Speaker #0Hello mes grands soleils, bienvenue dans Koud'Zékla Podcast by Nel_lit_the_ratures. Nel_lit_the_ratures, c'est moi Nelly, ton écrivaine préférée, et je t'invite à me suivre dans mes aventures créatives. J'espère que vous allez bien, moi ça va, je vous remercie d'être là. C'est un épisode assez spécial puisqu'il me tient à cœur. Étant donné que je suis artiste, j'ai commencé à comprendre que lorsque l'on produit en tant qu'artiste, lorsqu'on crée, On est aussi, je ne vais pas dire dépendant de l'œuvre, mais on est aussi un résultat de la création. Puisque lorsque l'artiste commence son œuvre et qu'il la termine, il n'est plus le même. Il a muté en même temps que son œuvre. Et c'est pour ça que je trouvais intéressant qu'on nous puisse parler de créativité et de création de soi. Voir comment la création est une transformation à deux échelles, donc transformation de l'extérieur avec la production, la matérialisation de ce qui est produit, intérieure de l'artiste. Et c'est pour ça que ce sujet me tenait à cœur, puisque pour moi, c'est encore plus profond, c'est encore plus insidieux, le rapport entre la création, puisque la création sera donc double, elle aura une double mission. Et de ce fait, le créatif aura une responsabilité encore plus grande. Et je ne parle pas de ça en termes de pression, mais je parle juste du fait que l'idée ayant choisi quelqu'un, cette personne-là devant la transmettre, le fait que l'idée ait choisi cette personne-là derrière la volonté de faire quelque chose, l'idée sait ce que le travail va apporter à la personne qui a la charge de le faire. Et c'est pour ça que je voulais parler de la créativité et de la création de soi. Alors, on commence à rentrer plus rigoureusement dans l'exercice du podcast. Du coup, j'ai décidé de structurer beaucoup plus mes épisodes puisque je commence à avoir à peu près où je vais. D'accord, c'est en mangeant qu'on a faim, n'est-ce pas ? On va commencer, histoire de structurer bien mon sujet, par parler de ce que c'est la créativité. Alors la créativité, c'est la capacité à imaginer, concevoir ou produire des idées, des œuvres, des solutions nouvelles ou originales. Elle permet d'exprimer sa singularité et d'apporter une touche personnelle à ce que l'on fait, que ce soit dans l'art, le travail. ou la vie quotidienne. Donc la créativité, c'est vraiment quelque chose qui va toucher. C'est une capacité qui n'est pas forcément donnée juste au processus artistique, mais ça peut toucher d'autres choses. Je pense par exemple à un médecin qui va développer une technique particulière pour pouvoir opérer un patient en cas difficile, et sa technique va rester dans les annales, donc du coup ce sera nommé à son nom, par exemple. Donc la créativité, c'est vraiment... plus dans la vision que l'on a sur le monde. C'est expérimenter le monde d'une autre manière et c'est donner une autre impulsion. C'est être un innovateur. C'est sortir du cadre et vouloir réinventer le cadre ou arranger le cadre d'une autre manière. Ce n'est pas que le cadre n'est pas bon forcément, mais le cadre mérite d'être changé. C'est comme ça un peu que je vois la créativité. Tandis que la création, la création désigne l'action de donner existence à quelque chose, de nouveau. que ce soit une idée, une œuvre, un objet ou un concept. Elle implique une démarche active d'invention où l'artiste ou le créateur façonne et matérialise ce qui n'existait pas auparavant en s'appuyant sur son imagination, ses ressentis et son expérience personnelle. Pour moi, la création, c'est la suite de la créativité. C'est-à-dire que la créativité arrive, elle impulse, elle donne des idées comme ça, plusieurs idées différentes. Et puis, lorsque l'artiste décide de se mettre en action, Pour moi, tout le processus, même si le processus n'est pas terminé, en mettant de l'élan, en donnant du feu au bois, en mettant du bois dans le feu, on est en train de travailler à la création, donc on est rentré dans le processus artistique. Donc même si le but final, c'est la création, le fait de s'être lancé, on est déjà en plein dans un processus créatif. Et si je pouvais transposer, c'est pareil pour ce podcast. Ça fait quand même quelques années que j'avais envie de faire le podcast, je crois que ça va faire bien 5 ans. Donc l'idée est venue, l'idée a insisté, insisté, insisté. Je me suis dit j'écoute, je commençais à faire le visuel. Alors là j'étais super inspirée pour le visuel, ça ne ressemblait à rien ! Oh là là c'était affreux ! Et ensuite j'ai eu une utensile comme ça, j'ai fait un visuel, et je me suis dit c'est celui-là. J'ai déposé ça là. Et peut-être un an après je me suis dit bon on a le lit, et c'est de... voilà. et j'ai fait le premier épisode. Et ça m'a pris encore un an, et un an après j'ai posté le premier épisode. Donc on est en plein dedans. C'est comment la créativité et la création va influencer le créateur. Personnellement, la première fois que je me suis écoutée en podcast... Les gars, j'avais décidé si ça m'avouait. Oh là là là là là là. C'était extrêmement bizarre. C'était vraiment bizarre. Et finalement, je me rends compte que plus je fais, plus je produis, plus c'est totalement normal. Maintenant, ma voix ne me dérange plus. J'ai dépassé l'inconfort. Donc voilà, c'est juste pour vous dire que la créativité va influer sur l'artiste. Et la création va faire pareil. Donc, je m'éloigne un peu, je recentre. Vous avez déjà vu que j'ai plein d'idées, je vous raconte toute ma vie, mais il faut que j'arrête. Ok, le but c'est de vous inspirer. Alors, on va parler de l'inspiration. L'inspiration pour moi c'est la première étincelle qui active la créativité par la suite. Mais il faut que ça commence par l'inspiration. L'inspiration est le déclencheur créatif qui pousse une personne à imaginer ou à réaliser quelque chose de nouveau. Elle surgit à partir d'une émotion, pardon, d'un souvenir. d'une rencontre ou simplement d'une observation du monde qui nous entoure. L'inspiration agit souvent comme une étincelle intérieure, guidant l'artiste vers une idée ou une création originale, parfois de manière inattendue et spontanée. Alors, on va s'arrêter sur inattendue et spontanée. L'inspiration, c'est quelque chose qui arrive à n'importe quel moment. C'est-à-dire que, vu le nombre d'idées qui traversent votre cerveau, l'inspiration vous arrive une fois comme ça. Et si tu inventais une nouvelle chorégraphie pour le groupe de danse ? Ou t'aimais cette musique-là ? Et si tu ne mettais-t-elle pas dessus ? Etc. Oui, j'ai pris la musique parce que j'ai remarqué que, du moins la danse, parce que j'ai remarqué que je ne parlais pas assez des danseurs. Donc s'il y a des danseurs qui m'écoutent, l'inspiration, c'est quelque chose qui va se mettre en action. C'est le mouvement qui va entraîner l'effondrement du château de garde. Et pas de manière négative, mais vraiment l'inspiration. Pour moi, c'est le moteur de l'artiste. Il faut commencer par ça pour ensuite se jouer de la créativité et nourrir sa créativité. Donc pour moi, l'inspiration est tout autour de nous. Donc c'est soit elle nous arrive de manière incongrue comme ça, ou soit elle est engendrée par une émotion, des éléments de la vie au quotidien, un souvenir. Souvent je dis que les arts inspirent les autres arts. L'inspiration peut surgir alors que vous avez écouté une certaine musique qui parlait d'une thématique, que vous avez lu un livre que vous avez adoré, un personnage qui vous a rappelé quelqu'un, et vous vous dites, j'aime bien ce personnage-là, je prendrai par exemple son prénom et je le mettrai dans mon livre, et puis je vais développer autour du personnage, lui donner tels aspects, tels aspects. Ça peut être une chorégraphie que vous avez vue d'un film du début des années 2000, que vous voulez moderniser par exemple, ou une danse TikTok. Ah, mais c'est bien ça, mais si j'aurais ajouté ce palais, ce palais, ça aurait été encore mieux. Donc pour moi, l'inspiration est vraiment tout autour de nous, et elle peut être nourrie par les arts, les autres arts. Ça veut dire que je peux regarder une série et me dire, oh là là, ça y est, j'ai toujours adoré le cinéma, cette série m'a trop marquée, je veux devenir scénariste ou producteur ou réalisateur de séries autour de telle chose, telle chose. Et c'est ce qui est intéressant. Parce que je considère qu'étant donné que l'inspiration est une étincelle qui va engendrer la créativité puis la création, l'inspiration en apparaissant à quelqu'un ne se trompe jamais, puisque c'est l'idée qui a choisi que cette personne-là était ce canal-là, et le canal le plus valable pour l'exprimer de la manière dont elle souhaitait être exprimée. Donc en tant que créatif, on ne devrait même pas douter du travail qu'il y aura à fournir derrière, ou de l'action, ou de la mise en marche de l'action. Parce que l'idée nous fait déjà pleinement confiance pour commencer le processus. Vous voyez ce que je veux dire ? Et en fait, une fois qu'on commence le processus et qu'on aime ce qu'on fait, parce que j'espère que si vous commencez, vous aimez ce que vous faites, eh bien, on est obligé de continuer puisque c'est un plaisir. L'inspiration choisit ses gens, elle choisit la manière dont elle voudrait être racontée en donnant à la personne quelques astuces et ensuite, elle laisse la personne faire. et elle a porte de temps en temps. Du moins, on va dire que c'est comme si elle fait des commentaires de temps en temps par rapport à ce qui vous arrive dans la vie. Elle vous dit « Mais regarde, il t'est arrivé ça, donc si tu pouvais rajouter ça dans ta pièce de théâtre ou tu as vu ça, change les paroles de telle musique, etc. » Pour moi, c'est ça en fait. L'inspiration, c'est spontané, mais c'est aussi quelque chose qui est toujours là, qui plane et qui vous envoie un peu, on va dire, des petits électrochocomotes. « Ah, mais tu sais, si tu faisais ça comme ça, aussi tu fais ça comme ça. Et généralement pour les écrivains, l'inspiration est un peu vicieuse, c'est-à-dire que si vous avez une idée de livre et que vous commencez, en ayant l'idée du premier livre, vous avez l'idée du deuxième, puis du troisième, puis du quatrième, puis du cinquième, et en fait vous ne finissez jamais. Donc l'inspiration c'est ça. Donc autant l'inspiration peut se trouver dans les autres arts. J'espère que vous comprenez que si art a RTS, autant l'inspiration peut se trouver dans les autres arts, autant l'inspiration aussi peut venir de quelque chose de complètement banal. Moi, j'appelle ça l'expérience de la paix. Et quand je parle d'expérience de la paix, je parle de ces mouvements de conscience qui nous ramènent à nous-mêmes et qui sont expérimentés dans des mouvements comme marcher pieds nus. S'asseoir en face d'une rivière, s'asseoir en face de la mer, être au pied d'un arbre, juste rester dans cet élément de ne rien faire, dans cet instant précis, ça peut activer l'inspiration. Puisque c'est comme si le système nerveux étant ramené à un équilibre, à une sorte de shutdown positif, et puis on se dit, ça fait plaisir, on est dans un état de paix immense, et là, on peut être inspiré. Donc pour moi, c'est une des méthodes. Si vous êtes... peut inspirer si vous ne trouvez pas. Ce serait d'aller dehors. Alors ça peut être faire du sport, ça peut être faire de la méditation, ça peut être aller à la mer si vous pouvez, aller au parc, ou changer d'endroit aussi. Si j'ai l'habitude d'écrire chez moi, aujourd'hui j'irais dans un café, fréquenter des lieux dont on n'a pas l'habitude. Et là, étant donné qu'on est entré en connexion avec d'autres types d'énergie, les personnes qui sont autour de nous, le vase posé sur le comptoir du café, peut... changer notre vision des choses et soit enrichir quelque chose qu'on avait déjà, qu'on était déjà en train de faire, soit donner une idée d'une nouvelle œuvre à produire. Et quand je parle de ça, je voudrais revenir sur deux films. Donc il y a un dont j'ai déjà parlé parce que je l'ai bien aimé. Et un deuxième. Donc le premier, c'est Sinners de Ryan Coogler, qui est sorti en 2025 avec Michael B. Jordan, le chouchou de certaines femmes. Pas le mien forcément, mais il a très bien joué dans le film. Et ce que j'ai aimé dans Cineur, justement, c'était une des scènes mythiques du film, la scène de la danse. Pourquoi la scène de la danse ? C'était une scène qui peut être lue à plusieurs échelles. On va rester très terre à terre, allez voir le film, je spoil un minimum. En fait, on a un moment où on a un personnage déjà, Sammy. Sammy, c'est le petit cousin des jumeaux, donc Michael B. Jordan, j'ai oublié son nom, désolé. Et puis ils viennent pour que Sammy puisse... jouer dans leur bar qu'ils vont ouvrir ce soir. Et Samy, si vous voyez, c'est un peu l'empôté, le futur pasteur, un peu peu sûr de lui, etc. Mais quand Samy se met à chanter, il a un pouvoir. C'est un passeur. Je ne vais pas trop spoiler le film. Mais c'est un passeur. Et c'est pour ça que lorsqu'il commence à chanter, le chant qu'il va entonner avec sa guitare, etc., on va se retrouver dans une sorte de mutation des mondes. avec différentes danses qui mêlent le passé, la prison, l'héritage, aujourd'hui, etc. Et on va voir comment, en fait, les personnages sont entrés dans un portail et qu'ils ne sont pas juste là tout seuls, mais d'autres qui sont là avant eux et après eux sont là. Et ce jeu de temporalité, ce jeu mystique, ce jeu d'influence, parle vraiment de l'inspiration comme étant quelque chose de mystique, de transcendantal. de comment les œuvres du passé peuvent nous aider, nous, à créer. Parce que là, on est en termes de musique, on était au début des années 1900, donc je pense que c'était plus du jazz, mais on vous passe un peu des danses africaines, ensuite on arrive jusqu'à arriver au rap des années 90. Et là, on voit comment finalement, la musique, qui a changé avec le temps, a toujours eu un fil conducteur. Surtout lorsqu'on sait que le rap, quand ça commence, ça s'inspire beaucoup de ce qui a été fait avant et en fait on va juste remixer les sons. Donc ça c'est le premier élément. Et cette scène étant très marquante dans Cineur, je suis sûre qu'il y a beaucoup de personnes qui ayant vu la scène se sont dit « Bon, je vais être réalisateur aussi, c'est pas possible de produire quelque chose d'aussi beau. » Puisque en faisant ça, d'ailleurs ce n'est pas l'idée de Ryan Coogler apparemment, ce serait l'idée de Winnie Mosaku. C'est la compagne qui est un peu la prêtresse Vodou, donc le frère qui est en bleu, il me semble. Et du coup, c'est elle qui donne l'idée de cette scène-là. Donc, c'est devenu la scène mythique du film. On ne va pas se dire pourquoi c'est une femme qui a eu cette merveilleuse idée, mais ça en laisse. Et c'est là où on voit comment l'inspiration que jouait et comment produire quelque chose va finir par inspirer d'autres personnes. Et moi, je suis convaincue que des jeunes qui ont regardé ça, ou des moins vieux, enfin... Les gens qui avaient la volonté de devenir des réalisateurs de Chine, en ayant vu ça, ils n'ont que l'obligation d'accepter qu'ils le sont et de continuer. Et surtout, si ils avaient une vision aussi... je ne veux pas dire mystique ou déformé, mais une vision aussi novatrice de ce qu'il voudrait produire. Et ça revient à la créativité à la sortie du cadre. Ensuite, je voulais parler de Zion Nelson Foy. C'est un film guadeloupéen qui a été joué en Hexagone. Je crois qu'il a été vu aussi dans les festivals à Trinidad et Tobago, par exemple. Mais ce film-là, pourquoi est-il révolutionnaire ? On va toujours critiquer le fait qu'on soit encore dans... dans une histoire de noirs, de drogue, de quartier populaire de pauvreté. Mais pourquoi j'ai ce film révolutionnaire ? C'est parce que c'est une vision déjà d'un paysage guadeloupéen qui n'est pas celui de la carte postale. Et voir, moi en tant que pointoise, ma ville comme ça au cinéma, c'était complètement une ouverture pour moi. Donc je me rappelle, je disais à mes élèves, vous vous rendez pas compte que vous voyez chez vous à la télé ceci. C'était complètement surréaliste alors que j'avais 30 ans. C'était complètement... Estébèkwè ? Ouais, vraiment, devant ça, et se voir représenté à la télé, alors représenté dans l'esthétique de la ville, et surtout, je pense que ce qu'il y a d'innovateur dans ce film-là, c'est qu'il passe, il montre l'invisible. Ce sont les paysages invisibilisés, puisque ce ne sont pas les paysages de la carte postale. Et en mettant en scène les paysages invisibilisés, il montre l'invisible, ce qui n'est pas dit, ce que l'on veut cacher. Et moi, le montrer en plein fouet et le montrer une forme de réalité qui n'est pas pareil pour tout le monde, c'était vraiment exceptionnel. Et je trouve que ça, c'est bien puisque là, on peut avoir un petit qui, ayant vu que c'est possible, lui aussi veut devenir réalisateur et montrer la réalité de la Wallou. Parce que là, on n'est plus dans la baie des flamboyants, on est vraiment local. Alors, on peut critiquer et dire que c'est encore Pointe-à-Pitre, qu'il y a d'autres endroits à montrer. Mais le fait que ce soit fait pour moi, c'est vraiment novateur. Et je suis sûre que ces deux oeuvres-là, donc Sinners et Zion, qui à leur échelle sont novatrices, vont permettre à des générations de créateurs de devenir scénaristes, réalisateurs. Ces films-là vont contribuer à l'essor d'un cinéma, donc cinéma entier pour la Guadeloupe, la Martinique, et cinéma noir américain, même si ça existe déjà aux Etats-Unis. Tout ça pour vous dire que les arts inspirent les autres arts et qu'on ne sait jamais l'impact que notre art aura sur d'autres personnes ou les personnes qui vont regarder. J'espère que jusqu'à là, vous me suivez. Ensuite, on va parler de la page blanche. Je parle de la page blanche en général pour tous les types d'art. Pour moi, la page blanche, c'est vraiment la période de non-productivité. Alors, autant ça peut être vu comme quelque chose de négatif. moi je le vois vraiment comme Une pause créative, un rééquilibrage où je peux réévaluer, ajuster ou fignoler ce que j'ai déjà pris. Dans le moment de page blanche ou de blanc, c'est l'idée qui recalibre. C'est l'inspiration qui attend que quelque chose arrive ou qu'il y ait quelque chose que je dois encore vivre pour pouvoir continuer ce que je suis en train de faire. Je ne vois pas ça vraiment comme quelque chose de négatif. La création. Se lancer dans le processus créatif, ça doit toujours être quelque chose de plaisant pour moi. Ça ne doit pas être une contrainte. Je ne veux pas être soumis par une pression extérieure ou intérieure. Créer, c'est me faire plaisir. Donc si ce n'est pas là, j'accepte complètement que ce ne soit pas là. Et je me dis pour l'instant, si vous êtes jeune créatif, vous n'êtes pas encore... à faire des albums à millions, la maison de disques vous taraude de créer quelque chose, ou vous n'êtes pas encore écrivain, ou l'éditeur vous pousse à faire le sixième et qu'il vous appelle toutes les cinq minutes alors que vous avez déjà reçu l'avance, ou vous n'êtes pas le chorégraphe qui doit faire la chorégraphie pour samedi prochain parce que voilà, il y a tel et tel temps qui passe et qu'il appelle à la dernière minute. Donc, on a encore ce temps de profiter, de souffler, parce que je pense que derrière la production artistique, ce qui nous apprend beaucoup plus, Et tout à l'heure, je parlais de paix, c'est la patience et l'instant présent. L'état créatif nous ramène à chaque fois à une forme de patience et d'instant présent, puisque dans tous les cas, il faut s'asseoir dans ses émotions pour voir en plus ce que l'inspiration veut nous dire, et ensuite la mettre en œuvre avec la créativité, avec la profusion d'idées. Mais c'est une patience puisqu'il faut tout recalibrer à chaque fois. L'activité artistique requiert beaucoup de patience. beaucoup de compassion vers soi-même et beaucoup de patience dans ces périodes où on peut s'en ressentir du stress le manque d'idées la pression une forme de perfectionnisme il faut aussi parfois se poser et se demander mais en fait qu'est-ce qui me bloque ? est-ce que c'est la peur ? est-ce que c'est parce que je sais que je vais faire quelque chose d'exceptionnel donc je me mets la pression ? est-ce que je ne me sens pas ? légitime de créer quelque chose ? Est-ce que c'est juste un moment où je subis un deuil, une rupture ? Ça peut être une rupture amoureuse ou amicale. Qu'est-ce qui fait que, en fait, j'arrête ? J'arrête tout simplement. Ce sont des petites questions qui peuvent nous aider à évoluer. Et je pense que les techniques pour sortir de la page blanche, c'est déjà de ne pas se mettre de pression. Ensuite, je pense qu'il est important de bouger le corps pour Merci. Faire se mouvoir l'énergie qui est dans le corps et qui peut parfois provoquer des blocages. Donc, aller marcher, danser, histoire de décharger le corps. Ensuite, même chose que l'inspiration, retourner dans la nature. Et aussi, essayer de s'asseoir avec ses émotions pour comprendre qu'est-ce qui se passe. Et puis, si ça ne vient pas tout de suite aussi, c'est aussi normal. J'ai vu une interview avec Shimamon Dengozhi Adachi, qui disait en fait qu'elle avait pris 10 ans pour écrire son livre qui est sorti cette année, L'Inventeur des rêves. puisque sa mère est morte et elle avait des difficultés à reprendre l'écriture. Donc si elle, une autrice mondialement connue aussi, subit la page blanche, s'il y a des périodes dans la vie, ou même si l'inspiration est là tout le temps, en fait on est coupé pour pouvoir vivre la vie et ensuite utiliser notre vécu dans nos œuvres. Donc pour moi la page blanche n'est pas forcément quelque chose de négatif ni de fatalité. Alors après vous allez me dire, c'est ça Dieu, disons que c'est quand même quelque chose. Mais c'est pas grave parce qu'il faut oublier qu'en fait le créateur... Il expérimente la vie pour la transmettre d'une certaine manière. Il a une lecture de la vie qui est à peu près différente des autres et c'est sûr qu'il va essayer de transmettre. Donc, qu'il prenne son temps et qu'on puisse comprendre que son travail qualitatif puisse prendre du temps. Voilà. Ensuite, je voulais vous parler de la discipline et de la structure. Je suis très ouverte à la frivolité de la création. C'est-à-dire, moi je vous ai dit, je ne sais pas si je vous ai déjà dit, que moi généralement, je crée le plus le soir, je suis plus à même de créer le soir, et je peux comprendre que les gens le fassent le soir. Mais peut-être qu'une autre personne a un autre rituel. Plus je continue à évoluer dans mon travail artistique, plus je me rends compte qu'il faut que je crée une structure, une discipline derrière mon œuvre artistique. Puisque la discipline, c'est se mettre en action, et en fait, en se mettant en action, C'est soit on suit l'idée d'un coup ou soit quand l'idée bloque, on essaie de la provoquer. Alors pour la provoquer, ça peut être très simple. C'est soit on reprend par exemple le tableau qu'on a fait et qu'on n'a pas terminé, qui dort depuis 7 mois. Soit je reprends ce que j'ai écrit il y a un an et demi et je replonge dedans, histoire de me reconnecter à nouveau. Puisque si j'ai la page blanche, c'est que je suis déconnectée de ce que je suis en train de produire. Donc peut-être qu'en recréant le lien entre la production et moi. Ça peut m'aider à faire rechirer quelque chose, une étincelle, et pour me replonger dans mon projet. Il faut mettre en place une discipline créative. De un, parce que c'est très important pour notre santé mentale, dans une société hyper productive comme la nôtre, avoir des activités créatives différentes, c'est intéressant. Ça veut dire qu'en sortant du travail, je ne suis pas forcée d'écrire, mais je peux écrire juste par plaisir, je peux commencer à écrire une petite nouvelle comme ça. Pratiquer une activité créative, je le fais plus par besoin de santé mentale, pour décompresser de la journée, que parce que je sais que j'ai une œuvre que je dois mener jusqu'au bout. C'est pour ça qu'on va avoir des personnes qui vont se mettre à la poterie, qui vont peindre des tâches. Il faut voir vraiment la créativité comme quelque chose d'amusant. Il ne faut pas forcément se fixer la contrainte. Mais, avec une discipline créative, si je sais que mon projet doit arriver à un but final, parce que j'ai une exposition, Avec une discipline créative, je suis plus à même de terminer ce que je dois faire. Donc au lieu de prendre 7 mois, je vais peut-être me mettre un délai de 6 mois pour être sûre de me laisser un mois de bâton pour terminer mon portrait par exemple. J'estime qu'il faut structurer. Le créatif arrive avec la créativité. Et la créativité, je vous ai dit, c'est trop plein d'idées. Donc pour décompresser mon cerveau et pour pouvoir avoir une direction plus fine de là où je veux aller, moi je conseille toujours le carnet créatif. Le carnet créatif, c'est l'élément à toujours avoir sur soi, ou en tout cas, à avoir. Et là, on écrit toutes les idées créatives qui nous viennent lorsque la créativité est en action et qu'elle nous demande de faire 154 000 projets en même temps. Une fois qu'on a fait ça, pendant deux mois de page blanche, on peut retourner sur le carnet créatif, puisque ça permet de décompris sur le cerveau et d'avoir le trop-prenant d'idées. Je peux relire mon carnet créatif, ce qui va me permettre de raviver des choses que... Ben en fait que j'ai commencé à écrire et que j'avais oublié, ou des éléments d'un personnage que j'avais mis de côté, qui m'étaient sortis de la tête en écrivant, et je dis « Ah mais je peux rajouter et regarde, ça me donne même du corps à l'histoire » . Vous voyez ? Donc finalement, la discipline créative va se jouer grâce aux actions que j'ai faites auparavant. Il faut mettre en place une discipline, une structure, ce qui va nous permettre de pouvoir plus s'immerger dans le processus créatif. Ça peut être un changement de routine. Peut-être que si je me réveille entre 7h et 9h, ça va. Ou si je suis au travail, que je rentre à 18h, entre 19h et 22h, je me donne un créneau horaire. Est-ce que c'est travailler 2h dans la semaine ? travailler 4 heures dans ma semaine, 2 heures le jeudi, 2 heures le vendredi soir. Est-ce que c'est prendre son samedi après-midi pour se remettre à la peinture parce qu'on en a envie ? Est-ce que c'est utiliser un ensemble différent pour me mettre dans un mood ? Alors avant j'achetais un thé à la verveine, là je prends la camomille. Est-ce que c'est une playlist particulière ? Cette fois-ci j'écoutais du Miguel et de maintenant je vais mettre des fréquences et comme ça, les fréquences ont pour maintenir mon cerveau dans un état qui va me permettre de produire plus facilement. Ou peut-être écouter juste des généros. Changer ma routine va me permettre de participer à ma discipline. Autre chose, me fixer des objectifs réalistes. Si j'ai commencé à écrire et que ça me prend du temps, et que je travaille en même temps, je sais que je n'aurai pas le temps, je me dis, je me donne 8 mois pour faire ça. Je me donne 8 mois en espérant le faire en 6, par exemple. Je pense qu'il faut jouer avec ça. propre flexibilité et son propre caractère puisqu'on sait comment on est. Derrière la créativité, même s'il faut accepter la page blanche, il faut accepter les périodes où il n'y a rien, quelquefois, il faudra savoir les provoquer. Et c'est marrant qu'on parle de structure puisqu'il faut savoir qu'à cet épisode, je l'avais déjà fait, je l'avais déjà monté. Je tiens remercié, Lya, mais ça, on verra tout à l'heure. Je l'avais déjà monté, cet épisode, et finalement, en réécoutant, j'ai trouvé que c'était complètement hors sujet. et Et qu'en plus, je n'avais pas structuré l'épisode. Donc, on est en plein dedans. Durant la création, je serais amenée à évoluer, à changer. Et c'est pour ça que j'ai besoin de plus de structure. Autant cet épisode-là, la première fois, j'avais fait un peu à la one again, dans l'excitation. Autant après, je me suis dit, non Nelly, c'est pas possible. Reprends 3. Le podcast, il est récent. En fait, il faut lui donner une forme. Et tu n'es pas d'accord avec la forme que ça prend là. Donc, reprends la forme maintenant. Donc voilà. Il faut se mettre une structure, se fixer des objectifs réalistes et surtout des compréhensibles. Il ne faut jamais perdre de vue que la création est avant tout un plaisir. Même si je veux exprimer des choses au monde, je veux rayonner dans le monde, je dois le faire avant tout par plaisir, par amour de ce que je fais et pas par une pression d'X, Y, Z. Alors, on rentre dans le sujet intéressant qui est donc la création pour soi et se recréer. Alors pour moi, il faut toujours voir la création comme un plaisir et un amusement, comme je vous le disais. Ce n'est pas une corvée, ce n'est pas un labeur, ce n'est pas quelque chose d'énervant, qui, oh, c'est fatiguant de le faire. Pour moi, tout ce qui est artistique doit être un moment de libération par rapport à la vie quotidienne. J'ai vu une fille sur Instagram qui a écrit un livre, qui a dédicacé le livre à son ex, mais lui a fait une dédicace de monstre. C'était juste une affreuse dédicace. Elle a envoyé ça à son ex-belle-mère, donc la mère du gars. Et la mère du gars l'a descendue et tout. Il lui a dit, mais qu'est-ce que tu as fait ? Tu as envoyé ça à ma mère. Mais t'es sérieuse ? C'est ce que tu as écrit sur moi. Et c'est là où on voit en fait que la créativité peut être un exitoire à des choses qui nous arrivent. Et créer peut nous permettre de faire ressentir ce qu'il est déjà en nous. Je le disais tout à l'heure, le résultat de notre créativité, c'est la création d'un produit. Soit dans le processus de création. soit dans la fin du produit. La créativité, c'est l'inspiration et l'impulsion en même temps. C'est-à-dire que l'inspiration a allumé quelque chose et puis j'ai une provision d'idées qui me taraude. Du coup, je vois un peu, je peux plus modéliser ce que je veux faire et plus ce sera là, plus ce sera insistant, plus je vais me dire, bon, il faut que je me mette en œuvre. Et en me mettant en œuvre, je commence le processus de création. Je commence la création, en fait. soit dans un processus créatif, soit dans une production de produits finis. Lorsque le créateur met en œuvre la machine et qu'il crée, il est dans une matérialisation d'une partie de lui. Pourquoi ? L'inspiration est venue et a décidé que cette personne-là va produire. Cette idée étant sortie de la tête du créateur pour arriver dans le monde physique, on a une immatérialité de l'idée. C'est-à-dire l'idée est immatérielle et elle est rendue matérielle par la mise en œuvre du créateur. En donnant naissance à une idée matérielle, peu le rôle de la mère qui accouche, c'est-à-dire que la mère prend quelque chose qui est un peu hors du champ physique, qui est dans le sensible, elle le porte, elle le nourrit, il se développe en elle le fœtus pour devenir ensuite le bébé et pour au bout de neuf mois, si tout va bien, sortir et devenir matériel. Mais pour moi, le créateur, c'est pareil. Il expose sa voix et comme je dis sa voix, c'est sa voix V-O-U-X, pas forcément sa vraie voix, mais sa voix intérieure. au monde matériel. Chaque création que vous allez faire, c'est une extension de vous, une extension d'une période de votre vie. C'est une extension de qui vous êtes devenu en faisant cette création-là. Quand vous avez commencé à créer, quand vous avez terminé, vous avez muté en même temps. Vous avez transmuté des éléments de votre vie quotidienne. Vous avez transmuté votre rupture, par exemple. Vous avez transmuté énormément de choses pour arriver à ce produit fini qui porte un bout de vous et qui va présenter ce bout de vous au monde. Vous vous êtes dévoilé, vous êtes nu devant les gens. Vous n'êtes même pas sûr de comment sera reçu ce que vous allez faire. Mais c'est une mise à nu. Je suis fan d'Ella May et elle a fait un album il y a quelques années, je crois que c'est 2021, qui s'appelait Heard of Sleeve. Elle a dit que c'était un album très personnel. Donc ça, c'était avant qu'on sache avec quelle sorte. Elle a dit qu'elle avait mis beaucoup de choses personnelles. Bon, moi, je ne connaissais pas la personne et je ne la connais toujours pas. mais Lorsqu'elle sort l'album et qu'elle se livre et qu'elle parle d'expérience personnelle, on ne connaît pas la personne nous en tant qu'auditeurs, mais on aime bien ce qu'elle produit. On se retrouve dans son mood, dans sa fréquence, on en accroque sa fréquence et du coup on a qu'une envie, c'est de se dire oh là là, mais exactement, c'est ce sentiment-là. Même si vous n'êtes pas en couple, vous êtes en couple avec elle, vous voyez, c'est ce sentiment-là. On ne vous a pas quitté, mais on vous a quitté avec elle. C'est ce sentiment-là, effectivement, elle est trop forte, etc. Et en fait... C'est un bout d'aile qu'elle livre. Et la manière dont elle a livré le bout d'aile, ça rassemble tellement son auditoire derrière qu'on aime, tout simplement. Et c'est parce que cet artiste a accepté cette vulnérabilité qu'elle portait en elle et qu'elle a voulu l'exploser que ça va rassembler des gens autour d'elle. Et c'est ce qui est bien dans la créativité. Parce qu'on se crée en soi, on accepte son unicité, sa propre vision du monde, de voir le monde. qui n'est pas la vision du général, et porter un regard nouveau sur quelque chose de très occidentalisé, ça peut être très bénéfique finalement, puisque ce n'est pas une vision que l'on a habituellement. Vous voyez ce que je veux dire ? Si je prends Bad Bunny avec son album de 2024, début 2025, il rend hommage à Porto Rico, avec des sonorités traditionnelles de trap de latino de reggaeton. Et je trouve que cet artiste, il a accepté pleinement son unicité. Parce que sa pochette d'album, avec le champ de balanes derrière et les chaises en plastique, quel caribéien n'a pas regardé ça et ne s'est pas reconnu directement dedans ? Alors que peut-être qu'un américain ou un français, c'est un paysage qu'ils ne reconnaissent pas. Mais le caribéien, il s'en reconnaît directement dedans. Et les chansons traditionnelles qu'il va mettre, ça ressemble effectivement à ce qu'on entend le dimanche après-midi sur RCI. Notre session Boileo à l'ancienne. Et le fait qu'ils reprennent ça, qu'ils le retranscrivent, qu'ils le modernisent, on est en plein dans son unicité. Et la manière dont ça a été reçu, pour moi, c'est extraordinaire. Puisque là, c'est la mise en avant de la culture caribéenne. Donc là, plus centré hispanophone. Mais c'est super bien, puisque ça a mené à un élan international. Et un succès critique, surtout. Il a de très bonnes critiques sur cet album. Tant dis... que dans cette unicité, parfois, il faut aussi se dire que notre vision du monde peut être mal perçue ou pas comprise. Kendrick Lamar et son album de 2022, Mr. Morales, ce n'est pas que l'album n'était pas bon, c'est qu'il était tellement éclectique, je ne sais pas si éclectique serait le mot, on va plus dire qu'il était tellement novateur dans sa vision des choses qu'il y a eu un engouement au début, mais il n'y a pas eu autant de hits que... Non, l'album précédent d'Hem, parce que ce n'était pas vraiment un album populaire, c'était quelque chose de très centré sur une vision spécifique qui finalement... Même si le public a aimé au début, le public n'a pas suivi pour porter l'album après sur un plus long terme, si vous voyez ce que je veux dire. Donc quelquefois, il faut accepter que lorsque l'on crée, on se recrée. Donc c'est une récréation et ensuite c'est une recréation. Et notre recréation va nous permettre d'affirmer notre unicité. Et que parfois, notre unicité n'est pas compréhensible. Mais ce n'est pas grave, si notre unicité n'est pas compréhensible. ou elle n'est compréhensible que par un certain groupe restreint de gens, c'est aussi bien. On n'est pas obligé de faire des choses pour forcément plaire à tout le monde. On ne doit pas créer pour être dans un conditionnement de plaire à tout le monde ou de créer dans l'attente que parce que les gens créent des choses. Donc il faut absolument rester dans la ligne dans laquelle les gens créent des choses. Je ne pense pas que ce soit la solution. Et c'est pour ça que je dis que la création est une recréation et une récréation. C'est se recréer. Qui j'étais au début du premier épisode du podcast et qui je suis maintenant, ce sont deux personnes différentes et en plus j'assume pleinement ce que je fais. Alors qu'avant, j'étais vraiment peu sûre de moi par rapport à mon podcast. Plus on va pousser, plus on va tendre vers l'identité créative que l'on est vraiment, plus on va l'intégrer et moins on va ressentir la honte, le sentiment d'imposteur ou le manque de confiance. C'est pour ça que je dis qu'il faut se lancer, qu'il faut oser. Mon dernier point sera celui de l'IA et de la fin de la créativité. Pour moi, l'IA et la fin de la créativité, ça reste quand même un faux débat. De un, parce que je considère que c'est de la technologie et que si on met de l'eau dedans, le système, il vrille et que ça arrête de fonctionner. Deuxièmement, parce que l'IA ne produit rien, parce que l'IA n'a pas d'imagination. Je reste dans ma croyance que l'ITER et les créatifs sont connectés. Du coup, ils ont accès à un champ inimaginable de sources de données et d'inspiration. L'IA. L'IA ne fait que nous recracher des choses qu'elle a déjà copiées quelque part et qu'elle nous les ressort en fait. Et elle n'aura jamais la force d'un cerveau humain. Sauf si on termine comme dans Matrix. Et c'est pour ça que je vous dis tout le temps d'être sérieux, de continuer à vous nourrir avec les autres arts et les autres choses. Parce qu'on en a besoin. S'il vous plaît, ne finissons pas comme Matrix 1 si vous n'avez pas retenu la leçon. L'IA, c'est un faux problème parce qu'on commence à voir déjà quelles sont les failles de l'IA dans tout ce qui est écriture. On commence à voir que certains livres ont des dénouements « what the fuck » . L'IA n'a pas ce côté sensible que l'artiste aura. L'artiste a une sensibilité naturelle, une manière de retranscrire les choses que l'IA n'aura pas. Il manque la part d'âme, d'humain. qui est dedans, qui va nourrir l'art. Et c'est ce que l'IA n'a pas. C'est pour ça que pour moi, c'est un faux débat. L'IA se devrait être traité comme un assistant. Puisque c'est un outil, l'IA. L'IA, c'est ce qui me permet de monter le podcast maintenant. C'est ce qui me permet de compléter mes idées. Mais en aucun cas, je ne me dis que l'IA est plus fort que moi. Et quelques fois, en l'utilisant, je me dis, ok, je l'utilise, mais en fait, même si j'ai demandé son avis, c'est mon avis qui va compter à la fin. Pourquoi ? parce que c'est moi qui suis au commande, c'est mon cerveau, j'ai le contrôle dessus. En aucun cas, il est plus intelligent que moi ou il ne me dépasse. C'est moi qui crée, c'est moi la créatrice. Donc, c'est moi qui suis connectée à l'idée et qui sait ce que je veux faire. Donc, quand je rédige mon podcast, je crée mon prompt, je fais ce que j'ai à faire et ensuite, je regarde si je peux ajouter autre chose. Mais je ne laisse jamais écrire tout mon truc puisque moi, j'ai mon cerveau. C'est juste mon assistant pour me donner des éléments complémentaires. Et c'est ce qu'il faut retenir. En tant qu'artiste, vous avez les pleins pouvoirs de votre création. Vous ne devez pas laisser votre création aux mains de l'IA. Les personnes qui rédigent le roman de A à Z avec l'IA, je ne trouve pas que ce soit une bonne idée. Autant pour le vol de leur idée, qui si elle est exceptionnelle, l'IA va vous lire et prendre des données dessus. Autant pour le fait que pour moi, par exemple, être écrivain, c'est prendre le temps d'écrire, d'enlever, d'ajouter, de remanier, de laisser ça pour plus tard. Et en fait, ne pas avoir fait tout ce processus-là. Est-ce que vous êtes vraiment auteur finalement parce que vous n'avez pas fait l'exercice ? C'est triché mais sans vraiment être nourri de ce que vous avez produit, est-ce que vous pouvez dire que vous êtes un écrivain ? Pour moi, ça reste la question. Et j'ai cette vision-là aussi de l'IA parce qu'il y a quelques années, j'ai vu une série qui s'appelait American Gods et qui est inspirée du livre de Nell et Eman. Et ce livre... nous parle des dieux qu'on a apportés aux Etats-Unis par le flux de population. Pour vous faire court, vous avez différents dieux. Vous avez Kali, vous avez Uddin, vous avez Seth, vous avez Basset, vous avez Ishtar par exemple. Vous avez différents dieux de différentes mythologies qui se retrouvent là et qui vont faire la guerre aux nouveaux dieux. Et les nouveaux dieux sont la Tecque. Et étant donné que les dieux sont personnifiés, la Tecque, vous imaginez bien que c'est un jeune blanc, un but de sa personne, sûr de lui, parce qu'on est en plein dans l'évolution de la Tecque. Et vous avez une déesse ancienne. qui représente la reine de Saba, qui s'appelle Bilquist. Et Bilquist représente l'essence de la féminité, la divinité. Et en venant aux Etats-Unis, elle s'est complètement oubliée, du coup elle était sans abri. Et elle va rencontrer Tech à un moment, qui va lui donner un téléphone portable. Et avec ce téléphone portable, elle va pouvoir faire des rencontres. Et sa force, elle va l'attirer de la sexualité. Parce que ce que j'ai compris dans cette série-là, c'est que les dieux tirent leur pouvoir des croyances. des hommes. Quand vous arrêtez de croire en un dieu, il perd sa valeur. Donc le dieu a besoin de votre croyance. Et en fait, Bilquis, elle avait complètement oublié qui elle était et quand elle va commencer à consommer les corps pour retrouver son pouvoir, elle va se sentir plus puissante, elle va commencer à avoir des adeptes et c'est vraiment la sensualité, la sexualité à l'état pur. Mais il y a quelque chose de mystique chez elle, ça je pense que c'est en rapport avec les anciennes civilisations. Et en fait, c'est un personnage qui est central dans le sens où elle ne rentre pas dans la guerre ancien dieu, nouveau dieu, elle est au milieu. Aucune des deux parties n'a vraiment de force sur elle. Allez savoir pourquoi. Et au moment où elle va se disputer avec Tech, qui sera énervée, qui va la toucher, elle va faire Tech ressentir le sensible, les choses, les émotions, les choses qu'il ne connaît pas, puisque de base, Tech, c'est une machine, il est sans cœur. Et elle va lui dire, qu'est-ce que tu m'as fait ? Et ça, ça montrait l'étendue du pouvoir de Bill Quist. Et pourquoi je vous parle de ça ? C'est juste pour vous montrer qu'en fait, derrière cette connexion intempestive, derrière les réseaux sociaux, derrière l'IA, c'est quand même quelque chose qui est déconnecté de la source, qui est déconnecté de l'âme, qui est déconnecté des choses que nous pouvons expérimenter sur un plan sensible. Le plan sensible, l'IA ne l'a pas. Et c'est ça qui fait notre exception. Parce que dans les années à venir, on sera tellement bassiné avec l'IA, que je pense qu'on va retourner vers tout ce qui est artisan, tout ce qui est produit de la main de l'homme. Je pense qu'à un moment, les réseaux sociaux, ça va devenir tellement des vidéos d'IA et on ne saura pas ce qui est vrai, ce qui est faux, qu'on va vouloir retourner dans la vie réelle, on va vouloir expérimenter autre chose. Donc, se confronter à l'IA, se mettre en rivalité avec quelque chose qui n'a pas le même pouvoir que vous, ça n'en vaut pas la peine. Je pense qu'il faut vraiment croire en soi. L'IA, c'est une nouvelle modalité, comme l'était le téléphone portable, comme l'était Internet, mais il ne faut pas lui accorder cette... grande importance qu'on veut lui donner. Il faut vraiment garder le pouvoir de ce qu'on est. Et sachant que l'humain a pour grand pouvoir l'imagination que l'il n'y en a pas, il faut continuer à utiliser son imagination pour créer autre chose. Maintenant, on parle de changer la réalité, de fréquences, de vibrations. Il faut continuer à nourrir que tout ira bien. J'espère que l'épisode n'est pas trop fouillé, que vous avez trouvé où je voulais en venir. Tout au long du processus, lorsqu'on... commence une création, lorsqu'on est inspiré par quelque chose, en fait, on va se transformer, se mouvoir, on va rentrer dans un état de transmutation et de nos traumas et de ce qui se passe autour et ça peut nous conduire à créer des choses. L'art, la créativité, du moins la création, c'est aussi un exutoire de choses qui peuvent être lourdes. On sait qu'il y a beaucoup de personnes qui ont été traumatisées par des événements qui trouvent le sens des choses en pratiquant un art. ça va vraiment servir à nous transformer et aussi à accepter qui nous sommes à l'intérieur. Parce que finalement, si je me sens écrivaine, mais que je ne sens pas légitime, en commençant à écrire, je me rends compte que je suis quand même écrivaine. Si je suis chanteur, et même si en faisant une petite chanson de temps en temps, je suis déjà chanteur, je n'ai pas besoin de l'aval du public, des personnes qui like, cachent mes albums. Vous voyez ce que je veux vous dire ? Déjà qu'en ayant l'idée, vous êtes déjà... Ce créatif, le créatif que vous pensez être. Il faut juste nourrir pour, si vous n'avez pas confiance, vous sentir encore plus comme ça et conforter ce sentiment d'être vraiment ça. Parce qu'en fait, en ne le faisant pas, vous vous reniez. Il n'y a pas beaucoup de personnes qui sont connectées à l'imagination comme les créatifs. Ça ne sert à rien de renier une part de vous-même. Parce qu'en se reniant pour rentrer dans un système, le cadre d'un système qui en fait ne fonctionne pas et qui est défaillant, et qui montre ses limites, on s'étouffe et on meurt. Et il y a beaucoup de personnes qui voudraient d'être créatifs comme vous. Donc si vous avez l'idée, franchement, moi je vous dis de vous lancer. La citation de fin aujourd'hui est une citation de Deepak Chopra qui nous dit « Dans chaque graine, dans la promesse de milliers de forêts. » Et j'ai trouvé que cette citation-là était parfaite pour notre épisode. Vous imaginez la résilience, la force qu'il faut à une petite graine pour pouvoir émerger, s'étendre, produire des branches, muscler ses branches, s'étirer, faire des feuilles, s'étendre encore de plus en plus haut vers le ciel, se connecter aux arbres qui sont aux alentours, continuer à s'étendre, faire un énorme feuillage et arriver en haut. Il se dit bon, dernier élément, on fait des fruits. Et c'est exactement ça. C'est comme si on reste dans la théologie de la Bible où on vous dit qu'il faut la fois une graine de moutarde pour pouvoir faire quelque chose. Pour moi, chaque idée est la promesse de quelque chose. Il faut laisser la promesse pousser, évoluer. Et quand on vous dit que la promesse pousse, évolue, c'est-à-dire que la graine c'est l'inspiration, la mise en œuvre c'est la créativité et le processus créatif qui vient avec. Et ensuite, c'est là où on commence à voir ériger les choses. Et de la graine, on arrive à l'arbre. Et c'est ça, de la petitesse de qui on pensait être, à la fin, on voit tout l'arbre. Et finalement, l'arbre, c'est nous. Et l'arbre, c'est l'idée qu'on a matérialisée. On est parti de quelque chose dont on n'avait même pas idée de tout ce que ça pouvait produire. C'est ça, l'artiste. L'artiste, c'est un passeur, comme Samy dans Sinners, qui rend immatériel matériel, avec sa propre patte, sa propre vision des choses, et qui ose. porter sa voix au monde et se présenter au monde en lui donnant une partie de son âme à la libre interprétation des hommes. C'est aussi celui qui est connecté d'une manière très spécifique à l'éther, à l'imagination, aux sensibles, et qui, à travers ce qu'il va dire et ce qu'il va porter, va inspirer d'autres personnes et va amener d'autres personnes aussi sur le chemin de leur propre unicité. Et qui va inciter ces autres personnes-là à porter aussi leur voix. Merci mes grands soleils, c'est tout pour moi pour aujourd'hui. Je vous remercie d'avoir été jusqu'au bout de l'épisode. N'hésitez pas à liker, à partager, à me donner votre avis. Et je vous dis à la prochaine.