiées alors même que nous sommes des professions maintenant à Master 2. Donc ça c'était là. Et peut-être la première table ronde, je ne sais pas si tu te souviens, mais où à la même table on a un représentant de l'ordre, alors qui malheureusement n'était pas Pascal Mathieu qui était excusé pour des raisons tout à fait valables. un représentant du SNMKR, son président, le président d'Alizé, François Randazzo, et pour la FFMKR, le premier vice-président, Stéphane Belay. Je trouve que c'est toujours un moment intéressant d'avoir à une même table l'ensemble des représentants des professionnels et le représentant de la profession. Ça permet de confronter les points de vue. Et je rejoins un petit peu ce qu'a dit Guillaume Rall sur le fait que finalement, dans les grandes lignes, on se rejoint assez sensiblement. mais qu'effectivement, sur les modalités de mise en application et sur peut-être différents sujets à la marge, on peut avoir des différences. Et moi, c'est souvent ce que je dis lorsqu'on a des réunions avec plusieurs confrères ou consœurs. En fait, n'oublions pas qu'avant tout, on est tous kinés. Et ça, ça me paraît important. Et c'est important en termes d'affichage. Ça peut paraître un peu faux, pour de faux en tout cas. Mais nous, quand on l'a organisé, quand on a organisé ce congrès, on ne se dit pas, tiens, on va les faire venir pour ci ou pour ça. Voilà, on veut démontrer que notre profession, elle est capable de se parler et on se parle. Et on veut tous, quelque part, la même chose, que la kinéthérapie soit reconnue et mieux reconnue, en tous les cas financièrement, politiquement, dans le système de santé.
- Speaker #0
Oui, alors que parfois, certains commentaires sur le réseau peuvent laisser transparaître qu'il n'y a pas de discussion. Il y a des échanges entre les syndicats.
- Speaker #1
Oui, il y a beaucoup d'échanges. Il y a quelques institutions où on siège alors qu'on n'a pas la même casquette syndicale et on échange pour faire en sorte que pour la profession, tout... Tout se passe bien, je parle peut-être à titre personnel, je siège aussi au sein du Haut Conseil des Professions Paramédicales où l'autre représentant pour les kinés est François Randazzo, on s'est régulièrement au téléphone pour échanger sur les textes, voir qu'est-ce qu'on propose comme amendement, comment on se positionne, etc. Et ça se passe en général plutôt bien, même si effectivement on a quand même des différences.
- Speaker #0
Alors l'après-midi a été plutôt consacré à des interventions sur ceux qui font vivre la profession, l'engagement. une enquête associée avec l'inactualité, le baromètre et la FFMKR, des interventions sur l'engagement des femmes, de l'engagement sur les jeunes. Pourquoi justement il était important ? Pourquoi vous avez voulu consacrer cette partie lors de ce congrès ?
- Speaker #1
Parce que nous, on se pose toujours la question d'essayer de faire mieux, de mieux inclure l'ensemble des kinéthérapeutes, de faire naître des vocations. Et ça nous paraissait important en fait. parce que, comme je le disais tout à l'heure, ça fait maintenant quelques années que j'ai mon diplôme. Ça fait donc quelques années que je suis engagé. Et quelque part, c'était une problématique il y a quelques années, le fait notamment de l'absence d'engagement des femmes et des jeunes. Ça l'est beaucoup moins maintenant. Notre pyramide des âges à la Femcare s'est largement alignée sur celle du syndicat et dans l'équilibre hommes-femmes également. Mais ça reste quand même une problématique assez prégnante, notamment dans l'engagement en tant que cadre. On a effectivement parfois le sentiment qu'il y a des limites que les consoeurs peuvent se mettre, alors que nous, au sein de l'AFMKR, il n'est pas du tout question d'empêcher qui que ce soit de s'investir, bien au contraire, donc ça paraissait important d'avoir ces interventions et de mettre en avant un petit peu des solutions qui sont parfois assez pratiques, même si quelque part ça reste un phénomène de société, c'est pas propre à l'AFMKR. Moi je siège dans d'autres associations et c'est rigolo parce que j'ai participé à une... de table ronde il y a quelques mois, où la thématique était l'engagement également. Donc c'est un peu une thématique d'actualité et de société. Je ne sais pas si sur ce congrès, on a trouvé des solutions. Ce que je pense qu'il faut comprendre et entendre, c'est qu'on n'a pas tous la même notion d'engagement. Mon engagement, moi, il m'amène à venir à Paris toutes les semaines, à ne pas me mettre à mi-temps pour mon activité libérale, à sacrifier des week-ends. L'engagement d'un autre, toi, tu vas t'engager trois week-ends par an. Un autre va juste prendre un bulletin d'adhésion. L'autre va aller sur les réseaux sociaux. Un autre va créer une expérimentation, etc. C'est un peu toute cette hétérogénéité des engagements qu'il faut aussi comprendre. Et au travers de ces présentations, on a effectivement sorti ce qui nous paraissait être l'engagement syndical, finalement, qu'on a le moins et qu'on maîtrise le moins dans nos rangs, ou en tout cas, en tous les cas, avant. C'est-à-dire chez les jeunes et chez les femmes. Sachant que malgré tout, si je parle du Conseil fédéral, et on y reviendra peut-être tout à l'heure, on a un Conseil fédéral qui est au complet, donc on a des retentes pour les moins de 30 ans. Et on a quand même une proportion de femmes, je n'ai plus exactement en tête, mais on n'est plus très loin de la parité, il me semble, de mémoire.
- Speaker #0
Alors peut-être, prenons l'exemple de ces jeunes générations. On dit que parfois, ils s'engagent moins. Est-ce que justement, tu le retrouves sur le terrain, au niveau des adhésions, au sein de la FED par exemple ?
- Speaker #1
Pas forcément, parce qu'effectivement, nous, ce que je disais tout à l'heure, notre pyramide des âges, elle se rajeunit, elle s'élargit à la base, entre guillemets, sur les jeunes générations. Mais effectivement, c'est un engagement qui est différent. on l'a dans... comme je disais, dans cette société. Moi, je cite toujours l'exemple de Greta Thunberg qui s'engage de manière un peu, comment dirais-je, extrême, extrémiste. On a ce versant un petit peu. Et qu'en fait, les actions douces et qui sont mises en place dans un cadre réglementaire légal, ça ne va peut-être pas forcément correspondre à ce qu'attendent les jeunes générations parce qu'en fait, ça va prendre du temps, ça va être long et on va aboutir à une négociation et dans cette négociation, il y aura de la frustration. Et peut-être que des notions d'engagement peut-être plus abruptes, pas forcément violentes, mais en tout cas plus marquées, donneraient plus de satisfaction. Mais il ne faut pas oublier que nous, dans le cadre de notre syndicat en tant que professionnel de santé, tout est extrêmement régi par le cadre réglementaire, le cadre conventionnel, qui fait que si on s'extrait de tout cela, je pense qu'on aurait beaucoup à perdre. Et peut-être que notre... Le manque que l'on peut avoir, nous, le manque de transmission d'informations, c'est peut-être celui-là. C'est celui de dire que finalement, si on sortait du cadre de la négociation conventionnelle, on tomberait dans un cadre réglementaire ou légal qui serait géré par des députés et sur lesquels on aurait peut-être beaucoup moins de possibilités de négociation et on subirait d'autant plus. Et que peut-être qu'on a tout intérêt à s'inscrire de manière plus pérenne dans une négociation telle qu'on le fait actuellement.
- Speaker #0
Tu le disais tout à l'heure, Jean-Claude Mailly, un secrétaire général de force ouvrière, est intervenu lors d'une table ronde. Pourquoi il était intéressant d'avoir sa vision du syndicalisme hors kinésithérapie sur un sens un peu plus large, disons ?
- Speaker #1
Je pense que ce qui était quand même intéressant, c'est déjà que c'est quelqu'un qui, je le disais tout à l'heure en rigolant, qui tutoie Emmanuel Macron, c'est quelqu'un qui s'est frotté un peu aux fonctionnaires, qui a vu un peu l'arrière du décor. sur un syndicat qui est quand même plutôt dans les valeurs que l'on défend la négociation progressiste réformateur se rapproche un peu des valeurs de la FFMKR après c'est vrai que c'est un paysage totalement différent moi je côtoie effectivement les représentants des grandes centrales comme on les appelle CFDT, CGT etc dans différentes instances défendre les salariés, des milliers de salariés effectivement appartenir à une branche c'est vraiment encore différent Mais ce côté contact du haut niveau, ce côté, cette expérience de la négociation sur les négociations que lui a pu vivre quand il nous racontait que les gens descendent à la rue, que je me mémoire, il parlait un peu des gilets jaunes également. Enfin, il alertait sur certaines choses. Je pense que c'est toujours bien d'entendre un petit peu ces leçons, mais c'est cette expérience, ces retours d'expérience qui permettent, nous, finalement, de prendre un peu de recul sur ce que nous, on fait à la fois en tant que responsable syndical. Aussi pour nos cadres syndicaux qui voient qu'en fait, une négociation, ce n'est pas que ce que tu peux voir à la télé, écouter à la radio ou voir sur les réseaux sociaux. En fait, c'est un tel panel d'échange où tout n'est pas montré. Parce que ce n'est pas une volonté de cacher, mais c'est que finalement, tout ne peut pas être sur la place publique. En tout cas, tout ce qui se prépare, tout ce qui est en préparation. parce que comment savoir si quelqu'un va être d'accord avec ta proposition si jamais tu n'en as pas parlé en amont et même essayer de trouver des solutions donc voilà je pense que dans ce cadre là c'est un peu ce qui faisait passer comme message également c'est que voilà il faut ne jamais rompre le dialogue et qu'après voilà le jeu de la négociation c'est aussi un peu parfois du théâtre et de la mise en scène et il faut il faut savoir l'accepter parce que c'est comme ça aussi qu'on avance
- Speaker #0
Alors on va clôturer cette première journée de congrès et passer à la deuxième et troisième journée qui est plutôt consacrée, dédiée aux adhérents à la vie démocratique de la Fédération. Qu'est-ce qui s'est joué concrètement durant ces deux journées ?
- Speaker #1
Concrètement, on a eu quand même un événement assez important qui se passe maintenant tous les trois ans avec nos nouveaux statuts, c'était le renouvellement de la moitié du Conseil fédéral. Pour rappel, le Conseil fédéral est composé de 22 membres. qui sont renouvelés par moitié tous les trois ans. Donc on avait eu une première mandature qui a débuté en 2023, qui s'est finie en 2026. Il fallait donc 11 nouveaux conseillers fédéraux, enfin 9 conseillers fédéraux et 2 conseillers des régions. Donc c'était un temps d'élection, c'est toujours un temps important où les cadres syndicaux, les délégués des départements, ce ne sont pas toujours les présidents, ça peut être un cadre... Un administrateur d'un syndicat local qui vote, donc on votait pour leurs élus. C'est quand même quelque part quelque chose d'assez important. Vous allez porter votre voix pour que dans les trois ans qui viennent, les personnes pour qui vous votez vous représentent, pour que ces gens travaillent et produisent du contenu de façon à mettre en place pas mal de choses qui puissent faire avancer la profession. Ensuite, on a eu tout ce qui concernait un petit peu l'émotion. à la fois en tant que politique interne, à la fois en tant que direction de politique externe. Voilà un petit peu tout ce qui concerne, si on le dit un peu de manière large, la prospective et sur lequel effectivement on amène des débats et on essaye de trouver des positions qui font consensus. Souvent, c'est vrai qu'on peut s'en étonner, mais c'est vrai que souvent nos motions sont adoptées à la quasi-unanimité parce que finalement elles découlent de pas mal d'échanges qui font que finalement... On arrive à trouver une direction qui convient à tout le monde, que l'on soit en train d'exercer dans une zone sous-doutée rurale ou dans une zone non prioritaire urbaine.
- Speaker #0
Alors revenons peut-être aux élections au sein du Conseil fédéral. Qu'est-ce que tu retiens de ce scrutin ?
- Speaker #1
Ce que je retiens déjà, c'est que tu as été élu. Conseil fédéral, félicitations.
- Speaker #0
On est ravis de t'accueillir.
- Speaker #1
Ce qu'on peut retenir également, c'est qu'il y avait plus de candidats que de postes. ce qui n'a pas toujours été le cas à la FFMKR. C'est plutôt un signe de bonne santé pour notre syndicat. On en parlait tout à l'heure d'engagement syndical. Nous, à la FFMKR, on a malheureusement été obligés de choisir et de ne pas prendre tout le monde dans nos conseils fédéraux, ce qui a bien évidemment fait des déçus. Ça, c'est quelque chose qu'il faut retenir, parce que ce n'est pas toujours comme ça. Le deuxième point, c'est peut-être la confiance aux membres du bureau. C'est vrai que si on analyse un petit peu les résultats maintenant avec un peu de recul... On voit que sur les huit membres du bureau, trois étaient sortants. Et ces trois personnes sont les mieux élues parmi les différents candidats. Donc c'est quelque part une marque de confiance au travail qui a été effectué sur ce mandat de trois ans. Et après, effectivement, c'est toujours difficile d'avoir une lecture exacte de la situation. Mais on voit que les nouvelles têtes ont pu rentrer. Après, voilà, c'est le choix des départements. C'était effectivement, comme je le disais tout à l'heure. Difficile certainement pour les délégués de choisir. Nous, en tant que candidat, on subit un peu ce résultat d'élection. Ce n'est jamais facile. Pour parler de mon cas personnel, il y a trois ans, je revenais de Polynésie et je m'étais également représenté. Je n'avais pas forcément été très bien élu. Là, maintenant, trois ans après, après avoir été secrétaire général, ça s'est mieux passé. Mais c'est vrai que c'est toujours une marche qu'il faut passer. Prendre ça avec rigueur et sérieux, c'était important en tout cas pour moi et je pense que pour tout le monde. Il y a cet exercice effectivement où on a une prise de parole de trois minutes face à l'amphithéâtre, face aux 200 personnes. C'est toujours un exercice compliqué, certains sont plus à l'aise que d'autres. Je ne sais pas si c'est ça qui a joué dans les votes, mais voilà. En tout cas, on a vécu un beau moment de démocratie et on a un Conseil fédéral qui est au complet, avec plus de candidatures que de place. Donc je dirais que maintenant, pour la FED, tout roule sur le niveau de l'engagement.
- Speaker #0
Passons maintenant aux motions. Justement, tu en as parlé un petit peu tout à l'heure, mais j'aimerais revenir sur cet aspect de diversité. Justement, on parlait des cliniques qui viennent de partout en France, d'outre-mer. Justement, comment on arrive au niveau de cette diversité de pratiques et d'exercices à se retrouver sur les motions ?
- Speaker #1
C'est un peu, ça revient toujours finalement un peu à cette notion de travail et de synthèse en fait. Le kiné, quelque part, j'ai envie de dire, qu'il soit en Outre-mer, qu'il soit en Bretagne, en PACA, ou dans un village, ou dans une ville, ou je ne sais où, il veut à la fois bien vivre de son métier, il veut potentiellement avoir des missions intéressantes, plus ou moins être responsabilisé, en tout cas évoluer. Donc quand on met ces trois choses bout à bout, finalement, quand on vote une motion, on a souvent... Des choses qui vont aller dans ce sens-là. Si on vote un texte qui dit que, par exemple, on veut qu'il y ait une lettre de cadrage ambitieuse pour l'ouverture de négociations conventionnelles, ce qu'on veut, c'est qu'on va répondre, par exemple, sur le versant financier, le versant de la rémunération. Et on a aussi, par exemple, la même chose sur l'accès direct, sur des choses comme ça, où ça va être une évolution, un accompagnement de l'évolution de la profession qui fait que ça va vers le mieux. En fait, on se rejoint sur les grandes notions de notre profession et après sur le reste, on essaye de trouver des positions les plus consensuelles possibles. Mais c'est vrai que je n'ai pas souvenir que sur les 3-4 dernières années où j'ai été secrétaire général, on ait eu des motions qui ont été adoptées à moitié, etc. C'est aussi un travail qu'on fait en amont. Nous, on prend des problématiques de terrain, on les... Faire monter au niveau du Conseil fédéral, on échange déjà à 22 personnes. Et puis déjà, quand on a cette synthèse de 22 avis, de 22 kinés, je ne vais pas dire qu'on a tous les avis de France, bien loin de là, mais on a déjà quand même un large panel. Et au sein de ces 22 personnes, potentiellement au travers du bureau, on essaye d'en faire une synthèse, quelque chose qui puisse émaner, qui puisse satisfaire le plus grand nombre et qui puisse satisfaire les problématiques. Et c'est vrai que des fois, il n'y a pas de solution. Donc effectivement, on peut parfois, ce n'est même pas éluder le sujet, mais c'est se dire, ce sujet n'est pas mûr.
- Speaker #0
La temporalité. Voilà,
- Speaker #1
temporalité, on verra comment on peut le traiter.
- Speaker #0
Oui, puis c'est des sujets que nous-mêmes, par exemple au niveau du département du Nord, ces motions, on en a discuté auparavant lors de nos assemblées générales en pré-congrès.
- Speaker #1
Exactement, l'objectif c'est ce lieu, c'est de se dire qu'on part d'une problématique départementale qui a été remontée et qu'ensuite on porte au niveau national parce qu'elle concerne tous les kinés, ce qui permet effectivement que chaque kiné se sente concerné par la politique de la FMKR.
- Speaker #0
Alors justement, plus précisément, quelles motions ont été discutées, ont été votées lors du congrès à Metz ?
- Speaker #1
Alors on a pas mal de motions qui étaient en interne, parce qu'effectivement, concernant notamment la charte sur l'installation aux zones non prioritaires, qui nous semble être un bon outil d'adaptation de ce qui se fait sur le terrain et qui permet d'harmoniser un petit peu toutes les pratiques dans les différentes... Dans les différentes commissions, pardon. Commission de zone non prioritaire, c'est un outil plutôt agile, au contraire d'un avenant qui nécessite toute une période de négociation, qui a une mise en application, sur lequel il y a un délai d'application, etc.
- Speaker #0
Le Congrès s'est achevé, les motions ont été votées, les élections terminées. Maintenant, comment la FED va concrétiser toutes les directions qui ont été prises lors du Congrès ?
- Speaker #1
Elle va se servir du Conseil fédéral et de ses conseillers, notamment toi Céline. On a une feuille de route, en fait on a ces motions qui sont là depuis des années et qui nous tracent une feuille de route. Par exemple, à titre personnel, moi j'étais au départ secrétaire général à l'exercice et j'avais un gros sujet qui était la prescription d'activités physiques adaptées. Donc il y a eu des motions qui ont été votées sur ça il y a quelques temps, plusieurs congrès en arrière. Mais ces motions elles ont toujours cours, en tout cas elles courent toujours et on essaye toujours d'obtenir finalement ces avancées que l'on réclame. Et on a tout notre champ de la profession qui est quelque part balisé par ces motions. Et l'objectif du Conseil fédéral et du bureau, c'est d'arriver à mettre en place un maximum de ces motions de façon à ce que la profession évolue. Et j'ai envie de dire qu'on arrive à un moment quand même où ça avance plutôt pas mal. Ça m'a fait sourire parce que j'entendais récemment... j'écoutais récemment un documentaire sur Léon Marchand le fameux nageur aux Jeux Olympiques j'ai regardé aussi, c'était très bien et son entraîneur disait il faut des grands projets mais avec des petits progrès et ça m'a beaucoup fait penser à cette phrase de Daniel Sphirma-Lobodo qui était ministre de la santé en 2023 lors du congrès des 60 ans de la FNCR qui disait la stratégie des nanopas des minipas et j'avoue que sur le moment je me suis dit c'est bon leurs nanopas, leurs minipas on s'en fiche nous on veut des progrès etc et quelque part il faut reconnaître que là on a eu l'accès direct qui est généralisée dans l'exercice coordonné, c'est-à-dire en EHPAD, en équipe de santé, en MSP, etc. On a l'accès direct qui est en expérimentation dans une vingtaine de départements. On réintègre, ce que je disais tout à l'heure, mon bilan prévention en tant que profession de premier recours, au même titre que les médecins, les infirmiers, les sages-femmes, pharmaciens, etc. Alors qu'on n'était pas dedans au départ de la mise en place de tout cela. On attend du texte, mais... Ça ne devrait pas tarder. On va nous confier prochainement des missions au travers de la capacité à prescrire. On a la liste des produits prescriptibles qui va s'élargir, plus d'une soixantaine de références. Alors effectivement, on n'est pas arrivé au bout, il nous reste bien des choses, mais c'était un texte qui était encore en discussion depuis bien longtemps et qui est le dernier arrêté, date de 2006, on est en 2026, c'est-à-dire que le référentiel de formation initiale, notre formation, elle a évolué. Mais depuis ça, les moyens qu'on avait à disposition, les moyens qu'on pouvait utiliser n'avaient pas évolué. A priori, ça devrait être fait avant la rentrée. Donc, c'est quelques petits signaux qui font qu'on voit que ça...
- Speaker #0
que ça avance et effectivement on a ensuite l'année qui va arriver, qui va être une année charnière et je pense que le Conseil fédéral ne va pas s'ennuyer. On a effectivement les négociations conventionnelles qui vont être l'un des grands chantiers. On le répète, 20% de pouvoir d'achat en moins sur les 10 dernières années, mais un contexte économique défavorable. L'assurance maladie qui dans son rapport chargé produit met un petit peu la pression sur les dépenses en kinésithérapie. On a quand même rappelé, nous, qu'effectivement, on a pris des engagements. De ce côté, l'assurance maladie n'a pas forcément encore tenu tous ses engagements, notamment en termes de financement des études, etc. Donc voilà, nous, on sera très vigilants là-dessus. Et puis après, on a également, sur 2027, les présidentielles. C'est toujours un moment fort de la vie politique française. C'est un moment fort aussi pour nous, parce que c'est un moment où on rencontre les candidats, où on rencontre les futurs élus, où on présente nos... Nos attentes, quelque part. Donc il faudra voir si c'est un moment favorable pour notre profession. Au contraire, c'est un moment où les kinés vont être mis un peu sous l'été noir. Mais j'ose espérer que, comme l'a montré notre congrès, on a eu, c'est vrai qu'on n'en a pas parlé, quelques capsules vidéo. Alors ça n'est encore que des capsules vidéo, mais au moins on les a. De la ministre de la Santé, de Yannick Noder, qui est un député investi dans le domaine de la santé, ancien ministre de la Santé. Donc on peut imaginer que là-dessus, ça va aussi avancer. Et puis après, en... À titre plus interne, on va dire, pour le Conseil fédéral, il y a cette mission sur la notion de représentativité. On s'inscrit pleinement dans ce cadre réglementaire qui définit quels sont les syndicats qui peuvent négocier. Ce sont les syndicats qui sont représentatifs. Qu'est-ce que c'est être représentatif ? C'est avoir un certain nombre d'adhérents, c'est être présent dans plusieurs départements, plusieurs régions, c'est avoir une cotisation potentiellement qui soit suffisante, etc. Tout un panel de ressources et de choses à conforter. sur lesquelles on doit répondre. Donc j'ai l'impression qu'on ne devrait pas s'ennuyer encore cette année.
- Speaker #1
Vivement la rentrée.
- Speaker #0
C'est ça, vivement la rentrée, comme tu dis.
- Speaker #1
Mais on va profiter quand même un peu de nos vacances. Exactement,
- Speaker #0
tout à fait, pour avoir les batteries chargées à plein en septembre.
- Speaker #1
Merci beaucoup Rémi.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Et puis à très bientôt.
- Speaker #0
À bientôt.
- Speaker #1
Au revoir. C'était Rémi Rivier, au micro de Céline Dorame, sur le Kinecas de la FFMKR. Merci pour votre écoute. Vos commentaires nous aident à faire vivre les débats. et à choisir les prochains sujets, alors n'hésitez pas à partager votre avis. Et si vous voulez agir avec nous pour faire avancer la profession, rejoignez la FFM Care. A bientôt dans Kinecast !