- Speaker #0
Kozé métiyé, un podcast de la cité des métiers. Aujourd'hui, plongeons dans le monde fascinant du graphisme. Que vous soyez attiré par la création visuelle, la communication ou le design numérique, cet épisode vous dévoilera les multiples facettes du métier de graphiste. Pour nous aiguiller, nous accueillons à notre micro Lucie Dégueux, designer graphique salarié à New York, et Alexandre Mardail, infographiste. indépendant à La Réunion.
- Speaker #1
Alors, je suis Lucie Dégue, je suis designer graphique et j'exerce ce métier depuis 2016.
- Speaker #2
Alors, je m'appelle Alexandre Mardai, j'habite à Saint-Denis, je suis infographiste et j'exerce cette activité depuis 2016 en freelance. J'ai également été infographiste en tant que salarié pendant une huitaine d'années.
- Speaker #0
Que désigne le métier de designer graphique ?
- Speaker #1
Alors le... Design graphique, c'est assez large puisqu'on peut travailler vraiment dans différents domaines. On peut faire du jeu vidéo, de la mise en page de livres, de la conception de logos, d'identité visuelle. Donc c'est très large.
- Speaker #2
C'est un contenu assez complet. Ça part de l'affiche, ça part de contenu digital aussi. Et donc ce sont des visuels qui seront déclinés sur différents supports. support réseaux sociaux, pression, affiches.
- Speaker #0
D'où vous est venue l'envie d'exercer ce métier ?
- Speaker #2
Ça vient réellement d'une passion, d'une passion pour le dessin. Et au fil du temps, je me suis aperçu qu'on pouvait en tout cas travailler dans ce domaine-là. Quand j'étais plus jeune, je voulais devenir dessinateur de BD. Ensuite, je voulais devenir plutôt professeur. Et au final, j'ai eu l'opportunité d'être infographiste. apprendre des choses autour de ce domaine-là. Et c'est une continuité, en tout cas, de ma passion initiale d'être infographiste aujourd'hui.
- Speaker #1
En fait, je pense que j'ai été quelqu'un qui a toujours été très visuel. J'étais très bonne aussi au collège, par exemple en arts plastiques, j'aimais bien. Donc en fait, naturellement, ça s'est un peu déroulé comme ça. J'avais fait beaucoup de... tests aussi qu'on fait au collège pour l'orientation. Il y avait souvent les métiers créatifs qui revenaient.
- Speaker #0
Leur parcours de formation est très différent. Si Lucie a démarré par un CAP dessinateur d'exécution en communication graphique à 16 ans pour aller jusqu'à un master dans une école d'art et de design, de son côté, Alexandre a changé de voie durant ses études.
- Speaker #2
Alors, je n'ai pas démarré par un parcours autour des arts graphiques. En fait, j'ai eu une scolarité classique, on va dire. Je me suis tourné vers une filière technologique, donc j'ai fait de l'électronique, j'ai été dans une filière informatique électronique, j'ai passé mon bac dans ce domaine-là, j'ai passé un BTS dans ce domaine-là, mais au fil du temps, je me suis rendu compte que ce n'était pas vraiment ce qui me plaisait le plus, et j'ai eu en tout cas la chance, l'opportunité d'intégrer par la suite une école, en tout cas à La Réunion, qui venait d'ouvrir, c'était assez récent, qui s'appelait Lidois, et qui proposait justement un cursus dans l'apprentissage. de ces métiers graphiques ?
- Speaker #1
En fait, j'étais allée au lycée classique et j'avais vraiment une baisse de motivation parce que je ne trouvais pas vraiment ce que je voulais faire. Et à partir du moment où je suis allée dans le CAP, j'ai adoré et je suis arrivée directement dans le fer puisque je passais trois semaines à l'agence et une semaine à l'école. Donc ça m'a hyper reboostée et motivée de passer par là. Après le parcours alternance, je suis retournée dans l'école plus classique. C'est-à-dire que là, je n'avais plus d'alternance et j'ai fait le bac pro communication graphique à François de Mailly. Ensuite, j'ai quitté la Réunion pour aller en BTS à Villefontaine, au pôle de design. Et après ça, je suis entrée à l'école d'art et de design de Valence. Et là, c'était vraiment du... design, on va dire, vraiment pur et dur, où là, on entrait plus dans de la conception et de la théorie. Et finalement, dans mon parcours, c'était assez intéressant parce que ce qui était CAP, Bac Pro et BTS, c'était très, on va dire, on met les mains dedans, on produit beaucoup de choses, alors qu'en école d'art, là, on n'était plus sur aucun produit des choses, mais quel est le sens qu'on met derrière ? C'était beaucoup plus, comme je te disais, conceptuel. On s'est focalisé sur de la conception.
- Speaker #0
Nos deux designers s'accordent sur le fait qu'il n'y a pas de chemin tout tracé pour devenir designer graphique.
- Speaker #1
En fait, il y a tellement de branches qui sont affiliées au design. qu'il y a beaucoup d'écoles qui font des choses vraiment précises et en fait, il faut vraiment chercher et gratter peut-être qu'est-ce qu'on a envie vraiment de faire en fait.
- Speaker #0
Maintenant qu'on en sait plus sur le parcours de formation, parlons du métier de designer graphique. Est-ce que ce métier est exercé de manière différente à la réunion de l'Hexagone ?
- Speaker #2
Honnêtement, je ne pense pas parce qu'aujourd'hui, on dispose en tout cas dans ce métier tous plus ou moins des mêmes outils. Et ce qui va différencier peut-être ces deux profils, c'est le marché en fait. Le marché qu'on peut retrouver en métropole n'est pas tout à fait le même que le marché qu'on peut retrouver ici à La Réunion. Les demandes, les besoins ne sont pas tout à fait les mêmes. La culture de la communication aussi est assez différente, je trouve. Donc effectivement, il faudra adapter un petit peu les besoins en fonction du contexte. toute proposition, toute création. Il y a un public aussi qui est en attente de comprendre ou pas ces informations. Donc, il faut que le message soit assez clair. Mais le travail, pour moi, d'un infographiste à La Réunion, en métropole, il reste le même, finalement.
- Speaker #0
Lucie apporte tout de même une nuance sur cette question.
- Speaker #1
Dans mon expérience à moi, je pense qu'à La Réunion, on nous demande d'être très polyvalents, alors que je trouve que dans d'autres endroits, on nous demande d'être plus... spécialisé ou plus expert dans un domaine. Si dans le cas où il va en France, peut-être choisir des études qui le permettraient, s'il a envie de rentrer à La Réunion, d'être polyvalent ou s'il étudie quelque chose de très spécialisé en France, est-ce qu'il pourrait le refaire à La Réunion ?
- Speaker #0
Il faut savoir que le marché du travail n'est pas forcément facile dans cette filière.
- Speaker #1
Je dirais que c'est difficile de trouver dans le graphisme. Et je pense d'autant plus à La Réunion parce que c'est petit et qu'il n'y a pas beaucoup d'agences.
- Speaker #2
Est-ce que c'est facile de trouver un emploi d'infographiste à La Réunion ? Oui et non. Il y a des opportunités qui se présentent, mais elles ne sont pas récurrentes, à mon sens. Mais c'est vrai que moi, par exemple, quand j'ai commencé à travailler, j'ai tenté ma chance un petit peu partout. Je suis allé frapper à pas mal de portes. Il y en a qui m'ont dit oui, il y en a qui m'ont dit non. Mais ce qui va peser peut-être un petit peu dans la balance, ça reste au final un petit peu la motivation. et d'avoir le cran, j'ai envie de dire, de montrer de quoi on est capable. Quand je parle de montrer de quoi on est capable, c'est-à-dire qu'il ne faut pas hésiter à se faire un book, à se faire un portfolio en ligne par exemple, à montrer réellement ce qu'on sait faire, parce que c'est vrai que de dire que je sais faire telle ou telle chose, c'est une chose, mais de le montrer concrètement, de montrer aussi l'envie qu'on a autour de ça, ça peut poser dans la balance.
- Speaker #0
Et à quoi peut-on prétendre en termes de salaire ?
- Speaker #1
En France, j'ai l'impression que même avec un Master 2, souvent on commence au SMIC. Ensuite, quand moi j'étais indépendante à plein temps, on peut dire qu'on peut essayer d'avoir un salaire aux alentours de 1600 maximum par mois. Et du coup, là, depuis que je suis venue aux États-Unis, Et surtout à New York, ici les salaires sont complètement différents puisque quand tu commences ta carrière en tant que junior, les salaires minimums c'est entre 60 000 et 70 000 dollars l'année.
- Speaker #2
Pour vous donner une fourchette, entre 1000 et 1400 euros ça peut arriver, des fois un peu moins aussi, c'est assez aléatoire. Effectivement, quand j'étais salarié, je gagnais deux fois ce salaire-là.
- Speaker #0
Tous deux nous donnent la clé pour se démarquer en tant que graphiste, la curiosité.
- Speaker #1
Les qualités qui feront un bon designer, je pense, c'est la curiosité, être curieux aux différentes cultures, être curieux aux différentes formes d'art, la société. Toutes ces choses vont s'imbriquer et vont aider à concevoir des choses qui ont du sens.
- Speaker #2
J'ai envie de dire qu'avoir comme qualité une bonne culture générale, ça peut aider, je pense à ça, parce qu'effectivement, le fait de toucher un petit peu à tous les domaines, à toutes les demandes, ça m'a montré aussi qu'il faut s'intéresser à différents sujets auxquels on ne s'intéresserait pas forcément dans la vie de tous les jours. Donc voilà, être un petit peu curieux. Il faut être curieux, il faut regarder un petit peu aussi ce qui se passe autour de nous, ce qui se fait autour de nous. regarder un petit peu ce que font les autres artistes aussi. Donc, ce n'est pas pour une question de plagiat, mais au contraire, c'est une question d'inspiration. Parce que l'inspiration, quand on est créateur visuel, elle vient de toutes parts, j'ai envie de dire. Donc, on peut s'inspirer de tout. On peut s'inspirer d'un objet, on peut s'inspirer d'un film, d'un livre, pourquoi pas.
- Speaker #0
Alors on remercie Lucie et Alexandre pour leur partage, et on espère que cet épisode vous aura permis d'en savoir plus sur les métiers du graphisme et du design à La Réunion. Ce podcast en partenariat avec la région Réunion s'inscrit dans le cadre du SPRO, la région lé ek zot.