- Seb
La peur en fait tu la contrôles par la concentration. J'ai flippé jusqu'au moment où je suis arrivé au sommet du Bec des Rosses. Et même si tu penses que tu vas être bien quatre appuis en réception, c'est pas pourquoi d'un coup tu fais un pied tête en avant. Pas griller ces étapes là de se dire "je connais le terrain comme ma poche et puis tout va bien se passer". Non non, c'est là où ça devient dangereux aussi l'habitude.
- Tom
Bienvenue dans l'appel du drop ! Le premier podcast de Freeride qui t'aide à gérer ton mental et envoyer tes meilleurs runs. Moi c'est Tom Rodriguez, le préparateur mental des riders. Ici, on parle sans filtre de ce que tu vis quand t'es en haut d'une face ou au départ du parc. Ce moment où t'as le choix entre écouter tes peurs ou suivre l'appel du drop. Ensemble, on va apprendre à gérer la pression à avoir un run en s'inspirant des conseils et retours d'expérience des meilleurs riders pour enfin faire sauter tes blocages et montrer de quoi t'es vraiment capable. Je t'embarque avec moi ? 3, 2, 1... C'est parti ! Hello Seb Michaud, on est aujourd'hui à la Clusaz chez toi pour parler de ta carrière en freeride et de tout ce qu'on a suivi. Comment tu vas Seb ?
- Seb
Moi ça va bien, ça va bien. L'hiver arrive, ça commence plutôt bien. La neige est au rendez-vous et puis les gens ont la banane donc il n'y a plus qu'à.
- Tom
Mortel ! On va commencer directement avec la première question qui va être un petit peu moins générique. Lorsque tu étais sur le World Tour, juste pour remettre un peu de contexte, tu es un des premiers freeriders dans le monde, tu es un des précurseurs du freeride. Tu as aussi été en équipe de France de ski acrobatique dans un premier temps. Tu as également créé le Semi Show Invitation lorsque tu étais en Argentine. Donc tu as développé une grosse partie du freeride en France et dans le monde. Et comment... Pour comprendre un petit peu mieux qui est-ce que j'ai en face de moi, j'aurais besoin de savoir ce qui, toi, te permettait d'être bon. Et la première question, c'était quoi ton environnement, toi, pour être vraiment au top ?
- Seb
Alors, avoir créé le Freeride, non. L'avoir vécu et y participer, oui. Pour revenir à ce que tu as dit juste avant. Voilà, et puis le développer aussi. Maintenant, concernant ta question, C'est un ensemble, c'est-à-dire que je me suis servi de mes années qui ont précédé le freeride, c'est-à-dire le ski acrobatique. Ça s'appelait comme ça à l'époque. Ce n'était pas le freestyle, c'était le ski acrobatique et artistique. Et du coup, quand je suis arrivé dans les années 80, au club des sports de la Clusaz, j'ai eu la chance d'avoir des coachs de clubs, des coachs fédérales. Et puis du coup tout ça mélangé a fait que mon expérience de skieur s'est développée. Et on va dire l'expérience aussi de la compétition bien sûr. Donc tu acquiers de l'expérience à un niveau vraiment haut niveau, ce qu'on appelle le sport de haut niveau. et grâce à tout ça avec des coachs physiques, il n'y avait pas forcément de préparateur mental à l'époque mais surtout physique et technique. Et grâce à ça j'ai pu développer ma carrière de skieur acrobatique et ensuite en passant dans le freeride, j'ai puisé dans tout ce que j'avais appris avant pour être indépendant puisqu'on n'avait pas de fédération dans le freeride. Je n'avais pas d'entraîneur, je n'avais que des potes avec qui aller rider mais souvent des seuls aussi. Et donc, on utilise tout ce qu'on a vécu avant. Ce qui est le contraire de maintenant, puisque maintenant, on a des jeunes en free ride qu'on prend à l'âge de 10 ans et qu'on amène vers le haut niveau.
- Tom
Donc là, ce que tu entends me dire, c'est que les personnes qui ont contribué aussi à ta réussite, ça a été toutes les personnes qui t'ont accompagné avant ?
- Seb
Oui.
- Tom
Coach technique, préparateur physique ?
- Seb
Exactement.
- Tom
Mais aussi tes amis, tes potes qui viennent rider avec toi.
- Seb
Oui, bien sûr, parce que je les mets dans le même panier, même s'ils n'ont pas fait la carrière que j'ai eue. Mais quand tu vas rider sur les spots de l'Actuza, soit seul, soit avec des potes, on n'est pas à se pousser, on n'est pas dans une compétition. Mais on s'entraide, tu penses que c'est bien, aujourd'hui il y a les bonnes conditions, fais attention aux... au niveau sécurité, bien sûr. Mais voilà, est-ce que tu penses que la pente qu'on a repérée depuis deux mois, elle est faisable aujourd'hui ? Ouais, t'es libre ? Ouais, je suis libre ? Donc on y va, c'est parti, c'est le bonjour. Donc tout ça c'est que des expériences et ensuite le côté physique, comme j'ai dit, c'est qu'on le travaille un peu à longueur d'année mais surtout par rapport aux années que j'ai vécues plus jeune.
- Tom
Yes, ok.
- Seb
On connaît son corps et c'est ce qui nous aide à rester toujours... On va dire, entre guillemets, dans le haut niveau. Même si le haut niveau, au début du freeride, ça n'avait pas grand-chose à avoir avec ce que je faisais avant.
- Tom
Tu parles au niveau de la structure là ou au niveau de l'engagement physique et de l'engagement qu'il y avait à avoir dans une phase ?
- Seb
Au niveau, oui, structure... Engagement, non, parce qu'il fallait être prêt. Je savais comment il fallait arriver début... Début janvier, parce que le décembre on va dire qu'on reprend le ski, qu'on s'amuse, c'est les vacances de Noël, il y a les fêtes à passer. Et début janvier tu commences vraiment à rentrer dans le game et il faut être prêt. Donc il faut être prêt pour aller faire du shooting, pour aller faire une compète s'il y a une compète, même s'il y avait moins de compètes qu'aujourd'hui, mais il en existait. J'ai fait pas mal d'images, de films dans des pentes engagées. Et voilà, c'est exactement comme en ce moment avec les riders professionnels, sauf qu'ils sont vraiment devenus professionnels dans le freeride. Nous on était des semi-professionnels.
- Tom
C'est quoi la différence que tu fais là entre semi-professionnel et professionnel pour toi ?
- Seb
C'est l'ensemble, c'est l'ensemble d'une année, on va dire. Donc maintenant les riders... ont un coach mental ou un coach physique, ont des potes pour rider, ont des partenaires comme nous on avait aussi mais encore plus présent, on va dire que sans mettre de pression mais ils les suivent vraiment au quotidien et puis il faut être professionnel dans sa communication aussi ce qui n'est pas simple. puisque avec tous les réseaux sociaux qui sont arrivés, nous on n'avait que internet qui commençait. Donc c'était bien, on avait surtout le papier, qui était le papier, c'était les photos sur papier, donc skieur magazine et puis les films, pellicules. Et maintenant il y a le numérique. Donc c'est encore différent parce qu'il faut être aussi bien professionnel dans le ski que sur sa communication. Donc il y en a, ils sont photographes, caméramans, skieurs, développeurs d'idées. Ils gèrent leur com quoi.
- Tom
Ça fait une maxi grosse charge.
- Seb
Ça fait énormément de charges mais ils sont adaptés à ça. Ils ont commencé avec ça, les jeunes que j'ai maintenant ont commencé avec ça donc pour eux c'est normal. Ils savent le gérer très très bien. Ce que nous on n'avait pas et simplement d'aller rider et Faire des photos, des images, après c'est les professionnels qui s'occupaient de ça pour le développer et le communiquer. Nous on avait fait notre part de travail, c'était rider, envoyer, sauter des trucs gros, descendre des faces improbables. Et puis derrière, autant on faisait un petit reportage, il fallait faire un petit bout de texte. Et encore, c'était souvent déjà un journaliste qui arrivait et qui nous pondait un truc tout cuit.
- Tom
Ok, donc... La grosse différence qu'il y avait entre les riders, les premiers freeriders et les freeriders actuellement, c'est le fait d'avoir dû beaucoup plus s'adapter et d'être beaucoup plus polyvalent pour réussir à communiquer sur leur image et donc pouvoir vivre du ski.
- Seb
Oui, parce qu'en plus de ça, nous on était payés comme eux le sont aujourd'hui, mais on n'était payés que pour ça, c'est-à-dire rider en gros. développer certaines choses, mais surtout profiter du ride. Quand on ne rideait pas, les moyens étaient plus importants, il y avait plus de moyens que maintenant, dû à la crise de partout économique qu'il y a eu dans ces milieux-là. Donc en dehors du ski, tu vivais à l'année facilement. Alors que maintenant il n'y en a que l'élite qui va vraiment s'en sortir. Et puis ceux qui doivent faire, je vais parler compétition mais qui passent par le qualifier tour et le challenge tour, ils ne vivent pas que de ça. Ils sont obligés d'aller bosser l'inter-saison parce qu'il y a un manque de moyens. Et ça, on ne peut rien y changer puisque de toute façon les marques, elles ne vont pas, tu vois, ça ne va pas tomber du ciel l'argent. C'est qu'à un moment donné, ça part des marques et les marques produisent des skis, les skis sont développés par ces marques et puis pour les mettre en avant, ils ont besoin de riders mais ils en ont besoin moins qu'avant.
- Tom
Ok, donc c'est quoi selon toi ce qui différencie ? Le rider qui va être sélectionné par une marque pour la représenter est un rider qui va passer entre les mailles du filet et qui va rester indépendant toute sa vie ?
- Seb
Maintenant il y a la compétition parce que c'est quand même assez important, c'est devenu le frère de Borto Rhein. Surtout avec l'annonce normalement de l'Olympisme. Donc forcément les marques vont encore plus se... se greffer autour du freeride et puis comme d'hab c'est à dire qu'ils vont aller vers les meilleurs. Donc ceux qui sont sur le World Tour c'est les meilleurs, ce qui est normal. Et puis après ceux qui sont à côté c'est un choix aussi. Il y a ceux qui ne veulent pas porter de dossard donc eux ils véhiculent l'image et par l'image tu peux t'en sortir aussi. Donc il y en a très peu, mais il y en a quand même quelques-uns. Ils ont le talent pour porter un dossard, ça ne les satisfait pas. Mais par contre, devant une caméra, ils envoient et puis avec le nombre de réseaux qu'il y a, enfin les réseaux sociaux, dès que tu mets une vidéo qui peut faire du buzz, tu n'as pas besoin de faire un film... extraordinaire, avec des prises de vue de fou et tout simplement avec un iPhone. Tu arrives à faire un million de vues et toi... Je prends en fait là je suis en train de citer mon exemple d'il y a 10-15 ans quand je faisais la scène Mission Invitation où on pensait faire des images extraordinaires et c'était super ce qui était le cas mais derrière... Tu tombes à 10 000 vues et puis il y a un gamin qui arrive avec un iPhone et il en fait un million parce qu'il a fait un énorme salto avant sur 25 mètres de long. Ce que tout le monde pouvait faire aussi à l'époque, sauf que là c'est vachement plus viral, c'est instantané, c'est 20 secondes de vue et...
- Tom
C'est un shot quoi.
- Seb
Ouais, c'est un shot. Alors que les films, d'ailleurs on le voit maintenant sur les films d'une heure, il y a très peu qui regardent, le maximum c'est 15-20 minutes, tu vois ? Et consommation. La consommation a changé, donc...
- Tom
Est-ce que ce que tu es en train de dire, et tu m'arrêtes vraiment si je suis en train d'interpréter, on change de personnes qui vont te recruter entre guillemets ? C'est-à-dire qu'au lieu de devoir plaire à une marque dans un premier temps avec ton ski, avec ton image, tu dois d'abord plaire à une audience sur les réseaux sociaux, montrer que ces personnes-là t'apportent des vues et de la visibilité, et ensuite aller démarcher les marques ou c'est pas forcément ça ?
- Seb
Je ne sais pas, non. Je pense qu'il y a plein de façons d'y arriver. Ça, ça existe encore, heureusement. Donc oui, il y a les réseaux, il y a les compètes, mais le jeune qui arrive avec une super idée, qu'il y a déjà quelqu'un qui va tourner pour lui, donc un caméraman parce que forcément il faut que ça marche avec de l'image. Tu ne peux pas arriver juste en disant : "Moi je sais faire ça, je sais faire ci, ok mais montre nous." Donc il faut de l'image. Pour moi ça marche encore. Il y a encore deux, trois preuves qui existent. Par exemple, là, j'ai un de mes anciens poulains, Jean Tonnelier, qui a arrêté la compétition. Ce n'est plus pour moi, je n'arrive pas à me retrouver. Pourtant, je lui ai déjà dit, tu as le niveau, il n'y a pas de souci. Il dit non, non, ce n'est pas ça, je préfère aller vers la montagne. Et il a développé un film cette année-là où il se régale, tu le sens. heureux, il a rencontré d'autres personnes, il fait de la pantraide avec Paul Bonhomme qui est un mec qui fait de la pantraide. J'interviens dans le film avec une voix off et je n'avais pas vu le film jusqu'à il y a un mois là du coup je me suis régalé à voir ça parce que j'ai l'impression de me revoir il y a quelques années aussi où on faisait un peu de tout. Alors bon, la pantraite c'est un peu différent. C'est pas le droit à l'erreur, c'est encore une autre chose mentalement. Simplement de quitter le dossard pour faire du film et montrer ce que tu sais faire sur un écran et choisir les meilleures journées pour le faire, ça n'a pas de prix, c'est énorme. Et on te paye pour ça donc autant en profiter.
- Tom
Oui carrément. Et je reviens à ce que tu disais tout à l'heure à propos des potes avec qui tu rideais. Tu disais que ce n'était pas encore professionnel le freeride au moment où toi tu as grandi avec ? Et pourtant, ça veut dire qu'il n'y avait pas de sécurité autour qui avait été encadrée ?
- Seb
Oui, alors ce que je veux dire en tant que... c'était pas professionnel, on était professionnels. C'était déjà professionnel parce qu'on n'était pas fédéral donc c'est un sport professionnel. Tu te débrouilles de A à Z, tu t'auto-gères ta carrière, il n'y a pas de coach, voilà. Il n'y a que des partenaires et on va dire des team managers qui travaillent pour ces partenaires là. Donc eux ils créent un team, t'intègres ce team ou il n'y a pas de team comme une... une marque comme Scott au début, j'étais un peu le seul représentant pendant quelques années. Puis au fur et à mesure ils ont dit : "Bon bah oui ça marche et tout on en voit, on va prendre un tel, un tel pour créer un petit team et puis grandir quoi." Et donc le côté professionnel que je te parlais avant c'est plus l'évolution dès qu'il y a eu les Les World Tour et tout ça, donc en 2008, même un peu avant, parce qu'il y avait des compétitions importantes qui se déroulaient aux États-Unis avec plein de champions français qui ont gagné là-bas. C'était un peu le World Tour qui existait à l'époque. Tout le monde était déjà professionnel dans ce milieu. Mais ce que j'appelle devenir plus professionnel, c'est que tu t'entraînes à longueur d'année.
- Tom
Yes, ok.
- Seb
Avec des coachs spécifiques dans tous les domaines. Et tu pousses de la fonte l'été, tu vas courir, tu fais des sports que t'aimes aussi pour t'entraîner. Mais t'arrêtes pas quoi. Il y avait le ski et puis après la décontraction. Je n'allais pas m'entraîner à pousser de la fonte au mois de juin pour être prêt pour l'octobre parce que la neige arrive et tout. Non, non. J'attendais octobre et puis là je me repréparais tranquille. Par contre, je faisais des sports qui m'intéressaient à longueur d'année mais sans avoir une préparation de vrai professionnel.
- Tom
Comme il n'y avait pas de structure autour, comme on peut avoir actuellement avec le frère à Broultour, qui va aussi purger des phases, qui va pouvoir dire là on y va, là on n'y va pas. Les seules personnes qui géraient la sécurité et le fait d'y aller ou pas d'y aller, c'était toi et les potes avec qui tu étais ?
- Seb
En dehors des compètes, parce que les compètes ont toujours été sécurisés par les organisateurs. Après, tu ne peux pas sécuriser à 100% une face. Donc soit ils interdisent, ce qui est devenu le cas depuis quelques années, ils interdisent certaines options dans la face. Mais à l'époque, tout était un peu ouvert. Et là, oui, c'est le rider qui se dit « Bon ben, moi je vais faire ça. » Hop, il y va. Ça ne se passe pas très bien parce que la pente n'a pas été purgée à cet endroit-là. Mais personne n'aurait pensé... en regardant la face que le mec pouvait passer à cet endroit. Si, il y en a un qui peut y aller et il déclenche encore une petite coulée ou il va sauter un truc monstrueux, ou à la Guerlain Chicherie en 99, je sais plus, à Tignes, il passe dans un truc... Ce serait impossible de refaire ça maintenant parce que ce serait fermé l'endroit, tu vois ? On pourrait plus prendre de risques et envoyer des gens dans des trucs aussi fous que ça quoi. Donc d'où à nouveau le professionnalisme aussi et également des organisateurs qui sont devenus encore plus pro qu'avant. Moins de liberté mais il y a moins d'accidents aussi.
- Tom
Il y avait des DVA dans les années 90 ou déjà ? Depuis le début.
- Seb
Depuis que je fais du free ride, le DVA a toujours existé. Je ne sais plus si ma première compète, le casque n'était pas forcément obligatoire. Mais bon ça c'était 1997 et puis on a tout de suite compris qu'il fallait un casque quand même. Ou alors c'était peut-être en compète obligatoire. mais en mode freeride de tous les jours et films, photos. On avait notre bonnet et basta.
- Tom
Ça allait bien comme ça.
- Seb
Voilà. Et au bout d'un moment on a dit : « Bon, on va peut-être quand même mettre un casque » . Surtout moi j'ai eu un ami suisse qui est décédé parce qu'en Alaska il n'a pas porté de casque. Il s'est fait choper par un petit slough qui l'a fait glisser. C'est un mauvais endroit, il a tapé une pierre qui n'était pas très grosse. Il a juste tapé la pierre à 30 km heure en glissant. Et voilà, ça l'a tué quoi. Donc à un moment donné, tu te dis bon, je vais mettre un casque quand même.
- Tom
Oui, c'est vrai que... Je rebondis là-dessus, ce n'est pas forcément les sujets les plus gais mais... Du coup toi c'est... Aujourd'hui et quand tu étais rider, c'était quoi ton rapport à la mort ? Et est-ce que tu y pensais quand tu ridais ?
- Seb
Oui oui bien sûr le rapport à l'accident qui soit minime ou important ou jusqu'à y laisser sa peau. Tu y réfléchis tout le temps. Donc en fait c'est de la peur, c'est de la peur que tu as à chaque fois que tu vas dans une pente où tu mets quand même un peu ta vie en danger. Soit tu es accompagné et tu es un peu plus entre guillemets, comment dire, tu sais qu'il y a quelqu'un à côté de toi, tu vois si t'arrives à un truc, hop ça peut réagir vite. Mais il y a plein de fois où j'ai ridé chez moi à la Clusaz, les copains n'étaient pas là parce qu'ils travaillaient eux. J'étais un peu le seul à vivre de ça. Donc il y a plein d'endroits où j'allais rider seul. Donc là tu doubles de vigilance et tu te concentres encore beaucoup plus, tu fais gaffe. Et puis quand c'est 3, 2, 1, go, t'as ta confiance à toi. Tu sais que tu peux rider vite, donc la vitesse c'est ton ami en fait dans le freeride. Par rapport à un déclenchement d'avalanche, si t'es à 2 à l'heure et puis que tu fais des virages, on appelle ça les virages de guide, tu vois, à faire des baux, voilà. Et à un moment donné, si ça part, ça part. Par contre, si tu fais 3 courbes dans la pente de 300 mètres, tu te donnes des chances de si ça part, tu as la vitesse pour t'en sortir. Et puis après, tu as ta vie personnelle aussi. Donc ma vie personnelle, elle a changé en 2001 ou même un tout petit peu avant puisqu'il faut neuf mois pour avoir un enfant. Donc dès que ma femme a été enceinte, j'ai dit bon alors là attention, on va peut-être changer de... de statut aussi. Et il y a des jours où ça s'est mal passé, mais ça s'est bien fini. Ce qui m'a plus changé, c'était surtout en compétition. Compétition, à faire attention dès que je sentais pas le moment qu'il fallait pas prendre plus de risques pour finir premier. Voilà, sur une phase comme l'extrême à Verbier. Je peux pas faire n'importe quoi, et puis débarouler dans les pierres, et puis voilà. Il laissait sa vie. Mais ça peut être aussi en film, parce que j'ai fait des trucs en film beaucoup plus... Pas forcément plus engagés que la phase de l'extrême à Verbier, mais que le Bec d'Eros. Mais... Mais t'es quand même à l'autre bout du monde. Et puis si t'arrives à une bricole, à Verbier tu tombes, tu touches pas de cailloux, tu te fais mal, tu te casses en deux. T'es à l'hôpital en un quart d'heure. Quand t'es en Argentine, en Alaska ou ailleurs, t'es à l'hôpital au bout de 2-3 heures. Donc en 2-3 heures, il y a pas mal de choses qui peuvent... Ouais.
- Tom
Et à ce moment-là, pour revenir avant 2001, lorsque t'avais cette peur qui t'accompagnait ? Comment ça se passait pour toi ? C'était un truc que tu redoutais ou au contraire tu disais... C'est quoi ton rapport avec cette peur ?
- Seb
La peur en fait, tu la contrôles, je te dis par la concentration en gros. Donc si tu n'arrives pas au sommet d'une face, t'es toujours un tout petit peu tremblant, hésitant, que tu te dis « bon allez, je m'engage » . mais je sais que le passage 200 mètres plus bas, il est vraiment sketchy et j'ai pas le droit à l'erreur. Et non, à ce moment-là... Enfin, t'hésites pas, il faut faire des tours ou... parce qu'une fois que tu es en plein milieu, alors soit que tu as bien réfléchi, tu te dis bon bah les 300 mètres va falloir que je les remonte à pied. Mais c'est presque aussi dangereux de déchausser et de remonter à pied en cassant la neige là, en allant chercher les couches en dessous et puis que boum ! Tout éclate sous tes pieds. Donc je préfère avoir mes skis au pied et de finir ma phase jusqu'en bas. Donc il y a eu des fois où oui j'ai dit bah non c'est pas le bon jour que ce soit à la Clusaz ou ailleurs hein. Mais on va parler de chez nous à l'ACUSA. Et puis après, c'est le temps que tu passes sur le terrain. Donc le temps que tu passes sur le terrain, que ce soit du début de saison jusqu'à la fin de saison. Si pendant trois semaines, il y a une semaine, tu étais à l'étranger pour une compète, une semaine pour faire du film, une semaine parce qu'il fait mauvais à l'ACUSA. Donc ça fait presque un mois que t'as pas skié. Quand tu retournes sur le terrain... Est-ce que c'était comme il y a un mois ? Donc ça, il faut faire attention aussi. Pas griller ces étapes-là de se dire « je connais le terrain comme ma poche et puis tout va bien se passer » . Non, non. C'est là où ça devient dangereux aussi, l'habitude.
- Tom
Tu parles de confiance et de surconfiance là du coup.
- Seb
Oui, confiance, surconfiance. Mais ce qui m'est arrivé aussi sur la Plusa. Ça m'est arrivé une ou deux fois où je me suis fait piéger parce que tu penses que tu l'as fait une fois, tu l'as fait deux fois. La troisième fois, que ce soit même quatre ans après, il y a des fois, tu fais une face pendant quatre ans, tu ne peux pas la faire parce qu'elle n'est pas assez bien enneigée, en fait. Et quatre ans après, tu peux la refaire. Mais est-ce que c'est vraiment les mêmes conditions ? Est-ce qu'il y a la même quantité de neige, qualité de neige ? tel caillou peut-être qui existe pas à ce moment là quatre ans avant, là il y est dans la face et tu le vois pas forcément. Tu arrives dessus plein gaz et paaaah ! Donc bon ça c'est...
- Tom
Donc toi t'équilibres la peur avec la concentration donc la concentration c'est que tu te concentres sur quoi à ce moment là ? Tu t'analyses tout le terrain comment ça pourrait se passer, les pires situations, les meilleures situations ?
- Seb
Je me concentre déjà sur mes capacités du jour.
- Tom
Ok, donc tu te fais un petit check perso en mode : « Là je me sens comme ci, comme ça. » ?
- Seb
Voilà, il y a ça. Alors en général tout va bien surtout dans mes grosses années de ride. Tu es quand même vachement en confiance. Il n'y a pas grand chose qui peut te perturber sur ta technique, sur ton engagement de saut, de vitesse et tout. Mais après c'est prendre le temps d'analyser. Tu vas faire une face, tu ne sais pas forcément comment elle est puisque tu n'es pas remonté à pied dedans. Avec les remontées mécaniques, on y accède par gravité, on monte un peu à pied sur des endroits, mais tu montes en sud, tu descends en nord, donc tu ne sais pas comment est le nord. Par contre, tu sais comment est à peu près la face, puisqu'on... je la connais, sur un terrain inconnu bien sûr, et tu sais à quel endroit, quelle vitesse il faut avoir, tu vois ? En gros. Par contre, tu ne connais pas forcément la qualité à 100% de la neige à cet endroit. Si c'est une face nord qui n'a pas été trop touchée par le vent et qu'il y a 15-20 cm de fraîche en haut qui tiennent mais qui partent un petit peu à chaque virage en slough et qui coulent, et que dessous ça reste tout le temps exposé nord, il n'y a pas forcément de raison que le vent est tapé à droite ou à gauche, là tu engages. Tu as des endroits où tu vas être un peu plus en retrait parce que ça change, ça a pris le soleil, ça a pris un peu plus de vent. Donc là, il faut faire gaffe. Là, c'est un endroit où je n'ai pas le droit à l'erreur parce que si c'est bleu ma traversée là où je suis au-dessus de barre et que c'est bleu et que j'arrive aussi vite que mes 200 premiers mètres dans de la puff, tu te fais griller quoi. Donc c'est de la connaissance du terrain, de la concentration à 110%. Il y a des fois, je sais que j'ai été plus concentré sur des entraînements sur la Clusa, du ride à la Clusa qu'au départ d'une compète. Tu vois, parce qu'une compète, tu l'as repérée, ça fait trois jours que tu es sur le terrain, que tu repères à la jumelle, même si tu ne l'as pas raidé, d'en haut en bas, les conditions, tous les organisateurs, les guidos qui sont sur place, ils te disent « bon ben là, les gars, c'est open, il n'y a pas de soucis, il n'y a aucun piège, juste soyez concentrés sur vos lignes, vos choix de vos lignes » . Mais là, tu sais qu'il faut juste repérer la face et puis tu mets 110%.
- Tom
Donc, tu as relâché un petit peu la concentration à ce moment-là ?
- Seb
Sur les compétitions ?
- Tom
Justement quand c'était hyper balisé.
- Seb
Oui je pense que tu inconsciemment, tu as ta confiance de l'hiver, tu es bien sur tes skis donc tu sais que ça va bien se passer. Ce qui peut mal se passer c'est une réception de saut parce que tu n'as pas assez de rotation, trop de rotation dans un trix. La neige à cet endroit là peut-être qu'elle peut être un peu moins bonne ou elle casse un peu sous le pied Mais en général, ça se passait plutôt assez bien. Et puis après, si t'arrives une bricole, c'est un manque de technique dans le saut. C'est-à-dire trop droite, pas assez droite, que ce soit du 3/6, du back, du frontflip, tout ce que tu veux. Et même si tu penses que tu vas être bien 4 appuis en réception, Je ne sais pas pourquoi d'un coup, tu fais un pied-tête en avant alors que non, pourquoi j'ai fait un pied-tête là ? Ce n'est pas possible. Et ça vient peut-être de ce petit manque de concentration que tu peux avoir sur des moments où la neige est peut-être différente et tout ça. Là il y a peut-être un petit excès de confiance qui te dit putain merde attends. Pourquoi je suis tombé à cet endroit-là ? Tout se passait bien et là, je me pète la gueule comme un débutant sur un saut en plus qui est deux fois moins haut que ton premier saut du haut où tu as mis un peu ta concentration là-haut. Et voilà, ça c'est des petites expériences.
- Tom
Il y a une phrase toute faite à propos de ça, de la confiance, qui est que la confiance ça ne se maximise pas mais ça s'optimise. Toi dans ces moments-là quand tu vois que t'étais peut-être en... En sur-confiance, qu'est ce qui t'a aidé par la suite pour réadapter et pour te calmer un petit peu et pour te rajouter un petit peu de doute dans cette confiance ?
- Seb
Tu prends l'expérience que tu as vécu avant.
- Tom
Donc la tronche quoi.
- Seb
Tu te dis bon on va essayer de ne pas refaire la même erreur et bien analyser le tout. Donc compète ou film. Tu vois, à l'époque, même maintenant encore, je trouve que c'est toujours pareil. C'est qu'une compète, tu n'as qu'un run. En film, tu peux faire plusieurs runs. Nous, ce qu'on aimait bien quand même, c'était de faire une ligne. Tu vois, tu avais une face. Et pour l'esthétique de l'image, c'est une face vierge. Maintenant, je vois beaucoup d'images, les jeunes, peu importe, qui est... 20 passages, tant qu'il pose le saut, il est posé, poum c'est dans la boîte, ça envoie tu vois. Et plus personne ne fait gaffe à l'esthétisme, que ce soit un terrain presque vierge naturel et que c'est du one shot en gros. Et t'as plusieurs essais souvent, surtout sur le backcountry freeride, ils sont au bout de 3, 4, 5 sauts, ben ils posent le saut, ben c'est celui-là qu'on prend dans la boîte. Donc c'est un peu comme du freestyle sur un parc. Par contre, nous à l'époque en freeride pur, tu regardes point A, point B, jumelles. S'il y avait un bout d'hélico, en montant dans l'hélico, tu repères depuis l'hélico. Tu demandes au pilote qu'il fasse 10 secondes de stationnaire parce que bon, minutes d'hélico, il fallait les payer quand même. Et puis après, let's go quoi, c'est parti, t'es concentré, tu sais exactement où tu dois passer. Ta vision depuis l'hélico t'a conforté sur ton choix et feu. Donc du coup pour revenir à ta question c'était ?
- Tom
Ma question c'était comment tu fais pour réinjecter, tu y as répondu en fait, comment tu fais pour rétablir un petit peu la confiance à la bonne dose et pas être en surconfiance ? Tu m'as expliqué du coup que c'était les moments où ça se passait moins bien, que ça te remettait un peu les idées en place et que...
- Seb
Oui oui oui c'est de revenir toujours un peu de revenir en arrière de ce qui t'est arrivé... quelques jours, quelques semaines, quelques mois avant dans plus ou moins des fois les mêmes types de terrain. Parce que le corps et l'esprit oublient vite. La mauvaise vibe que tu as eue suite à un déclenchement d'avalanche, à une chute que tu as eu deux mois avant, Tu arrives quand même à l'oublier, tu vois, et tu passes à autre chose. Donc entre-temps, il y a eu plein de journées qui étaient super belles, des trucs, tu reprends une confiance énorme et voilà, il ne faut pas oublier tout ce que tu as pu avoir comme incident. Hop, reprendre de temps en temps un peu des tips de « Ah tiens, n'oublie pas que la dernière fois tu étais ici, tu pars quasiment du même endroit et c'était passé ça. » Il ne faut pas que ça se passe. Il faut aussi se servir de ce que tu as pu voir et puis même en regardant des autres faire, se servir à fond des autres. C'est ce que j'expliquais à tous mes riders que j'ai eus en coaching pendant des années. Ok, tu as ta ligne, tu as ton truc, mais regarde bien aussi les autres. Quand tu es en haut... Celui qui part devant toi, s'il part quasiment dans la direction où tu veux aller, s'il prend le même premier saut, s'il prend le même deuxième saut, tu le suis. Tu le suis depuis là en haut. Tout ce que tu peux voir, tu emmagasines et ça va te servir pour la longueur, l'axe, tout quoi. Que le gamin soit en haut parce que c'est bientôt à lui de partir ou en bas. Ce que je continue à dire aujourd'hui à Oscar et à Stride en permanence. Nourrissez-vous de ceux qui sont, qui vous précèdent. Parce que... Voilà c'est un exemple. Si ça se passe pas bien... Bon maintenant c'est plus simple ils ont la vidéo en live à chaque fois au sommet. Donc ils n'ont même pas besoin d'être forcément au départ et de regarder mais entre guillemets... la vidéo, ça a un certain truc. Tu es devant ton écran, tu vois. Mais quand tu es à côté du rider qui part, tu regardes la pente parce que tu as la notion du degré de pente et puis la vitesse à laquelle il part, le gars, tu vois. Il n'y a rien de mieux que ça, quoi. Pour après, quand c'est ton tour, dire lui, il a fait ça, je prends la même vitesse, je vais un peu moins vite, je dois aller plus vite là. Tac, tac. Toutes les notions d'information sont...
- Tom
Ouais, trop cool. Et à contrario, un ou une athlète en freeride qui manquerait justement de confiance le jour J, alors que tu sais qu'elle s'est bien entraînée, qu'il ou elle s'est bien entraîné, que tout s'est bien passé au préalable, toi en tant que coach, comment tu t'y prends pour réussir à rétablir la confiance ?
- Seb
C'est le truc le moins évident à faire. Parce que... Parce qu'il y a le temps qui presse, tu vois ? Quand c'est le jour J par exemple. Même la veille, ça reste très serré en timing. Parce qu'après ils vont se coucher, tu ne les vois plus jusqu'au lendemain matin : "Bon ça va, t'as bien dormi ? " "Ouais moyen, ouais..." "Bon allez on y retourne." Donc tu utilises tout ce que tu as vécu dans ta carrière, dans ce que tu as vécu avec eux depuis toutes ces années. Astrid, je la connais quand même bien par cœur. Oscar, ça fait quatre ans maintenant. Donc voilà, tu essaies de te Ausha, de virer le négatif, garder que le positif. Même si eux sont toujours un peu dans le doute. Telle ligne, non pas cette ligne, oh cette ligne-là. Alors quand tu es en live avec eux, c'est très bien, tu vois, sur place, je veux dire. en live sur place et je me déplace pas de partout dès que c'est l'autre côté, Canada et tout ça. On le fait par visio et c'est encore plus difficile ou par téléphone. Des fois deux, trois riders avant qu'ils partent, je suis encore au téléphone avec eux et tu les réconfortes dans le choix, tu vois. Puis à un moment donné, c'est deux avant qu'ils partent. Putain bon, l'autre il vient de se mettre une gamelle, donc soit il l'a vu à l'écran soit il ne l'a pas vu, est-ce que je l'appelle ? Je ne l'appelle pas. Ça c'est un truc à négocier avec eux, tu vois. Et je leur dis, écoutez, essayez d'être vraiment, au dernier moment, je m'en fous, tu le mets dans une pochette, mais essayez d'être tout le temps près du téléphone, comme ça je peux vous communiquer ce qui s'est vraiment passé parce qu'ils ne seront peut-être pas jusqu'au dernier moment devant l'écran. Mais par contre au téléphone, je peux très bien dire... Et cette année, ça s'est passé avec Justine du Four-la-Pointe à Verbier. Son coach que je connais bien, c'est un Autrichien là. Et il l'a appelée parce qu'Astrid est tombée, n'a pas pu faire son run. Donc derrière, écoute... Il faut juste que tu tiennes sur tes pieds, tu prends pas de risque, tu gagnes, tu gagnes pas à l'extrême de 20 mètres, on s'en fout. Tu tiens sur tes pieds, tu restes devant tes champions. Bon, je crois qu'elle était déjà devant, mais bon, dans le doute machin, il lui a dit voilà, tu fais ci, tu fais ça. Si Astrid avait fait sa descente, il aurait fait la même chose, c'est sûr. Parce que Astrid descend, fait son run qu'on avait prévu... elle finit première de l'extrême à ce moment-là Il reste une à passer, c'est Justine. Il faut qu'elle envoie un run de port pour être championne. Donc il est obligé de l'appeler. C'est sûr. Parce que là, elle n'était plus devant l'écran. Je l'ai vue à la télé.
- Tom
C'est cool ce que tu partages parce que du coup, ça me fait penser vraiment à un concept assez universel chez l'être humain. L'être humain, depuis tout le temps, il a peur de l'inconnu. Et donc le doute aussi, c'est une part d'inconnu. Donc le fait de rajouter de la certitude en t'ayant par exemple toi au téléphone en disant... soit il s'est passé ça, fais comme ci, comme ça ou t'inquiète pas ça va se passer comme ça, comme ça et tu vas prendre telle ligne ça rajoute de la certitude et c'est là où ça calme un petit peu la partie très affolée dans la tête le primitif après il y a des fois où t'hésites
- Seb
à appeler et tu le fais pas Parce que les conditions, on est 100% sûr du choix de la ligne. De toute façon, on ne va pas revenir en arrière. Il y a deux départs. Il y a une ligne qui a été faite au départ A, une ligne qui a été faite au départ B. Qu'est-ce qu'on fait ? On fait la vraie ligne ou on chante le truc en sachant que devant, il y en a une ou deux qui ont déjà fait un beau score ? Non, terminé. Tu y vas, je ne t'appelle plus, tu sais ce que tu as à faire.
- Tom
Ok, c'est sûr et certain quoi. Oui,
- Seb
c'est sûr et certain, on y va. Et ça, c'est un peu du... Il y a du feeling, il y a des fois, oui, quand ça ne se passe pas bien, tu es toujours en train de dire « putain, si j'avais su... » On n'aurait pas fait ça, si j'avais su, j'aurais dû l'appeler même deux avant, elle ne me répond pas, mais au moins j'aurais essayé de l'appeler. Je ne l'appelle pas et elle se pète la gueule en trois virages. Je dis putain, merde, je dis attends, qu'est-ce que j'ai loupé dans... Est-ce que je lui ai bien dit que ça... Tu sais, tu te reposes la moitié des questions. Et elle derrière, pareil. Je dis : "Putain, mais je t'avais dit de prendre un tout petit peu moins vite." Mais qu'est-ce que c'est pour elle un peu moins vite ? Elle le voit un petit peu au départ sur les écrans. "Ouais, OK, tu as vu comment elle a fait ? " Bon ben, tu prends un peu moins de speed quoi. Mais quand tu es dans ton run, un peu moins de speed, tu sautes un truc de 7 mètres, ça plonge. Il faut traverser comme ça, il y a déjà une trace qui est faite. Quand il n'y a pas de traces, laisse aller parce qu'il n'y a pas de traces. Donc la sortie... Si tu n'as pas d'élan, ça va faire de la merde. Il y a une trace, ne serait-ce qu'une trace, il y a déjà une trace, donc ça va sortir plus vite. Mais vu que c'est du one shot, c'est très compliqué. Après, c'est du feeling. C'est le rider qui doit sentir « Putain, là j'arrive vite. Là, je ne suis pas assez vite, il faut que je laisse filer. » Et les deux en chirurgie, ils se disent Ils se plantent à cause de ça. Ils arrivent trop vite sur leur kick, ils s'envolent tu vois.
- Tom
Donc c'est vraiment une question d'expérience et de se rappeler à chaque fois tout ce qui a pu être bien et être moins bien pour avoir le tableau objectif et se dire : "Peu importe si c'était entre guillemets une réussite ou un échec, je prends ça comme de l'expérience et j'en fais quelque chose par la suite."
- Seb
Ouais, ouais je pense oui. C'est prendre... De toute façon, on n'a jamais assez d'expérience. Moi j'en ai fait pendant des années et des années. Une de mes dernières années, on est au Canada, je fais une première partie plutôt tranquille, je ride pour rejoindre ma deuxième partie où ça vraiment s'attaquait. Je fais un gros bac, après je sais qu'il faut que je ride un peu, que je saute une barre qui avait été bien. bien prise par les snowboarders qui étaient passés en preuve, je crois. Quelques skieurs et donc des trous en réceptes. Je dis : "Bon bah de toute façon là, il ne faut pas que j'atterrisse dans les trous, je vais un peu plus loin." Poum ! Je pose, voilà, bien. Et là la dernière, quand j'avais repéré, je savais qu'il y avait un ou deux riders qui l'avaient prise. Et c'était une espèce de dôme, tu vois ? Petit dôme comme ça, poum ! Qui cassait. Mais avec de la vitesse ce dôme, et avec les traces des autres riders, Ce dôme se formait un tout petit peu en espèce de take-off à plat, tu vois. Mais il fallait quand même passer ce dôme et puis après la récepte. Et j'ai dit bon bah de toute façon là moi je sais ça va être back sur je ne sais pas combien de mètres. Et au lieu d'en mettre un peu moins, j'ai dit allez je sais faire, j'envoie, je pose sur les pieds sauf que je vais très très loin. Et en bas, il y avait une contre-pente avec ce qui doit être l'été un bout de ruisseau qui coupe la pente un peu en deux. Donc contre-pente comme ça, moi j'ai atterri là et très vite, j'essaye d'engager sur mon pied droit pour épouser le fond de rivière. Mais je traverse le truc et ça m'arrête net. Sinon, je ne sais pas, j'étais deuxième ou je gagnais la compète. Sur ma dernière année du Freeride World Tour en 2013, première compète. Donc tu attaques une compète par podium ou une victoire, ça te lance. C'est chaud. Après on va à Courmayeur je crois. Donc tu te dis bon allez c'est ma dernière année, il faut quand même que je monte, que j'ai envie. J'étais bien sur les skis et tout ça allait. Et là pareil, comme à mon habitude, j'essaie de choisir des lignes un petit peu plus recherchées, un peu les trucs que personne ne voit. Pareil, ça se passe moyen et tout. Puis après, j'ai un peu lâché l'affaire, puis je m'étais blessé. Après je crois qu'il y a un collègue qui était venu faire du... une petite vidéo par là, je me mets avec lui, je me blesse à la cheville et j'ai pas pu finir la saison. À part l'extrême de Verbier où je finis ma carrière là-bas. Les autres compétitions de la saison, j'avais pas pu les faire.
- Tom
Quand est-ce que t'as commencé les compétitions en freeride toi ? 99 ? 17.
- Seb
97.
- Tom
Donc t'as fait 97 2013 ?
- Seb
Ouais.
- Tom
J'imagine que ça a évolué pour toi... les différentes caractéristiques que je vais évoquer après mais pour toi c'était quoi tes essentiels pour te sentir vraiment prêt à rider quand tu étais en haut d'une face ? C'était quoi ce que tu avais besoin toi pour être au meilleur de ta forme à ce moment là ?
- Seb
Bah... Ouais, d'avoir du physique. Physique en fait passait par les nombres de jours passés sur les skis.
- Tom
Ok, et le fait que tu aies du physique,
- Seb
ça te mettait j'imagine en confiance ? Je ne sais pas combien de dénivelé négatif, tu vois. Le ski et puis tout va bien en fait. Tu arrives en bas d'une face. Alors la compète est un peu différente parce que tu as un peu le stress aussi. Il faut avoir une respiration, tu vois. Pour ne pas que ça tétanise les jambes. Parce que le stress peut te tétaniser un petit peu. Et tu en oublies de bien respirer. Après en termes de ski pur pour toi... Tu skies un peu relâché, mais en skiant très vite. Des fois plus vite que sur une compétition et tout, mais tu n'es pas focalisé à te dire, tiens, il faut que je fasse tel résultat. Là c'est simplement d'arriver en bas, la banane, parce que les conditions sont bonnes. Tu as envoyé tous les sauts possibles de ton run et tout va bien.
- Tom
Il y a des riders qui ont besoin d'être vraiment stressés. Il y en a qui me disent « j'ai besoin de stresser à fond pour être bien » . D'autres qui me disent « j'ai envie de calmer et d'avoir juste un petit peu de stress » . C'était comment pour toi ce moment-là ? Tu avais besoin de quoi ?
- Seb
Un peu des deux. Du calme, de la rigolade avec les potes aussi. Et puis au moment opportun, c'est « bon, tu es mon pote, mais laisse-moi tranquille 10 minutes » . Tu te mets dans ton truc, surtout au repérage. Le repérage, tu te focalises bien sur ce que tu dois faire. Si tu dois aller à droite, à gauche, remonter là, machin, tu dis pas « Bon les gars, vous allez rider ? » Et maintenant, c'est toujours un peu le même délire, sauf que les... C'est devenu plus professionnel, comme je disais au début de l'interview. Sauf que maintenant, il passe un temps phénoménal sur le check. C'est incroyable. Mais tu crois que c'est pourquoi ? des possibilités, ils étudient le terrain de fou. Enfin en tout cas avec les personnes avec qui je travaille. Ça n'a peut-être d'autres...
- Tom
C'est bénéfique ? C'est que bénéfique ça de faire ça ? Ou tu me disais que ça prenait un peu d'énergie quand même ?
- Seb
Ça prend de l'énergie.
- Tom
C'est quoi l'intérêt d'en avoir 5 ? Moi ça me paraît beaucoup mais c'est un avis extérieur. 5, ça leur apporte quoi d'avoir 5 lignes et de se dire ok là je peux faire ça, si jamais ça, si jamais ça ?
- Seb
Ça c'est... Comme tu as dit, certains sont capables. Une ou deux lignes, ça leur suffit. Tu vois ? Ils sont sûrs de leur choix, une ou deux lignes. Mais... Il y en a, ils ont besoin d'avantage. La montagne t'offre plein de lignes par rapport au départ et à l'arrivée d'une compète, ou même ne serait-ce que d'un film. Le film c'est encore franchement différent. Mais sur les compètes en tout cas, je prends l'exemple d'Oscar et d'Astrid, c'est qu'on est en permanence en train de checker un peu des lignes, ils les apprennent rapidement. par cœur, et au fur et à mesure on réduit quand même. Il y a toujours une ou deux options qui restent un peu en suspens, dire bon si vraiment là ça devient mort, parce que tu as un dossard élevé, on bascule sur l'option C', tu vois ? Et l'option C', oui mais alors tu te rappelles il y avait ça, ça, ça, ça, ouais ok, c'est propre à chacun, donc eux sont capables de mémoriser quand même ça, En tout cas, Oscar, Astrid un peu plus dur. C'est déjà pas facile de... pas se souvenir mais d'être sûr à 100% de prendre tel axe et tel axe sur ces lignes-là. Surtout quand il s'agit de prendre un saut. Donc j'essaie de m'adapter à chacun, forcément. Mais même si c'est Astrid, on a toujours... Trois lignes, au moins trois lignes.
- Tom
Oui. On parlait de certitude tout à l'heure, de doute et compagnie. À ce moment-là, comment toi, dans ta carrière, et même maintenant avec les riders que tu coaches, comment tu gères l'incertitude, les imprévus ? Par exemple, tu es en pleine ligne, tu devais passer au-dessus du rocher, tu passes en dessous. Comment tu gères ça pour revenir direct dans la compétition ?
- Seb
Quand ils sont dans le run, tu veux dire ?
- Tom
Quand ils sont dans le run, par exemple, tu te dis « purée, merde, je me suis gouré, c'était au-dessus qu'il fallait passer » . Tu vois que t'es en dessous, que ton run est totalement changé.
- Seb
Là, tu me parles à moi personnellement par rapport à mon vécu.
- Tom
Oui.
- Seb
Oui, parce que quand c'est pour eux, moi je suis en bas, je ne peux plus rien.
- Tom
Oui, oui.
- Seb
Mais non, non. Écoute, ça c'est… Si c'est juste un petit truc que tu loupes, qui ne t'a pas pénalisé sur l'ensemble de ton run, avec une grosse pénalisation sur... Ah bah tiens, on sentait qu'il voulait prendre ça mais il n'y est pas arrivé parce qu'il n'était pas assez haut, parce qu'il s'est perdu. Si tu arrives à faire passer le truc comme quoi ? Pas grave ! Par contre, par rapport au jugement, si on voit très bien que tu as essayé, tu pousses un petit peu sur la carte pour aller chercher le truc, tu es trop bas et tu vas perdre des points en fluidité, tu vas perdre des points sur un peu tout, parce que forcément le saut que tu devais prendre ou le passage un peu chaud, un peu technique que tu loupes, dû à une erreur. Donc tu perds déjà des points sur ton contrôle d'avant, points dans la fluidité, et points que tu ne marqueras pas sur le saut que tu devais prendre. Donc tout ça... ton score qui augmente, il stagne.
- Tom
Ça c'est la conséquence ?
- Seb
Voilà. Mais tu peux rien faire d'autre. Tu ne vas pas rattraper des points plus bas en te disant : "Si peut-être à la fin si t'as vu un truc avec ton rider ou que le rider s'il n'a pas de coach quoi, mais s'il se dit tiens en bas j'hésitais à faire ça, bon bah là j'ai pas le choix faut que je le rajoute." Donc soit je fais un trick plus important, soit Au lieu de la prendre en simple, je la prends en double. Comme j'avais vu, même si je prends un risque, je suis un peu obligé parce qu'il me faut des points. Tu dois te s'en mettre ta vie en danger, simplement pour récupérer les points que tu as perdu plus haut.
- Tom
Quand il y a des changements de neige, par exemple, tu es sur ta ligne, tout se passe bien, tu as un changement de neige qui est imprévu, c'est bleu alors que tu pensais qu'il y avait un petit peu de puff dessus. Comment toi tu gères un truc où tu te dis là par exemple je fais un jump, je ratterris et ça va être souple et finalement c'est béton ? Que ça te surprend ? Comment tu reviens à toi directement ?
- Seb
Déjà il faut bien réceptionner cet endroit ou le skier. si c'est pas un saut. Et puis tout de suite, forcément tu es en mode surprise. Tu te dis : "Bon ben ok, la suite c'est quoi ? " La suite ça va être ça ? Ça va être de pire en pire ? C'est le béton à armer jusqu'en bas ou c'est parce que je suis finalement sur une exposition qui a pris le soleil, qui est glacée ou du vent qui est croûté ? Et puis en bas, vu que je finis dans l'autre versant, c'est que de la bonne neige. Donc ça arrive souvent au premier dossard. Un, deux, trois. Et puis après les mecs savent, ont vu ou entendent ou maintenant avec les écrans voient très bien qu'ils se font chablater. En Espagne cette année, ça a été un truc incroyable. Le premier tu vois que ça passe mais quand même il se fait secouer. Puis plus les riders passent plus...
- Tom
Le bruit que ça faisait.
- Seb
Parce qu'à l'écran tu te dis bon tu vois t'as des mecs ils ont l'air, t'as l'impression qu'ils rident ça tous les jours donc tu le vois pas forcément les mecs ils en voient tout ce qu'ils savent faire. dans des conditions dégueulasses et qui sont adaptées aussi à ce qui est sur ces conditions-là. Et puis d'autres où ça les met à la rue complète, et encore plus chez les minettes parce qu'elles sont un peu moins physiques et elles se font vite secouer, tu vois. Donc ça, il faut arriver aussi quand t'as un mec et une meuf en coaching à faire bien la différence et à dire « bon » . Astrid tu pars derrière, t'as vu dans l'état où c'est, on va calmer le jeu, tu passes là, tu passes ci, tu fais ça. Là pour moi il n'y a pas de souci, tu es capable de le faire même si c'est un peu défoncé, t'es fort, t'es bien positionné sur tes skis donc on y va quoi.
- Tom
Quand t'avais un doute sur Intrix par exemple, je repense à la barre à Verbier avec ta sautée juste monstrueuse en bac. Tu y allais en te disant : "On verra comment ça pose ? " ou tu étais de marbre, tu disais : "J'y vais, ça pose direct." ?
- Seb
Non, je savais que ça ne posait pas.
- Tom
Ok. Qu'est-ce qui fait que tu y es allé du coup ?
- Seb
Sur les skis et de ne pas manger les genoux dans la gueule ou de ne pas mettre un ski dos et tout. Donc, ça a été 2006. À cette époque, tu fais un ski d'eau, tu repars, tu perds un peu des points, mais vu le gros truc que c'est, t'en marques surtout beaucoup. Maintenant, si tu refais la même, si tu fais un gros truc comme ça, tu fais un énorme ski d'eau, comme moi j'ai fait, tu remontes dans le classement, c'est mort, c'est plus possible. Donc il y avait ça ! Il y avait cette idée de se dire :
- Tom
"J'ai flippé jusqu'au moment où Chariot sonnait de verviers,
- Seb
c'est le show du Bec des Rosses. Personne n'a jamais pris ce bar. Les conditions sont possibles de la faire. La poser propre non, mais de la poser et peut-être re-skier derrière que le rebond un petit peu trois quarts comme on faisait à l'époque, un peu trois quarts là, bam, poum, tu vois, poum, et ça te remet jet sur les skis." Mais là, c'était tellement haut et finalement pas assez raide que ça m'a fait une encre un peu. Et puis, ça fait un énorme nuage de puffs. On me revoit sortir à deux à l'heure parce que j'arrive à me relever un peu de moi-même. Tu vois, avec la pente, je m'aide et je repars, mais je suis à deux à l'heure alors que je devrais être au moins à 40 km heure, 50 km heure à éjecter. Donc là, ça me fait...
- Tom
Il se passe quoi juste avant que tu te lances ? En vrai, t'es flippé ou pas ?
- Seb
Non, j'ai flippé jusqu'au moment où je suis arrivé au sommet du Bec des Rosses. La première chose que j'ai regardée c'était ça, le take-off. Même pas à mon départ où je devais aller et tout, j'ai regardé le take-off. Et c'était la seule problématique quand j'étais en face, en bas de tous les angles que j'ai pu regarder. du bas de la face, ou juste en face au col des Jeanciennes. C'était l'incertitude de « est-ce que cette petite pierre que je vois en sortie, avec une autre un peu décalée, va m'ennuyer sur mon tecoff ? » Et j'ai dit « de toute façon, il n'y a qu'une seule solution, c'est quand je serai au sommet, je vais surplomber le truc, et normalement je devrais voir » . et c'est ce qui s'est passé quoi je voyais le point même si c'est quand même très bas dans la face mais c'est tellement comme ça là haut que poutre ah bah ouais j'ai juste à prendre mon élan en travers visé entre les deux cailloux parce qu'il est vraiment que les deux paires de ski qui passait il fallait pas tout dire imite la chaussure le crochet a pu toucher non c'était chaud donc tes concentration max là j'imagine ben ouais le seul souci que C'est que tu es tellement focus sur ce truc, tu en oublies ta première partie. Pas la première mais la partie du milieu je n'ai pas ridé. Donc c'était pas très joli à voir la partie du milieu. Le début je l'ai bien ridé, j'ai fait une bonne entrée. Après je rentre dans le dogleg. Et là je commence à faire 2-3 virages, 3-4. Puis au fur et à mesure Là je me dis : "Il y a ma partie technique qui a passé, je ralentis, je pinaille à cet endroit, là d'un coup ça s'ouvre." Parce qu'il fallait passer un petit bout de béquet. Je vois mon take-off qui est vachement bas encore. Je me dis : "Ski, ski, ski, oublie pas ça, taque ton petit saut d'entrée avant de prendre l'élan, la grande courbe."
- Tom
Tu étais déjà dessus en fait ? Oui,
- Seb
depuis le sommet presque. Mais heureusement je me suis concentré sur la partie du haut. Là j'ai marqué des points et après la moitié de la pente, je n'ai pas marqué de point tu vois. Je suis resté à me dire bon attends ça va être là mon entrée. Ah oui putain c'est bon je vois, allez. Donc je vois, je continue, putain il faut que j'aille là-bas. Trop de questions quoi. À me dire putain surtout... Le técoff, le técoff, le técoff, pas toucher la pierre, pas toucher la pierre. Ouais mais putain, un ski au milieu de ça, t'as le temps de penser à... Mais bon ouais, c'était notre époque aussi. C'était 2006.
- Tom
C'est un jugement différent.
- Seb
Des gens ont dit « Ah mais pourquoi les papaudiens ? Pourquoi les papaudiens ? » Non mais je les ai repris ces gens-là, j'ai dit « Mais écoutez les gars, y'a pas que 20 mètres de bas qu'il y a... qui rentre en compte dans une face. Tu prends un risque, tu le poses, tu marques des points. Tu prends un risque, tu ne le poses pas, tu ne prends pas de points. Moi, ce que j'ai un peu fait aussi, j'ai pris des points pour la hauteur, pour l'engagement, mais pas pour la réception, donc le contrôle. Et puis surtout, une face, c'est de A à B. Ce n'est pas... Au milieu là et jusqu'en bas. C'est d'en haut au sommet si on veut que le sport évolue vers le mieux c'est comme ça que ça doit se passer. Ah ouais mais oui oui t'as raison, c'est vrai. Mais quand même ! J'aurais pu te mettre mieux !
- Tom
T'es trop engagé quoi avec toi, trop cool. T'avais du monde qui te suivait à fond à cette époque-là ? Tu voyais qu'il y avait les médias et tout ?
- Seb
Ouais ouais bien sûr, il y avait... On était tous un peu devant du truc, devant de la scène. Depuis le début, depuis 1997, moi je gagne, j'arrive et je gagne le Red Bull Snusry à Chamonix. Donc là tu as tous les ricains qui sont là, il y a des juges, c'est Shane McConkie qui n'est plus avec nous maintenant. C'est Shane, il y a tous les ricains de l'époque qui font des vidéos à gogo. Avec Steve Winter, TGR et compagnie, ils sont tous à Ausha. Et je gagne devant eux, tu vois. Donc là, ça te met direct dans le bain. Et puis les marques étaient à fond.
- Tom
Est-ce qu'à ce moment-là, tu pensais à justement tous les ricains et les médias qui étaient là ?
- Seb
Non, non, non.
- Tom
Tu ne penses pas du tout pour toi, c'était ils sont là mais...
- Seb
C'était à nouveau un départ. Enfin, c'était mon premier départ de compète. Du coup, je savais qu'il y avait tous ces gars, bien sûr. Donc l'adrénaline, tu vois, t'étais dans le truc. Ça faisait deux ans que je faisais des images, que j'envoyais comme des trucs bien chauds. Donc la confiance était là et je me suis concentré sur mon départ où je devais simplement faire pousser de bâton. 1 mètre d'élan et on voyait un bac sur 18 mètres de haut, tu vois. En sautant par-dessus, c'était très, très scabreux, tu vois. Ça avançait un peu, très étroit en réception. Il fallait poser, poum, à tel endroit. Donc vu que je n'avais pas besoin de skier avant, j'étais au-dessus de mon départ, sans les skis. Je tapotais mon truc avec mes skis après pour faire mes 1 mètre d'élan. Et c'était parti, la compète commençait par ça. Donc je me suis concentré à fond là-dessus. Une fois que je pose ça, derrière ski, ski, une ou deux petites barres en bas. Il n'y avait rien d'exceptionnel sur le bas, je me souviens, mais voilà, c'était le haut qui avait marché. Et puis il y a 97, le mec qui fait un énorme bac sur 18 mètres par-dessus des cailloux, ça marque le score.
- Tom
Quand tu poses, t'étais en mode ? Adrénaline à fond, hyper enivré, en mode "Pouah j'ai mis quelques games et puis je continue et je vais tout donner" ?
- Seb
Ouais ouais ouais tu... T'es là en mode "Ouais encore dedans ? " Tu te gones, tu te concentres sur ce que t'as à faire. Parce qu'il faut quand même, il y a pas que ça, il faut quand même skier aussi. Et puis euh... Ouais tu rejoins ta ligne d'arrivée au bout d'un moment tu vois, en ayant eu... Ben, la certitude d'avoir fait un truc quand même assez bien. En bas, ben, ça gueule dans tous les sens. Les mecs sont là, ils viennent te voir. Tu sais qu'il y a Shane qui est en juge. Donc ouais, tu te marres quoi, t'as la banane, tu vois.
- Tom
Ouais.
- Seb
Mais... En revoyant les images plus tard, tu te dis : « Bon, c'était vraiment une autre époque. » Moi je pose, je fais un énorme ski d'eau, tu vois ? T'as des skis qui montent un peu comme ça, ça me rejette vers l'avant, parce que j'ai utilisé la poquette de neige qui était vierge de... Je sais pas, il y avait 30-40 de vierges faciles, tu vois ? Sur un fond pas non plus béton, sur un fond... un fond doux, juste le fait de rebondir un peu sur le dos, de repartir vers l'avant sans avoir rien perdu, les skis et compagnie. Après il n'y a plus qu'à « skier » , mais il faut quand même skier. Mais le plus gros, le plus dur est fait.
- Tom
Le plus dur est fait, OK.
- Seb
Ça se passe en une seconde et demie, quoi, le truc.
- Tom
Ça me fait penser à un skieur avec qui j'ai parlé récemment, Mathis Fournassier, qui était sur le Tour. Je te dirais une connerie si je te dis que c'était en Géorgie mais je crois qu'il relâche à la fin de son run ou à Valto. Il relâche à la fin de son run et il s'éclate. Ça peut être le piège aussi d'avoir coché les cases en mode ça c'est fait, ça c'est fait, c'est bon,
- Seb
on a tout fait. Moi ça m'est arrivé... En 2008, le premier World Tour qui existe est Free Ride World Tour à Verbier. On ne court pas sur le Bec des Rosses, on court sur le Montgelé. Parce que le Bec des Rosses a été purgé, donc Montgelé. Belle face aussi, plus courte mais bien exposée. Henry Kuinstedt qui était devant moi au général part juste devant moi dans le dossard et il tombe. Et je le vois parce que l'hélico reste stag, tu vois, il stagne. Et quand un hélico il reste comme ça à filmer c'est que l'autre soit il a peur au sommet de la barre, ce qui n'était pas son cas, soit il est tombé et puis il attend qu'il récupère son matos et qu'il finisse la ligne. Donc je dis bon ben... Si je veux passer devant Henrik au général, il faut que je tienne debout. Donc je fais ma ligne et j'envoie le gros saut du haut. Je pouvais le prendre moins haut mais je l'envoie. Je pose, j'avais confiance en moi, c'était une de mes meilleures années sur les skis. On se partageait les podiums, on était 1-2-2-1, on n'arrêtait pas. Et je poursuis ma ligne. En bas, un autre saut que personne n'avait fait. Et puis à la fin, un dernier petit saut à la con en travers qui ne servait à rien. 2,50 m de haut. Je ralentis, je le prends. Trop ralenti. La réception dans un chemin de traverse, au lieu d'aller 50 cm plus loin. Chemin de traverse, les skis qui plient dans le chemin de traverse parce que je le prends perpendiculaire.
- Tom
Oui.
- Seb
Donc trampoline avec les skis, je fais la pirouette vers l'avant mais involontairement. Je retombe sur mes skis mais ce n'était pas voulu. Du coup je finis 6ème de la compète alors que j'aurais dû être sur le podium et je passais devant Wichet et le titre.
- Tom
Toi tu étais dans cette ambiance punk aussi ? Punk, rock à fond et puis one life ou tu étais plutôt à la frontière entre les deux ? Ça n'existait pas trop Fréry Dark était sage à l'époque.
- Seb
Ouais, c'était un peu... Pas forcément punk dans mon personnage. Punk sur les skis, envoyé, punk en soirée parce qu'on faisait des débiles en soirée. Mais sinon, dans mon ski, dans ma... perception de voir les shows, d'être avec les gens, avec les médias. Je n'avais pas cette double personnalité, tu vois ? Ma personnalité, elle était semi-show et semi-show après qui aime bien vivre aussi, tu vois ? Pas avare de boire trois bières le soir avec les potes et puis de se mettre une caisse après la course, ça c'était... Ça faisait partie du... du trip, quoi.
- Tom
Oui, bien sûr. Alors,
- Seb
Mais sinon, Pas plus punk que ça. Après, si, j'aime bien écouter de la musique punk. J'aime bien.
- Tom
C'est quoi tes styles de musique, toi ?
- Seb
J'écoute de tout.
- Tom
Oh non, tu ne me fais pas ça quand même. Les styles de j'écoute de tout.
- Seb
Ah ben, je vais te décevoir, mais j'écoute quand même beaucoup de choses.
- Tom
OK.
- Seb
Mais on va dire que j'ai commencé quand même à l'époque du ski acrobatique. On était toute une équipe, les Cataneo, Rachel... Et puis plein d'autres potes, on était pas mal sur le métal.
- Tom
Ouais !
- Seb
métalleux et puis après tu sors, tu vas en boîte, t'écoutes ce qui se passe en boîte. Si tu veux danser, tu danses un peu sur de tout. Ou alors tu restes assis dans ton canapé et il ne se passe rien. Mais bon, avec quelques verres et dents, tu dansais sur n'importe quoi.
- Tom
Surtout si tu danses, ça c'est clair.
- Seb
Et effectivement, dans les oreilles au quotidien, les potes qui jouaient de la musique, c'était du Metallica, Sepultura et tout ça.
- Tom
Tu es passé de rider par tes propres moyens à un des premiers riders professionnels qui était payé pour rider, donc payé par des marques. C'était quoi ton état d'esprit à ce moment-là pour rester toi-même et pas te faire happer par la marque et être le petit sbire qui fait là où on le met ?
- Seb
Je suis assez content de moi par rapport à ça puisque j'ai pu... C'est toujours un peu le même délire qu'au début. Tu as ton expérience où tu es suivi de kiné à préparateur physique et technique dans le ski acrobatique. Et puis après, du jour au lendemain, t'as plus rien. Donc il faut te construire tout seul pour perdurer dans ce que tu veux faire. Donc il y a eu la transition boss... Free Ski, Free Ride. Au bout d'un moment on m'a dit : "Bon ben oui le Free Ride". Et puis moi aussi je me suis dit : "Bon ben ça c'est..." J'arrive au bon moment, tu vois ? Sans vraiment me poser cette question-là. Mais je suis arrivé au bon moment quand je fais machine arrière et j'ai eu un peu de chance d'arriver à ce moment-là. Le talent d'envoyer des backflips, un des premiers avec les Ricains, des gros backflips par dessus les barres et tout ça. donc il faut tirer profit de tout ça et puis en plus tu t'amuses donc il n'y a pas de raison que ça marche pas. Les marques révolution dans le ski, grâce au snowboard, le ski est arrivé avec les doubles spatules, le ski parabolique qui était un peu on va dire on était un peu les premiers à tester des skis paraboliques dans le freeride Mais ce n'est pas ce qui a marché le plus au final. C'était simplement que les marques avaient besoin de ça. On a très vite compris que les vrais skis paraboliques marchaient très bien sur la piste et qu'après il fallait élargir au patin pour qu'on commence vraiment à s'amuser, tu vois, pour nous. Bon on l'avait compris depuis longtemps puisqu'on avait déjà des gros FAT, les gros ski FAT qui existaient mais vu qu'eux voulaient communiquer sur les skis paraboliques, donc Dynastar c'était les 4x4 avec les flammes là Mais on skiait avec ça dans de la puff, ça allait mais ça manquait un peu de surface au patin. Et puis voilà donc on a évolué là-dedans. Et après j'ai eu une ou deux personnes qui sont venues me chercher puisque avec les compétitions que j'ai pu gagner au départ et Scott qui voulait développer des skis, donc j'ai un gars qui s'appelle Cyril Lassailly qui tient le magasin Woodcore à l'Athusa, qui travaillait chez Scott à l'époque, il me dit : "Bon ben voilà Seb, il était là quand j'ai gagné à Chamonix" Il me dit : "Voilà nous on veut développer des skis, on est prêt à t'accueillir dans notre marque et tout, que tu fasses partie du... enfin pas du team parce qu'il n'y avait que moi au début, et qu'on développe tout ça ensemble" Ok, j'étais chez Dynastar donc j'en parle à Dynastar. Proposition contre proposition, reproposition ainsi de suite. Et puis dans ma tête je dis bon c'est quand même un beau challenge. Nouvelle marque, ils ont l'air motivés. Le contrat, bah oui le contrat devant les yeux tu pouvais pas dire non tu vois. Donc c'était matériel et financier ? Tu te dis bon ben là c'est parti pour des contrats de trois ans, pas un an tu vois, un contrat de trois ans, pas renouvelable mais pendant trois ans. Tu te dis bon ben je vais vivre ça pendant trois ans. Hop au bout de trois ans, renouvelable pour trois ans. Bon ben génial avec une augmentation, une bagnole en prêt à un moment donné. Bon ben là je suis quand même pas mal. Je vivais déjà avec la femme que j'ai toujours, avec Sonia. Du coup après en 2001 on conçoit un gamin. Tu vois, tu as des revenus qui te permettent de vivre à l'année de tout ça sans non plus faire le fanfaron avec. T'es pas à dire tiens je vais m'acheter une maison là, un appartement à Biarritz pour lui faire du surf l'été. Non, non, non. Ça reste quand même raisonnable même si c'était... très bien, mais il faut être dans le raisonnable, ce que j'ai toujours été. Et ma femme m'a toujours dit : "tu devrais demander plus, tu ne te rends pas compte de ton image". Mon frère me disait pareil. Je lui ai dit : "oui, mais laissez-moi faire parce que si je change, je suis plus sûr d'être maître de ce que je veux faire sur un hiver, sur une saison". Alors que là, je leur impose tout ce que je veux faire, ils acceptent. Si j'ai pas envie de skier, je skie pas. Si je veux faire tel voyage, je fais tel voyage, telle compète, machin. Il y a 2-3 journées de dispo pour eux, mais je fais ce que je veux. Alors que si je vais chez d'autres marques, j'ai vu les contrats, j'ai vu ce qu'ils me demandaient, je connais d'autres riders qui y sont, ça va pas être la même là, vous allez moins me voir. Donc, ok je vais peut-être gagner plus mais au lieu de me voir deux semaines par mois, tu me verras peut-être quatre jours par mois.
- Tom
Donc, tu avais conscience qu'ils t'achetaient avec de l'argent mais d'autres marques auraient pu aussi prendre de ton temps ?
- Seb
Oui bien sûr. Ce qui est normal aussi. Si on te donne de l'argent c'est pour que tu représentes les marques qui te donnent de l'argent. Mais ça m'allait bien avec les marques que j'avais, qui en plus me mettaient en avant parfaitement. Ça n'a pas changé grand-chose à ma vie. Peut-être que j'aurais pu en avoir un peu plus sur mon compte en banque, mais bon, pourquoi faire ? Au final, de plus, tu vois.
- Tom
Tu aurais fait la même chose ?
- Seb
Tu serais allé rider, partir avec les potes ? d'aller faire je ne sais pas moi je ne vais pas te citer l'exemple parce que je n'en ai pas vraiment en tête mais l'endroit où tu n'as pas envie d'être mais qu'on t'impose ce n'est pas forcément agréable autant autant faire ce que tu as envie de là où tu veux être tu y es quand tu veux quand tu as besoin quand les marques ont besoin de toi parce que Ça arrive de temps en temps, tu y vas volontiers, mais pas dix fois par mois.
- Tom
En fait, tu as posé tes limites en disant « je ne demande pas plus, mais par contre vous me laissez du temps à côté » . Et c'est comme ça que tu as réussi à te dire « je ne suis pas un sbire de la marque, mais je suis vraiment Seb Michaud qui ride en collaboration avec la marque » .
- Seb
Exactement.
- Tom
Yes. C'est cool ça parce que…
- Seb
Ça arrive encore maintenant. Il y a toujours des situations, sans citer d'exemple précis, mais dernièrement on m'a dit « je dois aller aux États-Unis pour donner 4 jours à cette marque » . Alors qu'il y a quelques temps, elle était déjà là-bas aux États-Unis. Mais là, c'est dans le cadre d'une promotion d'un truc. Et en plus, bon... Avec les tendres qui courent à promouvoir le truc, attention à l'écologie, surtout sur ces marques-là, des fois tu vois, qui essayent de communiquer là-dessus, ils te font venir un rider pour 4 jours.
- Tom
Une cohérence ?
- Seb
Ouais, il y a encore des incohérences qui existent. De toute façon, il n'a pas le choix, il est payé pour ça.
- Tom
Yes.
- Seb
Après voilà, quand tu... Tu signes, c'est marqué sur un contrat. Soit tu lis pas bien le contrat, puis quand ça t'arrive, tu dis « Ah oui, mais regarde, c'est marqué dans la clause C2'. » Ah oui, t'as raison. C'est un peu des contraintes de riches. On te demande de venir 5 jours aux US, alors c'est sûr que quand tu voyages souvent et tout, c'est encore un voyage de plus, simplement pour faire un aller-retour là-bas. Mais en même temps, tu dis ça à un mec qui travaille tous les jours dans une usine et te dire : "Ouais, ben t'as choisi, c'est bon moi aussi, je peux y aller faire mes 8 heures d'avion, 4 heures aux US et je reviens." Voilà.
- Tom
Les deux avis ? Non mais bien sûr.
- Seb
Oui. Le seul problème, c'est... Ah ça va, c'est encore l'après-saison, mais quand ça arrive dans une saison entre deux courses ou des tournages de films, une course, que les conditions sont bonnes à ce moment là, que tu dois aller faire le...
- Tom
La promo de ton film ? Oui,
- Seb
la promo ou un truc pour une soirée d'événement pour des partenaires. Parce qu'il y a des instances, tu vois, des mecs qui ont mis de l'argent dans la marque qui sont là et ils veulent voir tel rider présent pour lui serrer les pognes et se mettre en photo sur Internet avec lui.
- Tom
Oui, c'est plus ça en fait qui fait chier que...
- Seb
Ça, ça fait un peu chier, oui. ben voilà la prochaine compétition tu vas arriver, tu es fatigué, ah bah ouais j'arrive des US, ou tu as loupé quatre jours à la Clusaz, il y avait 80, c'était le moment de shooter, hop tu arrives quatre jours après, il pleut.
- Tom
Bien sûr.
- Seb
Donc c'est pour ça que j'étais content de gérer ma situation en perso.
- Tom
En parlant de ta situation, il y a un truc que je me pose comme question, c'est toi c'était un petit peu... Nouveau le fait d'être payé à 100% juste pour rider. Et c'était pas un des trucs qui était courant, tout le monde n'avait pas ça.
- Seb
Non.
- Tom
Et je me demande en partant de ce principe là que comment tu as fait ? Tu avais une vision long terme toi ou tu avais une vision au jour le jour où tu prenais les opportunités ?
- Seb
Alors quand tu sors de la FEDE ben tu gagnes pas d'argent de toute façon. T'es pris en charge de A à Z. Tu sors de la FEDE t'as zéro sur ton compte. Quand tu es dans les espoirs, comme j'étais moi. Après quand tu étais en élite, tu gagnais soit par la FISE, les primes de course, ou par la FEDE qui versait des salaires aux élites. Donc bon, ça moi ça n'a pas changé grand chose puisque je ne gagnais rien. Je suis sorti et je ne gagnais rien. Mais quand tu ne gagnes rien et que les études ce n'est pas fait pour toi donc tu ne vas pas faire des études, il faut bosser du coup. Et puis tu fais vite le calcul, est-ce que ça va me permettre de vivre à l'année ou pas ? Donc tu te dis : "Oui, pour l'instant ça va." Hop ! Tu ne réfléchis pas si tu te blesses. L'année d'après, tu changes de partenaire. Donc Scott arrive, boom ! Crac ! Un gros contrat. Bon ben là pendant trois ans je vais toucher ça par an. Sachant que c'est Scott que j'ai Sun Valley en fringues et après je suis allé voir la Clusart, après tu vois j'ai eu un tel, un tel.
- Tom
C'est toi qui est allé les chercher ?
- Seb
Ouais ouais, tout ça cumulé, moi ou des aides aussi, tu vois des mecs : "Ah bah putain il y a Sun, il cherche quelqu'un vraiment" ok bon ben oui allô, toi tu les appelles ou la personne que tu connais te présente. Ouais bien sûr. Enfin ça va assez vite, ça va assez vite.
- Tom
Et toi qu'est-ce que tu fais pour aller de l'avant pour aller choper ?
- Seb
Oui, au fur et à mesure. Et puis voilà, après tu as tes contrats en face de toi. Tu sais que pendant trois ans Scott c'est fait. Sud Valley c'était tous les deux ans. La Clusaz ce n'est pas année. Tu rentres dans le team de la Clusaz. Donc tant que tu es au devant de la scène, eux ils te suivent. Et puis au bout d'un moment j'ai eu Swatch aussi qui est... qui est arrivé mais tard, en 2008 pendant le World Tour tu vois, lors d'une soirée. Soirée, je ne sais plus où on était, en Italie ou je ne sais plus où. Soirée, j'étais avec le mec de Swatch, l'autre il était cuit complet, je dis bon, quand c'est qu'on travaille ensemble, nom de Dieu et tout. Il dit bon, combien tu veux ? Je dis bah moi il me faut ça. Tu vois, je lui dis comme ça, je lui dis une somme. Il me dit « Bon, ouais d'accord » . Je dis « Bon, ok, fais gaffe. Là t'es bourré, mais demain matin, j'tais à l'œil » . Le lendemain matin, je dis bon, dès que je le vois, tu vois, petit dej. Je dis bon, t'en rappelles hier soir ? Ouais, putain ouais, la soirée ouais. Je dis ouais ouais, puis la discussion. T'en souviens de la discussion ? Je dis bon, le contrat alors, ça tombe quand ? Ah ouais, Je dis bah non mais, tac T'as qu'une parole ou pas ? Tu vois, on a tapé et tout. Je dis ouais ouais, ok, pas de soucis et tout. Et puis une semaine après, il m'envoie le contrat. Donc, tu vois, c'est marrant aussi. Maintenant, ils sont tous plus ou moins avec des agents.
- Tom
Oui, et puis ça facilite beaucoup le travail parce que tu es en relation et ça évite de gérer 15 000 trucs.
- Seb
Oui, et puis l'agent va plus négocier que le rider qui risque de se faire un peu avoir, tu vois.
- Tom
Bien sûr, oui.
- Seb
L'agent, c'est son métier. Donc, il connaît la valeur du rider Et par rapport au marché en ce moment de tel partenaire, tel truc tout ça et puis il négocie à juste... Il demande plus même.
- Tom
Et voir si les valeurs elles matchent aussi entre l'athlète et...
- Seb
Oui oui ça c'est encore autre chose.
- Tom
Trop important. Il y a une question que je voulais te poser mais j'arrive pas trop à mettre des mots dessus. Tu vas peut-être m'aider on va réussir à la faire ensemble. En gros, il y a plein de riders maintenant qui se disent « Pour percer dans le ski freestyle et être accompagné, il faut passer par telles étapes, telles étapes, telles étapes. » Par exemple, il faut absolument avoir tant de followers sur les réseaux, donc tant de personnes qui te suivent. Il faut avoir tant de marques qui te suivent. Et il faut faire tel résultat pour que les marques te suivent. Donc, il y a une voie qui est toute tracée pour dire si oui ou non tu pourras vivre de ta passion ou pas. Et toi, j'ai l'impression qu'il y a des choses qui se sont présentées au fur et à mesure ? Et il y a des choses qui ont été créées, qui ont été nouvelles. Qu'est-ce que tu pourrais dire à un rider qui est optu à se dire c'est comme ça que ça marche et c'est pas autrement alors qu'il pourrait y avoir plein d'autres possibilités ?
- Seb
C'est de plus en plus dur de se séparer de tout ce qui est médias et réseaux sociaux. C'est quasiment impossible. Je vois tous mes jeunes riders que j'ai ou que j'ai eus quoi... Il n'y en a pas un qui peut vivre sans, tu vois. Et même les anciens. Les anciens de mon âge, qui sont encore dans le game, de leur rue... Les followers, tu vois ? Followers tous les jours, enfin tous les... je sais pas combien de fois par semaine mais tout le temps dès qu'ils sortent, dès qu'ils... hop il y a toujours une petite vidéo, un machin, hop ils savent comment... enfin ils sont pros de ça, ils sont devenus pros de ça, ils ont évolué avec le temps. Après il fallait soit... Tu arrives à vouloir vivre encore de ça et communiquer avec tout ça et te mettre cette charge de mise en avant, de réseau, d'être tout le temps devant la scène pour satisfaire tes marques. pour qu'il y ait de la visibilité puisqu'ils ne jouent que par ça au final. Et les résultats des riders, mais un Delerue il ne fait plus de compétitions depuis très longtemps, Xavier. Par contre, il est suivi parce que c'est des… comment on appelle ça ? Les influenceurs en gros. C'est devenu des influenceurs en étant connus à la base. Donc Bruno Compagné qui est un ami à moi aussi depuis très très longtemps depuis que j'ai attaqué quoi, c'est un des premiers frérideurs que j'ai vu rencontrer sur une piste quoi frérideur pro mais à Tignes je m'en souviens encore hop on était sous un télésiège là un petit machin passage un peu biscornu, hop je vois ce mec avec les longues dreads longues dreads son casque jaune là un peu bol et tout, j'ai dit putain c'est quoi cette touche là ? "Salut Bruno" Je dis "Bah Seb et tout, il me connaissait parce que j'avais déjà fait des parus sur Skiers Magazine" Puis on a passé 2-3 pentes ensemble Et Bruno... Bruno, c'est un peu le rebelle, les mecs rebelles dans le truc tout le temps. C'est lui qui a créé Black Crow quand même, donc il faut quand même mettre en avant sa marque. Ils vont faire les rebelles mais ils ont besoin de ça. Il n'y a pas à chier, c'est sûr, ils sont obligés. Et lui, quand on est passé en 2008-2009 par là, que Instagram est arrivé, derrière il y a une minette que je connais bien aussi, qui lui a dit bon, Les gars, si vous voulez continuer, il faut vous y mettre à fond. C'est là-dedans que ça va se passer. Moi, ça me saoulait. Donc j'ai fait ce que j'avais besoin pour la Michaud Invitation via Facebook et... Ensuite Instagram pour répandre au plus possible les diffusions de cet événement sur trois ans. Et puis derrière, j'ai un peu arrêté. Par contre, je suis le truc avec mes jeunes riders parce qu'il n'y a que là-dessus que je peux voir ce qu'ils font, comment ils évoluent et ça me permet de les voir un peu au quotidien, tu vois. Ils font un saut. Ah bah tiens, au fait, sur ce saut-là... T'es moyen, essaie d'être plus comme ça. C'est un peu du coaching à distance. Mais quand je vois un Bruno qui est toujours à Donf, il a 30 000 ou 40 000 followers. Il a 55 ballets. Mais ça lui permet encore d'en vivre. Lui, il n'a pas besoin de grand-chose. Dans sa vie, tous les jours, il n'est pas dans un appartement comme ça. Il a sa baraque au Pyrénées qui retape. Mais il faut quand même de l'argent.
- Tom
Bien sûr.
- Seb
Il lui faut de l'argent. Et grâce à ça, il est toujours en contrat, je pense, avec des marques. C'est sûr qu'en nouveau matos, il n'en paye pas du tout. Et puis, il doit gagner un peu de blé à droite à gauche,
- Tom
tu vois. pour les prochaines années et qu'il n'y a pas de changement possible ? Il n'y a pas de voie alternative qu'on ne connaît pas encore ?
- Seb
Qu'on ne connaît pas encore. Après, il y en a bien un qui va inventer quelque chose ou qu'il y aura peut-être un nouveau concept ou un nouveau truc, je ne sais pas trop. Mais toi qui peux prévoir ce qui va se passer numériquement, qu'est-ce qui va faire que... Est-ce que tout ça va retomber à un moment donné parce qu'il y en a marre de voir la vie de tout le temps de tous les autres ? Non ? Toujours est-il que c'est toujours la même chose. Samedi soir j'étais au film, à l'Aklusa là. C'est de la com', ça reste que de la com' et puis des trucs sympas à voir à l'écran quand le film est intéressant parce que tout n'est pas intéressant non plus.
- Tom
Et d'où ma question que je te posais, c'était plutôt un mec qui avait pris les opportunités au jour le jour ?
- Seb
ou si tu avais une vision long terme et tu te disais je sais pas comment ça va être possible mais je veux vivre de ça et je trouverai tous les moyens pour y arriver oui alors le au jour le jour c'était un peu au début à savoir comment ça allait se passer après toutes mes années de fédé où c'était un peu ok on va essayer d'aller le plus loin possible puis d'un coup ça s'arrête donc là il faut rebondir mais le frérot arrive en même temps et Parce que j'ai fait des photos en rentrant du Japon et puis que les magazines sortent et je me dis putain mais attend qu'est ce qui se passe c'est parti ouais on t'appelle ouais bah tiens au Dynastar bon bah là il n'y a plus rien à faire à part rider, organiser tes voyages tu vois faire des compètes choisir ton terrain. Je suis avec un caméraman pendant dix ans je filme avec lui, il y a des photographes il y en a de partout donc tu te poses plus vraiment de questions quoi c'est... c'est ouvert, tu vois. Et puis, tu prends les opportunités à droite, à gauche, mais en essayant de rester, moi, c'était mon cas, rester fidèle à mes marques le plus longtemps possible. Donc, si je pouvais signer trois ans avec Scott, je signais trois ans.
- Tom
Ok, donc toi, c'était la durée.
- Seb
Si Valet m'avait fait, au lieu de deux ans, il me faisait un contrat de trois ans, j'aurais signé trois ans parce que la durée d'être sûr et certain pendant trois ans... Sans contrainte de si je suis blessé, tu vas me toucher. Non, non. Blessé, pas blessé. Poum ! Trois ans, t'étais chez ta marque.
- Tom
Yes.
- Seb
L'assurance en fait, tu vois ?
- Tom
Bien sûr.
- Seb
Et c'était surtout ça, d'avoir une assurance de pouvoir faire ce que j'aimais et de pouvoir en vivre.
- Tom
Tu faisais que de l'image ou tu faisais aussi des retours test matos, des protos ?
- Seb
Un petit peu mais pas énormément. J'en ai fait un peu comme ça pour Salomon mais... Même avant le freeride et puis après on se quittebosse. Et puis après pour mes marques, pour Scott uniquement, on faisait de temps en temps des tests. Mais je n'étais pas forcément un très bon élève là-dessus parce que tout ce qu'on me proposait j'aimais bien. Je me foutais, je skiais, 90 au patin, 100, 105. Donc ce n'était pas assez intéressant de m'avoir pour dire "putain mais il ne nous fait pas progresser le truc là". Il est content, ça va. Alors après entre... Il y avait trois paires de même taille, mais avec une soupe souplesse plus ou moins différente. Donc là dessus oui, tu avais un retour. Mais ce qui est un 105, d'un 108, d'un 100 au patin, je m'adaptais à ça et puis "ah ouais super ça ça marche bien" et tout. "Ouais mais tu préfères quoi ? " "Quand il y a telle neige ça c'est bien". "Ouais mais on peut pas en fabriquer 1000W quoi" "Mets moi le 100 avec telle dureté c'est nickel" Et puis après tu dis ça mais au final les ingénieurs Comme pour les designs, on aimerait ça, ils te proposent des trucs, celui-là. Puis à la fin, il sort un truc qui est complètement différent, il n'y a plus un seul dessin, c'est deux ou trois trucs bariolés. Les gars, ce n'est pas le meilleur que... Oui mais on a bien fait une étude de marché, c'est ça qui va marcher. Bon ben venez plus me demander alors.
- Tom
C'est ça ? Tu m'étonnes. Tu as fait un pro modèle toi Seb Michaud ou pas ?
- Seb
Non.
- Tom
Qu'est-ce qui t'a empêché de faire ça ?
- Seb
Je ne sais pas. Il y a eu, je pense, ce que je viens de te dire, peut-être pas l'envie de travailler avec les ingénieurs pour dire « moi, je veux telle promenade, je veux ci, je veux ça » . Et puis les marques, une marque comme Scott, n'était pas focus sur les promodèles à l'époque. Parce que c'était une petite marque quand même dans le ski. Grosse marque de vélo mais dans le ski ça reste petit. Donc de payer un rider, ok pour faire du ski, mais de payer un rider pour développer son ski, dès qu'il va vendre telle paire il va encore toucher tant de % non. On va déjà attaquer à vendre des skis et puis on verra après. Après il y a juste Jeremy Hite Il y a une dizaine, même pas dix ans là, qui a réussi à faire un pro-modèle. Mais sinon chez Scott. Alors que plein d'autres marques l'ont fait. C'était beaucoup un truc de ricains ça aussi.
- Tom
Il y a deux, Faction.
- Seb
Ouais ouais ouais. Mais les américains ils avaient tous leur truc à l'époque quand moi j'y étais quoi. Shane, Ken Kreitler, Seth Morrison. Tous ceux-là ils avaient tous un pro-modèle.
- Tom
Pour finir Seb, si tu avais trois conseils à donner à un jeune qui veut performer en freeride aujourd'hui, vu que tu es coach aussi et que tu as ton expérience perso en tant que rider, ce serait quoi ces trois conseils ?
- Seb
Arrête le ski, fais du foot en tant que professionnel.
- Tom
Allez ciao !
- Seb
Non, un truc un peu basique et puis en même temps... vu qu'on a parlé de professionnalisme, si tu veux devenir bon, il faut quand même passer par dès le plus jeune âge, comme dans les clubs alpins qu'on avait à l'époque. Maintenant c'est des clubs de freeride qui existent, il y en a de plus en plus, où tu as des coachs qui ont une expérience énorme, donc il y en a de plus en plus. Tu passes par, si tu veux faire de la compète bien sûr.
- Tom
Là c'est pour des jeunes qui voudraient performer en compétition.
- Seb
Oui c'est ça.
- Tom
Donc entoure-toi déjà.
- Seb
Fais partie d'un club comme ça au moins tu rides aussi avec, tu vas te retrouver avec des potes tu vois. Tu vas te faire des potes, c'est ce qui s'est passé avec mes groupes dont mon fils qui était dedans. Ça a soudé leur team. Il y en a qui se voient encore un peu sur les pistes, d'autres un peu moins parce qu'ils n'ont plus les mêmes laps de temps qu'avant. Mais dès qu'ils peuvent, là ils sont 6 ou 7 du team tous les ans à... Je ne sais plus quand c'est, à Noël le 26 décembre et tout. Ils se font une soirée à la Clusaz, bouffe et tout ça. Et puis de temps en temps ils se retrouvent pour aller faire une session de ski. Donc voilà, ça c'est pour garder l'amitié entre les potes. Et puis si tu veux perdurer et aller vers le haut niveau, tu n'as pas le choix, c'est de passer par toutes les étapes junior. qualif en adulte plus maintenant challenger et qui t'amènent sur le world tour mais accompagné ok je pense je pense que de toute façon vu qu'on va vers Vers l'olympisme il y aura des coachs qui seront là tout le temps et pas que technique sur les skis comme j'ai dit mental physique voilà D'où peut-être la FED va nous pondre une petite team un de ces quatre matins avec l'aide qu'on aura de la FED, pas forcément pécuniaire mais des aides pour les riders. Ils seront considérés comme athlètes de haut niveau. Les coachs seront peut-être payés par la FEDE avec un véhicule en prêt, ce qui est déjà pas mal et puis derrière il faudra...
- Tom
Toi si le monde propose d'aller au JO avec les jeunes, soit tenté que le freeride soit aux Jeux Olympiques, est-ce que tu accepterais ce rôle de coach de l'équipe de France de ski freeride ?
- Seb
Pour l'instant, on n'a pas trop d'idées. On a eu une ou deux réunions, mais on n'a pas trop d'idées de comment ça va se passer. Donc on pense tous à la même chose, c'est-à-dire est-ce qu'il n'y aura qu'un seul coach ? Est-ce que c'est comme en ce moment, ceux qui sont sur le World Tour, chacun un peu son coach ? Moi je suis avec Oscar, Astrid, Virgil Didier, c'est les gars des Belleville, Kevin Guri, Victor Gallucho. qui ont également des snowboarders et un autre skieur je crois ou une skieuse. Trouba, qui arrive avec son gamin. Si ? Hugo. - Ouais. - Ouais, Hugo. Donc est-ce que dans 1 an, 2 ans, 3 ans ce sera encore comme ça jusqu'au jeu si on devient olympique ? Pour l'instant j'ai pas la réponse.
- Tom
- Ok.
- Seb
- Donc si... Si j'ai encore ben... Oscar, Astrid et que ça reste dans l'état, j'irai avec eux. S'il y a un coach qui va être désigné par la FEDE et une équipe de France, à ce moment-là on verra. C'est quand même dans 5 ans. Il faut encore que 5 ans se passent. Moi, j'aurai encore mon expérience mais... Mais il y en a d'autres qui en auront aussi et qui seront intéressés par ce poste. Donc, on est tous assez intelligents. Les coachs sont quand même assez proches. Ça reste un petit milieu. On parlera de tout ça ensemble. Et puis avec les riders qui seront peut-être à ce moment-là sélectionnés et voir ce qui sera le mieux pour eux.
- Tom
Tu m'as donné deux conseils : celui c'est de commencer dans un club L'autre d'aller en compétition avec un coach et de passer par toutes les étapes junior ou qualifier Challenger Tour. Si on avait un dernier ?
- Seb
Pour y arriver ?
- Tom
Pour y arriver.
- Seb
Pour moi le principal, ce dont je parle souvent avec mes deux riders, c'est de garder l'envie de rider. le fun parce que le ski reste quand même un sport, enfin le ski freeride en tout cas, un sport où en général tu arrives en bas d'une face, tu rigoles tu vois. Moi j'étais seul ou avec mes potes, t'es dans la face, tu pousses des cris à des moments. Voilà. Donc de garder ça, ça te permet vraiment d'avoir l'envie d'aller vers… de toujours au top pour moi. Et après, ce qui permet de rester vraiment au top, c'est tout ce qu'il y a à côté : l'entraînement, les pros qui sont là pour t'aider et tout ça. Si toi tu as le spirit et le mental pour être... vouloir vivre en fait de ça en permanence et de sa passion, c'est une passion, 80%
- Tom
du game il est fait quoi. passe à l'intérieur de toi lorsque tu pratiques. Si tu penses que cet épisode peut parler à quelqu'un de ton entourage, n'hésite pas à lui partager. Et tu peux aussi mettre la note de 5 étoiles sur le podcast, ce qui permettra toujours d'avoir des invités aussi ouf. Tu peux aussi me retrouver sur Instagram à TomRDS pour plus de contenu sur la prête mentale. Ciao !