- Speaker #0
On a tout le temps envie que les choses arrivent de suite, mais c'est pas comme ça, surtout le travail en pratique mentale. Tu dois vraiment travailler, voir des choses, essayer et vraiment les avoir en toi pour que ça fonctionne vraiment. Donc en fait ça met vraiment un an. Je suis pas là pour ça, je suis là pour courir. Ma place elle est en finale, elle est pas à être en bas, à regarder la course. Je peux être à la maison. Je me suis dit, je ne veux plus jamais revivre ça, donc je vais essayer de travailler autrement. J'étais refait de faire des runs avec des mecs trop forts. C'est comme ça aussi que tu développes, tu apprends, au contact des gens qui sont vraiment plus forts. Donc quand tu es plus petit, je n'ai jamais eu ce stress de me dire « putain non, je n'ai pas envie de faire un run avec lui » . Justement, si c'est possible, j'y vais, même si je me fais exploser.
- Speaker #1
Bienvenue dans l'appel du drop, le premier podcast de freeride qui t'aide à gérer ton mental et envoyer tes meilleurs runs. Moi c'est Tom Rodriguez, le préparateur mental des riders. Ici, on parle sans filtre de ce que tu vis quand t'es en haut d'une face ou au départ du parc. Ce moment où t'as le choix entre écouter tes peurs ou suivre l'appel du drop. Ensemble, on va apprendre à gérer la pression à avoir en run en s'inspirant des conseils et retours d'expérience des meilleurs riders pour enfin faire sauter tes blocages et montrer de quoi t'es vraiment capable. Je t'embarque avec moi, 3, 2, 1, c'est parti ! Boum ! C'est parti avec Quentin Sodega, équipe de France A de Snowboard Cross et Bank Slalom aussi évidemment.
- Speaker #0
Non, pas de Bank. Oh ! Non, non, non.
- Speaker #1
Direct, on met les bases. Ok. C'est que en parasnow qu'il y a les deux qui sont...
- Speaker #0
C'est exactement ça. C'est que en paras, ouais. Nous, on n'a que du Border Cross.
- Speaker #1
Ok, à fond les ballons quoi. T'es de la Clusa, on est chez toi dans ton home spot. Il neige, il fait froid. Comment tu vas ?
- Speaker #0
Eh ben écoute, ça va super. Tant d'être là avec toi et puis voilà, parler un peu de... Un peu de tout ça.
- Speaker #1
Yes, t'as le bras de micro en face de toi, t'as le casque, t'es bien installé, on est bon ?
- Speaker #0
Tout bon. Petit soleil sur le visage, ça fait du bien, ça réchauffe un peu. C'est stylé, c'est stylé.
- Speaker #1
On commence avec la première question qui m'est souvent mal à l'aise, mais tu t'es un peu préparé, je te l'ai envoyé ce matin, 5 minutes avant le début de l'interview. Qu'est-ce que j'ai besoin de savoir de toi pour comprendre l'homme que j'ai en face de moi ?
- Speaker #0
Eh bien écoute, moi du coup je suis Quentin Sodega, j'ai pas un parcours un peu comme tout le monde ici, je suis né en région parisienne, donc voilà j'ai grandi en région parisienne, fait beaucoup de sport, touché à tout, j'ai beaucoup fait de short track parce que mes parents étaient entraîneurs et aussi athlètes de haut niveau avant, donc j'ai commencé le snowboard assez tard, donc voilà. Je commençais vers 9 ans quand on est arrivé dans la région.
- Speaker #1
Ok, donc vous êtes arrivé à la Clue Directe ?
- Speaker #0
Non, à Tône. Arrivé à Tône. On a bougé un peu à Tône, après à Villars-sur-Tône et maintenant à la Balme de Thuy. Donc voilà, parcours un peu atypique. Plusieurs origines, je suis franco-suisse-togolais, donc trois origines. C'est sûr que des Africains, on n'en voit pas beaucoup dans les sports d'hiver, donc ça aussi... C'est une fierté pour moi. Et puis voilà, je fais du snowboard. J'ai un peu touché à tout, un peu de freestyle. Mais j'étais vraiment pas bon. Je prenais du plaisir, mais j'étais pas bon. Du géant. Et puis après, je me suis spécialisé dans le snowboard cross. Maintenant, je suis en équipe depuis plusieurs années.
- Speaker #1
Yes. C'était comment pour toi l'école ?
- Speaker #0
L'école, j'ai été à Tône, en section aménagée. Donc j'allais au snow le mardi après-midi et mercredi.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Donc j'étais libéré, donc ça, et après je suis rentré en parcours spécifique quand j'ai été pris à la FEDE, donc à partir du lycée.
- Speaker #1
Donc là, juste pour que les personnes y comprennent bien, t'as 23 ans aujourd'hui, ça fait combien de temps que t'es à la FEDE ?
- Speaker #0
Là ça fait, vraiment à la FEDE, ça fait depuis que j'ai 15 ans, donc ça fait 8 ans on va dire.
- Speaker #1
Parcours comité ?
- Speaker #0
Comité, y'a pas trop en snow. J'ai fait des stages en comité mais j'ai pas, enfin, on a pas vraiment, c'est pas comme en ski alpin, tu vois, où vraiment tu veux... t'entraînes tout le temps avec le comité. Mais on rentre à la FED en groupe relève en seconde, quoi, quand on rentre au lycée.
- Speaker #1
OK. Comment t'as découvert le snowboard cross ? Parce qu'à la plus haute, il n'y a pas de border.
- Speaker #0
Eh ben, avant, j'étais au Grand Bordant. Quand je suis arrivé, en fait, j'étais au club du Grand Baud. J'ai fait quelques années au Grand Baud et là-bas, c'est plus un club de border. Donc, on faisait beaucoup de border et de géants. Puis à un moment, j'avais envie de changer, de faire autre chose, de faire plus de freestyle. Tu vois, de prendre plus de plaisir. En plus, tu vois, s'amuser avec les potes, être moins race, quoi, en gros. Et donc, je suis parti, je suis venu à la Clusaz. Et là, je me suis régalé. On faisait beaucoup plus de freeride. On faisait beaucoup plus de park. Je me régalais.
- Speaker #1
Tu étais avec qui comme entraîneur, Loulou ?
- Speaker #0
Non, j'étais avec Toto, Olivier Tovex. Yes. On se régalait. C'était la bonne époque, ça.
- Speaker #1
Yes. Trop stylé ! Tu l'as rencontré comment ? Au club directement ?
- Speaker #0
Ouais, au club. Quand je suis arrivé, j'avais un pote, Loïc Deschaux, qui fait maintenant du wakeboard. Je pense que...
- Speaker #1
Il est blessé en ce moment ?
- Speaker #0
Ouais, il est blessé. Il a eu un accident de moto il n'y a pas longtemps. Mais machine de wakeboard, champion du monde, c'est une grosse machine. On était hyper potes. Et lui, on a eu la même trajectoire. Il était au Grand-Beau, il est parti à Clusaz, donc j'ai eu un peu son image. Et on s'est tout le temps entraînés ensemble quand on était petits, donc voilà, je l'ai rejoint et on s'est régalé, on a vécu des années de fou.
- Speaker #1
Yes ! Donc du coup là t'as tes parents qui sont deux athlètes de haut niveau, ils étaient bien évidemment plus en carrière quand t'es né j'imagine ? Non, non, non,
- Speaker #0
ils étaient plus en carrière.
- Speaker #1
C'était quoi l'impact sur toi d'avoir des parents qui... Qui savent ce que c'est le haut niveau et qui font un bal de sport ? Est-ce que c'est des parents qui t'ont poussé à fond ? Est-ce que tes parents au contraire, ils étaient en mode fais tous les sports que tu veux du moment que c'est un sport ?
- Speaker #0
Franchement, ils étaient méga ouverts. C'était naturel pour moi de faire du sport en fait, vu que tout tournait autour du sport. Quand j'étais petit, ils étaient du coup coach. On m'a toujours raconté ça, j'avais quelques mois. Ils me mettaient sur une protection au milieu de la patinoire et moi j'attendais que l'entraînement se passe, j'étais tout petit. Ils m'ont mis des patins, je ne devais même pas avoir un an. Dès que j'ai su marcher, ils m'ont mis des patins et j'étais toujours là. C'était vraiment naturel pour moi, j'étais tout le temps dans le truc du sport. J'ai commencé le short track et je ne sais pas vraiment comment j'ai voulu tout tester. Mon tonton aussi était maître nageur, lui aussi il était avant dans le patinage et il était maître nageur donc j'allais souvent à la piscine avec lui, après à nager j'allais au baby gym avec lui je passais beaucoup de temps à la patinoire et mon non-tonton il est prof de tennis il gérait un club le Baus pareil j'allais faire du tennis j'ai un peu 3 sports je pense que c'est comme ça que... Mon amour pour le sport a commencé. Après j'ai touché à tout, j'ai fait du foot, du basket, du judo, du vélo. Grand passionné de vélo. Je suis grand passionné de vélo.
- Speaker #1
Route ou vélo de descente ?
- Speaker #0
Vélo de route. Je fais un peu de VTT de descente aussi mais un peu moins. Mais ouais, vélo de route j'adore. J'adore depuis, je sais pas, j'ai dû commencer à 5 ans. J'étais en club, j'ai fait un peu de club quand j'étais à Paris. Quand je suis venu ici, j'ai arrêté pour le snow.
- Speaker #1
Ok. Et qu'est-ce qui se passe du coup entre le moment où tu fais du freestyle et tu me dis que tu kiffes ça quand t'es au grand beau, le moment où tu te mets à faire du border de manière plus sérieuse ? C'était quoi ta... je peux pas dire ta logique mais ta... Comment tu voyais les choses et pourquoi t'es parti sur le border alors que tu kiffais le freestyle ?
- Speaker #0
Eh ben... bonne question. Déjà j'ai toujours été attiré par la compétition. Dès que j'ai commencé au grand beau, j'ai assez rapidement commencé les compètes et je me suis pris au jeu. Et là, déjà en slop, je prenais du plaisir, mais j'étais vraiment pas bon, je pouvais rien espérer. Et puis ça m'a quand même beaucoup aidé de faire du freestyle pour tout ce qui est... En border, il y a beaucoup de sauts, il y a beaucoup de phases aériennes et ça m'a quand même beaucoup aidé. Sur l'engagement, sur la peur, tout ça. Et ouais, en fait, je continue à faire du border, même en étant à la Clusa. Au club, j'étais assez bon. Ça ressemble un peu au short track. On est quatre au départ, c'est les deux premiers qui passent à chaque fois. C'est un sport de contact et c'est ça que j'aime. Il y a de la vitesse, de l'engagement, de la confrontation. C'est ça qui m'a vraiment plu.
- Speaker #1
C'est à quel moment que tu as compris que tu avais un truc à faire dans le snowboard cross ?
- Speaker #0
Bonne question ça.
- Speaker #1
On n'est pas obligé de répondre du tac au tac.
- Speaker #0
Franchement, je pense que vers 14 ans, quelque chose comme ça. Quand j'étais sur le circuit Kids, on appelle ça en snow, c'est jusqu'à minimum 2, il me semble. C'est peut-être Benjamin 2, minimum 1 que j'ai compris quand je commençais à faire des bons résultats aux championnats de France ou sur le circuit. Et que là, je me suis dit qu'il y avait quand même quelque chose à faire.
- Speaker #1
A quel moment l'a fait d'être repère ?
- Speaker #0
Il me repère en minime, je pense. Je pense qu'ils avaient déjà un œil sur moi. Quand ils venaient au championnat de France, il y avait toujours les coachs des équipes qui étaient là pour un peu regarder. Mais je pense que les sélections se sont faites en tout cas en minime deux, juste avant de rentrer dans les groupes.
- Speaker #1
Ok, tu as changé beaucoup de coachs. entre tes 15 ans et tes 23 ans ?
- Speaker #0
J'ai changé... En fait, je suis passé par plusieurs groupes. Je suis passé par le groupe Relève, Coupe d'Europe et après Coupe du Monde. Donc en Relève, j'avais un coach. J'ai fait un deuxième coach en Coupe d'Europe. Là, on en avait deux. On avait deux coachs. Et après, en Coupe du Monde... J'ai eu plusieurs coachs différents, donc j'ai eu, je dirais, 6 coachs différents, je pense.
- Speaker #1
Ok, et comment ça se passe pour toi quand tu changes de coach ? Du coup, tu as tes habitudes avec un coach, il te connaît, et là tu repars entre guillemets de zéro avec un autre. C'est quelque chose que tu aimes bien toi ou quelque chose qui te saoule ?
- Speaker #0
Vu que là, ça fait un moment que je n'ai pas changé, c'est un peu difficile d'y répondre, mais en vrai, moi je m'adapte quand même assez bien. Assez bien à tout, j'ai... Pas trop de mal et puis je sais pas, j'ai jamais eu de problème avec un coach ou quoi, je me suis toujours bien entendu avec tout le monde et non, après il y a toujours du lien entre les coachs en général donc ça a jamais été trop compliqué.
- Speaker #1
Là qui est-ce qui t'entraîne en ce moment c'est Nelly à 100% ou ?
- Speaker #0
Il y a Kevin, Struckel et Nelly Moenlocoz qui est aussi athlète.
- Speaker #1
Ouais athlète de haut niveau aussi. Et t'as commencé la préparation mentale, à quel moment tu t'es dit ça pourrait être intéressant ? Juste avant de répondre à la question, est-ce que tu peux, pour les personnes qui ne connaissent pas le border cross précisément, expliquer les règles et comment ça se passe ?
- Speaker #0
Le border cross c'est un sport de snowboard, aussi en ski, le ski cross mais c'est quand même mieux en snow. Donc on est quatre dans une gait de départ. Il y a une porte qui donne le départ, elle tombe un peu comme en BMX. En gros c'est un peu comme du BMX mais l'hiver. On part à 4 et il y a des rollers, des mouvements de terrain, des virages, des sauts. C'est les deux premiers qui arrivent en bas qui passent chaque tour. Ça commence en 8ème de finale pour aller jusqu'en finale. Les deux premiers qui passent en 8ème et ainsi de suite, en quart, demi et puis finale. Et voilà, et puis après, podium, 1, 2, 3.
- Speaker #1
Yes, ok.
- Speaker #0
Et 4 aussi.
- Speaker #1
4 aussi ?
- Speaker #0
Médaille en chocolat.
- Speaker #1
Merde, j'ai perdu le fil avec la touffe. Tu vois ça par exemple, on va couper.
- Speaker #0
Et puis avant, il y a des qualifications.
- Speaker #1
T'as combien de runs durant la compétition ? Aller sur deux jours à la compéd, aller sur une journée ?
- Speaker #0
En gros, on arrive, en général, quand c'est en Europe, on arrive le mardi. Le mercredi on appelle ça les testings, donc il y a quelques athlètes qui sont sélectionnés pour faire un crash test du border, voir si tout passe bien. Ils font deux runs. Ensuite le jeudi c'est les trainings officiels, du coup on a trois runs, tout le monde a trois runs pour un peu s'accommoder à la piste, c'est pour un peu la sécurité aussi, pour pas qu'on s'envoie et qu'on se crash tous. Le vendredi c'est les qualifs donc là on a un entraînement avant la qualif et un ou deux runs. En gros le premier run ils en sélectionnent 20, les 20 ils sont qualifiés d'office et après tous les autres ils refont un deuxième run et là ils en reprennent 12 pour faire 32. Chez les filles c'est 16 du coup 32 chez les gars et 16 chez les filles. Et ensuite samedi la course les finales donc les 32 et les 16 ils sont répartis par rapport à la qualif de la veille. Après il y a des runs de 4, donc c'est un peu tout mélangé par rapport à la qualif' de la veille. Et des fois on a une deuxième course le dimanche.
- Speaker #1
Donc c'est un effort qui est long, qui est étalé sur la journée en tout cas. Tu peux foirer un run, être mieux pour le run d'après, être vraiment égalard même si tu passes les qualifs. Comment ça se passe pour toi quand tu... Quand t'es en galère, tu fais une manche de merde pour te remobiliser pour celle d'après ?
- Speaker #0
On fait un sport quand même où même si on peut ne pas très bien rider, on peut réussir à passer parce qu'il y a toujours des faits de course, il y a toujours des choses qui se passent dans un run. Des fois tu peux être troisième et te dire juste avant la ligne d'arrivée je vais jamais passer et puis le mec il se boit devant toi, du coup tu passes deuxième.
- Speaker #1
J'ai rêvé ça !
- Speaker #0
Non, ça ne m'est jamais vraiment arrivé, mais c'est déjà arrivé à d'autres personnes.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Mais du coup, il faut quand même se remobiliser parce qu'après, tu passes un run. Même si tu n'as pas bien rideé celui-là, il faut que tu te remobilises. Moi, j'essaye de refaire le vide, de passer à autre chose, de ne pas rester sur ce qui s'est passé avant, de toujours aller vers l'avant et de ne pas ruminer sur ce qui se passe avant. tu... Tu sais pourquoi t'es là, enfin je sais pourquoi je suis là, j'essaye de penser aux choses positives en fait, de mettre tout ce qui est négatif de côté et pas y penser quoi.
- Speaker #1
Ok, et est-ce que ça peut t'aider parfois de justement penser aux trucs négatifs mais genre très brièvement en disant ok ça c'était de la merde, c'était de la merde, maintenant je vais faire comme ci comme ça ?
- Speaker #0
Ouais. Bah oui parce que forcément t'en as des pensées négatives mais il faut essayer de les balayer le plus rapidement possible quoi en fait.
- Speaker #1
T'es trop cool comment tu t'y prends ça c'était naturel chez toi ou c'est depuis que tu bosses en préventale ou c'est ?
- Speaker #0
Non c'était pas naturel non j'avais tendance tu vois quand je faisais une mauvaise course à rester un peu dessus pendant un petit moment mais...
- Speaker #1
C'est vraiment est-ce que moi t'es coupé mais c'était quoi c'était tu pétais un cap t'étais vénère fallait pas te parler ou juste t'étais triste comment ça se met ?
- Speaker #0
Ouais, j'étais vénère, ouais. J'étais vénère. Après, ça passait... Je sais pas en combien de temps, mais tu vois, en plusieurs heures quand même. Et puis ça dépendait des personnes. Il y en a, j'avais pas du tout envie de leur parler. Il y en a, tu vois, ils me parlaient, ça allait, tu vois. Il y en a, putain, ils me parlaient, j'avais juste envie de leur dire, mais vas-y, laisse-moi tranquille. Mais ouais, c'est plus récent depuis que j'ai commencé à travailler en prep mental, de voir un peu comment le cerveau fonctionne. Je trouve ça hyper intéressant, même dans la vie de sportif et aussi au-delà. Et moi, c'est... de te rendre compte et de comprendre comment le cerveau fonctionne. Et du coup ça te permet d'avoir conscience de certaines pensées et de pouvoir passer à autre chose plus rapidement.
- Speaker #1
Tu peux nous partager ou pas, comment ça se passe pour toi quand tu fais le vide ? Comment tu t'y prends pour réussir à balayer des pensées ? Il y en a plein qui subissent leurs pensées plutôt qu'ils les utilisent. Comment tu fais toi pour faire ce vide-là et te remobiliser ensuite ?
- Speaker #0
Au début j'y pensais beaucoup. Et maintenant, j'y pense quand même vraiment moins. Je pense que ça se fait un peu plus naturellement. Mais des fois, quand même, quand... Je ne sais pas, je prends un exemple, il fait mauvais. Il fait moins 15, il y a du vent, tu n'as pas envie d'être là. En entraînement, par exemple. Putain, moi, ça, ça me flinguait le moral avant. J'avais juste envie de rentrer, je n'avais pas envie d'être là. Même si tu sais pourquoi t'es là, parce que t'as envie de t'entraîner, t'as envie de progresser, mais putain, y'a des journées, des fois, t'as pas envie d'être là. Donc, ben en fait, du coup, tu te dis, ben, en fait, ça sert à rien de rester 15 ans sur ce truc-là. T'es là, tu sais pourquoi t'es là, tu t'entraînes. Donc, de toute façon, de dire, ben, fais chier, j'ai envie de redescendre, ça sert à rien, parce que tu vas pas redescendre, tu vas rester là-haut. Tu vas t'entraîner comme tout le monde. Et en fait, au lieu de rester sur ce truc négatif, ben, dire, ben, c'est comme ça. bâche. profite, je prends ce qu'il y a à prendre et demain j'espère que ce sera mieux et voilà c'est trop cool.
- Speaker #1
C'est à quel moment toi que tu t'es dit je vais passer le cap de la preuve mentale ?
- Speaker #0
la première fois la première fois je pense que c'était peut-être les coachs qui m'en ont parlé mais au début je voulais pas trop faire Je... C'était un peu tabou, maintenant ça l'est quand même vraiment moins. Avant c'était un peu plus tabou, t'avais l'impression que t'étais un peu différent, c'est un peu comme un psy. Alors qu'au final, y'a rien de mal à faire ça, justement c'est trop cool. Et ouais, j'ai vraiment eu du mal. Et puis après, ce que je trouve qui est dur, c'est de trouver la bonne personne. T'as quand même beaucoup de personnes et c'est quand même hyper personnel. Donc tu vois, la Fede, il m'avait... J'ai passé une liste avec plein de prép mentaux. Mais sauf qu'il y en avait 15. Et comment tu fais ? Tu ne vas pas tous les tester. Donc tu en prends un au hasard, ce que j'avais fait. Et j'avais fait quelques séances. Et au final, au début, j'étais refait. C'est trop cool. Mais au bout d'un moment, je n'avais pas trop accroché. Donc j'avais arrêté.
- Speaker #1
C'était sa méthode ou c'était... La relation que vous aviez avec ce PrEP ?
- Speaker #0
Bonne question. Je pense que c'était la méthode. Au début, j'avais appris des trucs vraiment cool, sauf qu'à un moment, j'avais l'impression que ça tournait un peu en rond et que ce n'était pas hyper concret. Et du coup, ça m'avait un peu freiné. Et là, après, par contre, j'ai mis peut-être un an et demi à retrouver un autre.
- Speaker #1
Donc là, juste pour comprendre, t'es quoi ? T'es en Coupe d'Europe à ce moment-là ? T'es en équipe relève ? T'es en équipe B ?
- Speaker #0
Euh... à ce moment là c'est une bonne question. J'étais euh... j'étais... je pense que je venais de rentrer en... sur le circuit coupe du monde je pense. Ouais.
- Speaker #1
Ok. Et c'était quoi le déclic de... tu m'as dit que c'était la fédé qui t'avait conseillé, mais toi à quel moment tu t'es dit ouais c'est vrai que ça pourrait être intéressant, sur quoi tu voulais bosser en gros quand t'es arrivé avec ce... cette idée ?
- Speaker #0
Bah honnêtement, je savais pas trop.
- Speaker #1
Ok. Mais euh...
- Speaker #0
On m'a dit que c'était bien de travailler là-dessus, que ça pouvait t'aider à avoir moins de pression, à mieux gérer les choses. Mais j'y suis allé et il me semble que je lui ai dit, en fait, moi, je ne suis pas trop... Je viens là pour bosser quelque chose d'autre, mais franchement, vers quelle direction je veux aller, je ne sais pas du tout. Je viens un peu pour tester. Et après, après, après, ouais.
- Speaker #1
Tes parents ils ont pensé quoi de ça, de la preuve mentale ?
- Speaker #0
Ils n'avaient pas trop d'avis, pas trop d'avis. Ils ne m'ont pas freiné, ils ne m'ont pas forcément poussé. Peut-être un petit peu quand même, mais ils ne m'ont pas trop poussé non plus. Ils ne m'ont pas dit, il faut absolument que tu en trouves un, dépêche-toi, c'est game changer. Mais ils m'accompagnent, un peu comme d'habitude, ils m'accompagnent tout le temps. dans les bons, les mauvaises choses quoi. Mais non, ils ne m'ont pas forcément poussé.
- Speaker #1
Ok, et c'est donc du coup un an et demi après, en parlant avec Kadhi.
- Speaker #0
C'est ça. Du coup, je me suis dit qu'à un moment, il fallait que je travaille. À un moment, j'ai vraiment compris qu'il fallait vraiment que j'ai quelqu'un pour développer plein de choses. J'avais du mal à... Tu vois, j'étais assez bon sur les entraînements et sur les courses un peu moins. Je pouvais avoir du stress parfois, surtout quand mes parents venaient en compétition. J'étais quand même vraiment stressé. Je ne les ai jamais pas trop le dire. Je ne les ai pas trop, mais...
- Speaker #1
Ça se voyait ou pas ?
- Speaker #0
Je ne sais pas si ça se voyait. Je ne pense pas que ça se voyait trop, non.
- Speaker #1
Tu faisais...
- Speaker #0
Ouais. Et puis, je voulais aussi, à ce moment-là, avoir un peu une routine de départ. Je testais un peu par moi-même, mais je ne savais pas trop dans quel état il fallait que je sois avant un départ. J'essayais, je me disais, ça, c'est pas mal. Je réessayais, je me disais, oh non, pas ouf.
- Speaker #1
Ok, comment tu faisais pour changer d'état ?
- Speaker #0
Bah, je sais pas, un peu avec la musique des fois, tu sais, je me mettais dans un mood un peu chill avec de la musique. Des fois, j'écoutais un peu plus d'électro, tu vois, pour me mettre un peu plus, un peu plus, comment, énervé, entre guillemets. Ouais, puis après, avec des pensées, des choses comme ça.
- Speaker #1
Ok, et du coup, l'aventure, c'est quoi l'état qui t'aide le plus quand t'es au départ pour réussir à perfer ?
- Speaker #0
D'être chill, ouais. Franchement Moi il faut que j'ai le moins de Comment ? Moins de pression Un peu comme tout le monde mais il faut que je prenne le truc Comme un jeu un peu Que je sois en coupe du monde Ou en coupe d'Europe Il faut que j'oublie un peu l'événement Et que je sois un peu comme un training Vraiment que je prenne le truc Que je me régale Que je prenne du plaisir Vraiment que je prenne du plaisir avant tout et puis après le résultat il vient avec ou pas. Mais d'abord prendre du plaisir.
- Speaker #1
Ça m'intéresse, c'est un truc direct. Là tu te dis on s'en fout de l'événement un petit peu. Enfin on se comprend quand on dit on s'en fout.
- Speaker #0
Mais ça c'est dur à faire ça.
- Speaker #1
On va ça parce qu'il y en a plein qui disent bah ouais mais moi j'aimerais bien me dire qu'on s'en fout. Mais je m'en fous pas là j'ai fait le déplacement. J'ai tant de personnes qui me suivent, il y a mes parents qui sont là, il y a mes sponsors, il y a ci, il y a ça.
- Speaker #0
Ça, c'est vraiment dur parce que surtout que moi, j'aime beaucoup le sport en général. Donc, je regarde beaucoup le sport. Donc, tu vois, tous les gros événements, je les suis beaucoup. Donc, je sais ce que ça représente. Et de me dire du coup, en fait, je suis sur une Coupe du Monde. J'ai des objectifs hyper élevés, mais j'oublie que c'est une Coupe du Monde. Genre, j'y vais vraiment tranquille. Comment je le fais ? Je pense que ça, ça vient aussi un peu avec l'expérience. Ça fait quand même un petit moment que je suis sur les Coupes du Monde. Donc j'ai moins cette pression du début, moins impressionné. J'ai plus l'habitude. Mais en fait, les mecs, je commence à les connaître. Et puis je me connais beaucoup mieux moi aussi, c'est surtout ça. Moi, je me connais beaucoup mieux. Je sais ce que je vaux. Je sais mes qualités, mes défauts. Vraiment, je me connais beaucoup mieux. C'est ça. Du coup, tu regardes le mec à côté de toi et quand tu es plus petit, tu es un peu impressionné. Maintenant, plus quoi. Tu es concurrent, mais je ne me trouve pas plus petit que, plus grand que.
- Speaker #1
En niveau ou en taille EURL ?
- Speaker #0
En niveau. En niveau. Oui, en niveau. Parce que je suis quand même petit moi. C'est pour ça que je te dis ça.
- Speaker #1
Et c'est un avantage ou un inconvénient d'être petit ? Non,
- Speaker #0
c'est pas forcément un avantage. C'est mieux d'être grand quand même. Il y a des avantages et des inconvénients à tout. Mais non, il vaut mieux quand même être grand. Tu as plus de débattements. Puis quand tu es grand, tu es un peu plus lourd aussi. Donc ça va un peu ensemble.
- Speaker #1
Et du coup, tu disais que ça fait un bout de temps que tu es sur le circuit de coupe du monde, que tu connais bien les mecs à côté. Comment tu fais pour ne pas tomber en surconfiance ? Je sais que parfois, il y en a en séance qui me disent « Lui, je suis censé le battre, je l'éclate à chaque fois. » Donc tranquille, chill, tu vois. Et finalement, ils peuvent se faire manger à ce moment-là. Comment ça se passe pour toi ?
- Speaker #0
Déjà, de notre sport, du border cross, je pense que tu ne peux pas trop rester dans cette pensée-là parce que chaque parcours est différent et chaque run est différent et il peut se passer mille trucs dans un run. Donc en fait, même si le mec derrière toi, tu sais que tu es plus fort que lui, et bien, j'en sais rien, avec la spie, tu vois, ou toi tu fais une graille, ou avec la spie, machin, il peut revenir à côté de toi, ou un jour toi t'es moins bien, ou un jour lui il est à son prime, tu peux pas trop savoir, donc en fait, il vaut mieux se focaliser sur soi-même. Tu sais ce que toi, encore une fois, tu sais ce que toi, ce que tu sais faire, ce que tu peux faire, et un peu... Ouais, faire abstraction de ce qu'il y a à côté. Alors ? Pas trop parce que du coup t'es avec 4 personnes dans un run, faut quand même que t'analyses un peu le comportement des autres pour t'adapter à chaque situation, trouver des places pour doubler, des endroits pour doubler. Et des fois ça se passe en un claquement de doigts, faut prendre une décision hyper rapide, donc faut quand même avoir un oeil sur les autres, mais quand même en ayant une bulle sur soi-même.
- Speaker #1
Comment ça se passe dans la gate, avec les mecs à côté, t'es un peu en mode, tu sens qu'il y a une maxi-concurrence et vous êtes presque ennemis sur le moment ? Ou juste c'est des potes et... C'est quoi l'ambiance qu'il y a au départ ?
- Speaker #0
Moi je suis pas du tout... Ça dépend vraiment des personnes, moi je suis pas du tout dans la guerre, tu vois. Je suis pas du tout là-dedans. Il y en a qui... Parleront pas du tout avant le départ, tu vois. Genre ils te regardent un peu, genre ils essayent de t'impressionner.
- Speaker #1
Ok. Ça marche sur toi ?
- Speaker #0
Non, pas du tout. Moi ça me fait rire, tu vois. Je me dis, lui il a vraiment envie de... De me niquer, tu vois. Ça me fait rire. Mais non, moi, je suis vraiment genre... Je parle normal, tu vois. Souvent avec mon technicien. Un technicien qui est dans le départ, souvent on se raconte des blagues, tu vois. Mais genre, je sais pas, 1h30 du départ, quand je suis en train de chausser, tu vois. Il me fait rire, je le fais rire, tu vois. Et c'est souvent des petits moments comme ça. Mais d'avoir le sourire, en fait, avant le départ, ça, c'est un truc vraiment qui est à moi, que j'aime vraiment, tu vois. T'as le sourire, t'es heureux d'être là. Et finalement, après, tu pars dans ton run, tu te régales, tu prends du plaisir. C'est plus facile à prendre du plaisir quand tu souris quand même.
- Speaker #1
C'est vrai. Tu as testé plein d'états internes. Si tu étais plutôt en colère, si tu étais plutôt énervé, comme tu disais, plutôt chill. Ce qui marche le mieux pour toi, c'est d'être chill et en même temps d'avoir un haut niveau d'énergie en toi. Comment ça se passe ?
- Speaker #0
Le haut niveau d'énergie, ça vient un peu naturellement parce que... Bah je sais quand même, enfin même si tu vois tu fais un peu... Tu ne penses pas forcément à l'enjeu, tu sais quand même où tu es et tu gardes quand même tes objectifs en tête. Au départ, tu n'y penses pas là, mais au fond de toi, tu sais ce que tu as envie de faire sur cette course. Tu sais que tu as envie de tous les battre. Même si tu es chill, on ne dirait pas, mais au fond, tu as vraiment envie de tous les battre. Donc ça vient un peu naturellement, ça en fait. C'est plus naturel.
- Speaker #1
Comment tu switches quand tu es... Quand t'es dans une énergie un peu pas top qui va pas t'aider, t'arrives à switcher rapidement ou pas ?
- Speaker #0
Eh bah ça j'ai des petits outils.
- Speaker #1
Trop bien.
- Speaker #0
Des petits outils que j'utilise au départ. Bon en vrai ça m'arrive quand même rarement de les utiliser. Mais je les ai quand même avec moi. Des trucs pour un peu te switcher de mood. En fait de te mettre dans un état d'esprit ou de repenser à un moment où tout s'est trop bien passé. Tu vois, je ne sais pas, une course, il y a X nombre de temps, où j'ai l'impression de me régaler, d'être au top de mon art, quoi, en fait, tu vois. Et de penser à ça, du coup, ça te fait switcher un petit peu, ça te remet dans le mood et t'arrives à changer d'état un peu avec ce genre de choses.
- Speaker #1
Trop chouette.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Ça, tu l'as appris tout seul ou t'as vu ça avec ton prêtre mental ? Non,
- Speaker #0
non, avec mon prêtre mental, ouais. On a créé un peu des outils, différents outils pour différentes situations.
- Speaker #1
Trop cool ! D'ailleurs, petite question que je pose souvent aux personnes qui sont accompagnées en PrEP mental, c'est pour les personnes qui nous écoutent, comment on fait pour choisir son ou sa PrEP mental, selon toi ? C'est quoi les indispensables pour que ça se passe bien ?
- Speaker #0
Les indispensables ? Je pense que c'est vraiment compliqué quand même. C'est compliqué, il faut tester en fait. Il faut tester. Pour moi, il faut qu'il soit à l'écoute, qu'il soit... qu'il réponde un peu à tes attentes quand même. Quand tu arrives... quand tu débutes, des fois tu arrives, tu sais pas trop ce que tu veux donc là c'est un peu compliqué, tu vois. Mais il faut qu'il arrive à bien te cerner. Je pense que ça, ça c'est important. Et je pense qu'un bon prép mental... Il peut te dire, toi, tu as un profil que je peux accompagner, je sais comment te faire grandir ou pas. Et si pas, peut-être te rediriger vers quelqu'un d'autre dans son réseau qui serait mieux pour toi. Je pense que qui te cerne bien, je pense que ça, c'est quelque chose de principal.
- Speaker #1
Qui connaisse ses propres limites aussi et qui dit, je t'accompagne, mais je t'accompagne à 100% ou je ne t'accompagne pas.
- Speaker #0
et puis il y a aussi par exemple tu peux faire 10 ans avec un prep mental et puis il y a au bout d'un moment arriver au bout et que lui même il te dise vas voir lui parce que peut-être qu'il te correspondra mieux c'est même ça en fait d'avoir plusieurs prep mentaux ouais
- Speaker #1
mais ouais c'est un peu ça c'est un sport d'imprévu de ouf toi ce que tu fais c'est à dire que t'as 3 trucs que tu contrôles pas c'est les mecs qui sont à côté ouais Tu parlais des faits de course tout à l'heure L'imprévu c'est un peu comme une norme pour toi Comment tu l'acceptes ? C'est à dire que par exemple tu peux te faire manger dans un virage Comment tu acceptes ça et comment tu fais Pour continuer à aller de l'avant à ce moment là ?
- Speaker #0
Bah ça dépend des fois Des fois c'est un peu plus compliqué que d'autres Quand tu fais des erreurs Quand tu te fais doubler A la régulière en soi Que t'as tout donné Tu ne peux pas avoir de regrets. Donc au final, tu te dis, bon, OK, je le garde dans mon bagage. Je sais que ça s'est arrivé. Je vais travailler là-dessus pour progresser et que ça n'arrive plus la prochaine fois. Mais des fois, c'est plus toi qui as fait une erreur. Et là, ça fait un peu plus chier quand même. Tu vois, au moins, tu sais pourquoi c'est arrivé. Pareil, après, tu peux retravailler. Mais là, c'est un peu là où c'est le plus dur.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Parce que t'es pas allé au bout de ce que tu pouvais donner. Et donc c'est là où tu peux un peu plus ruminer et galérer. Et c'est là aussi où, du coup, le truc de balayer un peu plus rapidement les pensées négatives, c'est hyper important, tu vois, de pas rester trop sur le mood actuel, quoi. Essayer de... Tu t'analyses rapidement, en fait. Tu comprends pourquoi. Ça, c'est négatif. Ok, c'est négatif. je le balaye, je le transforme en quelque chose de positif, tu vois. Et du coup, tu vas vers l'avant et tu repars au combat.
- Speaker #1
Tu repars au combat. Ouais,
- Speaker #0
c'est ça.
- Speaker #1
Yes, ok, trop cool. Merci de ta réponse.
- Speaker #0
Tu vois, j'ai un peu... cette image de... On le voit des fois sur les réseaux, des grands champions comme Joko, Rafa, les mecs comme ça, ou Jordan, qui disent combien de points j'ai loupé. Moi, à mon niveau, j'ai gagné X nombre de grands chelems. Combien de points j'ai loupé ? Si tu restes sur tous les points que t'as loupé, t'avances pas, c'est pas possible. Du coup, chaque point, en fait, faut... Ok, je l'ai perdu, je le mets de côté et je repars au combat.
- Speaker #1
Ok,
- Speaker #0
j'ai perdu. je le mets de côté,
- Speaker #1
je repars au combat c'est Kobe Bryant qui disait à Tony Parker quand Tony Parker lui demandait comment tu fais pour switcher quand ça se passe pas bien delete en fait c'est marrant,
- Speaker #0
il y a plein de personnes qui en parlent c'est vraiment un point commun pour réussir à switcher franchement au début c'est compliqué à faire quand même parce que tu te dis c'est toujours ça, t'as des objectifs c'est dur de dire Genre, pas j'abandonne, mais je mets de côté d'un coup.
- Speaker #1
En fait,
- Speaker #0
ça vient aussi un peu avec l'expérience au début. Tu te dis, même quand ton prêtre mental, il te dit ça, tu t'écoutes, tu écoutes, tu dis OK. Tu commences à le mettre en place. Mais qu'est-ce qu'il me raconte, lui ? C'est n'importe quoi. Mais en fait, il faut vraiment continuer à le faire, continuer, continuer. Et puis, c'est au bout d'un certain moment où tu captes vraiment que ça change pas mal de choses.
- Speaker #1
C'est un training sur la durée.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. C'est ça en fait, le travail en prep mental, t'as envie que les résultats, on a tout le temps envie que les choses elles arrivent de suite, mais c'est pas comme ça, surtout le travail en prep mental, genre tu dois vraiment travailler, voir des choses, essayer et vraiment les avoir en toi pour que ça fonctionne vraiment, donc en fait ça met genre vraiment un an. Tu vois la première année que j'ai commencé avec mon prep mental, c'était ma pire saison. toute ma carrière c'était un enfer mais je pense que du coup ça m'a vraiment servi pour toute la suite parce que c'est là où j'ai fait les moins bons résultats mais vraiment même ma première année en coupe du monde j'ai fait des meilleurs résultats c'est une catastrophe cette année là mais du coup sur le moment c'est horrible mais quand tu finis la saison quand tu analyses un peu Et bah franchement tu te dis bah ok c'est une saison horrible qui est passée mais elle va me servir pour tout le temps tu vois. Tu peux travailler, tu peux voir aussi comment toi t'as réagi dans certaines situations, comment t'aurais pu réagir autrement et bah en fait c'est en faisant aussi que tu t'apprends donc tu vois.
- Speaker #1
Je suis d'accord avec ton préalable mental dans le sens où tu passes... Une vie entière à avoir des habitudes de pensée, t'as ton entourage, t'as des croyances et tout, et tu peux pas faire bouger ça en claquement de doigts.
- Speaker #0
Ouais, ça met du temps à venir.
- Speaker #1
Y'en a qui rêveraient de ça, attention. Mais c'est vrai que c'est un travail sur la durée.
- Speaker #0
Bah ce serait trop bien, imagine. Tu fais une séance avec un prêpe mental, le lendemain, bam !
- Speaker #1
Ça coûterait des dizaines de milliers d'euros, c'est-à-dire. Trop drôle C'est Einstein qui disait Si j'avais Je crois que c'est lui On lui attribue beaucoup de choses quand même Einstein Qui disait Si j'avais une heure pour résoudre un problème Je passerais 55 minutes à définir le problème Et 5 minutes à le résoudre Et ça me fait penser à ce que tu disais tout à l'heure Avec la relation que vous avez avec ton prep Qui te cerne bien Qui voit le profil que t'es Que t'es et que t'as qui permettent ensuite de mieux t'accompagner. Donc c'est vrai qu'au début, c'est beaucoup d'ajustements, le fait de réussir à bien cerner la personne, réussir à avoir comment communiquer avec elle, parce que tu ne communiques pas pareil avec une personne d'une autre.
- Speaker #0
Ouais, c'est sûr.
- Speaker #1
Et une fois qu'il y a cette relation de confiance qui est vraiment installée, c'est là où il y a des miracles qui arrivent. Et toi tu me dis que ça a mis un certain temps, mais maintenant tu ne regrettes pas du tout ?
- Speaker #0
Non, pas du tout. Et tu vois, on est loin d'être au bout, genre vraiment loin. Maintenant les trucs je les ai en moi, mais il y a encore une autre phase qui est de vraiment les avoir sans y penser, mais tout le temps.
- Speaker #1
À l'incarner direct et automatiquement en fait. C'est ça. Et tu le vois tous les combien ton prép mental toi ? C'est... Toutes les deux semaines ou sinon c'est juste toi qui demande quand on a besoin ?
- Speaker #0
Gros on s'est fixé un minimum de une fois par mois et après on peut se voir plus, on peut se voir pas moins du coup mais ouais on essaye de savoir au moins une fois par mois soit en physique soit en visio.
- Speaker #1
Il se déplace ?
- Speaker #0
Ouais il se déplace,
- Speaker #1
c'est cool,
- Speaker #0
ça c'est vraiment cool, il vient à la maison.
- Speaker #1
Ça change les choses.
- Speaker #0
Franchement ça c'est le top et puis après ouais si on n'arrive pas à A savoir, on fait une visio maintenant, c'est assez simple de faire, c'est pas mal. Même si des fois tu peux moins travailler des choses concrètes, on va dire. Tu vois, faire des exercices concrets en face-to-face, mais bon, c'est quand même vraiment pas mal.
- Speaker #1
Bien, c'est ok. Toi tes objectifs, tu les fixes tous les combien ? Tu sais ou pas ça ? C'est un truc que tu redéfinis régulièrement ou tu en as un big ? Dans lequel tu diriges tout le temps et tu mets des micro-objectifs en, ça se passe comment pour toi ?
- Speaker #0
Ce qu'on fait c'est que j'ai un objectif de début de saison et puis après en chaque course on fixe des plus petits objectifs. Mais tu vois c'est même pas des objectifs de résultat, c'est des objectifs... À côté, quoi. Genre, c'est pas du résultat, parce que c'est pas... Enfin, on a tendance à penser au résultat, mais en fait, il y a tellement de trucs autour, quoi.
- Speaker #1
C'est l'emphase émergée de l'iceberg, en fait. Ouais,
- Speaker #0
voilà, c'est ça. Il y a tellement de trucs que tu contrôles pas à côté, et tu peux produire le rail de ta vie. mais pas avoir le résultat et au final tu te dis ok. Et en fait, tu es content mais tu n'es pas content. Alors que si tu ne penses pas forcément au résultat, tu es quand même beaucoup plus, je ne sais pas comment on dirait, mais tu fais du bon ride et tu es satisfait. Même si, pareil, hyper dur à faire. Parce que t'as envie d'être sur le podium, t'as envie de gagner.
- Speaker #1
Quand tu penses pas à la gagne, tu penses à quoi ? Quand tu penses pas à l'objectif de résultat, tu penses à quoi, toi ?
- Speaker #0
Moi, je pense à prendre du plaisir, à mettre en place...
- Speaker #1
Tu te dis quoi, concrètement, pour être dans la tête de Quentin ? C'est quoi, tu te dis, kiffe mon gars, c'est trop cool ? Ouais.
- Speaker #0
En vrai, c'est ça. En vrai, en départ, c'est, vas-y... Tu vas te régaler, régale-toi et remets en place ce que tu sais faire, tout ce que tu as appris avant et tout ce que tu as mis en place sur les stages de préparation. Ça, ça ne fait pas longtemps, mais on a toujours notre coach qui est là quand on chausse, qui nous dit des petits mots avant. Et l'année dernière, je ne sais plus si c'était en milieu de saison, Dernier mot qu'il a sorti c'était Allez, régale-toi, ou un truc comme ça Et ça je me suis dit, c'est génial C'est vraiment ce que je me dis moi Et là il m'a dit ça Et je me suis dit, à chaque fois que je suis dans la gate Je veux que ce soit le dernier mot que tu me dises Du coup maintenant il varie un peu Il me fait, allez, enjoy, régale-toi, profite C'était une discussion que t'avais avec lui du coup Après je lui ai dit, ça c'était le top
- Speaker #1
Régale-toi, ça te fait kiffer
- Speaker #0
C'est vraiment ça Dans la gate Tu vois, à la limite, des fois, je chante, tu vois, je chante une musique, genre, qui est entraînante. Tu vois, tu peux voir, des fois, à la caméra, on le voit un petit peu. Tu sais, je suis un peu... Je secoue un peu la tête, parce qu'en fait, je suis en train de chanter, tu sais, je suis genre en mode trop cool.
- Speaker #1
Ça déstabilise un peu les mecs autour ou pas, ça ?
- Speaker #0
Bonne question, je suis pas sûr. Je pense pas qu'ils le voient trop.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Ouais, peut-être certains, hein. Parce que, tu vois... Dans la gait, des fois c'est un truc où il n'y a pas beaucoup de bruit, tu n'entends que les clips, les trucs comme ça. Et des fois, moi je parle avec mon technicien, avec mon coach, je ne veux pas commencer à raconter ma vie, mais on raconte deux, trois conneries. Pour les gens qui sont hyper focus, je pense que des fois ils entendent ça et ils disent « hum, bizarre » .
- Speaker #1
C'est trop drôle. J'ai bien l'image d'être à côté de toi et d'entendre ça. C'est quand même bien chill le mec, on est quand même en Coupe du Monde. Comment ça se passe pour toi cette saison ? Comment tu te sens et dans quelle direction tu vas ?
- Speaker #0
Franchement, je me sens trop bien. J'ai fait des super bons stages de préparation. Je me sentais vraiment en forme, vraiment content de ce que j'ai mis en place, de comment j'ai progressé. Après, la première Coupe du Monde, c'était mi-décembre à Cervinia. Ça n'a pas passé hyper bien. J'ai fait des bons trainings, j'ai fait une bonne qualif. Je fais 11e de la qualif. Et après sur la course, un peu moins bien. Je me suis un peu mis sur un faux rythme et du coup derrière c'est revenu vraiment fort. J'étais deuxième et puis après les deux derniers, ils nous ont obligés d'être avec un autre Français, avec Loan Bozzolo. Et on s'est fait doubler tous les deux dans un virage.
- Speaker #1
C'était en huitième ?
- Speaker #0
En huitième. Je ne m'y attendais vraiment pas. Je pensais qu'on allait quand même assez vite. Je pensais pas que ça allait doubler aussi vite, tu vois.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
J'étais un peu bouche bête, je suis arrivé en bas, j'étais là, wow. Ah ouais. Ok. J'avais pas trop quoi dire, j'étais là. Ouais, ouais. Ok.
- Speaker #1
Comment tu fais pour sentir si t'es dans un bon rythme ou dans un faux rythme ?
- Speaker #0
Bah, en vrai, c'est assez compliqué. C'est assez compliqué parce que tu peux jamais trop savoir. Quand t'es devant, tu sais, tu prends le vent pour les autres un peu, des fois. Donc en fait, derrière, ils sont à la spie. À l'aspiration, donc des fois c'est assez compliqué à sentir, mais là c'était peut-être un peu une erreur de jugement aussi. J'aurais peut-être dû aller plus à l'attaque pour ne pas me retrouver dans un fourré. Mais là pour les prochaines courses, je pars dans quelques jours.
- Speaker #1
China.
- Speaker #0
En Chine, ouais. En Chine, on a deux Coupes du Monde. Et puis après, on a deux Coupes d'Europe à Isola 2000, on enchaîne les deux. Et puis c'est à la fin de ces quatre courses qu'on va connaître les sélectionnés pour les Jeux. Donc là, c'est des courses assez importantes.
- Speaker #1
Tu vas changer un truc dedans ou au contraire tu vas rester sur ton vibe shield ?
- Speaker #0
Non, non, pas changer.
- Speaker #1
Très bien.
- Speaker #0
Non, non, pas changer. Pas changer parce que c'est une course comme les autres, entre guillemets. Il faut donner le maximum de soi, comme d'habitude. Et oui, il y a les jeux après, c'est le truc des 4 ans. Mais c'est pas en pensant au jeu, tu te dis, putain, faut absolument que j'aille au jeu. Au fait, tu te crispes. Tu te crispes comme une... Ouais, tu...
- Speaker #1
Ça t'amène du stress en plus quoi en fait. Du stress qui n'est pas utile et qui va être plutôt...
- Speaker #0
Alors pour certaines personnes ça peut les aider de penser à ça, ils arrivent à se démultiplier mais moi non.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Non, moi non.
- Speaker #1
On en revient, il faut que tu te connais bien maintenant et que tu sais ce qui fonctionne pour toi. Voilà, exactement. Du coup là, à la question comment tu te sens pour les jeux c'est...
- Speaker #0
Ouais, franchement je me sens bien, j'ai fait des super bons stages, après il faut juste que tu vois toutes les choses s'alignent quoi, tout mettre tout en place. Et aller au bout, quoi. Aller au bout.
- Speaker #1
Là, aujourd'hui, tu as du recul sur la saison que tu as passée. Tu parlais de la saison de merde que tu as passée quand tu as commencé la préparation mentale. Aujourd'hui, avec ce recul-là et avec l'expérience que tu as prise, qu'est-ce que tu dirais au Quentin qui était vraiment en train de passer sa pire saison pour l'aider à avancer ?
- Speaker #0
Eh bien, franchement, tu sais, c'était pas facile. J'hésitais vraiment à... Enfin... Je me disais, est-ce que la prép mentale, ça m'aide vraiment ou pas dans cette période ? Je lui dirais que j'ai bien fait de continuer, de croire au processus, tu vois, et de continuer à travailler. Et c'est dans ces moments-là, c'est quand tu tombes que tu apprends, que tu te relèves. Et c'est comme ça que tu apprends à te connaître, que tu arrives à développer. développer. Alors oui, c'est sûr que sur le moment, c'est vraiment dur, mais il faut continuer, il faut persévérer et croire en toi, croire en tout, croire au processus qui t'accompagne et à tout.
- Speaker #1
C'est pépis ce que tu dis là. Là, avec du recul, tu dirais qu'elle t'a apporté quoi cette saison ?
- Speaker #0
Elle m'a apporté de la connaissance en moi, tu vois. Puis, Quand la saison s'est finie, je me suis dit je veux plus jamais y revivre ça. Je veux plus jamais y revivre ça. Parce que d'être là, en fait tu vas en course et tu regardes les collègues, mais bon, je suis pas là pour ça. Je suis là pour courir, ma place elle est en finale, elle est pas à être en bas à regarder la course. Je peux être à la maison pour faire ça. Donc je me suis dit je veux plus jamais y revivre ça, donc je vais... Essayer de travailler autrement, de penser à d'autres choses que tu ne pensais pas avant, comme la nutrition par exemple, j'ai commencé à travailler la nutrition, avec un nutritionniste, à travailler pour optimiser ta récup, pour faire ta prép physique différemment, ou même aller plus loin dans tout ce que tu fais. Et pareil, c'est dans cette période-là où... J'ai compris qu'il fallait que je me connaisse mieux, tu vois.
- Speaker #1
Sur quel plan, juste pour comprendre ?
- Speaker #0
Euh... Eh ben, tu me posais la question de c'est quoi tes qualités, c'est quoi tes défauts ? Eh ben, je te regardais un peu comme ça. Bonne question, ça, je sais pas trop, tu vois. Alors que, après cette période, eh ben, je... je savais beaucoup mieux ce que je valais, entre guillemets, tu vois.
- Speaker #1
En quoi ça t'a aidé, justement, de savoir ce que tu valais ?
- Speaker #0
Ben... Ça t'apprend dans certaines situations, tu peux vraiment te servir de un ou deux points et te dire je suis comme ça, donc vas-y j'y vais à fond et je me sers de ça. Dans les moments difficiles par exemple, tu penses à tes qualités, tu dis je suis comme ça donc vas-y j'y vais. Je suis persévérant, même si ce run ne s'est pas bien passé, je ne vais pas abandonner en fait. Ce n'est pas comme ça, je vais continuer.
- Speaker #1
En gros, ce n'est pas ce run qui va définir ta valeur, vu que toi, tu l'as déjà définie en disant « moi, je suis comme ça, ça, c'est mes qualités, ça, c'est mes défauts » .
- Speaker #0
Et ça, il faut tout le temps l'avoir en tête et tout le temps l'avoir hyper ancré en toi.
- Speaker #1
C'est chouette.
- Speaker #0
Pareil, ça prend du temps à vraiment l'avoir ancré, tu vois, et que ce soit vraiment naturel. Que tu n'aies plus à penser, à te dire « ah ouais, là, je suis dans cette situation, donc en face, j'ai ça » . Donc il faut que je les assemble pour que j'arrive à aller mieux. Ça se fait naturellement, ça s'imbrique tout seul dans ta tête. Le mécanisme se met en route et bam, ça t'économise tout.
- Speaker #1
Tu m'as parlé de ton niveau tout à l'heure. Tu sais, je ne me sens pas plus petit que les autres au départ.
- Speaker #0
Oui, mais ça, je ne me suis jamais trop senti... J'ai toujours eu envie de manger les mecs qui étaient... plus fort que moi sur le papier et j'étais refait de faire des runs avec des mecs trop forts c'est comme ça aussi que tu développes t'apprends au contact des gens qui sont vraiment plus forts quand t'es plus petit j'ai jamais eu ce stress de me dire j'ai pas envie de faire un run avec lui justement c'est possible j'y vais
- Speaker #1
Même si je me fais exploser Il y en a qui se pisseraient dessus en mode j'ai pas ma place ici D'ailleurs quand t'es arrivé sur les coupes du monde et que tu voyais tous les mecs que tu regardais à la télé depuis que t'étais petit Ça s'est passé comment pour toi ? T'étais en mode hyper intimidé, t'étais trop content ? Hier j'étais avec Lolo Favre qui disait mais quand je suis arrivé au X avec tous les mecs que je regardais sur mes VHS et dans les magazines Pour moi c'était Disneyland, j'étais en mode wow putain mais je suis là mais qu'est-ce que je branle ici quoi !
- Speaker #0
Un peu bizarre mais j'ai pas tant regardé le snowboard cross avant d'être sur le circuit Donc en fait les mecs, j'avais des références tu vois Mais je n'étais pas hyper impressionné non plus, tu vois. Je n'ai pas ce souvenir d'être impressionné par un ou deux athlètes. Et il y en a aussi qui ont arrêté. Par exemple, si je prends l'exemple de Pierre, Pierre Vautier, qui est le meilleur snowboardeur de tous les temps pour moi. Eh bien, en fait, je ne l'ai pas trop côtoyé parce qu'il a arrêté sa carrière après que je sois arrivé en Coupe du Monde. Donc, tu vois... Et on n'a jamais trop été sur le circuit ensemble. Après, par contre, on a fait quelques stages ensemble et là, j'étais refait. On en a fait, je ne sais pas, peut-être deux ou un truc comme ça.
- Speaker #1
Quand c'est comme ça, tu le respectes de ouf sur le border ou au contraire, tu es en mode mais je vais essayer de le manger, de lui faire une interté.
- Speaker #0
J'essaie de le manger. Mais un mec comme ça, il est trop fort. Il n'avait pas ridé depuis je ne sais pas combien de temps. Il est arrivé. Il nous mettait des valises, c'était malade, j'étais hyper impressionné,
- Speaker #1
j'étais ah putain,
- Speaker #0
ça c'est Pierre quoi, il est trop cool, franchement il est trop gentil, trop cool, on a passé 2 ou 3 stages ensemble mais c'était trop cool.
- Speaker #1
T'as déjà été blessé toi ou pas ?
- Speaker #0
J'ai déjà été blessé, plus ou moins, pas vraiment. Ça ne m'a pas arrêté dans une saison.
- Speaker #1
Ongles cassés, tu as déjà eu ?
- Speaker #0
Oui, j'ai déjà eu des cheveux qui sont tombés.
- Speaker #1
Oh merde, moi aussi, regarde.
- Speaker #0
Non, quand j'étais plus petit, en kids, je ne sais pas, je devais avoir 14 ans, j'ai eu une contusion, une belle contusion au genou. J'ai pris un rail, j'ai fait un refus. J'ai pris le kick, sauf que j'ai mangé le retour qui allait dans la neige, je l'ai pris dans le genou arrière, bam, ça m'a fait faire un grand 3-6. Après j'arrivais plus à marcher mais ouais, il n'y avait rien de pété, juste une contusion, il fallait que ça passe. Il y a deux saisons, je suis tombé sur une calife, la première calife d'une coupe du monde, et je me suis fait une lésion du labrum. Pour ceux qui sont un peu techniques dans la médecine, c'est un peu comme le ménisque du genou dans l'épaule. J'ai fait une petite lésion, donc à partir de là je faisais des subluxations. Elle sortait, elle se remettait, donc ça elle sortit peut-être 7-8 fois. Et là en fin de saison dernière je me suis fait opérer pour fixer tout ça, mais la saison ça ne m'a pas gêné.
- Speaker #1
Ça n'a jamais arrêté une saison entière. Yes, ok.
- Speaker #0
Non, non.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Mais tu vois, même ça, cette opération, j'en tire du positif parce qu'après, tu vois, je pouvais pas m'entraîner comme tout le monde. J'ai recommencé à m'entraîner quand même... Bah non, j'ai pas commencé à m'entraîner plus tard, mais je me suis entraîné différemment. Vu que, tu vois, par exemple, tout con, je pouvais pas faire de squat. Sur la période, je sais pas, en juin, je pouvais pas faire du squat parce que je pouvais pas mettre une barre sur mon épaule ou aller même chercher la barre. J'avais pas assez d'amplitude. Donc en fait j'ai fait beaucoup de presse et en fait d'avoir fait beaucoup de presse et bah ça a développé d'autres qualités tu vois. J'ai eu l'impression d'avoir pris plus de masse tu vois alors que sans cette opération jamais j'aurais fait plus de presse tu vois. Et il y a des trucs comme ça et qui... des petites situations comme ça de la vie même des blessures qui t'attirent après des fois une autre vision de la chose ou des choses positives que tu pensais pas. Tu pensais pas quoi ? Ouais.
- Speaker #1
Oh putain trop cool ! Bah mec tu m'embarques avec toi du coup là, mes questions, j'arrive même plus à me concentrer là-dessus, je suis avec toi ! Et tu l'as développé, tu l'avais déjà en toi cette partie de toujours réussir à rééquilibrer les trucs, il y a un truc c'est la loi d'équilibre, c'est dans le sens où c'est une loi universelle qui explique, enfin c'est pas une loi qui explique du coup mais c'est moi qui t'explique la loi, bref ! C'est une loi dans laquelle est partagée que tout est toujours à l'équilibre et ça dépend uniquement des perceptions que t'as donc... Ce sur quoi tu portes ton regard qui fait que tu te sens comme ci ou comme ça T'as une triptyque genre perception, émotion, action, résultat Et c'est vrai que si tu te concentres que sur ce qui va pas et sur ce qui est la merde et sur ce que tu contrôles pas, les émotions que tu vas ressentir ça va être du découragement ça va être de la tristesse ou de la colère, des trucs comme ça qui t'aident pas vraiment à performer Et toi j'ai l'impression que de ce que tu partages t'as vraiment ce truc de t'arrives à équilibrer assez rapidement en mode bon bah là c'est peut-être la merde là-dessus, en effet, je suis pas en train de nier que c'est de la merde Mais je sais aussi maintenant avec l'expérience qu'il y a toujours un truc positif qui arrive derrière pour équilibrer le truc et que c'est pas que nul ou que génial, c'est vraiment un équilibre. Ça tu l'as bossé au fur et à mesure ou c'est toi qui depuis petit arrive entre guillemets naturellement à voir ça de manière équilibrée ?
- Speaker #0
Non je pense que ça vient en le bossant, ça vient en le bossant et tu vois même maintenant c'est pas du tout encore hyper hyper ancré, enfin des fois je me laisse un peu attiré.
- Speaker #1
Ah yes !
- Speaker #0
Mais après j'en ai conscience Donc tu vois Ça arrive peut-être pas dans les minutes Mais quand tu y repenses à ce moment Tu te dis putain ouais Je suis resté sur ce truc négatif Et j'ai pas réussi à en sortir Mais je pense que c'est vraiment le travaillant Tu sais que pour en sortir il faut déjà s'en rendre compte
- Speaker #1
Au début t'es inconscient Par exemple pour les compétences Au début t'es inconsciemment incompétent Tu sais pas que tu sais pas Et quand tu commences à te dire Je ne sais pas c'est là où tu rentres en...
- Speaker #0
C'est totalement ça, mais non je pense que c'est plus en le bossant
- Speaker #1
Ouais je pense que c'est plus en le bossant Du coup j'imagine avec ton préalable mental à ce moment là Ouais totalement Tu veux lui faire une petite dédicace ou c'est ok ? Partager qui ?
- Speaker #0
Big up Romain
- Speaker #1
Allez follow Romain sur Insta C'est Romain comment tu veux le dire ou pas ? Romain Flandin Romain Flandin Romain Flandin Granger Je pense qu'il va écouter parce qu'il avait déjà écouté celui avec Kadhi Ouais je pense ouais
- Speaker #0
Je pense.
- Speaker #1
Si on ne dit pas trop de conneries.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Si j'ai bien assimilé tout ce qu'il m'a dit. Si je ne dis pas oui tout le temps et qu'en fait, je ne comprends rien.
- Speaker #1
Tu as une question qui est posée ?
- Speaker #0
Oui, Romain, oui, d'accord.
- Speaker #1
Impeccable. Qu'est-ce qu'on peut te souhaiter pour le reste de la saison 2026 ?
- Speaker #0
Que je me régale dans ce que je fais. Que je me régale. On va parler un peu de résultats quand même. que j'arrive à tout mettre en place, tout ce que j'ai fait sur les différents camps d'entraînement et que j'arrive à aller au bout, à réussir mes objectifs.
- Speaker #1
On y va au résultat ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Trop bien. Eh ben, ce que je peux te souhaiter moi c'est... Régale-toi.
- Speaker #0
Merci. Merci.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Si t'es arrivé jusqu'ici, c'est certainement que tu mets de l'importance sur ce qui se passe à l'intérieur de toi lorsque tu pratiques. Si tu penses que cet épisode peut parler à quelqu'un de ton entourage, n'hésite pas à lui partager. Et tu peux aussi mettre la note de 5 étoiles sur le podcast, ce qui permettra toujours d'avoir des invités aussi ouf. Tu peux aussi me retrouver sur Instagram, à TomRDS, pour plus de contenu sur la prep mentale. Ciao !