- Speaker #0
Bonjour à toutes et tous, c'est Céline, kinésithérapeute près de Lille. Bienvenue dans ce nouvel épisode de Kinécast de la FEDE, la communauté dynamique et innovante des kinésithérapeutes. Chaque semaine, vous découvrirez les témoignages, les conseils et les astuces de kinés passionnés et engagés sur des sujets qui vous interpellent dans votre pratique et aussi sur l'actualité. Ensemble et avec la FEDE, bougeons les lignes de la kinésithérapie. Bonne écoute ! La Médicale accompagne près d'un masseur kinésithérapeute sur trois en France. Assurant non, des assurances adaptées aux besoins des masseurs kinésithérapeutes, tant professionnels que privés. La Médicale assure les professionnels de santé. Bonjour à toutes, bonjour à tous, bienvenue dans ce nouvel épisode de Kinecast. Depuis quelques temps, le système de santé français parle d'un virage préventif. L'objectif affiché est clair, prévenir plus tôt, repérer plus tôt. éviter les complications et sortir progressivement d'un système construit presque uniquement autour du soin une fois la maladie installée. Dans ce contexte, l'assurance maladie déploie progressivement les rendez-vous de prévention à différents âges de la vie. Mais une question a longtemps interrogé la profession. Comment imaginer des dispositifs de prévention sans inclure les kinésithérapeutes ? Après des mois de mobilisation et de négociations portées par la FFMKR, La profession a finalement été intégrée au dispositif. Pour parler de ce sujet, j'ai le plaisir de recevoir deux kinésithérapeutes, Rémi Rivier, kinésithérapeute à Marseille et secrétaire général de l'AFFMKR. Bonjour Rémi.
- Speaker #1
Bonjour Céline.
- Speaker #0
Et Félix Faber, kinésithérapeute aussi à Marseille et vice-président à l'exercice à l'AFFMKR.
- Speaker #1
Bonjour Céline.
- Speaker #0
Comment allez-vous ?
- Speaker #1
Très bien, tout va bien pour le mieux.
- Speaker #0
Alors, comme vous l'avez souhaité, c'est... Voilà, un podcast sur la prévention, donc aujourd'hui on le fait façon debout.
- Speaker #1
Exactement, on a souhaité effectivement casser cette sédentarité qui nous fait peur parfois, en se mettant effectivement debout, en joignant l'acte aux paroles. C'est pas important de montrer l'exemple. En tant que kinésithérapeute, on bouge pas mal, donc on a moins de nécessités, mais c'est vrai qu'on fréquente de plus en plus de personnes qui ont des travails sédentaires,
- Speaker #2
et la rupture de la sédentarité, c'est important.
- Speaker #0
Alors avant de parler de ces bilans prévention, peut-être on va... Voir un petit peu le contexte un petit peu plus global de la prévention. Alors justement, pourquoi, je l'ai dit en préambule, un virage préventif est devenu primordial ?
- Speaker #1
C'est toi l'expert. Allez,
- Speaker #2
je vais attaquer avec plaisir. Céline, merci pour l'invitation de sujets, comme tu le sais, qui me passionnent. Donc, on va essayer d'être le plus explicite et le plus compréhensible pour tout le monde sur un sujet qui est aussi technique. Alors déjà, quand on parle de virage, il va falloir faire le distinguo entre le virage affiché et le virage réel. Puisque aujourd'hui, la prévention, c'est à peu près 4% des dépenses du système de santé, de la sécurité sociale dans son ensemble. Donc on voit que ça reste le parent très, très, très, très pauvre de notre système de santé. Par contre, il est vrai qu'il y a de plus en plus de messages d'affichage qui poussent vers la prévention, dont ce dispositif dont on va parler aujourd'hui. Au niveau de ces bilans prévention aux âges clés de la vie, c'est un dispositif qui faisait suite à différentes volontés politiques. à différentes lois qu'on a pu voir, la modernisation du système de santé, Ma Santé 2022. Et donc, il y a des travaux qui ont mené jusqu'à peu près 2023 à la création de ce bilan qui est porté par l'assurance maladie et par la branche prévention de l'assurance maladie.
- Speaker #0
Alors justement, quel est le cadre ? Comment est-il créé ? Tu l'as introduit un peu, mais comment a-t-il été créé ? Quel est le cadre justement de ces bilans de prévention ?
- Speaker #2
En tant que professionnel de santé, on va forcément un petit peu râler puisque il y a... Il a manqué pour nous de concertation sur la création des bilans. La preuve en est, le kinésithérapeute n'était pas intégré initialement à ces bilans. Il a manqué un petit peu de concertation puisque la CNAM a travaillé en interne sur ce sujet, avec des personnes tout à fait compétentes. Ce n'est pas ce que je remets en question puisque le bilan est complètement valable et tout à fait pertinent, mais sans forcément de concertation avec les organisations, de manière à le porter, de manière à le pousser de manière un petit peu plus efficace. Ça s'est fait plutôt en interne au niveau de la tutelle.
- Speaker #0
Et quels sont les objectifs justement de ces bilans prévention ?
- Speaker #1
Je crois que l'objectif, il est déjà de sensibiliser un petit peu les Français, les usagers du système de santé au fait qu'il faut prendre soin de sa santé. Il faut aller voir les professionnels de santé et qu'effectivement, plus on s'y prend tôt, mieux c'est, mieux on identifie et mieux on dépiste. Plus efficace on est dans la prévention. Moi, je voulais juste peut-être revenir sur ce que disait tout à l'heure Félix sur le budget qui est alloué à la prévention. c'est qu'au delà de ce budget et il l'a dit, en fait, on est toujours encore dans des discours et absolument pas dans un accompagnement humain et c'est peut-être la première fois où on a quelque chose, un dispositif général, global qui s'adresse à l'ensemble des Français, alors par tranche d'âge on y reviendra, mais qui n'est pas uniquement spécifié sur une particularité, sur une catégorie de personnes extrêmement précise et c'est peut-être vraiment la première fois qu'on a ce... Ce véritable dispositif qui se met en place, et ça quand même je pense qu'il faut le souligner, c'est quelque chose qui, on l'espère, va permettre d'avancer vers ensuite d'autres généralisations, d'autres dispositifs.
- Speaker #2
Pour compléter ce que dit Rémi, effectivement le fait de sortir des silos qu'on a en prévention avec des plans extrêmement précis sur une thématique, sur une pathologie donnée, souvent sur une tranche d'âge aussi, c'est une très bonne chose. L'autre élément qui est intéressant, c'est la rupture de considération du professionnel de santé. Aller pousser la porte d'un cabinet médical, pour l'instant les quatre professions qui sont intégrées, puisque le kinésithérapeute, on attend les textes pour enfin pouvoir commencer tout ça, mais aujourd'hui au niveau des quatre professions qui sont intégrées, le médecin, l'infirmier, la sage-femme et le pharmacien, c'est vrai que pousser la porte d'un de ces quatre professionnels pour aller chercher un bilan de prévention, pas un soin, pas un traitement, c'est quelque chose d'extrêmement novateur et c'est un virage qui est important. C'est de se dire, je n'ai pas besoin d'y aller quand je suis malade, Je peux aussi y aller pour voir si ça va bien.
- Speaker #0
Alors précisément, quel type d'usager, on va dire, normalement ce n'est pas encore des patients, à quelle catégorie d'âge est destiné ce bilan ?
- Speaker #1
Je te remercie pour la précision sémantique à laquelle je suis assez attaché, parce qu'effectivement on parle toujours de patients mais rarement d'usagers, et dans ce cadre-là, on devient non plus simplement un professionnel de santé qui réalise un soin, mais au contraire un acteur de santé publique, et on s'adresse donc à des usagers. 4 tranches d'âge spécifique, 18-25 ans, 45-50, 60-65 ans et 70-75 ans qui sont les âges clés de la vie. Donc 18-25 on est avant l'entrée dans le monde professionnel et de 45-50, 60-65, 70-75, on est sur une transition d'une activité professionnelle vers une rentrée dans l'âge senior qui sont effectivement les âges où on a encore peut-être le plus d'impact possible. où on peut corriger ce qui est potentiellement ou dépister les problématiques à venir.
- Speaker #0
Et quels domaines alors sont dépistés justement dans ces bilans ?
- Speaker #2
Alors déjà, le point qui est intéressant, c'est qu'en dehors du dispositif présentiel physique avec le professionnel de santé, sur les sites internet qui sont dédiés au niveau de l'assurance maladie, au niveau de santé.fr, on a déjà des dispositifs, on a déjà des éléments d'accompagnement. C'est-à-dire qu'il y a beaucoup de... de travaux qui sont menés notamment par Santé publique France, par la Haute Autorité de Santé, qui sont relayés sur cette page, sur ce site internet, et qui vont permettre, en fonction de cette tranche d'âge, en fonction d'éventuelles problématiques qu'on pourrait avoir, d'aller déjà chercher des informations, et d'aller déjà chercher une forme de sensibilisation un petit peu plus poussée sur des thématiques, d'aller chercher des éléments qui vont nous permettre de nous confronter à une problématique de santé, de vérifier si elle nous concerne ou pas, et d'avoir déjà des gestes, d'avoir déjà des actes concrets pour y remédier. Donc ça, c'est déjà un point qui est extrêmement positif. Ensuite, au niveau des questions qui sont recherchées dans ce dispositif, c'est un dispositif en trois temps. L'objectif est que la personne remplisse un autocestionnaire en amont sur son espace santé. Déjà, ça permet de valoriser l'espace santé, ça permet de valoriser la considération numérique du système de santé français. Une fois que la personne a rempli l'autocestionnaire, elle va voir le professionnel de santé qui, théoriquement, a déjà considéré les éléments qu'on a pu identifier sur cet autocestionnaire. Ensuite, on va être en trois temps. En trois temps, on va être sur du repérage dans un premier temps. Dans un deuxième temps, on va être sur de la priorisation de secteurs de prévention, de domaines de prévention, d'éléments en lien avec de la pathologie ou pas forcément, en tout cas avec des facteurs de risque préventifs. Ensuite, on va en sortir le PPP, le plan personnalisé de prévention, qui a pour but d'être assez propre à chaque personne, à chaque individu.
- Speaker #1
Pour compléter, pour préciser un peu, on a des thématiques telles que la santé mentale, telle que la sédentarité, l'activité physique, la diététique, nutrition, etc. Ce sont des choses qui sont à la fois assez larges et qui, en même temps, évidemment, nous concernent au premier plan tout à chacun au quotidien. Le fait de se poser une question, de faire un petit peu une auto-analyse de tel ou tel aspect permet déjà de se projeter dessus et déjà de faire une première démarche dans le sens de cette prévention.
- Speaker #0
J'imagine que l'idée, c'est étant, s'il y a une alerte sur l'un des indicateurs, c'est d'orienter vers le professionnel.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #2
On est tous confrontés à des facteurs de risque, même quelqu'un qui va parfaitement bien. Alors le slogan de l'OMS, malheureusement, n'est pas souvent applicable. On a peu de personnes qui, au courant de leur vie, sont en parfaite santé, n'ont aucun problème, sont en quiétude totale. Donc c'est des éléments sur lesquels on a toujours des facteurs de risque qui peuvent exister. Et même quelqu'un qui va parfaitement bien, qui a une alimentation saine, qui fait du sport régulièrement, il suffit qu'il soit professionnellement contraint à être dans un secteur de travail où il est assis 3h30 par jour, enfin 3h30 deux fois par jour ou plus, plus les transports, plus la maison, plus les habitudes qu'on peut avoir, c'est tout de suite quelqu'un qui reconnaît des facteurs de risque qui ne sont pas forcément aujourd'hui, pour parler de la sédentarité de ce qui nous concerne le plus, qui ne sont pas forcément aujourd'hui brisés par de l'activité physique. Si je passe 3h30 assis devant mon ordinateur, devant mon écran, même si je fais mon footing tous les jours. Je n'aurais pas brisé cette problématique de sédentarité qui est ce temps assis cumulé par jour. Donc on a tous des facteurs de risque, même les gens qui sont en parfaite santé, qui vont parfaitement bien. Et l'idée, c'est de permettre de repérer ces facteurs de risque avec des niveaux de gravité, des niveaux de nécessité d'intervention plus ou moins rapide en fonction des personnes, et de pouvoir agir dessus, en prendre conscience déjà, et agir dessus.
- Speaker #0
Alors pour, voilà, on le disait, mais les kinésithérapeutes ont été les grands oubliés au départ de ce dispositif. Est-ce qu'il y a des raisons à cela ?
- Speaker #1
Des raisons, certainement. Très certainement politiques, je dirais peut-être éventuellement économiques. Après, on sait que souvent, sur des dispositifs qui sont mis en place, il y a des arbitrages qui sont faits. Et il s'avère que là, effectivement, sur celui-ci, on n'était pas dans la première danse. Voilà, on a effectué un gros travail de sensibilisation, de lobbying auprès de l'ensemble des tutelles de façon à... à rattraper le coup, ce qui est arrivé finalement au travers d'un conseil des ministres, je crois de mémoire en juin 24, à l'époque où Frédéric Valtoux était ministre de la Santé. Voilà, c'est un peu toujours dans les... Quand on cherche véritablement à connaître les raisons, on tombe un peu dans les arcanes de la politique et des équilibres professionnels, des professionnels de santé, etc. À part ça, il n'y a pas véritablement d'autres raisons. On est un professionnel de premier recours, comme on dit maintenant, et notamment dans le cadre avec l'accès direct que l'on a dans les structures coordonnées ou dans les territoires qui sont en expérimentation. Donc on est le professionnel vers qui les patients peuvent se tourner directement. Il n'y avait pas de raison qu'on ne puisse pas participer au déploiement du bilan de prévention aux acheliers de la vie. Il n'y a pas, au sein de notre référentiel de formation initiale, Tout est fait pour que nous ayons effectivement cette approche d'acteurs de santé publique. C'est véritablement quelque chose qu'on a essayé de mettre en avant dans les échanges. Peut-être pour l'anecdote, moi en tant que membre de l'AFM Care, je suis également représentant au sein du Haut Conseil des professions paramédicales, qui est une instance dans laquelle on valide, on donne un avis consultatif, favorable, défavorable, sur des textes qui doivent être publiés. Et au cours de l'échange sur le texte concernant l'intégration des kinésithérapeutes pour la réalisation de ces bilans, on a entendu certains représentants s'émouvoir du fait que les kinés n'étaient pas du tout formés pour ça, que ce n'était pas du tout dans leur cœur de métier, que nous sommes des spécialistes du mouvement, pas du tout de la santé mentale, pas du tout d'autre chose. Donc effectivement, ça nous a permis avec l'ensemble des représentants des kinés qui étaient présents de remettre un petit peu le... L'église au milieu du village et de redonner un peu les éléments, c'est-à-dire qu'en fait effectivement on est tout à fait des professionnels du mouvement, on est extrêmement pertinent sur des thématiques telles que la sédentarité, l'activité physique adaptée ou non, la rééducation, etc. Mais on a aussi un rôle d'acteur de santé publique. Je ne sais plus dans quel lieu c'est dispensé, Félix le dira bien mieux que moi. Mais voilà, ça permet d'ancrer le fait que... que le kiné est un acteur de santé publique. Et ça, je pense que c'est véritablement l'évolution qu'il faut saluer aujourd'hui. C'est qu'on n'est plus mis de côté quand il s'agit de prendre en charge la santé des usagers au sens large. On n'est plus réduit à notre portion congrue des troubles musculosquelettiques ou des choses comme ça. On rentre pleinement dans ce qui peut appartenir à tous les professionnels de santé. C'est extrêmement important pour nous, notamment en tant que représentants syndicaux, parce que ça nous permet de valoriser cette carte pour les kinés sur d'autres projets éventuellement.
- Speaker #0
C'est heureux que certaines professions ont découvert que nous faisions de la prévention quotidiennement. Alors, suite à cette non-intégration au départ, comment la profession et notamment la FFMKR s'est mobilisée justement pour qu'enfin nous soyons intégrés ?
- Speaker #1
C'est toujours pareil, c'est un travail de longue haleine. Nous, on est constamment en échange avec les institutions, que ce soit l'assurance maladie, que ce soit des parlementaires, que ce soit le cabinet ministériel, la ministre, etc. Et c'est vraiment un travail au long cours où finalement, la question la première était, en fait, pourquoi on n'y est pas ? Il n'y avait pas vraiment de raison valable, entre guillemets. Et quand il y a des raisons, nous, on argumente de façon à ce que ces raisons, finalement, elles disparaissent et qu'en fait, la seule logique... réponse logique, soit que nous, on soit intégrés. Et c'est en ce sens, et on le dit régulièrement, et j'imagine que tu en parles dans les podcasts ici, mais qu'on a besoin aussi du soutien de l'ensemble des kinésithérapeutes, nous, en tant que représentants syndicaux. On a conscience que tout le monde ne peut pas s'engager à la hauteur de ce que nous, on estime être en capacité de faire, etc. Mais le simple fait d'être un adhérent à un syndicat, c'est déjà donner du poids, d'autant plus à notre démarche. Et après, voilà. On essaie de le faire de manière logique, de le construire. Il ne faut pas oublier que maintenant, les kinés, c'est plus de 2 millions d'actes auprès des patients tous les jours. Donc imaginez, si tous les jours, on voit 2 millions de personnes. Alors on sait qu'on a aussi des prises en charge chroniques. On ne va pas voir toute la population, peut-être au contraire des médecins, des pharmaciens qui ont un panel peut-être plus large. Mais malgré tout, on voit un grand, grand panel de la population, notamment auprès des personnes âgées. Et je pense que c'était dommage et les institutions l'ont finalement quelque part reconnu. C'était dommage de se priver de tout un pan entier d'intervenants qualifiés, à même de pouvoir remplir, compléter et accompagner les usagers dans la complétion de ce bilan prévention. On espère que les textes seront rapidement publiés, de façon à ce qu'on puisse pleinement prendre toute notre part dans ce déploiement.
- Speaker #2
Une petite note de visibilité complémentaire, les kinés nous le reprochent souvent en nous disant que ça n'avance pas assez vite, vous nous parlez de beaucoup de choses et puis finalement il y a beaucoup de temps qui passe. Mais il faut voir qu'on vit une période absolument exclusive en matière de politique en France. On a épuisé une dizaine de ministres de la Santé sur les dernières années. La problématique, c'est qu'il y a des feuilles de route qui sont données aux administrateurs et aux administrateurs. Mais quand on a un politique qui nous fait une promesse, qui souhaite s'engager dans une démarche et qu'il n'est plus là trois mois après, il faut recommencer avec son successeur, qui doit voir toutes les institutions, qui doit voir tous les partenaires. Donc, pour obtenir un rendez-vous, pour mener le lobby qu'on sait faire et qu'on aime porter au niveau de la profession, tout de suite, ça prend pas mal de temps. Et ce qui pourrait se régler parfois en six mois, on prend deux ou trois ou quatre et autant de ministres de la Santé qui sont passés par là.
- Speaker #0
Alors, une fois que les textes seront parus, voilà, pour moi qui voudrais déployer au sein de mon cabinet ces bilans en prévention, voilà, comment ça doit se réaliser ?
- Speaker #2
Allez, j'attaque et tu concrèteras. Du coup, ça va être un code d'acte qui va être défini, qu'on pourra facturer avec ce code d'acte défini et avec un processus qui ressemblera un petit peu à celui qu'on peut avoir quand on est en accès direct ou quand on est en renouvellement d'ordonnance. Donc, on aura des codes et on aura une démarche qui sera définie. Ensuite, on pourra le faire auprès de nos patients ou auprès d'usagers du système de santé qui ne sont pas forcément nos patients. La seule règle, c'est que chaque usager ne peut pas avoir plus d'un bilan sur un des âges clés de la vie avec un professionnel de santé. Donc quelqu'un entre 18 et 25 ans ne pourra pas voir une fois le médecin, une fois l'infirmier, une fois le kiné, une fois la sage-femme. Il ne peut voir qu'un des professionnels engagés dans le dispositif. Donc ça, il faut s'en assurer aussi auprès de la personne. Théoriquement, ce sera renseigné sur son dossier médical partagé, sur son espace santé, donc on pourra y avoir accès. Donc l'idée, c'est de préparer le rendez-vous en amont. de proposer à la personne de commencer par remplir l'autocestionnaire qui est disponible sur son espace santé, d'y avoir accès préalablement au rendez-vous pour pouvoir déjà en tenir compte. Et ensuite, on va donc rentrer sur les trois étapes que j'avais indiquées précédemment, que je vais rappeler rapidement. Repérage, qu'est-ce qu'on a vu sur l'autocestionnaire, qu'est-ce qu'on va approfondir en échangeant avec la personne. Dans un deuxième temps, on va définir un, deux, trois objectifs prioritaires en matière de prévention, qui forcément ne sont pas tout à fait les mêmes en fonction des professions. des professionnels que viendra consulter la personne. Et ensuite, on va arriver sur le plan personnalisé, le plan personnel de prévention, avec des propositions concrètes, des objectifs concrets, des objectifs à atteindre, des objectifs à se fixer, des changements comportementaux à mettre en place qui doivent permettre à la personne de progresser dans les facteurs de risque et dans les problématiques qu'on a reconnues. Tout ça, en toute théorie, c'est versé sur le dossier médical partagé. Si ça ne l'est pas, on doit le transmettre aux médecins traitants. de manière à ce qu'il fasse le lien avec le dossier de la personne.
- Speaker #1
Je vais peut-être compléter. Je crois que la lettre clé qui permettra de facturer cet acte, c'est le RDI. Donc potentiellement, on aura une mise à jour de nos logiciels par rapport à ça. Et peut-être parler de quelque chose qui est essentiel, c'est le tarif. On aura le même tarif que ce qui se fait actuellement pour les professionnels qui le réalisent déjà, c'est-à-dire 30 euros en métropole et 31,50 euros dans les drum-tums, auxquels on pourra joindre une indemnité de domicile au cas où le bilan sera réalisé au domicile de l'usager.
- Speaker #2
Pour la temporalité, on considère un temps entre 30 et 45 minutes par rapport à ce bilan. Donc c'est vrai que pour un kinésithérapeute qui respecte la NGAP, on est à peu près dans des montants équivalents à ceux qu'on peut avoir sur des séances classiques.
- Speaker #1
Et pas de possibilité de cumul d'actes entre le bilan et un acte de kiné. Tout ça, ça sera évidemment rappelé. On travaille d'ores et déjà, nous, à l'FMKR, de façon à accompagner au mieux les kinés sur le terrain. On vous concoctera un petit tutoriel qui sera extrêmement placé, un guide. Je suis sûr que Félix y réfléchit déjà jour et nuit.
- Speaker #0
Alors, auprès de nos patients sur ce dispositif, ce sera facile quelque part de les inciter à réaliser ce bilan, mais auprès des usagers, est-ce qu'il y a des outils de communication auprès du grand public ?
- Speaker #2
Alors, on ne va pas se mentir, pour l'instant, le bilan prévention aux âges clés de la vie, Merci. pas une réussite. Il n'y en a pas suffisamment. Il y a des questions qui reviennent à l'Assemblée nationale, au Sénat, sur le développement du dispositif, sur qu'est-ce qu'on fait l'assurance maladie pour le promouvoir un peu plus. Donc pour l'instant, ce n'est pas une franche réussite. Si notre profession est capable de s'y engager pleinement et de transformer un petit peu l'essai, entre guillemets, pour aboutir à quelque chose de plus concret, pour parcourir, pour aboutir à des pathologies qui sont évitées, pour aboutir à des parcours de soins qui sont réduits. pris en charge précocement. Je suis convaincu qu'on peut y arriver si on le souhaite. Si on arrive à faire ça, on donnera une vraie lettre de noblesse à ce dispositif. En termes de communication, Rémi l'a dit, et je pense que c'est extrêmement important, aujourd'hui, on voit entre 1,5 million et 2 millions d'usagers par jour sur tous les kinésithérapeutes du territoire. Ne serait-ce qu'avec le bouche-à-oreille, on a déjà un maillage de plus de 50% de la population. On a toujours, très régulièrement... comme toi, comme Rémi, comme moi en séance, un patient qui nous dit « Ah, au fait, mon cousin, ma femme, mon père, il s'est fait ça, vous avez une idée ? » Ça vaut le coup qu'il vienne consulter. Donc on sait qu'on a déjà du bouche-oreille, on est déjà très souvent sollicité pour un diagnostic kiné, pour des questions en lien avec l'appareil locomoteur. Ce sera aussi, à mon sens, assez facile, si on le souhaite, si on en a envie, de mettre des affichages, d'indiquer que les professionnels se sont enregistrés sur la plateforme et réalisent des bilans de prévention, de communiquer. et de proposer aussi bien à nos patients qu'à leurs familles, qu'à leurs amis, qu'à leurs proches de venir, quand ils sont dans les quatre âges clés qu'a cité Rémi tout à l'heure, réaliser un bilan de prévention dans nos cabinets.
- Speaker #1
C'est vrai qu'il y a un enjeu, effectivement. C'est que, comme le disait Félix, ce dispositif n'a pas encore décollé. On a potentiellement un problème d'éducation un peu de la population française à la santé où il va falloir sortir du tout curatif. Je suis malade, je vais chez le médecin, je me fais l'entente, je vais chez le kiné ou j'ai X pathologies. « Ah, en fait, je vais bien » , comme le disait tout à l'heure Félix, « je vais bien, mais je vais voir peut-être ce qui, potentiellement, pourra aller moins bien plus tard » , etc. Donc, il y a ce premier enjeu. Et après, d'un point de vue, j'allais dire, purement kiné, on a un enjeu, effectivement, parce que ça ne se passe pas bien. Et sinon, en intégrant ce dispositif, on arrive à le faire décoller. En fait, on va démontrer notre capacité à porter des messages de santé publique. Et ça, c'est véritablement quelque chose qui, à l'heure actuelle... femmes. Je pense que les tutelles doutent un petit peu de cette capacité que nous, on porte en tant que représentants syndicaux. Donc là, ça serait vraiment un ballon d'essai transformé qui nous permettrait d'être totalement légitimés. Et c'est aussi l'importance de la diffusion de ce message auprès de l'ensemble des kinésithérapeutes, de s'emparer de ce dispositif pleinement, de façon à ce que... On ne parle pas simplement de ces bilans prévention. En fait, quand on en parle là, c'est d'être en capacité de dire « Mais voilà, vous avez eu besoin de nous. » On a répondu présent. Ça veut dire que maintenant, par exemple, on vous parle d'accès direct, on va aller vers de l'accès direct, on va généraliser l'accès direct, on va faire d'autres choses. C'est en ce sens où tout est quelque part un petit peu lié, tout ce que l'on met en place, tout ce travail de lobbying, il part à la fois d'un petit point, mais en même temps, chaque point est relié l'un à l'autre. Et quand un point va mieux, c'est tout le reste qui évolue et qui nous permet d'aller encore un peu plus loin.
- Speaker #0
Oui, puis je pense qu'on parle souvent d'un manque de reconnaissance, de valorisation de nos compétences. Et justement, cette compétence qu'on a de la prévention, ça pourrait être justement l'idée de le valoriser aussi financièrement.
- Speaker #1
Moi, j'entends souvent des collègues dire qu'on ne fait pas de prévention, que ce n'est pas possible, etc. Moi, j'ai envie de dire que là, la balle est dans votre camp, à vous de la saisir. On met en place un dispositif de prévention. On n'est pas intégré dans un premier temps, on intègre sur la seconde mi-temps. Et bien, à nous de rentrer comme le super remplaçant et de faire la décision et de faire en sorte que le match soit gagné.
- Speaker #0
Est-ce que les CPTS pourraient être aussi un levier sur ce type de dispositif ?
- Speaker #2
Les CPTS sont promoteurs de prévention et sont promoteurs d'organisation des soins sur leur territoire. Donc je pense que ça peut l'être. Après, à mon avis, il ne faut pas confondre toutes les structures. Dans le pilier en prévention, on est dans une entrée via un professionnel pour derrière coordonner quelque chose s'il y a lieu d'être. Ensuite, avoir un lien avec des activités qui sont proposées par la CPTS en matière de projet de santé, en matière de prévention, ça me semble tout à fait opportun. Mais en premier lieu, à mon humble avis... Ces toquinés qui ont envie de s'emparer de la chose, qui ont envie de s'emparer du sujet, un petit peu comme sur l'accès direct dans les départements expérimentaux, je pense que c'est au kiné de transformer l'essai et d'avancer collectivement, mais avant tout individuellement, pour les lettres de noblesse de la profession, dans un dispositif qui nous mettra au même niveau que les professions de santé, que les professions médicales sur de la santé publique.
- Speaker #0
Est-ce que vous auriez un dernier message à adresser ?
- Speaker #1
Peut-être un message pour ceux qui se sentiraient pas forcément légitimes ou qui se diraient, je ne sais pas comment ça se passe, etc. On parlait tout à l'heure d'un guide ou d'un tutoriel qui sera prochainement conçu par la FFMKR. Il y a également des formations qui sont disponibles. Donc, il n'y a pas d'obligation de formation. Tout professionnel de santé, parmi médecins, sages-femmes, pharmaciens, infirmiers, kinés, pourra réaliser ce bilan de prévention. Pour ceux qui le souhaiteraient, il y a des formations qui sont disponibles gratuitement de façon à se sentir pleinement soit légitime, soit formé, soit... de planir à pouvoir accompagner du mieux possible. Il y a peut-être des thématiques que les uns et les autres maîtrisent moins. Nous, effectivement, on parlait tout à l'heure des sénantarités, d'activité physique. Évidemment, en tant que kinésithérapeute, on y est extrêmement sensible. Peut-être que sur des thématiques autres, on l'est un peu moins. Pour autant, on peut tout à fait pallier à ces manques. Il y a des moyens très simples. Donc, j'invite encore une fois les kinésithérapeutes à se mobiliser pleinement, à se saisir de ce dispositif et de leur dire que ça reste un... Un enjeu, je rappelle qu'il y a des négociations conventionnelles qui s'ouvriront l'année prochaine, en 2027. Si on montre qu'on a une profession responsable, ça pourra toujours nous aider. Et ne pas oublier que quand on est kinéthérapeute, que l'on travaille auprès de ses patients ou que l'on réalise un bilan prévention, on le fait au même titre que les 91 000 autres kiné libéraux qui exercent en France. Donc on a une profession qui compte d'un point de vue démographique et qui d'autant plus comptera au niveau du rôle d'acteur de santé publique si on s'en part. pleinement de ce que l'on nous propose.
- Speaker #2
Complètement en accord avec Rémi, je souscris à 1000% ce qui vient d'être dit. Je pense qu'il faut se faire confiance, on fait de l'anamnèse avec chacun de nos patients, on sait faire, on n'a pas de problème avec ça. Et puis, quel honneur, quelle fierté quand on a un patient qui vient pour un problème musculosquelettique, pour un problème arthro, d'être capable de le renvoyer dans le système de santé pour une problématique cardio par exemple qui n'aurait pas été détectée parce qu'on va l'amener à faire des exercices. qui vont peut-être nous permettre de voir quelque chose. Pour moi, c'est principal, c'est fondamental. On travaille de plus en plus, tu parlais des CPTS, mais on travaille de plus en plus dans de l'exercice coordonné. On commence à avoir l'habitude d'échanger régulièrement avec toute forme de spécialité médicale, avec les autres professions par amède. C'est vraiment important de gagner aussi en crédibilité à ces niveaux-là et d'être en mesure, quand il y en a lieu, d'être une des voies d'accès du système de soins et du système de santé. Et d'éviter toutes ces ruptures de parcours de soins qu'on a et tout cet accès aux soins tardifs qu'on a parce qu'on n'a pas repéré assez précocement.
- Speaker #0
Merci beaucoup Félix. Merci Rémi. Merci à toi.
- Speaker #2
Merci beaucoup.
- Speaker #0
Voilà, dès que les textes sortiront, on vous tiendra informés bien sûr.
- Speaker #2
On est dans les starting blocks.
- Speaker #0
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