- Speaker #0
Bienvenue dans Kinecast, le podcast de la FFMKR. A travers nos épisodes, nous aborderons les sujets qui font l'actualité de la profession, les défis de demain et les évolutions de l'exercice, aux côtés de celles et ceux qui les construisent. Je suis Céline Doran, kinésithérapeute. Bonne écoute ! Bonjour à toutes, bonjour à tous, bienvenue dans ce nouvel épisode de Kinecast. Il y a quelques semaines, j'ai eu le plaisir de représenter la FFMKR lors de la cérémonie de remise des jeunes diplômés de l'IFMK de Berck. Lors de la cérémonie, j'ai eu l'occasion justement d'échanger avec le papa d'une jeune diplômée et au cours de la discussion, il m'a cité une phrase qui m'avait un peu interpellée en me disant que cette nouvelle génération était justement différente et qu'il ne croyait pas qu'elle s'engagerait comme la nôtre. Alors sur le moment, j'étais un petit peu surprise et je lui ai répondu que je n'en étais pas si sûre que ça. Et finalement, ça m'a fait aussi réfléchir et penser à l'intervention de Mathilde Rousseau lors du congrès de l'AFFMKR à Metz, qui justement nous a fait une intervention à ce sujet sur l'engagement des jeunes au sein du syndicalisme. Et bien, pour prolonger justement cette discussion, j'ai le plaisir de recevoir Mathilde Rousseau, kinésithérapeute à Paris et conseil fédéral. Conseillère fédérale à la FFMKR. Bonjour Mathilde.
- Speaker #1
Bonjour Céline.
- Speaker #0
Comment vas-tu ?
- Speaker #1
Très bien et je te remercie de m'avoir invitée pour parler de ce sujet qui me tient à cœur.
- Speaker #0
Alors Mathilde, est-ce que justement, partant de ce constat-là, certains peut-être professionnels de génération un petit peu plus ancienne, de parents aussi... d'enfants, de jeunes qui ont plutôt une vingtaine d'années. Est-ce que tu as aussi ce point de vue ? Est-ce que tu te reconnais dans le fait que cette jeune génération ne s'engagerait pas ?
- Speaker #1
Eh bien, moi, pas tellement, parce que je suis engagée depuis que je travaille, voire même avant, pendant mes études. Et de ce fait, j'ai été entourée de beaucoup de gens qui étaient engagés, comme moi, au sein du syndicalisme ou d'autres formes d'associations. Mais il est vrai que c'est quelque chose qu'on peut souvent entendre et qu'on peut parfois voir dans d'autres domaines que le nôtre. Et c'est vrai également qu'au sein de la FFMKR, quand on se retrouve au niveau de congrès, je ne suis pas forcément la tranche d'âge la plus représentée, bien que ça évolue.
- Speaker #0
Alors justement, qu'est-ce qui t'a donné envie de t'engager après ton diplôme à la FFMKR ?
- Speaker #1
Eh bien, ça a été surtout l'envie de rencontrer d'autres confrères, d'autres pratiques, puisqu'on a un métier qui peut parfois être un peu solitaire. On se retrouve parfois tout seul dans notre cabinet. Et c'était vraiment une chance d'aller rencontrer d'autres pratiques, d'autres kinés, qui n'étaient même pas forcément dans la même commune ou dans le même territoire que moi, et de voir comment eux, ils pratiquaient leur métier et quelles initiatives ils avaient pu prendre. Il y a aussi l'envie pour moi de prendre part à l'évolution de notre métier. J'adore mon métier, j'adore ce que je fais et je me dis que finalement, si nous-mêmes, kinés, on n'est pas dans la machine pour le faire avancer, ce seront d'autres personnes qui le feront à notre place et ils n'auront pas forcément les mêmes intérêts que nous.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qui t'a donné envie justement de t'intéresser tout spécifiquement à l'engagement des jeunes justement dans le syndicalisme ?
- Speaker #1
Eh bien l'année dernière, donc en 2025, j'ai été élue conseillère fédérale des moins de 30 ans. Mon mandat s'est terminé cette année et maintenant je suis conseillère fédérale. de plus de 30 ans. Et l'idée de ce poste d'ECF de moins de 30 ans, c'est vraiment de porter la voix des jeunes et d'aller un peu explorer ce dont ils ont besoin, ce à quoi ils aspirent. Je voulais donc m'intéresser aux jeunes qui sont dans nos rangs, pourquoi ils y sont, ce qu'ils cherchent, ce qu'ils trouvent et ce qui leur manque. Et donc du coup, derrière, ce qui va en découler, c'est essayer d'adapter notre politique à eux, à leurs besoins en tant que jeunes professionnels.
- Speaker #0
On l'a déjà dit, mais on a cette idée que les jeunes ne s'engageraient pas. Est-ce que les travaux que tu as consultés, justement, confirment cette impression ?
- Speaker #1
Du coup, les travaux que tu évoques, c'est des études que j'ai lues et que j'ai analysées pour essayer de voir quel était l'engagement des jeunes dans la société. Avant de voir quel était l'engagement des jeunes chez nous à la FEDE, je me suis dit, comment ça se passe ailleurs ? Et donc, on trouve que les jeunes générations d'aujourd'hui ont de nouvelles formes d'engagement. Finalement, elles ne sont pas moins engagées que les générations précédentes, mais elles ont des engagements plus ponctuels. et qui sont différents, c'est moins sur le temps long, mais ça va vraiment être sur des actions très spécifiques.
- Speaker #0
Alors, j'étais présente, comme je l'ai dit, au congrès de Metz, j'ai écouté ton intervention et il y a une notion que tu nous as expliquée, que je ne connaissais pas, c'est la distinction entre l'effet âge et l'effet générationnel. Est-ce que tu peux nous l'expliquer ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. En fait, l'effet générationnel, c'est celui qui dirait que les jeunes d'aujourd'hui, donc des générations d'aujourd'hui, ne sont plus engagés. Les études, elles portent sur les jeunes de moins de 30 ans. Quand on dit jeunes, c'est les actifs de moins de 30 ans. Et c'était opposé à l'effet d'âge qui serait de dire que c'est leur âge qui fait qu'ils s'engagent moins. leur âge et surtout les facteurs associés. Puisque chez les jeunes actifs, on se rend compte que... Ils ont des métiers beaucoup plus précaires que des actifs qui seraient plus âgés. Et ils ont des métiers qui sont aussi beaucoup moins stables. Ils vont avoir plutôt des CDD que des CDI, par exemple, pour les salariés. Et donc, c'est plutôt l'effet âge qui prévaut. Et c'est ça qui expliquerait que finalement, ils s'engagent moins. Ce n'est pas tellement que ce sont les nouvelles générations, puisque quand on regarde 30 ou 40 ans en arrière, on avait à peu près les mêmes chiffres d'engagement, à savoir 5% des jeunes de moins de 30 ans qui sont syndiqués.
- Speaker #0
Les études montrent aussi que les rencontres, les environnements jouent un rôle important dans l'engagement. Est-ce que ça signifie que l'engagement se construit autant qu'il se décide ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Il y avait vraiment un point que j'ai trouvé très intéressant dans ces études, c'était de voir les différents types d'engagement. Ils faisaient un peu trois familles d'engagés syndicaux. La première, c'est l'engagement dit familial. Papa, maman, les grands-parents, les oncles et tantes, etc. Tout le monde. Donc c'est quelque chose qui est courant dans la famille et donc c'est un peu naturellement que les jeunes générations vont s'engager dans le syndicalisme. La deuxième forme, c'est j'ai un problème avec mon employeur, donc je vais me tourner vers les syndicats pour qu'ils m'aident. Et donc ça peut être l'occasion aussi d'un engagement. La dernière forme, c'est des jeunes qui militent depuis toujours dans différentes formes, des associations. ou qui vont militer pour des causes sociales ou environnementales. Et puis, de fil en aiguille, ils peuvent aussi aller s'engager dans leur travail et donc dans le syndicalisme. Donc effectivement, c'est quelque chose qui va se construire par soit notre histoire familiale, soit les événements de la vie qu'on va croiser.
- Speaker #0
Alors, après avoir exploré ces différents travaux, tu as voulu confronter ce constat, justement. aux jeunes qui sont adhérents à la FED. Avant de parler des résultats, est-ce que tu peux nous expliquer un peu comment tu as construit justement cette enquête ?
- Speaker #1
Oui, oui, tout à fait. En fait, quand je suis arrivée l'année dernière, en juin 2025, sur ce poste de moins de 30 ans, je me suis vraiment dit, finalement, comme je vous disais tout à l'heure, qui sont ces jeunes de moins de 30 ans qui sont dans nos rangs ? Pourquoi ils sont là ? C'était vraiment ça qui m'intéressait. Pourquoi ils sont là ? Qu'est-ce qu'ils cherchent ? Pourquoi ils sont encore là pour certains ? Ça veut dire qu'ils ont trouvé quelque chose qui leur convenait dans le syndicalisme. C'est vraiment comme ça que je l'ai construit. Et puis, j'ai lancé l'enquête. Et puis, en fait, on s'est rendu compte qu'on avait très peu de résultats. Donc, on a relancé des campagnes, etc. Et on a fini par se dire, tiens, on va peut-être aussi l'ouvrir aux non-adhérents pour voir ce qu'ils leur manquent pour qu'ils adhèrent, ce qui pourrait les motiver à adhérer, les raisons pour lesquelles ils n'adhèrent pas. On l'a un peu construit de cette façon-là. Donc, vraiment en deux temps, pour essayer de voir pourquoi ceux qui sont là sont là et pourquoi ceux qui ne sont pas là, ne sont pas là.
- Speaker #0
Alors, il y a un premier renseignement justement à cette enquête, c'est que le nombre de jeunes adhérents à la FFMKR a fortement progressé ces dernières années. Finalement, ces chiffres viennent plutôt bousculer justement l'idée selon laquelle les jeunes ne voudraient pas s'engager. Qu'est-ce que ça dit selon toi justement ce résultat ?
- Speaker #1
Oui, effectivement. Quand on étudie un peu la pyramide des âges de la FFMKR, on se rend compte que le pourcentage de jeunes de moins de 30 ans a vraiment fait un bond entre 2016 et 2026. Il a quasiment fait x2, passant de 8 à 14 ou 15% si mes souvenirs sont bons. Donc c'est vraiment une bonne surprise. Et ça montre finalement ce que vous disiez tout à l'heure, l'effet d'âge, l'effet générationnel. Finalement, non. Nos jeunes kinés... Plus tôt, quand ils arrivent vers la trentaine, ils s'engagent et ils s'engagent de plus en plus. Ça montre aussi qu'on a commencé déjà à faire évoluer notre politique pour s'adapter aux jeunes générations, notamment avec une présence beaucoup plus importante sur les réseaux sociaux, l'existence de ton podcast. C'est une ligne qui, je pense, aide aussi à ce que la fédération soit connue par les jeunes générations et qu'on leur montre qu'on peut s'adapter à eux, on peut répondre à leurs problématiques et qu'ils ont toute leur place parmi nous.
- Speaker #0
Malgré cette progression, ton enquête montre aussi que 47% des jeunes adhérents ne participent pas à la vie locale du syndicat. On le rappelle, la fédération est présente dans chaque département en France et en ultramarin. Et que 88% ne sont pas membres d'un conseil d'administration. Est-ce que ça aussi, ça traduit une autre façon de vivre son adhésion ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Je pense que ça reprend un peu ce que je disais tout à l'heure, où les jeunes générations vont avoir des engagements beaucoup plus ponctuels. Et donc, du coup, notre forme, nous, associative, mais qui est obligatoire d'avoir un CA, un bureau, avec chacun un poste, ce n'est pas forcément ce qui va le mieux correspondre à leur façon de s'engager. Mais je pense que c'est à nous aussi de réfléchir à savoir comment est-ce qu'on peut leur donner une place dans ce modèle-là. C'est tout à fait possible. euh Aussi, je pense qu'on a notre rôle à jouer de les accompagner davantage. Moi, je me souviens quand j'ai pris mon premier poste de secrétariat, quand je travaillais dans le Gard, on m'a dit, tiens, viens Mathilde, c'est sympa, deviens secrétaire. Mais finalement, on ne m'a pas particulièrement accompagnée. C'était plutôt une forme de compagnonnage, mais il n'y a pas vraiment une formation d'information sur ça. J'ai fait un peu comme mes collègues faisaient, puis j'ai fait un peu évoluer les choses. Et ça, je pense que c'est quelque chose sur lequel on doit et on va travailler. pour essayer de favoriser les vocations et en même temps qu'essayer de travailler sur des missions peut-être plus ponctuelles qui pourraient davantage correspondre à leur forme d'engagement.
- Speaker #0
Ton enquête montre aussi qu'un jeune sur deux découvre la FFMKR grâce à une consoeur, un confrère. Est-ce que l'engagement confirme aussi avant tout que c'est une histoire de rencontre ?
- Speaker #1
Oui, ça moi j'en suis convaincue. On s'engage parce qu'on a quelqu'un qui est venu nous prendre la main et qui nous dit « tiens, viens, c'est sympa, viens à une soirée, découvre les gens qui font ce que la FED est aujourd'hui » . Et on retrouve aussi ça chez les jeunes dans d'autres professions. Ils s'engagent beaucoup plus facilement s'ils se sentent inscrits dans un collectif de travail. Finalement, la FFMKR, c'est un grand collectif de kinés de partout en France. Et je pense qu'effectivement, c'est la meilleure façon de s'engager, c'est d'avoir quelqu'un qui vient nous chercher, qui nous prend la main et qui nous accompagne.
- Speaker #0
Vous les avez aussi interrogés sur leur manière de s'informer, de communiquer avec Life FM Care. Qu'est-ce que vous avez découvert sur ce sujet ?
- Speaker #1
Sans surprise, la façon première dont ils s'informent et avec laquelle ils communiquent, ce sont surtout les réseaux sociaux. Instagram en premier lieu. Ton podcast également, il est revenu assez régulièrement. Et ça montre, ça prouve encore une fois que finalement, les politiques qu'on a mises en place de développer cet aspect vraiment de communication vers l'extérieur, ça paye et ça nous permet aussi de toucher cette génération-là.
- Speaker #0
Et pourquoi ils ouvrent la porte de la FED ? Qu'est-ce qu'ils en attendent justement de la FFM Care ?
- Speaker #1
Et bien souvent quand même, je ne sais pas si tu te souviens, ton entrée dans la vie active, ce n'est quand même pas un moment très facile. On a plein de choses qui nous tombent dessus. En plus de faire notre métier de kiné, on a quand même plein de choses à penser. Et donc c'est vraiment ça qu'ils recherchent, un accompagnement et des informations sur les premiers moments de leur vie professionnelle. Des formations également sur tout ce qui est comptabilité, URSAF, etc. Enfin toutes ces choses qui sont... Annexe, mais finalement très importante tout au long de notre métier, pour lesquelles ils n'ont pas forcément de formation à l'école, ils nous attendent vraiment sur ça, et qu'on les accompagne finalement sur les premiers moments de leur vie, et puis après, de fil en aiguille sur les moments suivants, quand ils seront plus jeunes professionnels, mais des professionnels en exercice, ils auront également besoin de nous sur d'autres aspects.
- Speaker #0
Tu le disais, ensuite ton enquête, vous l'avez ouverte aux non-adhérents, qu'est-ce que tu as appris justement sur ce sujet ?
- Speaker #1
Et bien que pour beaucoup, en fait, il y a une énorme confusion dans les différentes missions des différentes instances, entre les syndicats, l'Ordre, les URPS, voilà, toutes ces institutions qui tournent autour de notre profession, pour beaucoup, ce n'est pas clair du tout. Et donc, en fait, les missions du syndicat ne sont pas du tout claires pour eux. Et c'est souvent pour ça que, finalement, ils ne vont pas se syndiquer parce qu'ils ne savent pas du tout à quoi on sert.
- Speaker #0
Il y a d'autres chiffres qui sont intéressants dans cette enquête. Par exemple, 86% des moins de 30 ans pensent que les syndicats peuvent agir efficacement. Et 70% privilégient le dialogue et la construction. Ils croient en l'utilité des syndicats, mais une partie ne franchit toujours pas ce pas. Comment tu expliques ce paradoxe ?
- Speaker #1
C'est vrai que quand on voit les chiffres qui sont quand même assez importants, 86% pensent qu'on peut agir efficacement. C'est vrai qu'on peut vraiment se poser la question. Et les données que tu donnes, Céline, elles sont issues du baromètre qui a été fait avec la FMKR et Kiné Actualité. Et on voit, si on reprend un peu les études que j'évoquais tout à l'heure, que les jeunes ont vraiment besoin d'avancer substantiel et concrète pour s'engager. Ils ont vraiment besoin que ça se voit. Et ça se voit tout de suite. Et on a entendu très souvent au congrès de Metz que le temps politique est un temps long. Donc du coup... pour que quelque chose avance, ça prend beaucoup de temps. Donc ça vient un peu en contradiction avec cette idée d'avoir besoin de résultats tout de suite. Et donc je pense que c'est un peu comme ça qu'on peut expliquer ce paradoxe-là. Il pense qu'on peut être utile, mais ça ne va pas assez vite. Donc il ne passe pas le pas de rejoindre nos rangs.
- Speaker #0
Et si tu devais, allez c'est peut-être un peu difficile, mais résumer ton enquête, l'enquête de la FEDE, en une seule idée, quelle serait-elle ?
- Speaker #1
Je pense qu'il est urgent qu'on adopte et surtout qu'on continue à adapter notre politique, tant en interne pour accueillir les nouveaux cadres, tant en externe pour soit les adhérents, mais même les non-adhérents, tous les kinés, pour vraiment s'intéresser à leurs préoccupations, qui sont les leurs, préoccupations des jeunes qui vont forcément un peu évoluer après, et pour les faire rentrer dans nos rangs. puisque c'est la nouvelle génération de cadres, donc c'est maintenant qu'il faut qu'on s'en occupe, et pour que, pour les kinés de terrain, qu'on réponde vraiment à leurs besoins spécifiques de la jeune génération.
- Speaker #0
Alors en préparant cet échange, ce podcast, j'ai fait un peu de recherche sur l'étymologie du mot engagement, je voulais vraiment savoir d'où venait ce terme, et en fait j'ai découvert qu'il vient du mot gage. Et à l'origine, s'engager, c'était mettre quelque chose en gage. Autrement dit, accepter de mettre une part de soi. Ça peut être assez fort comme terme. Alors, en l'extrapolant à aujourd'hui, c'est mettre quelque chose de soi, de son temps, de son énergie, de ses convictions. Est-ce que cette idée d'engagement, qui est peut-être somme toute assez forte, te parle à toi ?
- Speaker #1
Oui, en effet, c'est fort comme image, mais je suis d'accord, je retrouve cette idée de vraiment se mettre au service d'une communauté, d'une cause en tout cas commune. Nous, on est tous là autour de la table pour la même chose, c'est faire évoluer notre profession. Alors après, on a tous des idées différentes et un peu une idée chacun particulière de la façon dont on aimerait que ça évolue. Mais en tout cas, on se met tous autour de la table pour amener notre force de travail, nos idées, nos compétences, nos convictions pour que... Finalement, on est tous dans le même chemin d'une évolution de notre profession. Donc, je pense que c'est quelque chose qui me parle. Et puis, une fois qu'on a mis le toit dans l'engrenage, c'est vrai que plus ça va, plus on y va, plus ça nous prend du temps, mais ça nous apporte aussi énormément. Et c'est vraiment des expériences qui sont assez singulières, mais très intéressantes.
- Speaker #0
Et c'est vrai, comme tu le disais, c'est vrai que c'est assez forme comme terme. Et ça peut faire... peur de par cet aspect de temps aussi, parce que c'est vrai qu'on en manque bien souvent, on en recherche souvent du temps et on va dire, voilà, cet engagement va aussi encore nous en prendre. Mais d'une certaine façon, ça peut venir aussi nous enrichir, comme tu le disais, et nous décharger parfois de certaines problématiques, de choses qu'on recherche et finalement de piocher l'information, pas forcément sur la bonne source. Et le fait d'avoir justement cet appui au sein de la FEDE, on a une réponse très rapide et locale aussi grâce à nos syndicats départementaux. Donc finalement, peut-être le temps qu'on va perdre au départ de par cet enrichissement et le réseau qu'on peut obtenir avec la FEDE va nous faire gagner du temps à terme.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Je suis d'accord avec toi et ça nous permet un peu de prendre... Comme si on prenait un hélicoptère, d'avoir une vue d'ensemble. Quand on est vraiment, nous, dans notre métier, le nez dans le guidon, il y a certaines choses qu'on ne perçoit pas. Et là, l'idée de passer un peu de l'autre côté de la barrière, un peu dans les coulisses, on se rend compte finalement de tout ce qu'il y a derrière, de toute la machine qui est liée aux instances, aux interlocuteurs avec qui on doit discuter. On n'est pas tout seul à décider de l'avenir de la kinésithérapie. Et du coup, effectivement, c'est... Ça prend du temps, mais ça nous permet, je pense, vraiment d'avoir une vision un peu différente de notre métier et de la profession.
- Speaker #0
Il y a aussi parfois, sur les réseaux sociaux, un peu cet aspect binaire, engagé, pas engagé, cette opposition, justement, entre kinésithérapeutes qui peut se ressentir parfois dans certains commentaires. Est-ce que réellement, en fait, il y a cette opposition ? Est-ce que tu penses vraiment que... Il y a une contradiction, il y a vraiment un mur entre ces deux profils de kinés.
- Speaker #1
Je pense que c'est un peu plus fluctuant et que surtout si on discute vraiment avec eux, on se rend compte qu'ils ne sont pas, pour les non-adhérents en tout cas, qu'ils ne sont pas si catégoriques que ça et qu'on peut vraiment trouver des points d'accroche. Et on parle un peu moins dans nos rangs, mais dans les grandes centrales syndicales, de sympathisants qui ne sont pas forcément adhérents, mais qui peuvent vraiment partager des idées. que nous on développe et c'est peut-être un petit peu le mi-chemin entre l'engagé et le non-engagé. C'est vraiment, je pense, une voie qu'on devrait explorer. Si on reprend l'idée que les jeunes générations s'engagent sur des projets plus ponctuels, c'est peut-être de faire évoluer nos formes d'engagement sur des choses plus ponctuelles. Leur proposer de travailler sur des sujets et des missions bien précises qui vont faire avancer les choses, mais sans que ça leur demande un engagement aussi fort que... Rentrer dans un CA ou dans un bureau, par exemple.
- Speaker #0
Oui, je le vois, par exemple, sur le département du Nord, où, comme les autres départements, fédérations, on propose des soirées d'informations, d'actualités aussi, avec souvent des thématiques scientifiques. Et je sais que certains se reconnaîtront. Alexandre, par exemple, participe, sans en être au CA, en fait, participe justement à l'organisation de ces soirées, par exemple. Donc, les formes peuvent être... Vraiment très, très différentes.
- Speaker #1
Très variées, très ponctuelles. Et c'est un peu un premier pas vers peut-être quelque chose d'autre ou pas. Mais en tout cas, c'est vraiment une forme d'engagement qu'il faut vraiment qu'on s'en saisisse pour faire participer cette nouvelle génération.
- Speaker #0
Alors, on entend aussi souvent qu'ils veulent préserver leur équilibre de vie. Est-ce que, justement, c'est une autre manière de concevoir leur engagement ?
- Speaker #1
Oui, puis finalement, ce serait peut-être un petit peu plus durable si on leur propose des engagements, comme on l'a dit précédemment, plus ponctuels. Une mission qui va finalement faire avancer le syndicat départemental. Ça va vraiment les aider, ça va leur permettre aussi d'avoir une autre vision, une autre expertise. Et donc, le kinésithérapeute, on va dire jeune, qui va s'engager sur cette mission-là, ça va peut-être lui prendre un moment sur un temps donné. Et puis finalement, ça ne va pas avoir un impact énorme sur son équilibre de vie, mais il aura déjà mis un pied dans l'engagement syndical.
- Speaker #0
Et puis peut-être qu'on parle toujours de la transmission des anciennes générations vers les nouvelles générations, mais est-ce que le chemin inverse aussi ne peut pas s'effectuer ? Et justement, est-ce qu'on ne pourrait pas, nous, les plus anciennes générations, s'ouvrir un petit peu plus et de se dire que... ça peut aussi aller dans l'autre sens.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Moi, je pense que c'est vraiment une co-construction qu'on doit avoir entre les nouvelles générations et les générations, on va dire, plus âgées, où finalement, on a d'un côté la jeunesse, la fraîcheur, et c'est pas du tout péjoratif, mais c'est la naïveté qui va être mise en face de l'expérience de collègues plus anciens. Et donc, finalement, il y a des choses qui peuvent paraître très naïves de la part du... du jeune collègue, mais ça peut aussi remettre en question les idées des générations plus âgées, on va dire ça comme ça.
- Speaker #0
Je ne le prends pas mal.
- Speaker #1
Je pense que c'est vraiment une co-construction et un chemin qui doit se faire entre ces deux générations qui ont chacune quelque chose à apporter à l'autre. Et puis de toute façon, la jeune génération sera la future vieille génération. Donc quelque part, il faut aussi qu'on s'appuie sur leurs idées, leurs convictions, leurs envies, leurs besoins. pour construire le syndicalisme de demain.
- Speaker #0
Alors pour les jeunes générations, les jeunes diplômés qui souhaiteraient s'investir davantage, justement pour la profession, mais qui ne se sentent peut-être pas forcément à l'aise, ou qui ne sont pas trop sûrs, est-ce que la FED les accompagne justement dans ce processus ?
- Speaker #1
Eh bien oui, très bonne question Céline. Oui, en effet, à la FED, quand on est au Conseil fédéral, on a une délégation. Moi, ma délégation, c'est celle de la formation des cadres. Et donc l'idée, c'est vraiment d'accompagner chaque nouveau cadre, qu'il soit jeune ou moins jeune, dans ses fonctions. Donc vraiment, de l'entrée dans un conseil d'administration à la place de président ou à la place de conseiller fédéral, c'est vraiment les accompagner, leur donner les outils au bon moment pour que du coup, ils puissent prendre part... Sans trop de difficultés à leur poste d'élu et leur apporter des choses qui vont leur faciliter la vie au quotidien. Je pense par exemple au membre des bureaux, au secrétaire ou au trésorier. On a essayé de construire plein d'outils qui vont leur permettre d'avancer plus vite, de perdre moins de temps, d'automatiser des choses, etc. Et après, pour ce qui est vraiment de l'élu, pareil, de leur apporter les informations dont ils ont besoin pour aussi défendre la politique de la... l'AFNCR au niveau national et le porter surtout à tous les niveaux, que ce soit au niveau régional ou départemental.
- Speaker #0
Oui, parce que tout ne souhaite pas forcément évoluer au sein d'un syndicat départemental au plus haut. Justement, qu'est-ce que tu aurais envie de répondre pour ceux qui souhaitent quand même s'engager, mais qui ne souhaitent pas non plus prendre parfois des positions d'élus ?
- Speaker #1
Eh bien... Être déjà simple adhérent, c'est déjà une première forme d'engagement. Et on en a besoin. D'ailleurs, c'est que grâce à eux que la fédération vit. En dehors du syndicalisme, il y a plein de formes d'engagement qui existent. On peut s'engager de façon scientifique, par exemple. Si on a une spécificité d'exercice, on peut tout à fait rejoindre une société savante. Ou même sans forcément aller jusque-là. Mais on peut également faire... Je ne sais pas, de l'enseignement par exemple, qui est aussi une forme d'engagement, puisqu'on va apporter aux nouvelles générations qui sont là, pour le coup, encore à l'école, une formation, j'espère, de qualité. On peut également avoir un engagement ordinal, qui ne sera pas du tout comme l'engagement syndical, mais qui est aussi important pour faire évoluer notre profession. Et on peut également avoir un engagement plus territorial, au sein de la MSP ou de la CPTS de nos territoires. porter des projets de santé ou des projets de soins en MSP qui vont également, finalement, ça va aussi mettre la lumière sur le métier de kinésithérapeute et montrer qu'on a plein de compétences, qu'il faut qu'on les utilise et qu'on peut être utile dans plein de champs de santé et de santé publique. Et donc, je pense que ce qui est important, c'est de trouver ce qui nous correspond. Là, on s'épanouit le plus parce que c'est un engagement, même s'il est ponctuel, même s'il porte différentes formes. Ça peut prendre du temps, il faut vraiment essayer de ne pas s'essouffler dans son engagement et de trouver ce qui nous enrichira et ce qui nous permettra de nous épanouir.
- Speaker #0
Justement, toutes ces réflexions, ton enquête, au-delà des jeunes générations, est-ce que ça ne doit pas aussi nous faire repenser la façon dont s'engagent les kinésithérapeutes de façon plus large ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. C'est vraiment une réflexion qu'on a à mener, puisque encore une fois, cette jeune génération... elle ne va pas rester jeune, elle va finir par évoluer. Et donc, c'est la vieille génération de demain, si on veut. Et donc, je ne pense pas que leurs formes d'engagement vont beaucoup changer. Donc, il faut vraiment qu'on réfléchisse à ça, comment faire pour s'adapter à ces nouvelles formes d'engagement. Quelles sont les limites de nos systèmes actuels ? Quels sont les leviers qu'on a déjà activés ? Par exemple, les réseaux sociaux, les podcasts, etc., ceux dont on parlait tout à l'heure. Et adapter au maximum notre politique. Pour ça, il faut vraiment être à l'écoute. et les embarquer avec nous, qu'on les intègre dans nos politiques pour qu'on puisse répondre au maximum à leurs besoins et adapter, nous, notre fonctionnement, notre système aux besoins de ces générations-là.
- Speaker #0
Est-ce que tu aurais quelques mots pour conclure ?
- Speaker #1
Eh bien, bien évidemment, rejoignez-nous, forcément. Et nous rejoindre, je le répète encore, ça peut juste être prendre son adhésion, pas forcément... S'engager ni dans un CERN ni dans un bureau, mais juste être là et porter sa voix. À la FFKR, un adhérent égale une voix, donc la voix de chacun compte. Donc aucun problème, rejoignez-nous, bien au contraire, venez. Et puis après, c'est vraiment être curieux à tout ce que notre profession nous propose. On peut faire énormément de choses. On peut rester dans notre cabinet toute notre vie, mais on peut aussi ouvrir le champ des possibles. On peut vraiment faire énormément de choses pour s'engager à différentes échelles, à différents niveaux. en tout cas apporter sa pierre à l'édifice. Je pense que chacun d'entre nous peut le faire et c'est de cette façon que notre profession évoluera.
- Speaker #0
Merci beaucoup Mathilde.
- Speaker #1
Merci Céline.
- Speaker #0
Et puis on se retrouvera très bientôt.
- Speaker #1
Avec plaisir.
- Speaker #0
Au revoir.
- Speaker #1
Au revoir.
- Speaker #0
C'était Mathilde Rousseau au micro de Céline Derame sur le Kinecas de la FFMKR. Merci pour votre écoute. Vos commentaires nous aident à faire vivre les débats et à choisir les prochains sujets, alors n'hésitez pas à partager votre avis. Et si vous voulez agir avec nous, Pour faire avancer la profession, rejoignez la FFMKR. A bientôt dans le Tinecast !