- Speaker #0
Si ton but c'est d'être champion du monde, est-ce que ça te convient de t'assurer et d'être quatrième ? Non, parce que toi ton but c'est d'être champion du monde. La base de notre sport c'est de faire ce qui te plaît, c'est de faire quelque chose dont tu as envie, qui te fait plaisir. Ça paraît de bateau mais au final c'est la vérité. Le regard des autres, le live, le jugement, tout ça, ça me stressait et en faisant le point dessus... Je me suis rendu compte que c'était tellement futile et qu'au final personne ne sera aussi dur que moi envers moi-même. Et que je m'en fiche. Donc il faut juste remettre cette notion de plaisir au centre du jeu. Et depuis ce moment, ça a allé beaucoup mieux.
- Speaker #1
Bienvenue dans l'appel du drop. Le premier podcast de Freeride qui t'aide à gérer ton mental et envoyer tes meilleurs runs. Moi c'est Tom Rodriguez, le préparateur mental des riders. Ici on parle sans filtre de ce que tu vis quand tu es en haut d'une face ou au départ du parc. Ce moment où tu as le choix entre écouter tes peurs ou suivre l'appel du drop. Ensemble on va apprendre à gérer la pression avant un run en s'inspirant des conseils et retour d'expérience des meilleurs riders pour enfin faire sauter tes blocages et montrer de quoi tu es vraiment capable. Je t'embarque avec moi 3 2 1 c'est parti !
- Speaker #0
Let's go premier épisode assez exclusif entre deux préparateurs mentaux. Moi avec les freeskieurers et toi avec les riders sur le tour.
- Speaker #1
Comment tu vis ça, le fait d'arriver à aider les riders qui galèrent en leur offrant un bonnet à la fin ?
- Speaker #0
Moi, je ne sais pas si on peut me qualifier de préparateur mental parce que je rentre juste dans la tête des riders. Je ne sais pas si c'est le but de ton métier et encore moins de leur offrir un bonnet. Parce que quand on leur offre un bonnet, c'est que... généralement ça a été un fiasco donc c'est pas très positif pour eux.
- Speaker #1
Ça leur remonte le moral quoi.
- Speaker #0
Donc voilà c'est tout mais c'est du palliatif nous.
- Speaker #1
C'est du dernier secours quoi.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Est-ce que tu veux bien raconter un petit peu ton parcours ? Alors là il est 10h30 du matin, je sais pas si t'as la tête un petit peu fraîche ou pas.
- Speaker #0
Ouais ouais ça va, j'ai pas encore Alzheimer, je me souviens de l'histoire de ma vie.
- Speaker #1
Trop bien, t'as commencé dans les Pyrénées. Raconte un peu comment t'as commencé le snow si t'es chaud.
- Speaker #0
Eh bien écoute, moi en fait, mon papa était moniteur de ski à Tignes, donc j'ai commencé le ski d'abord et après le snow quand j'avais 6 ans. Et du coup, on faisait la moitié de l'année à Tignes et l'autre moitié sur la côte basque, donc j'ai commencé à Tignes. Et ensuite, quand j'étais au collège, mes parents, ils voulaient que j'aie une scolarité fixe, donc là j'ai continué dans les Pyrénées, je faisais le Pyrénées Snowboard Tour, j'allais tous les week-ends dans les stations, etc.
- Speaker #1
Avec quel âge là, juste pour comprendre ?
- Speaker #0
De 10 jusqu'à 14 ans, toute ma période collège. Et ensuite, juste avant de rentrer au lycée, il y avait les championnats de France. Et là, j'ai performé et c'était une étape importante parce que quand tu performes aux championnats de France sur ta dernière année de collège, généralement, tu es spoté par la Fédé française et moi, j'ai été spoté par le Pôle France. Et du coup, après, j'ai eu l'opportunité d'intégrer le Pôle France à Albertville. Et de là, tout s'est un peu enchaîné au niveau du snow.
- Speaker #1
Et tu as la jonction entre ski, parce que ton père est moniteur de ski, et snow, toi, tu l'as fait à quel âge ?
- Speaker #0
Moi, j'ai commencé le snow quand j'avais 6 ans. Mais en fait, quand j'étais petit, tu pratiques un peu les deux. Des fois, tu vas au cours de ski et après au snowboard. Mais c'est vrai que le ski, c'était hyper cadré. C'était de l'alpin à l'époque. Donc, ça me gavait assez rapidement. et le snow c'était un peu une... soupape de respiration.
- Speaker #1
Ok, du coup, tu rideais plutôt avec tes potes, t'avais pas de cours de snow à côté ?
- Speaker #0
Non, il y avait rien en place trop à l'époque, et encore moins à Tignes, et du coup, je rideais tout seul ou avec des mecs plus âgés, passionnés de snow, parce qu'à l'époque, la plupart des jeunes, ils faisaient du ski, surtout, et du coup, il y avait que moi, quasiment, qui rideais en snow, donc un peu toute ma jeunesse, moi, j'ai toujours rideé avec des plus grands, des adultes, pour... pour rider avec d'autres personnes, mais c'est vrai que j'ai beaucoup ridé tout seul au final.
- Speaker #1
Ok, mais c'était quand même ton kiff ?
- Speaker #0
Ben ouais, j'adorais ça. Enfin, je me poussais tout seul au quotidien, etc. Et en fait, en faisant les premières compètes régionales, ça m'a boosté parce que je me suis rendu compte que j'avais le potentiel, comme je faisais des bons résultats, et du coup, je continuais, je me poussais tout seul, mais au début, j'avais pas du tout de repères. Quel était le niveau ? Je faisais juste ça pour moi. J'essayais des figures 3-6 d'un côté, 3-6 de l'autre. Et je l'ai vraiment fait de manière naturelle. Et après, le fait de rider avec des personnes plus âgées, on va dire des adultes qui étaient passionnés, je voyais eux ce qu'ils faisaient, ce qui était mieux. Et donc, j'essayais de reproduire ça. Et ça s'est fait comme ça. Mais au début, il n'y avait pas de club, pas du tout de structure, etc. La première fois que j'ai été licencié, c'était au... club de l'Uzardiden dans les Pyrénées. Donc, c'est venu beaucoup plus tard quand j'avais 10-11 ans, quand t'es au collège à partir de la 6ème.
- Speaker #1
Et quand tu faisais du snow pour toi, tu faisais comment ? Tu te mettais sur le parc ? Tu partais un petit peu sur les bords de piste ? C'était quoi ta journée type ?
- Speaker #0
En fait, je faisais tout. Je faisais de la piste. Après, à l'époque, je me souviens, il y avait une piste où il y avait le snowpark au milieu. Donc après, j'allais dans le snowpark. Après, je retournais sur la piste. Il y avait même un half pipe à l'époque, en bas. C'était les belles années où il y avait encore des pipes en France. Et du coup, je faisais tout et j'essayais de progresser dans tous les domaines. Mais il n'y avait pas du tout de discipline, etc. pour moi t'y allais quoi Ouais, c'était juste faire du snowboard. Il n'y avait pas le snowboard cross, le halfpipe, le snowpark. Je faisais juste du snowboard, quoi.
- Speaker #1
Ouais, carrément. Et donc, du coup, tu faisais quoi ? Tu matais les gens qui étaient sur le snowpark ? Tu disais, je fais pareil ? Ou tu avais vu des vidéos ? Non, c'était peut-être pas encore l'époque des vidéos. Ouais, non,
- Speaker #0
il n'y avait pas de vidéos, non. Je te dis, ouais, je regardais... Les adultes faire du snow, j'essayais de faire ce qu'ils faisaient, reproduire. Et après, c'est pas non plus sorcier. Quand tu t'essayes un 3-6, tu vas essayer de l'autre côté, après tu vas essayer à l'envers. Après, il y avait le backflip que tu essayais. Ça se fait naturellement. Au début, c'est tellement primaire qu'il n'y avait pas ces réseaux sociaux. Mais on était tellement à la base que c'était facile de trouver l'inspiration et d'essayer des trucs qui me mettaient en difficulté.
- Speaker #1
Et tu te rappelles si tu étais plutôt un mec qui était un peu Peureux avant ou pas ? Avant tu étais aussi stock que maintenant Ou tu étais un peu plus sec, plus fin ?
- Speaker #0
Non j'ai dû m'évoluer physiquement Mais j'avais déjà J'avais déjà une bonne base Ouais j'avais toujours On va dire des plus grosses cuisses que les autres Ok ok c'était ça la question Un peu plus brique que les autres quoi Mais par contre pas du tout peureux De toute mon enfance J'étais casse-couffe dans tous les domaines au grand dame de ma maman qui m'a envoyé au cabinet médical à chaque fois. À chaque fois, en vélo, je prenais des boîtes. Après, il fallait faire des points de souture. À chaque fois qu'il y avait des jeux, il fallait toujours plus. Et du coup, je n'étais pas loin de la petite blessure. Mais pas du tout de peur.
- Speaker #1
Pour qu'il y ait l'esprit de compétition comme ça, il y a des frères et soeurs à côté ou pas ?
- Speaker #0
Oui, il y a un petit frère, un grand frère aussi, mais qu'il y a tellement d'écartage. Il y a 20 ans d'écart qu'on n'a pas trop grandi ensemble, mais il y avait l'esprit de compète. Mais c'est vrai que depuis tout jeune, je voulais être le meilleur tout le temps. Donc, je faisais tout à partir du club du ski alpin pour être le meilleur en ski alpin. J'ai développé vachement ça depuis tout petit.
- Speaker #1
Tu avais la dalle pour ça, quoi.
- Speaker #0
Oui, j'adorais être le meilleur, être le premier en tout. que ce soit on jouait je sais pas Je ne sais pas, aux gendarmes et aux voleurs, je voulais gagner le jeu. On faisait la course UNSS, je voulais gagner. J'adorais ça quand j'étais petit. Après, j'ai appris à relativiser ça, heureusement. Mais ouais, c'était en moi.
- Speaker #1
Ok. Et du coup, tu as switché entre tes 14 ans où tu passes des Pyrénées à Albé, au Pôle France. Qu'est-ce qui change pour toi à ce moment-là ? Est-ce que tu te dis... Non, la question va être différente. Ça va être plutôt, à quel moment tu te dis, il y a moyen que je fasse un truc dans le freestyle ? Est-ce que c'est dès tes premières compétitions ou est-ce que c'est plus tard que tu as compris ça ?
- Speaker #0
Là, en fait, c'est au tout début et à cette époque-là, ce n'est pas un cadeau d'intégrer le Pôle France parce que c'est hyper typé skier alpin. Il n'y a que des skiers alpins. Donc toi, tu es le seul snowboardeur. À l'époque, il n'y avait qu'un snowboardeur. Déjà, tu es catégorisé comme un branleur. Tu fais du snow, tu es un peu un branleur. Donc déjà, il fallait s'intégrer au moule et c'était compliqué. Et après... Ça s'est fait plus tard parce qu'au début, tu n'as pas vraiment de contrat, etc. Mais au bout d'un an, là, tu commences à avoir tes premiers contrats, à performer sur la scène européenne et tout ça. Et là, tu te dis, ouais, il y a peut-être un chemin pour y aller. Mais ça s'est fait, je dirais, quand j'avais 15-16 ans, en fait. Moi, j'ai eu mes premiers contrats à 16 ans. Et là, je me suis dit, ouais, là, il y a quand même une voie, enfin, quelque chose à gratter à ce niveau-là. Mais je n'avais pas de direction précise, je n'avais pas freestyle, je faisais encore tout à l'époque. À l'époque, il n'y avait pas une seule discipline. Moi, je faisais du pipe, du big air, du slopestyle. On ne se spécialisait pas du tout comme on le fait maintenant.
- Speaker #1
Et c'était comment ? C'est toi qui payais un coach perso, vu que tu étais le seul au Pôle France à être en snow ? Ou il y avait déjà un mec qui faisait du snow et qui te donnait des tips ?
- Speaker #0
Au début, comme tu es au Pôle France, tu es rattaché au groupe jeune. Et là, la fédération, elle mandate, enfin, elle a un coach et toi, tu fais partie de ce groupe. Et avec ce groupe, tu vas sur les Coupes d'Europe, etc. Mais tout n'est pas payé. Je crois que le coaching est payé par la FED, mais tes parents doivent quand même financer une grande partie. Ils ne m'ont jamais dévoilé ce qu'ils ont payé, mais ça représente un coût. Et à partir d'un moment, le coût est plus soutenable. Et du coup, tu dois trouver des sources de financement pour gérer le truc. Donc après, moi, je me suis désolidarisé de ce groupe. et on a créé un peu une structure privée pour s'entraîner.
- Speaker #1
Après le lycée, ça ?
- Speaker #0
Oui, c'est après le lycée. En fait, il y avait le slopestyle au JO à Sochi, qui est rentré à Sochi, du coup. Et moi, j'avais la volonté d'y participer. Du coup, à partir de 2012, je n'étais plus du tout dans le cursus FEDE, etc. Enfin, ça, c'est... Pas très bien passé avec Albé, comme j'ai quitté la structure, je ne m'y retrouvais pas. Donc moi, je me suis écarté de ce groupe de la FED. Et en fait, après, en 2012, dans l'objectif de participer au Géo, on a créé une structure privée. Il y avait César Reversade, Mathieu Crépel un peu au début, mais au final, il n'y avait que César Reversade et moi pour participer. Et là, tu dois trouver des financements privés. César, heureusement, il avait un peu le soutien de ses parents et de la folie douce. Et donc, ça nous a aidé à financer le coach, etc. Mais au bout d'un moment, c'était compliqué de continuer.
- Speaker #1
T'as quoi là ? T'as 18 ans à ce moment-là ?
- Speaker #0
J'ai 19-20 ans, ouais.
- Speaker #1
Ok. Et à quel moment tu commences à découvrir tes premières limites ? Au début, tu me disais, je faisais des 3, je faisais des bacs lorsque j'étais sur le parc. Mais sans avoir de référence, t'avais pas de coach avant. À partir de quand t'as commencé à dire, ah putain... Là, il y a mes points forts, là, il y a mes points faibles.
- Speaker #0
En fait, quand tu commences à faire de la compétition, surtout au niveau international, tu te rends compte où est le niveau international. Et là, des fois, tu prends une claque et tu te dis « Ah ouais, je suis quand même bien en dessous. » Mais au moins, tu vois dans la direction dans laquelle il faut évoluer. Et après, en fait, toute ma vie, ma force était que j'étais complet et que je savais à peu près tourner dans tous les sens. Mais d'un autre côté, je n'avais pas vraiment de force parce que ma force et ma faiblesse, c'est d'être complet. Et quand tu es complet, en fait, tu n'es pas spécialement fort dans un domaine. Tu es très bon dans tous les domaines, mais pas excellent dans un domaine en particulier. Et du coup, moi, je n'excellais pas, par exemple, en big air sur un spin backside, etc. Je n'excellais pas particulièrement, mais j'étais plutôt polyvalent. J'arrivais à tourner dans tous les sens. Donc, c'était ça, ma force. Et c'est clair que... À un certain niveau, tu te rends compte qu'il y a un plafond de verre et il faut augmenter les tours, etc. Et nous, en France, c'était compliqué parce qu'il n'y avait pas de structure d'entraînement qui suivait. Au niveau des infrastructures, d'abord. Après, il n'y avait pas tous les airbags. Et quand tu es en concurrence avec les Américains, les Canadiens, où ils ont des moyens pour s'entraîner, c'est sûr que le gap, il grandit au fur et à mesure.
- Speaker #1
Donc, du coup, là, tu préparais les JO de Sochi. Tu as les trois disciplines. Big Air Slope et Half Pipe ?
- Speaker #0
Half Pipe, j'ai arrêté parce qu'il n'y avait plus du tout de pipe en France. Et donc de là, j'ai commencé à me spécialiser Big Air Slope. Parce que c'était le truc le plus naturel en France, comme il y avait quand même des snowparks, des infrastructures. Et c'était la discipline forte, entre guillemets, parce que le pipe, je n'en ai pas fait assez. Il n'y avait pas assez d'infrastructures pour que je sois au niveau olympique. Et donc l'objectif, c'était de faire les JO en slopestyle. Big Air, ça n'existait pas encore. C'est arrivé plus tard en 2018. Donc l'objectif, c'était slopestyle.
- Speaker #1
C'est là que tu as connu Marion ou pas du tout ?
- Speaker #0
Marion, je l'ai connue. Elle essayait aussi. Et après, pareil, elle n'a pas réussi comme nous. Mais elle s'est arrêtée, je crois, un peu plus tôt. Je ne sais pas si elle a eu des blessures ou quoi que ce soit. Mais elle faisait partie de cette structure d'entraînement. pour se qualifier au JO.
- Speaker #1
A été basée où cette structure ?
- Speaker #0
Il n'y avait pas de lieu. On se déplaçait là où on avait les meilleures conditions d'entraînement, les meilleurs snowparks. Je me souviens, une fois, Tini nous avait fait une bosse, on allait là-bas. Après, on allait s'entraîner à Brick and Ridge. On suivait le circuit de compétition et on en profitait pour s'entraîner. là où il y avait les meilleurs snow parks.
- Speaker #1
Et du coup, pour financer tout ça, ce qui vous a aidé, c'est la Folie Douce.
- Speaker #0
Ouais, les parents de César, je ne sais pas comment ça se passait exactement, mais c'est grâce à eux, je pense, que le coach était financé. Après, je n'avais pas tous les détails financiers, mais nous, on n'a pas énormément payé de notre poche par rapport à ce qu'eux, ils mettaient. Mais pareil, je n'ai pas eu les détails sur ça, mais c'est sûr que si la structure s'est créée, c'est grâce aux parents de César et du soutien de la Folie Douce.
- Speaker #1
Et là, tu faisais ça avec pourquoi ? Pourquoi à ce moment-là ? Il y a plein de raisons, j'imagine, mais la raison principale, c'était pour la gagne. Comme tu disais, depuis petit, c'est ce que tu kiffes, tu veux toujours gagner, Ou il y avait un truc qui a pris le dessus après derrière, style, je te donne des idées, comme être avec les potes ou le kiff de voir plein de stations. C'était quoi le truc qui te motivait de ouf ?
- Speaker #0
Là, c'était juste l'objectif d'aller aux Jeux Olympiques. On avait un objectif, on mettait tout en place pour aller dans la même direction. Mais je ne sais pas si tu perds... cet instinct de gagne au fil du temps. Mais quand tu prends des branlés tous les week-ends, c'est plus difficile. Et quand tu te rends compte que c'est dur de rivaliser parce que tu ne peux pas mettre tout en place pour être à leur niveau, tu as plus facilité à accepter de ne pas gagner. Mais là, l'objectif, c'était de se qualifier pour les JO. Que ce soit Marion, César ou moi, on mettait tout en œuvre pour y aller. OK.
- Speaker #1
Donc toi, quand tu prends trop de branlés à la suite, tu te dis, je ne suis plus motivé, je fais autre chose.
- Speaker #0
C'est pas que... En fait... Mais t'as raison. C'est juste qu'en fait, après, le défi, il est plus personnel. Tu te mets plus en compétition avec les autres parce que tu sais qu'ils ont des moyens beaucoup plus importants pour rivaliser. Mais moi, j'avais toujours cet esprit de compétiteur et je voulais faire le meilleur de moi-même. C'était la compétition avec moi-même. Et après, en s'entraînant, on devenait quand même hyper compétitif. Et là... J'avais re la flamme en moi, me stimuler, parce que je pensais vraiment avoir mes chances de me qualifier. J'avais quand même certaines figures qui me permettaient d'être compétitif. Donc, let's go.
- Speaker #1
C'est suite à tes talks que tu as réussi à switcher en mode, je ne fais plus la compète qu'avec les autres, mais je fais la compète d'abord avec moi.
- Speaker #0
Je ne sais pas comment ça s'est fait. Je sais que j'ai toujours été compétitif. Franchement, je n'ai pas de réponse. Je n'ai pas de flash.
- Speaker #1
Tu n'as pas un moment où tu te dis que c'est le déclic. Là, maintenant, j'y suis.
- Speaker #0
Non, j'ai toujours fait mon truc. Mais dans les circuits régionaux, c'est sûr que tu vas tout le temps être premier, deuxième, etc. Mais après, il y a tellement de concurrence que des fois, même une dixième place, c'est une victoire au niveau. Ça dépend de ton niveau, etc. Donc, tu ne mets pas le curseur au même endroit et le résultat, ce n'est pas une fin en soi. Et ce qui me fait en soi, c'est est-ce que toi, tu as été à ton max de ton niveau ? Est-ce que tu as délivré une performance la meilleure pour toi ? Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
Donc si tu as fait premier à une compétition, mais que tu sais que tu as fait de la merde et que tu n'as pas arrêté à ton niveau, tu es deg. Alors que si jamais tu fais dixième et que tu sais que tu as arrêté à ton prime, là par contre, tu es refait.
- Speaker #0
Ouais, je pense qu'après, quand tu es premier, tu es toujours content. Mais quand tu es dixième, la pilule est plus facile à avaler parce que tu sais que tu as donné le meilleur de toi-même. Je sais que maintenant, moi, ce qui m'importe, c'est plus la qualité de mes runs et si je suis proche ou pas de mon potentiel. Et ça, ça a plus d'importance, parce que le niveau international, c'est tellement élevé que des fois, tu peux être à ton top niveau. Et si ça se trouve, tu vas être cinquième ou quoi. Mais est-ce que c'est un échec en soi ? Je ne suis pas sûr.
- Speaker #1
Tu mets où d'ailleurs le curseur de échec ou réussite ? Pas vite dans ça.
- Speaker #0
Le curseur, en gros, moi, je sais très bien. si je n'étais pas à mon niveau ou si je l'étais. Et après, il peut y avoir plusieurs échecs dans l'échec. Est-ce qu'une chute, c'est un échec ? Est-ce que ton état d'esprit dans lequel tu étais, si tu as pris du plaisir, mais le résultat n'est pas là, est-ce que c'est un échec ? Il y a différentes dimensions aussi. Mais du coup...
- Speaker #1
juste de dire parce que tu es tombé ou parce que tu as fait une mauvaise place c'est un échec c'est un peu enfin tu vois vulgariser le truc et c'est pas fort carrément c'est justement pour ça que je te pose la question il y en a plein qui disent qui se comparent on va dire juste au résultat en mode j'ai fait telle place c'était une réussite j'ai fait telle place c'était un échec moi j'aime bien nuancer tu vois et rajouter des sortes de critères de réussite c'est quoi les tiens tes critères de réussite pour te dire ok peut-être que là j'ai pas fait le résultat que je voulais mais par contre il y a ça ça ça qui est rempli et du coup je vois que sur ma progression globale j'avance non
- Speaker #0
mais au final Moi, j'avance de plus en plus dans cette direction en essayant d'analyser tout et voir si tout était un échec ou au contraire s'il y a des axes d'amélioration. Mais globalement, je considère que c'est une réussite quand... J'ai eu l'impression d'avoir été proche de mon potentiel.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Et après, il y a d'autres aspects. Si tu étais bien le jour de la compète, si tu avais vécu l'enfer. Avant, j'allais en compète, je ne dormais pas. C'était un supplice. Alors que maintenant, il y a beaucoup plus la notion de plaisir autour. Et ça, déjà, c'est une réussite. Même si je gagnais les compétitions, tu vois, il y a plein d'axes d'amélioration. Mais c'est clair qu'en évoluant, je trouve que... Je me détache vachement du résultat, même si au final, c'est ce qui est très important pour nous. Mais je le vois plus comme ça maintenant.
- Speaker #1
Quand tu dis que tu te détaches du résultat, c'est qu'en fait, tu te mets... C'est une question et une reformulation à la fois. C'est que tu te mets moins la pression du résultat. Et donc, paradoxalement, comme tu as moins la pression du résultat, tu es plus dans le game et prêt à tout donner.
- Speaker #0
Oui, c'est une façon de voir les choses. Mais c'est aussi de dire que si ça se trouve, je vais faire cinquième. Et ce n'est pas forcément un échec, parce que ce jour-là, j'ai fait ce que je voulais faire, et j'étais au max de mon potentiel, et du coup, est-ce qu'une cinquième place, c'est un échec ? Pas forcément, alors qu'à contrario, des fois, une cinquième place, tu étais largement en dessous de ton potentiel, et en fait, tu es cinquième, parce qu'ils sont tous tombés, etc. Et là, oui, ce n'est pas une réussite, tu vois ce que je veux dire ? Mais donc, ce n'est pas la place, mais après, ça rejoint aussi ce que tu dis, des fois, ça te détache de cette pression, de l'événement, etc. mais... c'est une réalité aussi.
- Speaker #1
Je voulais rebondir sur ce que tu disais tout à l'heure, tu me parlais du feeling, savoir si tu avais rideé à ton plein potentiel ou pas, et je m'interroge là-dessus, peut-être que tu auras une réponse à donner avec ton parcours et ton expérience, c'est qu'il y a des personnes que j'accompagne qui parfois n'ont pas de feeling, mais font un bête de résultat, donc ils finissent en bas d'une manche, ils disent « putain j'ai fait de la merde » , et il y a tout qui montre qu'en fait ils n'ont pas fait de la merde, ils raidaient comme il fallait mais ils n'avaient pas la sensation, et d'autres fois où ils sont en mode « putain mais là j'ai pété le spot, c'était trop bien » , et derrière finalement bah t'as pas si bien ride que ça. Comment tu fais la différence entre ça et ça ? Qu'est-ce que tu écoutes le plus ?
- Speaker #0
En fait, nous, c'est particulier parce que c'est qu'une descente, etc. Mais dans la descente, soit tu peux avoir des mauvaises sensations, mais aussi parce que la neige n'est pas très bonne, etc. Et au final, globalement, comparé aux autres, ce n'était pas une si mauvaise descente. Mais c'est clair qu'il faut décorréler cette... Parce que des fois, tu peux avoir des super sensations. et pas être dans le vrai en termes d'engagement, etc. Et du coup, être loin au classement. Et à contrario, des fois, être à la limite, physiquement, c'est dur, ça tape dans tous les sens, te sentir complètement à l'arrache. Et au final, en termes de niveau d'engagement, tu étais dans le vrai. Et du coup, le résultat est mieux que les sensations que tu avais. Mais c'est clair qu'il y a un distinguo à faire entre tout ça.
- Speaker #1
Toi, tu as l'impression de rider à ton prime. Quand tu es plus en mode, il faut que je cours après les points, en mode là, j'ai fait un run qui était moyen et il faut vraiment tout que j'envoie et ça, ça te stimule. Ou au contraire, c'est en mode, tu es plutôt sécure et tu la joues en mode, si je me sens bien, c'est cool.
- Speaker #0
Moi, je ne pense pas du tout à ça. Je pense juste, dans le freeride, tu choisis une ligne et moi, je pense juste à la faire, mais de manière libérée. Moi, quand je ride à mon plein potentiel, c'est... comme quand je ride à l'entraînement, quand je suis libéré. Donc si je pense au point, au résultat, au machin, ça va me crisper, donc je suis sûr de ne pas performer. Donc moi, rider à mon prime, c'est juste rider comme je fais tous les jours et c'est un état d'esprit que j'essaie d'avoir à chaque compétition. Et du coup, je ne vais pas penser du tout au point ou à quoi que ce soit. Je vais juste penser à ce que j'ai à faire et à essayer de me faire plaisir parce qu'en se faisant plaisir, généralement, ça marche bien.
- Speaker #1
comment tu cultives ce mindset toi ?
- Speaker #0
t'en parles avec des mots américains j'ai envie de me tarter là mindset t'es dans le futur t'es à l'international toi aussi comment tu cultives cet état d'esprit ? c'est pas facile c'est loin d'être facile et moi j'ai fait un pas un travail mental mais personnellement j'ai beaucoup travaillé j'ai compris de mes expériences qui n'allaient pas et j'ai surtout compris que fin Quand je ne prends pas plaisir, ça ne marche pas. Je suis crispé et je ride sur la défensive. Donc, j'essaie de faire le vide et de penser juste que c'est du snowboard au final. Vraiment revenir aux choses simples, que tout ce que tu fais, c'est futile et qu'il faut juste en profiter. Au final, ça ne va pas changer ma vie. Mais c'est clair qu'avant, je me mettais beaucoup la pression au regard des autres, au point, au sponsor, mais à penser tout ça en fait. tu t'éloignes de ta mission et de ce que tu dois faire ça fonctionne pas moi pour cultiver le mindset comme tu dis, c'est juste me libérer l'esprit évacuer toutes ces énergies négatives et me concentrer sur l'essentiel que je vais juste faire du snowboard, c'est ce que je fais le mieux et voilà, relativiser Il faut relativiser parce que quel que soit le degré d'importance, c'est assez futile ce que tu fais et que si t'en profites pas, c'est dommage.
- Speaker #1
En fait, tu te concentres vraiment sur ce qui dépend de toi plutôt que de te concentrer sur ce qui dépend pas de toi. Tu me dis les sphères de sortes.
- Speaker #0
Oui, au début, tu te focalises. La neige, ça va être de la merde. Peut-être que la météo, ça va pas être bien. Peut-être que les juges, ils vont pas apprécier ça. Tout ça, c'est ce que tu dis, c'est des choses qui ne dépendent pas de toi. Donc moi, la seule chose que j'ai à faire, c'est choisir la ligne qui me correspond le plus, la rider du mieux possible, et après on verra. Et après, c'est sûr que oui, la neige, ça se trouve d'un versant de la face, elle sera meilleure que de l'autre. Donc ça, c'est à toi de faire tes choix, de dire, si je veux performer, il vaut mieux que j'aille là où la neige est meilleure. Mais ça, c'est des choix du freerider. Mais après, oui, tous les aléas, il faut... Il faut que ça te glisse dessus.
- Speaker #1
Toi, tu adaptes ta ligne en fonction de ce que les mecs ont fait avant ? Attends, déjà, il y a 15 000 questions. La première, c'est, tu as combien de lignes en tête le jour du départ ?
- Speaker #0
Moi, globalement, je n'ai pas beaucoup de lignes, mais après, je garde des options au cas où, par exemple, il y a des avalanches. Genre, ma première compétition au Freeride World Tour, il y a toujours des ouvreurs pour te donner des indications sur la qualité de la neige. Et un des ouvreurs, il a fait partir une énorme plaque. qui a anéanti ma ligne. Et donc, en cinq minutes, j'ai dû retrouver une autre ligne. Enfin, on pensait que c'était annulé, mais en fait, pas du tout. Et depuis ce jour-là, tu prévois d'autres options au cas où il y a le scénario catastrophe. Même, ça se trouve, il y a un rider, il déclenche une plaque ou des fois, il ferme une zone pendant la compétition. Donc, en fait, si tu ne te prévois pas un peu d'options, tu peux louper ta compète. Mais globalement, moi, je suis concentré sur une ou deux lignes. Tu connais la phase par cœur et après, il y a plus... il y a des variantes dans la ligne. Mais c'est tellement compliqué de mémoriser. Tu ne peux pas être performant si tu as 5-6 lignes. Pour être vraiment performant sur une ligne, il faut vraiment la connaître par cœur. Et donc, moi, je me focalise sur une ou deux, avec des options au cas où il y a des scénarios catastrophes. Mais c'est clair que le freerider, il doit être flexible. Mais à trop avoir d'informations, tu dérives.
- Speaker #1
Tu t'es déjà fait avoir une fois en mode... pour justement avoir plus d'options par la suite ?
- Speaker #0
Oui, je me suis fait avoir, comme je le disais, à Baquera. Après cette expérience, j'essaye d'avoir d'autres options pour ne pas refoirer ma compète. J'essaye même dans mon run, quand je vois un passage délicat, par exemple, est-ce que je vais réussir à rejoindre ce saut après cette réception ? J'essaye d'avoir des options. Si je ne rejoins pas ça, j'ai ça. Parce que si tu ne te crées pas cette option, tu arrives dans ton run et en fait, c'est mort. Ça, ça m'est arrivé au Canada où j'étais focus sur un truc. Si je ne fais pas ça, c'est mort. Et du coup, je me suis forcé à le faire alors qu'il ne fallait pas le faire. Alors que la démarche, ça aurait été juste de dire « Ok, ça se trouve, ce truc, ça ne fait pas. Si ça ne fait pas, qu'est-ce que tu fais après ? » Donc en fait, ça me crée du confort mental de me donner des options et dans les pires des scénarios, comme ça. Je ne suis pas face à l'inconnu et je sais qu'il y a une porte de secours et ça t'allège l'esprit aussi de savoir que, quel que soit le scénario, tu peux t'en sortir.
- Speaker #1
Oui, carrément. C'est trop cool ce que tu dis. C'est vrai que le cerveau, il a trop peur de l'inconnu, c'est un des pires trucs pour lui.
- Speaker #0
Le free ride, c'est que de l'inconnu. Tu ne connais pas la face, tu ne connais pas la neige, donc il faut te préparer à cet inconnu en te donnant des certitudes.
- Speaker #1
Trop bien ça ! Du coup, tu as switché ton rapport à l'inconnu et à ce que tu ne sais pas, en étant un petit peu plus flexible, en mode, c'est quoi sur quoi tu te concentres ? Tu te dis par exemple, j'ai déjà vécu ça, ou je suis capable ? Tu as des trucs comme ça qui te reviennent en tête pour te rassurer quand il y a un truc qui change de tes plans ?
- Speaker #0
En fait, moi je me... Je me focalise sur mes points clés. Et après, c'est un sport d'instinct, de feeling. Donc, je ne me perturbe pas trop l'esprit à... Comment dire ? Je ne me perturbe pas l'esprit à... Là, il faut que je tourne exactement à 75 degrés. En gros, c'est juste que j'ai mon point de repère là et que je vais faire cette figure. Et après, dans mes choix de lignes, bien sûr que je me sens capable, par exemple, de faire ce 3-6. Si j'ai choisi de le faire, c'est que je m'en sens capable. et la confiance en soi c'est hyper important surtout dans nos sports sinon tu rides toujours en dessous de ton potentiel parce qu'en fait c'est un truc que t'as jamais descendu, que t'as jamais essayé mais si tu t'en sens pas capable dès le début, souvent tu te rends compte que t'es 60% de ton potentiel au début quand j'ai commencé le freeride tout me paraissait être une prise de risque, genre sauter un Un caillou de 4 mètres, en fait, il y a une prise de risque, etc. Et donc, je faisais des runs très assurés. Et du coup, j'étais tout le temps 3e, 2e, 4e, 5e, mais jamais premier parce que je n'arrivais pas à me libérer, à me dire, en fait, mon niveau, moi, c'est juste ce caillou de 4 mètres. Est-ce que c'est vraiment une prise de risque, ce truc ? Je le saute 10 fois, je vais le replaquer 9 fois. Donc non, ce n'est pas vraiment une prise de risque. Après, c'est la discipline qui fait que si tu tombes, il faut aussi l'accepter, tu vois.
- Speaker #1
Comment tu jauges ton vrai niveau ? C'est pas évident ça.
- Speaker #0
Bah, je fais un... Bon, je suis assez objectif sur mon vrai niveau, je sais ce que je fais à l'entraînement. Non mais c'est vrai, je sais ce que je fais à l'entraînement, du coup je sais de quoi je suis capable, entre guillemets, si genre je saute un caillou de 5 mètres à l'entraînement en 3-6, je vois un caillou de 5 mètres en compétition, il n'y a pas de raison pour que je n'y arrive pas. Mais par contre, si je vois le caillou de 10 mètres, Là, je sais que je peux le sauter, mais est-ce que je vais le replaquer ? C'est une autre histoire. Donc, je trouve que c'est pour ça que j'essaye de mettre le curseur à fond à l'entraînement pour qu'en compétition, il n'y ait pas un trop gros gap. Et après, objectivement, il n'y a personne mieux que moi qui me connaît. Donc, je sais ce dont je suis capable et surtout en fonction des conditions. Oui, carrément.
- Speaker #1
Je veux demander à quel point tu te limitais ou pas dans le sens où, comme tu te dis, j'ai fait ça à l'entraînement, en mode par exemple. l'exemple de la barre de 4 mètres, est-ce que c'est ton vrai niveau la barre de 4 mètres ou est-ce qu'à l'entraînement, tu t'es un petit peu sous-estimé et en fait, ton vrai niveau, entre guillemets, ce serait là où tu es confortable, c'est les barres de finalement 5 mètres ou 6 mètres ? À quel moment tu crois que tu te limites ou tu te rassures ? Je n'ai pas la réponse à ça.
- Speaker #0
Oui, en fait, moi, c'est assez simple. Si le spot me séduit, si je juge que la pente est assez raide, si je juge qu'il y a assez de poudreuse, Après, c'est un feeling. Si tu le sens, il faut y aller. Et si tu ne le sens pas, il ne faut pas y aller à reculons. Donc ça, tout le monde a ce feeling s'il sent sa ligne ou s'il ne sent pas sa ligne. Et moi, je dis toujours qu'il vaut mieux rider une ligne sur le papier qui est moins forte, mais la rider bien, que rider un truc trop engagé que tu vas mal rider, que tu vas rider à reculons. Ça m'est arrivé l'année dernière. Je ne me sentais pas de faire certaines lignes. qui, je pense, étaient des lignes gagnantes, mais je ne me sentais pas de les faire, donc j'ai préféré faire une variante un peu moins engagée, mais tu vois, j'étais content de bien la rider, et je pense que c'est une erreur de faire un truc trop engagé, où tu vas y aller avec beaucoup d'appréhension, etc., mais la taille des clips, globalement, tu sais ce dont tu es capable, et surtout en fonction des conditions, et ben oui, s'il y a une caillou de 5 mètres, mais c'est complètement plat, ben oui, je sais que je vais exploser à la réception. Mais à contrario, s'il y a un caillou de 9 mètres, que la récepte, c'est hyper raide, en soi, je me dis que j'en suis capable. Donc ça, ça dépend aussi de ton regard, de tes expériences. Je pense que chaque rider, au niveau World Tour, il sait ce qu'il est capable de faire ou pas.
- Speaker #1
Donc ce que tu dis, c'est que tu jauges en fonction de ta confiance, donc tout ce que tu crois que tu sais faire à l'entraînement, et ton niveau d'appréhension sur le moment. Tu fais un medley entre les deux et tu dis ça match ou ça match pas.
- Speaker #0
Ouais, c'est un peu ça, ouais. Mais c'est aussi ce qui est dur dans nos disciplines, c'est que des fois, comme on est en compète, on est bloqué plusieurs jours avant la compète par la météo, etc. et on ne ride pas forcément. Et du coup, des fois, tu perds cette confiance juste parce que tu n'as pas ridé ou tu n'as pas fait cette figure récemment alors que tu sais très bien la faire. Et ça aussi, c'est dur dans nos sports. Tu vois, les journées d'entraînement où il y a de la poudreuse et tout, au final, c'est plus rare que les journées moyennes. Mais si le jour de la compétition, les conditions c'est prime, il faut être capable de se mettre dans ce mode d'entraînement prime, même si ça fait 15 jours que tu n'as pas fait un entraînement prime, tu vois ce que je veux dire ? Ça aussi, c'est dur. Se faire confiance sur ses figures, etc. Il faut relativiser ça.
- Speaker #1
Maintenant, tu t'entoures de personnes différentes. Cette année, c'est Victor Gallucho qui te coache ?
- Speaker #0
Ça fait deux ans que je suis à la Frisky des Bellevilles. C'est une structure d'entraînement de freeride qui nous accompagne sur les compétitions. Les coachs, c'est Kevin Gury et Victor Gallucho. Du coup, ils switchent. selon les compétitions, c'est soit l'un soit l'autre, et donc ils nous accompagnent et eux aussi, ils sont vachement conscients de notre niveau parce qu'on fait les entraînements avec eux, donc on compète, quand on leur dit notre ligne direct, ils vont savoir si on est dans le vrai ou si on est au-dessus de notre niveau, mais globalement ils font des ajustements, ils sont là pour te te rassurer, etc mais notre niveau je trouve qu'on est plus ou moins à chaque fois dans le juste, et si t'es en dessous de ton niveau Quand tu présentes ta ligne, tu le sais, tu vois.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Donc, pour moi, ouais, je me rends compte si ça va être une ligne de gagne ou si ça ne va pas être une ligne de gagne. Mais si ce n'est pas une ligne de gagne, moi, j'accepte de me dire que je vais quand même la rider parce que la ligne de gagne, je ne la sens pas. Ok. Tu vois, par exemple, l'année dernière, j'ai fait quatrième à l'extrême de Verbier et j'avais une ligne hyper engagée où, genre, si mon premier saut, il ne se passait pas bien. je pouvais carrément mourir et je n'étais pas prêt à prendre ce risque-là parce que je ne me sentais pas. Et donc, j'ai fait une ligne intermédiaire que j'ai bien ridé. Mais du coup, j'ai fait 4e et je n'étais pas déçu parce que j'ai suivi le plan, j'ai suivi ce que je voulais faire. Et donc, il n'y a pas forcément de déception après coup. Et il y a quelqu'un au final qui a fait la ligne que je voulais faire. Et je n'avais pas d'amertume ou quoi que ce soit parce que lui, il l'a senti. Mais moi, sur le moment, je n'étais pas prêt à prendre ce risque où je ne le sentais pas ou où il y avait trop d'incertitude. J'avais l'impression que c'était all-in et je n'étais pas prêt à jouer ça. Et en fait, si tu es en accord avec ton esprit, quel que soit le résultat, je trouve que ça passera toujours bien. Même si tu tombes, mais que tu tombes parce que tu vas faire un double back ou une grosse prise de risque, tu sais que tu peux tomber, mais que toi, ton objectif ce jour-là, c'était de gagner. Et peu importe si elle a chuté, tu peux aussi bien l'accepter. Ce qui compte pour moi, c'est d'être en accord. Avec ton état d'esprit du moment. Et après, des fois, tu fais de la merde comme ça. Et c'est chiant, mais c'est le sport aussi. Oui,
- Speaker #1
carrément. C'est hyper intéressant ce que tu partages à propos des risques et de ce que tu es prêt à prendre ou pas. Et d'ailleurs, je me pose la question. L'an passé, tu as fait trois compètes, il me semble, où d'affilée, tu as chuté. Comment tu abordes les compètes d'après quand toi qui kiffes la gagne et qui es hyper exigeant ? Tu tombes sur trois compétitions d'affilée, est-ce que tu es en mode ultra vénère et du coup tu changes carrément ta ride ? Ou est-ce que tu mets tes index avec tes pouces comme ça et tu médites et tu dis tout va bien se passer ?
- Speaker #0
Non mais c'est ça qui est compliqué avec le freeride, c'est que d'une compétition à l'autre tout est remis à zéro. Et donc même si tu as eu des choses positives la compétition d'avant, mais en fait ça repart de zéro. Donc moi j'avais fait un super début de saison, donc j'avais une grosse confiance. Au Canada j'ai... Donc, j'ai fait un run pour gagner et je suis tombé. Et donc, je l'ai assez bien vécu parce qu'au final, je suis tombé. Mais c'est aussi par rapport au relief. J'ai pris une boule de glace, etc. Donc, ça, c'était la première chute. La deuxième chute, j'ai eu plus de difficultés parce que j'ai eu l'impression que c'était de mon fait. Tu vois, j'ai loupé mon backflip et du coup, là, je m'en suis voulu parce que j'étais là. Normalement, tu ne dois pas le louper, etc. Et au final... t'enchaînes, tu vois, l'autre chute, c'était en Autriche, mais je ne me suis pas posé la question, j'ai toujours fait le run, comme si je devais le gagner, tu vois ce que je veux dire ? Moi, mon mindset, à cette époque-là, c'était j'allais faire un run potentiellement gagnant, donc je ne vais pas me reposer la question, je suis tombé avant, tu te sers de ces expériences, tu vois ce que je veux dire ? Mais si parce que tu es tombé avant, tu vas faire un run à 50%, mais au final, tu vas faire quoi ? Huitième, si tout le monde replaque, c'est pas... Il faut accepter que la chute, elle fait partie de notre sport. Et du coup, la compétition d'après, aller avec les bonnes intentions pour performer. Et donc, en Autriche, elle était compliquée avec les conditions, etc. Cette compétition. Mais j'ai été pour gagner. Au final, je suis tombé sur le dernier saut. Et voilà, j'ai rechuté. Et là, oui, c'est dur quand tu chutes trois fois de suite. Mais d'un autre côté, chacun des runs... ils étaient là pour gagner. C'était en accord avec ce que je voulais faire. Oui, c'est une déception parce que tu chutes. Et c'est dur parce qu'il y a trois chutes de suite, mais ça fait aussi partie du jeu. Et au final, j'ai chuté parce que je suis à ma limite et parce que je vise aussi le sommet. Et du coup, c'est OK. C'est décevant, mais du coup, c'est aussi OK.
- Speaker #1
Oui, carrément. Du coup, tu étais aligné avec ton mindset, comme on disait tout à l'heure. Exactement. Du coup, tout va bien. Oui, trop bien. Niveau stratégie, toi, sur le tour, est-ce que ta stratégie a changé en fonction des années ?
- Speaker #0
En fait, avec cette histoire de cut en milieu de saison, il y a un peu de stratégie parce qu'il faut quand même rester sur les pieds pour être là la saison d'après. Mais globalement, il peut y avoir de la stratégie. Là, tu vois, on arrive dans les compétitions les dernières avant le cut. Donc, par exemple, si tu es dernier dossard et que tu vois que la compète, c'est un fiasco, tout le monde tombe. Là, tu peux être stratège en te disant, je vais faire ma ligne, mais peut-être que le backflip, il n'est pas nécessaire. Parce que tu vas faire troisième, quatrième. Mais après, c'est en fonction de ce que tu veux. Parce que si ton but, c'est d'être champion du monde, est-ce que ça te convient d'assurer et d'être quatrième ? Non, parce que toi, ton but, c'est d'être champion du monde. Ce que je veux dire, on en reparle, mais c'est être aligné avec ce que tu veux et du coup, ce que tu fais pour...
- Speaker #1
Donc, si tu es aligné avec ce que tu veux, donc être champion du monde, tu es OK de prendre les risques et tomber aussi, ne pas l'être pendant quelques saisons. Et après, pour l'être derrière, c'est comme si c'était deux phases d'une même pièce. Oui,
- Speaker #0
il y en a plein. Leur objectif en début de saison, c'est de passer le cut. Donc, forcément, la stratégie et les runs vont être différents. que si tu veux être champion du monde. Après, c'est clair que du coup, le mec qui veut être champion du monde, il va être all-in sur toutes les étapes et ça se trouve, il ne va pas passer le cut. Mais s'il est aligné avec lui, pour moi, c'est OK. Mais c'est sûr qu'il y a un peu de stratégie en fonction de la neige, tout ça. Il ne faut pas tomber. Tu vois, à Baquera, les conditions, c'était compliqué en début de saison. J'ai fait un run globalement où je me disais que j'allais replaquer. Et même si ce n'était pas un run de gagne, au final, tu vois, j'ai fait 3-4ème et c'était ce que je voulais en début de saison. Donc, ouais, je pense que ça, c'est hyper important pour tous les riders. Et là, cette année, tu vois, Gauguin, c'est compliqué pour lui cette année. Il n'a pas encore fait de podium, etc. Mais tu sens que chaque run, c'est parce qu'il va chercher la gagne et donc il fait des erreurs d'engagement, tout ça. Enfin, ça doit être dur pour lui, mais je pense qu'au fond, il est aligné avec son mindset qu'il veut gagner, tu vois ce que je veux dire ? Donc oui, il y a de la stratégie, mais à être trop stratège, tu t'éloignes de l'essentiel, tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
Oui, carrément.
- Speaker #0
Je t'ai coupé la chic.
- Speaker #1
C'est très bien comme ça. Non, mais si j'avais toujours des questions à te poser direct, ça veut dire que je ne t'écouterais pas vraiment en direct, donc c'est bon signe aussi. Je voulais revenir sur une question sur la confiance, mais on en a déjà parlé pas mal je trouve. Est-ce que toi, pour trouver la bonne confiance, t'as déjà aussi vu les extrêmes en mode pas du tout assez confiance, ou au contraire genre la surconfiance qui fait que derrière ça se passe pas comme tu veux ?
- Speaker #0
Ouais, ouais, cet équilibre il est dur à trouver. Comme je te disais au début quand j'ai commencé le freeride, enfin quand je regardais mes runs... J'avais vraiment l'impression d'être à 50% de mon potentiel, mais parce que ce que je m'imaginais dans la face, que tout était risqué, et donc je ne regardais pas mon potentiel, donc ça a mis du temps d'apprivoiser. Les gens ne se rendent pas compte, mais c'est particulier de descendre une montagne que tu n'as vu que depuis en bas, et d'en haut, déjà, tes repères sont altérés, ce n'est pas les mêmes, et tu n'as qu'une chance, tu fais 15 spots, tu vas faire une figure sur quelque chose que tu n'as pas essayé, ou tu ne te rends pas compte. vraiment des hauteurs, c'est compliqué donc c'est des choses à apprivoiser mais oui au début je ride en dessous de mon potentiel et quand tu chutes normalement c'est soit que t'as fait une erreur de ligne ou que t'étais à ta limite mais ça tu peux jamais le savoir mais pour moi oui le risque il est plus de rider en dessous de son potentiel que au dessus comment
- Speaker #1
tu fais quand tu vois un risque dans ta tête, par exemple on va prendre un exemple, une barre je dis totalement au hasard vraiment une pierre derrière par exemple tu devrais par exemple faire un bac tu devrais surtout pas rater derrière dessus ça t'est jamais arrivé ça ?
- Speaker #0
non mais si c'était à la dernière mais normalement ça m'arrive pas comment tu comment tu traites ce risque en gros ?
- Speaker #1
à quel moment tu te dis risque j'y vais pas et risque ok il y a risque mais j'y vais quand même est-ce que t'adaptes ? oui bien sûr évidemment j'imagine que t'adaptes en fonction du risque mais comment dans ta tête tu te dis je prends ce risque là ou je le laisse et c'est trop risqué ?
- Speaker #0
bah là dans ce que tu dis il n'y a pas forcément de risque si tu as le bon axe. Donc après, la question, c'est comment je fais pour avoir le bon axe ? Est-ce que j'ai des repères visuels pour avoir le bon axe ? Après, est-ce que le risque, c'est plus lié au backflip ? Est-ce qu'il est dur ? Est-ce qu'il y a un pop, etc. ? Tu vois ce que je veux dire ? Donc, moi, je vais juste... Donc, analyser si, par exemple, je peux avoir le bon axe, si c'est facile d'éviter cette pierre ou si c'est trop difficile. Si c'est jouable, ok. Et du coup, la deuxième version de la question, c'est est-ce que je suis capable de faire ce bac ? En fait, si tu as répondu positivement à ces deux questions, il n'y a pas de souci à ne pas le faire. Là, moi, ce qui s'est passé aux championnats du monde, c'est que j'ai manqué de vigilance parce que j'étais sûr d'avoir mes points de repère. Donc, d'éviter les cailloux. Et déjà, pour moi, je pensais que c'était impossible de se mettre les cailloux. Donc, je n'avais pas vraiment ce niveau de vigilance assez élevé, je pense. Et j'avais mes points de repère d'en haut. Et donc, quand je suis sorti sur mon bac, j'étais hyper confiant. Mais c'est quand j'ai vu les cailloux que je me suis dit que j'avais loupé mes points de repère. Parce qu'en fait, on a des shots de drone où la vision est vachement en hauteur. Et en fait, la vision de haut, ce n'était pas la même que la vision quand t'arrivais. Donc en fait, il fallait que je passe dans une sorte de col qui était le plus à gauche. Mais du coup, le col était bien dématérialisé et c'est là où j'ai été. Mais ce col, en fait, quand je suis arrivé dessus, c'était pas du tout un col. C'était une bande de neige plate et c'est là où j'aurais dû aller. C'est là où j'ai commis mon erreur, mais j'ai commis mon erreur parce que j'ai manqué de vigilance. Pas parce que c'était risqué ou quoi que ce soit.
- Speaker #1
Est-ce que ça va changer un petit peu ta manière de, pas de rider, mais d'analyser sur les prochaines compétitions ? Ou c'est un petit peu le truc ? que tu ne maîtrises pas, c'est un peu la malchance ? Non,
- Speaker #0
à ce niveau-là, normalement, ça ne doit pas arriver parce que ça peut remettre mon intégrité physique en jeu, mais ce qui va changer, c'est que je vais être plus vigilant même sur un truc qui me paraît évident parce que des fois, au final, avec ces shots de drone, tout ça, ta perception, elle peut être un peu altérée et je ne reflerai plus cette erreur, j'espère, mais après, oui, ça reste le freeride, mais on calcule tellement tout. pour que ça se passe bien, qu'on diminue vachement les risques. Mais c'est vrai que les gens ne font pas la différence entre le risque et les conséquences. Alors nous, les risques qu'on prend quand on descend une pente de freeride, c'est la même chose qu'une personne qui vit en vacances deux semaines va faire en descendant une piste rouge. Par contre, la conséquence, ce n'est pas la même chose. Parce que la personne, elle va chuter sur la piste rouge, elle va se casser un bras, elle va se casser une jambe. Mais nous, les conséquences, si on se foire, c'est que ça peut carrément être notre vie. Donc c'est ça la grosse différence. On ne prend pas spécialement des risques. C'est juste que les conséquences, elles sont hyper importantes.
- Speaker #1
Tu penses-toi un petit peu à la mort quand tu es sur une face ou un petit peu avant ?
- Speaker #0
Non, je ne pense pas du tout. Après, je sais que certaines parties de mon run, elles sont importantes et je n'ai pas vraiment le droit à l'erreur. Là, en fait, en Andorre, Ces cailloux, j'y pensais même pas. Je pensais pas que j'allais ratterrir dessus. Ça s'est écarté de mon esprit. Mais il y a des zones où c'est vraiment technique, où je sais qu'il y a des grosses falaises ou des trucs, enfin, danger de mort. Là, ma vigilance, elle va être au max. En fait, je vais tout faire pour juste me concentrer sur les parties techniques et aller bien à gauche pour pas rejoindre ces falaises. Et c'est ça qui est aussi dur. Ton cerveau, quand il est en situation de stress, de ça, mais... gérer ce truc et se concentrer sur l'essentiel, sur les problèmes les problématiques techniques en fait c'est j'ai appris le parapente il y a 5 ans et mon professeur il disait que je faisais de la viscosité mentale, mais c'est exactement ça c'est quand ton cerveau il fonctionne plus normalement parce que la peur ou le stress prennent le dessus et ça faut juste arriver à le gérer que t'as une information, t'as une falaise à droite, faut pas y aller, faut juste aller à gauche Mais du coup, si dans ta tête, tu as peur de la mort de la falaise, indirectement, ça peut te faire faire le mauvais geste qui t'entraîne vers cette falaise à droite. Donc, il faut juste être rationnel, prendre cette information et juste mettre en place pour aller à gauche.
- Speaker #1
C'est hyper intéressant. Il y en a plein qui le vivent. Ils ont presque peur de la peur. Ils ont peur. Putain, j'ai peur, Et ils se concentrent là-dessus. Alors qu'en fait, la peur, c'est une info. Et là, on voit à quel point toi, tu es hyper bénéfique. Si tu sais que là, tu as une barre de... une falaise de 100 mètres derrière, c'est hyper utile d'avoir peur à ce moment-là. Mais il faut savoir quoi en faire derrière. Comment tu as fait en parapente, du coup, pour sortir de cette viscosité mentale, comme dit ton prof ?
- Speaker #0
Juste pour rebondir sur la peur, pour moi, c'est plus dangereux quand tu ne l'as pas. Parce que la peur, moi, j'ai vécu avec toute ma vie, et c'est juste, comme tu dis, quelque chose qui te signale du danger. Mais moi, la peur, ça me met dans une hyper-vigilance. qui me permet de mieux performer. C'est ça, parce que je l'ai apprivoisé avec le temps, etc. Et là, au contraire, tu vois, en Andorre... J'étais sûr de mes choix et peut-être que je n'avais pas suffisamment la peur qui m'a mis en hyper vigilance et c'est pour ça que j'ai fait cette erreur. Donc tu vois, des fois, être trop confiant et ne pas avoir peur, ça peut être plus dangereux que juste avoir la peur parce que la peur, elle te redonne cette... Enfin moi, personnellement, elle me met en état de hyper vigilance et hyper concentration qui fait que je performe mieux. Et après, pour le parapente, en fait, c'était de l'incertitude. C'était que des choses que je ne connaissais pas. Et du coup, tu... C'est difficile à apprivoiser, mais Manesh, mon prof de parapente, il m'a expliqué et voilà, j'ai accepté. Mais ce qui est dur, c'est que moi, je n'acceptais pas le fait de lui demander ce qui allait se passer en l'air. Il ne me disait rien. Je disais, comment ça, rien ? Parce que là, je vais avoir les commandes et en fait, c'est vrai qu'il ne se passait rien. Mais lui, il a l'habitude. Mais toi, quand tu vas se faire face à l'inconnu, tu ne sais pas trop comment ça va se passer. Le moins de mouvement d'air, mais le fait d'avoir fait du freeride et... J'arrive vachement mieux à gérer la peur que quelqu'un qui n'a jamais fait face à ça au quotidien.
- Speaker #1
Comment tu fais la différence entre une peur réelle, une peur qui pourrait vraiment se passer, et une peur entre guillemets imaginaire ?
- Speaker #0
Je ne sais pas, j'essaie de le rationaliser en fait. C'est juste que la peur, nous, elle est toujours présente. Mais si tu as une falaise de 20 mètres, ben oui, tu as des raisons d'avoir peur. Mais si derrière, il n'y a que de la neige fraîche, en soi, tu as peur parce que tu vas faire ton saut, mais il n'y a pas de raison que la peur soit démesurée.
- Speaker #1
Et quand tu es en hypervigilance, tu te concentres à fond sur ce qui pourrait menacer ta vie, donc tout ce qui pourrait être dangereux, ou tu te concentres encore plus sur toi, sur par exemple ton bac, bien envoyer les hanches au hasard.
- Speaker #0
En fait, moi, je me concentre, je me fais tous les scénarios avant de partir. Par exemple, je ne sais pas, il peut avoir une avalanche ou des trucs comme ça. Et en fait, je me dis, en fonction, il faut que j'aille tout droit. Et je me rattache à ce côté technique. Par exemple, sur un bac, si le take-off, il est parfait, etc. Ou si, par exemple, il y a un caillou sur la droite, je vais juste bien me concentrer d'aller sur la gauche. Enfin, de me laisser sortir, je me rattache à ce côté technique, tu vois, qui me rattache entre guillemets à la réalité, à ce côté rationnel et à ce que j'ai à faire. En fait, la peur, ça vient en amont, en fait. Ça vient d'interpeller ma vigilance sur tout ce qui peut être dangereux et qui peut avoir des conséquences.
- Speaker #1
En fait, tu travailles avec ta peur, du coup. T'es en mode, si jamais ça, ça arrive, toi, la peur, elle te gueule dessus en mode, yaf, yaf, yaf, y a une falaise. Et tu te dis, bah, ok, s'il y a ça et si je me décale trop vers la falaise, bah, je me décalerai comme ça ou je me débrouillerai pour faire comme ça. en mode du... Tu converses avec elle.
- Speaker #0
Ouais, ouais. Moi, j'échange avec la peur, mais elle m'alerte sur les potentiels dangers. Et en fonction de ça, moi, je sais ce que je dois faire, techniquement ce que je dois faire. Et du coup, j'ai juste à réaliser ce truc technique qui est abordable pour mon niveau technique. Tu vois, techniquement, tu ne te sens pas de faire ce truc, au cas où là, c'est un autre sujet. Mais genre, globalement, moi... Si je m'en sens capable, il n'y a pas de raison, à moins qu'il y ait un réel danger. Si il y a un risque 4 sur 5 et que c'est une énorme pente et qu'il y a des arbres, je ne vais pas y aller parce que c'est trop dangereux. Mais oui, des fois, il faut rationaliser le truc et c'est difficile dans des milieux extérieurs comme ça.
- Speaker #1
Le fait d'être avec Victor en tant que coach, comment s'appelle ton deuxième coach ?
- Speaker #0
Kevin Guré.
- Speaker #1
Kevin, est-ce que ça t'aide à appréhender différemment le risque et la peur ? Qu'est-ce qui t'apporte en plus ces gars-là ?
- Speaker #0
Déjà, ils sont hyper expérimentés en montagne. Donc déjà, c'est rassurant d'être accompagné par des mecs super compétents et tu peux échanger. Et après, sur la compétition, pareil, ils ont une expertise qui fait que tu sais si tu vas faire une connerie ou pas du tout. Mais souvent, tu vois, en compétition, tu ne vas pas jouer ta vie ou quoi, mais c'est plus de se dire... Ouais, cette réception, elle est un peu plate. Donc, ça se trouve, tu vois, tu vas réceptionner à cul ou un truc comme ça, tu vois. Ils apportent un œil extérieur avec une expertise. Donc, en fait, c'est tout bonus pour toi.
- Speaker #1
Carrément. Et toi, tu les as sur toutes les compètes. Du coup, les gars, il y en a forcément un des deux qui vient en présentiel. Ou est-ce que vous fonctionnez à distance ? Comment c'est la bonne relation coach-coacher pour toi ?
- Speaker #0
Ouais, ils essayent de nous accompagner à toutes les compètes. Après, cette année, si tu passes le cut, il y a l'Alaska, donc c'est un gros déplacement. Je ne sais pas s'ils vont venir. L'année dernière, au Canada, ils n'avaient pas fait le déplacement. Mais j'aime bien qu'ils soient là en présentiel parce que... Ça t'apporte des infos en direct. Par exemple, il y a quelqu'un, le rider juste avant qui va partir, il va prendre ta barre. Et s'il découvre un caillou, par exemple, il va te dire, surtout, ne prends pas son axe, prends un peu à gauche. Ça t'évite de prendre le caillou. Tu vois, des trucs qui peuvent te faire rater le run et que juste parce que tu as l'info, ça ne te le fait pas rater. Donc ça, c'est important de les avoir. Et après, à distance, tu n'as pas ce bonus lors de la compétition, mais tu as toutes les infos. de partage que tu as sur la ligne, etc. C'est juste qu'en direct, ils peuvent donner ce genre d'infos qui sont essentielles dans nos sports. Là, par exemple, à Val Thorens, ma première barre, je partais de Dossard 2. Celui qui replaque, il découvre un caillou, tu vois. Donc, juste dans la start gate, il me dit, fais gaffe, il a déterré un caillou, etc. Donc, moi, en fait, je savais qu'il fallait que je ratterrisse à gauche de sa trace. Sinon, j'allais me planter dans le caillou, tu vois. C'est des petits trucs comme ça qui font la diff. Et après, il y a le live maintenant, donc ça sert vachement parce que tu peux aussi ajuster le curseur. Si tu as des doutes sur ta ligne, des fois, tu n'as plus de doute. Le niveau est tellement haut qu'il faut envoyer. Ça m'est arrivé au Challenger en Autriche où je voyais que je partais d'Auxerre 9 et je voyais tout le monde faire des runs de malade. Et donc, moi, j'hésitais à faire. Est-ce que je dois faire le backflip ? Est-ce que je ne dois pas le faire ? Et là, je me suis dit, mais en fait, là, tu n'as pas le choix. Il va falloir que tu rides à ton meilleur. Et c'est tout. Et en fait, ça m'a enlevé une pression. Parce que je me suis dit, en fait, il faut juste que tu rides à fond.
- Speaker #1
Tu n'as pas le choix. Tu as une option en moins. Du coup, c'est ça que tu peux faire. C'est tout.
- Speaker #0
Donc, voilà. Et du coup, c'est marrant. Parce que je me disais après la compète. Mais en fait, si j'étais parti d'Aussard 1, jamais j'aurais pu gagner.
- Speaker #1
Oui
- Speaker #0
et la compète d'après j'étais tiré au sort numéro 1 et du coup en fait c'est juste je me suis mis dans un mindset différent je me suis dit en fait je suis dossard 1 va falloir y aller quoi qu'il arrive et du coup pareil j'ai regagné la compète donc ça aussi c'est hyper important en fonction de de ton dossard de la catégorie dans laquelle tu pars si tu laisses nos mecs partir en premier ou en dernier faut te mettre dans un mindset tu vois genre si tu pars euh... premier snowmack et que c'est la première catégorie, là, tu n'as pas le choix. Il faut juste faire ta ligne et tu t'en fiches du reste. Alors que si tu pars dernière catégorie, dernier, il faut que tu aies plusieurs options. Tu vas vachement analyser. Et ta ligne, elle n'est pas définie. Et ça va être flexible, etc. Donc, ça, il faut avoir le cerveau malléable un peu et se mettre dans le bon mindset en fonction de ta position. Ça, ça joue vachement. Et je sais que, par exemple, je ne sais pas si tu es dossard 8, Moi, je sais que je vais prendre les infos des premiers riders et après un peu m'adapter. Mais je sais que je me mets des limites. Par exemple, au dossard 6, je coupe et je me fous sur un truc. Et mon coach, il me fera remonter les infos nécessaires s'il y en a. Mais maintenant, c'est quelque chose que j'arrive à faire. Alors qu'avant, ça me mettait la pression de regarder les autres, etc. Mais maintenant, je m'en fiche totalement. En fait, je les regarde juste pour avoir des infos. Ce qu'ils font, je m'en fiche. ok donc si le mec il lâche un maxi gros run avec plein de tricks partout et que c'est super propre maintenant ça me ça te touche une sans faire bouger l'autre ah ouais ça me glisse dessus ok ça me glisse dessus parce qu'au final moi dans mon esprit je sais que je suis capable de faire la même chose ouais ok donc voilà
- Speaker #1
il y a un truc qui m'interpelle tout à l'heure tu m'as dit que ton run il allait être différent en fonction de si jamais les mecs ils avaient posé avant ou pas tu sais là durant les challengers si tu posais ton back ou si tu le mettais pas ouais enfin si tu le lançais en tout cas ou si tu le lançais pas Merci. Est-ce qu'aujourd'hui, tu as toujours cette stratégie de jouer en fonction de comment ils font et je prends le risque ou je ne prends pas le risque ? Ou comme tu arrives sur le tour et que tu veux être champion du monde, tu es toujours en mode go big or go,
- Speaker #0
en mode Sandy Tafon ? Beaucoup moins, mais en fait, quand je ne suis pas sûr d'un spot, parce qu'encore une fois, on ne le regarde qu'avec des shots de drone et depuis le bas de la face. Et donc, en fait, je me laisse cette liberté d'esprit à me dire si c'est trop cagneux, je ne vais pas faire le tricks. Mais c'est différent d'avant où je me dis peut-être que je n'ai pas besoin de faire ça pour gagner. Là, en fait, le niveau, il est tellement haut. C'est juste que du coup, si je vais faire mon bac, c'est que je juge que le spot, il est bien. Mais s'il est trop cagneux, je vais avoir la flexibilité d'esprit de ne pas le faire pour ne pas me cracher. Mais avant, en fait, le problème, c'était que peut-être je me disais, j'ai peut-être pas besoin de faire ça pour gagner. mais là maintenant tu vois sur le tour c'est ce que tu dis le niveau il est tellement haut que oui t'as besoin de faire ton backflip t'as besoin de faire ton 3-6 mais en fait en fonction de ma ligne moi si je vois qu'elle est déjà bien engagée et que normalement je dois faire mon backflip il faut aussi avoir la flexibilité d'esprit de se dire ne pas le faire mais pour éviter la chute si c'est couru d'avance si je vois que le take-off mais en fait il n'y a que des pierres maintenant et qu'il faut sauter avant je ne le fais pas et ce n'est pas grave. Mais ça, ça arrive quelques fois. Souvent, quand tu as fait ton bac, tu es sûr que tu peux le faire parce que tu as bien regardé, etc.
- Speaker #1
Ça t'arrive parfois d'arriver devant une barre et à 10 mètres avant, par exemple, tu dois poser un bac, le lancer encore une fois et tu te dis en fait non. Tu changes de truc dans la tête ou tu dis je fais un saut droit.
- Speaker #0
Alors, j'ai un exemple le... Pour parler de ça, l'année dernière à Val Thorens, donc il y avait la compète, et en fait il y avait une sorte de double barre, et peut-être que je devais sauter la première et faire un 3-6 sur la deuxième. Et en fait, moi j'étais dossard 4, personne n'avait pris cette barre, et avant d'arriver sur cette double barre, donc je savais que potentiellement mon plan, c'était de faire ça, mais avant d'arriver sur cette double barre, j'ai de la neige, mais jusqu'au genou. Et là je me dis, mais en fait là... n'essaye même pas de faire le 3-6 parce que ça va être un fiasco, parce que c'est hyper dur de déclencher un tricks avec autant de neige donc fais-la juste en saut droit et ça suffit mais ça en fait avant j'aurais été incapable de le faire parce que mon esprit il était pas assez flexible j'avais un plan en tête, fallait que je le fasse et le fait d'avoir fait ça, ça m'a permis de replaquer mon run et au final de gagner la compétition mais avant j'en aurais été incapable et c'est pour ça que je te dis des fois il faut décider dans l'instant présent et c'est des décisions que en tant que freerider tu le sais si c'est foireux ou pas et du coup déjà qu'un round de freeride ça peut bien être foireux faut pas pousser le vis tu vois ce que je veux dire ce qui t'aide le plus en fait c'est ton instinct et ton instinct tu
- Speaker #1
l'as nourri en le passant par ton expérience maintenant tu sais si c'est une situation de merde ou si ça va quoi la neige,
- Speaker #0
le take-off, tu sens si ça va être foireux tu vois ce que je veux dire et si à un moment c'est trop foireux faut pas chercher ça va être un casse-cou tu parles avec les juges toi ou pas trop ? t'as des échanges en fait en début de saison ils t'expliquent comment ils vont noter etc et après moi je vais échanger avec eux si j'ai des incompréhensions sur tel ou tel jugement mais pour que... Enfin, tu vois... C'est normal de se renseigner sur comment ils jugent, pour voir ce qu'ils attendent, pour les satisfaire. Parce qu'au final, c'est un sport de jugement. Et si tu veux performer, si tu veux être bien jugé, il faut savoir ce qu'ils attendent et faire ce qu'ils attendent. Même si au final, tu fais ce que toi t'aimes bien. Mais si il y a un truc facile pour toi qu'ils adorent, je ne vais pas me priver de le faire. Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
Donc tu sais que tu rides en fonction de ce qu'ils attendent aussi Voilà par exemple je sais que
- Speaker #0
Ce qu'ils aiment pas du tout Maintenant c'est faire des figures Sur des tout petits spots Tu vois ce que je veux dire Ouais voilà et du coup Alors que c'est pas facile des fois De faire un 3-6 sur un petit truc Et avant j'étais là bah ouais mais en fait c'est hyper technique Et en fait c'est pas Valorisé donc maintenant je me fais plus Chier à le faire tu vois c'est ce genre de discussion Qui permet de de... de plus te faire chier avec certaines choses. Parce que là, je vois le petit truc, en fait, je fais un saut droit. Alors qu'avant, je me serais perturbé. Est-ce que je fais le saut droit ? Est-ce que je fais le 3-6 ? Là, comme je sais que ce n'est pas valorisé, je vais juste faire le saut droit. Et après, c'est juste avoir conscience dans quelle direction il note. Tu as toutes les cartes en main pour performer et pour les satisfaire.
- Speaker #1
Ça t'arrive de te perdre sur un run ? Comment tu gères ?
- Speaker #0
Si t'es perdu, c'est quand même un bon fiasco, mais ça m'est déjà arrivé au début. Mais maintenant, on essaye de mettre... d'être hyper carré sur l'analyse et les points de repère pour que ça fasse un cheminement. Après chaque saut, tu sais où tu dois aller pour ne pas te perdre. Mais si tu te perds, c'est le jeu. Pour moi, la plus grosse erreur, ce serait de se perdre et d'aller tête baissée dans un endroit. Tu t'es perdu, t'as loupé ton run, et voilà, mais c'est OK, ça fait partie du jeu.
- Speaker #1
Dès le début, t'avais la facilité de bien suivre ton run ou ça a été un truc que t'as construit au fur et à mesure ? Au début, c'était galère ?
- Speaker #0
Ouais, au début, c'était galère. Moi, comme je viens plus d'un background freestyle, c'était plus intuitif de faire des figures, etc. Mais de construire son run et se repérer, c'est tellement différent du haut et du bas que ça a été moins intuitif et j'ai dû plus travailler cet aspect. Et en plus, tu le fais, tu le travailles moins quotidiennement parce que souvent, tu vas faire une ligne, tu vas repérer un saut, là, tu vas faire ta figure et donc tu ne le travailles pas forcément. Mais c'est juste, c'est un truc, si tu travailles, il n'y a pas de raison que ça ne marche pas. Peut-être qu'il y en a qui ont plus de qualité ou quoi, mais globalement, c'est juste t'aider des shots de drone pour savoir où tu es et après, tu suis un cheminement. Tu sautes ton premier caillou. Pour aller à ton deuxième caillou, tu sais que par exemple, je ne sais pas, il y a un sapin là, tu suis le sapin. Ou s'il n'y a pas de repère, c'est plus compliqué. Mais tu fais ça, moi je fais ça étape par étape. Je fais mon premier caillou, après je dois suivre ça pour aller à mon deuxième caillou. Mon deuxième caillou, je le saute, après je dois aller à mon troisième caillou. Et c'est comme ça que je le fais. Après, je ne pense pas être le meilleur pour me repérer, tu vois. Mais j'ai une méthode qui fait que normalement, je ne me perds pas.
- Speaker #1
Non mais hyper intéressant, je te pose la question parce que j'accompagne un rider qui porte des Challenger en snowboard et à chaque fois ça lui arrive, très régulièrement de putain mais j'avais prévu de faire ça et finalement j'ai pas du tout réussi à prendre la bonne ligne
- Speaker #0
C'est ce que je te disais c'est que prévoir les options genre au début je te disais par exemple je replaque ce caillou normalement je dois faire celui-là juste après mais potentiellement ça marche pas parce que j'ai trop de vitesse ou quoi qu'est-ce que je peux faire ? Et en fait, de rajouter des options, ça t'allège le confort. Mais si globalement, il y a 150 mètres d'écart entre deux cailloux, il n'y a pas de raison que tu loupes le deuxième caillou. La seule chose sur laquelle il faut te concentrer, c'est comment tu accèdes à ce deuxième caillou. Tu vois ce que je veux dire ? Oui,
- Speaker #1
carrément.
- Speaker #0
Après, si par exemple, tu veux enchaîner trois cailloux et que le deuxième, c'est chaud de l'enchaîner, dans ta tête, il faut juste te dire... ok, si c'est trop chaud d'enchaîner dans mon run, ce n'est pas grave, je le skip et je vais à mon troisième caillou. Il vaut mieux, comme il y a la fluidité dans les jugements, il vaut mieux ne pas perdre en fluidité pour aller sauter un truc un peu à l'arrache, juste continuer ton run et aller sauter le troisième truc. C'est pour ça que l'analyse, c'est hyper important dans nos trucs. Il faut avoir conscience de si c'est possible de le faire et s'il n'y a pas de raison que tu le loupes, juste te concentrer sur tes points de repère pour ne pas le louper.
- Speaker #1
Donc là, ce que lui pourrait en retirer de notre conversation ensemble, c'est que toi, la manière dont tu fonctionnes et qui marche pour toi, c'est que tu n'as pas ton run qui est millimétré en mode, comme tu disais, j'ai mon virage à 75 degrés à tel endroit, mais plus j'ai des points de repère en mode, je dois aller de là à là et tu restes libre entre ces points de repère.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Moi, j'essaye de rider comme je fais toujours, un peu à l'instinct, parce que tu rides tout le temps comme ça, et juste avoir des points clés dans mon run. et utiliser ces points clés, mais sans me dire, il faut que je fasse le virage comme ça. En fait, le virage, je vais le faire naturellement, tu vois. Genre mon 3-6, il faut juste, par exemple, mon 3-6, il faut que je le fasse dans cet axe-là. Ça, c'est mon point clé. Mais avant, je vais naturellement le faire, enfin, tu vois, m'orienter pour le faire dans mon axe. En fait, si tu te perturbes trop l'esprit, déjà que tu te perturbes l'esprit, mais si tu te perturbes l'esprit avec 100 éléments, alors que tu peux en avoir 10, ça t'offre un confort mental de fou. Et après, ce qui est important, c'est quand même de se prévoir des options. Tu vois, si ton caillou, tu ne peux pas le rejoindre, il y a ce caillou-là. Et si tu es sûr de le rejoindre, juste avoir bien ton schéma mental, tes points de repère pour y aller sereinement. Et au contraire, si tu as tes bons... En gros, moi, ce que je fais, c'est de la visualisation. Et si... Je le fais naturellement dans mon esprit. Normalement, il n'y a pas de raison que je ne le fasse pas naturellement en direct. Mais s'il y a des points d'accrochage dans ma visualisation, en fait, là, je reviens sur mes photos, je recheck. Et du coup, après, ça se fait naturellement. Mais si dans ta visualisation, ce n'est pas clair, il faut que tu t'en refasses une jusqu'à ce que ce soit clair. Et après, tu es good to go.
- Speaker #1
Trop bien. Pépite ce que tu racontes.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Cette visualisation... tu t'es commencé à la faire tout seul, en regardant tout sur Internet, où tu étais accompagné, où c'est des potes qui t'en ont parlé, t'as dit, putain, je vais essayer de faire pareil.
- Speaker #0
Mais en fait, ça se fait naturellement, parce que comme c'est l'inconnu, en fait, t'essayes de t'imaginer comment ça va être. Moi, je l'ai fait assez naturellement, tu vois. T'as ton run, t'as quatre cailloux, mais en fait, t'essayes juste de visualiser comment tu vas sur tes cailloux. Comme c'est de l'inconnu, Moi, ça me rassure, pour faire face à cet inconnu, je me rattache à quelque chose. Et en fait, ce n'est plus trop l'inconnu quand j'y suis parce que je l'ai déjà fait avant. C'est dans ma tête.
- Speaker #1
Carrément. Bien sûr, c'est très clair. C'est pour ça que j'enchaîne direct. Mais oui, ça me parle beaucoup, ce que tu dis.
- Speaker #0
J'espère que ça parlera aux auditeurs. Oui,
- Speaker #1
bien sûr que ça va leur parler. C'est quoi le procès Senzonilo pour la visualisation ? Je mets un petit disclaimer juste avant. Il y a beaucoup de personnes qui... pensent visualisation uniquement avec le sens des yeux, est-ce que toi, c'est pareil en mode juste, tu te vois en train de le faire ? Ou est-ce que tu mets encore plus de data, plus d'infos en mode, on a cinq sens ?
- Speaker #0
Tu savais ça ou pas ?
- Speaker #1
On se les fait ensemble ? Le goût,
- Speaker #0
le toucher, l'ouïe, l'odorat et la vision.
- Speaker #1
Et la vision. Toi, tu fais que avec la vision ou tu fais avec tout ? Est-ce que tu sens le petit goût du sang dans la bouche parfois ?
- Speaker #0
Non, c'est vrai que la vision, c'est le truc qui revient... Enfin, majoritairement. Mais après, en fonction des conditions de neige, je me dis, là, ça risque de taper, ou ça va être bon. Mais après, le goût, l'odorat, non, ça... Et oui, après, au World Tour, il y a les drones, tout ça, ça peut perturber. Je sais que moi, je suis focus dans mon truc.
- Speaker #1
Tu entends la neige aussi, de savoir si elle est pétée ou pas.
- Speaker #0
Ouais, ça, en gros, il y a des forerunners qui sont allés avant toi et qui t'ont donné des infos sur la neige. Donc en fait, tu te doutes que certaines parties, ça va taper ou la neige va être dégueu. Ou même si tu vas sur une partie où ça peut être plus rocailleux, un peu charqui, t'alléger ou sauter avant. Enfin, mais ouais, c'est des choses comme ça.
- Speaker #1
T'essayes de ressentir, d'être hyper poussé dans le truc, en mode sentir tes bras qui font bien le geste pour pouvoir tourner ou t'es globalement en train de plus à la vue.
- Speaker #0
Ouais, ouais, pas du tout. C'est ce que je te disais, j'essaye juste de me concentrer sur les points clés et après laisser mon ride, mon instinct parler parce que c'est comme ça que j'opère à l'entraînement. Du coup, tu peux te dire le bras comme ça, le bras comme ça, mais en direct, en fait, tu le fais jamais. Donc ça sert à rien de te perturber avec des choses. Après, chacun a sa routine. Il faut juste trouver la sienne et l'adopter pour que ça fonctionne. Ouais,
- Speaker #1
carrément. T'as déjà été... Vénère, frustré, déçu d'une note des juges que tu n'étais pas d'accord avec ? Ça fait deux fois à la Baccarat que tu es 4.
- Speaker #0
Oui, en fait, tu es frustré parce que tu penses faire mieux. Mais d'un autre côté, ça fait partie du jeu. C'est un sport de jugement, etc. Mais oui, c'est frustrant parce que tu penses que ta performance, elle vaut mieux que ça. Mais du coup, après, maintenant que c'est fait, il faut juste... Je suis allé les voir pour discuter avec ce qu'ils ont pensé. Et en fonction de ce qu'ils ont pensé, évoluer, tu vois ce que je veux dire ? Servir de leur retour pour comprendre ou essayer de comprendre pourquoi ils m'ont noté si bas et évoluer. Oui, tu peux être frustré, mais ça ne te fait pas avancer. Donc, sur le coup, ça fait chier. Mais au final, moi, c'est ce que je te disais, j'essaye de relativiser et me dire je suis quatrième, mais pour moi, ce n'est pas un échec parce que j'ai fait ce que je voulais faire, j'ai ridé comme je voulais faire et je suis content de ce que j'ai fait. Donc, je suis quatrième. Certes, pour le classement général, ce n'est pas pareil qu'être deuxième, etc. Mais maintenant, c'est fait. Et là où on s'est rendu compte, on a fait un judging workshop au World Tour. Et on a jugé juste trois riders.
- Speaker #1
Donc,
- Speaker #0
on était une vingtaine de riders pour mieux comprendre leurs difficultés et comment ils jugeaient. Et donc, on a fait ça. Et en fait, il y avait trois riders. Et pour moi, c'était évident. Le premier était premier, le deuxième était deuxième. et je me suis rendu compte qu'en fait il y avait 50% qui avait mis le deuxième troisième et l'autre 50% troisième deuxième donc faut avoir conscience que tu vois c'est aussi humain et que la perception des choses fait qu'il voit pas les choses comme tu le penses et que voilà ça fait partie du game et que si t'es frustré avec ça tu seras frustré toute ta vie et ce qui compte au final c'est toi si t'es fier de toi et si t'es content de ta conscience mais oui ça fait chier ça fait chier mais voilà moi je Merci. Ça m'a fait chier sur le moment, mais après, j'ai essayé de comprendre. Et après, avec les infos qu'ils m'ont données, faire un peu évoluer certains trucs pour les satisfaire. Mais voilà, ça ne change pas que si j'avais été deuxième, peut-être ça aurait été mieux. Mais au final, je suis quand même content parce que j'ai réalisé un bon truc. Et même si je suis quatrième, tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
L'idée, ce n'est pas d'éradiquer la frustration, mais juste d'en faire quelque chose qui va être constructif pour toi derrière. Et là, c'est ce que tu es en train de faire en essayant de comprendre les juges, en essayant de te mettre à leur place. de savoir surtout ce qu'ils attendent. Parce qu'au final, ils ne te jugent pas toi en tant que com. Ce n'est pas ta valeur qui est définie quand tu es quatrième ou deuxième. C'est juste ta capacité à répondre à leurs attentes. Et encore une fois, j'ai l'impression qu'il y a quand même 50% qui dépendent de toi et 50% qui dépendent d'eux aussi. Dans le sens où toi, tu crois peut-être qu'ils attendent ça. Eux, ils te l'ont formulé comme ça. Moi, j'attends qu'il y ait des barres assez grosses, mais avec une prise de risque modérée. Je dis une connerie, mais modérée, encore une fois, c'est subjectif. Du coup, ce qui est modéré pour toi et ce qui est modéré pour eux, c'est différent.
- Speaker #0
Oui, mais... Pour moi, l'erreur, ça serait de faire tout en fonction des juges. La base de notre sport, c'est faire ce qui te plaît et c'est de faire quelque chose dont tu as envie et qui te fait plaisir. Ça paraît de bateau, mais au final, c'est la vérité. Tu vois, faire tes tricks, etc., tu verras comment c'est jugé. Mais le fait d'avoir une discussion avec les juges, ça peut t'apporter certaines infos. Par exemple, ce saut, ils vont te dire que tu ne l'as pas grabé, etc. Mais la prochaine fois... ouais ça me coûte rien de le grabber et en fait je fais un truc qui me fait plaisir mais là je rajoute juste ce petit élément qui fait qu'ils vont peut-être me scorer un peu plus, tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
Donc tu te travestis pas en fait en disant je fais exactement ce qu'ils veulent mais tu continues à rider comme toi juste en mode ah ok toi tu kiffes un grab,
- Speaker #0
je fais un grab ou même je reste moi-même voilà je reste moi-même ou même ils te disent ouais t'as ridé peut-être, on a pas trouvé que t'as ridé vite etc du coup tu... Je ne sais pas, ton run, tu le fais pareil, mais tu mets un peu plus d'engagement sur la vitesse. C'est des petits ajustements. Mais oui, comme tu dis, se travestir pour les juges, pour moi, c'est la pire des choses. Il faut faire ce que tu aimes faire, rider comme tu sais le faire. Et après, juste adapter en fonction des éléments que tu as. C'est un sport de jugement, mais à la base, tu fais ça pour toi. Donc, il faut juste faire ce que tu sais faire et tu verras comment il te va.
- Speaker #1
Tu m'étonnes. Je pense à ta petite web-série que tu fais avec Vitor, notamment. Est-ce que ça change, du coup, ta prépa à la compétition, dans le sens où tu te concentres aussi sur votre vlog ? Ou pas du tout, et c'est juste, vous fiez déjà ces conneries-là avant, et juste maintenant, vous vous êtes dit, bon, on met une caméra, et puis ça peut que être bénéfique si jamais il y a des sponsors derrière et qu'il y a de la visibilité ?
- Speaker #0
Non, c'est vrai que des fois, ça peut être perturbant, parce que ça te prend quand même du temps. Après, il faut le gérer, des fois, il faut poster, alors qu'on est en plein event. ça peut te prendre une charge mentale mais au final je te dis moi je me suis juste mis dans le mindset en mode on va devoir poster l'épisode pendant la compétition c'est pas grave ça prend 20 minutes de ton temps et comme tu dis c'est tellement bénéfique pour nous après coup que c'est un truc qu'on fait assez naturellement mais oui des fois sur le moment si t'es pas au clair sur ta ligne et que tu dois poster ton truc ça te fait chier mais... C'est pas grave, tu vois ce que je veux dire ? Et il faut être préparé. Là, par exemple, en Andorche, c'était le cas, qu'on allait devoir poster l'épisode en plein dans la préparation. Mais c'est juste, je me dis, ouais, on aura ça à faire et c'est pas grave. Et après, dans le quotidien, ça nous change... Enfin, tu vois, ça nous change pas grand-chose parce que oui, les conneries, on les fait. C'est juste que des fois, avec le caméraman, il nous pousse un peu plus pour faire des conneries. Mais d'un autre côté, ça nous fait aussi du bien parce que ça nous sort un peu de la compète et tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Je pense qu'il faut juste avoir conscience que ça peut être une charge en plus et juste de se dire qu'en fait, il a cette charge en plus, mais c'est OK. Et ça peut te sortir de la compétition, voir le verre à moitié plein.
- Speaker #1
Carrément. Moi, j'ai presque l'impression que c'est bénéfique dans le sens où quand tu sais que tu as une contrainte en plus comme ça, entre guillemets, la contrainte de poster et de devoir être carré, ça t'aide à être plus clair encore sur ta préparation et tu te dis, là, j'ai tant de temps pour me préparer, je ne suis pas en train de... de me préparer un peu, puis d'envoyer une connerie à Oscar, par exemple, ou un truc comme ça. Et du coup, tu es plus concis et plus clair dans ce que tu fais. Ça leur donne encore plus les choses. Tu vois pareil ou c'est moi qui me fais un monde là ?
- Speaker #0
En fait, des fois, ça se fait souvent à l'arrache. Donc, tu n'as pas le temps d'organiser autant le truc. Mais tu sais juste qu'il y a un temps qui va être consacré à ça. Et c'est OK. Tu vois, tu n'es pas à 20 minutes près dans ta compétition. Donc là, tu n'as pas ces 20 minutes-là. mais tu auras 20 minutes après pour faire ton face check. Il faut juste être flexible parce que sinon, ça ne marche pas.
- Speaker #1
Tu disais que ça t'aidait à décompresser aussi et de faire un peu le con avec les potes et de savoir que ça va vous aider aussi par la suite pour votre carrière de manière financière ?
- Speaker #0
Espérons, moi j'attends que ça.
- Speaker #1
J'ai pas fini la question, mais tu pourras rebondir aussi dessus parce que j'ai l'impression de faire que des demi-questions depuis tout à l'heure. Et du coup ? Est-ce que c'est ton seul moyen de décompresser ou il y a d'autres trucs que tu kiffes faire aussi pour décompresser à côté ? Moi, j'ai eu quelques échos de décompression que tu pouvais avoir, mais je ne sais pas si c'est très…
- Speaker #0
Je ne sais pas de quels échos tu parles, mais en tout cas, non, mais c'est sûr que ça fait une soupape de respiration, les épisodes, etc. Et après, il y a plein de moyens de décompresser, de ne pas être stressé. Mais en soi, je pense que tu ne parles pas du tout de ça, mais moi, j'aime bien jouer aux échecs ou regarder des trucs comme ça. Si, bien sûr,
- Speaker #1
c'est ça dont je parlais.
- Speaker #0
Voilà. Après, chacun son truc. Mais oui, ça te dessert d'être trop focus, de penser qu'à la montagne, qu'à ta ligne. Ton esprit, il devient brumeux, on va dire. Et du coup, ça ne fonctionne pas. Donc, il faut autoriser son cerveau à se reposer.
- Speaker #1
Trop bien. Stylé. Quand tu es en haut d'une face, dans la cabane, T'es plutôt team qu'est-ce que je fous là-haut ? Ou en mode je vais tout éclater ?
- Speaker #0
Non, moi, je suis plutôt team je vais tout éclater. Mais après, je ne suis pas en mode tout excité parce que j'ai déjà beaucoup d'énergie à la base. Et je sais que ça peut me desservir. Donc, j'essaie juste d'être assez calme avant de dropper. Parce que si j'ai full énergie, je suis en mode tueur et je vais avoir trop de gestes parasites dans mon ride. Je sais comment je fonctionne. Mais quand je suis au départ, moi, je ne suis pas en mode qu'est-ce que je fais là et tout. Je suis en mode, ben voilà. Je suis à ma place, c'est mon run, je vais essayer de les fumer.
- Speaker #1
Le qu'est-ce que je fais là, c'était plutôt en mode, mais qu'est-ce que je fous là ? Pourquoi je suis en train de m'amuser à descendre une face qui est comme ça ? Par exemple, la vérité,
- Speaker #0
qu'est-ce que je vends là ? Si t'en es arrivé là, c'est que t'as quand même bien cherché, parce que c'est assez compliqué d'être sur le Freeride World Tour, tu vois ce que je veux dire ? Donc cette question, tu te la poses peut-être avant d'être sur le Freeride World Tour, ou tu te la poses quand ça te fait plus rêver en fait.
- Speaker #1
Camille, c'est un petit peu ce qui s'est passé. Ouais,
- Speaker #0
ouais, ouais. Mais du coup, c'est ça, c'est ce que je te dis, quand ça te fait plus rêver, là, tu te poses vraiment cette question et c'est peut-être le moment où il faut arrêter. C'est ce que Camille a fait pour se reconcentrer sur ses projets de films, etc. Parce que si t'as plus le goût, déjà que c'est contre-intuitif d'aller sauter des rochers, tout ça, si t'aimes plus ça, il faut arrêter, tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
Carrément.
- Speaker #0
Et moi, tant qu'en fait, je suis en bonne santé et que je me fais plaisir, il n'y a aucune raison que j'arrête, tu vois ce que je veux dire ? mais à partir du moment où ça devient un fardeau il y en a plein, ils le vivent hyper mal le tour parce que c'est exigeant en termes de voyage, de fatigue on ride pas tant que ça au final parce qu'on passe un temps fou à regarder les passes, on perd un temps fou dans les voyages tout ça et donc tu peux perdre ce plaisir et du coup si en plus t'as pas envie là ça sert à rien d'y aller je trouve que vous trouvez un sponsor avec une marque de lunettes que vous passez plus de temps à regarder qu'à rider
- Speaker #1
des trucs tu t'imagines bien faire la pub toi peut-être qu'ils ont des moyens financiers importants après pas sûr qu'ils soient dans le même délire mais nous s'il y a de l'argent on le prend comment tu fais pour te calmer quand t'es haut là quand t'es dans la gate et que tu sais que tu commences à être un peu foufou tu m'as dit je commence à bien me connaître quand ça arrive c'est quoi des trucs pour te dire attends après
- Speaker #0
enfin globalement avant la compète ça reste particulier tu vois tout le monde est un peu stressé c'est plus calme tu vois ce que je veux dire donc déjà il y a ce mood là avant d'arriver dans la gate où il n'y a pas tout le monde qui est là pour blaguer enfin tout le monde est un peu dans son truc il y en a qui blague un peu plus que d'autres mais tu sens la tension en fait avant de partir et donc moi juste avant de partir je me focus juste sur ma ligne tu vois et une fois que c'est clair tu vois souvent tu as ton départ euh... Pas trop longtemps après, et moi, dans la gate, en fait, je respire juste, tu vois, mais je n'ai pas du tout fait de la sophrologie ou quoi que ce soit, mais je prends juste des grandes respirations. Je fais le vide dans ma tête, je fais un peu vite fait mes étirements, tout ça, mais rien de particulier en soi. J'ai une routine, mais ce n'est pas fixe. Oui, oui.
- Speaker #1
Tu dis faire le vide dans ma tête, tu...
- Speaker #0
Mais je souffle, je ne pense à rien. Je dis, fais-toi plaisir.
- Speaker #1
Fais-toi plaisir.
- Speaker #0
En fait, j'ai des phrases qui me font du bien. Tu peux les partager ? Non, je me dis juste de me faire plaisir. Comme à l'entraînement, des trucs assez simples. Et en fait, ça me fait penser que je suis comme à la maison et qu'il n'y a pas de soucis. Et après, avant de partir, souvent, je dis un truc, allez les mecs, enjoy. Et ça me rappelle comme quand je suis à la maison. Et voilà, ça me fait du bien. Et après, c'est parti. Parce que la première année où j'étais sur le tour, Mais genre, je n'arrivais pas à rider parce que j'avais les jambes en coton.
- Speaker #1
Et c'est affreux.
- Speaker #0
Je voulais aller à gauche, mais mes jambes, elles allaient à droite. Je n'étais plus du tout maître de mon corps. Et donc, c'est là que je me suis rendu compte de l'impact du stress qu'il peut avoir sur ton corps. Et en fait, quand tu es au clair, je te dis, quand tu es au clair dans ta tête, moi, j'ai relativisé sur pourquoi j'étais comme ça. Tu vois, qu'est-ce qui me stressait ? Pourquoi j'avais autant de stress par rapport aux autres ? Je me suis rendu compte, par exemple, le regard des autres, le live, le jugement, tout ça, ça me stressait. Et en faisant le point dessus, je me suis rendu compte que c'était tellement futile et qu'au final, personne ne sera aussi dur que moi envers moi-même, mais que je m'en fiche. Et donc, il faut juste remettre cette notion de plaisir, pour moi en tout cas, c'est ce qui a marché, au centre du jeu. Et depuis ce moment, ça a allé beaucoup mieux. Et même, tu le vis beaucoup mieux. Là, en prenant plaisir dans ta compétition... c'est un bon moment alors que ça peut être l'enfer il y en a sur les compètes qui vivent l'enfer pendant toute la semaine parce qu'ils se torturent le cerveau avant, ils sont en stress ils sont pas bien ils ont envie de vomir au final ils font leur run pas dans des bonnes conditions et ils sont dégoûtés de leurs résultats parce que forcément quand t'es dans des conditions comme ça, ça marche pas alors que si tu l'abordes du côté léger t'as plus de chances que ça fonctionne et Et puis en soi, si ça fonctionne pas, c'est ok.
- Speaker #1
C'est Loïc Colomb-Paton qui faisait que des gueulettes. Ouais,
- Speaker #0
c'est ce qu'on m'avait dit, ouais.
- Speaker #1
Et pourtant, tu vois, il était au World Championship.
- Speaker #0
Ouais, ouais, non, mais c'est vrai. Chacun sa méthode. Ah non, pêche pas l'autre, quoi. Chacun sa méthode.
- Speaker #1
Alors je ne recommande pas trop quand même de dégueuler avant.
- Speaker #0
Je pense que quand même, si tu vis ta compétition dans de bonnes conditions, ça te met dans des bonnes conditions pour ton run, etc. Après, c'est le contre-exemple parfait. Mais je ne suis pas sûr qu'il apprécie son expérience à fond. Ça lui fait de vomir avant les compétitions, etc. Je suis sûr que ça se trouve, il y avait un truc qui le faisait vomir et il aurait très bien pu gagner sans se faire vomir. J'en suis persuadé. Moi, pareil, avant, je n'arrivais pas du tout à dormir. Je ne dormais pas parce que je me prenais la tête sur mes lignes, mes machins. Et depuis cette année, j'arrive un peu plus à dormir. Parce qu'en fait, je coupe. Et le fait de couper de ma ligne, ça m'a vachement aidé de ne pas tourner le film toute la nuit dans ma tête. Et je me suis rendu compte que ça ne servait à rien. Parce qu'à l'entraînement, on va faire des lignes, des trucs engagés, pareil qu'en compétition. Et ce n'est pas pour autant que je n'arrive pas à dormir. Mais ça, c'est des phrases toutes faites et on dirait que c'est facile à mettre en place.
- Speaker #1
C'est presque énervant quand les gens te disent ça.
- Speaker #0
Mais c'est un travail personnel. Et ça met du temps à s'appliquer. Il faut se comprendre et il faut chercher la petite bête en soi. Et une fois que tu l'as trouvée, normalement, tu as des solutions pour la dégager.
- Speaker #1
C'était quoi ton... Comment tu as réussi à faire ce travail-là, justement, de réussir à comprendre que le jugement des autres, il était important pour toi et qu'il n'y a que toi qui pourras te juger, entre guillemets, de manière vénère ? C'est le fruit de ton entourage ? C'est toi qui as fait un travail perso dessus ? Tu es allé voir quelqu'un ?
- Speaker #0
Non, mais c'est juste... Juste en se posant des questions, pourquoi j'étais dans ce stress ? Il y a des réponses qui viennent. Et en fait, en fonction de ces réponses, après, tu peux travailler dessus. Ouais, mais est-ce que c'est si important ? Est-ce que les gens vont juger ? Non, en fait. Enfin, c'est un travail de longue date. Mais en fait, moi, je me suis renseigné un peu sur la prép mentale. Mais ce qu'on ne dit pas, c'est que le volet financier, ça reste un frein. Et donc, moi, en fait, je n'avais pas la possibilité de... travailler avec quelqu'un, donc j'ai fait ce travail personnellement et il a été bénéfique parce que j'étais un peu autodidacte mais j'ai appris, enfin sur internet il y a tellement de documentation que j'ai appris j'ai la chance, ma femme aussi qui s'intéresse à ce sujet, elle a fait une formation et de discuter avec elle ça me fait énormément de bien aussi tu vois, mais oui je pense que la base, en fait il y a trop de gens qui pensent qu'un prêt mental c'est la baguette magique alors que la baguette magique c'est toi de creuser Merci. au fond de toi et de trouver tes problématiques pour apporter les solutions après coup.
- Speaker #1
Yes, carrément. Depuis les jeux, il y a de plus en plus de jeunes qui sont en mode « Ah mais j'ai besoin d'un prêtre mental » . Le mec, il a 12 ans,
- Speaker #0
c'est ça. Des fois, tu as l'impression que c'est un effet de mode et tout, mais les gens pensent trop que c'est baguette magique parce que tu auras un prêtre mental, tu vas performer. Alors que le problème, il est à l'intérieur de toi et rien qu'en le creusant... Après, ça peut forcément t'aider. Les mecs, ils sont compétents, etc. Mais déjà, juste en creusant sur tes problématiques, il va déjà avoir un effet positif. Tu vois ce que je veux dire ? Et si tes problématiques, elles sont trop importantes, ben là, ouais, te faire accompagner ou avoir un psy ou un prép mental, etc. Mais je trouve que les gens, ils essayent vachement de se reposer sur d'autres personnes, de faire peser leurs problèmes sur d'autres personnes alors qu'ils peuvent les résoudre eux-mêmes.
- Speaker #1
La plus grosse partie, ce qui fait que ça marche, que ça marche pas pour moi un accompagnement prép mental ou pas c'est déjà si la personne elle a vraiment envie de le faire qu'elle a déjà envie de le faire et toi du coup t'as déjà 50% de ça vu que tu cherches des réponses de ton côté et pour moi la préparation mentale le fait d'être accompagné ça va te faire gagner du temps parce que la personne elle est formée et elle est compétente là-dedans normalement et elle va te faire gagner du temps mais toi tu peux très bien aussi décider de pas le faire avec ce temps on va dire plus court et de chercher par toi-même les réponses
- Speaker #0
Et au final, derrière toi, ça marche.
- Speaker #1
Ça va arriver au même résultat.
- Speaker #0
Ce n'est pas un passage obligé, mais c'est un truc qui aide.
- Speaker #1
Oui, je pense que ça peut accélérer les choses. Oui,
- Speaker #0
carrément.
- Speaker #1
Mais c'est marrant parce qu'une fois, j'avais été voir quelqu'un, une prep mentale qui bosse avec Périne Laffont, tout ça. Et je l'avais été en amont de la saison du World Tour parce que la première saison, ça ne s'était pas du tout bien passé. Et je lui avais demandé, ouais, je viens te voir parce que je vais être stressé, ça va être le World Tour. Et en fait, elle dit, ouais, mais en fait, tout le monde va être stressé. Mais pourquoi, toi, tu vas être stressé ? Et en fait, rien que cette question, si tu y réponds un peu, ça te fait vachement avancer. Parce que tout le monde est stressé. Et toi, pourquoi tu serais plus stressé que les autres ? Pourquoi ça ne marcherait pas bien ? Et en fait, juste en répondant à ce pourquoi, tu vas comprendre un peu tes problématiques. Merci. tu verras que tes problématiques tout est réglable c'est pas du tout une fin en soi pour moi c'est juste des schémas mentaux qu'on se fait et des fois on se fait des montagnes de choses qui sont insignifiantes ce qui marche c'est de relativiser sur l'événement,
- Speaker #0
sur tout ça et ça va beaucoup mieux depuis après il y a l'impact de l'entourage qui est hyper important et quand t'as pas la chance d'avoir un entourage comme par exemple ta femme qui kiffe aussi la partie psycho ou des personnes qui ont déjà vécu ce que toi tu rêves d'atteindre, à savoir le titre sur le World Tour, ça aide aussi de se dire, je peux me faire accompagner par quelqu'un. Je ne suis pas en train de défendre la prép mentale du tout, mais juste de m'expliquer de manière équilibrée. Moi, je suis d'accord avec ton point de vue, et en même temps, j'ai aussi un autre point de vue en tant que prép mentale. Des fois, on a des angles morts. Par exemple, quand tu crois qu'il n'y a que des inconvénients à un truc, par exemple, que des inconvénients à ne pas poser ton run et que des avantages à être champion, tu te mets une pression de malade. et quand tu te mets cette pression de ouf parfois c'est là où tu ne rides pas à ton plus haut niveau parce que tu es dans la partie de ton cerveau qui est primitive et la partie de ton cerveau qui est primitive c'est la peur mais la peur qui te paralyse et quand tu es dans ce mode de peur complet tu n'as que trois choix possibles c'est soit tu combats, soit tu fuis et soit tu t'immobilises et j'ai l'impression que c'est ce qui a pu t'arriver aussi avec tes jambes dans le coton au début donc on peut gagner du temps en allant chercher le point de vue extérieur
- Speaker #1
ça je suis totalement d'accord comme tu dis vous êtes des gens formés vous avez les clés en main et moi ça m'a pris énormément de temps alors que ça se trouve c'était quelque chose qui pouvait être réglé je sais pas en quelques mois mais moi je vous conseille d'aller voir un préparateur mental ou un psychologue ou quoi que ce soit mais qu'à la base aussi c'est intéressant vous de faire vos propres recherches pour vous découvrir vous même je pense que les deux sont complémentaires en fait mais c'est clair que voir un préparateur mental, déjà, ça te réconforte. Et aussi, discuter avec ses proches, ça peut être un biais parce que t'as l'impression qu'ils te disent des choses pour te faire plaisir. Ça n'a pas le même impact que quelqu'un d'extérieur qui te dit les choses. Je ne sais pas si c'est clair, mais par exemple, t'as tes parents ou quoi qui te disent quelque chose qui est vrai, mais ça n'a pas la même résonance quand c'est un prêtre mental qui te dit... dit la consigne, ça n'a pas le même impact sur ton cerveau.
- Speaker #0
Oui, parce qu'en fait, les personnes de ton entourage, ils ont un intérêt à te voir sur le court terme heureux. Et du coup, ils veulent te remonter le moral.
- Speaker #1
Par exemple, tes parents, ils te disent, non, mais on s'en fiche, si tu ne réussis pas, on est très fiers de toi. Mais si un préparateur mental, par exemple, il te dit, mais en fait, tu penses que tes parents, est-ce qu'ils pensent vraiment ça ou quoi ? Rien que le fait qu'ils te... te le disent et que tu te rendes compte qu'en fait ils s'en fichent que tu sois premier ou dernier eux ce qu'ils veulent c'est que tu sois heureux mais ça n'a pas le même impact ça va beaucoup plus je te rejoins dans ce sens là où ça va être beaucoup plus rapide après
- Speaker #0
il y a des avantages à tout aussi dans le sens où toi le fait que tu l'aies vécu comme ça sur le plus long terme maintenant c'est ancré vraiment dans ta life et dans ta pratique t'as pas besoin d'un truc extérieur pour te le rappeler ça c'est clair,
- Speaker #1
moi je suis content d'avoir fait cette démarche de mon côté, et qui, comme tu dis, c'est une démarche qui ne te sert que dans le sport ou dans ta carrière, elle te sert tout au long de ta vie. Là, on parlait du parapente et tout. Je vis des choses beaucoup plus sereinement parce que mentalement, je suis plus équilibré, on va dire.
- Speaker #0
Carrément. Je dis carrément, mais je ne te connais pas, mais tu as compris, mais carrément d'accord. Tes parents, ils se sont comportés comment avec toi ? C'était quoi leur place ? Ça t'a aidé, ça t'a freiné ? Il y a beaucoup de parents qui écoutent ce podcast aussi, qui se disent « Putain, mais moi j'aimerais trop aider mon gamin, mais je sais pas comment faire, est-ce qu'il faut le pousser, est-ce qu'il faut être présent, est-ce qu'il faut être absent, est-ce que... Ah, on sait pas comment faire ! » Toi, c'était quoi la recette, entre guillemets, de tes parents, et comment t'as vécu le truc ?
- Speaker #1
Mais moi, mes parents, ils ont été géniaux. Ils m'ont toujours laissé faire ce que je voulais faire et ils ont sacrifié énormément de choses pour que je puisse vivre de ma passion, tu vois. Donc, c'est énorme. Mais d'un autre côté, ça m'a mis énormément de stress parce que je voulais les récompenser par mes résultats. Et ça, quand je l'ai découvert, j'ai compris que c'était le problème de mon stress, etc. Et en fait, je me suis rendu compte que ce qui compte pour eux, c'est que je sois heureux. Donc, voilà. Mais oui, oui, moi, c'était mon problème. Ils ont tout mis en place et donc tu as envie de les récompenser. Mais ça te met une pression énorme, tu vois. Et au final, tu n'as pas lieu d'être parce que même si tu n'es pas champion du monde, ils seront quand même, ça restera tes parents, ils seront contents pour toi. Si tu fais quelque chose qui te plaît, tu vois, c'est le cas.
- Speaker #0
C'est dingue. C'est dingue ce que tu dis parce que j'ai l'impression qu'il n'y a pas de recette miracle. En mode, soit tu suis à fond ton enfant et c'est génial pour lui parce que du coup, bon. Financièrement il est suivi, émotionnellement il est suivi, mais par contre il a une pression aussi de ouf derrière, dans le sens où il se met la pression pour se dire j'ai envie qu'ils soient fiers de moi et de ne pas les décevoir et qu'ils n'aient pas l'impression d'avoir fait tout ça pour rien. Et à l'opposé, il y a aussi des parents qui sont plutôt absents et les gamins du coup ils se démerdaient à fond, donc c'est une galère, ils ne se sentent pas bien, ils ne se sentent pas reconnus et du coup ils vivent quand même aussi du stress. Mais tu développes des compétences différentes tu vois.
- Speaker #1
Ouais c'est ça, mais on en revient... à la base, c'est que chacun a ses problématiques et il y a des clés pour résoudre toutes les problématiques. Mais c'est clair que, tu vois, en fonction de sa situation familiale, etc., le stress, il va... En fait, il va être généré par d'autres causes et du coup, il y aura d'autres clés pour les régler. Mais je pense que oui, tout est gérable. Tout est gérable. Le principal, c'est de trouver ce qui cause du stress. Et après, je pense que... Enfin, il y a... toujours des solutions et si on ne trouve pas les solutions, il y a les préparateurs mentaux et tout ça qui t'accompagnent maintenant, qui ont tous les outils.
- Speaker #0
Le premier truc le plus important à savoir, c'est que le vrai problème avec le stress, c'est de croire que le stress, c'est un problème.
- Speaker #1
C'est possible, oui.
- Speaker #0
Et quand déjà, tu enlèves ce truc de je stresse, donc c'est un problème, ça t'enlève déjà une épine du pied ?
- Speaker #1
Moi, je crois au contraire que s'il y a du stress, c'est que c'est positif. Parce qu'il y a des phrases, le stress c'est un privilège, mais que je crois de plus en plus. Parce que si tu es face à une situation stressante, je ne sais pas, un examen, une compétition, c'est que tu es quand même à un échelon où tu as l'opportunité de performer. Mais du coup, tu es à un échelon de ta vie ou à un stade qui est important. Tu as déjà accompli, genre là on est stressé parce qu'on est au départ d'une compétition du World Tour. Mais du coup... C'est déjà un privilège, tu vois. On a galéré pour être à ce départ-là, ou tu passes un examen, ouais, c'est un stress. Mais du coup, ça se trouve, ça va te permettre de faire le métier de tes rêves, etc. Je dis les choses bateau, mais parce que ça s'applique pour tout. Ouais,
- Speaker #0
c'est clair. Est-ce que les sponsors, pour toi, c'est une source de stress ? Comment tu abordes la partie financière, toi ?
- Speaker #1
C'est une source de stress, oui et non, parce que je sais qu'un jour, ça s'arrêtera, parce que j'aurai plus de soutien financier. Mais moi, c'est déjà aller au-delà de mes espérances. Donc maintenant, je ne le prends qu'avec du positif. Je me suis toujours dit que si j'étais pro-rider jusqu'à 30 ans, j'aurais réussi. Là, actuellement, j'ai 32 ans et ça continue. Donc pour moi, là, c'est tout bonus. Après, c'est vrai que la conjoncture économique fait que c'est de plus en plus compliqué. Mais moi, j'ai quand même eu la chance d'avoir des belles années. En soi, enfin... Je ne suis pas à plaindre, je ne gagne pas énormément d'argent, mais je vis de ma passion et ça me va, tu vois. Mais c'est clair que pour les jeunes, c'est de plus en plus difficile. Mais je pense que le business model, il a changé. Maintenant, les jeunes, ils s'orientent plus vers des mécènes, etc. pour financer leur saison, alors que nous, on s'orientait plus vers des marques, tout ça. Mais maintenant, les marques, elles ne sont pas assez de moyens ou en tout cas, elles ne les mettent pas sur la jeunesse. Donc, c'est beaucoup plus difficile. d'un côté Oui, j'aimerais gagner plus d'argent, etc. Mais d'un autre côté, je me sens chanceux d'avoir pu profiter de ça parce qu'on était quand même dans une période où il y avait certains budgets, etc.
- Speaker #0
J'ai l'impression qu'il y a différentes façons de voir les choses et tu l'incarnes pas mal dans le sens où il y a des riders qui sont là en mode c'est un dû d'être sponsorisé, genre hier tu fais des performances, donc je dois être sponsorisé, mais qui ne comprennent pas vraiment le game. C'est quoi être sponsorisé ? C'est quoi l'intérêt pour l'entreprise de te sponsoriser ? Donc là, pour la partie juste sponsoring. Et j'ai l'impression que... Je confirme ou t'infirme, mais que toi, notamment avec Victor, vous sortez les doigts en mode, tu sais quoi, si jamais il n'y a pas de marques qui sont chaudes pour nous accompagner en l'état pour nos performances et pour nos comptes Insta, par exemple, on va se démerder pour créer de l'intérêt de la part des autres personnes et donc augmenter l'audience. Finalement, vous prenez plus le taureau par les cornes en faisant ça, en créant votre web série, par exemple, ou en faisant des parts, qu'en attendant de faire des perfs et d'espérer qu'une marque va vous repérer derrière.
- Speaker #1
Oui et non, parce qu'au final, les web séries, c'est financé par des partenaires et que s'il n'y a pas de partenaires, il n'y aurait pas de web séries. Dans ce sens-là, il ne faut pas se voiler la face, mais il faut juste avoir conscience que la conjoncture économique fait que le gâteau s'est réduit. Du coup, il y a moins de budget pour ça et que maintenant, il y a aussi les influenceurs. Tout ça, c'est juste une réalité et il faut juste accepter la réalité. Et une fois que tu as conscience de ça... soit trouver d'autres leviers soit changer si vraiment ta passion c'est être pro rider ou quoi que ce soit maintenant je te dis il y a des business model les jeunes souvent ils sont financés avec des mécènes pour continuer mais il faut juste accepter qu'avant il y avait plus de budget mais parce que l'économie elle était plus florissante et que maintenant c'est plus compliqué mais que et même j'ai envie de te dire Il y en a plein qui croient que parce qu'ils seront sur le World Tour, ça va déclencher des choses et tout, mais pas forcément, tu vois. Et c'est pour ça qu'il faut accepter la réalité que c'est comme ça. Trouver certains moyens de financement, genre il y a par exemple des riders qui travaillent l'été. Tu vois, ça fait chier d'un côté, mais d'un autre côté, ils travaillent l'été pour l'hiver, vivre de leur passion. Enfin, tu vois, il faut toujours, je pense, relativiser, voir le verre à moitié plein, quoi. Mais oui, c'est... Moi, je suis un peu désespéré pour les jeunes d'aujourd'hui, mais je suis sûr qu'ils trouveront les solutions pour se financer. Et il y a un gros potentiel avec les réseaux sociaux, tout ça, tu vois. Mais c'est compliqué.
- Speaker #0
J'étais avec Seb il y a un mois et demi et je lui ai posé la même question. Et vous êtes unanime là-dessus. Et en même temps, Seb Michaud, c'est aussi un des premiers mecs qui a été payé pour ce qui est. Alors, encore une fois, dans une autre conjoncture économique. Mais c'est un des premiers mecs qui a été payé pour ce qui est. Et avant, ça ne se faisait pas. Et pourquoi je te parle de ça ? Parce qu'on ne sait pas ce qu'on ne sait pas non plus. Et peut-être qu'aujourd'hui, on arrive dans une fin de cycle sur un modèle économique. Putain, j'ai l'impression d'être chez BFM Business là.
- Speaker #1
On t'envoie les pieds là.
- Speaker #0
Dans un modèle économique qui a ses limites. Du coup, avec le sponsoring, avec les entreprises qui sont, tu dis, la part du gâteau, elle s'est réduite. Et peut-être qu'on ne sait pas ce qu'on ne sait pas non plus et qu'il y a des nouvelles opportunités à prendre. Et que tout n'est pas, on va dire... tout noir ou tout blanc et que c'est encore possible juste d'une manière qu'il faut être créatif. On est dans des sports, freestyle, freeride, qui sont par essence des choses pour des personnes qui sont créatives. Et pourquoi pas essayer de le mettre en place aussi dans la partie business de carrière ?
- Speaker #1
C'est sûr qu'il y a d'autres dérivés et qu'au final, la compétition, ce n'est pas forcément une fin en soi. Si tu fais de la compétition pour espérer gagner de l'argent après, tu vas droit dans le mur. Si tu as un côté plus créatif, je te conseillerais de t'orienter vers la vidéo et essayer de trouver un business model là-dedans. Au contraire, il y a plein de débouchés. C'est clair qu'avec les réseaux sociaux, il y a une infinité d'options. Mais c'est sûr qu'il y a un truc qui va arriver qu'on n'avait pas vu venir. Ça fait tout le temps ça. Avant, les iPhones, tout ça, on ne pensait pas. Il y a toujours l'IA maintenant.
- Speaker #0
Il y a des trucs qu'on n'a pas vus.
- Speaker #1
Il y a des gens innovateurs et créatifs qui vont créer ce truc, mais même dans le business model. Je suis sûr qu'il y a d'autres trucs que nous, on n'a pas pensé. Et moi, là, je n'ai pas la réponse parce que je ne suis pas assez créatif. Mais moi, en tout cas, actuellement, je me sers de ce que je sais et de chercher d'autres dérivés pour avoir un peu plus de moyens financiers. Mais en l'état, ça me convient.
- Speaker #0
Comme on est sur un podcast de Prêves Mentales, juste... et je... Disclaimer, on parle de ça parce que les croyances que je vais avoir par rapport aux sponsorings et compagnie vont faire que je vais me comporter aussi différemment et dans le sens où je prends l'exemple un peu bateau mais tu vois en après-guerre quand il y a des mecs qui ont dit on va aller sur la lune les gens les ont regardés en mode mais qu'est ce que tu racontes mec sur la lune genre et les mecs ils y ont cru et du coup ils ont fait des choses pour se diriger vers ça et je dis pas tout est beau tout est rose croyez-y et ça va le faire mais juste une chose est sûre c'est que si tu y crois pas ça marchera pas Si tu y crois, t'as déjà un petit peu plus de chance que ça marche.
- Speaker #1
Ah mais c'est sûr. Pour moi, si t'es passionné et que c'est ton rêve de te lancer dans ça, vas-y à fond et de toute façon, tu verras où ça te mène. Tu optimises tes chances de réussite si tu t'engages à 100% dans le truc.
- Speaker #0
Comme toi d'ailleurs avec tes runs, quand tu te dis je donne tout et je donne tout mon potentiel, le max que j'ai aujourd'hui, et si ça pose, je peux être premier, mais si ça ne pose pas, je suis le premier.
- Speaker #1
Pour moi, il faut juste, quelle que soit ta passion, ou ce que tu veux faire, t'engager à fond pour maximiser tes chances de réussite, et après tu verras.
- Speaker #0
Une petite phrase pour la fin ? Petite phrase.
- Speaker #1
Petite phrase, c'était très bien. C'était très bien. Merci. Merci.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Si tu es arrivé jusqu'ici, c'est certainement que tu mets de l'importance sur ce qui se passe à l'intérieur de toi lorsque tu pratiques. Si tu penses que cet épisode peut parler à quelqu'un de ton entourage, n'hésite pas à lui partager. Et tu peux aussi mettre la note de 5 étoiles sur le podcast. Ça te permettra de toujours avoir des invités aussi ouf. Tu peux aussi me retrouver sur Instagram à TomRDS, pour plus de contenu sur la prép mentale. Ciao !