- Speaker #0
Les personnes qui ont plus jeune raté, quand elles commencent à être dans la vie active, vraiment dans les 20-30 ans, tu te rends compte qu'elles réussissent plus qu'elles font. Et tu te dis, lui, il a trop de chance. Non, c'est qu'avant ça, il a raté. Peut-être que je n'en avais pas besoin, mais que c'est un plus tellement énorme que j'ai trop bien fait de faire ça. Je viens de sortir de la réunion avec la FEDE. J'ai le plaisir de t'annoncer que t'es officiellement sélectionnée pour les Jeux de Milano-Cortina. J'étais tellement contente. Ce qui est sûr, c'est que les échecs m'ont plus servi que les réussites pour l'instant. C'est pas on qui l'impose, c'est toi qui veux le faire, tu vois. Et c'est là que tu te dis, ok, ben en fait, je peux tout faire.
- Speaker #1
Bienvenue dans l'appel du Drop ! Le premier podcast de Freeride qui t'aide à gérer ton mental et envoyer tes meilleurs runs. Moi c'est Tom Rodriguez, le préparateur mental des riders. Ici, on parle sans filtre de ce que tu vis quand t'es en haut d'une face ou au départ du parc. Ce moment où t'as le choix entre écouter tes peurs ou suivre l'appel du drop. Ensemble, on va apprendre à gérer la pression à avoir en run en s'inspirant des conseils et retours d'expérience des meilleurs riders pour enfin faire sauter tes blocages et montrer de quoi t'es vraiment capable. Je t'embarque avec moi. 3, 2, 1, c'est parti !
- Speaker #0
C'est le début.
- Speaker #1
Voilà, nickel. Marie, duo, 21 years old.
- Speaker #0
Yep.
- Speaker #1
Comment on introduit une Marie duo au podcast, au micro du podcast L'Appel du Drop ?
- Speaker #0
Avec beaucoup de rigolade, je pense.
- Speaker #1
Ok. Ouais,
- Speaker #0
beaucoup de bonne ambiance, de chillance, on peut dire. Mais je t'avoue que c'est mon premier podcast, donc je suis un peu toujours...
- Speaker #1
Trop bien. Eh bien écoute, on va faire en sorte que ça se passe bien pour que tu aies envie de refaire d'autres.
- Speaker #0
Yes.
- Speaker #1
Là, on est à combien de temps de ta première épreuve ?
- Speaker #0
On est le combien ?
- Speaker #1
On est le 3.
- Speaker #0
On est le 3 ? On est à 7 jours de ma première épreuve.
- Speaker #1
7 jours.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Trop bien. Donc là, on est juste avant les Jeux.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
On verra comment ça s'est passé pour toi et surtout comment tu as vécu le truc. On n'est pas là pour parler que de ça, parce que... Il y a bien d'autres choses à dire que la compétition. Et d'ailleurs, qu'est-ce que je dois savoir de toi pour comprendre la femme que j'ai en face de moi aujourd'hui ?
- Speaker #0
Question difficile, mais je pense que tu dois comprendre que j'ai un gros caractère,
- Speaker #1
je pense,
- Speaker #0
pour me comprendre. Que j'ai un gros caractère, que je suis très sensible, je suis très émotionnelle. Mais c'est ce qui me fait aussi avancer dans le sport et même dans la vie en général.
- Speaker #1
On refait un petit roll back de ta life ?
- Speaker #0
Ouais, vas-y.
- Speaker #1
Alors, t'es dans une fratrie de 4 personnes, 4 frères et soeurs.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
T'as quoi, t'as 2 soeurs ?
- Speaker #0
2 grandes soeurs et un petit frère.
- Speaker #1
Ok, donc t'es à peu près au milieu.
- Speaker #0
Ouais, carrément. Yes,
- Speaker #1
tu viens des Landes et c'est là où ça devient hyper intéressant parce que t'as commencé le ski de bosse hyper tard en fait.
- Speaker #0
Ouais, ultra tard par rapport au reste, ultra tard.
- Speaker #1
On le fait en mode rapide parce que c'est pas une interview qui est là pour parler de ta vie d'avant mais plutôt de comment t'es maintenant.
- Speaker #0
Grave.
- Speaker #1
Moi aussi je suis en train de réfléchir pendant qu'on est en train de parler. T'as commencé à porter Fimorins, tu faisais la con sur les bords des pistes.
- Speaker #0
Ouais je faisais la con sur les bords des pistes, il y avait un snowpark à l'époque, je faisais du big air. Je savais pas que c'était du big air mais je sautais des tables en étant vraiment une mini-moise. Et c'est un peu comme ça que j'ai commencé tout le côté freestyle, saut dans la neige. Ok,
- Speaker #1
donc là, c'est le coach de Portée qui est venu te voir en mode, salut, tu sais qu'on existe.
- Speaker #0
Ouais, c'est plus que ça. Portée, c'est une station familiale. Et en fait, un cousin savait que je faisais aussi de la gym. Et il m'a introduit à Sylvain Palazzo, mon premier coach de boss, qui m'a fait adorer ce sport. Et ça a commencé comme ça. Il est venu, il m'a dit, vas-y, montre-moi un peu. Ok, ça te dit de venir cet été ? J'ai commencé comme ça et au final, je n'ai pas arrêté.
- Speaker #1
C'était quoi ton rapport au sport ? Est-ce que c'était tes parents qui étaient ultra sportifs ? Est-ce que c'était tes frères et sœurs qui étaient à fond dedans ?
- Speaker #0
Oui, famille ultra sportive. Mes parents m'ont toujours appris à être compétitrice avec mes frères et sœurs aussi. Mais c'était plus de la gym, du rugby, du basket, de natation. Je pense que j'ai vraiment fait tous les sports. Et au final, c'est ce qui m'a plu.
- Speaker #1
Quand t'as commencé à être détectée On peut dire détectée comme mot ? Ouais ouais ouais de ouf détectée C'est un club de foot T'as été détectée par Sylvain T'avais une quinzaine d'années ?
- Speaker #0
Ouais ouais J'allais avoir 15 ans
- Speaker #1
Et le contexte à ce moment là c'est quoi ? T'es en vacances ?
- Speaker #0
Porté plus ou moins station de coeur J'y ai passé vraiment tous mes hivers Toutes mes vacances scolaires Mais oui c'était week-end Vacances scolaires quoi. Et bah j'habitais là-bas et je faisais du ski tous les jours. Donc au début assez spécial parce que je faisais vachement d'aller-retour et en fait après c'était le lycée. Et je suis allée à Font-Romeu en lycée sportif et c'est là que j'ai commencé à beaucoup plus skier ouais.
- Speaker #1
Donc ça veut dire que quand t'as été détectée, tu viens à un autre sport à côté ?
- Speaker #0
Ouais, je fais de la gym et du rugby.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu ressors du rugby et de la gym pour ta pratique actuelle en ski de bosse ?
- Speaker #0
On en a un peu parlé tout à l'heure, mais du rugby c'est tout ce truc de un peu, c'est peut-être débile à dire, mais un peu rentrer dedans, pas trop se poser de questions et y aller. Et aussi l'esprit d'équipe, parce que pour le coup le rugby c'est en équipe. Ces bons moments au sport aussi, que ce n'est pas que du travail dur, C'est aussi des bons moments à passer avec d'autres personnes. Et la gym, je dirais que c'est un peu ce truc de perfection et de répétition. Tu sais, en gym, on doit être parfaite, on doit exécuter parfaitement. Et on le retrouve vachement dans mon sport au final, maintenant. Et ouais, ce truc de répétition aussi, on ne se rend pas compte. Mais le nombre de choses qu'on répète dans le sport, de haut niveau en général, mais tu vois, en ski de bosse aussi. On descend 30 secondes, on remonte, on redescend 30 secondes. On fait la même chose je ne sais pas combien de fois. Mais c'est aussi ce qui me plaît.
- Speaker #1
Dans le tracé, j'imagine qu'il n'y a pas 40 000 options non plus quand tu es dans les bosses. Une technique qui fonctionne bien, en tout cas qui fonctionne bien pour toi. Et du coup, tu répètes exactement les mêmes gestes, donc c'est précision, rigueur. Le rugby, ça t'a aussi apporté, tu viens de dire, le côté je ne réfléchis pas trop, j'y vais.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
C'est quoi, c'est que tu dis à ton cerveau, en mode, maintenant, c'est moi qui commande, et let's go, je laisse pas trop la peur prendre de la place.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça, de pas laisser la peur prendre de la place, parce que peur égale pas être à 100%, et si t'es pas à 100%, tu peux te blesser, tu peux ne pas faire ce que tu veux. Et ouais, ce truc de rentrer dedans, tu vois, je me rappelle quand je faisais du rugby, j'étais toute petite par rapport aux autres filles, et j'y allais à fond, et ok, je me faisais mal, ok, mais par contre, on gagnait, quoi. C'était ça qui était bon et dans les bosses, des fois t'es en haut de la piste, t'es là, ouah punaise, j'ai peur, j'ai vraiment très peur de ce que je vais faire. Mais ok, j'y vais à fond, je réfléchis pas trop et ça passe une fois, ça passe deux fois et après ça va mieux.
- Speaker #1
T'as diminué la peur à ce moment-là ?
- Speaker #0
Ouais, de ouf.
- Speaker #1
On est au tout début de l'épisode, une question que je t'ai déjà posée tout à l'heure en off, mais qu'est-ce qui fait que t'as accepté qu'on fasse un épisode ensemble sur la santé mentale, surtout dans le monde du ski ?
- Speaker #0
Comme tu viens de le dire, surtout dans le monde du ski, parce que c'est un truc qui n'est pas du tout encore assimilé par, je ne dirais pas nos fédérations, mais plus les coachs qui sont là, qui ne savent pas trop aussi, qui sont hyper débutants sur tout ça. Et donc, tout ce qui est nouveau fait un peu peur. Et aussi apporter ce truc, c'est normal et ça commence à être de plus en plus important. Et on le voit, tu vois, comme je te disais. Maintenant, on s'entraîne tous physiquement de la même manière. On a tous des préparations de ouf sur le plan physique. Mais par contre, ce qui fait la différence, c'est le mental. C'est là que c'est hyper important. C'est pour ça que je voulais faire ce podcast.
- Speaker #1
Trop chouette. Ça fait trop plaisir. Moi, je t'ai demandé directement au détour d'une compétition où tu skiais pas. Il y a à peu près une semaine, une semaine et demie.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ton parcours est hyper atypique. J'aime bien mettre les parcours qui sont atypiques en avant. Il y en a qui se disent, c'est comme ça et c'est pas autrement. Tu vois, qui ont un peu un mindset qui est fixe, en mode, pour être à l'Atole Olympique ou pour être en équipe de France, il faut avoir tel parcours, avoir commencé à deux ans et demi, à trois ans sur les skis et être né en station. Tu vois, qu'on est préjugé comme ça, des croyances, qui au final les enferment et qui ne les aident pas pour réussir à se diriger vers ce qui les inspire vraiment. Toi, tu es l'incarnation parfaite de ce truc-là. Et du coup, comme tu as commencé à 15 ans, toi, à ce moment-là... Quand Sylvain te détecte, qu'est-ce qui se passe pour toi ? Qu'est-ce que tu te dis déjà ? Comment tu appréhendes le truc ?
- Speaker #0
Je me dis déjà, attends, ça me plaît de ouf, mais en vrai, what the fuck ? Parce que, comme tu dis, j'ai un parcours atypique, je ne viens pas d'une station. Pour moi, faire du ski, c'est OK, c'est le plaisir, c'est avec la famille, c'est des amis. On déconne un peu sur les pistes, mais ça ne va pas au-delà. Et à ce moment-là, je n'avais pas du tout ce truc de carrière ou loin de ça. Pareil, les jeux, il y a plein de monde qui parle des jeux en mode c'est vraiment un rêve d'enfant. Ça ne l'est pas du tout pour moi. Non mais pour de vrai, j'ai pas du tout, j'ai découvert les jeux ultra tard parce que oui, ma famille était sportive, mais on n'était pas trop dans ce truc de culture des jeux. Et j'ai découvert très tard et ça m'a plu direct. Mais quand j'ai commencé le ski de bosse à 14 ans, je ne me suis pas dit OK, je veux aller au jeu. C'était pas du tout ça. Au début, c'était vraiment du plaisir. Enfin, ça l'est toujours, mais c'était vraiment, OK, je vais faire du ski, je vais aller à droite, à gauche. C'était plus ça qui me plaisait, plus que la compétition en elle-même. Oui,
- Speaker #1
parce que tu as commencé la compétition aussi assez tôt.
- Speaker #0
La compétition hors du ski.
- Speaker #1
En ski de bosse ? Ah, en ski de bosse. À partir de tes 15 ans, quand t'as été détectée ?
- Speaker #0
Ouais, du coup, ultra rapidement. Mais je pense que la première compétition qui a un peu compté, c'était à 16 ans, tu vois.
- Speaker #1
Ok. T'étais déjà en ski-études ou pas ?
- Speaker #0
Mes premières compétitions, c'était les Critériums France. Et ouais, j'avais 16 ans, je pense. Et après, sur ça, je suis arrivée deuxième, je crois. Donc déjà trop ouf, parce que j'en faisais pas depuis longtemps. Et je suis allée au lycée et il y a eu le Covid. Donc pareil, gros arrêt des compétitions et tout. Et en 2021, j'ai fait ma première vraie compète en ski de bosse. C'était la Europa Cup à Airolo, en Suisse. Et à partir de là, j'ai été détectée par le coach Coupe d'Europe. Et c'est là que j'ai commencé la PrEP avec eux et tout. En étant toujours au lycée.
- Speaker #1
Et pour revenir sur ta première compétition, tu es allée dans quel mood ? Comme toi, tu es très compétitrice et en même temps, tu me dis que c'est vraiment le kiff.
- Speaker #0
Ouais, j'étais un peu dans ce mood-là, mais c'est vrai que j'étais en mode un peu challenger parce qu'on ne me connaissait pas du tout à ce moment-là. Et j'étais là en mode, ok, mais je vais arriver et je vais leur montrer que, ok, vous ne me connaissez pas, mais vous allez vite me connaître dans ce mood-là parce que j'étais une des seules à faire un backflip à cette époque-là. Et je me rappelle que c'était vraiment mais waouh, elle fait un backflip quoi. Donc ouais, challenge de ouf et au final je fais deuxième. Donc le résultat n'a jamais vraiment compté, on va dire. C'était plus, je veux faire 100% de ce que je peux faire, la meilleure performance et le résultat découlera de ça, tu vois. Et au final je fais deuxième, donc encore mieux. Mais ouais non, dans ce mood-là plutôt,
- Speaker #1
ouais. À partir de quel moment t'as commencé à y croire ? C'est... Coupe d'Europe en Suisse ? Ouais,
- Speaker #0
Coupe d'Europe, ouais, grave. Coupe d'Europe parce que je pense que j'ai un peu plus vu des plus grands, qui étaient là depuis plus longtemps, tu vois, qui étaient vraiment en mode compétition. J'ai commencé à voir les rituels, tu vois, de départ, de course et tout. Et là, je me suis dit, ok, mais c'est un vrai truc, quoi. C'est un vrai gros truc, il y a tout un truc autour de ça. Et d'ailleurs, à ce moment-là, à Aérolo, il y avait mon préparateur mental actuel, James Picot.
- Speaker #1
Que tu ne connaissais pas encore ?
- Speaker #0
Je ne le connaissais pas encore. Et il était là à la course. Et il m'avait observée. On en a beaucoup parlé de cette course où il me découvrait. Et moi, je le voyais, mais je ne savais pas trop qui c'était. Et on en reparle souvent de cette première course. Et c'est drôle de se dire, en fait, mon préparateur mental, il était là dès le début. Au final, c'est ça qui est un peu drôle.
- Speaker #1
Avant d'aller sur le sujet de ton préparateur mental, James, j'aimerais te poser la question. Il y en a plein qui pourraient trouver des inconvénients à avoir commencé si tard. Moi, je vais te poser la question inverse. C'est quoi les avantages, à tes yeux, d'avoir commencé plus tard que d'autres personnes en ski de bosse ?
- Speaker #0
D'avoir plus l'agnac, je pourrais dire ça. D'en vouloir plus, de se dire un petit peu, sans trop se comparer aux autres, de se dire, OK, moi, je suis arrivé un peu plus tard, je découvre, j'ai déjà, je sais, un potentiel. Mais OK, il faut aller chercher, il faut aller chercher, gratter les derniers trucs. Un peu plus cette motivation, parce que du coup tout ce processus, ça vient aussi beaucoup de moi, de ma propre motive. Et tu vois, les personnes qui ont commencé un peu plus tôt, ils peuvent des fois perdre cette motivation, qui est, je pense, le plus important dans notre sport, cet amusement, tu vois. Et moi, je l'ai eu dès le début et je continue à l'avoir. Et j'estime que c'est le plus important. Donc ouais, par rapport aux autres, le fait de ne pas commencer si tôt, c'est de garder cette motivation, cette joie de faire ce sport.
- Speaker #1
On pourrait même rajouter le fait que tu sois une des premières à faire un bac. Tu faisais grave en gym, ça.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. C'était ultra naturel, du coup. Tout est venu super naturellement grâce à la gym, grâce à tout ça. Oui,
- Speaker #1
tu m'étonnes. Trop chouette. Donc, ça fait combien de temps maintenant que tu bosses avec James Picot en préparation mentale ?
- Speaker #0
Donc, j'ai commencé à bosser avec lui après mon premier... Enfin, mon genou que je me fais à ACL. Juste après ma première saison de Coupe d'Europe du coup, donc c'était en 2022 donc ça fait 4 ans, ouais à peu près 4 ans tu vois que je bosse avec lui et je bosse toujours avec lui et je compte bien continuer avec lui.
- Speaker #1
C'est que ça se passe trop bien donc c'est trop chouette. Et bien t'es la mieux placée du coup pour répondre à la question suivante c'est pour toi, Marie c'est quoi les critères qui font que Comment on fait pour choisir son préparateur mental selon toi ?
- Speaker #0
On ne le choisit pas vraiment.
- Speaker #1
C'est comme la baguette d'Harry Potter,
- Speaker #0
c'est elle qui te choisit. Non mais tu rigoles, c'est un truc un peu de partage, c'est un travail à deux. C'est une relation à part entière préparateur mental et coach, enfin et athlète pardon, coach mental et athlète. Donc non, c'est beaucoup de confiance je dirais. Moi j'ai tout de suite eu ce truc de confiance avec James. et que je garde maintenant. Je t'ai dit tout à l'heure, je peux lui donner ma tête. Je sais qu'il sera hyper bienveillant avec ça. C'est de la bienveillance et de la confiance.
- Speaker #1
Après, le reste, c'est le job de préparation mentale. C'est ça le plus important. C'est que ça matche entre vous et qu'il y ait la confiance, le feeling.
- Speaker #0
Pour moi, l'humain est ultra important forcément dans ce truc-là. Même si c'est un métier comme les autres, il y a un impact tellement important sur le... Côté humain, côté émotionnel.
- Speaker #1
Est-ce que tu avais des a priori sur la préparation mentale avant de commencer à travailler avec James suite à ta blessure ?
- Speaker #0
Oui, des oufs.
- Speaker #1
Tu te disais quoi ?
- Speaker #0
Je ne voulais pas. J'étais là en mode, non mais je n'en ai pas besoin. Et en fait, je me suis rendue compte au fur et à mesure que peut-être que je n'en avais pas besoin, mais que c'est un plus tellement énorme que j'ai trop bien fait de faire ça. Et donc au début, j'étais pareil. c'est tout ce qui est... Psy et tout, mais ça je pense que c'est juste des croyances, des mauvaises croyances qu'on a, que ce soit de la famille ou même des gens autour de nous. Je m'étais dit mais en fait j'ai pas de problème à la tête, j'ai pas besoin de ça, j'ai confiance en moi, j'ai un bon mental, je sais que j'ai pas besoin de ça. Et au final, si si c'est ultra important, donc ouais des croyances.
- Speaker #1
Et c'est quoi ce qui t'a fait switcher du coup ? C'est la blessure et tu voyais que t'étais en détresse ou qu'est-ce qui s'est passé ?
- Speaker #0
Je ne sais pas... tant en détresse, mais en fait, c'est un... À cette époque-là, c'est un ami qui m'a présenté James et il m'a dit franchement, essaie, tu vois. Donne-lui une visio. Donne-lui la chance de te convaincre. Et au final, ça s'est hyper bien passé. Et même à un moment, c'est moi qui ai eu peur qu'il ne veuille pas forcément lui travailler avec moi, tu vois. Et ouais, maintenant, je ne peux plus me passer de ça, quoi. Il est hyper important. C'est un pilier.
- Speaker #1
Qu'est-ce que ça t'apporte pour que les personnes puissent comprendre un peu ce que ça t'apporte pour ta préparation, toi, en équipe de France ? Dans ta vie de tous les jours aussi ?
- Speaker #0
Oui, surtout pour le ski, forcément. Mais il est très sage, James. Et donc, c'est beaucoup de sagesse pour moi d'avoir un peu un médiateur de mes émotions dans le ski. Et je trouve ça ultra important. parce que moi je... Comme je l'ai dit, je suis assez émotionnelle. Et lui, il sait très bien comment gérer tout ça, que ce soit en compétition, que ce soit en entraînement. Donc ouais, moi je dirais que c'est ça le plus important maintenant.
- Speaker #1
Tu arrives à réguler tes émotions avec Luc en fait.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça. Il me connaît en fait. Et c'est vraiment ce truc de, comme je te disais, de relation. Vraiment, il me connaît. Et ça se construit comme ça maintenant.
- Speaker #1
Et tu le vois à quelle fréquence ? C'est calé dans l'agenda ou c'est quand t'en as besoin ? C'est quoi pour toi ?
- Speaker #0
il n'y a pas de fréquence, c'est quand je veux je sens que j'en ressens le besoin je lui dis par whatsapp c'est des échanges hyper simples et lui s'il est dispo on s'appelle sinon si c'est un besoin de plus de visio de visualisation on fait en visio ça dépend de chaque truc des fois c'est juste par message je lui raconte mon entraînement comment ça s'est passé dans ma tête et voilà quoi Il n'y a pas de... d'agenda.
- Speaker #1
Ok, Trop cool. C'est vraiment du sur-mesure.
- Speaker #0
Sur-mesure.
- Speaker #1
Trop fait. Tu parlais que t'as commencé à bosser avec lui suite à ta blessure. Est-ce que t'es chaud qu'on aille sur le sujet de la blessure ?
- Speaker #0
Ouais, carrément.
- Speaker #1
Tu t'es fait croiser quand t'avais quoi, 17 ans ?
- Speaker #0
Ouais. J'étais à la fin de mes 17 ans. C'était... Je fais ma première saison de Coupe d'Europe. Donc tournée Scandinavie. On était en Suède et je venais de faire mon premier podium en Coupe d'Europe. Donc j'étais la plus contente du monde. Et je pense que c'est beaucoup d'accumulations d'événements qui ont fait que je me suis blessée. C'était un peu de fatigue, un peu de ça. Je ne sais pas si je peux le dire, mais j'avais mes règles et je sais que ça a un impact. Donc tu vois, il y avait ça et je me suis blessée. Et donc c'était tellement d'ascension émotionnelle à ce moment-là. Je fais mon premier podium, je me blesse la course d'après. Donc ouais.
- Speaker #1
Tu te dis quoi sur le moment en fait ? T'arrives à relativiser en mode c'est normal, j'étais fatiguée, il se passe jamais mes règles de panique ? Non, non, non,
- Speaker #0
pas sur le moment.
- Speaker #1
Tu ressentais quoi de l'injustice ? J'étais en vie de geler les réponses, mais tu ressens quoi à ce moment-là ?
- Speaker #0
Non, pas forcément d'injustice, mais de trahison un peu de mon propre corps, tu vois. J'étais là en mode, mais tu m'as suivie jusque-là, pourquoi tu me lâches maintenant après mon podium, tu vois. Et j'ai mis du temps à me dire qu'il fallait que je passe par là, peut-être. que rien n'arrive par hasard, tu vois. Après ça, j'ai eu vraiment ce mood de rien n'arrive par hasard, tu t'es blessée, ben ok, tu vas revenir plus forte. Et j'ai eu aucun doute sur ma préparation. Enfin si, forcément, j'ai eu des doutes. Mais je savais qu'à un moment donné, j'allais revenir au top et que ça allait bien se passer, quoi.
- Speaker #1
T'étais en mode trousse de process ?
- Speaker #0
Ouais, trousse de process de ouf. Fake it until you make it, en fait. J'étais déjà un peu là-dedans, tu vois. Ok, il y a des jours où ça n'allait pas. Je me rappelle de... Du cerf-sac à breton, où j'en pouvais plus de cette réhabilitation qui allait trop doucement à mon goût, tu vois, d'être patiente aussi. Ça m'a appris tellement de choses. Donc non, blessure, ok c'est dur, mais c'est comme tous les échecs, ça te fait avancer en fait.
- Speaker #1
Est-ce que tu as changé un truc dans ta pratique aujourd'hui, suite à cette blessure, pour plus que ça arrive, ou pour diminuer en tout cas les stats que ça puisse arriver ?
- Speaker #0
La préparation mentale. C'est après ma blessure que j'ai contacté James. Je venais de me faire opérer quand j'ai eu ma première visio avec lui. Donc tu vois, la préparation mentale et après, sur le côté un peu plus technique, plus d'échauffement. plus approfondie dans ce que j'avais besoin pour m'échauffer, m'étirer, des choses comme ça, je le faisais déjà. Mais là, maintenant, j'ai un rituel depuis le genou, où vraiment, je sais ce que j'ai besoin et je le fais tout le temps. Ça me plaît.
- Speaker #1
Du coup, tu as réussi à voir tes limites et à les respecter ?
- Speaker #0
Oui, grave. Tu vois, notamment, avant le genou... Le jour où je me fais ce genou, je ne m'échauffe pas très bien, j'étais un peu la tête ailleurs, je n'étais pas très concentrée sur ce que je faisais forcément, vu que je suis tombée, c'était une chute ridicule, où tu te dis, elle ne s'est pas fait mal, mais si, inattention, et en fait, hop, ça a cassé. Mais ouais, donc assez spécial quand même, les blessures.
- Speaker #1
Tu n'es jamais heureux de Bobo depuis ?
- Speaker #0
Si, des petits trucs à droite, à gauche, mais jamais de grosses blessures comme ça. C'était ma première grosse blessure. Je ne sais pas si ça va être la dernière. Je vais tout faire pour que ce soit la dernière. Mais en tout cas, elle m'aura bien appris sur moi, dans ma tête et mon corps même.
- Speaker #1
Waouh.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Trop cool. Merci la blessure, même si ça fait sécher, quoi.
- Speaker #0
Vraiment, merci la blessure, pour de vrai.
- Speaker #1
C'était incroyable. Je le pense, ouais. Donc, tu es allée à Cabreton aussi ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Tu n'étais pas très loin de ta famille, là-bas ?
- Speaker #0
Non. j'étais vraiment à côté de ma famille donc ça c'est très cool
- Speaker #1
C'est quoi la place qu'elle a ton entourage dans ta life de sportif de haut niveau ?
- Speaker #0
Ma famille c'est un peu un pilier aussi dans le ski même dans mon mental, on en parlait c'est un peu ma safe place et vu que je ne les vois pas beaucoup les moments où je les vois, les moments où je m'entretiens avec eux que ce soit en téléphone, en FaceTime ou ce que tu veux ça fait toujours du bien c'est des vrais piliers pour moi Merci la famille.
- Speaker #1
Merci la famille. Comment ils se sont comportés avec toi ? Je pense que ça va aussi intéresser des parents, de se dire comment je peux aider au mieux mon fils, ma fille, pour performer. C'était quoi le rôle qu'ils avaient là-dedans ?
- Speaker #0
Après, j'ai envie de dire, chacun fait comme il veut. Il y a certains enfants qui ont plus besoin de choses. Moi, j'ai été très vite très autonome. Et mes parents, surtout ma mère, ont vachement respecté ça. Donc elle m'a dit « Marie, je te fais confiance, tu fais ton truc, je suis à 100% avec toi, mais c'est toi qui gères. Tu veux faire ça, tu veux aller en Coupe d'Europe, tu veux aller dans les Alpes, tu gères. Je serai toujours derrière toi. » Elle m'a grave aidée, elle ne m'a pas laissée toute seule.
- Speaker #1
Quand tu dis « grave aidée » , c'est sur quel plan ?
- Speaker #0
Financièrement, surtout. Ouais, financièrement et mentalement, au final, d'être beaucoup là avec moi, par téléphone, tu vois, quand je l'appelais, je lui dis « Maman, on peut parler ? » Ben voilà, elle était là. Mes sœurs aussi. Et c'est vrai qu'au début, je pense qu'il y a eu aussi cette un peu incompréhension de pas trop comprendre pourquoi je voulais aller trop par là, mais de me laisser faire, tu vois, all in. On lui fait confiance. Et j'ai toujours trop kiffé cette confiance qu'ils m'ont donnée, parce que maintenant, ça fait des jolies choses, tu vois. et par contre ma mère est toujours avec moi en permanence mais elle respecte vachement c'est moi qui prends les choix c'est moi qui décide de faire ça et ça elle le respecte vachement beaucoup de respect de ma famille et beaucoup de support évidemment donc si je comprends bien ils sont toujours là toujours disponibles mais ils seront jamais là à te
- Speaker #1
pousser c'est toi qui marches toute seule mais eux ils sont là au cas où tu as besoin d'avoir un petit appui c'est ça,
- Speaker #0
ouais c'est vraiment ça j'aime la métaphore tu vois Mais ouais, toujours là, à 100% avec moi. Le nombre de messages d'appels que j'ai eus pour les Jeux, tu te réalises encore plus qu'il y a tellement une équipe derrière toi qui n'est pas là en mode « vas-y Marie, vas-y Marie » , mais ils sont là, mais on a confiance en toi, profite. Et c'est vraiment leur mot d'ordre aussi, c'est « profite de tout » . Et ça, c'est très important aussi.
- Speaker #1
Ça te fait quoi d'entendre ça ?
- Speaker #0
Tellement de joie. Ouais, de joie, d'envie de lâcher ma larme de joie. C'est tellement cool, c'est de la reconnaissance de ouf. Et je suis tellement dans la gratitude, en ce moment surtout avec les Jeux, dans la gratitude de tout ce qui m'arrive.
- Speaker #1
Tu t'y attendais ? Est-ce que tu t'es sélectionnée ?
- Speaker #0
Un petit peu, mais c'est vrai que quand j'ai eu l'appel de Marie, tu pars au jeu, j'étais tellement soulagée.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui se passe à ce moment-là ? Qui t'appelle ? Comment ça se passe ? T'étais où ? Tu peux nous raconter ?
- Speaker #0
Trop drôle. On rentre des Etats-Unis parce qu'on avait une coupe du monde à Waterville, donc Val-Saint-Côme-Waterville. On rentre, on avait eu des petites réunions, mais on savait déjà qu'il y avait certaines personnes qui y allaient. Et en fait, moi l'an dernier, j'ai fait des bons résultats qui m'ont permis d'ouvrir un quota. Mais ce quota, il n'est pas nominatif. Donc, tu ne sais jamais jusqu'au dernier moment. Après, on est peu de filles dans le ski de bosse, donc en soi j'avais ma place. Mais je ne savais pas officiellement. Et ouais, on arrive le dimanche, donc j'étais vraiment en jet lag le dimanche. Le lundi, je vais skier avec la Coupe d'Europe à la Côte-de-Mille à Meugeve. Et je suis sur le saut du haut, j'étais vraiment en ski plaisir, donc tu vois je l'ai filmé, je faisais de la prod un peu. Et là je reçois un appel de Albert, mon coach en Coupe du Monde.
- Speaker #1
Tu te dis quoi à ce moment-là quand tu vois ça ?
- Speaker #0
J'ai peur. Ah j'ai peur !
- Speaker #1
Tu savais que c'était pour ça ou pas ?
- Speaker #0
Ouais ouais je savais, il m'avait dit je t'appelle lundi, dimanche ou lundi, donc j'étais un peu dans cette attente de je sais pas trop. Et là il m'appelle et je venais en plus avant ça d'en parler avec une pote en mode mais t'imagines il m'appelle et il me dit que je suis pas sélectionnée ou un truc comme ça. Et au final il m'appelle et il me dit, je l'entends direct à son ton de voix que ça va tu vois. Il me dit « Je viens de sortir de la réunion avec la Fédé, j'ai le plaisir de t'annoncer que tu es officiellement sélectionnée pour les Jeux de… » de Milano Cortina j'étais tellement contente à ce moment là ça explose dans ma tête et j'ai levé les bras et il y avait tout le monde autour, il y avait des gens au départ il y avait des gens sur les seaux et tout le monde me regarde en mode mais qu'est-ce qu'il se passe et après il y a une meuf qui capte elle était en mode yes let's go Marie et du coup ça a gueulé de partout et c'était trop cool comme sensation, en vrai je pense que je le retiendrai toute ma vie parce que c'était trop bien je me suis sentie tellement libérée dans ma tête surtout Rha
- Speaker #1
C'était énorme. Dans ton corps, tu as eu des chaleurs, de l'effondrement, tu as eu quoi ?
- Speaker #0
Une sensation de légèreté. Tu vois ou pas ? Genre quand tes jambes, elles bougent toutes seules, que c'est fluide, tu vois. Et bien voilà, c'était ça.
- Speaker #1
C'est quoi le premier truc que tu as fait après ? Tu es descendue via les bosses, tu as fait un jump, tu as fait quoi ?
- Speaker #0
Ah non, non, j'étais vraiment en mode ski. Je suis descendue à fond parce qu'en bas, du coup, il y avait mon premier coach de Coupe d'Europe, Anthony Moura. Et il était là et tout. Et du coup, j'étais... Je voulais trop lui dire. C'est la plus grosse information. Et lui, en plus, il était en entraînement. Donc, il était un peu concentré. Et on s'est juste regardé. Et il a su direct. Et du coup, il est venu me prendre dans ses bras. Et c'était trop bien. C'est trop ouf. Donc, voilà. Que des bons trucs. Parce que j'étais entourée de plein de personnes que j'aimais beaucoup. Donc, c'était vraiment que du kiff. Cette journée-là, j'étais légère. C'était ouf.
- Speaker #1
Incroyable.
- Speaker #0
Je le suis toujours. Mais je suis toujours née là. Oui,
- Speaker #1
oui, oui. Bien sûr, ça t'a vraiment marqué à ce moment-là. Oui,
- Speaker #0
grave.
- Speaker #1
Trop chouette.
- Speaker #0
Et évidemment, après, j'ai appelé mon prêtre mental.
- Speaker #1
Et alors ?
- Speaker #0
Il m'a répondu en me disant « J'en ai jamais douté. » Donc, tu vois, j'étais en mode « Bon, c'est James. » J'adore ce genre de réponse, tu sais, très carrée. Et ça m'a fait kiffer. Évidemment, après, on en a parlé, on s'est appelés, tu vois. Mais trop kiffant.
- Speaker #1
Trop chouette.
- Speaker #0
Mais après, j'ai fait un FaceTime avec ma famille.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Pour qu'ils soient tous au courant.
- Speaker #1
Ouais. Et des petites larmes qui ont coulé ou pas ?
- Speaker #0
Ouais, des ouf. c'était pas des petites larmes c'était une vague une vague de pleurs mais de pleurs de joie que du kiff ça me fait plaisir d'en parler maintenant avec toi on boucle la page Gio là maintenant avec
- Speaker #1
la question suivante c'est quoi toi ton rapport à cette compétition qui va arriver dans une semaine comment tu les vois, comment tu les perçois et comment tu te sens à l'idée d'y penser je me sens ultra bien
- Speaker #0
parce que c'est une première fois. Et j'adore les premières fois. C'est un peu un brouillon, mais c'est trop bien. Ce qui est bien dans ces Jeux, c'est que je ne suis pas attendue. C'est mes premiers Jeux. C'est ma deuxième année en Coupe du Monde. Je suis encore hyper rookie dans tout ça. Et je n'ai rien à perdre. C'est vraiment l'ordre de ces Jeux. Je n'ai rien à perdre. Je vais tout profiter, tout prendre. Mais que ce soit les hauts et les bas, j'ai envie de tout ressentir parce que je sais que c'est comme ça que je vis à fond les choses. Et faire du mieux que je peux et je ne serai pas déçue quoi qu'il arrive. Je sais que je vais juste kiffer, prendre toutes les bonnes vibes, tous les trucs des jeux. Parce que c'est ça qui est cool, c'est qu'en dehors de la compétition, ça reste une compétition. Et j'ai envie de dire, ça reste une compétition et ça reste un jeu. C'est vraiment un truc que je me dis, ça reste un jeu, on peut perdre, on peut gagner. Et cette course, c'est encore plus le cas. C'est les Jeux Olympiques. Il y a le nom dans le titre. Donc, c'est trop cool. Et juste prendre le plus autour. Toute la vibe. On va être avec le slopestyle, nous, au début. Dans le village olympique. Déjà, le village olympique. C'est tellement de détails qui sont hyper importants et qui font l'aventure. C'est vraiment vivre cette aventure à 100%. Que ce soit bon ou que ce soit mauvais, je ressortirai toujours. grandit avec cette expérience.
- Speaker #1
Quand l'objectif, c'est l'expérience, tout devient réussite.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
J'ai l'impression que c'est ce que tu dis.
- Speaker #0
Ouais, un petit peu. Je n'aurais jamais pu le sortir comme tu viens de le sortir aussi aisément. Mais ouais, c'est ça, c'est trop ça. En fait, c'est un peu comme quand on dit quand tu voyages, ce qui compte, ce n'est pas l'arrivée, ce n'est pas la fin de la destination, c'est le voyage. C'est tout ça. Et du coup, c'est vrai que c'est un peu une phrase niche, mais c'est vrai, c'est vrai de vrai.
- Speaker #1
En fait, ça parle aussi de ton mindset et du fait que... On parlait un off tout à l'heure des objectifs de résultats et d'objectifs de moyens. J'ai vraiment l'impression que tu es en train de parler de savourer, de siroter le chemin qui permet d'arriver ou non à l'objectif. Mais c'est ça qui a de la valeur au final. Parce que c'est vrai que si demain je te donne une médaille parce que j'ai payé toutes les meufs pour tomber, tu vas me dire mais je n'en veux pas de ta médaille.
- Speaker #0
Je n'en veux pas. Quand on parlait de la blessure, c'est ça aussi. C'est le parcours, c'est l'aventure. C'est vraiment ce terme-là. Et au final, j'ai envie de te dire, c'est la vie. C'est vraiment ça.
- Speaker #1
Trop chouette. Tu m'as parlé de ta famille qui était un des piliers pour toi, qui était hyper important. Est-ce que c'est la même chose pour ton entourage perso, en dehors de la famille ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
De ouf.
- Speaker #1
C'est quoi pour toi un... Bon entourage, ou en tout cas un entourage qui convient à Marie-Dio.
- Speaker #0
C'est vrai que ça ne conviendrait pas à tout le monde. Je pense que si, mais chacun a encore une fois son truc. Mais moi, toutes les personnes qui m'entourent ont toujours été ultra bienveillantes avec moi, dès le début. Des personnes avec qui je me suis sentie tout de suite comme la famille. Parce que la famille, au final, c'est les premières personnes avec qui tu commences à être toi-même. je sais pas comment expliquer tu te sens aimée pour qui tu es vraiment et pas pour le masque que tu as exactement et donc les personnes avec qui je suis en dehors de ma famille maintenant ils se ressemblent tous enfin ils sont tous il y a un point commun il y a un point commun de ouf de ce truc de on t'aime pour quitter parce que c'est beau ce que tu fais qu'on te fait confiance il y a encore ce truc de confiance qui est ultra important pour moi Et ouais, tous mes amis, maintenant, c'est ça. Ok, on ne se parle pas pendant longtemps, mais on sait qu'on est toujours potes, on sait qu'on a toujours la confiance, qu'on a l'un pour l'autre, qu'on a eu... Tu vois, je te parle de ça au collège ou au lycée, tu vois, on parlait d'Amélie, c'est pareil. C'est toujours de la confiance et on kiffe se retrouver. On ne se voit pas souvent, c'est comme la famille, on ne se voit pas forcément souvent parce que justement, le ski de bosse, c'est aussi ça, c'est aussi beaucoup de déplacements, beaucoup de moments où tu n'es pas avec tes proches. Mais quand tu les retrouves, c'est ultra bien. Ça vaut le coup de partir pour les retrouver presque.
- Speaker #1
Le point commun qu'il y a entre toutes les personnes dont tu aimes t'entourer, c'est la bienveillance envers toi et le fait qu'ils te fassent confiance. Ce ne sont pas des personnes qui vont t'oppresser ou qui vont te dire quoi faire.
- Speaker #0
Non,
- Speaker #1
jamais.
- Speaker #0
Et c'est des personnes drôles et des belles personnes aussi. Surtout, je les remercie tous d'être là.
- Speaker #1
On parle de... d'événements qui sont importants à tes yeux. On ne peut pas parler de préparation mentale sans parler de stress, des choses comme ça. C'est quoi ton rapport au stress premièrement ?
- Speaker #0
Je dirais que ça me booste un peu quand même. Après, c'est vrai qu'on entend souvent ce truc de bon stress, mauvais stress. C'est quoi ton avis toi là-dessus ? Je pense que ça dépend comment tu le transformes. Le mauvais stress, ça peut être du bon stress, mais c'est juste comment tu le perçois. Et c'est vrai que le stress, je n'ai jamais vu ça comme quelque chose de mauvais. Ça m'a toujours beaucoup apporté de l'adrénaline, d'être dans le flow. Je sais qu'en prép mental, on parle beaucoup de flow. Le stress, ça permet d'atteindre ce flow, ce truc de ouf.
- Speaker #1
Tu peux donner ta définition ? On n'est pas là pour... James, si tu nous écoutes, indulgence, si jamais. On ne veut pas la définition de James, mais c'est quoi pour toi le flow ? C'est quoi les mots que tu mettrais dessus, en plus de ton ressenti ? Sachant que c'est dur de mettre des mots sur un truc qui se ressent plus, qui ne s'explique.
- Speaker #0
Oui, comme tu dis, ça se ressent beaucoup plus. Mais moi, je dirais que le flow, c'est un peu cette phase où tu ne réfléchis pas. C'est automatique. C'est vraiment ce truc d'automatisme. Tu fais le truc, tu le vis à 100%. Mais... Pas tu contrôles rien, parce que c'est pas rien contrôler, mais en fait ton corps est tellement habitué à faire ça, et t'es rentré dans cette phase où c'est plus tes émotions, c'est plus ta tête qui va te porter à faire les choses. Donc quand tout est bien, c'est un peu ce truc d'alignement aussi, t'es bien dans ton corps, t'es bien dans ta tête, t'arrives à atteindre ce flow, c'est un peu comme quand tu te mets à danser sur une musique, genre tu t'en fous du regard des autres, tu fais ton truc, c'est un peu ça je dirais. Enfin moi je le vois un peu comme ça.
- Speaker #1
Très bien. Donc ça veut dire que ton intention elle est... T'arriverais ? T'arriverais à dire si ton attention allait sur un truc en particulier ou si juste t'es 100% présente et tu captes tout en même temps ?
- Speaker #0
100% présente, ouais de ouf, tu captes tout, tu captes l'environnement, tu captes la vibe de tes coachs, tu captes tout. C'est aussi ça que j'aime bien dans le ski de bosse, c'est que c'est de l'adaptation et que tu sais jamais ce que ça va... Enfin on est un sport d'extérieur donc c'est l'environnement aussi et l'environnement fait aussi, comme tu le perçois, être dans cette... Ce truc de flow, tu vois. Mais pour moi, le flow, c'est un peu un truc bizarre parce que t'es à 100% aware de tout ce qu'il y a autour, mais par contre, t'es ultra centré sur toi-même. T'as ta bulle, mais tu vois tout. Et c'est ça, ce flow. C'est pas juste être dans ta bulle et enfermé en mode... Les deux couloirs, tu vois.
- Speaker #1
Je trouve que t'as donné une superbe définition et en même temps, ça montre deux paradoxes qui arrivent à exister en même temps.
- Speaker #0
Grave.
- Speaker #1
C'est trop chouette.
- Speaker #0
Ouais. Et je dirais que James, il n'a pas de définition à lui, il a une définition avec moi, tu vois. Avec chacun de ses athlètes.
- Speaker #1
Trop bien. Et tu arrives à mettre une sorte de, je n'aime pas ce terme-là, de protocole, mais est-ce que toi tu as un...
- Speaker #0
De routine.
- Speaker #1
Une routine ou quelques actions que tu mets en place pour réussir à au moins t'en rapprocher le plus possible, dès que tu ne puisses pas le contrôler sur demande ?
- Speaker #0
Ça se fait en amont. Avec James notamment, en amont de préparer un petit peu avec les entraînements que j'ai fait avant, le jour J, comment je suis, comment je me sens, comment j'ai dormi, c'est plein de trucs comme ça. Et après j'ai un rituel avant la course, avant de me lancer dans la gate, mais qui se fait petit à petit aussi sur les entraînements. J'ai mes petits mots, mes mantras en gros. Mes petits mantras qui sont surtout centrés sur moi et de se couper un peu des trucs qui pourraient t'embêter.
- Speaker #1
Il y a deux semaines, j'étais avec Anna Martinez qui est sur le World Tour en snow et elle, ses mantras, ça ressemblait à des choses simples, basiques. Est-ce que c'est des choses qui se ressemblent pour toi aussi ou toi, c'est vraiment différent ?
- Speaker #0
Oui, c'est ça aussi. Les mots que je me répète, c'est calme, ni plus ni moins. Et c'est une compétition, mais ça reste un jeu. Comme j'ai dit avant. C'est un peu ça. Mais la plupart du temps, avant de pousser sur les bâtons, c'est calme. Je respire un petit peu. Je fais attention à ma respiration. Et ni plus ni moins. Fais ton truc.
- Speaker #1
Le fait que ce soit un game, que ce soit un jeu pour toi, ça te met dans quel état ? Tu ressens quelles émotions quand tu abordes ça comme étant un jeu et pas comme étant, c'est une connerie, la compétition de ta vie ? Oui,
- Speaker #0
je vois. Tu parlais du stress, je pense que ça contre un peu ce mauvais stress qu'il pourrait y avoir, et ce trop plein d'émotions, c'est détendre, c'est un jeu. Et c'est évidemment que ça ne l'est pas, c'est détendre dans ma tête, mais que je veux faire bien aussi, parce que comme on a dit, on est dans la compétition, on veut bien faire, on veut bien performer, on veut donner le meilleur de nous-mêmes. Mais le fait que ce soit un jeu, ça relativise un peu ce truc de, il faut faire tout bien, il faut faire tout carré. C'est un peu dans ce sens-là, ouais.
- Speaker #1
Ouais. T'es moins dans cette partie primitive de j'ai peur que ça se passe pas bien et je crois absolument que ça marche. Sinon, tu complètes comme tu veux derrière, quoi.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça.
- Speaker #1
Ouais, OK.
- Speaker #0
Et le fait que ce soit un jeu, je t'allais parler, mais le fait que ce soit un jeu, c'est aussi avoir moins peur de cet échec. Tu vois, tu parles d'échec. Quand c'est un jeu, vu que c'est un jeu, on s'en fiche un peu, tu vois, du résultat. En soi, que ce soit bon ou mauvais, si t'as fait un truc où tu t'es amusé ou t'as donné tout ce que tu pouvais bah tu seras jamais vraiment déçu tu vois ce que je veux dire donc c'est aussi d'un côté se préparer aussi à cet échec bah ouais des fois ça marche, des fois ça marche pas c'est un jeu,
- Speaker #1
ça arrive c'est quoi l'échec pour toi Marie ? aujourd'hui, comment tu vois l'échec ?
- Speaker #0
l'échec est ultra important en vrai je le me rends compte où est-ce que tu mets le curseur de échec ou réussite déjà ? parce qu'en vrai des fois c'est dur de juger ça, ça dépend aussi de la compétition ça dépend du mood du moment aussi mais je dirais que ce qui est sûr c'est que les échecs m'ont plus servi que les réussites pour l'instant tu vois quand je te disais le genou c'est un peu une trahison c'est une sorte d'échec de se blesser c'est ton corps qui veut pas quoi. Et ça, ça m'a tellement servi de perdre des compétitions. Au final, ça te fait du mal, mais ça te sert.
- Speaker #1
Pour toi, t'as échoué, pour reparler de ton genou, t'as échoué à quel niveau ? Pour avoir comme conséquence le genou ?
- Speaker #0
C'est dur à dire parce qu'à l'époque, j'étais encore un peu au lycée. Je faisais attention, mais en même temps pas trop à tout ce qui était préparation et tout. Et je dirais que c'est plus par rapport à ça. Je me dis que j'aurais pu mieux faire et c'est ce que je fais maintenant. Donc tu vois, ça m'a permis de... Ok, c'était peut-être un peu violent, mais ça m'a permis d'être meilleure en prep physique, meilleure en étirement, en tout ce qui est physique.
- Speaker #1
Ça t'a aidé à te professionnaliser, j'ai l'impression.
- Speaker #0
Oui, vraiment. En plus, il y a des doutes forcément quand tu te blesses. Et il y a cette question un peu de... Ok, qu'est-ce que je veux faire ? Là, tu vois, j'ai 18 ans, je viens de finir le lycée. Est-ce que je ne peux pas partir sur un cursus un peu plus normal, faire des études et derrière un vrai métier ? Je mets vraiment des gros guillemets à ça, le terme de vrai métier. Mais voilà... tu te poses plein de questions sur ça, sur ce que tu veux faire. Et se blesser, c'est aussi te remotiver un petit peu, t'apporter de la motivation en mode non, non, je veux continuer.
- Speaker #1
C'est un temps d'arrêt qui te permet de, comme une fin de contrat par exemple, le travail, c'est un CDD qui se finit. Soit c'est reconductible en mode je recommence dedans parce que je suis grave motivé, soit je dis c'est bien comme ça et maintenant je prends un autre chemin.
- Speaker #0
C'est ça, c'est un peu faire le bilan. C'est clairement ça.
- Speaker #1
C'est quoi ton process toi quand tu vis un moment qui est challengeant, qui est difficile, qu'on pourrait facilement mettre dans la catégorie échec, bien que tu disais qu'il n'y avait pas vraiment d'échec ?
- Speaker #0
Si, il y en a, mais c'est quoi le processus ? Tu veux dire comment je dis ça ? Oui,
- Speaker #1
comment tu dis ça ?
- Speaker #0
Beaucoup de parler, d'en parler en fait, ça te fait tellement relativiser. Tu vois, notamment la famille. En fait, ils ne voient que l'extérieur un petit peu. Et quand tu leur parles de ton échec, pour eux, ce n'est pas un échec. Donc déjà, à partir de ce moment-là, tu te dis, OK Marie, fais un petit pas en arrière, regarde un petit peu l'histoire autour. Et c'est aussi ça de, moi, quand je sais qu'il y a un truc un peu qui ne me plaît pas, qui se passe, je sais que j'ai besoin d'en parler, que ce soit à James, que ce soit à mes sœurs, que ce soit à mes amis, etc. Parce qu'en fait, ça me fait tout de suite relativiser d'en parler avec ces personnes qui... comprennent et en même temps sont pas dans toute cette boucle là donc ils ont un oeil extérieur de tout ça quoi.
- Speaker #1
Donc d'où l'importance en fait d'avoir des amis qui sont oui dans le ski parce que c'est ton entourage qui est direct, avec qui tu passes le plus de temps en quantité finalement d'avoir aussi des personnes en dehors pour pouvoir toi même sortir de ce cercle de haut niveau et de réussir comme tu dis à relativiser.
- Speaker #0
Ouais ouais de ouf ultra important pour moi en tout cas ultra important. Ou bien sûr parce qu'encore une fois si chacun à sa sauce mais Mais oui, j'estime que c'est toujours important d'avoir un pilier extérieur à tout ça. Même si, imaginons, ça se casse la gueule. Ça ne me plaît plus du tout, je fais n'importe quoi, je ne suis plus du tout en phase avec ce que je fais, j'arrête. Si tu n'as pas de pilier extérieur, comment tu peux rebondir après ça ? Si tu n'as que des amis dans le ski, ou que ton entourage ne sait que du comment après tu veux un peu te construire ? C'est aussi ça qui me rassure en me disant, j'ai un peu... Je suis un peu partout. C'est cool aussi d'avoir ça.
- Speaker #1
Un peu une investisseuse émotionnelle, toi. Tu investis émotionnellement dans différentes personnes.
- Speaker #0
Un petit peu. Et c'est aussi d'adapter ton discours à qui tu parles. Je ne vais pas parler des mêmes choses à James que à ma mère, que à mes soeurs, que à mes potes. C'est sûr et certain.
- Speaker #1
Tu te considérais comme étant quelqu'un de très émotionnel, qui vivait beaucoup ses émotions et qui a des gros hauts et des gros bas.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Comment tu te deals avec ça dans les moments où t'as des gros bas, par exemple ? Parce que c'est ce qui va le plus intéresser. Surtout quand tu dois switcher rapidement. Alors, on va le faire de quand tu dois switcher rapidement et quand justement t'as le time.
- Speaker #0
Alors, quand je dois switcher rapidement, c'est souvent, je dirais, du coup, d'une compète à une autre, tu vois, on va dire d'une semaine, une semaine et demie à une autre. Ça, c'est beaucoup... parler. Vachement essayer d'en parler. Et en fait, pas passer à autre chose. On a dit que les échecs, c'était important. Donc il y a une phase d'analyse de tout ça. Et souvent, c'est avec James que je le fais, tout ça. Quand ça doit être rapide, tu vois. C'est avec James que je fais ça, d'en parler, d'analyser ce qui n'allait pas. Pourquoi j'ai fait ça ? Pourquoi j'étais comme ça ? Pourquoi ça n'a pas marché ? Et... OK. J'ai fait ça, j'ai fait ça, bon bah le prochain entraînement ou la prochaine visite que je fais, je corrige direct, tu vois. Je refais le truc petit à petit en corrigeant et je dirais que c'est comme ça que je le gère assez rapidement. Et en fait, à partir du moment où tu es sur une autre compétition, c'est une autre piste, c'est un autre stress, c'est peut-être un autre mood, tu vois, sur le moment. Tout change aussi naturellement, on va dire. Et quand j'ai plus de temps pour processer les moments un peu down, souvent je me laisse un peu de temps toute seule. Et après, c'est sûr que j'en parle, c'est sûr que je partage avec les gens autour de moi. Mais il y a eu une période où je suis un petit peu toute seule pour gérer moi-même, pour comprendre plus moi ce qui s'est passé.
- Speaker #1
Donc ce que tu me dis, c'est que le fait que tu bosses en préparation mentale, avec un prêt mental du coup. ça te permet d'aller plus vite dans le process et en même temps il y a aussi des bénéfices dans les moments où tu as besoin de prendre le temps on parlait de tes exutoires les trucs qui te faisaient du bien tu veux bien en reparler ou pas ? il y a plein de trucs qui me font du bien mon petite ressource je ne peux pas dire les rituels mais les choses que tu as l'habitude de faire qui te font du bien et que tu fais pour toi j'écris on l'a dit tout à l'heure mais j'écris beaucoup mais
- Speaker #0
plus enfin C'est un peu tout, c'est un peu n'importe quoi. Je n'ai pas de trame d'écriture, c'est un peu le mood du moment. Quand je suis énervée, si j'ai une trame, c'est que selon mon mood, si j'écris un peu plus énervée, si j'écris un peu plus triste, si je suis neutre, j'ai des stylos différents pour chaque écriture, c'est ça qui est un peu drôle. J'aime bien aussi faire ça un peu. Au final, de faire ça, tu te rends un peu plus compte de l'émotion que tu es en train de vivre et tu arrives un petit peu plus à l'analyser. C'est un peu de la psychologie perso, je dirais, d'avoir un carnet, d'écrire un peu ce que tu ressens, tu vois. Mais pour moi, c'est ultra important. C'est vraiment un outil pour moi. Après, la musique, on en a parlé.
- Speaker #1
Oui, mais on en a parlé en off.
- Speaker #0
On en a parlé en off. La musique, ultra important.
- Speaker #1
En écouter.
- Speaker #0
Ouais, en écouter. Même des fois, un petit peu en faire, ouais, ouais, carrément. Avec des potes de plus en plus. Ce serait un goal, tu vois, de ma vie. D'avoir ça aussi à côté. Après, je t'ai aussi parlé de la pêche à la mouche.
- Speaker #1
Ouais, exactement.
- Speaker #0
Parce que ça, ultra important, ce côté un peu ressource naturelle, tu vois, d'être dehors.
- Speaker #1
Ça remplit ton besoin de connexion à la nature.
- Speaker #0
Ouais, un petit peu.
- Speaker #1
À poser le truc.
- Speaker #0
Ouais, poser, tu vois, d'avoir ces couillons à dire, mais d'avoir le bruit de l'eau qui coule, des petits oiseaux, de ce que tu veux, du soleil. Même d'être dehors, tu vois, tout simplement d'être dehors, en fait. Ça fait du bien. et souvent c'est avec des amis que je fais ça donc c'est aussi des moments de partage on parle pas trop mais on est ensemble c'est hyper important et après d'appeler mes piliers, d'appeler ma famille de faire un gros fest time où on parle pas de ski souvent à ces périodes là je ne parle pas de ski c'est juste on vit le truc j'ai envie de savoir ce qui se passe dans ma famille de savoir ce qui se passe chez mes amis donc j'ai beaucoup d'appels avec plein d'amis parce qu'on est loin Des fois, j'ai l'occasion aussi de les voir, donc c'est très cool. Mais ouais, l'entourage est ultra important en dehors du ski.
- Speaker #1
Donc tu t'entoures, tu passes du temps avec des personnes que t'aimes. Tu écoutes de la musique, tu en fais aussi. Tu écris beaucoup. Je vois que t'as une grosse richesse aussi de, comment dire, d'intelligence émotionnelle par rapport à toi-même, déjà.
- Speaker #0
Ouais, ouais, je pense. Tu vois, le livre, le carnet, par exemple, je sens qu'à des moments... Si j'écris pas pendant quelques jours et que j'ai envie, tu vois, juste je peux pas, l'environnement fait que je peux pas, tu vois, il y a trop de monde, j'ai besoin d'être posée d'ailleurs quand j'écris, il n'y a pas trop de bruit et tout, j'ai ma musique et je fais mon truc. Et quand je ressens le besoin de le faire mais que je ne peux pas, il y a un moment où je sature un peu, tu sais, je suis en mode ok laissez-moi, je vais faire mon truc, il faut que j'écrive deux phrases et après ça va un peu mieux, tu vois, c'est couillant mais ça marche vraiment.
- Speaker #1
C'est quoi ?
- Speaker #0
C'est hyper... cool d'avoir cet outil.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
C'est hyper important pour moi. Mais en plus, c'est des trucs assez basiques. Tu vas me dire, voir sa famille, appeler sa famille, écrire et aller dehors, c'est un peu les trucs qu'on te dit quand tu ne vas pas bien ou quand tu veux te ressourcer au final.
- Speaker #1
En même temps, c'est ce qui marche chez toi. C'est vrai. C'est pour ça qu'on parle à ce micro-là aujourd'hui. C'est parce que... On a des pensées qui après amènent des émotions, et puis si tu commences à comprendre d'une certaine manière et on a un certain résultat, et ben, je te l'ai dit tout à l'heure, mais il y a des personnes qui aimeraient avoir le résultat que t'as aujourd'hui, qui est d'être en équipe de France, qui est de faire des compétitions et d'avoir le lifestyle que t'as, et c'est trop cool de comprendre en fait que t'as un comportement particulier, qui est propre à toi-même, les émotions que tu ressens et une manière de les gérer, et un certain mindset. Ouais,
- Speaker #0
c'est vrai, c'est vrai.
- Speaker #1
Et je voulais boucler les yeux en disant quoi ? c'est trop cool de voir que Tu mets en place des choses qui sont simples et accessibles à tout le monde pour réussir à aller mieux. Ça désacralise un peu l'athlète olympique qu'on met très souvent sur un pied de salle et qui crée paradoxalement une distance entre les gens qui se considèrent comme étant, je mets des grosses guillemets avec les doigts là, normaux, et les athlètes olympiques.
- Speaker #0
Non, c'est vrai que t'as raison. Au final, c'est pour tout le monde. Après, je ne me considère pas encore vraiment comme une athlète. tu vois j'ai pas des... Si j'ai des résultats, j'en suis hyper fière, mais c'est vrai que j'aimerais continuer, avoir des plus gros résultats, des plus grosses choses. Mais je pense que ça va se faire aussi petit à petit. Et je pense que c'est aussi avoir confiance en son parcours. Tu parlais de parcours atypique, du début à maintenant, j'ai toujours eu ultra confiance en mon parcours et j'ai tout le temps kiffé ce que j'ai fait. Et je pense que c'est ultra important d'aimer et d'être accompagnée, d'être soi-même. Mais encore une fois, c'est quelque chose d'assez simple que je dis. Mais ouais, d'être toujours toi-même, en fait. Tu t'en fiches au final de... Si tu le fais pour toi et si t'es à fond à 100%, il y aura toujours un truc bien derrière. Il y aura toujours un résultat.
- Speaker #1
Si tu devais me donner un tuto, un conseil pour être plus moi-même, tu me dirais quoi ?
- Speaker #0
C'est dur. Un peu d'avoir ce mood de je-m'en-foutisme. Mais je l'ai dit tout à l'heure, fake it until you make it. Donc... Fais semblant Jusqu'à ce que tu y arrives Donc au début c'est peut-être un peu ça Tu vois De faire semblant D'être la personne que tu voudrais être C'est un peu plus dans ce sens là C'est pas être fake devant tout le monde C'est plus Tu veux devenir cette personne Tu veux être championne olympique Tu veux Je sais pas, mais même en vrai, dans la vie de tous les jours, tu veux avoir un job qui te plaît vraiment et tout, ok, sois la personne que tu penses qui ferait ce job, qui serait cette athlète. Et je pense que c'est un peu ça aussi, être soi-même.
- Speaker #1
Au final, il y a beaucoup de personnes qui pensent que pour être athlète olympique, il faut se comporter d'une manière différente de ce qu'ils ont l'habitude de se comporter. Et en même temps, en t'écoutant, j'ai l'impression que c'est plutôt la suite logique. C'est la conséquence de ce que tu as déjà mis en place depuis tes 15 ans et même encore avant, quand tu faisais de la gym, quand tu faisais du rugby. Toute ton expérience qui t'a permis d'arriver là aujourd'hui, c'est aussi ce qui fait qu'aujourd'hui, la conséquence, c'est que tu es sélectionnée aujourd'hui pour aller représenter ton pays.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Donc peut-être qu'en fait, c'est une continuité aussi et qu'il n'y a pas besoin de révolutionner tout son entraînement et de tout changer d'un coup d'un seul en disant « Ah bah maintenant, je suis arrivé à ce niveau-là, il faut que je change. »
- Speaker #0
Oui. Non, c'est sûr que c'est... C'est pour ça que quand tu m'as parlé de ma sélection au jeu, est-ce que j'étais étonnée ou pas ? Oui, j'étais soulagée de savoir. Mais je n'étais pas non plus étonnée parce que, comme tu as dit, j'ai tout mis en place avant. Après, être athlète de haut niveau, être athlète qui va au jeu, maintenant je peux le dire, c'est drôle à dire. J'aime pas ce terme, mais on parle de sacrifice. Je dirais pas que c'est des sacrifices, c'est plus des choix, des décisions dans ta vie que t'as décidé de prendre pour ce que tu veux faire, tu vois. Et c'est sûr qu'après ça, il faut être vraiment motivé. Tu vois, il y a des entraînements où évidemment je me dis, tu vois, je resterai bien au lit, tranquille, ou des choses comme ça. Même si ça arrive rarement, c'est quand même des choses qui sont... Il faut aller creuser quand même. au fond de toi, tu vois, pour y arriver. C'est pas anodin non plus, les entraînements c'est dur, c'est le sport de haut niveau, c'est dur. Physiquement c'est dur, des fois mentalement, justement on peut parler de ça, c'est dur. Et c'est juste, je pense, comment tu réagis à tout ça qui va te faire amener à ça. Mais après, oui, pour moi, cette utopie d'athlète olympien qui est différent des autres, on est forcément différent parce qu'on a pris des choix différents. Mais notre parcours n'est pas si dingo que ça. Genre moi, mon parcours, c'est vrai qu'il est atypique. Mais je n'ai pas fait des trucs de malade manteau pour en arriver là non plus. J'ai juste kiffé ce que j'ai fait. J'y suis allée à fond. J'ai eu pas mal d'échecs. J'ai eu pas mal de réussites. J'ai eu des bonnes personnes qui m'ont entourée. Et c'est ça maintenant qui fait que je suis là, tu vois.
- Speaker #1
Ouais. Et au final, ce n'est pas ce qui t'arrive qui te définit, mais comment tu choisis d'y réagir.
- Speaker #0
Ouais, un petit peu.
- Speaker #1
Et encore, on parle de choix. C'est toi qui choisis de voir l'échec d'une telle manière. C'est toi qui choisis de soutenir tes émotions.
- Speaker #0
Ouais. J'ai un ami qui me répète souvent... C'est toi qui choisis ce que tu te mets dans ta tête. Et ça, c'est tellement vrai, tellement dur à faire, mais tellement vrai. Ce que je disais, un matin, t'as pas envie de te lever parce que t'es fatiguée, t'as pas bien dormi ou un truc comme ça. Bah non, tu y vas parce que tu te mets dans ta tête que tu veux faire ça. Tout ça, c'est pas on te l'impose, c'est toi qui veux le faire. Et c'est là que tu te dis, ok, je peux tout faire. Enfin, quoi qu'il arrive, en fait, je peux mettre ce que je veux dans ma tête parce que c'est clairement que moi qui dois décider, qui peux décider de ça.
- Speaker #1
Oui, carrément. J'ai envie d'apporter une nuance à ce que tu es en train de dire en ajoutant que l'entourage est aussi hyper important. Je pense aussi que tu as l'habitude d'être, entre guillemets, saturée de personnes qui pensent d'une certaine manière et qui te l'expriment. On est des êtres sociaux et donc, du coup, on se rapproche des mêmes personnes. C'est ce qu'on appelle l'épigénétique. Donc d'où l'importance de toi aussi choisir d'être en relation avec telle ou telle personne.
- Speaker #0
De ouf, de ouf. C'est vrai que c'est ultra important. Parce que ce pote, ça a commencé au ski de bosse et ça l'est toujours. Du coup, c'est ça, c'est choisir. Quand il y a une personne qui ne te plaît pas, même si c'est compliqué, parce que j'imagine que des fois c'est compliqué, si c'est ton coach ou même si c'est ta mère ou ton père. C'est compliqué de dire, bah non, je coupe les points avec toi, tu vois. Et c'est réussir à trouver comment mettre des barrières, des limites à des relations pour que toi, justement, ça te porte pas préjudice, quoi.
- Speaker #1
C'était déjà arrivé, toi, de devoir mettre des limites dans des relations ?
- Speaker #0
Non, ça va. Ok. Si, ouais, quelques-unes, mais jamais très grosses limites. Ok. En tout cas, dans mon entourage. très proche, j'ai jamais eu à mettre des limites. Les gens ont toujours compris le mood, tu vois. J'ai jamais eu besoin de dire de trucs.
- Speaker #1
Est-ce que tu as des émotions dominantes dans ta life ? En mode, est-ce qu'il y a des émotions que tu ressens régulièrement dans la journée qui sont quasiment les mêmes, qui se ressemblent ?
- Speaker #0
Ouais, la colère un peu.
- Speaker #1
Ok. Tu ressens à quelle fréquence tu dirais de la colère dans une journée ou dans une semaine ?
- Speaker #0
plus dans une semaine, dans une journée des fois je dirais qu'il n'y en a pas mais dans une semaine je dirais
- Speaker #1
5 jours sur 7 au moins une fois par jour sur 7 j'adore cette émotion parce que c'est vraiment l'émotion de je pose mes limites et de c'est pas ok dans mes règles à moi et j'ai l'impression que ça rejoint vachement avec ce que tu disais tout à l'heure, c'est mes choix, c'est moi qui choisis au final c'est presque l'expression l'opportunité à chaque fois de choisir de soit on continue, soit on arrête.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. Après, peut-être que je m'énerve des fois certainement un petit peu pour rien. Enfin non, pas pour rien. C'est que personnellement, je ressens cette colère et j'estime que des fois, je dois un petit peu plus la gérer, tu vois. Que des fois, elle me fait trop réagir au lieu d'agir. Et c'est ça aussi que je deal avec la préparation mentale. Réussir à jauger une émotion, la colère notamment, est-ce qu'elle était pertinente d'être aussi forte ? Des fois, est-ce que s'énerver autant c'était pertinent ? Est-ce que ça ne m'a fait pas plus perdre de l'énergie qu'autre chose ? C'est aussi ça. Mais la plupart du temps, c'est quand même important de la laisser vivre. Même si c'est un petit truc. Même si c'est un petit truc, si t'as de la colère, c'est qu'elle doit sortir, c'est qu'il y a un truc qui doit sortir. Donc après, c'est aussi gérer comment le sortir, tu vois, pour pas blesser d'autres gens avec qui t'es à ce moment-là, par exemple.
- Speaker #1
Parce que c'est important pour toi de garder une bonne cohésion d'équipe, une bonne cosmique.
- Speaker #0
Ultra important, ça, respecter. Tu sais, on a tous un parcours, on a tous un projet. Et en fait, il faut réussir à respecter celui de chacun. Et c'est comme ça, en fait, qu'on va avancer. Tu vois, je t'ai dit à un moment, j'ai fait du rugby. L'équipe est ultra importante, surtout dans notre sport, en ski de bosse, c'est un sport individuel mais on est en permanence en équipe et l'équipe c'est un peu ta deuxième famille au final, donc c'est ultra important d'essayer d'avoir des bons liens, de comprendre les différents de chacun, on est tous différents dans une équipe, il y en a qui préfèrent être tout seul, il y en a qui préfèrent être au calme, il y en a qui préfèrent bouger, parler, et il faut tout le temps essayer de respecter ça et je trouve ça. hyper important donc c'est aussi dealer toi personnellement pour que ça aille bien dans le groupe aussi ce serait quoi le conseil que tu pourrais donner à une athlète qui est dans une dans une autre section ou
- Speaker #1
autre chose d'ailleurs qui vivrait on va dire des difficultés à communiquer avec son équipe qu'est-ce que tu pourrais lui donner comme conseil pour l'aider justement à dealer avec toi sachant que pour elle c'est comme tu l'as dit sa famille aussi, sa famille qui n'est pas forcément choisie, mais avec qui en tout cas tu passes le plus de temps et qui donc va impacter comment tu te sens et donc ta performance.
- Speaker #0
C'est compliqué, mais ce que je pourrais dire, c'est de toujours te faire confiance. Jamais douter, tu vois, s'il y a un truc qui ne se passe pas comme tu le voulais, si ça ne se passe pas bien avec une personne, c'est toujours te faire confiance, respecter l'autre, toujours respecter l'autre. elle a un différend avec toi, ou le groupe a un différend avec toi. Te remettre en question, mais jusqu'à un certain point. Pas laisser tout ça te submerger non plus, parce qu'il ne faut jamais oublier que le plus important, c'est toi, c'est ton projet. Ce n'est pas les autres. S'il y a un problème, et ce n'est pas gérable dans le groupe, par exemple, c'est à ce moment-là que les piliers rentrent en jeu. C'est parler, réussir à parler avec ta famille, réussir à parler avec tes amis, ton préparateur mental si t'as la chance d'en avoir un. C'est de dealer avec tout ça en fait. Et si la personne elle est pas ok avec ton projet, j'ai envie de dire que c'est un peu son problème, c'est pas le tien. Et c'est ultra important de se le répéter parce que sinon tu t'enfermes dans un truc de plaire aux autres un peu. C'est ultra important de ne pas rentrer là-dedans parce que tu ne te ressembles plus après. Et comme j'ai dit au début, le plus important, c'est vraiment d'être toi-même et de kiffer ce que tu fais. Donc si tu es cette personne ou ce groupe ne te fait pas kiffer, tu fais ton truc de ton côté.
- Speaker #1
Même le fait de vouloir absolument plaire aux autres, tu ne contrôles pas ça.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Donc c'est le parfait moyen d'être frustré et de dépenser de l'énergie à penser à ça. On va se sentir des émotions qui sont désagréables, qui ne vont pas t'aider par la suite. Oui, vraiment. Tu rappelles bien qu'il y a 50% des choses qui t'appartiennent et 50% qui appartiennent aux autres. Du coup, tu peux aller jusqu'à 50% de ce qui t'appartient pour te remettre un peu en question.
- Speaker #0
Et après,
- Speaker #1
le reste...
- Speaker #0
Si ça ne marche pas, ça ne marche pas. Si tu ne peux plus contrôler... Il y a des choses que tu peux contrôler et il y en a d'autres non. Et c'est aussi... Je pense que tu vois un bon... Un sportif de haut niveau qui est bon. Il arrive aussi à dealer avec ça, de se dire « Ok, j'essaie jusqu'à un certain point, mais je ne vais pas aller perdre de l'énergie dans ça. » Et je pense que c'est important de se connaître là-dessus et d'arriver... On parlait des limites, des barrières que tu mets en place. Ça, c'est une barrière.
- Speaker #1
Et d'ailleurs, c'est quoi ton rapport, toi, à la langue anglaise ? Marie.
- Speaker #0
C'est drôle, parce que... Je t'ai dit, je viens du sud-ouest, donc c'est un peu plus l'espagnol là-bas. J'ai fait beaucoup d'espagnol quand j'étais au collège et tout. Mais l'anglais, je me suis rendue compte que c'est tellement une porte à tout. Autour, on parlait des relations sociales et tout, de t'ouvrir aux autres quand t'as cette notion un peu d'anglais, c'est trop bien. Et là, maintenant, avec la Coupe du Monde, c'est trop intéressant parce que t'as des gens qui viennent d'Australie, donc qui ont un accent différent. T'as des personnes qui viennent d'Angleterre, des US, mais de... différentes parties des US. Et tu vois un peu ce truc. Et c'est trop bien parce que ça crée tellement de connexions, en fait. Tout ça, tu vois, de pouvoir parler. Et la Coupe du Monde m'a aussi appris à parler. Enfin, je savais parler en arrivant. Mais tu vois, là, j'ai beaucoup plus d'expressions techniques, des trucs comme ça. Donc, mon rapport est plutôt bon, je dirais, avec l'anglais. J'aimerais être meilleure.
- Speaker #1
Tu te perfectionnes au fur et à mesure, quoi. Ouais, trop cool. Tu vois des mentalités différentes en fonction des pays ?
- Speaker #0
De ouf. On parlait de l'échec, hyper important. Je dirais qu'en France, on a une mauvaise culture de l'échec. Tu sais, même au niveau du parcours scolaire, des trucs comme ça, des études sup et tout, on est très... Tu rates une fois, ta vie, elle est ratée un peu. C'est un peu ça. Et même, on te définit un peu sur ce que tu as fait. « Ah ben toi t'as fait STAPS, ah ben toi t'as fait truc, t'as fait polytechnique, t'as fait médecine. » Et si t'as raté ça, ben t'es un peu... T'as un peu raté un parcours, tu vois. Alors que dans d'autres pays, genre les US, il n'y a tellement pas cette culture-là. On est plus à t'encourager à être dans l'échec qu'à réussir direct, en fait. Et tu te rends compte, c'est vrai, c'est des vraies statistiques, les personnes qui ont plus jeune raté, en fait, quand elles commencent à être dans la vie active, vraiment, tu vois, dans les 20 ans, 20-30 ans, Tu te rends compte qu'elles réussissent plus qu'elles font et tu te dis, mais lui, il a trop de la chance. Non, non, c'est qu'avant ça, en fait, il a raté. Et du coup, je trouve ça très intéressant d'être avec d'autres nations. Je te parle des US, mais c'est aussi le cas en Australie ou au Canada. C'est hyper intéressant de voir ça aussi et de s'en inspirer, forcément.
- Speaker #1
Ce qui t'inspire le plus dans ces mentalités différentes, c'est le rapport qu'ils ont à ce qui se passe et la réaction qu'il y a derrière.
- Speaker #0
Ouais, c'est carrément ça. C'est comment ils vont réagir à un échec. Et en fait, c'est ouf parce que j'ai l'impression qu'ils relativisent. Après, c'est toujours un peu ce truc de je vois l'herbe verte chez les autres, de se dire j'ai l'impression qu'ils relativisent plus vite tous ces échecs et tout. Et en fait, non, je pense que c'est des humains aussi avant tout. Mais ils sont plus conciliants avec eux-mêmes, j'ai l'impression.
- Speaker #1
Quand tu dis conciliance, tu veux dire quoi par là ?
- Speaker #0
Qu'ils acceptent plus cet échec, tu vois. Personnellement, je parle. Qu'ils s'en veulent moins d'avoir raté, tu vois. Alors que c'est vrai que moi, encore maintenant, j'ai trop du mal au tout début à me dire c'est pas grave, ça arrive, c'est... Tu vois, il me faut quand même un temps avant d'en arriver là.
- Speaker #1
Mais je pense en fait que c'est vraiment important de se rappeler aussi que l'échec, ça fait mal. Et qu'il y a trop de personnes qui veulent vite switcher le truc. Et quand tu commences à rentrer dans... Le déferso ou même dans des mentalités un peu différentes, tu veux vite presque faire tout l'inverse. Mais ce n'est pas mieux dans le sens où il y a un sens à la douleur. Ça te permet de bouger aussi. Si tu t'assoies sur une plaque de cuisson et qu'elle est tiède, tu vas juste bouger en mode « Ah, elle est tiède ! » Mais si vraiment elle est brûlante, tu vas bouger direct et ça va te permettre d'avancer et de progresser. Et rejeter cette douleur t'empêche aussi derrière d'avoir les bénéfices à tout ça.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. c'est dealer avec l'émotion accepter, la laisser vivre la laisser vivre,
- Speaker #1
hyper important d'ailleurs ce qui fait mal souvent dans l'échec c'est pas l'échec en lui-même dans le sens où tu ressens pas de la douleur quand t'as quand t'as loupé une bosse, une course mais tu ressens de la douleur parce que de ce que tu crois que ça veut dire de toi c'est l'importance en fait de savoir ce que tu mets dans ta tête et d'être conscient des croyances que tu... choisi, adopté. C'est pas évident, c'est un travail à faire. Ça se crée pas tout seul comme ça. Il n'y a pas les personnes qui savent faire et les personnes qui ne savent pas faire. C'est un entraînement au quotidien.
- Speaker #0
C'est pas inné.
- Speaker #1
T'as déconstruit des croyances, toi, ou au moins une croyance un peu vénère ?
- Speaker #0
Ouais, tout cet aspect mental, en fait. Tu sais ce que je te disais, la première fois que j'ai eu mon préparateur mental en visio, j'étais là j'y crois pas trop à ces trucs. Est-ce que ça marche vraiment ? Merci. Cette croyance de « j'ai pas besoin de ça » , alors qu'au fur et à mesure, si, vraiment.
- Speaker #1
C'est dingue, j'accompagne une athlète qui fait du biathlon, et elle avait la croyance de « je suis nul sur les sprints, du coup si jamais il y a une confrontation à la fin et qu'il nous reste 2-300 mètres, et qu'il y a deux meufs derrière, ça sert à rien que je la fasse dans le sens où je peux lâcher maintenant, parce que je sais que je suis pas bonne. » Tu te dis « mais ça te dessert vachement ? » Attention pour une croyance qui te limite aujourd'hui, elle t'a aidé aussi dans le passé, ça a toujours été utile. Mais hyper important de faire un petit check interne de est-ce que ce que je crois m'est utile.
- Speaker #0
Ouais, maintenant à l'heure qu'il est là, est-ce que ça me sert ? Ouais, c'est vrai. Du coup, la préparation mentale, ça aiderait ça aussi, de déconstruire un peu toutes les croyances de ton enfance. en plus... Selon la période à laquelle tu es, dans l'adolescence, c'est encore différent que quand tu es après jeune adulte. Ou encore après, je ne sais pas encore, mais je sais qu'il va encore y avoir des périodes. Certainement, je crois en des choses maintenant que je vais un peu moins croire plus tard parce qu'elles feront moins sens. C'est aussi l'évolution. De la vie, se connaître, tu vois, c'est ce qu'on disait, de se connaître personnellement, c'est ça aussi.
- Speaker #1
La croyance qui va le plus t'aider pour la semaine prochaine ou celle que tu as vraiment envie de mettre en avant et de booster, ce serait quoi ?
- Speaker #0
J'ai rien à perdre.
- Speaker #1
J'ai rien à perdre.
- Speaker #0
Tout donner, ouais, tout donner, j'ai rien à perdre, quoi.
- Speaker #1
Trop bien.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Merci Marie.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Si t'es arrivé jusqu'ici, c'est certainement que tu mets de l'importance sur ce qui se passe à l'intérieur de toi lorsque tu pratiques. Si tu penses que cet épisode peut parler à quelqu'un de ton entourage, n'hésite pas à lui partager. Et tu peux aussi mettre la note de 5 étoiles sur le podcast, ce qui permettra toujours d'avoir des invités aussi ouf. Tu peux aussi me retrouver sur Instagram à tomrds, arrobas thomrds, pour plus de contenu sur la prep mentale. Ciao !