- Speaker #0
Kozé Métiyé, un podcast de la cité des métiers. Cet épisode est consacré aux acteurs du secteur de la santé. Je dirais même plutôt aux actrices du secteur de la santé. Puisque nous accueillons à notre micro Anne Holland et Lorenza Brabant, deux aides-soignantes qui nous partagent leur vocation pour un métier où l'humain est au cœur de toute action.
- Speaker #1
Alors, je m'appelle Anne. J'ai 44 ans, j'ai trois enfants. Je suis diplômée du diplôme d'aide-soignant depuis 2016. Ça fait sept ans maintenant que je travaille au service d'hématologie à l'hôpital de Saint-Pierre.
- Speaker #2
Je m'appelle Brabant Lorenza, j'ai 26 ans, je suis originaire des Avirons et j'exerce ce métier depuis dix mois déjà. Moi, je travaille au CHU de La Réunion. C'est un service public et on peut aussi travailler dans le secteur privé, EHPAD, tout ce qui dit soins à domicile.
- Speaker #0
En quoi consiste le métier d'aide-soignante ?
- Speaker #1
Le métier d'aide-soignante, avant tout, c'est un relationnel. C'est prendre soin des personnes en situation de maladie. On est là pour les accompagner, les aider dans les actes de la vie quotidienne.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui vous a donné envie de faire ce métier ?
- Speaker #2
J'ai choisi ce métier parce que j'aime bien être au contact des gens et c'est un métier que j'ai toujours rêvé de faire.
- Speaker #1
Moi, tout d'abord, j'avais une tante quand j'étais petite, elle était aide-soignante. J'ai flashé sur sa tenue blanche au début. Donc, j'étais toute petite et je me disais, voilà, pourquoi tu portes ça pour travailler ?
- Speaker #0
Aide-soignant, c'est avant tout prendre soin des autres.
- Speaker #1
Voilà, c'est des patients qu'on voit tout le temps. Pour la plupart des patients qui sont hospitalisés chez nous, ce sont des patients qui viennent régulièrement. Et du coup, ça crée des liens. Même qu'on doit rester professionnels, ça crée des liens. Il y a des patients qui nous appellent par notre prénom, qui connaissent nos habitudes, que nous aussi on connaît leurs habitudes.
- Speaker #2
Ce que j'aime le plus dans mon métier, c'est la reconnaissance des patients. Parce que c'est un travail humain. Donc parfois on a l'impression de ne pas faire assez. Mais au final, quand on a la reconnaissance des patients et qu'ils nous disent merci à chaque soin, il n'y a pas meilleur que ça, comme on dit.
- Speaker #1
Moi, j'ai la chance de travailler dans un service où il y a beaucoup de monde. On est une trentaine de personnes et il y a une cohésion d'équipe qui est extraordinaire, en fait, parce qu'on s'entend tous très bien. On a une super équipe, on est solidaires, on fait... On travaille en équipe pour le service, pour les patients. Et puis, se dire de se lever le matin et d'aller prendre soin des gens, je suis motivée tous les jours. Il n'y a pas un jour où je me lève et je traîne des pieds ou je n'ai pas envie d'y aller. C'est parce que je sais qu'il y a des gens qui m'attendent, qui comptent sur moi. Même si on a tous des problèmes, tous des soucis en dehors de la vie professionnelle, quand j'arrive au travail, c'est mon bien-être à moi. Donc j'ai besoin de ce travail pour me sentir bien et aussi d'aider les autres.
- Speaker #0
Anne nous présente sa journée type.
- Speaker #1
L'hôpital, c'est un travail non-stop. Donc il y a des équipes du matin au soir. L'équipe du matin, quand ils arrivent, c'est les transmissions, ce qui s'est passé dans la nuit, etc. On voit par rapport aux priorités de chaque patient. Nous, dans notre service, on travaille en 12 heures. Donc on étale tous nos soins sur la journée. Il faut gérer les toilettes, le petit-déj, les repas, le ménage, le bio-nettoyage plutôt. Et accompagner des patients en examen, la visite avec les médecins, gérer les familles de 7h jusqu'à 19h le soir.
- Speaker #2
Je travaille en 12h, c'est-à-dire deux jours en 12h, puis trois jours de repos. Ça dépend des jours, ça dépend des situations qu'il y a à l'hôpital. Mais sinon, c'est un peu dur quand même de travailler de 7h jusqu'à 19h le soir et non-stop des fois. On a un planning par mois et c'est un week-end sur deux.
- Speaker #1
Déjà, les journées de 12h, c'est quand même quelque chose. Donc physiquement, il faut être au taquet. De se dire qu'après 12h de travail, on rentre à la maison, on a la famille à gérer.
- Speaker #0
C'est un métier exigeant. Avec de longues journées et des situations parfois difficiles, comme accompagner des patients en fin de vie, il faut savoir se préserver.
- Speaker #1
Pour moi, en tout cas, le plus dur dans le métier, c'est de voir partir des gens que je connais en fait. C'est de travailler avec des personnes que je connais en dehors de l'hôpital. Donc ça aussi, c'est un point où psychologiquement, il faut savoir gérer.
- Speaker #2
Non, c'est un métier qu'il faut vraiment aimer. En gros, c'est une vocation, on va dire.
- Speaker #0
Une vocation que partagent Anne et Lorenza, qui ont fait preuve de beaucoup de persévérance.
- Speaker #1
Dans ma tête, j'avais toujours envie de travailler à l'hôpital. C'est une structure où j'ai toujours été fascinée par tous les corps de métier qu'il y avait, par toutes les disciplines et tout. Et du coup, je n'ai pas lâché. J'ai quand même passé encore les concours pendant 1, 2, 3, 4. J'ai passé le concours 7 fois. La 7e fois, j'avais 35 ans. Je me suis dit, bon, c'est la dernière. Après, j'arrête. parce qu'à un moment donné, il faut lâcher prise. Peut-être que ce n'est pas fait pour moi aussi, donc je me suis dit, j'arrête. Au coup d'hasard, je l'ai eu. J'ai eu le concours et j'ai été la plus heureuse du monde. J'ai enfin pu réaliser mon rêve. C'était carrément un rêve.
- Speaker #0
Ce concours est même ce qu'il y a de plus difficile selon Lorenza.
- Speaker #2
C'est d'avoir la place à La Réunion parce que c'est très sélectif. Il faut être vraiment dans les premiers, avoir un bon dossier. Il n'y a pas beaucoup de place à La Réunion, donc du coup ça a été un challenge de passer ce concours. Puis après, les un an de formation qui est très intense, vu qu'on a pratique et théorie.
- Speaker #0
Mais une fois le diplôme en poche, nos deux aides-soignantes ont très vite trouvé un emploi.
- Speaker #2
J'ai été diplômée le 23 juillet, j'ai été recrutée le 24 juillet.
- Speaker #1
Au début de carrière, je touchais environ 2200 euros par mois. Au bout de quatre ans, je change d'échelon. Donc là, forcément, le salaire augmente aussi. Donc ça passe environ à 2005. Aujourd'hui, ça fait tout juste quelques mois que je suis titulaire. Et une fois titulaire, on est à 2008-2009. On parle en salaire net. Donc ça aussi, ça motive beaucoup.
- Speaker #2
Le salaire brut est de 4495 euros. Et ça évolue en fonction de l'ancienneté. Et ça dépend des structures. qu'on soit privé ou public.
- Speaker #0
Alors, quelles sont les qualités pour réussir dans ce métier ?
- Speaker #2
Être organisée, parce qu'on priorise les soins par rapport aux patients. Donc, du coup, il faut vraiment être organisée. Il faut être vraiment professionnelle, c'est-à-dire chercher les informations avec les médecins, les infirmiers, etc.
- Speaker #1
Il faut être patiente, il faut être disponible, il faut être motivé, parce que... C'est du boulot. Il faut avoir beaucoup d'empathie. Il faut être aussi polyvalent parce que, mine de rien, être soignant, c'est aussi être technicien. Quand la télé ne marche pas dans la chambre du patient, quand la sonnette ne fonctionne pas, quand ce genre de petits détails, trouver toujours des solutions. Il faut être ponctuel. Ça demande beaucoup de rigueur aussi. Il faut être rigoureux. Il faut avoir la tête sur les épaules parce que mine de rien, on dit qu'être soignant, ça s'arrête au niveau des toilettes ou des repas, etc. Mais c'est bien plus que ça parce qu'on est les personnes au plus proche du patient. Donc forcément, nous, on a l'œil un peu plus ouvert, on va dire, pour voir ce qui ne va pas chez le patient.
- Speaker #0
Avez-vous un conseil pour les personnes qui voudraient se reconvertir ?
- Speaker #2
De faire des émersions professionnelles. dans plusieurs structures, afin de voir si vraiment ils aiment le métier ou pas. Parce qu'une fois dedans, il faut avoir la patience.
- Speaker #1
Déjà la persévérance, parce que ce n'est pas évident d'être sur la liste des 15 choisis. Parce que des fois, avec même 19, 20 de moyenne, on est sur la liste complémentaire. Donc mon conseil, comme je l'ai fait, de ne pas lâcher. Si c'est quelque chose qui vous tient à cœur, c'est de tenir tête, de se donner tous les moyens pour y arriver.
- Speaker #0
Lorenza imagine la suite de sa carrière.
- Speaker #2
Pour ma part, j'aimerais être cadre de santé un jour. Donc je me vois évoluer en tant qu'infirmière et puis après passer le concours de cadre pour devenir cadre.
- Speaker #0
Et Lorenza, un dernier mot pour vous, chers auditeurs et auditrices.
- Speaker #2
Toujours croire en soi et même si c'est très dur la France. formation à La Réunion. Il faut essayer, il faut ne pas avoir peur de l'échec et de recommencer à chaque fois.
- Speaker #0
Alors on remercie Anne et Lorenza pour leur partage et on espère que cet épisode vous aura permis d'en savoir plus sur les métiers de la santé à La Réunion. Ce podcast en partenariat avec la région Réunion s'inscrit dans le cadre du SPRO. La région lé ek zot !