- Speaker #0
Typiquement là à Baqueira j'ai réussi à avoir ce mindset qui pour moi me correspondait trop. Pourquoi tu ne pourrais pas le refaire et le remettre en place aujourd'hui pour cette compétition ? Après ça c'est tout le travail mental justement qui est un peu plus compliqué et qu'il faut juste entretenir. J'ai un peu un petit slogan avant de partir c'est vitesse, maîtrise, plaisir sur les pieds et fuck les autres. Là c'est mon moment quoi. Je suis là pour montrer aux juges ce que j'avais prévu de faire et puis basta quoi. En fait, je m'inspire un peu de tout mon univers pour faire ma propre recette pour ma performance.
- Speaker #1
Bienvenue dans l'appel du drop, le premier podcast de freeride qui t'aide à gérer ton mental et envoyer tes meilleurs runs. Moi, c'est Tom Rodriguez, le préparateur mental des riders. Ici, on parle sans filtre de ce que tu vis quand tu es en haut d'une face ou au départ du parc. C'est le moment où tu as le choix entre écouter tes peurs ou suivre l'appel du drop. Ensemble, on va apprendre à gérer la pression avant un run en s'inspirant des conseils et retourner l'expérience des meilleurs riders pour enfin faire sauter tes blocages et montrer de quoi tu es vraiment capable. Je t'embarque avec moi. 3, 2, 1, c'est parti ! Comment on introduit une Anna Martinez ?
- Speaker #0
Comment on introduit une Anna Martinez ? Une petite chamoniarde de 25 ans qui fait du snowboard depuis... longtemps et qui s'amuse sur sa planche.
- Speaker #1
Ok, trop bien, ben voilà, l'intro est toute faite, j'ai pas besoin de la faire. Ça te va ?
- Speaker #0
Ouais ça va.
- Speaker #1
Deal. T'as commencé à quel âge le snow, toi ?
- Speaker #0
J'ai commencé à 8 ans, le snowboard.
- Speaker #1
Ok, avant tu faisais quoi, ski ?
- Speaker #0
Avant, oui j'ai démarré un peu sur les skis avec papa et maman, mais c'était assez occasionnel et avant, sinon c'était de la danse, parce que j'ai commencé à 5 ans, mais... Je faisais un peu tous les sports.
- Speaker #1
Classique ou quelle danse ?
- Speaker #0
Ça a toujours été un peu du jazz, modern jazz.
- Speaker #1
Modern jazz, ok d'accord. Parce que ta sœur en faisait ou pas du tout ?
- Speaker #0
En fait, toute notre enfance, on a quasi fait les mêmes activités, plus ou moins. On a toutes les deux fait de la danse, on a toutes les deux fait démarrer le snowboard en même temps. Et après, elle a fait des petits sports extrascolaires autres, et moi autre chose aussi. mais on a fait quand même jusqu'au lycée la même chose.
- Speaker #1
C'est bien, c'était pratique pour les parents comme ça.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
On est au même cours.
- Speaker #0
Oui. Je ne souhaite pas du tout avoir une jumelle. C'est quand même doublon sur tout.
- Speaker #1
Tu m'étonnes. Tes parents, ils font quoi dans la life ?
- Speaker #0
Ma maman, elle travaille à la compagnie du Mont-Blanc, donc tout ce qui gère les remontées mécaniques de toutes les stations sur Chamonix. Elle a l'exploitation à peu près. Mon papa, il gère le magasin Eliantzen sur Chamonix.
- Speaker #1
Ok, d'accord. Donc, premier sponsor, c'est les parents ?
- Speaker #0
Oui, plus ou moins. Pas sponsor, mais en tout cas, c'est les premiers fans, les premiers suites.
- Speaker #1
Trop cool. Du coup, dans une fratrie, tu as juste une jumelle ou tu as aussi ?
- Speaker #0
J'ai une grande sœur aussi.
- Speaker #1
Une grande sœur aussi. Que des meufs ?
- Speaker #0
Que des meufs.
- Speaker #1
Ok. Qui sont plutôt sport à fond ou il y a différents profils ?
- Speaker #0
Du coup, avec ma sœur jumelle, donc Kim, on a vraiment le même profil. On a fait de la compétition. Enfin, moi, je suis toujours dedans, mais Kim, on a démarré en même temps la compétition. Et ma grande sœur, pas du tout. Elle a fait du sport quand elle était jeune pour toucher un peu à tout, mais loin d'avoir la fibre de compétition. Maintenant, elle a en plus une vie totalement différente. Elle habite en Finlande auprès des reines, a travaillé dans une chaîne d'hôtels. Rien à voir.
- Speaker #1
Tu vas la voir à Rovka parfois.
- Speaker #0
Ça m'est déjà arrivé d'aller la voir. Mais elle n'est pas pour aller rider parce qu'elle est vraiment dans le nord-nord perdu de la Finlande. Mais de temps en temps, ça m'est déjà arrivé d'aller là-bas et c'est vraiment stylé.
- Speaker #1
Vraiment stylé ?
- Speaker #0
Oui, ça change, ça fait du bien un peu dans la nature.
- Speaker #1
C'est quoi ce qui te change le plus de la nature ?
- Speaker #0
Oui, là-bas. Là où elle habite, c'est perdu complètement. Il n'y a pas rien à faire, mais il n'y a pas non plus beaucoup d'activités. Et en fait, c'est juste super calme, super doux, super beau.
- Speaker #1
Tu vois la Dive quand tu vas là-bas, vu qu'il y a beaucoup moins de luminosité ? au niveau de ton moral ou de trucs comme ça ou pas forcément ?
- Speaker #0
En fait, ça dépend de la période de l'année aussi. J'y suis allée une fois aux alentours de février. Là, il n'y avait pas une journée vraiment complète, mais c'était quand même... Enfin, ça allait. On avait quand même plutôt la lumière assez longtemps dans la journée. Mais j'y suis retournée là cet automne, pas pour aller la voir, mais parce que j'ai commencé le monitorat de snowboard en Finlande, parce qu'en France, on ne peut pas le faire. Et là, pour le coup, vu que c'était en novembre, on a eu ce créneau de 9h-15h de soleil et basta. Et encore, c'était pas vraiment de soleil, c'était un peu un jour blanc. Ouais, là, le moral, il prenait cher.
- Speaker #1
Tu m'étonnes, tu faisais comment quand c'est comme ça ? T'as capté que c'était le soleil déjà ou pas, dès le début ?
- Speaker #0
Oui, de toute façon, on le savait que ça se passait comme ça, les horaires. Je fais comme moi, tu fais avec. Après, c'est quand même stylé parce que tu rides la nuit. Ce n'est pas tous les jours qu'on peut, donc c'est cool. Mais à la fin de la semaine, on était fatigués. À 17h, tu as l'impression qu'il est 22h, tu n'as rien de te coucher.
- Speaker #1
Tu m'étonnes. Tu as l'aluminothérapie là-bas pour les personnes qui ont le plus d'argent. Je crois que c'est hyper rush de se prendre un truc comme ça.
- Speaker #0
Oui, il y a beaucoup d'enfants, je pense.
- Speaker #1
Donc la grande soeur est en Finlande, toi ici à Cham, ta soeur est à Cham aussi ?
- Speaker #0
Ouais, ma soeur jumelle est à Cham, mais là actuellement elle est en Belgique parce qu'elle a attaqué des études de kiné. Donc elle n'est plus vraiment là à l'année, pendant quelques années.
- Speaker #1
Donc là ton entourage proche, du coup t'as qui là autour de toi ?
- Speaker #0
Il y a mes parents, et puis j'ai aussi mon oncle et d'autres cousins qui sont là. J'ai quand même cette famille sur Chamonix.
- Speaker #1
Ok. Et du coup, tu as tes potes d'enfance qui sont de Cham ou tu as rencontré des personnes nouvelles depuis que tu t'es mise sur le freeride ?
- Speaker #0
Oui, en vrai, j'ai mes potes d'enfance qui sont ici, qui sont quand même à droite à gauche parce qu'on a tous un peu trouvé des métiers même dans d'autres pays, donc on ne se voit pas régulièrement. Mais après, oui, avec le snowboard, tu rencontres tellement de personnes et du coup, j'ai un peu des... des cercles d'amis différents sur les activités.
- Speaker #1
Pour retracer un petit peu, tu parlais, on en a parlé, je sais pas si c'était quand on enregistrait ou pas, mais on a parlé de danse, de border cross. Tu as commencé par la danse à 5 ans ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Ok. Tu as commencé le conservatoire de danse à quel âge ?
- Speaker #0
J'ai fait le conservatoire de danse une fois au lycée, donc à 16 ans.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
C'était juste pour la seconde première terminale.
- Speaker #1
Donc au début, tu faisais de la danse. Tu parlais de l'esprit de compétition dans la famille ? Est-ce qu'il y avait cet esprit de compétition dans la danse ?
- Speaker #0
Non, pas du tout. Moi, la danse, du coup, de mes 5 ans à mes 16 ans, j'ai toujours fait snowboard et danse en parallèle. Mais pour le coup, il n'y avait jamais de compétition en danse. Il n'y avait pas d'audition.
- Speaker #1
Pas de contest ?
- Speaker #0
Non. C'était vraiment prendre des cours, kiffer. Et à la base, c'était pour, dans une optique, de vraiment devenir danseuse dans une troupe. Enfin voilà, vivre un peu de façon artiste. Et en fait, tu te rends vite compte que c'est très compliqué ce milieu. Il est tellement niche et tellement compliqué à intégrer que j'ai kiffé mes trois années au conservatoire. Mais professionnellement parlant, je ne voulais pas aller plus loin. Et surtout, c'est qu'une fois rentrée au conservatoire, j'ai arrêté justement le snowboard pour la danse. Et en fait, en arrêtant, je me suis dit, c'est quand même la compétition qui t'a vibrée. Je tourne dans le snow, mais d'une autre manière.
- Speaker #1
Ok, juste pour remettre du contexte, le snow, c'était du snowboard cross dès le début, dès tes 8 ans ?
- Speaker #0
Non, j'ai attaqué le border cross en rentrée au collège, donc en 6e.
- Speaker #1
Ça fait quoi ? Ça fait 11 ans, ça ?
- Speaker #0
Oui, à 11 ans, j'ai fait mes premiers pas dans le monde de la compétition, du coup, en border cross et en géant. Donc ça, j'ai fait toutes mes années collège. et après j'ai arrêté le border cross une folie c'est pour après réattaqué le freeride ok parce que du coup là il ya un bordel ici à chambre il ya des il ya des petites sections il ya un petit anti border cross sur les grands montés argentière mais quand on fait du border cross en général on s'entraîne quand même aussi à droite à gauche on fait beaucoup de stages ailleurs les saisies j'ai été trop saisie Non, c'est beaucoup des stages à l'automne. On va en Autriche, en Suisse, ça se fait. À Intertux, c'était beaucoup de déplacements. Et après, sinon, les compétitions, tu vas vraiment partout.
- Speaker #1
Depuis toute jeune, en gros, t'es habituée à voyager à fond, aller dans différents pays, dans différentes cultures ?
- Speaker #0
Ouais, plus ou moins. Après, c'est vrai que quand on est jeune, on est au niveau régional. Donc, t'évolues quand même plus ou moins dans la région. Tu fais plutôt France, un peu en Suisse. mais... Mais oui, plus ou moins des petits voyages.
- Speaker #1
OK. Donc là, 13 ans, tu arrêtes le snow pour te mettre à 100% dans la danse ?
- Speaker #0
16 ans.
- Speaker #1
16 ans, tu parles.
- Speaker #0
16 ans,
- Speaker #1
du coup. OK. Tu arrêtes totalement et là, tu te rends compte que ça te manque de ouf, la compétition ?
- Speaker #0
En final, j'arrête totalement, mais ça me prend à peine une année.
- Speaker #1
Ah oui ?
- Speaker #0
Oui. Ce n'est pas un gros arrêt au final. Parce qu'en fait, je pense que c'est mon année de seconde. J'ai dû faire, je ne me rappelle même plus vraiment, mais mon année de seconde, je pense que j'ai fait off sur le snow. Je pense que mon année de seconde, ça devait être ma première année où j'ai fait une seule compétition de freeride, avec ma sœur d'ailleurs. Elle, elle n'a pas du tout accroché. De toute façon, elle était toujours dans le border cross. Et moi, j'ai trop kiffé. C'était sur Chamonix. Et en fait, c'est l'année d'après, donc mon année de première à 17 ans, où j'ai pris ma licence freeride. Et là, vraiment, j'ai attaqué le freeride.
- Speaker #1
Comment tu as fait la transition entre border et freeride ? Tu parlais de... Tu ne prenais plus trop de plaisir dans le border.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et en même temps, tu sais que c'est la compétition qui te fait vibrer.
- Speaker #0
Oui. En fait, en border cross, ce que je détestais le plus, c'était la phase où on était à 4 dans le tracé. Je ne pouvais pas rider avec des gens. À côté de moi, serré, je n'arrivais pas avec cette idée, j'avais trop peur. Et surtout aussi, un peu cette non-liberté où tu as un tracé et on est tous obligés de faire le même et on n'a pas le droit de choisir de faire autre chose. Et du coup, je pense que c'est ça que j'ai kiffé dans le... dans le freeride. Et en fait, comment ça s'est passé ? Ma première compétition, mon oncle, qui gère Evolution 2 à Chamonix. Donc Evolution 2, c'est l'école de scie qui organise toutes les freerides en France. Et il nous avait proposé justement avec ma sœur de venir tester la petite compète sur Chamonix. Et du coup, on l'a faite. Et moi, j'ai vraiment surkiffé. Et en fait, j'ai vraiment aimé l'idée de... ça reste une compétition, t'es comparé aux autres, mais par contre tu fais ce que tu veux. Et moi je l'ai vraiment pris, vu que j'étais dans cette phase où j'avais beaucoup d'appréhension, je me suis dit, trop bien, je vais faire que des virages en poudreuse, je vais pas sauter, je vais pas faire de figure, si j'ai envie d'aller à droite, j'irai à droite, après si j'ai envie de refaire une grosse traversée toute moche, c'est pas grave, j'ai le droit. Et en fait c'était vraiment ça ma première année, c'était juste faire ce que j'avais envie, mais d'être quand même notée et jugée. J'aime bien être jugée, j'aime bien être comparée aux autres et me dire, toi, t'as fait mieux que ta copine. Parce qu'au final, c'est quand même ça, la compétition.
- Speaker #1
Les appréhensions, c'était sur le freeride à part entière ? Ou c'était de manière générale, t'es quelqu'un qui est assez anxieuse ?
- Speaker #0
Non, je ne suis pas anxieuse dans la vie. Mais oui, je ne suis pas casse-cou. Franchement, je n'ai jamais su aller au-delà de mes limites. Je suis toujours hyper réfléchie. Tout le côté freestyle, en soi, je ne l'ai jamais appris aussi. Déjà jeune, je n'avais pas ce truc d'aller sauter. Ce n'était pas naturel pour moi. Il fallait qu'on me pousse, qu'on me montre comment faire. Je demandais toujours à mes copains, « Vas-y, toi, avant. » Moi, je n'ose pas y aller en première. En règle générale, je n'ai jamais été casse-coupe du tout.
- Speaker #1
Donc là, c'était peur de te blesser, peur de la chute classique ?
- Speaker #0
Oui, peur de tomber.
- Speaker #1
OK. Et avant que tu fasses ta première compétition, grâce à ton tonton qui bosse chez vos deux ? Tu avais déjà fait un peu de freeride avant avec des marges d'approche ou avec une split ?
- Speaker #0
Non, jamais.
- Speaker #1
Donc c'était vraiment tout nouveau pour toi quand tu as dit...
- Speaker #0
J'avais déjà fait des... Tu vois, en station, quand il y a une pétée de neige qui arrive, on va tous rider un peu à côté, en dehors des pistes, mais jamais de façon structurée. Moi, le split, j'ai connu ça des années après. Mon premier split que j'ai eu, je pense que c'était au Covid, en 2020. Donc j'ai fait... Tu vois, c'était il n'y a pas si longtemps. Donc non, ça n'a jamais été quelque chose que je voulais avant essayer. C'est vraiment mon oncle qui nous a proposé d'essayer ça, de découvrir ça juste le temps d'une après-midi. Au final, je me retrouvais avec la licence l'année prochaine, l'année d'après.
- Speaker #1
Et du coup, tu disais, la compétition, ça te faisait quand même vibrer. Donc même le border qui n'était pas ton gros kiff, parce que ça ne te laissait pas exprimer toute ta liberté. C'est quoi le point commun entre la compétition en border ? et la compétition en freeride qui, toi, te fait vibrer ?
- Speaker #0
Je pense que c'est vraiment cet aspect d'être meilleure que mes adversaires. Parce que maintenant, je l'ai moins, avec, je pense aussi, le fait que je grandis, que j'ai plus de maturité et tout ça. Mais quand tu es jeune, c'est hyper valorisant de dire, même à l'école, au sport ou quoi, de se dire, là, tu as une meilleure note, tu as été le premier de la classe ou peu importe. Et j'ai toujours eu ce truc de vouloir être un peu meilleur que les autres. sans les dénigrés ou sans jugement. C'est toujours bienveillant, mais toujours... Ouais, c'est super satisfaisant et valorisant. Et du coup, je pense que j'avais juste cette fibre de la compétition en règle générale. Et après, je voulais l'associer avec le sport qui me plaisait le plus, donc le snowboard, d'une façon plus libre que le border cross. Donc en fait, tout ça additionné, c'est du freeride.
- Speaker #1
C'est trop chouette. Il y a des personnes, quand ils voient les autres à côté, ils gravent la pression et ils se sentent inférieurs ou... Au contraire, ils se sentent comme dans une guerre, tu vois. C'est quoi, toi, ton rapport aux autres ? Du coup, comme tu veux être la meilleure et c'est ce qui te drive, comment tu te positionnes par rapport aux autres quand tu es au départ d'une compétition ? Est-ce que tu es plutôt intimidée ? Est-ce que, au contraire, tu es en mode « J'y vais, tu vas voir » .
- Speaker #0
Je pense que ça a changé déjà au fil de mes saisons, au fil de mon évolution, parce que ça fait quasi dix ans maintenant que je fais du freeride. Et mon mindset, il y a 10 ans et maintenant, ça n'a rien à voir. Mais en tout cas, celui que je préfère avoir, et c'est celui que je travaille aujourd'hui et que j'ai à peu près, et j'espère l'avoir encore longtemps, c'est qu'au départ, je suis vraiment dans ma bulle et c'est pour moi. Même si je suis driveée par ce truc de comparaison où j'ai envie d'être meilleure que mes adversaires parce que je suis là pour ça, je suis quand même au départ... un peu dans une bulle assez égoïste et très... En fait, maintenant, c'est ma descente. On me donne la possibilité d'être toute seule dans cette montagne, dans cette face. Donc, l'extérieur n'existe plus. Et du coup, je ne suis pas intimidée par les autres. En fait, je pars un peu du principe que chacun a son temps et chacun a ce privilège de descendre cette face au moment où on est dans la compétition. Et du coup, quand c'est mon tour, eh bien... Je ne pense pas à ce que l'ont fait les autres. C'est mon moment et j'en profite à fond. Je suis vraiment très égoïste, mais d'une manière hyper saine. Oui, bien sûr. Tout droit.
- Speaker #1
Et sur quoi tu te concentres quand tu es au départ ? Qu'est-ce qui se passe en toi déjà quand tu es dans la cabane en haut ?
- Speaker #0
J'essaye de… On a tous plus ou moins des mots qui nous drivent. Moi, c'est vrai que c'est assez tout ce qui est neutre et simplicité. déjà par souci de distraction, je sais qu'il faut que mon esprit soit simple, que je n'ai pas besoin de repenser à ma ligne, parce que je l'ai déjà travaillé depuis deux jours à le rabâcher. Donc déjà ça, je n'ai plus à y penser. En fait, c'est vraiment un peu comme un examen. Je le prends vraiment comme ça, où je l'ai tellement travaillé, que le jour J, je ne vais pas faire des miracles le jour J, je ne vais pas tout changer, parce que les clés, je les ai déjà eues avant. Maintenant, j'ai juste un peu à enclencher le pilote automatique et y aller. Donc, c'est un peu ce truc de se libérer l'esprit parce que tu as tellement bourré ton crâne d'infos, même infotechniques. Enfin, peu importe. Et du coup, là, c'est juste que tu lâches.
- Speaker #1
Hyper intéressant. Et comment tu fais pour justement lâcher ? Parce qu'il y a plein de personnes qui vont écouter ça et qui vont dire « Non, mais d'accord, c'est pas ça. Comment on fait ? » Tu dois toujours avoir ta petite voix parfois qui arrive. Comment tu t'y prends ? C'est quoi ton rapport à ça ? Ouais,
- Speaker #0
ouais, c'est... Déjà, je pense que c'est l'expérience. Je n'ai pas du tout réussi à arriver à retrouver cet équilibre du jour au lendemain. C'est au fil du temps. Comment j'y arrive ? Déjà, je pense que vu que je vois une sophrologue pour ma préparation mentale, je mets en place beaucoup d'exercices de respiration aussi avant le départ. Déjà, ça te permet de canaliser ton énergie, de te détendre. beaucoup trop active et beaucoup trop dans la précipitation. Ou soit justement, si tu es un peu toute molle, fatiguée de la matinée, tu peux un peu te rebooster avec certains exercices. Donc déjà, c'est un peu trouver cet équilibre et trouver les exercices qui te conviennent. Donc ça, moi, je joue beaucoup là-dessus. Et après, c'est vraiment me forcer à ne pas regarder mes photos que j'ai pu prendre, à ne pas demander. Je communique très peu aussi le jour de la compétition. Je ne demande pas à droite à gauche des conseils. Je ne vais pas voir mes concurrentes en mode « t'en penses quoi ? » parce que... Il y a quand même beaucoup de communication dans le snowboard. On est quand même très fusionnels toutes et on s'entraide beaucoup. Mais le jour J, je sais que je ne vais pas leur demander de conseils, je ne vais pas leur demander qu'est-ce qu'elles en pensent parce que ça peut me mettre des doutes que je n'ai pas besoin d'avoir. C'est vraiment être dans sa bulle toute seule et te calmer si tu as besoin, t'activer si tu as besoin, un peu trouver cet équilibre au fil des saisons. Et après, c'est une routine que tu mets en place.
- Speaker #1
Donc en fait, cette confiance, ce que tu dis, c'est que tu la bosses avant, notamment les deux jours avant et bien sûr durant ta préparation aussi avant. Et donc, quand t'es en haut, tu te dis, je suis prête, en fait, je suis... Maintenant, j'ai plus qu'à faire ce que je sais faire. OK. Est-ce que ça t'est déjà arrivé d'avoir des moments où t'es trop confiante ? Genre en mode, tu sens que c'est le petit excès en trop ?
- Speaker #0
Non, je pense que dans ce sens-là, non. Ça va beaucoup dans l'autre sens, où justement, je doutais et soit j'avais de la peur, soit j'avais... pas de l'ennui mais presque là je suis pas motivé là je suis fatigué j'arrive pas à être actif musculairement c'est tout mou mentalement je suis distraite ça je les ai eu énormément mais beaucoup beaucoup mais l'inversé un surplus de confiance non ok donc tu as toujours été un petit peu moins que ouais
- Speaker #1
ouais un petit peu trop et dans ce moment là et comment tu faisais pour remobiliser ?
- Speaker #0
Je me rappelle, c'était en 2020. Enfin la saison 2023-2024 Je me qualifie pour le tour Et juste avant ça Je passe deux saisons Donc 2022 et 2023 À peu près Horrible entre guillemets Les résultats sont pas là du tout Mentalement ça va pas du tout Alors qu'il n'y avait pas de raison Mais je trouvais pas mon équilibre À ce moment là je voyais pas encore ma sophrologue Et je voyais vraiment personne C'était vraiment hyper paradoxal parce que je voulais voir personne. En fait, j'avais déjà attaqué mes études en STAPS où on avait quelques petites notions de préparation mentale. Pour moi, j'étais hyper ouverte là-dessus. Je savais que ça fonctionnait parce qu'on a des clés théoriques, scientifiques. Ce n'est pas que du vent. Mais pour ma pratique, je voulais vraiment zéro aide. Parce que je me disais que si j'acceptais de l'aide, ça allait encore plus me bourrer le crâne. Et du coup, ça allait encore plus être... Enfin, pas ouf pour ma pratique. C'est vraiment un cercle visuel que je me... Je me suis inventée toute pièce pendant deux ans.
- Speaker #1
T'avais peur d'être saturée en fait, un truc en plus et tu dis je sais plus où donner du crâne.
- Speaker #0
Ça en fait, il y a aussi un peu peut-être de flemme, flemme de devoir faire des exercices parce qu'au départ je prenais beaucoup ça comme des devoirs, flemme de faire des exercices avant la compétition, flemme de devoir me préparer mentalement avant. J'avais envie que ce soit simple et juste que j'aie à rider et penser qu'à mon snowboard. Et en fait, ça marche pas. Ça marche sur du court terme ça, oui. Mais alors, si tu veux exceller, si tu veux performer sur du long terme et voir plus loin, au bout d'un moment, il faut aussi mettre toutes tes clés de tous côtés.
- Speaker #1
Après, pour ta décharge, c'est aussi en stable, c'est très carré, très exercice, comme tu dis, et que de l'approche scientifique. Et donc, je comprends que du coup, en ayant vu ça, tu t'es dit, attends, encore un truc à rajouter ou sinon, ça va devoir être des exos en mode répondre à des questions.
- Speaker #0
Oui, c'est ça aussi. Et puis aussi, c'est que j'avais déjà eu affaire à deux, trois amis qui étaient en formation justement pour devenir PrEP mental et qui m'utilisaient de temps en temps pour cobaye. Du coup, au début, je me disais sympa, j'ai un PrEP mental gratuit. Lui, ça le forme et c'est trop bien. Mais en fait, vu que c'est dans une démarche de cobaye et de formation, pour lui, c'est juste pour remplir son dossier de fin d'études. Et du coup, j'avais l'impression de faire ses devoirs à sa place un peu. Et du coup, en fait, ça ne marchait pas, cet équilibre. C'est pour ça que je me suis vite fait une idée reçue nulle de la prête mentale. Et en fait, quand j'ai vu que c'est deux ans, alors que physiquement et techniquement, j'étais plutôt bien, je me disais, mais en fait, le troisième point qui ne va pas, alors c'est le mental, parce que si physiquement et techniquement, tu es là, c'est-à-dire que dans ta tête, ça ne va pas. Et du coup, en fait, au bout d'un moment, il faudrait peut-être le bosser. J'ai un peu attaqué après avoir eu ma sophrologue. Et en fait, ça débloque tellement de choses.
- Speaker #1
Ce qui fait peur, souvent, c'est aussi l'inconnu, le fait de ne pas savoir ce qu'on va dire.
- Speaker #0
Et surtout, c'est que le mental aussi, ça peut se comprendre. C'est flou, ce n'est pas concret, tu ne peux pas le toucher. Et du coup, quand tu n'es pas là dans soi, si tu ne l'étudies pas, si dans ton entourage, personne ne voit un prêtre mental, si tu n'as pas ces notions-là, c'est dur pour quelqu'un qui est hyper cartésien, Merci, parole. qui a les pieds sur terre ou quoi, va lui dire, va parler à quelqu'un de tes émotions et de comment tu te sens avant une compète, du stress, etc. Et c'est concret, c'est hyper subjectif, c'est compliqué.
- Speaker #1
Mais c'est du ressenti, il n'y a que toi qui peux savoir s'il y a... Et en plus, comme dans toute relation, il y a 50% qui m'appartiennent et 50% qui t'appartiennent aussi. Et du coup, si ton ou ta preuve mentale donne 50% et toi, tu n'arrives pas à t'investir dedans pour certaines raisons, ça marche pas non plus, et du coup ça conforte encore plus la croyance de la pré-pandale ça marche pas, j'ai essayé, ça marche pas.
- Speaker #0
Ouais, exactement.
- Speaker #1
C'est marrant parce que du coup c'est comme si toi tu pensais qu'il y avait ça déjà dans ta life, donc quatre objets devant nous, et tu pensais que la pré-pandale ça allait être un cinquième objet encore qu'on allait rajouter, mais en fait la pré-pandale c'est un petit peu le chef d'orchestre qui va dire attends on va juste remettre ça comme ça et essayer de voir comment ça pourrait faire. Après en fait on va tester comme ça et puis ça ça marche bien ça j'ai envie de garder ça et c'est pas censé être une charge en plus en fait c'est justement pour t'enlever les charges ouais moi j'aime bien dire aux athlètes que j'accompagne genre moi en fait tu me délègue entre guillemets tout tes tracas dans le sens où ouais il y a jamais il y a peu de personnes qui prennent 1h30 de leur temps toutes les deux semaines par exemple pour penser vraiment qu'à eux c'est à dire ce que tu vois je sais pas si ça t'es déjà arrivé ou pas mais c'est le soir souvent que tu commences à cogiter car tu es tout seul avec toi-même, tu n'as pas de stimulation, de téléphone, d'un truc à faire, et tu te retrouves seul face à tes pensées. Et tu te dis « mais je n'arrive pas à dormir en fait » . Oui, c'est vrai. Du coup, ces moments-là d'échange de paroles et de changement aussi de perception, ça permet vraiment de calmer aussi ton système nerveux et donc paradoxalement de mieux dormir, de mieux t'entraîner. C'est un super levier. Je vois un peu l'intro de mentale, t'as vu ?
- Speaker #0
Je te rejoins totalement, je suis complètement d'accord.
- Speaker #1
Et au niveau de la preuve physique, toi, tu te formes beaucoup ici InstaApp, c'est un truc que t'aimes bien et que t'aimerais vraiment développer plus tard comme activité quand tu seras plus athlète, on peut en parler de ça ou pas ?
- Speaker #0
Oui, ouais,
- Speaker #1
ouais. C'est ce que tu aspires à faire après avoir été athlète, bien que ce soit dans beaucoup d'années, j'espère aussi qu'on touche du bois.
- Speaker #0
je vais voir ouais euh C'est sûr que ça, pour le coup, ça me tenait à cœur de faire des études, quoi qu'il arrive, pour au moins avoir un bagage en termes de diplôme et pas sortir sans rien à la fois que les compétitions se sont arrêtées. Et du coup, c'est vrai que j'ai réussi à trouver cette branche en STAPS qui combine tout ce que j'aime, le sport déjà, en règle générale. Et tout cela, c'est un peu plus scientifique, l'accompagnement du sportif, etc. Et en plus que ça me permettait de le faire à distance, donc en aménagement. C'était vraiment un combo parfait. et ouais c'est une branche que j'aimerais beaucoup évoluer là-dedans après les compétitions parce qu'il y en a beaucoup qui me posent la question parce que là je suis dans ma dernière année de master donc si les résultats sont bons je touche du bois j'ai fini et il y en a beaucoup qui me demandent bon bah alors tu vas déjà travailler maintenant et en fait là je pense que même si je suis passionnée par le sport je suis un peu en overdose de Je fais de la préparation physique pour moi, j'étudie de la préparation physique. Si en plus je devais enseigner, je n'ai pas envie d'être dégoûtée de cette branche avant d'y être complètement. Je préfère me reconcentrer à 100% sur mes compétitions avant d'entamer professionnellement en parlant sur la prép physique.
- Speaker #1
Du coup, la question naturellement la suivante, c'est comment tu fais pour décompresser toi, Anna, quand tu es à fond dans le sport, tu es compète, tu es sauf-raute, tu es prép physique. Est-ce qu'il y a des fois où tu n'en peux plus, tu vois, la coupe est pleine et il faut que tu la vides ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Comment tu fais ?
- Speaker #0
Je pense que déjà, au final, mes périodes préférées dans l'année, c'est les intersaisons. Surtout automne, printemps.
- Speaker #1
Parce qu'il y a d'autres intersaisons que printemps, automne ?
- Speaker #0
Non, c'est vrai. Donc, l'automne ou le printemps, c'est là où tu peux te permettre de faire tellement d'activités. et en même temps tellement de vacances parce que que ce soit moi dans mes études si au printemps j'ai mes examens de fin d'année mais c'est assez rapide parce que l'été après moi je travaille un petit peu quand même pour faire 2-3 sous donc j'ai pas forcément le temps de décompresser à 100% et puis l'automne pareil c'est des vacances donc c'est vraiment ces intersaisons ça me permet de bien souffler de poser le snowboard pas forcément au printemps parce que des fois on a des bonnes conditions encore mais mais de poser le snowboard, parce que j'adore juste faire une pause et de ressentir ce manque. Je pense qu'au fond aussi, je ne suis pas assez passionnée pour en faire toute l'année. Je suis beaucoup plus passionnée par le sport en règle générale et ça me procure tellement de plaisir de pouvoir poser le snowboard pour faire d'autres sports. Je pense qu'au final, je décompresse par le sport. Je ne suis jamais en overdose de sport, mais par contre, si je sais que j'ai un surplus de snowboard, parce que Je vais aller faire une randonnée. Si il n'y a plus de randonnée, je vais aller faire du skate. Ce sera toujours au pire un autre sport. Mais ça, puis sinon, après, on se retrouve avec les proches. Oui, clairement.
- Speaker #1
Tu voyages un petit peu aussi aux intersaisons ou tu restes dans le coin, tu as tellement de choses à faire que tu restes là ?
- Speaker #0
Non, je voyage quand même très peu. Ou alors, ça joue sur une petite semaine, deux semaines à droite, à gauche. Mais c'est vrai que je ne prends pas beaucoup le temps de vraiment faire des gros voyages parce que... Au final, même si je suis à l'année sur Chamonix pour m'entraîner, j'ai quand même très peu de temps sur Chamonix pour profiter. En fait, je suis sur Chamonix pour m'entraîner, mais très peu de temps sur Chamonix pour profiter de Cham. Et moi, c'est vraiment un lieu que j'adore. Et du coup, les moments où je suis un peu plus en off, j'aime bien être à la maison et en fait profiter autrement.
- Speaker #1
Oui, tu m'étonnes. Tu fais un peu de grimpe-escalade et compagnie, je vois que tu as là. La board ici ? Pas trop ?
- Speaker #0
Si, justement, autant mon but, c'est d'exceller l'hiver sur mon snowboard, autant l'été et les autres saisons, j'adore être moyenne, mais au moins touchée à tout. Être polyvalente, et là, pour le coup, il n'y a plus de compète. On ne parle plus de compète, mais du coup, l'été ou quoi, j'aime beaucoup, beaucoup toucher, oui, randonner, un petit peu de grimpe, vélo.
- Speaker #1
Vélo de descente, pas du tout ?
- Speaker #0
Si, un petit peu. ok le vélo de descente aussi ça a toujours aussi un peu dans une optique d'entraînement parce que ça met la caisse et je fais beaucoup de liens aussi avec l'hiver le vélo de descente j'en fais pas du tout régulièrement mais les seules fois où j'en fais je retrouve le même engagement que j'ai sur le snow et ça c'est chouette aussi d'entretenir un peu ce truc l'été de façon plus amusant et plus ludique mais au moins tu sais que ça te servira quoi qu'il arrive ouais carrément tu te dis pas je vais faire un truc qui est totalement ouais ça m'arrive et puis c'est trop fun mais des fois j'aime bien quand même avoir ce lien.
- Speaker #1
Tu fais du crossfit aussi ?
- Speaker #0
Ouais un peu moins j'ai commencé en 2021-22 à peu près dans une salle de crossfit et du coup avec un coach là-bas qui me faisait ma préparation physique vraiment personnalisée pour le snow mais vu que c'est un coach de crossfit il se basait beaucoup sur le crossfit donc ça m'allait vraiment bien c'est vraiment Aaaaaah ! Au final, une discipline qui est hyper ludique et hyper variée. Du coup, je prenais trop de plaisir à aller à la salle. Et là, c'est vrai que ces derniers temps, j'en fais un peu moins. J'aime bien, vu au final par rapport à mes études, j'aime bien aussi un peu découvrir d'autres styles de prêves physiques, un peu pour l'expertise perso aussi. Donc ouais, j'en fais pas mal. J'essaie de me tourner un peu ailleurs.
- Speaker #1
Tu parles des personnes qui t'entourent aussi, qui t'aident pas mal dans le snow ? Tu fais partie d'un crew ?
- Speaker #0
Ouais. Young Riders Crew. Avec Greg. Ça fait depuis 2019 que j'ai intégré ce crew. Et puis ça se passe beaucoup trop bien.
- Speaker #1
Depuis 2019,
- Speaker #0
ok. C'est vraiment un club où on est mélangé skieurs, snowboardeurs, mecs, filles. Il y en a qui sont sur le qualifier, d'autres challengers, d'autres... Du coup, moi, sur le tour. Et en fait, on s'entend trop bien. C'est vraiment une team de dingue.
- Speaker #1
Vous faites les entraînements ensemble ou chacun a son entraînement de son côté ?
- Speaker #0
Non, on est une team de 10 à peu près. Et on s'entraîne souvent les dispos de chacun, mais on s'entraîne tous ensemble.
- Speaker #1
Yes. Qu'est-ce que ça t'apporte le fait de rider avec des personnes qui sont dans un univers différent du tien ?
- Speaker #0
Je trouve ça trop bien parce que même si je ride avec un skieur ou une skieuse, en fait, ça m'apporte trop de choses. Je pense même qu'ils m'apportent beaucoup plus qu'eux. À la limite, je peux leur apporter mon expérience sur le tour et encore, c'est entre guillemets que ma troisième année, donc je suis encore un peu un bébé là-dedans. Mais un skieur va m'apporter tellement de billes. Et puis aussi, on va pas mentir, ça va beaucoup plus vite aussi sur la neige. Du coup, ça nous pousse en tant que snowboarder de les suivre, de s'améliorer.
- Speaker #1
Là, tu parles que sur la partie niveau, que tu as l'impression d'apporter moins de choses. Il y a encore plein d'autres trucs chez un être humain. Oui, oui, oui. Elle fait aussi de la sécurité, on va pas se mentir.
- Speaker #0
Oui, oui. Non, oui, puis on a aussi quand même des différences d'âge aussi dans mon... Dans ma team, du coup, c'est trop chouette d'être avec des... Ça va de quoi ? De à peu près 20 ans à 34 presque. Donc, il y a plus de... Presque 15 ans d'écart de différence. Et en fait, on voit que l'âge, ça n'a pas trop d'importance dans notre team. Tant que oui, on est tous en sécurité, qu'il y a de la maturité aussi dans cet aspect en montagne, parce qu'il en faut beaucoup. Mais ouais.
- Speaker #1
C'est Greg qui te coach personnellement ?
- Speaker #0
Ouais, notre coach c'est Greg.
- Speaker #1
C'est lui qui t'emmène sur les compétitions aussi ou pas forcément ?
- Speaker #0
Il vient pas systématiquement, en fait il vient quand j'en sens le besoin. Mais sinon on a instauré quand même plutôt une technique, enfin en fait ça fait des années qu'on marche comme ça, mais on fait beaucoup à distance. En fait on travaille énormément en amont, et après le jour J, on s'appelle énormément, je lui envoie des photos. On échange beaucoup par message et en fait, on se rend compte que pour moi, en tout cas, et pour d'autres, ça suffit. Je n'ai pas forcément besoin de le faire déplacer parce qu'avec son expérience, ça fait quand même depuis 2000, 2001 qu'il a remonté sa structure. Et il a vraiment beaucoup d'expérience. Donc même avec une photo, il se rend compte de la face, il se rend compte de la hauteur des sauts, de la distance entre chaque action, etc. Et du coup, au final... C'est hyper bénéfique et top.
- Speaker #1
En plus, tu es un peu indépendante aussi, vu qu'il n'est pas là. Et tu n'es pas dépendante du fait qu'il soit là pour te rassurer.
- Speaker #0
Oui, voilà aussi. Parce qu'on s'est rendu compte que même quand il venait de temps en temps, ce n'est pas parce qu'il venait que je performais beaucoup plus. Il y a même l'inverse. Des fois, les dernières fois où il est venu, c'est là où je ratais. Donc, je pense qu'il n'y a pas forcément le lien. Mais c'est là où on s'est dit que finalement, il n'y avait pas forcément besoin du temps. Après, c'est vrai que sur les compétitions proches de la maison, j'aime bien qu'ils viennent. Sur la finale, j'aime bien qu'ils viennent. C'est sur des choses un peu importantes.
- Speaker #1
Oui, carrément. Ta compétition, elle commence quand dans ta tête ? Il y en a, c'est la veille, tu n'arrives pas à dormir. D'autres, c'est une semaine ou deux semaines en avance. Ils sont hyper stressés et tout. C'est comment pour toi ?
- Speaker #0
Moi, c'est le matin.
- Speaker #1
Ok, donc ça veut dire que le soir, tu t'endors pareil, que tu sois là chez toi ou que tu sois à l'hôtel. Oui,
- Speaker #0
en fait, souvent, j'aime bien un peu... imaginer ça comme ça mais la veille donc souvent la veille on fait nos faits ce chèque pour vraiment déterminer notre ligne extra et est en fait dans cette journée là soit je m'autorise pas mais je prends pas le temps de stresser de penser à mes émotions en fait je suis tellement dans dans la concentration de même qu'est ce qu'il faut qu'est ce que je veux faire qu'est ce qu'il va falloir faire et c'est vraiment je suis dans un devoir mathématique quoi c'est Là, il va falloir que je fasse trois virages ici. Là, il va falloir que je saute de telle manière. Je suis tellement concentrée sur ce que je vais devoir réaliser que le côté émotion, je n'ai même pas le temps d'y penser.
- Speaker #1
Tu as déjà de la matière à ton cerveau pour qu'il bosse.
- Speaker #0
Du coup, je ne stresse absolument pas les veilles en général. Sauf si d'un coup, je suis en train de me créer une ligne qui me fait peur. Mais ce serait pas intelligent de faire ça. Donc non. Après, le matin, ça dépend des compètes, mais là, tu vois, ma dernière compétition, donc la première de la saison à Baquera, j'avais la boule au ventre classique du sportif qui te garde un peu debout. Mais alors sinon, c'était très chill comme sensation et c'était génial. J'étais beaucoup plus dans le... Ah, t'as quand même de la chance. C'est ta troisième année sur le tour. Profite, quoi. C'est trop bien.
- Speaker #1
M'étonne.
- Speaker #0
Mais bon, ça... Ça, pour le coup, je le contrôle quand même assez peu. J'ai un peu du mal à le maintenir. Ça change. À chaque départ, tu as un mindset différent. Le but, c'est de trouver un peu cet équilibre et que ce soit un peu plus linéaire, mais ça fluctue moins, on va dire.
- Speaker #1
Oui, réussir à toucher au truc au fond de toi. qui te drive de ouf et tu sais que quoi qu'il arrive il sera toujours là.
- Speaker #0
C'est ça. Puis aussi c'est hyper important d'avoir des références de typiquement là à Baquera j'ai réussi à avoir ce mindset qui pour moi me correspondait trop. Je vais essayer de l'entretenir et de me dire au prochain départ Anna tu as réussi à penser comme ça et à fonctionner comme ça donc pourquoi tu ne pourrais pas le refaire et le remettre en place aujourd'hui pour cette compét' ? Après, c'est tout le travail mental qui est un peu plus compliqué et qu'il faut juste entretenir.
- Speaker #1
Tu notes parfois sur un cahier comment tu t'es sentie, le mindset que tu avais et le résultat que ça a procuré ?
- Speaker #0
Non, je ne le note pas, mais c'est vrai que j'essaye de ne pas l'oublier. Parce qu'avant chaque compétition, j'essaye de voir ma sophrologue. J'essaye surtout de ne pas l'oublier pour lui en parler et qu'elle me redonne des billes pour l'entretenir.
- Speaker #1
Oui, très bien. C'était quoi ce mindset que tu avais ? C'était de la gratitude sur « je suis trop contente d'être là » .
- Speaker #0
Pourtant, je l'ai rarement, ce genre de pensée. Mais ouais, c'était vraiment heureuse de vivre ça et hyper fière. C'est ça. Je remercie un peu ce monde-là, l'opportunité que j'ai. Ça fait trois ans que je suis sur le tour. J'arrive à vivre de ma passion. Je suis dans un autre pays avec des gens trop cool. En fait, j'ai trop de l'argent. Je n'ai pas le droit de me plaindre et juste de profiter.
- Speaker #1
Focus goes, energy flows. C'est une phrase en anglais qui veut dire que là où tu mets ton focus, il y a l'énergie qui va aussi aller. Le fait que tu te sens justement fière de toi, que tu te sens chanceuse, que tu te focuses sur le fait que c'est ta troisième année et que tu as trop de chance, comme tu viens de le dire. Ça fait aussi que toute ton énergie va là-dedans et donc tu rides différemment quand tu rides de manière fière et que tu te sens chanceuse quand tu rides sous la peur.
- Speaker #0
Exactement. Après, c'est vrai que c'est toujours pareil, une question d'équilibre, mais j'avais presque peur d'être trop là-dedans et du coup d'en oublier le... T'es quand même en compète. Il faut quand même se mobiliser. Dans 10 secondes, c'est à toi de partir. Soit pas dans un monde de bisounours, soit pas sur un nuage.
- Speaker #1
En tout cas,
- Speaker #0
ça a trouvé quand même cet équilibre. Mais ça va, au final, ça a été.
- Speaker #1
Oui, de toute façon, le moment où tu es le plus dans ce qu'on appelle le flow, ce gros mot que tout le monde emploie un petit peu à travers, c'est aussi quand tu as un équilibre entre le challenge est assez grand et je sens que mes ressources, elles matchent. Mais si je vois ça comme étant un tout petit challenge et que mes ressources sont au-dessus, je me sens en mode ennuyé.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est pas que je n'ai pas envie d'y aller, mais à quoi bon ? je suis pas stimulé et ça me refait penser tu disais j'ai pas le temps de stresser en fait je pense pas à mes émotions et tout mais c'est vrai que le stress il arrive quand t'as l'impression de pas contrôler les choses et toi comme t'es en train de bosser carrément ton truc tu nourris ton cerveau et ton besoin de te rassurer par du travail donc t'as pas le temps de flipper c'est ça exactement j'aime bien prendre la métaphore d'un mec qui est vraiment vieux genre un vieux tonton de 70-75 ans le stress le personnifier lui donner un vieux prénom genre Dis un vieux prénom de monsieur, un très vieux prénom pour toi.
- Speaker #0
Jean-Michel.
- Speaker #1
Jean-Michel, ok. Jean-Michel. C'est Jean-Michel qui pose des questions en mode « Ah mais Anna, t'es sûre que ça va faire ça ? T'es sûre ? T'es sûre ? » En fait, il est tellement vieux qu'il n'est plus dans le game. Et lui, il a juste trop peur de tout. Et si toi, tu le rassures, « Mais t'inquiète Jean-Michel, moi j'ai bossé ça, j'ai fait ma preuve physique, et puis là j'ai bien repéré, et puis là je suis en train de bosser le truc et tout. Ah oui d'accord, c'est bon, je te laisse tranquille. » Oui,
- Speaker #0
c'est vrai, ça peut marcher dans la tête. La tête de chagrin. Mais attention, il faut que tous contrôlent notre petite technique. C'est tellement individuel que chaque chose marche différemment pour les autres.
- Speaker #1
Bien sûr. Et ta bulle, toi, tu arrives à te mettre dedans à quel moment ou plutôt tu as besoin de te mettre dedans à quel moment ?
- Speaker #0
Je pense que j'ai quand même une bulle en règle générale, je n'ai pas envie de dire toute l'année, mais en fait, à partir du moment où... où je suis dans quelque chose qui a un rapport avec le snowboard, que ce soit en entraînement ou en compétition, ou les face-check, ou même entraînement physique l'été. En fait, tant que je suis là pour me préparer pour le snowboard, Là, j'ai besoin d'être dans ma bulle et justement de penser qu'à moi. Et je me dis qu'en fait, plus j'arrive à le faire régulièrement tout au long de l'année, plus le jour de la compète, en fait, cette bulle, elle va venir beaucoup plus de façon naturelle. Que si je m'entraîne à me concentrer et à être dans cette bulle que le jour J, en fait, c'est beaucoup plus compliqué à mettre en place et je ne l'aurais pas automatisé. Et justement, c'est ça le but. de juste par un geste significatif ou une pensée qui te parle. Là, tu arrives à te mettre dans ta bulle. Et du coup, j'essaie de l'entretenir vraiment tout le temps. Et c'est sûr que ça s'accentue beaucoup plus en général à partir du moment où j'arrive sur l'événement. Donc là, tu vois, on nous demande de venir deux, trois jours avant la compétition. Les deux, trois jours, à part le soir au resto avec les amis, mais sinon la journée, je parle très peu. Là, typiquement, j'étais avec... Donc, on est par chambre de deux en général sur le tour. Et avec la copine avec qui je suis, je parle quand même plutôt très peu les jours d'avant la compétition. Et par contre, après, dès que la compétition est finie, je me lâche un peu plus. Mais du coup, ça me permet de rester quand même concentrée tout le temps. Et pas juste la veille ou juste deux heures avant.
- Speaker #1
Une autre métaphore pour parler de ta bulle, je partage ça aux athlètes que j'accompagne. Le mental, c'est comme si c'était une énorme prairie avec des herbes qui sont vraiment hautes. Genre au début, quand tu fais un truc différent, bah... Avec tes mains comme ça, à essayer de décaler les herbes qui sont hautes et ces galères. Et au fur et à mesure que tu le fais, ça écarte un peu les herbes au début. Puis après, les herbes sont tassées, ça fait un petit sentier. Après, ça fait un chemin, puis après une route, puis après une autoroute. Ça m'a vraiment fait penser à ça, ce que tu disais. Plus tu vas l'entretenir, cette route-là, en la prenant régulièrement, plus c'est la base. Oui,
- Speaker #0
c'est la base solide.
- Speaker #1
Et c'est facile en plus de la prendre. Oui, exactement. Tu parlais tout à l'heure avec Pascale Proloque que tu bossais sur l'aspect de la simplicité. donc vraiment
- Speaker #0
enlever tout ce qui est superflu c'est quoi toi tes essentiels pour être top en haut d'une compétition ouais bah c'est vraiment mes essentiels si je devais le dire juste en mots clés c'est vraiment ça quoi simplicité, neutre bon plaisir bien évidemment et Je suis vraiment driveée par ce... En fait, pour moi, ça veut tout et rien dire, mais du coup, justement, ça me permet de tout mettre dans ce sac, la simplicité et la neutralité. Du coup, ça veut dire que tu as zéro distraction parce que ton esprit est neutre. La simplicité, c'est aussi... Je l'associe beaucoup à la technique sur le snowboard parce que moi, c'est important pour moi, pour la fluidité et la vitesse, de, par exemple, mettre beaucoup moins de virages, de déraper beaucoup moins. Donc, en fait, souvent, je me dis ride simple. et en fait pour moi c'est synonyme de allonger ses courbes, d'aller plus vite en fait juste d'aller plus simple dans mes trajectoires et en fait du coup c'est pour ça ça englobe un peu tous les aspects techniques, mentaux et c'est un peu ces mots là qui me drive un peu pour tout c'est ton focus en gros t'es là dedans rien de plus quoi exactement c'est ça et puis ma bulle et beaucoup le égoïste en fait j'ai un peu un petit slogan avant de partir c'est vitesse, maîtrise plaisir sur les pieds et fuck les autres Merci. Donc c'est pas du tout méchant, mais c'est vraiment... Là, c'est mon moment, quoi. Je suis là pour montrer au juge ce que j'avais prévu de faire et puis basta, quoi. Tout ça en étant rapide parce que c'est ça qui marche, maîtrise parce qu'il faut maîtriser son geste, toujours du plaisir sur les pieds, et voilà.
- Speaker #1
Il y a différents profils de riders. Il y en a qui sont plutôt à fond sur, justement, fluidité, contrôle, d'autres qui sont plus aériens.
- Speaker #0
C'est ça. Étant donné que je n'ai jamais été très freestyle dans ma jeunesse, je sais que ce point-là, c'est vraiment le point qui me fait « défaut » et il faut que je travaille. Aujourd'hui, c'est vraiment le point où je travaille le plus et ce qui est le plus dur pour moi, c'est ça. C'est les sauts, les figures. Je ne prends même pas beaucoup de plaisir à en faire. Je sais que si demain, je dois en faire... Ce ne sera même pas forcément pour moi, ce sera plus pour gratter des points, parce qu'on est là aussi pour les points, mais pour mon plaisir personnel, le freestyle, ce n'est vraiment pas ma tasse de thé.
- Speaker #1
Et quand tu fais les choses pas pour toi et que tu prends moins de plaisir, est-ce que tu les fais aussi bien que tu aimerais ? Ou tu es très cartélienne, j'imagine que tu as beaucoup cette maîtrise de quand je fais les choses, je les fais entièrement ?
- Speaker #0
Oui, quoi qu'il arrive, mais plutôt, on va dire que je prends moins de temps de les faire. Vu que ça me plaît moins, je sais que mon coach aimerait bien me mettre un peu plus de freestyle dans les pattes. Je sais qu'à l'automne, j'essaie d'en faire plus. On va beaucoup à l'airbag, on va de temps en temps sur les parcs, sur les glaciers. Je sais que là, si je me mets un peu un bagage freestyle déjà en début de saison, juste en termes de confiance. Sur le snowboard, c'est top parce que tu prends de l'air. Techniquement, ça t'aide à faire aussi d'autres choses. Ton corps dans l'espace, tu le comprends mieux. Mais après, sur la compétition,
- Speaker #1
pas encore du tout. Jusqu'à aujourd'hui, tu étais plus le genre de rider qui va se focusser à 100% sur ce qu'elle sait déjà bien faire pour l'amplifier encore plus. Et quand je dis ce qu'elle sait bien faire, c'est aussi ce qu'elle kiffe faire. ou... Tu es en mode, il faut tout bosser au même niveau, y compris le freestyle. Non,
- Speaker #0
j'essaie d'être quand même très polyvalente parce que je sais que ma qualité, entre guillemets, c'est la vitesse et la fluidité. Donc, j'ai toujours besoin de l'entretenir, de la maintenir et de l'améliorer, quoi qu'il arrive. Mais non, je ne reste pas du tout focalisée que sur ces aspects-là parce que les critères en freeride, il n'y a pas que ça. Il y a la fluidité, la technique, le RN style, le contrôle. Donc, quoi qu'il arrive, le RN style, il va falloir que je le bosse. et puis même au final c'est même presque plus satisfaisant, c'est là où je peux presque me contredire mais de bosser quelque chose qui me plaise pas, qui me plaisait pas à la base et de voir que j'arrive quand même à progresser dans cette branche c'est presque plus satisfaisant parce qu'en fait tu t'y attends pas en fait c'est chouette d'être d'arriver à performer alors que c'était pas ce qui te plaisait quoi carrément Mouh !
- Speaker #1
Je vous demande où est la limite, pas la limite mais la petite frontière. Je ne sais pas comment on pourrait montrer. Là c'est la zone de confort, le téléphone. Et en dessous du coup il y a un calepin qui est un petit peu plus large. Et là je pourrais dire que c'est la zone d'inconfort mais genre modérée. Et le moment où on progresse le plus, c'est quand on est dans cette zone de confort et qu'on a un pied qui est là et un pied qui est under. Et du coup, le jeu, c'est de voir jusqu'à où je peux aller en revenant vite là pour pouvoir progresser. On progresse au même niveau qu'on a autant de challenges que de soutien, qu'on a autant de difficultés que de choses faciles. Et je me demande, toi, du coup, où il est ce truc de la zone de confort qui pourrait t'aider pour le freestyle ? Tu arriveras à avoir une réponse là-dessus ou pas ?
- Speaker #0
Ouais. Ma zone de confort ?
- Speaker #1
Est-ce que tu sais déjà bien faire et tout ?
- Speaker #0
C'est très limité. Tu sais faire des bons take-offs ? Oui, et encore. En vrai, je sais que les sauts, ce n'est pas là où je vais gratter le max de points. De temps en temps, oui, j'arrive à sauter une belle cliff. Mais typiquement, ce qu'il faut que je bosse, c'est mes entrées de saut. Je suis encore trop dans ce défaut de snowboardeur, de déraper avant un saut, d'hésiter, voire de m'arrêter. On va dire que mes qualités en termes de saut, dans ce domaine-là, c'est mon physique. J'arrive quand même à plutôt les replaquer à chaque fois. J'ai les cuisses pour. J'arrive vraiment à ce qu'on appelle stomper. Même si j'arrive de façon déséquilibrée dessus, que je le prends peut-être plus petit que prévu, quoi qu'il arrive, la sortie sera propre, presque. Du coup, j'ai l'impression qu'il n'y a pas trop de qualité que ça chez moi.
- Speaker #1
On en reparlera après. Ça t'est déjà arrivé parfois de perdre ta ligne ? Tu l'as bossé, bossé, bossé et tu perds ta ligne ?
- Speaker #0
Complètement. Encore cet après-midi à mon entraînement. oui mais non ça beaucoup moins franchement maintenant la mémorisation la visualisation je le bosse tellement que puis ça c'est vraiment avec l'expérience et beaucoup beaucoup beaucoup moins voire maintenant c'est très rare l'année dernière ça m'est arrivé une seule fois dans la saison et encore ça faisait peut-être deux ans que ça ne m'était pas arrivé en compétition mais par contre avant quand j'étais en junior ou mes débuts en qualifier c'était même horrible parce que j'étais persuadée quand j'étais en haut de la face et je regardais encore mes photos ou la face en réel J'étais persuadée que ce caillou, c'était celui que j'avais décidé, etc. En arrivant à l'arrivée, j'étais vraiment contente avec mes copains. J'ai réussi à faire ce que je voulais. Je regarde la vidéo, je suis passée, mais pas du tout là où j'avais prévu. Et ça, c'est encore plus frustrant d'être sûr de soi, même jusqu'à l'arrivée. Et en fait, pas du tout. Je ne me rendais même pas compte que j'étais perdue.
- Speaker #1
C'est peut-être pas plus mal parfois.
- Speaker #0
Des fois, oui, parce que du coup, j'avais cette qualité d'improviser. Et ça, les juges, du coup, ils ne voyaient même pas que j'étais perdue. Si même moi, je ne le voyais pas.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
je suis étonnée.
- Speaker #1
donc ouais ça m'est arrivé un milliard de fois et des fois où tu te rends compte durant ton run que tu prends pas du tout la bonne ligne est-ce que c'était déjà arrivé ça ?
- Speaker #0
oui bah oui aussi qu'est-ce qu'il se passe dans toi du coup ? en fait c'est là où dans le freeride il faut être bon à l'improvisation et d'où l'importance du repos où il faut vraiment bien repérer, pas seulement ta ligne, mais prendre toujours 50 mètres à droite, 50 mètres à gauche, et de dire, ok, si dans la pire des situations, je me trompe, je sais qu'à droite, il y a ça, à gauche, il y a ça, et déjà, tu ne te mets pas en danger, parce qu'il suffit que tu n'aies pas bien repéré, et d'un coup, tu te retrouves devant un saut qui est beaucoup plus gros que prévu, soit tu ne l'as pas vu, tu la sautes et tu peux te faire mal, soit tu le contournes, mais tu perds tous tes points. Donc il y a vraiment ce truc où il faut quand même avoir un repérage assez global, parce que sinon ça ne marchera pas en fait.
- Speaker #1
Ok, donc en fait juste tu suis ton intuition et plus ce que tu as bossé avant, en disant bon maintenant sois fluide là-dedans et fais genre que c'était ta ligne ?
- Speaker #0
Ouais, si tu te perds, oui.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Tu arrives dans l'intuition, ouais. Ok,
- Speaker #1
ok, ok.
- Speaker #0
Ce n'est pas le but d'aller jusque-là, mais oui.
- Speaker #1
Ok. Donc tu as peur, en gros tu la canalises par... La maîtrise à côté, ce que tu as bossé ?
- Speaker #0
Oui, en vrai, la répétition. Franchement, moi, dans mes entraînements, c'est énormément ça. On fait beaucoup ce qu'on appelle des gammes. Donc, en fait, c'est sous forme de foncier, mais on fait du Ausha, Ausha. Tu fais ça six fois dans ta journée et ça te fume les cuisses. Mais en fait, tu instaures dans tes gammes du travail technique, tu instaures des sauts. tu fais exprès d'aller dans de la trafolle et de la neige vraiment merdique pour quand même tracer des grandes courbes dedans. Et en fait, ça te permet juste de mettre en confiance sur ta planche et de te dire si j'arrive à instaurer de la vitesse, des sauts et de la fluidité dans une neige merdique qu'on n'aura jamais en compétition, parce que ces neiges, ils ne vont jamais l'autoriser à en compéter. En fait, tu te crées de la marge et derrière, pour les compétitions, tu sais que tu auras de la meilleure neige sur des sauts qui sont beaucoup plus fun. Et en fait, tu te mets en difficulté en le faisant. Et moi, ça, c'est vraiment mon plus gros travail sur le snowboard. Dès que je rentre à la maison, je fais exprès d'aller dans un truc nul. Donc, c'est sur le jour de cours. Ah ouais,
- Speaker #1
tu m'étonnes. Mais du coup, quand tu arrives sur un truc nul et que tu as ce mindset de « je suis en train de m'entraîner et de bosser » , tu es moins sur la retenue en mode « j'ai peur » et « c'est chié » .
- Speaker #0
Et surtout, mine de rien, tu apprends à aimer la traffole.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
parce que malheureusement on a quand même de moins en moins de compétitions en poudreuse et même des hivers avec des conditions de fou et du coup tu apprends vraiment à aimer les conditions moyennes et tu dis que si tu arrives à rider là dedans et vraiment tu progresses hyper vite quoi
- Speaker #1
Si je te demande c'est quoi ton plus beau souvenir en snow, il y en a un qui te vient en tête ou pas ?
- Speaker #0
Question tellement dure Bah oui mais je sais Autant ma mémoire en termes de repérage et de visualisation sur les faces ça va mais ma mémoire de vie Un truc qui t'a marqué de ouf en tout cas à un moment où tu te dis Ah ouais c'était vraiment vraiment cool
- Speaker #1
Elle va me dire cet après-midi C'était vraiment cool Tu sais que c'est horrible,
- Speaker #0
c'est genre noir dans ma tête J'ai rien qui me...
- Speaker #1
Et à l'inverse si je te pose la question inverse Le pire moment en ce moment T'arriverais à l'avoir ou pas ?
- Speaker #0
Le premier truc qui me vient en tête, c'est que l'année dernière, j'ai eu une expérience d'avalanche. Donc ça, ce n'est pas très fun. C'est très bien fini. Mais du coup, c'était ma première expérience. J'espère la dernière.
- Speaker #1
Oui, carrément. Qu'est-ce qui s'est passé ? C'était erreur humaine ?
- Speaker #0
Oui, complètement. C'était pour monter à un couloir qui rebasculait sur un autre versant. Et en fait, la neige avait pris le vent. ça c'était bien chargé, je pense que classique on avait beaucoup trop envie de rider et puis il y avait des signaux qu'on pouvait pas mettre les œillères quand on les voyait et donc le vent, on avait le woof, quand tu marches et que tu sens un peu que ça craque sous tes pieds ça te fait un son que tu reconnais bien donc on appelle le woof Et du coup, il y avait tous ces petits signaux. Et en fait, en montant avec l'écran pot au pied, ça a déclenché une plaque. Donc, j'ai eu le réflexe de déclencher l'airbag. Et heureusement, et ça, je ne le redirai jamais assez, si vous avez l'airbag, mettez-le. Mettez la poignée même en montée.
- Speaker #1
Parce que ça,
- Speaker #0
c'est vraiment, ça peut arriver même à la montée. Et du coup, c'est très bien fini. En vrai, ça a été. C'était combien dedans ? Que deux. C'était deux.
- Speaker #1
plus de peur que de mal ça je pense est ma pire expérience il se passe quoi à ce moment là quand tu sens que ça part t'avais déjà eu ce sentiment cette sensation de ça part sous toi un petit peu ou pas non mais là c'était je pense que du
- Speaker #0
fait aussi que j'essaye de me former chaque année de l'expérience aussi parce que j'avais jamais été prise dans une avalanche mais j'avais déjà vu des copains se faire prendre. J'avais déjà vu des autres avalanches à d'autres moments. Mais du coup, tout ce truc, un peu ce monde de panique, je me suis dit justement, panique pas parce que ça pire des choses à faire. Ça s'est vraiment fait en fraction de seconde. Là, t'as quoi ? T'as un airbag, déclenche-le, t'as tes crampons aux pieds, essaye d'agripper le sol avec tes pieds et de dégager. T'as tes bâtons, essaye pareil de nager un peu dans cette avalanche et heureusement, j'étais un peu à l'extrémité de l'avalanche, donc je suis réussie à me sortir. Et ça a été vraiment un peu survie, mais très méthodique. Et donc, heureusement...
- Speaker #1
Parce que t'es déjà ancrée, en fait, tu l'as fait. C'est ça.
- Speaker #0
Et c'est là où je me dis, heureusement que j'ai quand même un minimum de notions en montagne, parce que ça arrive aux débutants qui ne savent pas se servir de son matériel. C'est pas la même, quoi.
- Speaker #1
Du coup, il se passe quoi quand t'arrives à sortir ? Tu te sens comment ?
- Speaker #0
Là, pour le coup, t'as la petite redescente, tu te rampes, tu sais pas trop ce qui s'est passé. Et là, pour le coup, la peur est arrivée après. Parce que du coup, j'avais peur de la suravalanche, j'avais peur que ça se... Ça reparte alors que j'avais déjà déclenché l'airbag et tout. Je me suis dit, voilà, je n'ai pas trop de deuxième chance. Du coup, en fait, c'est juste on pack au plus vite et on part. On annule la sortie et on se barre d'ici.
- Speaker #1
Je peux te demander ce que tu as appris du coup maintenant avec du recul de cette expérience qui était hyper désagréable et flippante après coup ?
- Speaker #0
Déjà de dire non plus facilement. Bien que normalement, je suis quand même la première à dire non parce que je suis quand même vraiment une flippette. Mais en fait, c'est marrant parce que je suis une flippette en montagne due à, je pense, mon manque aussi de connaissances. Vu que je ne suis pas non plus une experte en termes de sécurité en montagne, j'ai l'impression que je ne connais pas assez mon environnement et du coup, j'ai peur de commettre trop d'erreurs. Donc, je fais beaucoup de refus. Mais j'ai quand même ce truc où j'arrive à faire confiance énormément aux gens quand ils sont professionnels. Tu me mets avec un guide, un lecteur de ski, quelqu'un où vraiment, c'est sur papier, il est professionnel. Là, je donne un peu trop ma confiance. Et du coup, c'est un peu ce qui s'est passé. J'étais avec plus ou moins un guide. Et du coup, ça n'a pas fait.
- Speaker #1
Du coup, tu apprends de ne pas trop mettre ta confiance rapidement dans quelqu'un.
- Speaker #0
Et d'essayer de prendre plus le temps, moi, d'analyser, de me faire confiance avec mon analyse de la montagne. Parce que même si je me considère... pas experte, j'ai quand même un minimum de clés et je suis à un stade où j'arrive à déterminer quand ça craint ou ça me craint. Il faut que je me fasse confiance plus que faire confiance aux autres et commettre la faute sur les autres.
- Speaker #1
Tu es repartie en montagne assez rapidement ? Oui,
- Speaker #0
en vrai, c'est pour ça que ça n'a été pas non plus une expérience traumatisante.
- Speaker #1
J'ai la bonne avalanche au degré qu'il fallait pour juste te rendre compte que... Ah, attention, peut-être que...
- Speaker #0
Même vu que je suis quand même très terre à terre, je sais que c'est pas parce que j'en ai déclenché une là que j'en ai déclenché tous les jours. Je suis pas bête non plus, je sais que le lendemain, je n'allais pas me remettre dans les mêmes pentes avec les mêmes expositions. Enfin, je suis un petit chicot, ça t'est intelligent quand même.
- Speaker #1
Vraiment,
- Speaker #0
clairement.
- Speaker #1
C'est quoi le conseil le plus marquant que tu as eu dans ta life de snowboardeuse ? Et ça peut être... Mental, technique, stratégique, il n'y a pas de...
- Speaker #0
Le conseil, je pense que c'est plus un conseil que je me donne à moi-même, mais plus un aspect que moi, en tout cas, il me convient, mais c'est ce truc d'être égoïste, quoi. Vraiment, mais toujours dans le bon sens, sans faire du mal aux autres et d'une façon bienveillante, mais c'est vraiment... ta passion, c'est ton sport, c'est toi qui as choisi de le faire, personne ne t'a mis un couteau sous la gorge pour aller rider, donc c'est juste, c'est toi qui as décidé de prendre ce coach pour t'entraîner, d'aller dans cette salle de sport pour t'entraîner, en fait c'est tous tes choix, et du coup assume-les jusqu'au bout, et mets-toi dans cette direction, et du coup pense plus aux autres, parce qu'eux ils font de différence, si tu as choisi ça, c'est que ça te convient. C'est vraiment être égoïste et d'assumer tous ses choix et d'y croire.
- Speaker #1
Quand tu dis d'y croire, c'est croire en...
- Speaker #0
Croire en tes capacités et croire au processus que tu as mis en place pour y arriver. Si tu l'as mis en place, si j'ai décidé d'avoir fait mes études à distance, d'avoir choisi ce coach pour... pour m'aider à progresser, d'avoir choisi cette salle de sport et cet autre coach pour progresser, c'est que ce n'est pas pour rien, c'est que c'est réfléchi, c'est que j'ai eu aussi des retours d'autres comme quoi ça avait marché. En fait, je m'inspire un peu de tout mon univers pour faire ma propre recette pour ma performance. Et c'est de croire... Une fois que tu as tout instauré et que tu as tout mis en place, là, c'est juste test ce processus à 100%. Et c'est là d'où le fait de croire. croire en ce processus. Et puis si ça ne marche pas, c'est que du détail. Après, c'est que tu ajustes juste... Je ne sais pas comment tu peux dire ça, mais...
- Speaker #1
Tu ajustes.
- Speaker #0
Tu ajustes.
- Speaker #1
C'est clair. Toi qui es très cartésienne... C'est quoi tes critères pour dire que ça a été une bonne saison ou que ça n'a pas été une bonne saison ? Déjà, est-ce que ça existe pour toi une mauvaise saison ? C'est quoi tes critères de réussite à toi, vu que tu es très drivé par la compétition et donc par le classement général ?
- Speaker #0
Moi, le premier point qui me tient à cœur dans une saison, et mon premier objectif d'ailleurs, c'est la régularité. plus que... ou au moins au même stade que juste un titre de championne du monde.
- Speaker #1
Régularité dans quoi ?
- Speaker #0
Régularité des résultats.
- Speaker #1
Ah, dans les résultats.
- Speaker #0
Oui, mais du coup, c'est quand même en lien avec ta régularité sur le snowboard. Mais c'est même une régularité mentale, une régularité physique. Mais je sais que moi, par exemple, ma première saison sur le Tour, donc il y a deux ans, en termes de résultats, j'ai fait un podium sur toutes les étapes. En termes de régularité et de résultats, j'étais hyper fière de ça, plus que de finir troisième du classement général. Sur le papier, je me dis que je suis la troisième snowboardeuse mondiale. C'est trop chouette. Mais j'étais beaucoup plus fière d'avoir fait des podiums à chaque fois parce que ça montrait mon travail. Ça montrait tout ce que j'ai mis en place depuis des années qui paye. Et que ce n'était pas que des coups de chance. Donc moi, déjà, si j'arrive à avoir ça, pour moi, c'est une saison réussite, quoi qu'il arrive. Et pour une saison qui... Ouais, je pense que c'est du coup l'inverse, un peu ce truc qui fluctue trop.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Quand il y a trop de fluctuations, mais même mentales ou en termes de résultats ou physiques. Mais si, je sais pas, t'es trop fatiguée, puis d'un coup, tu pètes la forme, et puis d'un coup, tu chies à le départ, et puis d'un coup, t'as trop le smile, et puis à un autre coup, tu sais pas pourquoi t'es là. Et puis d'un coup, tu es sur la première place. En fait, quand ça va un peu dans tous les sens, et là que tu manques d'équilibre, là, c'est compliqué. Déjà, c'est fatigant, c'est énergivore de ouf. Et si les résultats, du coup, les résultats, ils ne seront pas là. Là, c'est plus compliqué.
- Speaker #1
Quand tu ne sais pas encore si tu es sur le podium ou pas, quand tu finis ton road, admettons que tu es la première à partir. Est-ce que tu arrives en bas de ton run à te dire « je suis contente de moi » ou « je ne sais pas comment me positionner et j'attends d'avoir les résultats pour être contente de moi » ?
- Speaker #0
Non, si tu as toujours ton feeling personnel avant d'avoir les résultats. Je pense qu'à chaque fois que je fais un run, au moins sur les pieds où je n'ai pas fait d'erreur, même si je n'ai pas fait la bonne trajectoire ou j'ai pris le saut pas correctement, mais je l'ai quand même posé propre. Quoi qu'il arrive, ça, il y aura toujours une petite fierté parce que je ne suis pas tombée, je ne me suis pas fait mal. J'ai réussi à aller jusqu'au bout. Après, il y a toujours, quoi qu'il arrive, un décalage entre ton ressenti dans ta descente et ce qui s'est réellement passé en vidéo ou dans la réalité. Ça, il y aura toujours un décalage. En général, tu es quand même moins content de ta performance et finalement, ça a payé. C'est souvent dans ce sens-là.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Parce qu'on est tous hyper exigeants avec nous-mêmes et on voit tous nos propres défauts.
- Speaker #1
Ce qui permet aussi de bosser dessus et de progresser.
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #1
Parfois, on voit l'exigence comme étant trop... Comme un coup de fouet, on met super bien, mais attention, il y a aussi... L'exigence, c'est ça, et puis après, c'est l'excellence de l'autre côté. Donc sans exigence, il n'y a pas d'excellence non plus.
- Speaker #0
Mais c'est toujours une question d'équilibre. Si t'es trop exigeant, tu n'es pas assez fier, et la fierté, c'est ça. Il faut être fier. Il y a une différence entre être fier et se la péter. Et ça, c'est un conseil. C'est mon coach qui m'a sorti un jour cette phrase. Il m'avait dit vraiment, « Sois fier parce qu'être fier, ce n'est pas se la péter. » Et j'étais en mode, « Mais oui, c'est vrai. Ce n'est pas être hautain ou arrogant d'être fier. Tu as le droit. On fait quand même un sport extrême, un niveau qui est quand même à l'international. Enfin, pas tout le monde y arrive. Et puis voilà, quoi. on est là pour te faire vie.
- Speaker #1
Et puis tu vas en Outre-Atlantique et c'est une mentalité qui est totalement différente. Et c'est aussi bien ancré en mentalité française le fait d'être fière de soi. Que tu sois vite associée, que tu évites l'amalgame, que la frontière soit vite sautée, elle se la pète et tout. Après, une personne qui va te dire aussi que tu te la pètes, c'est une personne qui ne s'autorise pas non plus à être fière d'elle. Donc au final, ça en dit plus sur la personne en face que sur toi. Et quand tu as tout l'entourage qui est comme ça, tu as l'impression d'être un petit mouton noir. Non,
- Speaker #0
mais complètement. Et puis surtout, Merci. C'est aussi parce qu'on ne prend pas assez la peine d'expliquer pourquoi on est fier, parce que souvent on dit « je suis fier parce que tu as fait un bon résultat » , mais en fait, c'est plus que tu es fier de tout ce qui t'a amené à ce résultat, ce n'est pas juste ce résultat. En fait, tu as bossé depuis des années pour en arriver là, et c'est tout le chemin qu'il faut être fier, ce n'est pas juste le jour J.
- Speaker #1
La médaille, d'ailleurs, elle symbolise plus tout ça que juste une plaque en or, parce que si jamais demain je te dis « je paye toutes les rideuses une fortune » , pour qu'elle fasse semblant de se péter la gueule et que tu sois première.
- Speaker #0
Ah mais c'est quoi cette satisfaction ?
- Speaker #1
T'as zéro satisfaction, ouais.
- Speaker #0
Ah non, horrible.
- Speaker #1
Justement parce que tu sais que tout le monde a la dalle à côté et que tu peux te confronter à elle. C'est ça,
- Speaker #0
ouais, complètement.
- Speaker #1
Tu sais, tu m'as dit que tout était équilibré.
- Speaker #0
Ouais, c'est vrai que j'utilise beaucoup ce terme, j'aime bien.
- Speaker #1
J'aime bien ce terme-là aussi. Et du coup, j'aimerais qu'on aille voir ensemble. On voit un petit peu tous les strass et les paillettes, le fait d'être sur le World Tour, c'est beau, waouh, c'est incroyable et tout. Et c'est vrai que c'est incroyable. Et en même temps... Pour voir la chose de manière équilibrée, il faut voir à quel point il y a l'autre facette. J'aimerais que tu nous parles un peu de cette facette, parce qu'il y a beaucoup de personnes qui rêvent d'avoir ta vie, le niveau que tu as actuellement, ton palmarès, et en même temps qui ne se rendent pas compte que ce n'est pas que quelque chose de magnifique, dans le sens où fantasmer quelque chose, voir que les bénéfices de ça, sans les inconvénients, c'est aussi la merveilleuse façon de ne pas réussir à atteindre quelque chose-là.
- Speaker #0
Oui. On va dire un peu les backstage de ma vie. C'est... En vrai, en règle générale, je dis pas, c'est quand même... 80% du temps du positif.
- Speaker #1
Disclaimer, tu n'es pas en train de te plaindre ?
- Speaker #0
Non, non. Je préfère quand même le dire aussi. Peut-être qu'il y a des gens qui envient cette vie un peu de rider professionnel, mais c'est quand même que du kiff en règle générale. Après, oui. Moi, je n'ai jamais appelé ça des sacrifices. Il y en a beaucoup qui disent que je vais mettre mes études de côté ou je vais... moins voir mes proches pour pouvoir aller en compétition. Ils appellent beaucoup ça des sacrifices. Moi, je n'ai jamais utilisé ce terme parce que pour moi, un sacrifice, c'est quelque chose que tu ne choisis pas forcément. Moi, je le choisis à 100% de devoir faire ma valise toutes les semaines et être dans les transports et de faire mes études à distance et pas de profiter d'une vie étudiante à faire la fête. Franchement, il n'y a zéro sacrifice là-dedans. Après, peut-être un peu le côté où je pense que les gens se rendent moins compte, en tout cas, c'est la fatigue, que vraiment, en tant que sportif de haut niveau, on peut avoir très facilement. C'est vraiment cette charge mentale qu'on a presque à l'année, finalement, parce que quand tu arrives à un certain niveau, tu as une fatigue mentale, tu te mets une pression par rapport déjà au financement, parce qu'il faut payer cette saison. On n'a pas un salaire, on n'est pas en CDI, on n'est pas derrière un bureau à avoir la fiche de paye qui tombe tous les mois. Donc, c'est vraiment aussi beaucoup de... On n'est pas que sur le snow, finalement. On est tout le temps là à devoir négocier à droite à gauche pour trouver des aides, des sponsors, des partenaires. Il y a vraiment cette charge financière qui est hyper présente. Il y a aussi l'aspect de l'enjeu professionnel, de l'image. Vu qu'on est dans une discipline de jugement, on est comparé. Donc, en fait, t'es tout le temps dans cette image de devoir être meilleur que les autres. Mais du coup, en fait, on peut très facilement te dénigrer. Les réseaux sociaux, c'est le pire pour ça. Il suffit que, moi, le nombre de vidéos où on avait pu poster, et puis t'as tous les gens qui peuvent critiquer super facilement. Et ça, c'est quand même pas très facile aussi de vivre, parce que c'est public. C'est à la vue de tout le monde et c'est totalement ok. Mais du coup, la critique, elle est hyper facile. Et quand elle n'est pas constructive, en fait, elle ne sert à rien et elle peut blesser suivant les personnes. Oui, tu as quand même un peu beaucoup d'aspects comme ça qu'on oublie et qu'on n'est pas que sur le snowboard. C'est quoi d'autre ?
- Speaker #1
C'est arrivé ça du coup ? Ça ne te fait quoi toi quand tu vois des commentaires ? de mecs qui, ça sert à rien, tu vois, mais c'est vite désagréable par rapport à toi.
- Speaker #0
Oui, ça m'est déjà arrivé. Et en vrai, je relativise assez vite parce que tu le vois vite que 99% des gens qui critiquent, enfin déjà qui prennent le temps d'ouvrir leur téléphone, de mettre un commentaire, déjà c'est des gens qui n'ont rien d'autre à foutre. Et surtout, c'est aussi des gens qui ne font pas cette discipline et qui ne comprennent pas. Et en fait, c'est un peu le souci du freeride, entre guillemets, mais vu qu'on court skieur homme-femme et snowboardeur homme-femme, on court tous le même jour. Du coup, dans les yeux du grand public, en fait, on nous compare tous à chacun dans les catégories, sauf que c'est incomparable. Tu ne peux pas comparer une snowboardeuse avec un skieur mec, ce n'est pas la même discipline. Et vu le format du freeride, c'est logique aussi que ça puisse... on puisse comparer plus facilement. Mais en tout cas, nous, ça peut nous desservir parce que du coup, on attend de nous qu'on fasse des exploits de dingue comme un champion du monde en ski. Mais en fait, c'est pas la même chose. Tu peux pas faire les choses autant. Et du coup, ça, ça peut être compliqué. Ça fait une charge mentale un peu plus à gérer. Après, moi, je passe au-dessus. Franchement, ça, je parle un peu en règle générale, mais moi, personnellement, ça m'atteint quand même très peu parce que je sais justement que c'est pas comparable. Et du coup, bah... C'est juste tant pis pour eux, ils y connaissent rien en fait et je suis pas là pour leur apprendre.
- Speaker #1
Ouais, puis le mec ou la nana qui va écrire ça en commentaire, c'est déjà une personne qui a un profond mal-être pour vouloir écrire ça et puis aller réfléchir à c'est quoi son intention derrière ça ? Est-ce que c'est faire du mal et du coup pour se sentir mieux ? Est-ce que c'est vraiment pour être constructif et auquel cas, ben en fait tu lis pas ça comme ça ? Donc ça veut encore une fois dire plus sur la personne que sur toi.
- Speaker #0
C'est un gros manque de maturité de ces gens-là et en fait je me mets à leur place, je me dis... aucun moment ça me viendrait à l'esprit d'aller mettre un commentaire méchant au grand public genre que tu même moi je serais gêné que quelqu'un lise mon commentaire mais bon c'est la vie de frustration que de me voir ces gens là pour faire ça mais
- Speaker #1
bon il faut de tout pour faire un monde ouais du coup la fatigue qui disait que ce soit physique ce soit mental le fait de bouger pas mal ouais On va parler pas de sacrifices comme tu viens de le dire, mais plutôt de prix à payer ou juste l'équilibre ?
- Speaker #0
De choix, de priorités. Tu mets des priorités dans ta vie. Et en fait, je pense que c'est aussi des moments dans ta vie. Moi, je sais que ma carrière de snowboardeuse, elle ne va pas durer indéfiniment. Donc pour l'instant, ma priorité, c'est le snowboard. Donc je mets peut-être une croix un peu plus sur mes proches. Mais en fait, ça n'a aucun impact parce que mes proches sont tellement fiers de moi qu'ils ne veulent que de ça, que je continue. et ils sont contrefous de me voir un peu plus ou un peu moins, tant que je suis heureuse et que je fais ce que je veux. Donc c'est pour ça que je n'appellerai jamais ça des sacrifices.
- Speaker #1
Au final, ça fait le trait aussi un petit peu avec les personnes qui sont prêtes à accepter tes choix et ta vie perso, donc c'est même presque mieux, tu délègues.
- Speaker #0
Oui, complètement. Et après, c'est aussi plus facile, peut-être que moi c'est plus facile dans ce monde-là, parce que vu que je vis en station avec des gens qui, mon entourage fait quasiment la même chose, que ce soit dans d'autres disciplines ou quoi, Mais j'ai toujours été dans cette bulle. Mais par exemple, quelqu'un qui vient vraiment d'une grande ville, là, il y a peut-être plus de sacrifices. Là, on pourra peut-être parler parce que tu dois changer ton logement si tu veux aller t'entraîner tous les jours dans une station. S'il te soit loin, là, tu peux perdre un peu de vue tes proches parce que le soir, tu ne retournes pas chez toi.
- Speaker #1
Oui, mais encore une fois, c'est encore ton choix à ce moment-là. C'est juste que ça fait une rupture un petit peu brutale parfois avec le mode de vie que tu as eu l'habitude d'avoir. Encore une fois, si tu es OK et alignée avec tes choix.
- Speaker #0
Oui, totalement.
- Speaker #1
Comment ça se passe pour toi les sponsors ? Est-ce qu'aujourd'hui tu es accompagnée d'un agent ? Est-ce que c'est toi qui te débrouilles toute seule dans ces cas-là ? C'est quoi ton rapport pour toi ? C'est quoi un bon sponsoring ? C'est quoi un mauvais sponsoring ?
- Speaker #0
Là, j'ai toujours fonctionné toute seule, mais ça fait une petite année que je teste avec un agent.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Donc ça va, ça se passe bien. Mais en fait, j'ai surtout fait appel à lui parce que ce monde-là m'insupporte, entre guillemets, parce que je sais pas y faire. Et c'est réellement un métier de négocier, de comprendre les contrats, parce qu'il y a tellement de choses pour une fille comme moi. Il faut lire entre les lignes. Franchement, il y a beaucoup de choses à savoir. Et moi, ça me gonfle, en fait. Ça me gonfle, ça me prend de l'énergie. Parce que souvent, les périodes de signes de négociation pour trouver des financements, etc., c'est beaucoup l'été. Sauf que moi, l'été, justement, c'est ma période où j'aime bien poser le snow, poser le cerveau et m'entraîner physiquement et tout ça. Mais être focus d'une autre manière. Et en fait, cette paperasse, devoir vraiment aller chercher à droite, à gauche, avoir des refus, avoir des... Et puis moi, la négociation, je n'y arrive pas. On est beaucoup dans ce cas et c'est très compliqué. Tu dis que c'est une compétence,
- Speaker #1
c'est un métier que tu bosses à côté. Et si tu n'aimes pas ça, c'est comme si tu faisais un autre sport parce qu'il faut le faire. Exactement.
- Speaker #0
Du coup, c'est vraiment un devoir. Et du coup, dans ce que je n'aime pas, j'ai quand même trouvé de quoi m'aider financièrement. Donc en vrai, c'est chouette. J'ai vraiment des aides et c'est trop bien, je les remercie et grâce à eux je peux vivre de ma passion.
- Speaker #1
Tu t'y prends comment pour choisir ton sponsor ? C'est d'abord une marque que tu aimes déjà foncièrement et que tu veux vraiment valoriser, que tu es déjà cliente chez eux ou tu rencontres et tu vois si vos valeurs elles matchent et dans ces cas-là, let's go pour un partenariat qui est financier avec Contrepartie ?
- Speaker #0
Là, en règle générale, c'est vrai que mes deux plus gros sponsors, donc Rip Curl et Rossignol, je les ai depuis des années. C'est quand même un aspect qui me tient à cœur de rester sur du long terme avec une marque. Déjà, je cherche du long terme avec quelqu'un. Si une marque veut de moi pour un test de un an ou quoi, ce n'est pas le but parce que je veux me développer avec eux, je veux évoluer avec eux.
- Speaker #1
C'est toi qui les as démarchés quand tu es allée sur les qualifs ? Elle a rencontré les bonnes personnes au bon moment ? Elle a eu le pied dans la marque ?
- Speaker #0
Non, c'est beaucoup du contact en vrai. Oui, je les ai démarchés, mais je savais qu'ils cherchaient quelqu'un à ce moment-là. Je suis plus rentrée dans la brèche qu'il fallait au bon moment. C'est beaucoup de la chance et des contacts. De toute façon, ce milieu-là, c'est assez compliqué. Et après, plus tu montes en niveau, plus c'est plutôt eux qui viennent vers toi. Bon, pas tout le temps, franchement. La majorité du temps, c'est nous qui cherchons. Tous les étés, on doit faire notre book et se mettre en avant et envoyer les mails. C'est principalement ça. Mais ouais... Je pense que je choisis quoi qu'il arrive une marque déjà pour la qualité des produits, si c'est une marque pour un produit, si c'est pour du long terme, s'ils sont prêts à me prendre en tant que compétitrice aussi parce qu'il y a beaucoup qui sont beaucoup dans les projets et qui s'en foutent presque de tes résultats et que tant que tu fais des films, ça leur va. Sauf qu'en fait, moi, je suis tellement dans la compétition que ce n'est pas quelque chose que je peux leur donner en tout cas pour le moment. C'est aussi savoir ce que moi je peux leur donner et eux ce qu'ils peuvent me donner pour que ce soit cool pour les deux profils.
- Speaker #1
Tu fais un sport extrême qui est à risque aussi. Tu as beaucoup de plaisir et ce sentiment de liberté qui est trop cool. Et en même temps, il y a aussi le risque de se blesser, le risque de plein de choses. Est-ce que tu négocies avec les marques d'être aussi payé, aussi rémunéré lorsque tu es blessé ? Ou est-ce que tu n'en as pas encore trop pensé ?
- Speaker #0
Non, j'avoue que je n'y ai pas trop pensé. Je ne sais même pas s'il n'y a pas des clauses. Tu vois, typiquement, tu me poses une colle. Donc, ça veut vraiment dire que dans ce monde-là, il y a des clauses si tu es blessé ou pas blessé sur certains contrats qui peuvent continuer à te suivre ou non. Mais j'avoue que non.
- Speaker #1
Tu vas voir ça avec ton agent. Oui, voilà.
- Speaker #0
Je ne suis pas rentrée dans ces détails-là.
- Speaker #1
Ça marche. Toi, tu es une personne qui est plutôt, au fur et à mesure de ta life, opportuniste dans le sens où... tu vois quelque chose qui t'intéresse vraiment et tu t'engouffres dedans à 100% ou au contraire tes très visions long terme, projet construit et tu avais déjà ce rêve entre guillemets dès que tu as mis TFX pour la première fois, j'exagère mais d'être championne du monde.
- Speaker #0
Non je pense que c'est plus le long terme parce que j'aime bien prendre mon temps dans tout et et de faire ça bien et de pas... de pas... Ouais, de pas, si j'ai une occasion... de partenaires ou d'événements ou de peu importe l'un qui se présente je vais quand même y réfléchir avant d'y aller et pas me dire ah bah tiens on me donne ça sous le nez vas-y je fonce alors que je sais pas ce que c'est je sais pas ce que ça vaut je sais pas l'image que ça peut avoir les valeurs etc non je suis quand même très très patiente dans mon sport et j'aime bien que ça que je prenne le temps pour bien faire les choses et pas de précipitations.
- Speaker #1
Pareil pour tes objectifs sportifs ?
- Speaker #0
Ouais bah justement surtout pour mes objectifs sportifs Je sais que, et on parle beaucoup de ça avec mon coach, c'est la patience. Vu que notre discipline est quand même vraiment une discipline d'expérience et qu'on a la chance d'y être à plus de 30 ans, voire presque 40 ans, et que tu vois, il y a deux disciplines, le football ou d'autres, où à passer 25 ans, tu deviens presque dans la catégorie de vieux. Moi, là, à 25 ans, je suis le début. Non, ça, c'est vraiment la patience. c'est une clé de dingue parce que L'évolution est différente chez chacun.
- Speaker #1
On va voir un petit coup.
- Speaker #0
L'évolution est différente chez chacun. Mais tu peux s'en faire perdre.
- Speaker #1
On parlait des objectifs. Du fait que ça met du temps, c'est un sport d'expérience. Tu viens de commencer dans ce sport et tu as encore le temps de performer. Tu prends de l'expérience encore maintenant. Le vrai objectif, est-ce que c'est maintenant prendre de l'expérience ou déjà faire des big results ? La priorité, s'il devait y avoir un ordre de priorité entre les deux ?
- Speaker #0
Non, quoi qu'il arrive, je pense que j'aime prendre le temps, mais toujours en me disant qu'il n'y a pas d'âge pour faire un résultat. Si je sens que le temps que j'ai pris, il a duré finalement qu'un an, et en un an, j'ai réussi à atteindre les objectifs, je vais foncer, je ne vais pas me dire non, je vais encore faire pépouze sur mes compétitions, et aller tranquille. Si je sens que j'ai la capacité d'aller chercher le titre cette année, je vais le faire. Et ça fait trois ans que j'essaie de le faire. Enfin, deux ans. Parce que je sais qu'à partir du moment où on est qualifié sur le tour, pour moi, tout le monde a sa chance d'avoir le titre. Il n'y a pas de sous-catégorie dans le tour. Et du coup, je me suis dit qu'à partir du moment où j'ai mis les pieds sur le frère avant le tour, j'ai ma chance comme toutes les autres. Et du coup, je vais foncer, oui. C'est juste que la patience, elle a été en amont. J'ai pris le temps sur le qualifier, j'ai pris le temps sur les challengers. Et puis maintenant que je suis là, c'est go.
- Speaker #1
Let's go quoi.
- Speaker #0
Trop cool.
- Speaker #1
Merci Anna.
- Speaker #0
Merci à toi. C'était trop bien.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Si tu es arrivé jusqu'ici, c'est certainement que tu mets de l'importance sur ce qui se passe à l'intérieur de toi lorsque tu pratiques. Si tu penses que cet épisode peut parler à quelqu'un de ton entourage, n'hésite pas à lui partager. Et tu peux aussi mettre la note de 5 étoiles sur le podcast. Ça ne te permet pas de toujours avoir des invités aussi ouf. Tu peux aussi me retrouver sur Instagram à TomRDS, pour plus de contenu sur la frappe mentale. Ciao !