Speaker #0Is that too late ? Is that too late ? All you gotta do is fall out of tune Is that too late ? Is that too late ? All you gotta do is fall out of tune Hello tout le monde, j'espère que vous allez bien. Aujourd'hui, on est au cinquième épisode, on va aborder un sujet qui m'est apparu comme ça mais que je trouve intéressant. Il s'appelle « Produire dans l'incertitude » . Pourquoi j'ai pensé à ça ? C'est parce que quand je me remémore mon aventure d'écrivaine, quand j'ai commencé à écrire, j'étais en train de passer le concours pour devenir prof d'histoire géo, et en fait... J'ai eu une vague d'inspiration, je commençais à écrire, je me suis sentie investie dans mon écriture. Et j'ai raté mon concours. J'ai raté mon concours alors que je n'étais pas du tout concentrée dessus. Et quand je l'ai raté, ça m'a donné envie de me concentrer encore plus sur mon activité d'écrivain. J'étais dans un moment d'incertitude où rien n'allait. Rien n'allait parce que mon plan c'était tu es prof d'histoire, tu seras prof d'histoire et puis voilà. Et rater le concours alors que j'étais admissible, même si j'avais ma petite activité créative à côté. Mon plan de base pour me nourrir et être une adulte responsable, n'est-ce pas, c'était d'être prof d'histoire géo, titulaire. Et du fait de ne pas l'avoir eu, de ne pas avoir réussi à accomplir ça, tout s'est effondré. J'ai vu ça un peu comme un échec. Je me suis dit, bon, qu'est-ce que je fais ? La seule chose qui me reste, c'était le roman que j'étais en train d'écrire. Et finalement, je ne regrette pas parce que ça a été une expérience personnelle. Je me suis demandé comment vous, en tant que créatif dans différents sujets, vous arrivez à... créer ou est-ce que vous êtes démotivé dans la création ? Comment maintenir une activité créative quand tout va mal ? On parle de réchauffement climatique, d'ouragans, de tremblements de terre. Est-ce que vous avez vu le délire de ce qui s'est fait à la Jamaïque ? Là, je me dis, ça arrive en Guadeloupe, mais on est fichu. Donc, les ouragans de catégorie 5, les tremblements de terre, les incendies, l'Europe et les incendies de forêt, Hollywood et son incendie là en janvier, je crois. C'est quand même incroyable de se dire que finalement, le climat a quand même une part à jouer dans notre monde, que ça reste une incertitude. Et ensuite, on a toutes les décisions politiques entre la guerre en Ukraine, Israël. On parle des conflits mondiaux, les génocides du Congo qui est mis au silence. Ce qui se passe au Soudan aussi, l'esclavage des Noirs en Mauritanie, le trafic humain qui se fait à la Libye parce que les Africains traversent le continent pour aller en Europe. On a beaucoup d'éléments comme ça. les décisions de Trump La France de Macron, c'est carrément devenu une expression. La France de Macron, pour dire que la vie est compliquée pour les classes moyennes. On a toutes les problématiques de la femme. Être une femme, la sexualité de la femme, le viol, comment se sentir femme, qu'est-ce qu'être une femme, la charge mentale de la femme, le postpartum, etc. Les changements d'orbent, SOPK, fibromes. Toutes les problématiques qui touchent à la femme, alors que ce n'est pas l'idée que renvoyait la société à l'époque. On a aussi cette idée de la fin de l'exception. Avec un rapport qui n'est plus basé sur le talent, mais où n'importe qui peut devenir célèbre du jour au lendemain, où on n'a plus besoin de chanter pour être un chanteur, ce qui est quand même particulier, où les acteurs ce n'est pas forcément ça. Et en fait, on est dans un monde où tout le monde peut réussir et la réussite n'a plus de valeur. On rentre vraiment dans ce qu'on appelle la culture du vide et ça on verra ça après. Comment créer alors que tout est incertain et qu'on sait que tout va mal ? Premier point, on va parler de l'état du monde actuel. On a des politiques qui dérangent, que ce soit la réélection de Trump, son investissement dans la politique de ICE. Je ne sais pas si on dit politique de ICE ou on va dire les RAFs de ICE, police des frontières qui vient, je veux dire Target mais ce n'est pas le mot, qui vient, on va dire, déporter les populations mexicaines, c'est déjà quelque chose. Donc on vit dans une situation mondiale qui est assez compliquée, où on a l'impression que tout nous échappe et on ne contrôle rien. Je vous ai dit la France de Macron. Là où les transports ont augmenté, le chauffage augmente, donc si j'ai froid, je ne peux pas. Là où on va peut-être nous enlever les découverts. On est dans des situations qu'on ne contrôle plus, puisqu'en fait, on est à la merci de personnes qui sont déconnectées de la population, on va dire de la masse classe moyenne pauvre, qui sont déconnectées, qui prennent des décisions pour ces personnes-là. Donc là, on a vraiment un écart de vision du monde et on se retrouve dans des situations qui font... font penser à la dystopie. On est en plein dedans en fait. Alors la dystopie, qu'est-ce que c'est ? La dystopie, c'est un récit qui décrit une société imaginaire sombre et oppressante où les libertés sont restreintes. Et où règne le chaos, l'injustice ou la peur ? Histoire de bien vous donner une idée de ce que c'est qu'une dystopie, je vous ai pris la série Black Mirror. Pour moi, c'est le meilleur exemple. C'est la série britannique qui nous parle des quatre sociétés très précis qui nous amènent à nous questionner entre l'évolution de la technologie, l'évolution des hommes, quel est un futur possible ? Un futur qui déraille. Le premier épisode a été marquant, c'était celui où le Premier ministre a été forcé d'avoir des relations avec le cochon. C'était quand même impressionnant. On a eu l'épisode aussi des réseaux sociaux. Comment les réseaux sociaux façonnent une fausse image de nous ? Parce qu'on doit être noté par les gens qu'on ne connaît pas vraiment. Et cela va nous donner une sorte de crédit social pour avoir un meilleur niveau de vie. Donc là, on est vraiment dans ce qu'on appelle une dystopie. On va créer une société. basé sur quelque chose de sombre et où on va tenter de survivre derrière quelque chose qui peut être absurde, injuste ou attiser la peur. Des fois on se dit mais où on est ? Un autre exemple dystopique ce serait 1987 de George Orwell. Donc ce roman n'est plus à présenter. C'est un roman d'anticipation qui décrit une société totalitaire où le pouvoir surveille et contrôle chacun des aspects de la vie des citoyens en supprimant toute forme de liberté personnelle. Et on a le célèbre personnage qui est Big Brother, celui qui a la tête du pays, qui contrôle dans tous les aspects. Big Brother is watching you. Donc Big Brother te regarde. On a une société qui est en permanence sous contrôle. Et on est dans une société du visible. Tout est visible, il n'y a plus de vie privée. Et en fait, si on transpose à nos sociétés modernes, avec l'apparition des smartphones, des webcams, si quelque chose n'est pas posté, quelque chose n'existe pas. Donc si je n'ai pas de présence en ligne, je n'existe pas. Je n'ai même plus besoin d'être surveillée par le LVI puisque je mets déjà et je donne à des gens que je ne connais pas forcément l'accès à ma vie privée. Et ça, je pense à toutes les influenceuses, mômes influenceuses qui mettent leur enfant ou qui mettent leur grossesse sur Internet, ça, je trouve ça chaud, pour pouvoir montrer. Donc là, on est vraiment dans des éléments de divertissement, mais qui nous ramènent beaucoup à ce que l'on vit actuellement. Même dans le divertissement, on peut retrouver une image négative de la société dans laquelle on vit. Ce qui peut contribuer à un climat anxiogène et à remettre en question le monde dans lequel on vit. Par exemple, si je transpose George Orwell aussi au Covid, pour le Covid c'était n'importe quoi. Les décisions absurdes qui étaient prises, la suppression des libertés personnelles, la pression psychologique qui était suivie, surtout si vous ne vouliez pas vous faire vacciner, la responsabilité de porter la santé d'autrui alors que je suis responsable de ma santé et toi tu fais ce que tu veux avec ton corps. On est dans quelque chose de complètement absurde, dans des sociétés qui ne fonctionnent plus sur le bon sens, mais sur la direction qu'on a imposée. C'est ce qui fait peur. C'est l'impression d'avoir des chefs charismatiques qui viennent, imposent une vision du monde, un contrôle sur une société qui fonctionne de certaines manières. En Europe, on a la montée de courants d'extrême droite au pouvoir. Là, on a un regain de la pensée d'extrême droite, de tout ce qui est traditionnalisme. et ça crée vraiment... Un climat anxiogène. Donc, qu'est-ce qu'on laisse pour le futur ? On ne sait pas. Le changement climatique est un autre élément qui peut faire paniquer, par exemple avec des phénomènes cycloniques de plus en plus impressionnants, des tremblements de terre de plus en plus forts, des incendies de forêt. Et on est dans quelque chose qu'on ne contrôle pas, surtout pour ceux qui sont dans la Caraïbe. Moi, j'habite en Guadeloupe. Penser que je peux avoir quelque chose comme... Je ne me rappelle plus de l'ouragne. C'est Martin qui peut toucher la Guadeloupe. Sachant qu'en Guadeloupe, j'ai déjà des problèmes d'eau. Il n'y a pas de canalisation compétente. Je me dis, s'il y a quelque chose qui vient en Guadeloupe, comme ce qui a touché la Jamaïque, comment je survis ? Comment je survis ? Donc, le climat est incertain. C'est-à-dire que le climat peut se réveiller un jour et puis décider de faire une dinguerie et je suis à la menace du climat. Ça me met face encore à ce qui est hors de contrôle, à une forme d'impuissance, à une non-puissance de ma part. Et je peux aller plus loin dans ce qui est le changement climatique quand je pense à la situation d'Amazonie où on est en train de couper des arbres. Est-ce que je vais continuer à écrire lorsque je sais que si j'édite mes livres et que je veux les éditer en papier, ce qui est sûr, on va couper des arbres et donc je participerai indirectement à la déforestation ? Ou que mon matériel de musique, si un jour je veux faire de la musique, pour avoir des cartes mémoires de plus en plus petites, des ordinateurs que je peux porter, ils ont besoin de certains minerais qui ne sont pas extraits de manière éthique en respectant la charte des lois du travail. Je sais qu'il y aura de l'exploitation enfantine derrière. comment faire face à des problématiques personnelles qui deviennent éthiques à un niveau par rapport à la consommation et à la production que j'en fais. Il y a énormément de problématiques par rapport à ça. Mais pour rester dans le thème du changement climatique, on va se concentrer sur deux films. Alors, le premier s'appelle Le jour d'après. C'est un film catastrophe qui est sorti en 2004 avec pour réalisateur Roland M. Emmerich. Il met en scène une série d'événements catastrophiques qui va frapper la planète suite aux dérèglements climatiques. Quand on met ça en scène, on en parlait déjà en 2004 et là on est en 2025, on voit qu'il y a énormément de corrélations entre les deux. Quand on sait que le niveau de l'océan va remonter, on peut se poser des questions pour les petites îles insulières de la Carribe. On a tout ce qui est inondations, tempêtes de neige. bouleversement météorologique. Tout ça vient ajouter encore à la pression, à la vulnérabilité de l'homme par rapport à la nature, puisqu'au final, c'est la nature qui décide. Soit disant, l'homme est tout puissant, mais finalement. Le deuxième film, c'est Leave the World Behind. Il a été produit par Obama. Je crois qu'il y avait une histoire d'Obama dans le film, en 2023, avec Julia Roberts. Et en fait, ça adapte un roman de Roman Allen. Il raconte l'histoire d'une famille qui part en vacances. et un événement mystérieux va bouleverser les vacances en famille et on est dans un fond de catastrophe mondiale. Ce film-là a été reçu d'une manière un peu particulière parce qu'apparemment la fin a été bizarre. Je n'ai pas tout parce que pour moi il était bizarre depuis le début du film. Mais là encore, on retrouve une incertitude par rapport à une catastrophe mondiale, c'est-à-dire qu'on est habitué à un certain mode de vie et comment on va survivre si tout s'arrête ou si on est confronté à une difficulté. Est-ce que je n'ai plus de maison ? Je peux vivre dans les bois ? Un stade de survie, je ne veux pas dire zéro, mais ça peut être compliqué. Ensuite, on va rentrer dans tout ce qui est conditions de la femme. Donc on a l'éveil avec le mouvement MeToo. Ce n'est pas que les femmes n'avaient pas des problèmes avant, mais là maintenant c'est mise en lumière. Ce n'est pas que certaines ne voulaient pas porter leur voix, c'est juste que maintenant elles auront peut-être un peu plus de crédit. Quoique, à mettre entre parenthèses, on a tout ce qui est mouvement MeToo. La remise en question de certains courants féministes qui peuvent être vus comme très radicals, oppressants parfois. Vous allez voir pourquoi je dis ça. Condition de la femme en général dans la société patriarcale, avec son corps, la vision qui est faite de son corps, sa santé mentale. Avant on disait, tu te maries, tu fais des enfants et puis voilà. Maintenant on va te dire, déjà que le dating c'est compliqué. Avoir une relation c'est du travail et là maintenant on voit des relations dysfonctionnelles. Donc on se dit je ne veux pas rester dans ça. Te marier, ok, mais ça dépend avec qui tu t'es mariée. Puis tu te maries, tu fais des enfants. Mais finalement, faire des enfants, ça rapporte tellement de problèmes à ton corps. Au-delà, quand tu expliques que l'enfant n'est encore pas bien, et tu es encore trois ans avant de te retrouver complètement. On a énormément de choses qui montrent que la société patriarcale a ses limites, et qu'elle-même est en train de mourir. Et que la femme en soi rencontre des problématiques qui n'étaient pas mises en lumière auparavant. Mes deux œuvres sur lesquelles je me suis un peu appuyée, si hand-maint La servante écarlate de Margaret Atwood. Alors, je n'ai pas lu le livre, mais j'ai vu la série. On est vraiment dans la dépossession du corps de la femme. On choisit certaines femmes qui seront violées avec l'accord de la femme du secrétaire d'État ou de je ne sais qui, enfin, l'homme influent. Elles sont violées parce que la servante écarlate va servir à faire des enfants. Et là, on a encore cette idée de possession de l'homme du corps de la femme par rapport à sa puissance et une dépossession de la femme en elle-même. C'est un roman qui a été écrit il y a longtemps, mais on peut toujours le transposer actuellement quand on sait qu'une femme, pour certains hommes, soit ne sont pas déconstruits, soit n'ont pas l'ouverture d'esprit, qu'ils n'aiment pas la femme. Ils voient en la femme que le caractère sexuel. Et puis c'est tout. Donc ça aussi, c'est particulier. Je voulais aussi parler de Bellux dans Classe et race. C'est un regroupement d'essais, mais il y a un essai qui m'avait marqué où elle parlait de l'émergence du mouvement féministe et comment le mouvement féministe, selon son expérience, a servi les femmes blanches de catégorie bourgeoise à avoir le même niveau que les hommes blancs. Et comment les femmes racisées étaient là pour faire décoration, mais ça restait encore une domination blanche à l'intérieur du groupe de féministes qui est censé aider à la libération des femmes. Les femmes racisées étaient tenues à fermer leur bouche et à faire décoration. Ça donnait une double expérience discriminante pour les femmes racisées. Et c'est de là que va naître quelque chose qui s'appelle l'intersectionnalité. Ça veut dire que je suis une femme. Au même titre qu'une femme blanche, je subis du sexisme. Mais en plus du sexisme, je voudrais subir du racisme, de l'hypersexualisation parce que je suis une femme noire. Si j'étais handicapée, j'aurais pu subir quelque chose à rapport à mon handicap, de la discrimination par le fait que je sois anti-sexe. En plus, j'ai un accent. Ou que je suis noire et que je ne devrais pas me trouver dans une certaine sphère parce que je suis une femme noire, anti-sexe. C'est de là qu'on parle de l'intersectionnalité. On se rend compte qu'au-delà de la simple condition de la femme, Si on est une femme racisée, on a énormément d'autres facteurs en jeu. Et le féminisme, pour Bellux, a servi une catégorie de femmes bourgeoises qui ont vu dans le travail une manière de devenir indépendantes, mais surtout d'avoir le même pouvoir que les hommes blancs. Mais d'une autre manière, ça leur a permis de continuer l'exploitation des hommes blancs. Puisque si la femme blanche va travailler, il faut qu'elle ait une femme philippine. asiatiques, mexicaines, noires, jamaïcaines, pour s'occuper de son enfant. Donc elle participe à l'exploitation des autres femmes racisées, sauf qu'elle, elle est mise en avant comme modèle de réussite pour la société. C'était très intéressant. Si vous voulez lire le livre, vous pouvez. Donc tout ça pour revenir à la problématique de la femme. Qu'est-ce qu'être une femme en 2025 ? Qu'est-ce que vouloir être en couple en 2025 ? Qu'est-ce que se donner de la valeur en 2025 ? C'est compliqué pour les femmes. C'est vraiment compliqué. Alors, mon dernier point. point sera celui de la culture du vide. C'est un concept qui a été développé par le sociologue Gilles Lipovetsky. En fait, il désigne une période qui est marquée par l'individualisme, la superficialité, l'absence de valeur et l'absence de valeur collective et profonde. Selon lui, la culture du vide reflète une société où le sens et l'engagement sont remplacés par le consumérisme, le divertissement et l'effervescence. Donc là, on est vraiment dans l'émergence des réseaux sociaux. L'idiocratie. Il y a un film qui s'appelle Idiocratie. Je ne sais plus de qui d'ailleurs, je ne l'ai pas regardé, mais il peut être intéressant. L'idiocratie qui est mise en avant. Les personnages de télé-réalité avec leur discours qui est un peu pauvre, on ne voit pas très bien ce qu'ils racontent, mais pourtant ils sont là, ils sont mis en scène, un peu comme des panthères en train de surjouer les choses, de crier, de se battre. On parle de l'individualisme, donc se faire passer en avant, en premier. La superficialité, on est vraiment dans les réseaux sociaux, l'exposition d'une vie ostentatoire. Parfois, on n'a pas forcément, parce que moi, j'ai vu une influenceuse qui allait prendre des sacs dans les poubelles de Dior, je crois, et puis elle faisait des photos avec. Donc, on est vraiment dans une société de montrer ce qu'on n'a pas parce que le consumérisme a acheté et contribué à la société capitaliste. Plus j'ai, plus ça va prouver ma valeur au monde, alors qu'en fait, ce n'est pas vraiment ça. Donc, on est dans une valorisation de l'appauvrissement de la culture. La preuve, le rap est ensuite libre. Vous avez vu comment le rap a été déjà réapproprié par des personnages. bourgeois comme Joule. C'est pas du rap, c'est pas possible. Et là, on a un rap qui commence à s'affaisser. Les écoutes de rap vont s'affaisser. Pourquoi ? La production de rap qui est produite de musiques d'artistes qui viennent, ne venant pas révolutionner le genre concrètement, on a une perte d'intérêt puisque maintenant, les gens vont vouloir écouter les classiques et plus ce qui est nouveau. Donc là, on a déjà un problème. On a un appauvrissement de la culture rap alors que de base, le rap était un peu revendicateur. Donc si les gens qui avaient commencé ça Vous voyez ce que c'était devenu ? Bref, je vais loin. Ensuite, on a toute l'imagerie de la bad bitch qui est passée comme l'émancipation de la femme qui a le droit de raconter son corps, d'explorer sa vie sexuelle. Mais maintenant, qui commence à être décriée parce que c'est une hypersexualisation, c'est aussi un rabaissement de la femme noire et ça dessert l'image de la femme noire puisqu'on n'a plus la valeur de la femme. On a une femme qui devient un bien de consommation. Surtout si elle demande, comme Cardi B, Megan Thee Stallion, elle parle de monétiser le rapport au corps. Donc là, on rentre dans une apologie de la prostitution. La bad bitch a été controversée, autant elle a été appréciée pour son style, le fait qu'elle ose les couleurs, etc. Mais autant son apologie à la prostitution, et même certains courants spirituels commencent même à dire que, étant donné que les rapports ne sont pas tout le temps plaisants avec un homme, avec les hommes en général, surtout ceux qui ne sont pas ouverts à la sexualité. avoir différents rapports avec différents hommes et se sentir mal parce que c'est complètement vidé, avoir aucun plaisir dans ça, il n'y aurait aucun intérêt. On a des influenceurs qui sont payés pour rien, face à la vie de certaines personnes. Déjà, le mot influenceur est particulier parce que pour moi, influenceur, ça veut dire que la personne ne sait pas penser par elle-même, elle a besoin de quelqu'un d'autre pour lui apprendre des choses. Popularisation des instructions TikTok pour faire le buzz parce que finalement, je peux devenir célèbre avec une chanson TikTok. Sauf que la chanson TikTok peut me déservir puisqu'on ne va pas chercher à connaître mon catalogue mais juste ma chanson TikTok. Et ça on l'a vu dans les concerts. C'est-à-dire qu'on perd le rapport entre l'artiste et le monde. Et en fait on se concentre juste sur un élément et on vient le voir en concert pour une chanson de lui. Netflix et ses téléfilms de masse qui ne sont pas forcément tous mous ou qui ne sont pas si travaillés que ça et qui vous laissent deviner la fin d'elle au début, ça c'est aussi décrier. Donc on est vraiment dans quelque chose de... vide, c'est-à-dire qu'il n'y a plus l'idée de faire réfléchir derrière. L'autre polémique, c'est la femme de ménage. Est-ce que la femme de ménage est un livre qui est important, bien écrit ? Les dernières choses qui remontent au-delà du fait que la fin ne serait pas plausible, et effectivement, il faut se poser des questions sur la fin, là, on se demande si ce n'est pas la personne qui écrit ne serait pas l'IA, puisque l'autrice a trop de livres à son actif. Je crois qu'elle en a une dizaine. pas forcément tous publiés en France, mais trop pour des romans ou des intrigues qui ne sont pas si intéressantes que ça. Donc, à savoir. Alors là, vous allez me dire, Nelly, tu as fait une énumération de choses, tu nous as parlé de choses catastrophiques les unes après les autres. Où veux-tu en venir ? En fait, que l'on parle de sujets controversés, réels ou pas, donc que ce soit dans le changement climatique, les conditions de la femme, et encore, je n'ai même pas parlé des LGBT. On est dans des productions artistiques qui continuent à produire ou à être produites. Ça veut dire que même si j'ai eu le changement climatique, j'ai fait le jour d'après en prévention du changement climatique. Ça veut dire que j'ai mis quand même la thématique en avant. Même si Black Mirror, c'est intéressant parce qu'on voit qu'il y a certains éléments qui se réalisent en vrai et c'est un peu flippant. Mais en fait, je mets en avant des choses. Ce n'est pas parce que les choses sont incertaines qu'on ne doit pas continuer à créer. Durant le Covid, je sais que beaucoup de personnes se sont lancées dans les activités créatives. Donc la créativité, c'est ce qui reste en fait quand on n'a rien ou quand on vit des moments difficiles. Van Gogh, il a produit ses œuvres célèbres alors qu'il était en souffrance psychologique et en isolement. Frida Kahlo, qui à la suite d'un grave accident, elle souffrait énormément, elle avait des douleurs physiques intenses. Elle a continué à faire ses autoportraits. malgré la douleur. Donc on se rend compte que lorsqu'on est artiste, l'artiste c'est celui qui crée individuellement pour toucher le collectif ou le pluriel. Ce sont ses expériences du monde, de la vie, son interprétation de ce qui l'entoure qui va servir à nourrir et participer à la création de son œuvre ou de l'extension de lui qu'il va pouvoir présenter au monde. Donc ce n'est pas parce qu'on voit que tout part à volo qu'il faut perdre espoir. 1987 7. Je crois que George Orwell a dit, s'il vous plaît, ne laissez pas le monde devenir comme ça. C'est que derrière l'art, qui peut être négatif ou avoir une vision peu glorieuse du monde, on a une forme de prévention, d'alerte et surtout, quelque part, peut-être de l'espoir. De l'espoir que ça ira mieux ou de l'espoir de se sentir bien. Et je pense que tout artiste étant déjà de nature sensible doit s'accorder ses moments artistiques. puisque c'est ce qui lui permet de se connecter à lui-même et à ce qu'il a à l'intérieur. C'est ce qui va lui servir d'exutoire pour exprimer de la frustration, de la colère par rapport à une situation, parce qu'on sait que ça, ça va permettre de créer quelque chose. Bansky, il fait des œuvres qui dérangent et du coup, on est même amené à voir effacer ses œuvres en Grande-Bretagne. Ce sont les expériences, le monde qui entoure l'artiste qui peut l'énerver, le nourrir, le rendre triste. qui va lui permettre de créer, si on reste gentillet, le fait où Patrick Saint-Éloi, c'était des gens vraiment sensibles. Et pourtant, quand il nous sortait de la musique, c'était extrêmement profond. Patrick Saint-Éloi, il avait des jeunes visions sur tout ce qui est réchauffement climatique et tout. Il a prévenu les gens, les gens étaient là « Oh, c'est beau ! » Mais en écoutant quelques années après, on se rend compte qu'il y avait des gens en avance avec son temps. L'artiste a besoin de cet exutoire artistique, créatif, pour pouvoir déjà être mieux avec lui-même et ensuite partager au monde. peut-être éveiller les consciences. Donc oui, on a une perte de valeur, on a une célébrité à gogo, mais finalement, est-ce que ce ne serait pas plus simple d'être un artiste maintenant, avec les réseaux, la possibilité d'être visible, de devenir un vira du jour au lendemain, ou encore de se créer un personnage anonyme qui lui va nous permettre de briller ? Alors oui, il y a l'IA qui est mise en avant, mais pour moi, encore une fois, l'IA, c'est un faux sujet. En fait, ce que je veux dire, c'est qu'il ne faut pas tenir compte forcément des enjeux mondiaux. Ou en tout cas, prendre conscience qu'à notre échelle, n'étant pas Macron, ce n'est pas qu'on n'a pas le pouvoir, c'est peut-être qu'il faudrait déplacer le curseur du pouvoir. Peut-être que finalement, dans la France de Macron, j'aurai plus d'impact en m'adonnant à la peinture et en créant des œuvres, des images fortes qui seront exposées, qui vont amener à réfléchir, révéler conscience. Peut-être que c'est là qu'il réside mon pouvoir. Pas dans l'inquiétude que je me ferais de ce qui se passe à l'extérieur de moi et qui est hors de mon champ de contrôle, mais ce qui se passe à l'intérieur de moi. Comment je régule les émotions qui m'étouffent, m'entravent ? C'est replacer mon pouvoir avec le bon curseur. Si mon arme c'est l'écriture, je vais écrire. Si mon arme c'est le dessin, je vais dessiner. Si mon arme c'est la peinture, je vais peindre. Si c'est écrire une chanson, ce sera ça. Et peut-être que ce que je vais produire aura un impact tel qu'effectivement ça... pourra faire changer les choses. Mais je ne dois pas me laisser submerger par des choses qui sont en dehors de mon contrôle. Parce qu'à une certaine échelle, je n'ai pas ce pouvoir-là. Et je vais même un petit peu plus loin, ça peut être compliqué de tenir compte des enjeux mondiaux, sociétaux, mais en fait, on est humain et on fait de notre mieux. Je ne vais pas reprocher à une mère qui vit dans la France de Macron, qui a des revenus modestes et qui a trois enfants, d'aller acheter des vêtements à prix de marque. ou à Chine si ça peut lui permettre d'habiller ses enfants parce qu'elle n'a pas beaucoup de revenus. Donc oui, je suis consciente des enjeux mondiaux, mais si je vais acheter un nouveau micro pour parler, pour vous inspirer, je suis obligée de m'acheter un nouveau micro, je suis obligée de m'acheter un nouveau matériel, puis qualitatif. Je suis très consciente des enjeux, des limites du capitalisme, mais je dois aussi continuer à produire. Je n'ai pas de solution qui pourrait être le bon choix. Tout ce que je dis, c'est d'essayer de faire de son mieux. On peut essayer de se tourner vers une consommation qui sera peut-être plus éthique. Bon, peut-être que je ne resterai pas chez Chy, peut-être que je me tournerai vers le couturier du quartier, comme ça, ça fait que j'économise des sous. Peut-être que ça me reviendra mon cher, je ne sais pas. Continuer à nourrir ses pensées avec des choses plus positives. Si, par exemple, je suis indignée par ce qui se passe en Israël, au Congo, etc. Certes, à mon échelle, je suis consciente de la problématique. Mais si j'achète des livres, je regarde des documentaires, je m'instruis sur tout ce qui est géopolitique, etc. Je suis en train de former les armes que je vais utiliser par ma voix pour parler de sujets. Et peut-être que là, je pourrais me mettre sur les réseaux pour discuter. Mais avant de parler de ça, il faudrait que j'utilise mon cerveau, que je le façonne, que je le nourrisse de différentes pensées contraires, des avis avec lesquels je suis plus ou moins d'accord ou pas du tout d'accord. Et en faisant ça, je nourris ma pensée, j'étends. J'étends mon champ de conscience, mon champ de connaissances, et de là, je peux me permettre d'aller revendiquer, mais là, je ne suis pas d'accord. Parce que si, ça, ça, ça, ça, ça, parce que j'ai travaillé ma pensée avant. Donc oui, nous sommes de simples humains face à un collectif qui, parfois, par avolo, qui est sous notre contrôle sans l'être vraiment. Parce qu'on s'adapte, on se conforme. Mais en fait, ce que je veux rappeler, c'est que le monde, c'est une illusion. Et que tout est incertain. Et c'est aussi ça le but de la vie. c'est trouver une sorte de balance entre l'incertitude et continue à produire de la vie, malgré tout. Parce que le désir, c'est la vie. Désirer la vie, c'est ce qui donne l'impulsion pour continuer à vivre. Et il n'y a pas de vie sans désir. Et l'art veut exister à travers le désir de celui qui le crée. C'est parce que celui qui crée est animé par la vie qu'il veut transmettre à l'extérieur de lui ce qu'il a créé. Il faut accepter d'être humain, de ne pas avoir tous les codes, de ne pas avoir toutes les réponses. Malgré l'adversité de continuer à faire ce pour quoi on est là, c'est-à-dire créer. Et même utiliser nos histoires personnelles pour créer. Puisque finalement, peut-être que ma rupture va me permettre d'écrire quelque chose. Peut-être que ma dépression va faire que j'aime... Je ne suis pas dépressive, je donne un exemple, je précise. Mais ça va me permettre de m'intéresser à la photographie et je ferai des bêtes de photos. Peut-être que je vais découvrir que je suis réalisatrice ou productrice parce qu'un jour... Comme Ava Duvernay qui découvre à 40 ans qu'elle est réalisatrice. On ne sait jamais. C'est aussi la vie, c'est tester, essayer. Là, ça n'a pas fonctionné. Je ne suis pas douée en dessin, mais peut-être qu'à la peinture, c'est un mieux. La vie, c'est tester, essayer. On est humain, on n'a pas forcément tous les codes. Tout n'est pas en notre pouvoir. Mais ce qui est en notre pouvoir, c'est notre vie et ce qu'on va faire d'elle. C'est notre activité artistique. Et si jamais on n'est pas bon là, on peut en changer. Et si finalement, le monde m'inquiète tant que ça, je peux mettre le monde dans mon art. Et la manière dont je vais le mettre dans mon art va me donner un contrôle sur lui. Et puis, pour terminer, je pourrais aussi dire que, étant donné que le monde, chacun a sa vision du monde et sa vision de la réalité, parce que la manière dont je perçois le monde est personnelle, et qu'on est dans un monde d'illusions, en étant les problèmes du monde dans mon œuvre, peut-être que ça me donne un contrôle sur ma réalité finalement. Donc voilà, je m'étends. Alors, on passe à la citation de fin. J'ai décidé de prendre une citation de Frida Kahlo qui dit « Je peins des fleurs pour qu'elles ne se meurent pas » . Et là, on est en plein dans l'évanescence de la vie, dans le rien, dans ce qui n'est pas certain, mais qui est aussi de l'art. Rien n'est certain, donc fais-le quand même. Peut-être que tu seras virale demain, ou pas du tout, mais le fait de le faire, ça va déjà te permettre à toi de te sentir mieux avec toi-même. Et en fait, je veux vous dire que même quand vous avez des... doute, vous avez l'impression de porter le poids du monde. Quel que soit ce par quoi vous êtes passé ou ce que vous traversez actuellement, il faut que vous continuez à créer. Vous pouvez avoir vos temps de pause, mais il faut continuer à créer parce que la vie c'est ça, la vie c'est l'incertitude, la vie c'est hors de contrôle. La vie, il vous arrive des choses tout à l'heure, il y a bon quelque chose arriver. Pour maîtriser ça ou extérioriser ce qui ne va pas ou se sentir mieux avec soi, il faut accepter la créativité, il faut accepter la création. il faut accepter de mettre en oeuvre la création. Voilà, voilà, c'est tout pour moi, mes grands soleils. J'espère que ça ne vous a pas un peu démotivé, que vers la fin, vous avez compris mon point et que si vous voulez lire des livres, regarder des séries ou les films que j'ai conseillés, ça vous donne des idées. Mais en tout cas, je voulais juste vous dire de garder espoir, en fait, que les choses peuvent changer. Donc, il ne faut pas être forcément négatif. Et que, de toute façon, c'est dans le chaos qu'il y a de l'ordre. Quand les choses sont négatives, On ne peut s'attendre qu'au positif après Puisqu'il faut qu'il y ait un recommencement. Voilà, voilà, c'est tout pour moi. Je vous attends au prochain épisode. Likez, commentez, donnez-moi votre avis sur la littérature ou vous écrivez un podcast sur Instagram. Je vous fais de gros bisous et à la prochaine !