Speaker #0Grüetzi bonjour, dans le
dernier épisode, tu as découvert
quelque chose d'inconfortable.
Un mot que tu entends probablement très
souvent ce "il faut" dont la racine latine
signifie tromper, manquer à sa parole.
Faire défaut.
C'est un mot qui supprime le jeu
qui le rend totalement impossible.
Un mot qui vide ta batterie à
chaque fois qu'il est prononcé,
peut-être que tu t'es surpris.
À l'entendre soit dans ta
bouche, soit dans celle d'autrui.
Il faut faire cela.
Il aurait fallu,
il faudrait quand même blablabla.
Une fois qu'on l'a bien entendu
et qu'on commence à le comprendre,
on ne peut plus vraiment
ne pas l'entendre.
Mais prendre conscience d'un problème
sans avoir l'outil pour le corriger.
C'est frustrant, c'est même
un peu contreproductif.
Alors aujourd'hui, je
vais te donner l'outil
qui s'appelle le DVPP.
Et à partir de maintenant, il est à toi.
DVPP, quatre lettres et
chaque lettre est un verbe.
Je vais te poser une question.
Quelle expression ou acronyme
cache ces quatre verbes dans
son orthographe dans l'ordre.
Et ce sont des verbes que
tout le monde connaît.
Allez, je te laisse trois secondes.
En fait, c'est l'acronyme
de développement personnel.
DVPP — D-V-P pour développement,
et le dernier P pour personnel.
Donc DVPP égale
développement personnel.
C'est à clé.
Même nos techniques comme ça.
Tu n'auras plus besoin de chercher.
Quand tu veux travailler dessus,
tu te rappelleras que tu fais ton
propre développement personnel et
les quatre verbes te reviendront
en mémoire dans le bon ordre.
Et nous commençons
aujourd'hui par le premier.
Et le D, ce D.
Est-ce que tu as déjà
trouvé quel verbe c'est ?
C'est le verbe devoir.
Les trois suivants, V, P et P.
Tu as une semaine pour
découvrir le prochain verbe.
Une semaine de plus pour les
deux autres P à chaque fois.
Donc ça va aller encore
un peu plus longtemps,
mais bon, ces quatre verbes ils
sont dans un ordre précis et en
fait, c'est une clé de décodage.
C'est une clé qui va se placer,
qui va se mettre en route
pour décoder le "il faut".
L'ordre n'est pas
vraiment interchangeable.
Il y a tout un protocole derrière.
Ça.
C'est un peu comme une recette.
Si tu mélanges les étapes, c'est pas
forcément un bon résultat derrière.
Le "il faut", en fait, c'est deux mots,
un verbe et un sujet sans propriétaire
en grammaire française.
Le sujet dit qui agit. Le "il"
de "il faut" est impersonnel.
Il n'a pas de propriétaire.
Il est intangible et
c'est un sujet fantôme.
Et puis un fantôme.
On ne peut pas vraiment le saisir.
Le choper, c'est embêtant.
Et notre règle grammaticale, c'est que
sans verbe t'as pas de phrase, sans phrase
t'as pas vraiment d'action possible.
Tu as des actions possibles très
simples qui sont juste un verbe,
mais un verbe ne fait pas la phrase.
Si je te dis rigole, tu
peux rire, mais c'est tout.
Le DVPP lui va te redonner
les quatre verbes, mais surtout,
il va te redonner un jeu.
Il va supprimer ce fantôme.
Commençons par étudier un peu cet outil.
Un exemple simple universel.
Tu l'as peut-être même déjà entendu.
Il faut sortir les poubelles.
Eh bien, quand on entend cette
phrase, on la passe par le premier
filtre, le premier décodage du DVPP.
C'est en même temps un filtre
et un décodeur, mais il fait
beaucoup de choses, ce DVPP.
En fait, tu vas devoir
transformer ce "il faut".
Et pour cela, tu vas t'aider de
l'identification du deuxième verbe.
Il faut sortir.
Et tu vas te poser la question
avec ce verbe devoir, est-ce que
je dois sortir les poubelles.
Ce qui devient intéressant ici, c'est
de transposer ce devoir et tu le
remplaces par un autre verbe pour le
moment pour comprendre l'utilité du
devoir, tu mets à la place respirer.
Est-ce que tu dois respirer ?
En général, la réponse est
oui, c'est plutôt préférable.
Parce que la question qui vient après,
qui est un gros challenge et qui va
permettre d'avancer dans le décodage, c'est
et si tu ne respires pas, quelle
va en être la conséquence ?
En général, les gens y répondent
et c'est assez juste : la mort.
Oui.
Retenir sa respiration, ça se compte
en minutes, pas beaucoup plus.
Un des meilleurs yogis au monde a
réussi à tenir à peu près 28 minutes
dans une piscine à moins deux mètres.
Il y a d'autres qui ont expérimenté, mais
apparemment la grande limite maximum,
une demi-heure. Il n'y a personne qui
arrive à aller au-delà d'une heure.
Et techniquement, le cerveau
est mort environ 10 minutes.
Il y a déjà d'autres dégâts avant, mais
10 minutes, c'est un grand maximum,
auquel cas on constate la mort.
C'est plutôt définitif.
En règle générale, c'est quelques
dizaines de secondes pour les gens
entraînés, ou ceux qui pratiquent
éventuellement de l'apnée.
Ça peut aller deux ou trois
minutes, voire un peu plus.
En fait, le challenge ici, c'est
qu'on devrait considérer que
le devoir est comme respirer.
Si tu n'as pas exécuté ton devoir
dans les 10 minutes qui suivent.
Tu es mort et ça ne se négocie pas trop.
Maintenant, revenons-en aux poubelles.
Alors personnellement, je ne connais
personne qui est mort parce qu'il n'a
pas sorti les poubelles après dix minutes.
Si c'est la maman qui l'a demandé,
tu risques d'autres choses, mais
elle ne va pas te tuer pour ça.
Mais toi.
Est-ce que tu as déjà entendu.
Il faut sortir les poubelles ou un autre
"il faut" ?
En fait, ici, on arrive vraiment dans
ce processus de compréhension que
si tu remplaces le
devoir par la respiration,
il faut sortir les poubelles.
Non, je ne vais pas mourir
dans les 10 minutes.
Et tu as énormément de devoirs cités comme
tels ou de croyances de devoir parce que
on a souvent cette croyance.
Je dois ceci, je dois ça, mais dans la
réalité des devoirs qui mettent en danger
votre vie dans les 10 minutes qui suivent.
Il y en a très, très peu.
Après, on pourrait justifier
sur la réalité du devoir.
Il y a encore des négociations,
mais essentiellement les devoirs,
il y en a très peu.
Par contre, il y a beaucoup
de croyances de devoir.
Et là, il y a des devoirs qui
vont passer à la casserole.
Ça, c'est une certitude.
D'où viennent ces croyances de devoir ?
Ils viennent de beaucoup d'endroits.
Ils viennent, on va dire, du
commun social, les règles de
société, ça vient de l'éducation.
Ça vient de ce que des gens t'ont dit avec
toute la bonne sincérité du monde.
Et on a fait en sorte que : crois ceci,
c'est bien pour toi.
Certaines fois, ça
s'avère tout à fait vrai.
Certaines fois, ça peut être mis en cause
ou si c'est valable pendant un certain
temps, ça doit pas l'être en permanence.
Donc, il y a une remise
en question de ce devoir.
Il y a beaucoup d'éléments qui
vont se rajouter dans ce décodage.
Il y a une rigueur absolue.
Pas de pitié pour les canards.
Je dois le tuer.
Oui, je dois.
On doit devenir un tueur.
Il faut absolument.
Tu dois devenir tueur d'"il faut" à fond
quand tu travailles sur le verbe devoir,
voir si c'est un vrai devoir qui met
ta vie en danger dans les 10 minutes.
Si ce n'est pas le cas, c'est non.
Et tu gardes pour la suite.
C'est peut-être une croyance.
C'est peut-être juste une impression,
mais ça n'est plus un devoir.
Tu pourrais aussi considérer que le
devoir c'est comme si tu avais une
épée de Damoclès au-dessus de la tête et
que si celle-ci venait à tomber, quick.
Donc attention à ça.
J'y tiens vraiment.
Et c'est un outil qui va
être un peu perturbateur.
Il va remettre en question bien des
choses, mais on pourra aussi en rire.
Reprenons, il faut sortir les poubelles.
Non, ce n'est pas la mort de ne pas les
avoir sortis dans les 10 prochaines minutes.
Ce n'est pas un devoir.
C'est une pression qui s'allège.
Cette lettre.
C'est un filtre, mais c'est
déjà un poids qui change.
Les trois suivantes, VPP, t'attendent.
Et je pense que le deuxième P va te
surprendre, mais ce sera pour plus tard.
Je t'invite à un petit exercice
et prenons un moment ensemble.
Attention de te concentrer quand
même si tu es en train de conduire.
Fais attention à ça.
Si tu marches et que tu écoutes,
attention aux lampadaires qui te
sautent contre. Et si tu es bien relax
dans une chaise, et bien, tant mieux.
Prends ton propre
"il faut".
Celui que tu as entendu depuis la
semaine passée ou que tu as prononcé
depuis la semaine passée, un qui te
tourne autour de la tête depuis un
petit moment et qui t'agace un peu.
Est-ce que tu l'as ? Ok.
C'est bien.
Le D — est-ce que je dois ?
"Il faut que" — est-ce que je dois blablabla ?
Si tu ne le fais pas dans les 10
prochaines minutes, est-ce que
tu es mort ? Est-ce que tu auras
arrêté d'écouter ce podcast ?
Bref, si c'est oui et que tu es
absolument certain de ce oui,
alors c'est un vrai devoir.
Dans ce cas, c'est fin du
décodage et on arrête là.
Il n'y a pas besoin d'aller plus loin.
C'est un vrai devoir.
Fais-le. Quand on va finir,
reviens à la vie courante.
Et respire.
Si c'est non, c'est que la pression
vient d'ailleurs. Ça ne sera pas toujours
évident, mais ok, c'est plus un devoir.
C'est autre chose et on le travaillera
dans ce processus plus tard.
Ça, c'est le premier filtre du
DVPP et tu viens de l'appliquer.
Je te propose un petit jeu
facultatif et je te préviens.
Il est peut-être un peu rude.
Il n'y a aucune obligation.
Si tu viens de dire oui,
c'est un vrai devoir.
Retiens ta respiration le plus
longtemps que tu peux et répète
ce devoir dans ta tête en boucle.
Tu te rappelleras que ce devoir c'est
comme respirer et tu pourras te mettre
en accord avec ton choix. Il y a de fortes
chances que tu changes d'avis en te
rendant compte que ce n'est pas un réel
devoir. Expérimente et partage ton retour.
Ce que tu viens de faire seul, imagine
le faire avec quelqu'un d'autre.
Un collègue, un proche,
une personne qui a peut-être
aussi entendu le podcast.
Le DVPP fonctionne aussi en
interaction et ça peut devenir un jeu.
Nous verrons cela ensemble plus tard dans
le dernier épisode de cette saison.
Mais en attendant, chaque "il faut" que
tu entends ou que tu prononces et que
tu notes est une opportunité de pratiquer.
Là.
Tu as le premier filtre, il en
reste trois. Mercredi prochain,
j'aborderai le deuxième verbe.
La question qu'il propose.
Tu ne te l'es pas encore vraiment posée,
mais d'ici là, pratique. Applique
le DVPP — le D du DVPP.
Peut-être pas sur chaque
"il faut" que tu entends parce que il y
en aura peut-être beaucoup. Prends ce qui
t'interroge le plus, ce qui t'amuse le plus.
Essaye.
D'écouter ceux des autres.
D'abord, simplement pas de
jugement, pas de remarque. Ou si toi,
tu t'entends dire, note-le. Et tu verras que
le travail à la fin deviendra vraiment
intéressant et ce sera un jeu sympa.
Si le DVPP t'a parlé aujourd'hui,
partage cet épisode à quelqu'un
qui dit souvent "il faut" ou
quelqu'un que t'as entendu dire
"il faut". Partage-lui aussi
la petite info du podcast.
Et pense à t'abonner.
Parce que chaque épisode de cette saison
va un peu plus loin, verbe par verbe,
jusqu'à la transformation complète.
Juste avant de se quitter.
Une petite question pour toi,
il n'y a pas de réponse attendue.
De quel devoir es-tu le
plus content de te libérer ?
À mercredi. Je suis Axel Reymond
et les mots, ça te transforme.