- Speaker #0
Kozé Déklik, des conseils pratiques pour prendre le contrôle de ton projet pro. Un podcast de la Cité des métiers.
- Speaker #1
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode de Causer des clics. Causer des clics, c'est quoi ? Ce sont des conseils et des clés pratiques pour justement prendre ton contrôle sur le projet professionnel. Alors, aujourd'hui, on va parler d'un sujet, on va parler d'orientation. L'orientation, donc s'orienter, ce n'est pas seulement choisir un métier ou une filière. C'est avant tout apprendre à se connaître. Aujourd'hui, on se pose la question de comment mieux se connaître pour mieux s'orienter. Et pour y répondre, j'ai le plaisir d'accueillir Thierry Minacci. Bonjour.
- Speaker #0
Bonjour.
- Speaker #1
Vous êtes psychologue pour l'éducation nationale au service du CIO, le Centre d'Information et d'Orientation.
- Speaker #0
Absolument.
- Speaker #1
Ensemble, on va voir et explorer un peu les meilleures stratégies pour aligner ces choix professionnels et avec qui on est vraiment. Vous pouvez me parler un petit peu justement de la cellule ? éducation nationale que l'on connaît, et donc de ce fameux CIO, le Centre d'information et d'orientation à La Réunion. Comment ça se passe ?
- Speaker #0
Les centres d'information et d'orientation sont répartis un petit peu sur toute l'île. Il y en a cinq ou six. Ils dépendent de l'éducation nationale et c'est la base arrière, le centre où se retrouvent les psychologues de l'éducation nationale, avec une mention particulière qui est éducation, développement, conseil en orientation scolaire et professionnelle. Et on intervient plus spécifiquement sur les établissements du secondaire, c'est-à-dire collèges et lycées. On fait des permanences dans les établissements en accompagnant les élèves et les équipes éducatives. On pourra peut-être revenir un peu plus sur notre rôle dans les établissements ensuite. On intervient aussi dans le supérieur et auprès d'adultes dans ce CIO. C'est un lieu neutre, puisque bien entendu, on intervient dans des établissements scolaires, mais c'était important aussi que le public puisse se référencer sur un centre qui est en dehors et qui soit quand même... sous la houlette, j'ai envie de dire, de l'éducation nationale, avec les compétences de l'éducation nationale.
- Speaker #1
D'accord. Et donc, vous venez en appui, notamment, aux responsables d'orientation dans les différents lycées, si j'ai bien compris. Il y a un lien, en tout cas.
- Speaker #0
Le rôle exact, c'est qu'on nous définit comme les conseillers techniques auprès des chefs d'établissement. Ça, c'est la définition classique qu'on peut donner, de façon beaucoup plus large. Je l'ai dit, psychologue de l'éducation nationale, ce qui veut dire que dans les établissements, notre rôle, on va dire, s'articule autour de deux grands points. Le premier, c'est l'orientation au sens strict. Donc, on va accompagner, aider les élèves, les familles, l'équipe éducative au sens large et donc aussi les chefs d'établissement concernant les politiques d'orientation dans l'établissement. Puisqu'on y reviendra peut-être après, mais il y a tout un tas de choses qui sont mises en place concernant l'orientation, que ce soit au collège ou au lycée. Et puis, la deuxième sphère, qui est en réalité totalement liée, je vous l'ai dit, on est psychologue. Là, on est plus sur un volet qu'on pourrait avoir tous concernant la psychologie, mais... L'orientation est un volet de la psychologie, donc la psychologie de l'orientation. Et donc, nous sommes amenés de la même manière à accompagner, à détecter, à aider les élèves qui pourraient avoir des difficultés d'apprentissage, notamment. Donc, on peut penser à des élèves qui pourraient avoir des idées noires, des choses comme ça. Donc, on peut détecter et orienter vers des structures spécifiques, puisqu'on ne fait pas de la thérapie en établissement, bien entendu, mais on peut être là en appui, en soutien et surtout en détection. On est là aussi pour accompagner et aider concernant les élèves dans les difficultés d'apprentissage en collège et en lycée. On peut penser à des choses comme les troubles dys, les élèves qui ont des problèmes de dyscalculie, de dyslexie, qui vont venir entraver leur apprentissage. Et puis, il y a l'aspect aussi d'orientation au sens strict, mais ce que nous, on appelle orientation spécifique pour les élèves qui ont des difficultés, par exemple, pour rentrer dans des sections type SECPA ou type ULIS, qui sont des unités localisées d'inclusion scolaire. pour des élèves qui ont des difficultés d'ordre un petit peu plus importantes. Et donc là, ça relève du champ du handicap. Donc là aussi, on est là pour détecter et aussi pour orienter ce type d'élèves.
- Speaker #1
Pour toute typologie, oui.
- Speaker #0
Exactement. Donc notre travail est articulé sur ces deux grands axes. D'accord.
- Speaker #1
Ok. Monsieur Minati, on remarque qu'en fait, beaucoup de jeunes, mais aussi des adultes en reconversion, en fait, c'est dur et on a du mal à se projeter. On est quand même dans un environnement qui est mouvant. On ne va pas parler d'intelligence artificielle, mais ça en fait partie. On se dit qu'un choix d'orientation, finalement... On est un peu conditionné à devoir choisir le bon, parce que finalement, c'est une mise qu'on fait, et on est parti pour 3, 5, 10 ans. C'est compliqué comme...
- Speaker #0
Alors, d'abord, il y a cet aspect qui est indéniable, qu'on va s'attribuer à soi-même, c'est-à-dire qu'on va se mettre une pression en disant, entre guillemets, je vais exagérer, mais il va bien falloir que je réussisse ma vie et que je trouve ma place dans cette société. Et ça passe bien souvent par un emploi spécifique. Mais de façon plus globale et plus générale, il y a aussi une pression sociale. Il y a tout un tas de choses qui viennent interférer là-dedans. C'est justement le rôle des personnes, des éducateurs, des psychologues, des parents, de toutes les personnes qui sont censées pouvoir intervenir auprès des adolescents, de les aider, de les accompagner là-dedans. C'est tellement lié aux aspects de personnalité, aux aspects d'intérêt professionnel, etc., qu'il faut d'abord comprendre que c'est avant tout un processus, ce n'est pas quelque chose qui va arriver là comme un coup près. D'ailleurs, nous, dans notre jargon, si j'ai envie, je pourrais le dire comme ça, nous, on parle plutôt d'affectation, c'est-à-dire que quand il y a des grands paliers d'orientation, fin de troisième, terminale, pour le parcours sup, on parle plutôt d'affectation. L'orientation, pour nous, en tant que psychologue, c'est toujours quelque chose qui va se dérouler sur une longue période et elle peut même... être un déroulement à l'âge adulte puisqu'on peut se réorienter. Aujourd'hui, il y a énormément de dispositifs et de personnels spécifiques qui peuvent accompagner que ce soit les plus jeunes ou les plus âgés. Et donc, un des premiers axes qu'il faut vraiment souligner, c'est cet aspect. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, j'ai presque envie de dire, plus que jamais, on a l'opportunité de pouvoir bifurquer, de pouvoir trouver des formations et donc d'enlever d'une certaine manière cette pression. Vous parliez tout à l'heure d'intelligence artificielle, mais c'est un des exemples. On sait aujourd'hui que la génération qui arrive là pour le baccalauréat, ce ne sera pas la génération de mes parents, je suis un peu plus âgé que vous, mais de vos grands-parents, où on se disait qu'on rentre dans une carrière pour 30 ans et que c'est important de bien choisir. Aujourd'hui, on est plus dans une dynamique, donc évidemment qu'il faut pouvoir trouver sa place, qu'il faut pouvoir trouver quelque chose qui intéresse, etc. mais on peut D'une certaine manière, on peut s'enlever cette pression parce qu'il y a de nouveaux métiers qui apparaissent depuis des générations, mais encore plus aujourd'hui. Et surtout, on a l'opportunité, je le répète, à partir des diplômes qu'on peut avoir, de sa trajectoire, de pouvoir bifurquer et de trouver à nouveau une nouvelle place, j'ai envie de dire, si on estime qu'on est tout à fait au bon endroit.
- Speaker #1
Vous pensez que de facto, il faudrait se dire, dans le choix d'une orientation, que... effectivement, on ne fera pas, comme nos parents ou nos grands-parents, la même carrière du début à la fin. Il faut se préparer à ça, vous pensez ?
- Speaker #0
On peut se le préparer, en tout cas, on peut s'enlever une pression sur cet aspect-là, puisque, bien entendu, il y a des personnes qui vont trouver leur bien-être et leur carrière, il y en aura toujours, et tant mieux. Mais j'aime bien dire aussi que ce qu'il faut s'accorder, et notamment sur ces jeunes qui ont une pression quand même énorme sur tout un tas de raisons, sur l'entourage, et puis sur... l'aspect sociétal aussi, dans lequel on le vit, l'aspect environnemental. Il y a tout un tas de choses qui mettent des pressions à ces jeunes. Il faut aussi pouvoir leur dire, écoute, ce n'est pas si grave. Si tu rentres dans quelque chose qui t'intéresse, puis que d'ici 5, 10, 15 ans, c'est quelque chose vers lequel tu te dis que finalement, ça ne te correspond plus, il y a quand même la possibilité de se bifurquer et de retrouver un bien-être dans ce qu'on fait.
- Speaker #1
Ok. Je pense qu'une des clés aussi, c'est de bien se connaître, mieux se connaître, à la base, de sorte à se créer un socle. et à partir de là pouvoir s'appuyer là-dessus pour prendre la tangente, ou du moins vous disiez l'affectation, l'orientation ?
- Speaker #0
Alors il y a plusieurs aspects, parce qu'effectivement, on vous l'a dit, enfin je vais vous le dire, on est psychologue de l'éducation nationale, donc évidemment en tant que psychologue, la part de l'individu est de notre point de vue quelque chose d'essentiel. Et puis depuis quelques années maintenant, et les choses commencent à être mises en place depuis un ou deux ans, il y a aussi tout un pan de... au niveau éducation nationale, qui mise en place ce qu'on appelle les compétences à s'orienter, et qui ont vocation d'être comme des compétences ou des savoirs qu'on peut acquérir, que ce soit des savoirs académiques ou des savoirs liés à bien se comporter, par exemple. Il y a aussi des compétences à s'orienter qui, je le répète, ont vocation à ce que la personne puisse comprendre sur quoi elle doit s'appuyer, quelles sont les compétences, c'est pour ça qu'on parle de compétences à s'orienter, à maîtriser pour pouvoir justement... en fonction de la situation dans laquelle on se trouve, qu'on puisse rebondir, savoir trouver les bons acteurs, savoir se poser les bonnes questions à soi-même, et puis ensuite, trouver les endroits où on pourra se former et s'épanouir.
- Speaker #1
D'accord. Et justement, quels sont les outils et les méthodes que vous préconisez pour mieux se connaître, afin de mieux s'orienter ?
- Speaker #0
Alors, il y a plusieurs aspects. Compte tenu de ma situation et de mon travail, je dirais qu'une des premières choses importantes, Surtout quand on est scolarisé ou en tout cas quand on est un jeune, c'est d'abord de se tourner vers les personnes qui sont spécialisées dans les établissements scolaires. Donc on pense dans un premier temps bien entendu aux enseignants puisque c'est la première ligne j'ai envie de dire concernant l'orientation. Mais mes collègues et moi, je vous l'ai dit, on tient des permanences dans les établissements scolaires. Donc la plupart du temps, il suffit de prendre un rendez-vous même si parfois il peut y avoir un petit peu de monde. Il y a de l'attente. Il y a un petit peu d'attente donc il faut anticiper aussi. Il ne faut pas attendre, comme je l'ai dit tout à l'heure, les échéances. pour pouvoir prendre des rendez-vous avec nous. Mais un des premiers conseils, ça va être celui-ci, c'est-à-dire de se tourner vers des personnes qui sont spécialisées pour ça. Donc, je le répète, les psychologues, les enseignants, les équipes au sens large, chacun va apporter sa pierre à l'édifice avec sa spécificité. Donc ça, c'est un premier élément. Deuxième élément, vous l'avez cité tout à l'heure, effectivement, ça passe aussi bien entendu par la famille, ça passe par les amis, ça passe par l'entourage, parce que... En tout cas, dans les premiers temps, souvent, ça passe aussi par du mimétisme. J'apprends à connaître un métier ou en tout cas un secteur par mimétisme parce que ton pouls, il fait ça, mon père a fait ceci, etc. Ou toi aussi. Ça, ça peut être un deuxième élément, un deuxième grand cercle. Et puis il y a toute la sphère informationnelle au sens strict, ce qu'on est en train de faire aujourd'hui avec un événement comme celui-ci, des forums. Ce sont des éléments qui sont importants puisqu'on peut les discuter, notamment avec des personnes qui sont dans ces formations ou qui sont passées par ces formations ou qui exercent certains métiers. Aller voir ce qui se passe de façon concrète, aller voir ce qu'il y a d'autre aujourd'hui, ils sont intéressants pour ça aussi, puisque concrètement on peut voir les coulisses un petit peu de ces métiers. C'est pratique,
- Speaker #1
là on a visuellement le... l'exercice qui est devant nos yeux, d'être à la personne.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Tout est scénarisé, donc c'est la pratique.
- Speaker #0
Ça évite d'avoir des fausses représentations aussi, parce qu'on les a tous. Oui, des représentations. Il y a un certain nombre d'activités, donc ça c'est un élément supplémentaire. Et puis, on va rajouter, entre guillemets, tout ce qui va être justement, on va parler du numérique tout à l'heure, il y a des outils qui vont permettre de pouvoir affiner un petit peu tous ces éléments-là, les compiler, en faisant un tout petit... un petit peu attention à ce qu'on va aller chercher comme informations au niveau du numérique, etc. Mais de la même manière, en s'appuyant sur des outils qui sont validés ou qui sont proposés par des secteurs ou par des organismes spécifiques, tout ça combiné fait qu'on est bien un bon cocktail. Voilà, on peut le dire comme ça.
- Speaker #1
D'accord. Donc justement, les outils en... de notre utilisation, on en a plusieurs, il y a les tests de personnalité, le coaching, la fameuse méthode Ikiagi, etc. C'est aussi un complément, vous pensez ? Il faut faire attention ou c'est des éléments ?
- Speaker #0
Alors, il y a plusieurs choses. Encore une fois, j'ai tendance, moi, à distinguer en fonction de l'âge. C'est-à-dire que déjà dans l'établissement scolaire, il y a ce qu'on appelle le parcours à venir, comme il pourrait y avoir le parcours citoyen ou l'éducation à la santé. Donc, il y a des choses qui sont déjà mises en place dans l'établissement scolaire. grâce à des organismes comme le NICEP qui fait un travail formidable notamment à la Réunion pour ce parcours à venir, pour imposer les compétences insorientées ou pour imposer un certain nombre d'outils aussi numériques. Je peux vous donner l'exemple des escape games, il y a des choses qui sont un peu plus ludiques pour qu'on sorte un petit peu de ces outils un petit peu secs là où l'interaction est parfois un peu complexe. On est aussi rentré dans ce type d'outils. ça ça va être On va dire pour les plus jeunes, on va dire collège-lycée. C'est effectivement après pour les adultes, il y a aussi un certain nombre d'outils qui peuvent exister, notamment je pense à la formation JAE, où l'ONICEP aussi fait un certain nombre de choses concernant ce type d'outils. Et on voit arriver effectivement avec l'intelligence artificielle, aujourd'hui on commence à voir arriver aussi des outils qui vont accumuler, on va dire, un certain nombre d'éléments concernant, pourquoi pas, des éléments liés à la psychologie de la personnalité ou des choses comme ça. D'accord. La référence qu'il faut toujours garder en tête, c'est la source. La vérification de la source, de savoir qui édite ce genre de choses. À mon époque, on parlait des tests dans les magazines. Aujourd'hui, on a un peu l'équivalent, que ce soit pour le QI ou pour des choses comme ça, aussi pour l'orientation sur les réseaux. Il faut faire un peu plus attention et se tourner vers des organismes qui maîtrisent et qui vont vous proposer des choses qui sont un peu plus sérieuses, j'ai envie de dire. tout en gardant encore une fois en tête que c'est quelque chose qui est un outil, ce n'est pas une fin en soi. Encore une fois, on parle d'humain là, on n'est pas dans l'IA. Donc, quand on est en développement, quand on est en réflexion concernant le projet, quel que soit l'âge pour le coup, ça peut être des porteurs de projets adultes pour une création d'entreprise ou pour se former ailleurs, il faut toujours garder à l'esprit que c'est un des éléments qui va permettre de pouvoir rebondir. Ça peut permettre de décoincer un certain nombre de choses parfois. Donc, je n'ai pas pensé à ce truc-là, l'outil. me permet d'élargir.
- Speaker #1
Un autre regard.
- Speaker #0
Je répète, c'est toujours intéressant de pouvoir te faire un pas de recul, mais ne pas le faire forcément seul. On peut avoir des représentations, on l'a expliqué tout à l'heure, on peut avoir aussi des expériences de vie ou de nouvelles expériences qui font qu'on n'a pas forcément la bonne vision. Les outils sont extrêmement importants, mais ce n'est pas une fin en soi.
- Speaker #1
C'est intéressant parce qu'il y a un item que j'aimerais évoquer avec vous. Le choix d'une orientation, des fois, C'est un vaste projet, on ne sait pas par où commencer. On vous parlait dans un précédent épisode des soft skills. Est-ce que vous pensez que c'est une des pistes à explorer pour dire si c'est quelque chose qu'un candidat ou un étudiant a, de développer ses soft skills qui peut potentiellement l'amener ensuite sur un choix d'orientation ? C'est un raisonnement, vous pensez ? Si on part de zéro ?
- Speaker #0
Si on part de zéro, l'instinct dirait que oui. Mais c'est un petit peu le sujet entre la poule et l'œuf, si vous voulez. C'est des choses qui sont tellement imbriquées que les soft skills sont importants. De toute façon, pour pouvoir se démarquer dans le monde de l'entreprise aujourd'hui, il faut quand même pouvoir maîtriser un certain nombre de choses qui peuvent être toujours évidentes en fonction du milieu dans lequel on vient. Il faut être clair aussi, il y a des personnes qui ont des bagages culturels, sociaux, qui ne sont pas forcément ceux attendus par les entreprises. Donc, c'est important aussi de pouvoir les diffuser de façon globale et générale. Donc c'est un élément, encore une fois, c'est un élément important, c'est une pièce du puzzle, mais ce n'est pas la seule. C'est extrêmement important de les comprendre, de les maîtriser. D'où ce que j'ai expliqué tout à l'heure sur les compétences à s'orienter. Mais ce n'est pas les seuls. Vous avez raison d'indiquer ces éléments-là aussi. C'est tout ça, effectivement, qui va pouvoir permettre d'avoir une bonne insertion professionnelle, une bonne orientation en lien avec l'information aussi. On l'a indiqué, on ne peut pas tout connaître. C'est juste impossible. Moi-même, je ne suis pas un dictionnaire en droit.
- Speaker #1
C'est idéal, mais oui.
- Speaker #0
Mais malheureusement, ce n'est pas possible. Donc, ces éléments-là, ils sont plutôt, on va dire, au moment du passage du côté de la voie professionnelle. On est plutôt sur quelque chose de parler pour les recruteurs ou des choses comme ça. Et on a évoqué tout à l'heure, ce qui est important, c'est effectivement d'anticiper pour ne pas se laisser surprendre et ne pas être dans une incompréhension aussi de ce qui est demandé par l'employeur.
- Speaker #1
D'accord. On parle beaucoup de métiers passion. Est-ce que vous pensez que c'est suivre un... sa passion pour justement son orientation ? Ou alors, privilégier un secteur porteur ? Il faut avoir un... C'est une grande question, mais...
- Speaker #0
C'est une grande question. Je ne sais pas vraiment comment répondre à cette question-là pour une raison simple. C'est qu'on a tous le fantasme de... Quand j'étais petit, je voulais faire ça, je voulais faire médecin, et puis aujourd'hui, j'ai 35 ans, je suis médecin. On en connaît tous, des gens comme ça, plus ou moins, qui ont eu une trajectoire et qui ont fait tout en ligne droite et pour qui ils ne se sont jamais posés de questions. Maintenant, le professionnel que je suis, je ne dirais pas ça que je regarde avec ce discours-là, avec, comment dire, préhension ou suspicion, c'est le mot que je cherchais, mais c'est toujours un petit peu inquiétant quelqu'un qui est un peu trop sûr de lui. Vous voyez ce que je veux dire ? Parce que s'il y a le moins de petits grains de sable, ça peut faire des bêtises.
- Speaker #1
Ça peut avoir un accident dans la machine.
- Speaker #0
Le métier passion, c'est une obligation quelque part, c'est génial parce qu'assurer que la personne... Ça s'épanouira complètement dans ce qu'elle fait. Le fait que ce soit plus ou moins, vous disiez, est-ce que c'est un métier porteur, pas porteur, etc. C'est extrêmement important également, puisqu'on parle des fameuses voies de garage, etc. Mais en réalité, c'est toujours l'adéquation entre les formations, le marché de l'emploi. Et en réalité, c'est quelque chose dont on parle. Depuis, la psychologie de l'orientation existe, c'est des choses qui sont mesurées par différents organismes. Et on se rend compte qu'il y a un siècle, on se posait encore déjà la question « the right man and the right place » par exemple, c'est quelque chose qui a été fait au début du XXe siècle, parce qu'on se posait déjà ce genre de questions. C'est toujours l'enjeu entre l'adéquation, entre les formations et l'emploi. Maintenant, si on revient à l'individu lui-même, le conseil principal qu'on peut donner, c'est déjà essentiellement de s'orienter dans ce qu'on apprécie, dans ce qu'on aime. On va d'autant plus facilement le défendre si c'est ce qu'on apprécie. Donc, j'ai envie de dire, c'est toujours un petit peu plus compliqué d'aller s'épanouir. Si la seule motivation va être parce qu'on est certain d'avoir un travail bien rémunéré, ça peut tenir un temps, ça peut tenir très longtemps, mais de façon globale et générale, ça peut être un peu difficile. Donc, vous avez raison, métier passion, je dirais même orientation passion, dans le sens strict, c'est apprendre une trajectoire, être curieux de nouvelles choses et ne pas forcément s'arrêter à ce que... On nous expose parce que c'est vrai qu'en ce moment, on va nous parler de telle filière qui est extrêmement porteur. Je vais vous donner un exemple. Encore une fois, je suis un petit peu vieux. On parlait il y a quelques années de l'informatique, les codeurs, etc. Il fallait que tout le monde se lance là-dedans. Et puis, on s'est rendu compte que c'est un peu plus compliqué aujourd'hui. Heureusement que certains ne se sont pas lancés là-dedans ou en tout cas, ils se sont lancés là-dedans en se disant de toute façon, ce n'est pas grave parce que mes compétences, je vais pouvoir les apporter dans d'autres choses. d'une certaine manière. Donc, encore une fois, pour les élèves, c'est important de s'orienter par rapport à ce qu'on a envie de faire, sur la manière dont on va travailler aussi, puisque les filières ne sont pas les mêmes. Quand on passe dans une filière générale, une filière technologique, une filière professionnelle, on va avoir des savoirs théoriques partout, mais dans certaines filières, ça va être plus appliqué que d'autres. Donc, une des premières questions, c'est celle-là. Comment est-ce que j'ai envie de travailler, moi, en tant qu'adolescent ? Est-ce que continuer à faire du théorique comme je l'ai fait au collège, ça me convient ou pas ? Est-ce que passer à l'action, comme j'ai pu le voir au WorldSkills, dans les épreuves que j'ai pu « admirer » , est-ce que c'est quelque chose qui va me motiver ou pas ? Ça, c'est les premières questions qu'il faut se poser. Et ensuite, le domaine, c'est-à-dire dans quel domaine je serai prêt à m'épanouir. Et en règle générale, quand on le fait déjà comme ça, on a fait 80 % du travail. On est sûr de ne pas se tromper d'une certaine manière puisqu'on s'engage dans quelque chose qui passionne déjà ou en tout cas qui intéresse fortement.
- Speaker #1
Qui nous anime. Il y a aussi un rapport à la peur qui, je pense... Voilà, c'est pas que en se lançant, même en entreprenant. Et donc, comment on fait pour dépasser la peur de se tromper ? C'est pouvoir avancer avec certitude malgré un contexte.
- Speaker #0
Alors là, c'est le psychologue qui va parler et c'est très, très individuel. Parce que derrière une peur, je mettrais le mot d'angoisse, le mot d'anxiété, elle peut être auto-centrée, c'est-à-dire qu'elle vient de la personne elle-même. Elle peut être aussi transmise, la peur des parents. pour mettre une pression sur un individu en disant « il ne faut surtout pas que tu rates ton orientation » .
- Speaker #1
Il y a la pression.
- Speaker #0
Il ne faut pas se le cacher, il faut le dire aussi, il peut y avoir aussi la pression scolaire, la pression des enseignants ou des équipes, parfois sans même s'en rendre compte. Sans défaire, c'est d'abord de comprendre d'où elle vient cette peur. Elle peut être liée à d'autres facteurs. Par exemple, j'ai en tête des jeunes gens qui manquent d'ambition parce qu'ils se disent « moi, dans ma famille, personne n'a dépassé le niveau 3e ou le niveau CAP, on me propose d'aller faire des études » . longue, je suis un peu dans la peur parce que c'est l'inconnu. J'ai pas de référentiel, ça peut être complexe. Donc déjà, on voit que c'est pas tout à fait la même peur. Il y a des choses sur lesquelles le syndrome de l'imposteur ou des choses comme ça qu'il faut régler, qu'il faut aller questionner. Et puis après, il y a des peurs ou en tout cas des anxiétés qui vont être un petit peu plus contextuelles, comme on l'a dit tout à l'heure, concernant le fait, ben oui, mais moi, je m'engage dans un secteur. Est-ce que dans ma région, j'ai envie de rester ici. Est-ce que dans ma région, ça va être quelque chose de porteur ou pas ? Est-ce que je suis prêt à en aller ? D'un point de vue affectif, ça engage un certain nombre de peurs et de craintes. Ça peut être des freins qui vont être liés aussi, par exemple, j'ai bien parlé d'aspects affectifs, mais ça peut être l'aspect financier. Est-ce que je suis en capacité de pouvoir me déplacer, de pouvoir me loger, de pouvoir me nourrir ? Quels sont les aides auxquelles j'ai droit ? Parce que ça, parfois, les personnes n'ont pas forcément conscience que dans leur orientation, ce sont aussi des éléments qu'il va falloir mettre en avant et sur lesquels il faut réfléchir. Je pense notamment aux étudiants qui s'inscrivent sur Parcoursup ou des choses comme ça, il faut l'anticiper. Donc toutes ces peurs-là, elles se règlent, on peut en régler certaines soi-même, par exemple aussi par ses résultats académiques. J'ai peur de ne pas être pris, mais si j'ai 19 de moyenne générale, je suis quand même assuré que j'ai fait les 100. C'est pas le seul élément évidemment, mais vous voyez qu'en fonction de l'endroit où va se trouver la dynamique anxiogène, Il y a des éléments sur lesquels on va pouvoir travailler. On vient de le faire tout à l'heure en expliquant que, par exemple, ce n'est pas grave, je ne suis pas enfermé dans une filière. Ça peut être un élément qui peut un petit peu ouvrir les peurs. Ça peut être tout un tas de choses ou tout simplement, comme je l'ai dit tout à l'heure, venir en discuter avec un professionnel comme nous. Encore une fois, on est des psychologues, on n'est pas là pour parler du trauma du grand-père ou des choses comme ça. On peut aussi... travailler avec les outils de l'entretien psychologique sur un certain nombre d'éléments comme ça. Et puis parfois, c'est pour ça aussi que c'est important pour nous d'y intégrer la famille. Je tiens à rappeler aussi que, bien entendu, qu'on reçoit les élèves. Je tiens à souligner aussi, rassurer les familles, parce que mon fils est parti voir le ou la psychologue, des fois, ça monte un petit peu dans les aigus. Il y a une appréhension. Il y a une appréhension. Et donc, justement, c'est aussi de désamorcer et de voir avec les familles aussi qu'est-ce qui peut coincer. oui donc Donc, nous, on invite très souvent les familles à venir nous rencontrer en même temps que leur enfant, parce que justement, il y a des choses que l'enfant n'exprime pas forcément. Parfois, ce n'est même pas conscient chez l'enfant, ou chez l'adolescent, ou chez le jeune qu'on a face à nous. Donc, c'est important aussi d'y associer son environnement. Et en règle générale, le premier environnement, c'est celui qui est familial. Premier cercle.
- Speaker #1
Monsieur Minachi, merci. Peut-être pour conclure, ça a l'air un peu facile comme ça, mais s'il y aurait un conseil clé qui justement pourrait aider... à mieux choisir son orientation. Je pense que vous l'avez un peu évoqué, mais quel serait ce conseil-là, le conseil clé ? Désormais, venir vous voir.
- Speaker #0
Oui, venir me rencontrer, je vais le dire une troisième fois. Non, le conseil clé, vous l'avez un peu évoqué d'abord, c'est essentiellement de se poser des questions sur soi, de se poser les bonnes questions. Et ça a l'air de rien, mais se poser les bonnes questions, ce n'est pas si simple. Donc, se faire accompagner par les psychologues ou, comme je l'ai dit, commencer déjà cette démarche de dire je ne vais pas rester seul avec mes questions. et que ce soit dans la direction des outils, que ce soit dans la direction scolaire, amicale, on ne reste pas seul avec ces questions parce que sinon, on reste seul avec ces représentations et c'est jamais bon.
- Speaker #1
Le début des réponses vient avec les questions. Merci beaucoup, M. Minacci, pour ces précieux conseils. Vous l'aurez compris, pour bien s'orienter, c'est avant tout bien se connaître et accepter que nos choix évoluent aussi. Pour aller plus loin, je vous invite à prendre rendez-vous avec la structure, donc la CIO, le CIO, Centre Information et Orientation. de l'éducation nationale pour échanger avec un conseiller et obtenir les meilleurs conseils pour votre orientation. Je vous dis merci beaucoup.
- Speaker #0
Je vous en prie, merci à vous.
- Speaker #1
Très bon salon, très bon forum. Et à très vite pour un nouvel épisode de Kozé Déklik. Au revoir.
- Speaker #0
Au revoir. Kozé Déklik. Des conseils pratiques pour prendre le contrôle de ton projet pro. Un podcast de la Cité des métiers.