- Speaker #0
Bienvenue sur l'Actu en Tête.
- Speaker #1
Bonjour à toutes, bonjour à tous, bienvenue dans l'Actu en Tête, le podcast qui prend le temps de regarder l'actualité autrement, avec distance, rigueur et discernement, par le prisme des sciences humaines, pour nous aider à mieux comprendre ce que nous vivons collectivement. Comme chaque semaine, j'ai le plaisir de retrouver Fabrice Pastore, qui est neuropsychologue, formateur conférencier et auteur. Bonjour Fabrice !
- Speaker #0
Et bonjour Didier, bonjour à toutes et à tous également. Didier, comme toujours, tu es journaliste, président du Pied-Codon, commissaire général du Forum National de la Santé Mentale. Tu as travaillé dans plusieurs grandes rédactions françaises, tu as vu les dirigeants politiques, des chefs d'entreprise et des artistes. Aujourd'hui, nous allons parler d'un sujet qui revient très souvent dans l'actualité depuis ces derniers mois, c'est le fameux problème, entre guillemets, nous allons le voir, des réseaux sociaux chez nos jeunes.
- Speaker #1
Oui Fabrice, ces derniers jours, dans l'actualité française, à nouveau... tournante semble s'engager. Le 24 janvier 2026, le président de la République, M. Emmanuel Macron, a demandé l'engagement d'une procédure accélérée pour un projet de loi visant à interdire l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Avec une application annoncée dès la rentrée prochaine, cette décision ne tombe pas de nulle part. Elle s'inscrit dans un climat d'inquiétude croissante autour de la santé mentale des jeunes et dans un contexte international où plusieurs pays notamment en Australie, durcissent leur position sur les réseaux sociaux. Sur un fond de chiffres qui montrent un usage assez massif et précoce des plateformes des réseaux sociaux par les adolescents. Un discours de protection de l'enfance inquiétude sur les écrans, l'image d'une jeunesse présentée comme débordée, vulnérable, peut-être en danger, sous l'emprise parfois des réseaux sociaux. L'opinion publique s'est largement polarisée.
- Speaker #0
On peut clairement se demander si derrière une mesure qui, ici, dans le cas présent, se présente comme plutôt protectrice, il y a des enjeux psychologiques, c'est le sujet, socio-éducatifs, mais aussi scientifiques. Est-ce que tout ça mériterait mieux qu'un débat binaire, pour ou contre en gros ? On ne va pas ici nier les risques qui sont liés aux réseaux sociaux. Par contre, on va en parler.
- Speaker #1
On va essayer ensemble, Fabrice, de prendre de la distance sur cette actualité qui peut affoler. Et les familles ont des raisons parfois de s'inquiéter. On se dit beaucoup dans l'espace. publique et la recherche le montre réellement, en fait, il faut prendre le temps d'examiner plus clairement. Et c'est ce que tu as fait.
- Speaker #0
Didier, d'ailleurs, toi qui observes les médias depuis de nombreuses années et qui as travaillé dans de grandes chaînes de rédaction, tu as vu passer des vagues successives de panique morale, notamment autour de la jeunesse. Est-ce que tu as le sentiment que sur ce sujet des réseaux sociaux, le débat médiatique est déjà tranché, finalement, avant même d'avoir une réprimité posée ?
- Speaker #1
Il y a une grosse angoisse autour du sujet. Et pour répondre à ta question, j'ai le sentiment que le débat médiatique est assez biaisé. Sur les écrans, on observe toujours presque la même mécanique, alors que c'est un sujet complexe qui touche à l'enfance, à la jeunesse, et qui peut devenir un sujet très vite anxiogène. Les titres dans la presse se retrouvent de manière récurrente. Écran dangereux, enfant débordé, cerveau impacté, santé mentale menacée. Dans les rédactions, on prend souvent comme le motif que plus de temps d'écran, égale plus de problèmes. C'est lisible, c'est simple, ça inquiète et ça fonctionne très bien médiatiquement. Le problème, c'est que cette manière de raconter la relation aux réseaux sociaux laisse très peu de place à la nuance et on mélange souvent des corrélations avec des liens de causalité, comme si l'usage des écrans expliquait à lui seul beaucoup de comportements beaucoup plus larges chez les jeunes.
- Speaker #0
Donc c'est là qu'il y a un décalage entre le discours public et les données scientifiques. En France, par exemple, le Haut Conseil de la Santé publique a travaillé sur cette question et il a analysé l'évolution de la production médiatique et scientifique autour des écrans et de la santé des enfants et des adolescents. Alors déjà du côté des médias, le volume d'articles explose sur une quinzaine d'années. On parle de plus en plus des écrans, on en parle de plus en plus fort avec un ton de plus en plus alarmiste. Concrètement, et c'est ce que nous met en édite dans ce rapport qui a fait une étude sur toutes les données d'articles de presse internationaux publiés sur les écrans. Et sur la santé mentale de nos jeunes, on voit qu'on passe de 982 articles sur ce sujet en 2005 à 1 645 500 articles en 2018. Ça représente quand même une augmentation de l'ordre de plus 167 000 % d'articles internationaux presse qui parlent d'écrans en lien avec la santé mentale de nos jeunes. Et donc, du côté des articles scientifiques, on voit quelque chose qui est très différent. En gros, le nombre d'articles évalués par les pairs augmente jusqu'au milieu des années 2010. Puis se stabilisent environ 350 articles. Autrement dit, la science ne s'emballe pas, pas du tout au même rythme que le débat public.
- Speaker #1
On a l'impression que chaque année apporte une nouvelle preuve définitive que les écrans sont responsables de tous les maux, des difficultés scolaires, de l'anxiété, des dépressions, de l'isolement. Tout finit par être attribué aux écrans. C'est peut-être un peu court.
- Speaker #0
En fait, il n'y a pas de lien causal, simple, entre le temps passé sur un écran et la parvétion de troubles psychiques. Le facteur déterminant, ce n'est pas juste la durée, c'est surtout le contexte d'usage. le temps type de contenu, l'âge, la qualité de l'environnement familial et social ? Est-ce que les parents passent aussi beaucoup de temps sur leur écran ? On appelle des variables confondantes.
- Speaker #1
Il y a une question qu'on oublie assez régulièrement. Ce temps d'écran, il prend la classe de quoi ?
- Speaker #0
Si un adolescent passe moins de temps sur un écran, est-ce que ça signifie automatiquement qu'il va faire autre chose ? Qu'il va, par exemple, jouer dehors ? Qu'il va voir des amis ? Qu'il va lire ? Qu'il va faire du sport ? On n'en sait rien, en fait. Les recherches montrent que lorsque l'environnement propose finalement peu d'alternatives, attractive, sécurisante, voire éventuellement accessible, l'écran devient une sorte de refuge par défaut. A l'inverse, quand des espaces de jeu, de liens sociaux, quand il y a des activités qui existent par ailleurs, le temps d'écran se régule souvent lui-même. Et d'ailleurs, on peut peut-être même penser que c'est plus simple de proposer une alternative occupationnelle à un enfant petit plutôt qu'à un adolescent.
- Speaker #1
Qu'est-ce que nous disent les études sur ce sujet ?
- Speaker #0
Alors, les études nous montrent que les adolescents qui vont finalement bien psychologiquement, psychiquement, utilisent tout autant les réseaux sociaux que les autres, parfois même beaucoup. Alors qu'à l'inverse, ceux qui vont mal ont souvent des fragilités, mais qui sont préexistantes. Elles peuvent être scolaires, familiales, ça peut être des difficultés relationnelles. Et elles se manifestent, ces difficultés, aussi en ligne. Autrement dit, ça veut dire que les écrans deviennent souvent une sorte de révélateur et parfois même un nom. On oublie de dire souvent que les écrans sont rarement la seule cause.
- Speaker #1
Oui, et puis il faut nuancer le débat aussi. Moi, je me rappelle très bien qu'Audi Diefan, qui est psychiatre pour la Fondation des étudiants, nous disait, mais en fait, chez les jeunes, des addicts aux écrans, ça représente 5% des jeunes. Alors qu'on a l'impression que c'est ultra répandu. Mais non, c'est que 5% des jeunes qui seraient addicts aux jeux vidéo, aux écrans. Et pourtant, dans le débat public, on a tendance... à ce que les écrans soient l'explication, la cause simple, un problème complexe qui pourrait résoudre bien des maux dans nos systèmes éducatifs et dans nos familles. Les écrans deviennent une sorte de coupable d'idéal. Ils concentrent les peurs parce qu'ils sont nouveaux.
- Speaker #0
En fait, on construit des réponses politiques ou éducatives qui passent à côté du vrai problème. On traite finalement un symptôme visible sans vraiment se questionner sur ce qui nourrit ce symptôme. C'est aussi pour cela que la littérature scientifique reste beaucoup plus prudente que les discours qu'on voit dans les médias. Elle insiste, cette littérature scientifique, sur la diversité des sujets, sur les différences individuelles et sur le rôle central de l'environnement aussi, bien évidemment. Didier, pourquoi selon toi, les médias aiment autant les histoires alarmistes quand il s'agit de la jeunesse et des technologies ? Alors, même que, on vient de le voir, la science est davantage nuancée. Pourquoi selon toi ?
- Speaker #1
De manière historique, la presse a toujours aimé les récits alarmistes. Le choc des mots, le point des photos, c'est vieux comme le monde. Et puis, on a toujours entendu dans les rédactions que ce qui fait vendre, c'est des histoires à scandale. Les radios, les télévisions ont perdu tellement d'audience avec les réseaux sociaux qu'on se demande parfois s'il n'y aurait pas intérêt à les diaboliser par un discours alarmiste avec une réponse politique qui est tout aussi simple. Alors quand l'opinion publique s'inquiète... quand les titres parlent de danger pour les enfants, le pouvoir politique se retrouve face à une sorte de pression, agir, agir vite, interdire. On a même l'impression que l'État alors reprend la main. En ce moment, on a envie de dire, Dieu sait où il est. On se dit, c'est peut-être l'occasion qu'il nous protège, qu'il cranche.
- Speaker #0
On le sait, on le dit souvent chez l'adolescent, l'interdit n'a finalement pas le même effet que chez l'adulte. Parce qu'au contraire, il peut attirer. L'adolescence, c'est une période de construction identitaire, de recherche d'autonomie, de test des limites. Et justement, l'interdiction frontale, elle peut, dans certains cas, évidemment, renforcer l'intérêt pour l'objet justement interdit. Elle donne aussi une valeur assez symbolique à ce qui est censé être évité. Et en plus, il ne faudra plus une chose importante, c'est que le contournement fait partie du développement normal. Les adolescents apprennent à composer avec les règles, à les négocier et justement aussi parfois à les transgresser. Un interdit qui est posé par un parent, le parent est lié à la relation qu'il a avec son enfant. Donc l'interdit peut être discuté, peut être expliqué. Il se base sur un lien affectif, sur une autorité incarnée, une confiance. Mais lorsque ce lien est contesté, ça participe aussi à la construction des repères. Alors que l'interdit, lorsqu'il est posé par la loi, il fonctionne autrement. Il est plus abstrait, il est plus impersonnel, il n'est pas dans le quotidien de l'adolescent. Plus l'interdit est distant de la relation éducative, plus il pourrait être vécu comme quelque chose à contourner, justement, plutôt qu'à comprendre. Par exemple, si le gouvernement dit qu'il faut interdire les réseaux aux moins de 15 ans et que les parents décident qu'ils vont l'interdire chez leurs enfants avant 13 ans, l'adolescent, en général, écoutera plutôt le parent que le gouvernement.
- Speaker #1
Ça va créer des distorsions d'information dans l'éducation entre les parents et la loi. D'ailleurs que les parents vont donner... une indication et la loi va donner une autre indication. Donc l'adolescent, dans sa tête qui est en construction, il va se dire, mais c'est quoi ce bordel ? Ça fait de la dissonance. Et puis j'y vois autre chose. J'y vois que l'adolescent peut se dire, mais il vit dans quel monde ? Ceux qui font la loi, ils sont hors-sol parce que l'adolescent lui sait très bien que les plateformes, il y aura accès de toute façon. S'ils veulent aller sur les plateformes, ils iront, ils en ont les savoir-faire depuis qu'ils sont Merci. tout petits, leurs cerveaux sont habitués à fonctionner avec ces mécaniques. La loi va entraîner des usages qui seront des usages détournés.
- Speaker #0
La vérification de l'âge à très grande échelle, ça pose aujourd'hui de vraies difficultés. technique. Ça pose la question aussi d'enjeux de vie privée, de données personnelles, de sécurité.
- Speaker #1
Et en plus, pour contrôler l'âge, il faut contrôler des informations qui sont parfois sensibles.
- Speaker #0
Oui, voilà. Et là, on entre aussi dans un autre débat qui est tout aussi complexe. Et c'est là que le malentendu arrive, parce qu'interdire, ça donne l'illusion d'agir, mais ça ne transmet pas de compétences particulières. Ça n'apprend ni à comprendre, ni à réguler, ni à faire face au contenu qui pourrait être problématique. Interdire, c'est finalement pas éduquer.
- Speaker #1
Ça, c'est presque un slogan des années 68, où il est interdit d'interdire. Une loi d'interdiction, elle semble fonctionner quand elle s'appuie sur des contrôles qui peuvent être concrets et réalistes. Alors que dans le cas des réseaux sociaux, la faisabilité, l'application, le contrôle de la loi interroge. Les plateformes fixent déjà des âges de minimum, d'ailleurs.
- Speaker #0
Donc, finalement, ce n'est pas qu'une question politique, c'est aussi une question psychologique et aussi éducative. Donc, une question serait finalement de savoir si vraiment une interdiction peut tenir face à la réalité de la vie des adolescents d'aujourd'hui. C'est ça la vraie question aussi.
- Speaker #1
Les adolescents sont dans une vie où le numérique a une grande place et il faut, semble-t-il, préférer d'accompagner, faire ensemble des jeux vidéo, aller ensemble. sur les réseaux sociaux, plutôt que de se réfugier dans une attente législative. Ce qui est familier pour les jeunes depuis tout petit peut apparaître inquiétant, moissant, incompréhensible pour ceux qui ne partagent pas les mêmes codes et qui aujourd'hui, par exemple, sont au pouvoir.
- Speaker #0
Donc si on regarde finalement la génération des parents d'aujourd'hui, on va dire ce n'est dans les années 80-90, ce sont des personnes qui sont nées sans les réseaux sociaux, qui les ont découvert ensuite et qui vivent aujourd'hui avec eux. En gros, c'est une génération qui s'est... adapté aux réseaux sociaux et à l'Internet. Les adolescents, aujourd'hui, eux, ils ont grandi dans un environnement qui était déjà numérique. Ils n'ont pas adopté les réseaux sociaux, ils ont grandi avec. Et puis, il y a aussi une autre génération. C'est celle des parents de ses parents, les grands-parents d'aujourd'hui, pour qui cette évolution est considérée comme hyper rapide, totalement déstabilisante.
- Speaker #1
Trois rapports très différents au numérique qui se défontent d'une manière intergénérationnelle.
- Speaker #0
Si on prend un peu de recul, on voit que le regard... porté sur les pratiques des adolescents, il est finalement très adulto-centré. D'ailleurs, il y a un article qui date d'il y a quelques jours, de janvier 2026, qui a été publié dans Le Monde, qui est de Bortolotti et de Couchot-Chex, qui montre que quand on interroge directement les adolescents sur leur usage des réseaux sociaux, on voit que, contrairement à parfois une sorte d'intuition qu'on peut avoir, ils sont extrêmement lucides sur les réseaux et sur leur usage. Ils voient en général très bien les risques. Ils se donnent des règles entre eux, ils se conseillent et parfois même mieux que les adultes ne l'imaginent. Donc, ça remet en question l'idée finalement d'une jeunesse qui serait un peu victime, un peu passive, un peu naïve et un peu inconsciente face à ces réseaux. On peut aussi se poser la question de l'isolement. Petite scène, tu es dans un restaurant, dans un café, tu vois une table de jeunes. Je ne sais pas si ça t'est déjà arrivé, si tu l'as déjà vu, mais moi, j'ai déjà constaté ça. Ils sont côte à côte, ensemble à table, ils sont entre potes, chacun sur son smartphone. et Ils échangent des messages entre eux alors qu'ils sont assis à quelques centimètres les uns des autres. Est-ce que ça te parle, ça ?
- Speaker #1
Ah oui, c'est une scène que j'ai déjà vue, même avec mes enfants.
- Speaker #0
Et donc, c'est exactement là que le débat se complique, parce que ça nous oblige en fait à nous poser une question, c'est quoi au fond être isolé ? Il ne faut pas confondre l'isolement physique, l'isolement relationnel et la solitude subjective. Un ado qui est seul dans sa chambre avec son téléphone n'est pas nécessairement isolé au sens psy. Il peut être en interaction constante. A l'inverse, on peut tout à fait entourer... physiquement à l'école, dans sa famille ou dans un groupe de pères et se sentir très seul. Voilà, l'isolement, c'est avant tout l'absence de relations soutenantes, de relations sécurisantes et des relations qui font du sens. En coupant certains adolescents de leur réseau, de leurs espaces numériques, on peut, de manière finalement paradoxale, renforcer leur isolement réel, notamment chez ceux qui ont déjà parfois certains peu de ressources relationnelles hors ligne.
- Speaker #1
relation en vrai. ou relations numériques, le présentiel ou le virtuel, une vraie différence, c'est une question essentielle Fabrice. Mais est-ce qu'une relation sur les réseaux sociaux vaut vraiment ou est équivalente, comparable à une relation face-à-face en présentiel ?
- Speaker #0
Les relations en face-à-face, en présentiel, elles mobilisent le corps, elles mobilisent le non-verbal, elles mobilisent une sorte de synchronisation des émotions. Et elle joue aussi un rôle évidemment très important dans la régulation des émotions. Les relations numériques, par contre, permettent la continuité de ce lien. Ça permet le maintien dans un groupe. Et ça permet aussi parfois l'expression de choses qu'il peut être plus difficile de dire en présentiel, notamment chez les adolescents.
- Speaker #1
C'est-à-dire que l'un et l'autre cohabitent ou construisent des relations et des liens sociaux. Nouveaux s'ils sont accompagnés, portés dans un écosystème éducatif favorable.
- Speaker #0
Donc le problème apparaît surtout quand le numérique devient le seul espace relationnel. Pas par choix, mais parce que les autres espaces ne sont pas là. Là, on n'est plus dans une question d'écran, on est dans une question de condition de vie, d'accès aux autres, d'isolement géographique, de ruralité, d'accès à Internet, de relationnel, de difficulté de communication. Ce qui compte pour la santé mentale, ce n'est finalement pas le support du lien qu'on va avoir. C'est sa qualité, c'est sa stabilité, c'est sa capacité à aider et à soutenir une personne.
- Speaker #1
En tout cas, dans cet épisode, on a essayé de ralentir le débat et de sortir des réactions immédiates, des réponses simples face à des questions qui sont quand même complexes. Oui, les réseaux sociaux comportent des risques et c'est indéniable. Oui, certains adolescents, ils sont exposés trop tôt, trop longtemps et trop souvent sans accompagnement de l'adulte. de l'éducateur référent. Mais ce qu'on a vu avec Fabrice, c'est que réduire la question de la relation aux réseaux sociaux à une interdiction par la loi ne suffit et ne suffira pas à traiter ce qui se joue réellement derrière les usages. L'interdiction ne résoudra finalement pas la problématique de la relation aux réseaux sociaux, de l'équilibre entre la relation au réel, aux êtres sociaux et au virtuel, au numérique. Tout cela ne se règle pas et ne se réglera pas avec un seuil d'âge. fût-il imposé par la loi.
- Speaker #0
Voilà, c'est finalement peut-être là qui est le véritable cœur du sujet, parce que cette loi dit quelque chose de notre rapport collectif à notre jeunesse d'aujourd'hui. Elle questionne nos peurs d'adultes, notre difficulté, finalement, peut-être, à accompagner ces jeunes. Interdire, ça rassure. Donc finalement, peut-être que la vraie question, c'est pas est-ce qu'il faut interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, mais plutôt qu'est-ce qu'on met à la place ? Quel... éducation numérique, est-ce qu'on peut proposer ? Comment est-ce qu'on peut accompagner les parents ? Et quels espaces proposer, justement, d'espaces collationnels proposés à ces jeunes ?
- Speaker #1
Parler des réseaux sociaux, parler de ce lien au numérique et en faire une opportunité pour chacun d'entre nous, plutôt qu'une source d'angoisse récurrente, à nous tourner vers une loi supplémentaire. Peut-être que cette opportunité, elle va tous nous permettre de... progresser vers un monde virtuel plus aménagé, qui correspond davantage à nos attentes. En tout cas, pour faire le vœu, Fabrice. Je vous remercie toutes et tous de votre attention dans l'Actu en tête et nous nous retrouvons la semaine prochaine. Au revoir et bonne semaine.
- Speaker #0
A bientôt, bonne semaine et rendez-vous au prochain épisode de l'Actu en tête. Merci.