Speaker #0Si tu sens qu'il est temps d'écrire le prochain chapitre de ta vie, mais que tu ne sais pas par où commencer, cet épisode est pour toi. Bienvenue dans le podcast de l'aventure intérieure. Je m'appelle Danae, je suis coach de vie pour femmes en transition. Et ce podcast, c'est la carte que j'aurais voulu avoir quand je me sentais complètement perdue dans ma vie. A chaque épisode, j'explore une vérité sur les transitions de vie, à travers le prisme de la science et du vécu. Et à la fin, je te partage un outil concret pour avancer. On y va ? Épisode 8. Faire confiance à son intuition. Comment la distinguer de la peur ? C'est toujours intéressant de regarder comment on prend nos décisions dans notre vie. Comment est-ce qu'on les a prises dans le passé et quels résultats ça a eu ? Est-ce qu'on est plutôt du genre rationnel, à faire des listes de pour et contre ? Est-ce qu'on est plutôt intuitif et on va suivre l'élan de notre cœur ? Est-ce qu'on se fie plutôt à notre propre critère personnel ou est-ce qu'on va aller chercher les avis, les opinions de tout notre entourage ? Dans mon cas, j'ai analysé il y a quelque temps mes prises de décisions passées, celles qui avaient été des bons choix et celles qui avaient été des erreurs monumentales. J'ai découvert que chaque fois que j'avais pris une décision sur la base d'une analyse rationnelle poussée, j'avais fait un mauvais choix. Et à l'inverse, mes meilleures décisions avaient été prises sur la base d'une intuition très forte, d'un élan. que je sentais dans mon cœur et pour lequel il n'y avait aucun doute. C'était quelque chose que je sentais au plus profond de moi, une certitude, une évidence, et il fallait juste que j'avance dans cette direction-là. Pour vous donner quelques exemples de mon histoire personnelle, quand j'ai passé mon bac à 18 ans, je voulais rentrer à Sciences Po Paris, et donc j'ai passé le concours pendant l'été. Mais les résultats du concours n'étaient publiés que le 14 septembre, je me souviens très bien de la date, c'était un vendredi. Et donc entre-temps, en attendant les résultats, j'avais dû démarrer autre chose, j'avais commencé une prépa HEC. La rentrée avait eu lieu, j'avais commencé les cours pendant deux semaines, jusqu'à ce fameux vendredi 14 septembre où les résultats étaient affichés. Je me souviens d'y aller avec la peur au ventre et de me demander quel allait être mon destin. Au fond de moi, je savais que j'avais envie d'entrer à Sciences Po et en même temps, mes deux premières semaines en prépa m'avaient aussi énormément plu, j'avais beaucoup aimé la stimulation intellectuelle. la qualité de l'enseignement, les univers qui s'ouvraient à moi, etc. Du coup, quand j'ai vu que j'étais acceptée à Sciences Po, j'avoue que le sentiment était très étrange, parce que j'étais à la fois très contente et très fière d'avoir été acceptée et que tous mes efforts aient payé. Et en même temps, je me retrouvais du coup face à un dilemme, face à un choix qu'il fallait que je fasse, et je ne savais pas du tout quoi faire. Je me souviens que le lendemain, du coup le samedi 15, on avait cours, comme tous les samedis matins, et c'était 4 heures de maths. Et pour le coup, les maths, ce n'était pas ma matière préférée, c'est celle où j'avais le plus de mal. Je pouvais passer des heures le soir à essayer de résoudre un seul exercice et en plus à ne pas y arriver. Et donc je me souviens très bien qu'en sortant de ces quatre heures de maths ce samedi matin, ma décision était prise. Il était midi et je me suis dit, c'est mort, je vais à Sciences Po. Et en fait, cette anecdote, pourquoi elle est intéressante, c'est parce que la question derrière, c'est que j'ai pris une décision sur la base d'un élan du cœur. Quelque chose qui était profond, que je sentais au fond de moi. Et en même temps, j'aurais pu me poser la question, est-ce que cette décision se basait sur une réelle envie de faire Sciences Po ou est-ce qu'elle se basait sur une peur de ne pas être bonne en maths, de ne pas être faite pour la prépa HEC et peut-être de galérer à l'avenir ? Un autre exemple que je pourrais vous partager un peu plus tard pendant mes études, c'est quand il a fallu choisir son master. En fait, à Sciences Po... On commence avec trois années généralistes et puis on se spécialise en master. Il y a toute une gamme de master qui existe. Je pense qu'à l'époque, il y en avait une dizaine ou une douzaine peut-être. Et j'étais un peu tiraillée parce que j'avais ce sentiment que la formation Sciences Po était très généraliste. Et d'ailleurs, j'avais beaucoup aimé mes trois premières années. Mais c'est vrai qu'on étudiait vraiment les sciences sociales, les humanités. Et j'avais l'impression qu'on n'apprenait pas vraiment un métier concret. Et donc moi... Mon cœur me disait de faire le master Relations internationales, c'était très lié à toute mon histoire. Je suis franco-coréenne, j'ai été expatriée en Chine pendant toute mon enfance jusqu'à mes 13 ans. En démarrant Sciences Po, j'avais choisi un cycle spécialisé sur l'Amérique latine et j'avais passé un an à l'étranger au Chili en troisième année. Pour moi, l'international avait toujours été très important et j'avais une très grande envie, un très grand intérêt à aller dans ce master. Sauf que ce master-là... à l'époque en tout cas, je ne sais pas si c'est encore le cas, on l'appelait le master chômage de masse. Parce qu'en effet, c'était un master très science-po, très intéressant intellectuellement, mais les postes qu'on pouvait décrocher en en sortant étaient... Peu nombreux, la plupart des étudiants qui rentraient dans ce master espéraient décrocher un poste à la Commission européenne ou dans une institution européenne, ou alors dans une des agences de l'ONU, ou encore dans une ONG en coopération et développement international. Moi, je me disais rationnellement, j'ai quand même une responsabilité. Après avoir étudié à Sciences Po, c'est quand même coûté de l'effort, mais aussi de l'argent, non seulement pour les études, mais aussi pour la vie à Paris. Il faut que j'apprenne un métier qui me donne un job en sortant. Je ne peux pas faire le master chômage de masse. J'avais fait une analyse très rationnelle et j'avais pris la décision de faire le master communication et médias, ce qui me permettrait d'apprendre un métier qui avait une dimension créative qui me correspondait et surtout que je pourrais mettre au service d'organisations qui me plaisaient et notamment au service d'organismes internationaux tels que les ONG, l'ONU, les institutions multilatérales, etc. Au bout d'un an dans ce master communication, je vous avoue que je n'étais pas très heureuse. Cette première année... J'avais certes appris énormément de choses, notamment en stratégie d'entreprise, en marketing, en communication qui me servent encore aujourd'hui, mais je me rendais compte que je ne fitais pas forcément avec les gens dans mon master. Ce n'était pas vraiment ma tribu, on ne partageait pas les mêmes intérêts. Je me souviens d'ailleurs que les cours qui, moi, me plaisaient le plus, c'était les cours que la plupart d'entre eux détestaient. Pendant toute l'année, je me disais, mais est-ce que je suis vraiment à ma place et est-ce que du coup ma carrière, ça doit être ça ? Entre la première année et la deuxième année de master, j'ai décroché un stage d'été à la holding de Publicis Group sur les Champs-Elysées en relations presse. Je me souviens que c'était un stage un peu étrange parce que ma chef était franchement, je le nomme maintenant, victime de harcèlement de la part de son propre chef. Et je me souviens d'un jour en plein mois de juillet, d'avoir une prise de conscience et de me dire mais qu'est-ce que je fais ici ? Pourquoi je suis là ? Encore une fois, j'ai eu cette intuition très profonde. Et fulgurante dans mon cœur de me dire, il faut que je parte d'ici, c'est pas ça. Et du jour au lendemain, j'ai décidé d'arrêter ce stage et de changer de master. J'ai donc dû faire des pieds et des mains avec l'administration de Senspo pour pouvoir rejoindre ce fameux master chômage de masse, qui m'a par la suite énormément plu, où je me suis retrouvée à faire des cours, certes peu pratiques, sur l'anthropologie de l'Afghanistan, mais qui m'ont menée ensuite à faire une première partie de carrière absolument incroyable. en coopération internationale avec des projets de développement qui m'amenaient à voyager sur tout le continent africain, au Sénégal, au Burkina Faso, au Kenya, en Ouganda, en Côte d'Ivoire, mais aussi en Amérique latine, en Colombie, etc. La troisième et dernière anecdote que je voudrais vous partager sur la prise de décision et comment est-ce qu'on se base sur son intuition ou sur sa peur, c'est quand j'ai décidé de faire du coaching. A l'époque, je travaillais dans le secteur du conseil en stratégie. Et pour vous la faire courte... Après un premier burn-out l'année du Covid, je suis passée à mi-temps et c'est cette année, en 2021, où j'ai décidé de me former au coaching. C'était un domaine qui m'intéressait depuis longtemps. J'étais passionnée depuis des années par le développement personnel. J'achetais des tonnes de livres sur le sujet, j'écoutais tous les podcasts qui existaient sur le sujet. Et quand j'ai vécu ce burn-out, j'ai voulu comprendre ce qui m'est arrivé et donc j'ai décidé de me former. Et je me souviens que j'avais ce discours rationnel de dire non, je ne veux pas devenir coach à part entière. Je fais ça pour comprendre ce qui m'est arrivé. Et puis pour moi, c'est une corde de plus à mon arc que je pourrais appliquer dans mon travail pour moi-même et dans ma posture de leadership à destination de mes équipes et aussi dans l'accompagnement de mes clients. Résultat, après cette formation, je suis revenue dans cette entreprise et j'ai continué à travailler encore quatre ans. Quatre années qui se sont soldées par un deuxième burn-out, je ne reviens pas sur cette histoire, si vous voulez en savoir plus, c'est l'épisode 1 du podcast où je vous raconte un petit peu d'où je viens et ce que j'ai traversé. Pourquoi je vous raconte cette anecdote ? C'est parce qu'après cette formation en coaching, pendant du coup des années, je faisais ça en parallèle, un peu pour mon kiff personnel, comme un hobby. Mais je ne me lançais pas vraiment. Mais je ne me lançais pas vraiment parce que j'avais ce discours rationnel qui était de dire le coaching c'est juste une compétence de plus, c'est pas mon futur métier. Et la question ici c'est de se dire est-ce que ce discours c'était mon intuition qui me donnait un bon conseil en me disant le coaching c'est juste une compétence ou est-ce que c'était la peur qui me parlait en me disant que je n'avais pas besoin d'en faire un travail et que c'était juste une corde à mon arc en plus. C'est de ça dont on va parler dans cet épisode, cette dichotomie entre cet élan du cœur qui peut nous dire « oui, va vers là » ou « non, ne va pas vers là » , et puis cette peur qui en général nous dit « non, ne va pas vers là » . Comment est-ce qu'on différencie l'intuition de la peur pour prendre des bonnes décisions ? Comment savoir ce qui sera bon pour nous ? Et quand on écoute notre cœur, notre corps, comment savoir si ce qui nous freine ou ce qui nous pousse se base sur une sagesse intérieure ou sur une peur ? Petit aparté... Il y a énormément de choses à dire sur le sujet de l'intuition et de la peur, c'est un sujet absolument infini, mais je me suis fait la promesse d'essayer de centrer mes épisodes sur un aspect, une perspective, une dimension du sujet. J'ai tendance à vouloir tout raconter, tout dire, ça me passionne tellement que j'ai envie de tout vous partager. Et donc voilà, j'ai décidé à partir de maintenant de vraiment faire cet effort, qui n'est pas facile pour moi, de me centrer sur un aspect du sujet pour un épisode. On aura l'occasion dans les semaines, dans les mois et « ojalá » comme on dit en espagnol, dans les années qui viennent, de réaborder ce sujet de l'intuition sous d'autres angles, sous d'autres aspects évidemment. N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez en commentaire. Est-ce que ça vous semble une bonne approche ? Est-ce que vous avez trouvé que les premiers épisodes étaient peut-être un peu trop exhaustifs, un peu trop longs ? Ou au contraire, est-ce que vous êtes comme moi un petit peu passionnés et ça ne vous dérange pas d'écouter un épisode de 30 voire 40 minutes sur un sujet ? Je voudrais d'abord vous donner deux nouvelles. Il y a une bonne nouvelle et il y a une mauvaise nouvelle. Je commence par la mauvaise. La mauvaise nouvelle, c'est que malheureusement, il n'y a pas de protocole de test scientifique infaillible pour pouvoir distinguer l'intuition de la peur. La bonne nouvelle, c'est qu'il existe quand même des indices dont on va parler dans cet épisode et qu'on peut s'entraîner à les repérer. Dans une première partie, on va définir rapidement qu'est-ce que l'intuition. Dans la deuxième partie, je vous partagerai les cinq grandes caractéristiques qui vous permettront de faire la distinction entre l'intuition et la peur. Et en dernière partie, comme d'habitude, je vous partagerai un outil pratique que vous pouvez mettre en œuvre dès aujourd'hui, notamment si vous avez une décision importante à prendre. Partie 1, qu'est-ce que l'intuition ? Alors quand on parle d'intuition, on en entend parler parfois sous les termes de... la sagesse intérieure, la voix de ton âme, ton cœur, ta connexion à la magie de l'univers, à ta mission de vie, à ton dharma, etc. Moi, j'aime beaucoup cette manière d'en parler. J'avoue que je suis très connectée à la partie magique de la vie et de l'univers. Je n'ai aucun souci avec ça et j'ai aussi une partie de moi qui est très rationnelle, qui est très attachée à la science. J'ai vraiment ces deux aspects en moi. Mais cette partie qui accepte complètement le mystère de la vie, la magie de l'univers, la force des symboles, la force des histoires, la force des mythes, elle existe. Et donc pour moi, l'intuition, on peut en parler comme d'une source magique de sagesse intérieure. Mais je voudrais aussi vous en parler d'une manière plus scientifique, puisque c'est quand même quelque chose qui a été étudié sérieusement depuis les années 90. L'intuition, selon la science, c'est un processus cognitif réel qui est neurobiologiquement fondé. Et c'est notamment Antonio Damasio, qui est neurologue à l'Université de Californie du Sud, qui explique qu'à chaque fois que tu vis une expérience avec une forte charge émotionnelle dans ta vie, ton cerveau va l'encoder à travers une signature physiologique dans ton corps. Il va encoder cette expérience et cette émotion dans ton corps. Et cette signature physiologique dans ton corps, elle va être... associé à cette situation forte que tu as vécue. La prochaine fois que tu vas rencontrer une situation similaire, ces mêmes marqueurs physiologiques vont se réactiver avant même que ta pensée consciente ait eu le temps d'analyser la situation. Du coup, l'intuition, c'est quoi ? C'est cette réaction corporelle inconsciente qui est basée sur ton expérience passée avant même que ta pensée ait eu le temps d'analyser les choses. Il y a un autre chercheur allemand qui est spécialiste de la prise de décision, qui a montré qu'en fait, l'intuition, ce n'est pas le contraire de la raison. L'intuition, c'est de l'expérience condensée dans les domaines où tu as de l'expérience, où tu as vécu énormément d'apprentissage. Par exemple, ta propre vie, c'est quand même un domaine où tu as des décennies d'expérience. L'intuition, elle a encodé des informations réelles en fonction de tout ce que tu as vécu. Et cette information encodée dans ton corps, sur la base de ton expérience, elle peut être plus fiable que l'analyse rationnelle. Il y a une grosse tempête, je ne sais pas si on l'entendra dans le podcast, et je me demande comment je vais rentrer chez moi après. J'espère que vous m'entendez bien malgré tout. Tout le problème, et c'est là que ça devient intéressant, c'est que la peur, elle aussi, elle est encodée dans le corps. En fait, les deux, l'intuition et la peur, passent par le même canal. Des sensations physiques, du système nerveux, de cette communication entre le corps et le cerveau. Et c'est pour ça que les distinguer peut être parfois... difficile. Partie 2, les cinq différences entre l'intuition et la peur. Pour pouvoir reconnaître L'intuition de la peur, il faut que tu puisses te connecter à ta sensation corporelle. L'idée, c'est vraiment que tu prennes le temps de la ressentir, pas juste de la comprendre intellectuellement et de l'interpréter mentalement, rationnellement, mais vraiment de te connecter à ton corps et de ressentir les sensations, puisque c'est par là que l'intuition et la peur s'expriment. Et c'est comme ça que tu vas apprendre de mieux en mieux à les reconnaître. L'exercice que je te donnerai à la fin de cet épisode va t'aider à faire ça. Mais avant, je voudrais t'expliquer ces cinq... caractéristiques qui nous permettent de différencier une sensation corporelle de peur et une sensation corporelle liée à l'intuition. Différence numéro 1 Ta sensation est-elle généralisée ou spécifique ? La peur, c'est une sensation qui est large. Elle peut s'appliquer à plein de situations différentes. En même temps que tu la ressens en lien avec cette décision ou cette situation, tu peux te rendre compte que tu la ressens aussi face à d'autres. décision ou d'autres situations. La peur, elle opère par grandes catégories. La peur de l'inconnu en général, la peur du risque en général, la peur du regard des autres, de l'échec, de la perte en général. Si tu remarques que le signal corporel que tu ressens, c'est le même que tu ressens face à une décision complètement différente, peut-être d'il y a quelques semaines, c'est un indice que le sujet, ce n'est pas la situation ou la décision que tu dois prendre, mais qu'il y a plutôt un pattern en toi. qui est plus ancien, qui est plus large et qui est en train de se réactiver. À l'inverse, l'intuition, elle, elle est précise. Elle parle vraiment de cette situation, de cette décision. Elle dit quelque chose de précis sur ce qui est en train de se passer là, maintenant, avec ces éléments, avec ces ingrédients. Donc la question à te poser, c'est cette sensation que je ressens, est-ce que je la ressens dans d'autres situations complètement différentes ? Ou est-ce qu'elle est vraiment spécifique à cette situation, cette décision que je dois prendre ? Deuxième différence, cette sensation corporelle, est-ce qu'elle ferme ou est-ce qu'elle ouvre ? La peur, elle va te fermer. Elle va générer un inconfort, une envie de fuir, rétrécissement de ton espace intérieur. Elle va dire non, mais sans te donner d'alternative. Quand tu es suite à peur, ta vie... Tes opportunités se rétrécissent, tu te retrouves dans un couloir de plus en plus étroit, avec de moins en moins d'options, et tu finis par être presque paralysée. La peur, elle ne sait pas où elle veut aller, elle sait simplement qu'elle ne veut pas bouger, qu'elle ne veut pas changer, qu'elle veut te maintenir là où c'est connu, là où c'est confortable, là où rien ne bouge, et on sait qu'on va rester à peu près en vie, même si on est plutôt en mode survie. L'intuition, à l'inverse, elle ouvre. Elle apporte une nouvelle information. Même quand elle te dit de ne pas y aller, même quand elle te dit non, c'est un non qui te donne une direction. Ce n'est pas juste « je ne veux pas ça » , c'est aussi « je préférerais plutôt ça » . Et donc l'intuition, elle ne va pas te fermer les portes, elle va plutôt ouvrir des portes différentes. Elle va orienter, elle va pointer, elle va indiquer vers un autre horizon. Troisième différence, la sensation corporelle est-elle ancrée dans le présent ou tournée vers le passé ou le futur ? La peur, c'est une véritable machine à voyager dans le temps. Elle n'est jamais dans le présent. Soit elle vit dans le passé en convoquant des épreuves, des difficultés, et en considérant que c'est la preuve que ça ne marchera pas parce que par le passé ça a raté, et en ramenant d'anciennes blessures comme des arguments pour empêcher le mouvement. Soit elle vit dans le futur. en construisant des scénarios catastrophes, en anticipant l'échec, le jugement, la perte, etc. Son langage, c'est vraiment le « et si » . Et si ça ne marche pas ? Et si les gens pensent que ? Et si je regrette ? Et si je me trompe ? La peur, elle ne concerne jamais ce qui est présent maintenant dans le réel. L'intuition, à l'inverse, elle est vraiment ancrée dans le présent. Elle ne rejoue pas le passé, elle n'en a pas besoin. Elle n'anticipe pas non plus le futur. Ce n'est pas comme ça qu'elle travaille. En fait, elle te dit quelque chose sur ce qui est déjà là, maintenant, tout de suite, dans cette situation précise, avec les éléments réels qui sont devant toi. Quatrième différence, la sensation corporelle est-elle variable ou stable ? La peur, elle va être sensible à ton état du moment. Si un jour tu es un peu fatigué, la peur, elle va être plus forte. Si tu as mal dormi, elle va être plus criante. Si tu es stressé pour une autre raison, elle va s'amplifier, elle va déborder sur tout le reste. Alors que si tu es bien reposé, si tu as bien mangé, si tu es dans un bon moment, cette peur, elle va être beaucoup plus silencieuse. Elle va monter ou descendre en fonction du niveau d'activation de ton système nerveux. A l'inverse, l'intuition, elle, elle est stable. Elle persiste indépendamment de ton état. Peu importe comment tu te sens, si tu te connectes à ton intuition aujourd'hui et que tu y reviens deux jours plus tard alors que tu es dans un état émotionnel différent, tu verras que ce que tu ressens est toujours là, au même endroit, avec la même qualité, avec la même texture. Cinquième et dernière différence, est-ce que cette sensation corporelle est figée ou vivante ? La peur, elle est immobile. Tu verras quand on va faire l'exercice à la fin de cet épisode, quand tu t'assoies vraiment avec elle et que tu la regardes, elle ne bouge pas, elle reste exactement identique. Parfois, elle peut s'amplifier, certes, mais elle n'apporte rien de nouveau. C'est toujours la même scène, le même dialogue sans fin, que tu te repasses en boucle, pendant des heures, pendant des jours, pendant des semaines, en ressortant toujours le même contenu qu'au départ. Alors que l'intuition, elle, elle est vivante. Si tu poses ton attention sur ton intuition, Sans chercher à l'analyser, simplement en l'observant, tu vas voir qu'elle va bouger légèrement. Elle va se préciser, elle va changer de texture, elle va se déplacer dans ton corps, elle va créer un petit relâchement presque imperceptible. Parfois, il y a une image qui remonte, un mot, une sensation qui s'approfondit. Et ce micro-mouvement intérieur, il signale que tu as touché quelque chose de réel, que tu es en lien avec ton intuition. C'est discret, mais c'est là. Un apprentissage qui reste dans la tête, c'est comme une graine qui ne germe pas. Donc, je vais donc te partager un outil très connecté avec tout ce dont on a parlé. L'objectif, c'est de choisir une situation dans laquelle tu as cette prise de décision à prendre et d'aller te connecter dans ton corps à ce signal physiologique, corporel, et l'observer pour pouvoir reconnaître si c'est de la peur ou de l'intuition. Voilà comment tu vas procéder. Commence par t'installer confortablement, si tu peux être assise, les deux pieds au sol, fermer les yeux, faire trois respirations profondes pour relâcher les tensions de ton corps et te connecter vraiment à ta respiration et à tes sensations internes. Étape 1, pose-toi la question, qu'est-ce qui demande mon attention en ce moment ? Un souci, une décision en suspens, un désir qui tourne en rond, une relation qui pèse ? etc. Laisse monter tout ce qui vient en toi et imagine que pour chacune de ces choses qui émergent, tu les prends dans tes mains comme un paquet et tu les déposes au sol par terre devant toi sans les ouvrir. Simplement tu les mets là, tu les vois et tu leur dis je vois que tu es là, je te pose là pour l'instant. Fais ça avec tout ce qui remonte en toi jusqu'à ce qu'il y ait un peu plus de silence à l'intérieur. Étape 2 Depuis cet espace de silence, observe quelle est la chose qui attire le plus ton attention. Pas celle qui crie le plus fort parce que celle-là, elle vient souvent d'une urgence émotionnelle, d'une anxiété, d'une peur, etc. Mais plutôt celle qui t'attire au sens positif, doucement, avec une qualité presque calme et stable. Étape 3. Quand tu as trouvé ce qui t'attire le plus, reste avec elle et demande-toi. Ce signal corporel, quand je lui donne mon attention, est-ce qu'il bouge ? Est-ce qu'il se précise ? Est-ce qu'il change légèrement de texture, de qualité, de localisation dans mon corps ? Est-ce que je ressens un léger mouvement, un déplacement intérieur ? Si tu sens que ça se précise, que ça bouge, que ça crée du relâchement, que ça crée du mouvement, ça veut dire que c'est un signal qui est vivant et ça veut dire que tu es connecté à ton intuition. A l'inverse, si ce signal corporel est figé, il reste en boucle sur le même contenu, voire il s'amplifie mais sans se préciser, sans changer de qualité, sans t'apporter de nouvelles informations, alors c'est plutôt l'empreinte de la peur. Étape 4. Avant de rouvrir les yeux complètement, prends un moment pour noter mentalement la qualité de ce que tu as ressenti. Il y a trois possibilités. Si le signal a bougé, c'est qu'il est vivant. C'est que c'est ton intuition. Peut-être que tu n'arrives pas à transcrire cette sensation en une information réelle, à la formuler verbalement. Ce n'est pas grave, c'est d'ailleurs normal. Il vaut mieux éviter d'en tirer des conclusions. C'est mieux de noter cette qualité de ce qu'on a ressenti et de laisser le temps que ça se précise dans les heures, dans les jours qui suivent. Deuxième cas de figure, la chose n'a pas bougé. Elle est restée en boucle, voire elle s'est amplifiée. Là, ce que ça te dit, c'est que c'est plutôt la peur que tu as besoin avant de prendre ta décision de repos, de calme, de régulation de ton système nerveux. pour pouvoir y revenir dans un état différent. Troisième cas de figure, c'était le silence total. Tu n'as pas senti ou presque rien senti, c'était le vide, l'absence de signal. Ça, ça ne veut pas dire que tu n'as pas d'intuition, c'est souvent le fait que, encore une fois, ton système nerveux, il est trop activé, il est trop épuisé, il est en mode survie. Et donc, il ne laisse pas passer ce type d'informations subtiles. Là aussi, le but, c'est que tu commences par du repos, de la régulation, un peu de temps. Afin de créer les conditions physiologiques dans lesquelles ton intuition peut se faire entendre. Un point de vigilance pour terminer cet épisode. L'intuition peut tout de même être biaisée. Elle peut être biaisée par des croyances limitantes profondes, par des patterns relationnels appris dans l'enfance, par des traumatismes anciens non résolus, etc. Souviens-toi, l'intuition est basée sur notre expérience cumulée et donc une sensation corporelle très forte, ce n'est pas automatiquement de la sagesse, ça peut être une vieille blessure qui parle le langage de la certitude. Et c'est pour ça que ce travail de discrimination que je t'ai appris à faire dans cet épisode, c'est une pratique qu'il faut faire régulièrement et qui se calibre petit à petit dans le temps. Cette capacité à distinguer le signal de l'intuition et le bruit de la peur, c'est une capacité qui s'affine au fil du temps. En résumé, dans cet épisode, on a vu que la peur et l'intuition passent par le même canal du corps, du système nerveux, des sensations physiques, et qu'il existe cinq manières pour les distinguer. Une sensation généralisée ou spécifique, qui referme ou qui ouvre, qui est tournée vers le passé et le futur ou centrée sur le présent, qui est variable ou qui est stable en fonction de ton état émotionnel et qui est figée ou qui est vivante. Le message principal avec lequel je voudrais que tu repartes à la fin de cet épisode, c'est que toutes les fois où tu as pris une mauvaise décision, depuis la peur ou depuis des croyances limitantes, Et toutes les fois où tu n'as pas fait conscience à ton intuition, à ce que tu savais au fond de toi, c'est probablement parce qu'il te manquait ces outils. On n'a jamais appris à lire nos propres signaux corporels. D'ailleurs, on a plutôt appris le contraire, à les mettre sous silence et à les recouvrir d'une couche de mental, de discours rationnel, à les soumettre à la validation externe avant de faire confiance à notre propre sagesse interne. Et le retournement que j'aimerais apporter avec cet épisode, c'est vraiment que tu apprennes à... te connecter à cette sensation corporelle, à l'observer pour apprendre à distinguer l'intuition de la peur et pour enfin prendre des décisions qui sont alignées avec ce que tu veux vraiment. C'est la fin de cet épisode, j'espère qu'il t'aura permis de poser une oreille plus attentive sur ce que tu ressens et de commencer à faire la différence entre ce qui te retient en arrière et ce qui te guide vers la nouvelle vie, entre cette voie qui te rétrécit et celle qui te fait grandir et qui t'ouvre le champ des possibilités. La semaine prochaine, on va parler d'un sujet que j'explore depuis un moment, mais qui s'est intensifié ces derniers mois dans ma vie personnelle et professionnelle, qui est la peur du regard des autres et la peur du jugement. Et on parlera de comment transformer cette honte pour retrouver le courage d'agir. Rendez-vous mercredi prochain et d'ici là, prends bien soin de toi. Merci pour ton écoute. Si ce podcast t'a fait du bien, la meilleure façon de me le dire, c'est de lui mettre 5 étoiles. et de le partager à une femme qui en a besoin. Si tu veux continuer l'aventure avec moi, retrouve-moi sur Instagram ou abonne-toi à ma newsletter Carnet de route. Le lien est dans les notes de l'épisode. A mercredi prochain !