Speaker #1Parce qu'en fait, je m'intéresse à l'afroféminisme en ce moment. Donc je découvre des autrices que je ne connaissais pas. et je découvre un mouvement que je ne connaissais pas. Et certaines thématiques abordées me semblent intéressantes pour le développement de ma culture personnelle et le développement de ma pensée, mais aussi par rapport à la manière dont les éléments nouveaux que j'intègre me nourrissent vont influer sur mes futurs écrits ou autres modes d'expression ou de créativité. Et c'est pour ça que je trouvais intéressant de questionner la pensée. Alors, un acte d'amour radical, pourquoi ? Parce que s'aimer dans une société qui est pas... sexiste, patriarcal, raciste, capitaliste, est un acte de révolution. Par exemple, si on prend l'image des personnes dites noires, que l'on a codifiées, cantonnées à la détermination d'une couleur de peau dite noire, pensées noires, on nous a donné tout ce qui est possible d'avoir comme élément pour nous détester. Donc, le simple fait d'être nous-mêmes, d'être nés dans un corps avec certains traits, avec des cheveux particuliers, tout est fait par la société. pour nous faire nous sentir mal. Tandis que lorsqu'on a ou qu'on pose un autre regard sur soi-même avec plus de compassion, on se rend compte que s'aimer, c'est un acte révolutionnaire. Ou même ce qui se passe actuellement, la femme noire a tellement été présentée comme étant une personne qui aime crier, s'exposer, etc. L'architecte de la bad bitch, par exemple, que l'opposé, voire une femme noire classe, qui s'habille, qui est discrète ou en tout cas qui... Elle impose par sa présence, par sa prestance, sans forcément rentrer dans les codes que l'on attend d'elle, ça pose problème. Et quand je dis ça, je pense à Holandria. Je ne sais plus dans quelle télé-réalité elle était, mais elle avait toujours des problèmes avec les femmes, parce que justement, elle était trop élégante, etc. Donc les femmes blanches de la télé-réalité avaient toujours des choses à lui reprocher, alors qu'elle n'avait absolument rien fait. Elle était juste belle, élégante. Donc, s'aimer comme un acte révolutionnaire... et questionner la violence reçue, ce serait alors questionner comment notre environnement a façonné l'idée de l'amour, de notre amour de soi et comment reprendre les commandes nous permettent de nous former. Alors je vous ai parlé de Bellux tout à l'heure, résumons dans l'épisode précédent, qui voit l'amour comme un acte politique. N'oubliez pas quand je vous parlais de la volonté de s'étendre pour nourrir la croissance personnelle. En fait, ce qu'elle veut, elle, c'est... Questionner la domination et la justice. Comment s'aimer soi-même devient une rébellion qui s'oppose au discours, je vais dire colonial, au discours capitaliste, qui refuse de donner le pouvoir à l'oppresseur et qui change le regard de l'oppresseur sur soi. Dans ces cas-là, je me pose en opposition avec le regard de l'oppresseur qui n'est pas le mien et j'intègre un autre regard sur moi-même. Et Audrey Lorde, Alors Audrey Lorde, c'est une autre femme, auteure, poétesse, queer, qui justement par sa sexualité, son orientation sexuelle, a une autre vision du corps ou encore de la sexualité. Et il me semble intéressant de parler de la sexualité du point de vue féminin. Même dans les oeuvres, ou alors si vous êtes un homme qui veut écrire du féminin, représenter, etc. Présenter la fémininité d'une autre façon en dehors du mal gaze. et Audrey Lorde Voie l'amour comme une force de vie, comme une capacité de ressentir la joie et l'excellence. Et pour elle, c'est la joie. L'amour, c'est une force érotique. Et cette force érotique est un refus d'oppression. Alors, je vous l'avoue, je n'ai pas encore lu du Audrey Lord. J'ai pu écouter des émissions qui parlaient du personnage. Et en fait, je pense que c'est une autrice à découvrir. Donc, prochaine lecture potentiellement. Alors, quand je parle de questionner l'amour, je pense que l'artiste devient une personne qui se nourrit d'amour. Il doit se nourrir d'amour intérieurement pour lui-même. pour ensuite mieux se présenter aux autres et nourrir d'amour les autres. Moi, c'est comme ça que je le vois, puisque si on se vide pour nourrir les autres, notre effort est inutile. On ne peut pas faire quelque chose qui nous nie intensément. Ça ne sert à rien. Donc pour moi, même si l'artiste est un alchimiste, ça veut dire qu'il doit se servir des éléments qu'il a vécus pour pouvoir les transmuter, transformer des éléments négatifs ou pensées négatives en quelque chose de positif. Il ne doit pas résider dans cette souffrance perpétuelle. Parce que je n'aime pas trop, j'avoue, l'idée de l'artiste torturé. L'artiste devient donc une alchimiste des douleurs. Et bien qu'il ne puisse les dénoncer, il peut y apporter une autre vision. C'est comme ça que je le vois, donc c'est pour ça que j'ai pensé l'épisode. Alors on va avoir des exemples un peu multiples. Mais l'intérêt principal, c'est de montrer que la représentation influe sur les consciences ou la conscience collective. Représenter autrement, représenter de manière plus saine. va pouvoir influer sur des relations qui sont autres. Alors, au début, je voulais parler de la transmission de la violence dans l'amour. On a énormément de représentations qui sont faites et qui nous présentent la violence comme étant normale dans le cadre de relations amoureuses. Quand j'y pense, je pense aux télé-nouvellas. Généralement, les télé-nouvellas nous ont bombardés d'amour passionnel, d'histoire d'amour passionnel, d'amour au premier regard, où l'homme est toujours en train de... vouloir protéger la jeune femme, quitte à parfois la violenter légèrement ou huiler de son corps d'une manière... Il lui attrape le bras, il la secoue dans tous les sens, il lui crie dessus, pour pouvoir la préserver de l'influence d'autres hommes, ce qui est souvent le rival, par exemple. Ou alors marquer une forme de territoire. Quand je pense à ça, je pense à la télé nouvelle Astéreza qui est sortie en 2009. Et vraiment, on a des personnages vraiment machos qui s'énervent, qui sont jaloux et qui veulent toujours se battre pour le personnage féminin. Et en voyant ça et en intégrant ça, on se dit, ah oui, donc si un homme est passionné et si un homme se bat pour moi, alors ça voudrait dire qu'il m'aime et que son amour, voilà. Et là, en fait, on a vraiment un problème parce que le corps de la femme est encore chosifié. La femme est encore reléguée à une petite fille qui ne sait pas comment agir. Surtout dans Teresa, ça se voit beaucoup. Une petite fille qui ne sait pas comment agir et les hommes sont des prédateurs. La petite fille, c'est la new, etc. Donc on a des visions de l'amour qui ont été transmises d'une manière qui fait que la télénovelas nous montre que c'est normal qu'un homme soit jaloux, que c'est normal qu'un homme soit possessif, que c'est normal que l'homme il vous violente un petit peu mais bon c'est l'amour, et que c'est normal que des relations pas du tout saines, basées uniquement sur des choses passées par exemple, le nombre de relations qui durent 4, 5, 7 ans après se finissent par se retrouver à la fin toujours, alors qu'en fait... Au début, ça n'allait déjà pas. Mais une histoire de traînée et tout. Le truc traîne en longueur. Et puis la femme, elle est toujours vierge. D'accord. Ou elle a été vierge. Mais elle n'a pas connu beaucoup de partenaires. Elle est restée là. Elle était dans la souffrance. Alors que le gars, il était en train de vivre sa vie. Et finalement, c'est à la fin qu'elle a le graal de l'avoir à ses côtés. Parce qu'elle a attendu par la patience. On parle plutôt pour moi, c'est une violence un peu psychologique. Du fait qu'on relaie donc la femme à la femme patiente qui doit rester à attendre son gars même s'il fait des bêtises mais c'est pas grave tu seras récompensé à la fin. Les télé-nouvellas sont problématiques dans leur représentation de l'amour et surtout dans l'amour hétérosexuel en tout cas pour moi. Et généralement ce ne sont pas les seuls parce qu'on a d'autres éléments comme les rom-com qu'on retrouve beaucoup moins, maintenant c'est beaucoup moins à la mode. Mais en tout cas, les histoires d'amour qui nous ont baires si petites, lorsqu'on y revient de suite ou en vingtaine, trentaine, on se rend compte que c'est problématique. Je reviens à mon film préféré de tous les temps, en tout cas, il a été pendant longtemps. C'est Love and Basket de Gina Price, by The Wood, qui est sorti en 2001, je crois. Et à l'époque, je l'avais vu sur ETV. On l'avait passé plusieurs fois. Et j'ai dit, attends, j'avais 8 ans. J'avais tellement adoré ce film. Et quand je l'ai revu à 16 ans, je me suis dit... problématique de ouf problématique de chez problématique et là avec mon regard de femme de la trentaine Quincy Alors, Love and Basket, c'est un film d'amoureux de basketball. Alors, Monica et Quincy sont amoureux depuis petit. Ils ont un amour pour le basket et ils s'aiment. Mais leur relation entre eux, ils sont amis d'une certaine manière, mais leur relation est un peu chiffonnière. Quincy, c'est le gars qui couche avec tout ce qui bouge. Monica, c'est la fille qui est concentrée sur le basket et ses études. Ils finissent par tous les deux partir à l'université. Quincy réussit mieux au début. Et il a quelques soucis familiaux qui vont faire que ça va un peu l'impacter. Et Monica qui a du mal au début lorsqu'elle arrive à l'université, quand ça commence à réussir pour elle, Quincy commence à vriller et lui fait des plans bizarres. Enfin bref, je vous ai fait un résumé. Alors je voulais dire, tant que ça va pour Quincy et que Monica est en train de le soutenir comme sa cheerleader, ça passe. Dès qu'elle commence à avancer et... évoluer dans l'équipe et de devenir pour réaliser son rêve qui de devenir basketeuse professionnelle et ben là le mec il cherche des trucs alors on a beau me dire maintenant qu'ils étaient début vingtaine et qu'ils avaient le droit de fuck top en gros mais désolé queen 6 un personnage qui est problématique et à la fin elle doit regagner son amour par un match de bassiette alors que le mec il sait très bien qu'il a fiancé une meuf qu'il n'est pas amoureux d'elle, qu'il est amoureux de Monica. Et c'est Monica qui doit jouer l'amour au basket pour qu'il puisse annuler son mariage. Désolée de vous avoir expliqué le film si vous n'avez pas vu, mais en fait, tout est problématique. Quincy, il est toujours en train aussi de la brutaliser. Déjà, ça commence petit lorsqu'ils ont leur premier baiser. Elle refuse de monter sur son vélo et lui, il la pousse. Et du coup, elle a une cicatrice à cause de lui. Il y a plein d'éléments comme ça. Il va la brutaliser, il va la tenir fort, il va faire des choses comme ça. Et en fait, on se rend compte que... La vision de l'amour n'est pas bonne. Cette relation-là, si on la transpose maintenant, elle est extrêmement toxique. Monica, elle va rester dans l'ombre de Quincy, c'est-à-dire qu'elle ne va s'autoriser à fréquenter aucun homme à part Quincy. Donc Quincy sera son seul et unique homme. Elle va rester là à l'attendre ou à attendre que la relation reprenne. Alors qu'elle est partie en Espagne, elle a joué à d'autres endroits, elle a eu quand même une carrière, on va dire internationale, une petite carrière internationale avant de rentrer à l'NBA. Et du coup, elle ne va s'autoriser à fréquenter personne. Elle va rester dans la sacralisation du gars. Et ça me pose problème parce que rien n'est bon. Si ce n'est pas de la violence physique, c'est une violence mentale, psychique. Quand, par exemple, elle n'a pas pu être disponible pour lui parce qu'elle avait ses entraînements et qu'elle devait rentrer au dortoir sinon elle ne pouvait plus jouer le match. Lui, il s'énerve le lendemain. Quand elle arrive à venir le voir pour lui dire « Je suis disponible, on peut parler. » Le mec invite une autre meuf à dîner. Et puis, il la regarde en mode c'est normal. Mais en fait, pourquoi ? Où est-ce ? Et autant ce film a un impact culturel important puisqu'il a permis d'inspirer d'autres personnes comme Issa Rae, par exemple, dans la réalisation de séries ou de films, autant on se rend compte qu'à l'époque, la vision de l'amour, moi, quand je regarde le série 8 ans, je suis là, oh oui, super, ils ont fini ensemble à la fin. Mais en fait, ce n'est plus une question de finir ensemble, c'est une question de, est-ce que la relation et les personnages ont une bonne dynamique pour finir ensemble. Ce n'est pas la question de finir ensemble, finalement. Est-ce que la relation est saine ? Et ça, ce n'est pas du tout une relation saine. En tant que film, on ne va jamais lui enlever son impact. C'est un impact fou, vraiment, aux Etats-Unis. On avait même fait une fausse affiche pour dire qu'il y avait un d'eux qui allait sortir. Et puis après, ça a été démenti. Mais il est problématique. Il est vraiment problématique. Mais bon, vous pouvez le regarder. Moi, comme je vous l'ai dit, j'aime bien le film. J'aime bien la chanson phare qui est Woman's Walk de Maxwell. C'était ma chanson pendant longtemps. Mais ce film, j'aurais énormément de choses à dire. Mais en même temps, c'était un élément important de la culture nord-américaine. Ensuite, je voulais vous parler d'un livre de Simon Schwarzbart qui s'appelle Vingt et Pluie sur Tumine et Miracle. Et en fait, on suit l'histoire de Tumine et Miracle qui est censée être une belle femme qui travaille dans une plantation. Et ce livre-là m'avait marquée pour la réalité de la plantation. On voit vraiment comment c'est compliqué de travailler dans la canne. Toutes les difficultés, les petites bêtes qui sont là, les possibles serpents, etc. Et comment c'est compliqué de travailler dans la canne. Et Tuméline Irette est une belle femme. Et très jeune, elle tombe amoureuse d'une de ses voisines, me semble. Je l'ai lu il y a longtemps, donc je vous fais vraiment un résumé comme ça. Elle tombe amoureuse de... Bon, on va dire son premier amour, qu'elle aime, qu'il a... des viergers, lui promet mots et merveilles, donc il lui a construit une maison, ils vont vivre ensemble. Et finalement... Comment le gars la maltraite lui donne des coups alcooliques, le gars la chasse la main dehors. Et là, on a une représentation très dure de l'amour et du couple antillais. Parce que généralement, lorsqu'on parle de couple antillais, et quand je dis antillais, on reste guadeloupéen. C'est très rare d'avoir des visions extrêmement saines de l'amour. Et là, on est vraiment plein dedans. Pas que ça ne doit pas être représenté, pas que ça n'existe pas ou que ça n'a pas existé, mais c'est extrêmement choquant de voir comment un homme vient déranger une jeune fille. qui est encore dans son innocence, vient lui promettre des choses et pourtant tout allait bien. Et du jour au lendemain, ça part en cacahuète. Le gars la maltraite, elle ne comprend pas, elle reste là, elle est dépossédée quelque part, jusqu'à temps qu'elle se remette sur pied, qu'elle trouve sa lumière et qu'elle parte faire autre chose. Mais cette relation homme-femme entière et les difficultés qui sont autour, ça m'a vraiment marquée dans ce livre-là. sachant qu'on a vraiment du mal à avoir une vision de l'amour assez calme, assez soft, assez pure, assez saine dans les Antilles. Pas que ça n'a pas existé, mais majoritairement, ce n'est pas ce qui est promulgué. Et je ne sais plus qui m'avait dit qu'il était très rare de parler d'amour en créole, parce que comme si le créole était trop dur pour en parler. Vous voyez ce que je veux dire ? Et ça m'a donné cet effet-là, cet effet de dureté du monde entier qui nous empêche d'avoir une histoire d'amour qui est soft, qui se passe sans problème. Et ça me questionne aussi dans la manière dont je peux écrire, à savoir est-ce qu'on peut avoir des histoires saines ou en tout cas christiennes. Mais en fait, ça m'en revoit au fait que dans la communauté noire, c'est très rare d'avoir des histoires d'amour qui sont saines du début jusqu'à la fin. On a un amour pour les femmes qui doit se mériter, qui doit être dans la dureté, qui doit s'étendre, c'est-à-dire supporter la charge et les périples que l'homme va faire endurer à la femme. On a l'homme qui a ses difficultés, qui ne sait pas trop comment gérer ses émotions et qui demande beaucoup à la femme, mais qui par ça demande aussi appui sur elle, se repose sur elle et ne lui laisse pas le temps d'avoir cet espace pour pouvoir se reposer sur lui. Et en fait, ça fait une représentation de couple dysfonctionnel. Donc on est encore dans cette histoire de l'amour qui doit se mériter, mais qui n'est pas un amour forcément sain, puisque l'amour repose principalement sur le fait d'avoir été choisi par un homme. qui auraient vu quelque chose en nous. Effectivement, si le gars a vu quelque chose en toi, c'est que tu as quelque chose de spécial, et puis finalement, il te maltraite derrière.
Speaker #1Alors, l'homme, la relation amoureuse, la famille, est au centre de l'introduction de l'amour de soi et de l'amour en général, puisque c'est la perception qui va façonner notre réalité. Et finalement, on se rend compte que, surtout dans les sociétés africaines, afrodescendantes, etc., il y a cette idée de... Faire perdurer la famille, donc de rencontrer du monde, de faire des enfants, etc. Et on n'est même plus dans quel type de relation qui est bien, qui est bonne. On est dans une rencontre quelqu'un qui fait des enfants. En fait, t'es belle ou t'es beau ou t'as l'âge, vas-y procrète. Sans forcément chercher à vraiment comprendre ce que c'est qu'être en couple. Puisque ce ne sont pas les questions qui sont posées à l'époque. C'était juste de faire perdurer les choses. Donc on a la génération de nos parents qui se retrouvent dans des situations dans des relations de couple très tôt. Donc on va dire au début, tu as déjà des enfants et puis voilà. Et puis ça durait plus ou moins parce que c'était comme ça qu'il fallait tenir. Et là, maintenant, on est dans autre chose. C'est important de regarder, analyser les types de relations qu'on a eues et la manière dont elles nous ont été représentées. Parce que si nos relations amoureuses sont empreintes de violence, il faut qu'on apprenne à les restructurer. décodifier la violence qui est à l'intérieur pour pouvoir reconstruire quelque chose de beaucoup plus sain. Alors je ne dis pas qu'il ne faut pas représenter les amours qui sont un peu conflictuelles, toxiques, etc. Après tout ça existe, je ne dis pas le contraire. Mais en fait, il faudrait aussi soit essayer peut-être d'apporter une solution, je ne sais pas, ou d'ouvrir l'histoire, ou je ne sais pas, je n'ai pas l'idée en tête. Certes, il faut parler des choses qui dérangent, mais il faut peut-être amener des pistes d'amélioration à la fin. Moi, je réfléchis parce que, comme je vous ai dit, le fait d'avoir lu ou de me rendre compte de certaines choses me fait me questionner sur ce que j'ai déjà écrit et la manière dont j'ai déjà écrit. Ensuite, je voulais parler du corps comme archive de la violence inscrite en nous. Dans les sociétés dites noires, c'est-à-dire sud-américaines, noires américaines, caribéennes, africaines, on a une conséquence de la violence qui est épidémitique. Donc, ce qui a été fait à nous. parents, grands-parents, arrière-grands-parents, arrière-arrière-grands-parents, nous les transforme par les gènes. Donc nous avons des automatismes ou des choses que nous avons intégrées qui vont façonner notre personnalité. On pourra avoir une peur de l'eau sans comprendre forcément, on éprouvera de la peur devant un chien ou un quatre-chemins, et on sent que ça sort, mais ce n'est pas forcément de nous. Et en fait, on se rend compte que ces sociétés post-esclavagistes, coloniales, est-ce qu'on dit post-coloniales ? Encore coloniales pour le coup, subissent une banalisation de la violence qui est induite par la relation maître-esclave ou par la relation État-Français. Etats dominés. On a une institution du corps. Chez la personne pensée noire, c'est normal que le corps soit maltraité et violenté parce que de toute façon, c'est ce qui est représenté à la télé. Vous avez toujours des séries qui parlent de trafic de drogue. Ça revient énormément ces dernières années. On a des séries comme Power ou Snowfall qui parlent beaucoup de vente de drogue dans le but de s'enrichir. Et là, on a un langage particulier, on a des corps qui sont représentés, on a une violence extrême qui témoigne d'une double haine de soi, en fait. Puisque qui dit consommation de drogue et enrichissement sur la consommation de drogue veut dire qu'en fait, on s'enrichit sur la souffrance de notre propre communauté et on détruit notre propre communauté pour pouvoir s'en sortir d'une certaine manière. Donc, on a une double haine de soi, puisque ce qu'on fait n'aide pas les autres. Bien au contraire, et en même temps, pour conserver la place qu'on a, on est obligé de tuer. On est obligé de faire des actes innommables qui sont en fait des actes très bas. Donc on intègre ce que les sociétés blanches capitalistes ont appris, c'est-à-dire une violence, mais au lieu de la tourner contre le soi-disant oppresseur, on la retourne contre nous-mêmes. Donc on s'autodétruit pour l'aider lui-même. Et c'est ce qui est transmis finalement dans ces séries où on a l'impression que le corps est mis en avant et qu'on a une idée de la violence des... corps et tout s'accentuer par un certain jeu de lumière, par un certain langage, par un certain comportement, comme si en fait on veut rassurer la vision raciste ou en tout cas leur rappeler la facilité avec laquelle on peut massacrer des corps, des corps noirs. Et ça me rappelle qu'en 2015, les Américains tapaient du poing sur la table pour dire qu'il y avait trop de représentations de films où on parlait uniquement d'esclavage. Ils avaient envie de voir autre chose. Et c'est vrai que lorsqu'on regardait des films à l'époque qui parlaient d'esclavage, tout était fait pour érotiser le corps noir et la souffrance du corps noir. Il y avait un jeu de lumière particulier, on huilait le corps de l'esclave, il était musclé, vous voyez, il y avait une ambiance un peu malsaine, un peu pour érotiser le corps en mode regardez comment c'est très beau, c'est sexuel, donc négrophilie bonjour. Et d'une autre manière, mais en même temps, regardez, ils se sont effouettés. Donc ça, ça sacralise un peu, peut-être une époque chez les racistes blancs, peut-être comme pour une nostalgie, pour leur rappeler quelque chose. En fait, c'est comme ça que c'était vu par les Noirs américains, comme si on était en train d'érotiser un corps noir en souffrance, pour plaire à une audience blanche. Mais après, ça aurait été une audience blanche qui regarde au niveau nostalgique. Et en même temps, chez les Noirs, ça raviverait cette épigénétique de la souffrance. Après, il faut en parler. Là, il n'est pas la question de ne pas en parler. Mais en tout cas, certaines thématiques finissent par banaliser ou en tout cas rappeler cette violence qui est soit intériorisée par le biais des séries qui nous parlent de vente de drogue et tout ça, qui vont toujours plus loin dans la violence, soit de films d'époque qui tendent à érotiser des corps. déposséder le corps des noirs et à l'érotiser soit dans la violence, soit dans une sexualisation négrophile. Ensuite, je voulais parler de personnages aussi qui peuvent poser problème. Donc là, on va rentrer dans le vif du sujet. Shonda Rhimes. Autant cette dame, ses séries sont palpitantes, intéressantes, etc. Autant on lui invite de lui demander qu'est-ce que les femmes noires lui ont fait et qu'est-ce que les couples lui ont fait. plus noire, en effet. Quand je pense à How to Get Away with Murder, avec Annalise Keating, cette avocate exceptionnelle, rien à dire au niveau de son intelligence, mais qu'est-ce qu'elle souffre, cette femme ? Est-elle obligée de souffrir ? Est-ce que quelqu'un qui a subi des violences sexuelles, on sait que c'est très traumatique, etc., ne peut pas s'en sortir ? Pourquoi cette femme devait passer par tout ça ? En fait, ça me devient vraiment triste. Donc, analyse qui est très forte, qui réussit sur le plan professionnel, à une vie privée extrêmement horrifique. Et à chaque fois qu'elle essaie de faire le bien, d'aider les autres, etc., ça finit par se retourner contre elle. On a toutes les problématiques des personnages féminins chez Shonda Rhimes, par exemple, dans Scandale, pareil. C'est une femme très forte, le personnage de Kerry Washington, Olivia Pope, très forte, intellectuellement, elle va gérer les problèmes, etc., y'a pas de soucis. Mais en fait, sa vie amoureuse, pareil. Et pourquoi ? C'est toujours plus facile d'être avec des hommes blancs selon la vision de Shonda Rhimes. Pourquoi on ne peut pas avoir des couples noirs chez Shonda Rhimes où ça fonctionne ? Par exemple, une de représentation du couple noir qu'elle a fait dans Bridgerton. C'est même pas dans Bridgerton, c'est dans la Reine Charlotte. Ou le mari de la... c'est une comtesse, je ne me rappelle plus. Bref, la meilleure amie de Queen Charlotte qui est... marié à un homme noir, le gars est vieux, le gars est laid, rien ne va. Et puis, ce couple noir-là, qui est censé être puissant, rien ne va chez lui. Tandis que le couple mix de la reine Charlotte, ça fonctionne, il s'aime, etc., même si c'est un peu compliqué. Et là, ça interpelle. Alors oui, on a un couple noir, heureusement, qui fonctionne bien dans Bridgerton. En tout cas, je n'ai pas regardé la dernière saison. Mais voilà, mais vraiment, les personnages féminins chez Shanda Rhimes sont problématiques. Est-ce que c'est quelque chose qu'elle a intégré ? Ou peut-être c'est plus simple si on est dans un couple blanc, etc. Je ne sais pas. Mais c'est problématique. C'est vraiment problématique. Et un autre monsieur qui est problématique, c'est vraiment Tyler Perry. Qu'est-ce qu'il ne faut pas dire ? Alors lui, ses films, on nous a fait un gros storytelling. Il a fait une sorte d'Hollywood noir. Il y avait les étoiles devant chez lui, un studio, etc. Mais des fois, c'est se questionner sur la qualité de ses productions. Par exemple, Beauty in Black. La représentation généralement qui fait des familles noires, c'est problématique. Donc Beauty in Black, on a une famille qui s'enrichit sur des produits cosmétiques capillaires. Finalement, les produits en question qui ont permis l'enrichissement de la famille ne sont pas bons pour la communauté. Ensuite, c'est une famille extrêmement malsaine et détestable. Machiavellique et tout. Donc, et. En fait, il y aurait tellement de choses à dire sur Beauty in Black, mais on va se concentrer sur la relation homosexuelle du fils du protagoniste qui va mourir. En fait, la relation sexuelle qu'il y a entre le fils du protagoniste et l'avocat, qui est une relation homosexuelle, qui est une relation qui est censée être amoureuse, elle est problématique de bout en bout. On se demande mais quel est son intérêt ? Si c'est de mettre en avant les communautés homosexuelles, Il n'y a pas de souci. Mais en fait, qu'est-ce qu'il essaie de nous dire ? Parce que le couple, il est vraiment problématique. Le fils riche, il est complètement licencieux. Il ne sait pas s'arrêter, il consomme de la drogue, etc. Donc, ok, on a compris qu'il est immature, mais il maltraite énormément son conjoint qui est censé être amoureux de lui. Et on a des personnes homosexuelles qui sont complètement... licencieuse dans le rapport sexuel, c'est-à-dire que l'avocat est conscient que la relation n'est pas saine et il suffit juste que le gars lui fasse une proposition sexuelle et hop, il glisse dans le truc alors que c'est quelque chose d'intelligent. Qu'est-ce qu'il veut nous représenter ? Est-ce que ça veut représenter que les gays ne pensent qu'à coucher ? Est-ce que ça ne représente pas aussi des fois cette idée que l'homme noir est animal et animalisé et qu'il ne contrôle pas ses pulsions que tout ce qu'il veut c'est le sexe ? Alors, je ne sais pas, je ne sais pas mais est-ce que... Est-ce qu'il ne pourrait pas juste placer une image de couple gay,
Speaker #0raciste dans laquelle nous vivons, est fascinée par la mort et par la violence. Et en fait, elle explique que nourrir son esprit par ce type d'images, et pas par des images qui sont tournées vers l'amour, ça dit déjà beaucoup de choses. Parce que ça participe à une mentalité patriarcale qui tente à construire un rapport dominant-dominé, donc fort et faible, par l'usage d'une violence qui est légitimée d'un groupe. par rapport à un autre. Donc, c'est soit cette violence se fait par exemple contre le noir blanc, soit elle se fait entre noirs et noirs, mais de toute façon, même si elle se fait intra-groupe, c'est-à-dire noir-noir, il faudrait les noirs supérieurs et les noirs inférieurs. Et en fait, saturer soit notre esprit de rapports, de forces différentes mais violents, ça nous conditionne dans encore plus de peur et qui dit plus de peur, ça veut dire plus de méfiance, plus d'atrocité et ainsi moins d'avoir envie de partager, de s'ouvrir au monde, de connaître l'autre. Et en fait, on se rend compte que finalement, on est dans une société qui érotise la mort, qui érotise le culte de la violence et qui ne nous prépare pas à vivre. Parce que là, on est saturé par les nouvelles, par les journaux, par toute forme de fenêtres vers l'extérieur, d'éléments négatifs qui vont façonner notre méfiance collective et nourrir la méfiance collective. Et l'autre va devenir un étranger et l'autre va devenir un danger potentiel. Et là, on va en plein dans notre sujet qui est déconstruire la violence. Et parfois, dans la violence, on se rend compte que la colère est un élément important. En fait, je ne veux pas renier le fait qu'il est important de parler de violences et d'éléments qui sont durs, parce qu'en fait, il faut en parler. Il faut parler de relations toxiques, il faut parler des relations qui n'ont pas fonctionné, des relations mère-fille qui n'ont pas fonctionné, des enfances difficiles. C'est ce qui a permis justement à Bellux d'écrire son livre, c'est de travailler sur elle-même et sur ses propres tropas, ce qui va lui permettre de créer des œuvres qui questionnent la société en s'inspirant de son passé. Donc pour moi, retourner sur le passé ne dérange pas. Les choses tropatiques servent à mettre en lumière des choses et à nous créer en tant qu'artistes, que créateurs ou que créatifs. C'est vous qui voyez de moi que vous préférez. Pour apporter une solution, il faut parfois... pour apporter une solution à des éléments que l'on voit dans le monde, c'est-à-dire par exemple déconstruire la violence, il est intéressant de travailler sur soi, donc se retourner sur soi-même et voir quel traumatisme nous a permis de nous faire évoluer. Parce que comme je le disais, quand vous êtes un créatif, c'est ce que vous vivez qui va nourrir votre œuvre. Et parfois vous allez avoir le syndrome de la page blanche où vous n'avez envie de ne rien créer. Et c'est ce moment de flottement, de battement qui va vous servir à vivre des choses. extérieurs, entendre des histoires. Et ces éléments-là vont vous permettre de vous remettre à votre œuvre et ainsi de recommencer à créer. Donc je disais qu'il est important de mettre en lumière les traumatismes et je pense que c'est pour ça que la créativité est importante. C'est qu'elle va servir d'exutoire pour faire sortir des choses à l'intérieur de nous et pour les transformer en les partageant aux autres si on souhaite le partager. Mais en fait, il ne faut pas rester dans cette idée négative tout le temps. Pourquoi ? Parce que je trouve que Merci. l'artiste en général ou le créatif il est toujours considéré comme étant quelqu'un de très mélancolique, de très nostalgique qui fait souvent l'abus de drogue ou d'alcool pour pouvoir se sentir bien et là on est dans encore une forme d'institution de la violence de le domaine artistique, est-ce qu'on ne peut pas être sain mentalement avoir un mode de vie sain et être artiste en fait, je ne comprends pas, pourquoi l'artiste doit se violenter intérieurement pour... plaire aux autres. Pourquoi l'artiste ne peut pas guérir ses traumas ? Pourquoi l'artiste doit être celui qui est idolâtré alors que l'on sait foncièrement qu'il souffre ? Vous comprenez un peu ? Par exemple, Amy Winehouse, tout le monde disait oui, elle est excellente, etc. Mais on savait très bien qu'elle souffrait d'addiction et ça se voyait qu'elle avait des problèmes de santé. Mais tout le monde était là, oui, elle était super. Un nombre d'acteurs qui jouent très bien, qui sont très doués, meurent parce que Un jour, on se réveille, ils ont fait une overdose. En fait, je parle de déconstruire la violence en essayant, ou alors j'aurais même dû dire déconstruire le traumatisme, parce que pour moi, toute personne créative qui passe par la création doit à un moment donné travailler sur lui-même et déconstruire des choses qui sont à l'intérieur de lui. Donc c'est pour ça que je ne trouve pas que ce soit mauvais en tout cas de parler de violence. Mais je me pose la question de une fois que c'est déconstruit... Comment est-ce qu'on n'essaie pas d'apporter une petite solution ? Ou alors, c'est un sujet qui m'énerve. J'ai dénoncé ces biens, qu'est-ce que je mets après ? Tenter de comprendre comment fonctionne le patriarcat et le colonialisme et l'impact que ça a aujourd'hui façonne beaucoup notre imaginaire et notre manière de penser. Donc il faut apprendre à le dépasser. Parce qu'on ne se rend pas compte à quel point le monde blanc finit par influer sur les représentations qu'on a. Que ce soit les représentations qu'on a de nous-mêmes, de l'amour, de la manière dont les choses peuvent fonctionner. penser que l'on peut changer un système patriarcal que l'on sait violent, vu la manière dont il se crée, s'enrichit, influe sur le monde, penser à un autre système économique, ça pose déjà un problème. Parce qu'on ne sait pas. On veut s'appuyer en disant que c'est normal, peut-être qu'il y aurait des modèles plus complémentaires ou alors égalitaires, mais est-ce qu'on s'est autorisé à le penser ? Pas forcément. Et je pense que partir du fait qu'on est dans une société patriarcale, colonial, raciste, la colère que l'on éprouve face à certaines injustices, face à certaines choses, va devoir nous façonner, va devoir s'insérer en nous, maturer en nous et nous permettre ensuite de d'apporter une solution, un début de solution. Ou en tout cas de raconter les choses d'une certaine manière pour servir à éveiller les consciences d'autres personnes. Je ne vois jamais la colère comme quelque chose de mauvais. En fait, Tant que l'on sait la maîtriser correctement, pour moi, ce n'est pas quelque chose de mauvais. Si la colère, au lieu de la retourner contre mon voisin et d'aller soit retirer mon sabre pour lui ou aller le tirer dans la tête, j'écris, je peins, je fais une sculpture avec, voilà, je l'utilise dans un but artistique, ma colère, pour moi, elle a de l'impact, elle a de l'influence. Et du coup, au lieu d'aller faire du mal à autrui, j'ai transmuté en la mettant sous forme, quelle que soit la forme qu'elle prend. Et du coup, ça me permet de... d'appuyer mon poing, de montrer mon poing sans forcément nuire à autrui. Et pourquoi je vous parle de la colère, c'est parce que je me rappellerai toujours de ce dieu d'un American God qui s'appelle Anansi, qui est représenté par une araignée qui est un dieu d'Afrique de l'Ouest. Et Anansi, c'est un peu un dieu farceur. Et d'un American God, c'est un dieu qui est très engagé dans la communauté. noir et dans la révolte et dans la violence. Et il dit à un moment que la colère fait que les choses se font et que la colère en fait est le moteur de transformation et finalement pas quelque chose de néfaste. Mais si on arrive à transmuter la colère, la colère devient quelque chose de l'essence, un fuel pour pouvoir nous faire avancer. Et c'est pour ça qu'en déconstruisant la violence, j'estime qu'on n'est pas dans le reniement de la colère. La colère, elle est là. Mais c'est comment j'arrive à transmettre ma colère pour donner de nouvelles représentations ou repenser le mode selon mes codes. On a énormément de romans afrofuturistes. Et l'afrofuturisme est un courant qui va permettre, ou tout cas qui permet de poser un nouveau regard en représentant des sociétés hors du cadre blanc. Puisque là, on est dans quelque chose de... On est dans quelque chose de des sociétés dites noires pour les noirs, dites, racontées, pensées pour les noirs dans le futur, hors intervention des blancs. Et là, on est dans un imaginaire où les choses sont sous contrôle. Là, on est en train de déconstruire ce que les sociétés occidentales et ça nous a expliqué. Et là, on rentre dans autre chose. Et c'est Laura Knafou qui disait ça. Dans une interview que j'ai vue passer sur Instagram, effectivement, on se rend compte que l'afrofuturisme, c'est penser le monde autrement et qu'il y aura des afrofuturismes parce qu'on aura des histoires d'afrofuturisme qui sortent du continent africain, mais aussi on aura d'Amérique du Nord, Amérique du Sud, de la Caraïbe. Et cela va nous permettre de repenser le monde d'une certaine manière. À l'époque où Black Panther est sorti, c'est une représentation qui peut être erronée pour les sociétés africaines parce que les représentations C'est une Afrique pensée par les Américains, mais l'impact culturel que ça a eu, la manière dont les choses ont été représentées, ça a permis de quand même se dire que, imagine s'il est blanc ou si vous préférez. Les sociétés occidentales ne nous avaient pas éculqué des choses, comment ça aurait pu se passer au niveau politique, au niveau de l'organisation de la ville, au niveau des inventions. Donc l'afrofuturisme semble être une des portes de sortie, en tout cas au niveau de l'imaginaire, pour pouvoir affirmer. cette colère et déconstruire quelque chose, déconstruire cette domination blanche qu'on appelle suprématie blanche, qui pour moi n'existe pas, tout simplement parce que j'estime qu'en fouillant un peu, on trouve que les personnes dites blanches ou les sociétés occidentales n'ont vraiment rien à monter. Elles se sont appropriées des choses qui étaient déjà là, et dire qu'elles sont suprêmes, c'est leur donner un pouvoir qu'elles n'ont pas. J'ai vu un terme apparaître sur les réseaux et on parle de white narcissism, du narcissisme blanc, et je trouve que c'est beaucoup mieux comme terme. Pour moi, parler du narcissisme blanc, c'est vraiment montrer que les sociétés occidentales ou les blancs essaient de faire tourner le monde autour d'eux, donc vraiment du white narcissism. Et finalement, on se rend compte que quand on fout, quand on cherche des éléments historiques qui se sont appropriés énormément de choses qui ne seront pas d'eux, le rapport à l'humanité est vraiment moindre. Le rapport à l'humanité est vraiment moindre, donc on ne devrait pas les considérer comme étant suprêmes. Et c'est pour ça qu'il est de notre devoir aussi de déconstruire Les représentations qu'ils nous donnent, les représentations de l'amour, par exemple, des relations romantiques, ça veut dire quoi romantique ? Romantique viendrait des Romains. La romance, alors que les Romains ne sont pas connus pour être si romantiques que ça, puisque c'est un peuple extrêmement violent. Donc comment le romantisme découle déjà des Romains ? Comment il est repris au 19e siècle et que représente la mélancolie ? Donc techniquement, le romantisme et la mélancolie, c'est l'esprit. espoir, c'est la souffrance. On va ériger la souffrance du romantique comme étant sa mélancolie, comme étant l'élément qui fait sa spécialité, sa spécificité. Et finalement, on se rend compte que là, on a changé encore le thème de romantique. Et là, on parle finalement des relations amoureuses. C'est un peu biaisé. Et je regardais aussi une fille qui parlait sur les réseaux. J'ai encore oublié son nom, malheureusement. Elle était en train d'expliquer que toute la période romantique où on a des femmes 18e, 19e siècle qui nous parle de l'amour d'une certaine manière, c'est encore essayer de survivre dans un système patriarcal qui pose le mariage et la relation amoureuse comme seul exutoire. Et étant donné que les femmes blanches savaient qu'elles n'avaient pas d'autre choix, elles vont créer une forme d'utopie derrière qui est très loin de la réalité. Donc je disais que pour déconstruire la violence, il fallait travailler la violence. Il fallait travailler avec la violence, travailler avec les traumatismes. travailler avec ce qui nous dérange et l'utiliser comme moteur pour nous pousser à penser autrement. Et penser autrement, c'est se nourrir d'éléments différents, c'est repenser à ce qui s'est passé dans l'enfance, repenser à pourquoi on a agi d'une certaine manière et pas d'une autre, et pointer du doigt les problèmes qu'on peut avoir ou des problèmes, ceci et tout, qui nous dérangent. Et ensuite, comment l'intégrer dans ce que l'on produit, comment je l'intègre dans ma sculpture, Tu es au congé. tègre dans le vêtement que je crée, comment je l'intègre dans ma décoration, comment je l'intègre dans les bijoux que je souhaite porter, les formes que je veux porter, comment je m'habille, qu'est-ce que mon habit dira sur moi. Et pour moi, comme je disais, la colère n'est pas quelque chose de mauvais. Au contraire, c'est le moteur qui va nous permettre de repenser les choses. Parce qu'il faut se réinventer. Il faut oser, il faut penser autrement. Il faut se déconformer, si je puis dire, de... ce que la société attend de nous. Et ça, je parle surtout pour les filles ou les jeunes femmes ou les femmes parce qu'on est conditionné, par exemple, à être dans l'image de la fille bien et puis on se rend compte qu'en fait, non. Donc, il faut quand même déconstruire les choses que la société nous a inculquées, savoir ce que l'on veut garder, mais surtout déconstruire les choses qui ne sont pas nous pour pouvoir trouver sa propre patte et savoir ce que l'on veut transmettre dans nos œuvres et nos créations. Et ça, ça passe par un travail intérieur. Et bien sûr, travailler sur soi, c'est donner de l'amour. On ne travaille pas sur soi pour se taper dessus. On travaille sur soi vraiment pour continuer à s'étendre, continuer à éprouver de la confession, comprendre ses pardons. Et c'est pour ça que j'ai aimé Bellux. C'est que loin de se taper sur les doigts, elle va vous dire qu'elle a eu des relations amoureuses, ça s'est mal passé, et que finalement, elle voit où elle s'est trompée. Et après, on va se reconnaître aussi dans les éléments qu'elle raconte. Et elle dit qu'elle retient ça de ce qui s'est passé et en fait qu'elle n'a aucune honte de ce qui s'est passé. Et c'est parce que son expérience, elle a fait la paix avec, que quand vous allez le lire, vous allez vous retrouver dedans, vous vous dites, si elle, grande intellectuelle, elle a fait les mêmes choses que moi, ben ça va, je peux décompresser. Bref, donc il faut déconstruire la violence, il faut se repenser, apprendre à se repenser hors du champ que l'on nous a appris. Apprendre à repenser des choses. Par exemple, Dans ma déconstruction de la violence, et par rapport aux écrits, par rapport aux lectures que je suis en train de faire, je me dis que... Plus tard, ça va se voir quand on va lire les premières œuvres que j'ai faites, les œuvres d'après. Puisque là, je suis en train de me repenser mon rapport à la femme et mon rapport à l'amour en général. Sachant que la femme, j'adore en parler, j'adore me questionner dessus. Mais plus je deviens encore plus femme et que je m'épanouis en tant que femme, en sortant des codes de la société, et bien je me rends compte que j'ai envie de raconter autre chose ou que j'envisage des choses sous la prise d'une certaine innocence. Et là, j'ai envie de dire, mais en fait, non, ça peut se passer autrement. Donc voilà, il faut sans cesse se réinventer et c'est le but. Le but, c'est de se questionner, de se réinventer, de s'approprier sa propre violence intérieure, de la partager avec les autres, de la transmuter et à ce que cette violence ne soit plus un fardeau, ne soit plus une honte, mais qu'elle serve. Ok, aimer autrement. Mais quand je parle d'aimer autrement, je parle d'aimer dans la paix et... d'aimer en dehors du struggle love. Alors, le struggle love, c'est un... Désolée pour mon anglais. Moi, j'essaie de faire la meuf, mais voilà. Le struggle love, c'est le fait d'être dans un amour, dans une relation amoureuse où il faut souffrir forcément pour que la relation fonctionne. Et bien sûr, c'est tout à fait normal parce que les relations amoureuses, c'est comme ça. N'est-ce pas ? OK. Je n'ai pas vraiment de solution pour vous dire... d'écrire de telle manière, de composer de telle manière, de faire ci ou ça de telle manière. Je ne veux pas vous dire que j'ai la solution, parce que moi, je suis aussi en train de me questionner sur la question de l'amour, de sa représentation, par exemple, l'érotisation des corps noirs, la représentation qu'on a des relations sexuelles. J'essaie de me dire qu'est-ce qui est de l'ordre du mal gaze. Comment moi je l'intègre à mon female gaze ? Je reviendrai tout dessus. Mais en fait, je ne suis pas là pour vous donner les codes parce que moi je ne les ai pas. Donc je me questionne en même temps que vous. Moi je veux juste tendre une perche et vous dire si peut-être vous avez une vision particulière, faites. Parce que moi je me pose la question. Mais il y a quelques années, j'avais fait un atelier artistique et en fait, on m'avait dit dans un écrit que j'avais lu que j'avais quand même un regard colonial sur la relation sexuelle. Maintenant que j'ai un peu mûri, je me dis, ce commentaire m'est revenu, donc il faudrait que je regarde qu'est-ce que finalement le rapport colonial et comment je l'avais mis en pratique et est-ce que j'ai continué à le faire. Donc pour moi, repenser l'amour, c'est déjà repartir sur des bases d'amour sain et sortir des codes romantiques. Et ça, c'est-à-dire toutes les sortes de trucs à la Bridgerton. Tous les rom-coms début des années 2000 qui sont parfois problématiques avec des personnages limite-limite. Par exemple, Gossip Girl. Je ne sais pas comment les gens n'ont pas vu ça à l'époque, mais moi j'ai toujours vu le personnage de Chuck problématique. Là j'entends des fics qui disent « Oui, mais Chuck, non, non, non, il est problématique maintenant. » Chuck dans Gossip Girl a toujours été problématique, pour moi en tout cas. Mais la manière dont son histoire d'amour est présentée avec Blair, alors certes il y avait des parties mignonnes, mais ça aussi c'est une histoire d'amour toxique. Tout ça pour dire que... Il faudrait repenser l'amour et parler d'amour autrement. Alors, est-ce qu'il parlait d'une histoire d'amour où il n'y a pas de trop grand rebondissement, où il n'y a pas de... voilà, ça donnera toujours un intérêt ? Pourquoi pas ? Pourquoi penser que forcément, l'amour c'est quelque chose de... Enfin, je le signe qu'il peut y avoir des problèmes, ça, ça peut arriver dans les couples, mais ça ne doit pas être quelque chose de forcément violent. Alors, je pensais à des histoires d'amour écrites par des femmes qui ne sont pas forcément... centré sur l'amour à tout prix ou la relation de couple à tout prix. Pourquoi ? Parce qu'on se rend compte que dans l'ère dans laquelle on vit, on est un peu individualiste dans un certain plan, mais ce n'est pas forcément négatif parce que là, on est dans une découverte de soi. Avant, à l'époque de ma grand-mère, à 16 ans, le premier gaffe-tu fricote, des boum-boum, vous avez fait crac-crac. Si tu tombes enceinte, tu restes avec ou en tout cas, on sait que c'est lui le papa et puis ça va comme ça et puis à 25 ans, tu as déjà tes 5 enfants. Mais là, on se rend compte qu'on a encore le temps, on a encore le choix, on est un peu plus ouvert d'esprit, plus cultivé, donc on a encore ce choix d'attendre. Donc on n'est plus dans cette pression forcément, même si elle est toujours là, d'attendre absolument que l'homme nous choisisse et notre prince charmant. En fait, on est juste saoulé du prince charmant. Là, les femmes, elles vont chercher à décentrer les hommes, ce qui n'a pas été fait, puisque le patriarcat nous a obligés à centrer les hommes. C'est l'homme qui doit nous choisir. Une fois que l'homme nous a choisis, on doit se comporter de telle manière pour plaire à l'homme. Or, il y a des questionnements que les hommes n'ont pas et que nous, on aura. Est-ce que tu crois que je ne lui ai plus ? Donc, on n'est même plus dans... qui on est, qui lui plaît, on est dans une performativité de lui plaire. Et ça, je trouve que ce sont des choses qu'on devrait changer. Par exemple, on peut avoir une histoire d'amour d'une femme qui finit célibataire, peut-être qu'elle sort de la relation, ça n'a pas fonctionné, et elle est re-célibataire. Pas parce que forcément les relations de couple sont néfastes, mais parce qu'on pose vraiment la relation de couple comme le but ultime, alors que les relations de couple qui nous sont représentées dans la majorité des cas, ne sont pas des relations de couple qui sont saines. On a des dingueries, on a des gens qui sont en couple parce que, bien, et finalement, help ! Vu tout ce qui passe sur les réseaux sociaux, c'est vraiment help. Donc je pense qu'on devrait décentrer les hommes. Pas parce qu'on haït les hommes, pas parce qu'on ne veut pas de relation amoureuse, mais parce qu'on se construisant en tant qu'individu et que l'homme aussi se construisant en individu, Si vous avez deux personnes qui se sont construites toutes seules et qui se mettent ensemble, peut-être que ça forcera, formera autre chose. Je ne sais pas. Comme je vous dis, je n'ai pas la solution. Moi, je donne juste des pistes ou des éléments de réflexion. Le discours érotique, il devrait changer dans la manière dont les corps sont représentés. Dans la manière, par exemple, dont les corps noirs sont représentés. C'est ce que Issa Rae faisait, généralement, dans N.C.Q. Sa manière de représenter le corps noir qui est érotique, surtout le corps masculin, elle faisait très attention au jeu de linéaire pour mettre en avant les corps noirs. C'est-à-dire qu'on avait beaucoup de bleu foncé, de violet, tout ça pour souligner la mélamine. Et elle disait qu'elle aimait les corps noirs, les hommes, donc elle voulait les mettre en valeur. Et ce « female gay » , c'est-à-dire ce regard de la femme noire sur le corps noir et sur la représentation qu'elle va faire des corps, le regard qu'elle va poser sur l'homme noir, il est loin de ce côté érotique, de ce côté d'érotisation négrophile dont je parlais plus tôt quand je vous parlais de société esclavagiste, de la représentation des corps noirs dans les films esclavagistes. Mais là, on est dans une femme qui aime les hommes noirs et qui les valorise. Donc, on a déjà un changement de curseur. Et pourquoi je vous parle du film El Gays ? Donc le female gaze, c'est vraiment la manière dont la femme va percevoir le monde autour d'elle. C'est le contraire du male gaze. Le male gaze, il est questionné maintenant parce qu'on se rend compte que la manière dont les femmes sont représentées dans les films sont des regards male gaze. C'est-à-dire, on a par exemple la sexualisation de jeunes adolescentes par des hommes de la quarantaine. Ou vous aurez par exemple une scène où il y aura toujours un concours de t-shirts mouillés, où la fille qui a le petit short alors que le mec il est habillé, elle n'est pas habillée. Dans les animes ou out of nowhere, le personnage a un petit short avec, je ne sais pas, un truc super serré, de gros seins. Alors que, par exemple, si elle doit se battre, je ne suis pas sûre qu'elle soit dans les meilleurs vêtements possibles, contrairement aux personnages masculins. Donc le mêlgué, c'est vraiment la sexualisation des personnages féminins et la manière dont les hommes vont voir, vont percevoir le monde. Et généralement, dans cette conception du monde, Les femmes sont sexualisées, elles sont des objets sexuels très jeunes. Donc ça, ça pose problème. Et si on a un discours érotique ou alors des visions du monde qui sont mises en avant par les femmes avec un autre regard, ça va donner une autre manière de penser. Et ça va peut-être ouvrir aux générations futures de jeunes femmes qui veulent par exemple être réalisatrices. Pourquoi pas ? Sortir des clichés sexistes qui sont transmis par le divertissement et on ne sait pas pourquoi. Au-delà de ça, c'est aussi bien de parler d'histoires de femmes fortes qui s'approprient leur sexualité ou qui s'approprient leur côté mystique. Avoir des personnages de femmes qui sont fortes, qui agissent comme on leur semble parce qu'elles en ont envie, ça fait toujours plaisir et ça change la perspective des choses. Ça, je pense à, par exemple, Célanie Okokupé de Marie-Skondé ou alors de Moët Stubasorcia. Ce sont des personnages qui ont un côté très mystique. Et peut-être que c'est leur côté mystique qui leur donne cette sorte de force, où malgré les circonstances, ah non, c'est la nia, vraiment, elle fait ce qu'elle veut, mais si tu bailles encore sous la société esclavagiste, mais elle arrive à naviguer et à concevoir le monde quand même à sa manière. Donc pour moi, c'est important que les femmes aient leur mot à dire sur l'érotisation, parce que la manière dont on présente la sexualité, c'est une manière très bestiale et qui découle des hommes. Quand on voit les films porno, quand on voit les films Netflix par exemple, on se rend compte que bon, le gars qui pénètre la meuf en moins de deux minutes, dans le coin de la rue ou sur le bar, elle n'a pas eu le temps de... de mouiller ni rien, c'est irréaliste. Et on sent que ce ne sont pas des femmes qui m'écrivent. L'émergence de romans comme 50 nuances de Réseau 365 jours, ça aussi, ça peut poser la question de l'intériorisation d'une sexualité qui n'est pas pensée par les femmes. Pardon, qui n'est pas pensée pour le plaisir féminin, mais qui est retranscrite par des femmes, par exemple. Alors, pas que ça dommage aussi. forcément c'est négatif, mais plus dans le sens où là on a des femmes qui nous ressortent des codes masculins dans des rapports sexuels alors que forcément la femme n'a pas l'air de prendre plus de plaisir que ça. Donc ce serait bien aussi de repenser la sexualité, les relations amoureuses par les femmes, pour les femmes et ça donnerait déjà une autre vision des choses. Repenser la communauté, la culture dite noire. Par exemple, dans Harlem de Tracy Oliver, qui est une série qui s'est terminée très rapidement, mais ce n'est pas grave, d'accord ? Donc Harlem qui se passe à New York, donc on a le personnage de Camille qui travaille à Columbia, qui est anthropologue, et qui se pose une question. Au départ, elle voulait travailler sur la femme, en général la femme noire, la famille. Et finalement, elle décide de changer et elle fait une exposition sur le Black Joy. Et le Black Joy. Dans cette série. et le fait que ce soit un personnage universitaire, en tout cas pensée universitaire qui le présente, montre bien qu'on a l'émergence d'un nouveau courant qui veut que l'on raconte l'histoire des personnes d'histoire sous un autre angle. Donc ça veut dire qu'il faut aussi pouvoir, même quand on veut parler de sujets forts, peut-être repenser ou ouvrir l'histoire, l'œuvre, ce qu'on veut raconter, à la possibilité de la joie. Et là, c'était le cas dans Harlem. Et ça, j'ai aimé la nuance parce que ça montrait vraiment qu'il y avait ce questionnement sur « et la joie des Noirs, en fait, comment ça se passe, qu'est-ce que c'est ? » Ça me rappelle le hashtag « Black Boy Joy » , c'est là où on avait des hashtags avec des images de Noirs qui étaient souriants, et ça rappelait en fait qu'ils n'étaient pas forcément dans la dureté, dans la drogue, dans des éléments comme ça, mais ça vous rappelait que oui, il y avait de la joie en fait, et que les communautés noires, ce n'est pas juste la violence. mais c'est aussi l'amour, la joie. Et d'ailleurs, on a une exposition à Paris, malheureusement, je ne peux pas le voir, je suis trop déçue parce qu'elle a l'air vraiment très bien, de Michaline Thomas, qui s'appelle All About Love et qui s'inspire directement de Bellux. Et elle encore, elle repense la représentation de l'amour. Alors, il faut savoir que c'est un personnage queer, donc c'est une femme qui aime les femmes et qui représente les femmes. Et là, elle s'inspire de la visibilité des femmes noires, comment elles aiment, elle parle de l'intérieur, du moins, elle montre l'intérieur. Donc, on a le salon, elle fait un hommage à sa mère, on a des photographies, on a des installations, on a des films. On montre, en fait, la femme noire, comment elle se perçoit, comment elle est dans son intimité, comment elle est dans le public, l'intérêt qu'elle a à se sentir elle-même, à se faire désirer, à désirer, à prendre le temps, de prendre son temps. à sublimer sa propre beauté. Et le fait qu'on ait ce changement de situation, où on n'est plus dans ce côté femme-mère sacrificielle, maman, qui nanana, on est dans un côté plus érotique, dans un côté plus... Alors, je n'ai pas vu l'exposition, mais de ce que j'ai pu voir dans la vidéo de la fille qui en parlait, on est déjà dans autre chose. On rentre dans une dynamique de s'aimer à travers soi. s'aimer pour soi-même, par soi-même et transmettre cet amour à d'autres personnes de la communauté. Et là, on change déjà le paradigme. Ça veut dire qu'on ouvre une possibilité de repenser la manière de créer et de se représenter. Et c'est pour ça que je disais que plus de struggle love, c'est vraiment penser l'amour d'une autre manière et pas forcément l'amour sur le point amoureux. Et étant donné qu'on parle de Michaela Thomas, je voulais aussi parler des histoires LGBT. Par exemple, dans Nola Darling de Spike Lee. Nola Darling, même si c'est un personnage qui est pensé par Spike Lee, qui est un homme noir, elle a cette liberté sexuelle qui lui permet de naviguer aussi comme elle est. C'est une artiste, elle est libre, elle a trois amants définis, ils savent qu'ils sont définis, elle navigue entre les trois, elle fait ses propres règles, elle fait ce qu'elle a envie de faire. Vous voyez ? Et ça, j'ai beaucoup aimé cette liberté de ce personnage où Voilà, elle galère, mais bon, elle vit sa vie. Par contre, le personnage de Nula Darling, Étant donné qu'elle est très ouverte, elle est bisexuelle. À un moment, elle retombe sur une de ses amantes qu'elle a beaucoup aimée, très amoureuse d'elle. Et en fait, Spike Lee, il a représenté ça, mais tellement longtemps. La scène de sexe, c'est la scène de sexe qui est la plus longue de la série. Mais c'était vraiment long, c'était long. Et du coup, je me suis dit, mais en fait, est-ce que Spike Lee le représente parce qu'il veut montrer que les femmes noires, les femmes lesbiennes se célèbrent dans la sexualité ? elles sont heureuses dans ce qu'elles font. Où est-ce qu'on a la vision d'un homme qui représente deux femmes ensemble et qu'on ne rentre pas dans ce stéréotype patriarcal ? Je me posais la question par rapport à la longueur de la scène, parce que la scène était extrêmement longue. Et ça me ramène à La vie d'Adèle. La vie d'Adèle d'Abdélatif Kessich. Les filles se sont plaintes de la longueur des scènes, du tournage, qu'elles soient nues du fast-food. Et la question est, est-ce que ce sont des œuvres qui représentent l'amour lesbien ? Ou est-ce que ce sont des œuvres qui représentent l'amour lesbien derrière un malgaise masculin, une érotisation du fantasme des hommes qui adorent s'imaginer deux femmes ensemble ? Est-ce que si c'était des femmes qui avaient représenté cela, cela n'aurait pas eu un autre impact ? aurait été représenté autrement. Parce qu'on a souvent cet imaginaire autour des lesbiennes. Et ce qui m'avait choquée, c'est que je me suis rendue compte que certaines lesbiennes étaient frustrées par cette représentation. Pourquoi ? Il y avait un reportage de Gwyneth Paltrow sur Netflix qui parle de sexualité. Je ne me rappelle plus du reportage. Mais ce documentaire-là, c'était Sex, Love and Group sur Netflix. Et en fait, on parlait beaucoup du plaisir sexuel. Et en fait, on avait des couples que l'on suivait qui étaient en train de suivre des cours de sexualité pour apprendre à plaire à leurs partenaires. Et il y avait un couple lesbien qui disait qu'il ne savait pas comment avoir des rapports sexuels, justement parce qu'il était pris dans ce prisme du fantasme et que dans le porno, il ne savait pas s'il devait vraiment reproduire... Pardon, elle devait reproduire cela et comment le faire. Et du coup, elles ont dû être initiées. Et là, je me suis rendue compte que ça veut dire que même des femmes entre elles ont du mal avec leur sexualité parce que la manière dont leur sexualité est représentée est parfois biaisée par un rapport male gaze, par un rapport masculin, par une érotisation, par un fantasme patriarcal. Et du coup, ça influe directement sur leur vie sexuelle. Et du coup, je me suis dit, mais combien de femmes vivent cela ? Et c'est pour ça que je me dis, si les œuvres queer étaient faites par des personnes, queer, est-ce que ça aurait eu un autre impact ? Si Tyler Perry, alors quoi qu'il y ait des... Il y a quand même des insinuations sur Tyler Perry. Mais Tyler Perry, qui est connu pour mettre en avant le corps masculin, parce que Beauty and Black, ce n'est pas la seule de ses oeuvres où on a... On parle d'homosexuel. Mais si on avait un réalisateur homosexuel affirmé, je précise, parce que je vous dis, il y a des rumeurs, mais on va dire affirmé, peut-être que la manière dont cela aurait été représenté aurait été différente. D'accord ? Parce que le souci avec les histoires qui ne sont pas forcément racontées par les gens de certaines communautés, c'est que ça peut biaiser le rapport, enfin, ça peut biaiser la manière dont l'œuvre, la réalisation est perçue. En tout cas, dans les films. Alors, à l'avenir, on pourrait donc repenser l'amour. Repenser l'amour sous toutes ses formes. Que ce soit le couple traditionnel hétéro-dormé, que ce soit les troubles, que ce soit les couples homosexuels, repenser l'amour selon les propres codes, apporter de nouvelles histoires, de nouvelles manières de voir les choses, de concevoir un couple. Par exemple, un film où le couple est ensemble mais n'habite pas ensemble. Ce sont des réalités qui existent. Et en fait, il faudrait repenser des nouvelles thématiques autour de l'amour, en tout cas des nouveaux modes de fonctionnement au niveau du couple, parce que les couples tendent à évoluer. On n'aura plus les couples, on aura des couples traditionnels, c'est sûr, mais on aura des couples qui auront tendance à évoluer. Il faudra le faire avec le temps, en fait. Il faudra commencer à repenser les couples, à avoir des schémas qui fonctionnaient plus en somme-somme à l'époque, mais qui seront affirmés. D'accord ? Le fait par exemple qu'un milieu ait trois ou quatre femmes, c'est normal. Donc comment raconter ces histoires ? Comment les penser ? Comment les mettre en œuvre ? Comment les illustrer ? C'est une question. Comment repenser l'amour ? Comment repenser toutes ces formes de relations, pas que les relations hétéronormées ? Comment parler de cela ? Comment le mettre en œuvre ? Est-ce que ce sera par le biais de collages ? Est-ce que ce sera par le biais d'une série ? Comment repenser l'amour en général en y amenant toujours, en tout cas en essayant d'amener le plus possible ou de montrer ou d'illustrer le plus possible des histoires celles. C'est un questionnement. Moi, je me pose la question. Là, j'avoue qu'à propos de l'amour, ça m'a permis de mettre ça en perspective et que je ne sais pas du tout comment je vais faire puisque de toute façon, ça a changé le paradigme. Enfin, ça a changé la manière dont j'avais de penser l'amour. Ok, j'espère que je ne me suis pas trop éloignée et que vous me suivez toujours. Alors, maintenant on va passer à la citation de fin. C'est une citation aussi de All About Love ou d'A propos de l'amour de Bellux. Elle dit « Trop souvent, les femmes croient que supporter la méchanceté ou la cruauté est une preuve d'amour ou d'engagement. En réalité, lorsque nous aimons de manière juste, nous savons que la réponse saine et aimante à la cruauté ou à l'abus est de nous mettre hors de danger. » Je rappelle que Belle-Ou c'est une afro-féministe, donc si la citation parle de femmes, c'est parce qu'on parle du contexte féminin. Et j'ai beaucoup aimé cette citation parce qu'elle englobe un peu ce que je veux dire. Une fois que la femme dans cette citation, dans les femmes pardon, dans cette citation, a conscience de la méchanceté et de la cruauté, afin qu'elle puisse vivre, il faut qu'elle s'en aille. Parce que sinon, ça aura une conséquence très claire sur sa vie et son mode de vie. Pour échapper à l'abus, à la cruauté, il faut d'abord se mettre hors de danger. Et pour moi, pour l'artiste, se mettre hors de danger, c'est désactiver l'écho du traumatisme, la violence du traumatisme. Ça veut dire que j'ai vécu quelque chose, ça m'est arrivé, je m'assois avec, je travaille dessus. Donc à long terme, il ne doit plus avoir le même impact qu'il a eu au début. Une fois que je travaillais dessus, j'ai travaillé sur sa violence à l'intérieur de moi, je le transcris à l'extérieur de moi. Donc je le mets dehors pour qu'il ne me mette plus en danger. Mais la manière dont je vais l'extérioriser, je dois trouver une manière saine de l'extérioriser. Donc soit par là ou quelle que soit la manière dont je la mets dehors. Mais dans une manière de la transmettre. Afin de transmettre l'amour qui se cache derrière mon traumatisme. Et pour en revenir à Belloc, c'est ce qu'elle fait tout au long de ses œuvres intellectuelles. Transmitter ce qu'elle a subi. Faire un constat. Et ensuite, le partager en tirant les leçons qu'il y a derrière. Alors, vous allez me dire, Nelly, comment tu vas faire ça quand tu vas écrire « Aucune idée » . Comment tu vas repenser des histoires d'amour « Aucune idée » . Puisque finalement, on se dit que quand tu écris de la romance, c'est qu'il y a des choses qui se passent. Donc, comment tu apportes ça ? Je vous avoue, je n'ai aucune idée. Mais je pense que c'est un questionnement qu'on doit avoir, en fait. Comment on peut questionner ce qu'on a vécu, travailler dessus et le transmettre d'une manière beaucoup plus saine ? Toujours dans l'amour, toujours dans la joie, toujours dans la volonté d'éteindre beaucoup plus de lumière. Comment on produit des œuvres qui servent l'humanité, qui ne servent pas à amplifier cette vibration, cette fréquence de violence, d'abus et de meurtre, mais qui servent à amplifier en se servant justement de cette violence, qui servent à amplifier l'amour. Comment j'amplifie l'amour ? Comment mon expérience va servir l'amour ? Comment mon expérience va être transmise pour pouvoir insuffler l'amour malgré ses phases d'ombre ? Comment ne pas rester dans ma phase d'ombre et continuer à propager l'amour sans me renier ? Comment faire la paix avec moi-même ? Et c'est dans ça que je voulais dire que hainer est un acte révolutionnaire. Parce que quand on s'aime, quand on repense sa vie, quand on travaille sur soi et qu'on transmet autre chose qu'on ose repenser ou se... Questionner sur la manière de transmettre. Eh bien, on est déjà dans une révolution. Et il ne faut pas oublier que les artistes, ce sont les premiers impactés lors des révolutions. Ce sont les premiers qui sont réprimés par la politique, etc. La preuve, regardez ce que Trump fait aux Etats-Unis, il est en train de brûler certains livres, ou en tout cas les censurer. Eh bien, c'est exactement ça. Comment, en me se servant, en me questionnant tout ce qui est autour, en me servant de mes traumatismes, Je les transforme, j'y apporte de la lumière et je propage de l'amour. Comment je conçois l'amour ? Comment j'imagine un amour sain ? Alors ça peut être un amour de moi, un amour d'autrui. En dehors des... du conditionnement que j'ai reçu. Voilà, moi je vous laisse avec ça. Moi, je ne vous donne pas de morale en fait. Je vous pose juste des questions. Je vous ouvre une piste. Je vous fais vous questionner en même temps que moi, sans vous apporter forcément de solution parce que moi non plus, je n'ai pas la solution. Merci beaucoup, c'est tout pour moi. J'espère que l'épisode t'a plu. Partage, abonne-toi et puis je te dis à la prochaine. Bisous !