Speaker #0Si tu sens qu'il est temps d'écrire le prochain chapitre de ta vie, mais que tu ne sais pas par où commencer, cet épisode est pour toi. Bienvenue dans le podcast de l'aventure intérieure. Je m'appelle Danae, je suis coach de vie pour femmes en transition. Et ce podcast, c'est la carte que j'aurais voulu avoir quand je me sentais complètement perdue dans ma vie. A chaque épisode, j'explore une vérité sur les transitions de vie, à travers le prisme de la science et du vécu. Et à la fin, je te partage un outil concret pour avancer. On y va ? Salut à toi et bienvenue pour le dixième épisode du podcast, ça passe tellement vite. On se retrouve après une petite semaine de pause, je suis partie en vacances avec mon amoureux à Cabo de Grata dans le sud de l'Espagne la semaine dernière et donc j'ai pas eu le temps de faire l'épisode. Et j'ai décidé franchement de ne pas me mettre la pression ou le stress et plutôt que de chercher à tout prix un moment... du temps et de l'énergie pour faire l'épisode, et bien plutôt de prendre une pause, de prendre soin de moi. Et j'espère que ça peut vous inspirer à prendre soin de vous aussi. Aujourd'hui, pour cet épisode numéro 10, on va parler du sujet du passage à l'action et plus particulièrement de ce qui nous en empêche très souvent, à savoir la procrastination. Quand je pense au sujet de la procrastination, je pense surtout à mes années étudiantes. Quand j'étais étudiante, j'étais vraiment une procrastinatrice. en chef. Je me souviens, et je pense que mes colloques de l'époque se souviennent aussi, de ces nuits blanches passées à boire des bols de café entiers, plusieurs par nuit, pour finir un exposé ou pour préparer un examen qui avait lieu le lendemain. Apparemment, je n'étais pas l'exception. Les étudiants sont, selon les études, beaucoup plus procrastinateurs que la moyenne. Entre 70 et 95% des étudiants déclarent procrastiner de façon problématique, contre seulement 20 à 25% des adultes en général. Dans ma vie professionnelle par la suite, ma procrastination a été un peu plus contenue, je suis devenue un peu plus responsable et organisée, mais elle s'invite tout de même, encore maintenant, sous différentes formes. Par exemple, dans ma vie professionnelle, j'avais et j'ai encore des comportements où je fais certaines choses à la dernière minute, comme si la deadline qui s'approchait me donnait mon boost de motivation, d'énergie et de stress, d'adrénaline nécessaire. La procrastination s'invite aussi quand je repousse le moment de finaliser et de livrer quelque chose parce que je considère qu'il n'est pas assez parfait. On parlera de cet aspect de la procrastination en lien avec le perfectionnisme. Et la procrastination s'invite aussi dans ma vie perso, notamment lorsque je repousse toutes mes tâches administratives personnelles parce que ça m'ennuie profondément et donc je les dépriorise même si ça a des conséquences négatives sur ma vie. Au moment où je vous parle par exemple, mon passeport est expiré depuis janvier et je n'ai toujours pas entamé les démarches. En ce moment, je procrastine aussi par rapport à mon compte Instagram, où je devrais commencer à faire des réels pour que des personnes découvrent mon compte, mais j'ai la flemme. Et en fait, je sais, et je vais vous l'expliquer dans cet épisode, que derrière cette flemme se cache en réalité une émotion, dans ce cas, une peur, qui est la peur du regard des autres, de l'évaluation, du jugement, etc. Bref, la procrastination, elle est là depuis toujours, elle est encore là, elle est tout le temps là. C'est en fait l'une des plus grandes résistances aux changements qui existent. Et j'imagine que toi aussi qui m'écoutes, tu connais ça. Dans cet épisode, on va faire trois choses. Tout d'abord, je vais te faire une introduction un peu générale sur ce qu'est la procrastination, avec quelques définitions, des chiffres et surtout comment est-ce qu'elle fonctionne. Dans la deuxième partie, je vais te présenter les six profils types de procrastinatrices qui existent. Et pour chaque profil, je vais expliquer qu'est-ce qui se joue derrière et qu'est-ce qui peut vraiment aider pour s'attaquer à cette procrastination. Et tu verras aussi qu'en réalité, on a en nous un peu de tous ces profils, même si certains sont plus dominants que d'autres. Et dans la troisième partie, je vais comme d'habitude te partager un outil concret, mais cette fois-ci, je te fais un cadeau double pour fêter le dixième épisode du podcast et donc je te partagerai non pas un, mais deux outils pour pouvoir dépasser ta procrastination et passer à l'action. Partie 1, qu'est-ce que la procrastination ? Le mot procrastination vient du latin procrastinare, pro... en faveur d'eux et crastinus, demain. Donc la procrastination, c'est l'acte de remettre au lendemain. Et c'est quelque chose qui est aussi vieux que l'humanité. Déjà dans l'Antiquité, au VIIIe siècle avant Jésus-Christ, Hésiode mettait en garde contre la paresse et le report des tâches, notamment agricoles. Il en parle comme d'un vice moral. Et cette vision morale qui traite la procrastination comme un manque de volonté ou un manque de caractère a contaminé pendant des siècles voire des millénaires la vision qu'on avait de ce qu'est la procrastination. C'est seulement dans les années 70 que la recherche, notamment psychologie, commence à s'intéresser à ce sujet. Et dans la première vague, la conception dominante est que la procrastination est un problème de mauvaise organisation du temps, de manque de discipline, de manque de motivation, etc. En conséquence, les outils qui sont proposés sont des outils de gestion du temps, de techniques de priorisation, de techniques de productivité avec des listes, des calendriers, etc. C'est une conception, encore une fois, profondément moralisante. qui implique que la personne qui procrastine est paresseuse ou est irresponsable. Et c'est une vision qui est encore très présente dans la culture populaire. et même encore dans une partie de l'industrie du développement personnel. De fait, toi-même, quand tu entends procrastination, à quoi est-ce que tu penses ? Tu penses probablement à la paresse, à l'indiscipline, à quelqu'un qui ne veut pas faire d'efforts, au flemmard, à la personne mal organisée qui fait tout à la dernière minute, qui n'a pas le bon système, qui n'a pas la bonne gestion du temps, qui n'a pas la discipline, qui n'a pas la motivation. Et quand tu te vois toi-même procrastiner, tu ressens probablement de la honte. Tu penses que tu n'as... pas de force de volonté, que tu te laisses aller, etc. C'est un petit peu la vision que tout le monde a et c'est ce que la recherche, à partir des années 70, mais surtout dans les années 80-90, a radicalement renversé. Les chercheurs qui se sont intéressés à ce sujet ont montré dans les années 70 que la procrastination est liée à des croyances irrationnelles, de perfectionnisme, de peur de jugement, de faible tolérance à la frustration, etc. Et cette première découverte, elle ouvre la voie dans les années 80-90 à une reformation émotionnel de la procrastination, selon laquelle la procrastination, c'est une réponse à une peur, une peur de l'échec, une peur du jugement, voire une peur du succès. Et donc ce glissement du comportemental vers l'émotionnel, il est vraiment fondateur. La procrastination, c'est pas un problème de gestion du temps, de gestion des priorités, c'est un problème de gestion des émotions. Il y a vraiment aujourd'hui un consensus scientifique, quand on procrastine, on est en train d'éviter une émotion difficile. La tâche qu'on est censé faire génère quelque chose de désagréable, soit de l'anxiété, de l'ennui, de la peur, etc. Et donc on va faire autre chose pour ne pas avoir à ressentir cette émotion désagréable. Et donc la procrastination, c'est une stratégie de régulation émotionnelle à court terme, qui fonctionne sur le court terme, mais qui est dysfonctionnelle sur le long terme. Ce changement de vision, il est vraiment fondamental parce qu'on... On passe d'un problème de discipline à un problème de gestion émotionnelle. Et du coup, ça change radicalement les approches thérapeutiques, les solutions qu'on peut mettre en face pour être efficace. Aujourd'hui, la définition de référence de la procrastination, c'est la suivante. La procrastination, c'est le retard volontaire d'une tâche qui est intentionnelle, malgré la conscience que ce retard entraînera des conséquences négatives. Donc vraiment, il y a trois critères. Il y a l'intentionnalité. Tu sais que tu es en train de repousser, c'est volontaire. Ce n'est pas un oubli, ce n'est pas une incapacité. Tu fais... activement le choix de ne pas faire cette tâche. Le deuxième critère, c'est que c'est une décision qui est inutile ou irrationnelle, c'est-à-dire que ce retard, il ne sert aucun but valable, tu ne gagnes rien à attendre. Et troisièmement, il implique une auto-évaluation négative, c'est-à-dire qu'au fond de toi, tu as pris cette décision, mais tu sais déjà que tu vas te juger pour ça, et tu vas ressentir de la culpabilité et de la honte avant même de voir les conséquences de ta procrastination. Cette définition, elle permet de distinguer la procrastination de celle qui est Merci. fonctionnelle, dans laquelle on prend délibérément une décision de retarder quelque chose, mais c'est un choix stratégique parce qu'il nous permet par exemple de collecter plus d'informations, etc. Donc on repousse à plus tard, mais il y a une raison réelle derrière. Elle distingue la procrastination aussi de la paresse, dans laquelle il y a une absence de motivation générale, mais il n'y a pas de conflit interne, on est ok avec ça. Et elle distingue la procrastination de la priorisation, dans laquelle on choisit sciemment de faire d'abord quelque chose de plus urgent ou de plus important. Il faut aussi distinguer la procrastination aiguë, qui est situationnel, et la procrastination chronique, qui est vraiment un trait de personnalité stable. Quelques chiffres pour vous donner une idée, comme je vous le disais au début, on estime que 20 à 25% des adultes sont des procrastinateurs chroniques, et chez les étudiants universitaires, on a entre 70 et 95% d'entre eux qui déclarent procrastiner. La procrastination chronique, en plus de ça, elle a augmenté significativement depuis les années 80, et on estime que ça peut être en lien avec... La multiplication des distractions, les réseaux sociaux, la montée du perfectionnisme social, etc. Et la procrastination, elle touche tous les genres et toutes les cultures. Tout le monde procrastine, même si ce n'est pas toujours pour les mêmes raisons ni de la même façon. Par exemple, les hommes procrastinent un tout petit peu plus que les femmes, et les femmes, elles procrastinent davantage par perfectionnisme ou par peur du jugement, alors que les hommes procrastinent plutôt pour éviter l'ennui et pour chercher des sensations. Je vais t'expliquer ça un peu plus en détail dans les six profils dont on va parler après. Et ce qui est incroyable, c'est que les études montrent que la procrastination, en fait, c'est un enjeu de santé et de bien-être. Il y a un impact sur la santé physique. Par exemple, les personnes qui procrastinent, elles rapportent plus fréquemment un recours aux soins médicaux qui est plus tardif. Mais aussi, la recherche montre des liens avec les maladies cardiovasculaires, les troubles du sommeil, la fatigue chronique et les comportements à risque. La procrastination chronique, elle a aussi un impact sur la santé mentale. Elle est associée à des niveaux plus élevés de stress, d'anxiété, de dépression, une estime de soi plus faible. Un sentiment d'efficacité personnelle qui est réduit et des regrets, notamment en termes de carrière ou en termes de santé. Alors pourquoi est-ce qu'on procrastine ? Qu'est-ce qui se passe vraiment dans notre cerveau ? Depuis les années 70, la recherche a essayé de construire des explications sur les raisons pour lesquelles on procrastine. Il y a eu plusieurs hypothèses qui ont été formulées, qui ont été testées. Le vrai renversement, c'est cette compréhension selon laquelle... La procrastination est avant tout une stratégie de régulation des émotions à court terme. C'est-à-dire que face à une tâche qui est perçue comme aversive, c'est-à-dire ennuyeuse, anxiogène, menaçante, etc., la procrastinatrice priorise le soulagement immédiat de l'inconfort émotionnel plutôt que la récompense future. Donc c'est une forme qui est adaptative, qui est utile sur le court terme, mais dysfonctionnelle sur le long terme. C'est de l'autorégulation qui marche dans l'instant, mais qui va... créer des effets négatifs sur la durée. Et donc si la procrastination est une réponse émotionnelle, ce qui ne marche pas, c'est évidemment les solutions qui font uniquement appel, comme je le disais au début de l'épisode, à la volonté, à la motivation, à la discipline. Les solutions qui sont centrées sur la gestion du temps, la productivité, les systèmes d'organisation, la priorisation, etc. Oui, ça peut générer une amélioration marginale sur le moment, un sursaut d'urgence ou de responsabilisation, mais l'efficacité est limitée et non durable. parce qu'elles n'adressent pas le problème émotionnel qui est sous-jacent. Donc ce qui marche, c'est vraiment un mélange de ces différentes approches, un mélange de restructuration cognitive, de planification comportementale et organisationnelle, mais aussi de gestion émotionnelle et d'autocompassion. Et ces approches, ces techniques qui vont pouvoir fonctionner, elles diffèrent en fonction du type de procrastinateur ou de procrastinateuse ou procrastinatrice, je ne sais pas comment dire ça, qu'on est. Et donc maintenant, je vais vous parler des six profils types. Partie 2, les 6 profils de procrastinatrices. Voici les 6 profils issus des travaux de Linda Sapadine dont on va parler aujourd'hui. Numéro 1, la perfectionniste. Numéro 2, la rêveuse. Numéro 3, l'anxieuse. Numéro 4, la chercheuse de sensations fortes. Numéro 5, la rebelle. Et numéro 6, la complaisante. Petite précision, comme je vous ai déjà dit auparavant, on n'est pas assigné à un seul profil pour toute la vie, la plupart d'entre vous se reconnaîtront dans plusieurs. Mais souvent, il y en a un ou deux qui sont dominants. Profil numéro 1, la perfectionniste. Si tu es une procrastinatrice perfectionniste, tu as souvent du mal à commencer ou à terminer une tâche parce que tu ne veux rien faire qui ne soit pas parfait. Tu t'inquiètes de satisfaire tes propres standards qui sont très élevés ou alors tu as peur de te décevoir les attentes des autres. Une fois que tu as commencé, tu passes beaucoup de temps et d'énergie, beaucoup plus que nécessaire, pour faire quelque chose qui soit parfait. Tu travailles dur. Tu travailles beaucoup, mais tu ne travailles pas de façon forcément intelligente. Très concrètement, tu portes une attention qui est excessive aux détails, que les autres ne remarquent même pas. Tu penses en tout ou rien, en noir ou blanc, et tu as du mal à finir parce que le résultat atteint n'est jamais aussi bien que l'idéal que tu avais imaginé. Ta phrase signature, c'est « oui, je le ferais bien, mais ce n'est pas encore parfait » . Ce qui se joue dans ce type de profil, et la peur qui est vraiment motrice, c'est la peur d'être vue comme insuffisante, incompétente. Et du coup, la tâche à réaliser devient une menace. Et l'évitement, c'est vraiment la réponse de protection. C'est si je fais tout parfaitement, je peux éviter la douleur d'être jugée négativement. Il y a deux types de perfectionnisme et on parlera spécifiquement du perfectionnisme dans un autre épisode que j'ai prévu pour vous. Mais voilà, il y a un type de perfectionnisme qui est adaptatif, c'est-à-dire qu'on a des standards élevés. qui nous motive et donc là c'est pas un problème, c'est pas forcément corrélé à de la procrastination et puis il y a le perfectionnisme maladaptatif dans lequel on a vraiment peur de l'erreur du jugement, on doute sur nos actions et donc ça c'est très fortement corrélé à la procrastination ce type de perfectionnisme et par extension ce type de procrastination on le retrouve beaucoup chez les femmes et c'est un type de procrastination qui a aussi beaucoup augmenté comme je vous le disais au début depuis les années 90 Avec l'hypothèse que c'est lié à la montée des réseaux sociaux, à la culture de la performance, à l'intensification de la compétition, etc. Le résultat, c'est qu'on ne finit jamais ce qu'on est en train de faire et qu'on ne finit jamais par le montrer, par le mettre au monde. Ce qui peut aider ce type de profil, c'est déjà faire la différence entre ce qui vient de son propre perfectionnisme et les exigences extérieures. C'est fixer des objectifs qui soient réalistes et non pas idéalistes. C'est se concentrer sur la progression. vers les objectifs et pas sur la perfection du résultat. C'est fixer des limites de temps pour chaque tâche. Et c'est aussi se forcer à apprendre à faire des erreurs délibérément pour voir ce qu'il se passe. Bref, c'est tout un travail sur le sujet du perfectionnisme et on explorera ça plus en détail, comme je vous l'ai dit, dans un autre épisode. Profil numéro 2, la rêveuse. Si tu es une procrastinatrice rêveuse, tu as de grandes idées, mais tu as peu de réalisations concrètes. Tu vas plutôt attendre que les opportunités viennent à toi. plutôt que d'aller chercher. Tu vas éviter instinctivement les défis difficiles. Tu vas dire souvent, oui, je vais essayer, mais tu ne vas pas vraiment t'engager. Donc en fait, toi, tu es excité par la pensée créative, mais l'exécution t'ennuie vraiment. Concrètement, tu as des grandes idées, mais elles sont rarement mises en œuvre. Tu t'impatientes avec les détails pratiques. Au lieu de dire le mot faire, tu dis essayer, je vais essayer. Et puis souvent, tu attends le moment parfait, l'inspiration, les conditions idéales, etc. Et donc, tu as beaucoup de projets qui sont entamés mais abandonnés. Tu as des rêves qui sont longuement cultivés mais jamais lancés. Et au fond de toi, il y a peut-être une frustration qui peut être assez profonde parce que tu sais ce que tu veux, mais tu ne le fais pas. Ta phrase signature, c'est « oui, je le ferai bien » . Mais j'aimerais pouvoir passer directement à la partie qui est intéressante, sans passer par toute la partie ennuyeuse. Ce qui se joue pour toi et pour ce type de profil, la peur qui est motrice, c'est la peur de l'effort soutenu, la peur de l'ennui, la frustration qui peut être générée par l'exécution concrète, les phases préparatoires, les tâches répétitives, tout ce qui n'est pas très glamour, la distance entre l'idée que tu peux avoir dans la tête et la réalité de la mise en œuvre qui n'y correspond pas. Et donc là, on parle vraiment d'aversion à la tâche, dans laquelle la mise en œuvre concrète est perçue comme ennuyante, frustrante, dépourvue de stimulation, etc. Ce qui peut t'aider si tu es dans ce genre de configuration, c'est de décomposer les grands rêves en petites tâches très concrètes, de fixer des objectifs spécifiques et atteignables pour chaque journée, de faire la différence entre le rêve et la planification, et de vraiment donner des moments dédiés à chaque activité. et de te forcer à prendre des engagements réels plutôt que des vagues, je vais essayer. Profil numéro 3, l'anxieuse. Si tu es une procrastinatrice anxieuse, tu as tendance à avancer dans la vie avec prudence. Tu t'inquiètes de l'inconnu, de ce qui pourrait arriver. Tu tends à maximiser tes problèmes en minimisant ta capacité à y faire face. Tu as du mal à quitter ta zone de confort et tu évites tout ce qui te génère trop d'anxiété. Le changement est inconfortable et tu préférerais que les choses restent comme elles sont. Concrètement, ça donne quoi ? Ça donne des décisions qui sont remises à plus tard parce que tu n'as pas assez d'informations, tu n'as pas assez de certitudes. Tu vas souvent dire « je ne peux pas » au lieu de « je ne veux pas » . Tu vas souvent avoir en tête des scénarios catastrophistes qui vont surgir dès que tu envisages un changement. Tu dépends beaucoup de certitudes avant d'agir. Tu as besoin d'avoir toutes les informations, chose qui est absolument impossible quand on prend une décision. Et donc ta phrase signature, c'est « oui, je ferai bien, mais et si quelque chose se passait mal ? » Ce qui se joue pour ce type de profil, la peur qui est motrice, c'est vraiment l'intolérance à l'incertitude et l'impression d'un danger diffus, même s'il n'y a pas de menace réelle qui est identifiée. Du coup, l'action, c'est une menace potentielle. Et donc, comme toujours, la procrastination, c'est une réponse en réalité de protection face à cette menace. Ce qui peut t'aider dans ce cas-là, c'est faire la différence entre ce qui est dans ton contrôle versus ce qui ne l'est pas, reprendre de la gentilité. en remplaçant le « je ne peux pas » par « je choisis de ne pas » et c'est apprendre à agir malgré la peur ou avec la peur. Commencer par des petits pas hors de ta zone de confort. Tu peux aussi travailler sur les scénarios catastrophes pour évaluer leurs probabilités réelles. Le but, c'est de construire progressivement une tolérance à l'inconnu, notamment par l'exposition graduelle. L'acceptation de l'inconfort émotionnel, c'est la compétence centrale à développer. Et tu peux aussi travailler à réduire l'ambiguïté de la tâche en la rendant si petite et si concrète qu'il n'y a plus de zone d'incertitude. Profil numéro 4, la chercheuse de sensations fortes. Tu es une procrastinatrice qui cherche des sensations fortes. Tu es accro au rush de l'émotion intense et du danger imminent. Tu attends le dernier moment pour faire ce que tu dois faire. La crise de dernière minute, c'est une aventure et c'est un moyen pour toi de te prouver que tu es capable. Tu travailles sous pression avec une intensité et une concentration que tu ne trouves pas. autrement. Le résultat de ces nuits blanches, c'est que tes réalisations ne sont pas aussi bonnes qu'elles pourraient l'être, mais l'adrénaline en vaut le coup. Tu aimes vivre sur le fil du rasoir même si ça te crée des problèmes. Là, j'avoue que moi, je reconnais totalement la Danae étudiante. Concrètement, ça veut dire que tu reportes délibérément jusqu'au dernier moment. Ton travail, tu aimes le faire de manière intense et concentrée, sous pression. T'as l'impression que tu travailles mieux, que tu es meilleur sous adrénaline. Le résultat peut être parfois bon à court terme, mais il y a quand même un coût physique élevé. Ta phrase signature, c'est « oui, je le ferai bien, mais je n'arrive pas à me motiver avant que ce soit urgent » . Ce profil-là, il correspond à la procrastination active, c'est-à-dire qu'il y a un choix délibéré de reporter pour travailler volontairement sous pression. Les procrastinatrices actives, souvent, elles maintiennent une assez bonne performance à court terme, mais sur le long terme, cette procrastination active est associée à un stress plus élevé, à une santé dégradée. Ici, la peur motrice, ce que tu évites, c'est l'ennui. Tout ce qui prend du temps, les phases préparatoires sans stimulation, le travail régulier, tranquille, etc., ça t'ennuie profondément. Et ton corps, il a appris que l'urgence, elle va déclencher une réponse de stress qui va libérer du cortisol et de l'adrénaline, et ça va améliorer temporairement ta concentration. Ton cerveau, il va associer cette activation à la performance, et il va la chercher de plus en plus. Ce qui t'aide si tu es dans ce genre de configuration, c'est de reconnaître que le travail sous pression, même s'il donne des résultats qui peuvent être assez bons, il crée aussi un stress chronique. Et tu peux essayer de construire une routine de démarrage qui remplace l'adrénaline par un autre déclencheur. Et puisque tu aimes les deadlines, tu peux essayer de te donner des micro-deadlines personnelles avant la vraie deadline. Profil numéro 5, la rebelle. Si tu es une procrastinatrice rebelle, tu es dans la résistance. Parfois, tu es ouvertement rebelle, c'est-à-dire que tu décides de faire les choses selon ton propre calendrier, quand tu le décides, quand c'est le moment, quand t'en as envie. Ou alors parfois, tu es plutôt passive-agressive, donc tu vas accepter de faire quelque chose, mais en fait, tu ne vas jamais vraiment t'y mettre. Parfois, t'es un petit peu dans les deux. Dans tous les cas, tout ce qu'on te demande de faire et que tu n'as pas choisi te semble être une imposition majeure sur ton temps. Concrètement, ça veut dire que tu vas résister face aux tâches qu'on t'impose. qu'elles viennent de ton employeur, de ta famille, de normes sociales, etc. Sur tes propres projets, tu vas être plutôt fluide et efficace, mais sur les obligations, tu vas être bloqué. Et cette résistance, en plus, elle va augmenter avec la pression, c'est-à-dire que plus on insiste, plus tu résistes. Et ta phrase signature, c'est « oui, je le ferai bien, mais pourquoi est-ce que je devrais le faire, en fait ? » Ce qui se joue ici, la peur motrice, c'est la peur de perdre ton autonomie, la peur de te soumettre, de trahir ta propre... identité en obéissant. Tu perçois ta liberté de choix comme étant menacée et tu développes une motivation à résister. Et comme je l'ai dit avant, plus on insiste, plus ta résistance augmente. Et ça, c'est vraiment une réponse automatique de protection, ça s'appelle la réactance psychologique. Ce qui peut t'aider dans ce cas de situation, c'est de transformer ta relation à la tâche. Le but, c'est pas d'éliminer la résistance, c'est de retrouver un sens par rapport à cette tâche. C'est de passer de « je dois faire quelque chose » à Je choisis de faire ce quelque chose parce que ça me sert. Et d'essayer de relier chaque tâche à une valeur qui à toi t'appartient vraiment. Tu peux essayer aussi de comprendre ta tendance à résister à l'autorité et ses coûts réels. Tu peux essayer d'identifier ce qui est vraiment imposé versus ce que tu as choisi mais que tu ressens comme une obligation. Tu peux négocier les conditions d'exécution, même si la tâche n'est pas négociable, peut-être que le comment et le quand peuvent l'être. Et tu peux essayer de distinguer quand est-ce que la résistance protège une valeur authentique. Ou alors quand est-ce qu'elle est en train de saboter tes propres objectifs ? Dernier profil, le profil numéro 6, la complaisante. Si tu es une procrastinatrice complaisante, tu n'as pas encore maîtrisé l'art de créer des priorités ou de fixer des limites. Tu as besoin de plaire aux gens ou alors tu as peur de les décevoir et du coup tu as du mal à dire non. Résultat, tu te retrouves débordé par le manque de temps, affolé par les innombrables engagements auxquels tu as dit oui. et tes propres projets personnels sont systématiquement repoussés au profit des urgences des autres. Concrètement, il y a une incapacité à dire non, il y a une liste de tâches sans fin qui est au service des autres. Tes propres projets sont systématiquement repoussés et il y a au fond de toi un ressentiment diffus contre les obligations, mais une incapacité à les refuser. Tout ça est probablement accompagné d'un épuisement chronique avec un danger de devenir une candidate au burn-out. Ta phrase signature c'est « oui, je le ferai bien » . mais j'ai tellement d'autres choses à gérer pour tout le monde. Ce qui se joue ici, la peur motrice, ce n'est pas le mécanisme de la surcharge en soi, mais c'est plutôt le besoin de plaire et l'incapacité à dire non et à fixer des limites. La surcharge, c'est juste la conséquence. Derrière tout ça, il y a une question de permission, la permission de prioriser sa propre vie. Ce qui peut t'aider dans ce cas de figure, c'est premièrement apprendre à dire non, reconnaître que chaque oui aux autres est un non à soi-même, apprendre à fixer des limites claires, personnel et professionnel, savoir identifier tes vraies priorités et les mettre en haut de ta liste, comprendre que prendre soin de toi permet de mieux prendre soin des autres, et ne pas attendre que les autres devinent tes besoins, les exprimer. En résumé, on a vu six profils avec six mécanismes différents. La perfectionniste, elle évite le jugement. La rêveuse, elle évite l'ennui de l'exécution. L'anxieuse, elle évite l'incertitude. La chercheuse de sensations fortes, elle évite l'ennui. La rebelle, elle évite la perte d'autonomie. Et la complaisante, elle évite la culpabilité de décevoir les autres. Comme tu le vois, aucune de ces types de procrastinatrices n'est paresseuse, aucune ne manque de volonté ou de force de caractère. Chacune évite quelque chose de très précis. Et c'est à partir de cette compréhension-là qu'on peut vraiment s'attaquer au problème. Un apprentissage qui reste dans la tête, c'est comme une graine qui ne germe pas. Je t'ai dit en introduction que j'allais te proposer deux outils pour le prix d'un dans cet épisode afin de célébrer le fait que c'est le dixième épisode déjà. Et donc voilà les deux outils que je te propose. Outil numéro un, c'est un outil de diagnostic. Linda Sapadin, qui a développé ses six personnalités de procrastinatrice, a aussi développé un quiz très simple qui est disponible gratuitement sur son site et qui te permet d'identifier ton style dominant. C'est un quiz qui est composé de 18 questions. Je te mettrai le lien dans les notes de l'épisode, comme ça tu pourras le faire toi-même si ça t'intéresse. Je te pousse à faire ce quiz qui est vraiment très simple et très rapide à faire, tu peux vraiment le faire en 5 minutes. Et une fois que tu auras identifié quel profil de procrastinatrice tu es, tu pourras utiliser l'outil numéro 2, qui est un outil dont je t'ai déjà parlé dans l'épisode numéro 3 sur la gestion de la peur. C'est un outil que j'ai créé qui te permet de traiter une peur qui te bloque. si tu connais ton profil de procrastinatrice Tu comprends quelle est la peur principale à laquelle tu dois t'attaquer et tu peux utiliser cet outil qui s'appelle l'audit de pensée afin d'analyser cette peur et de comprendre de quoi est-ce qu'elle essaye de te protéger. Je te mets également le lien dans les notes de l'épisode si tu souhaites télécharger cet outil. C'est un PDF gratuit qui te guide à travers un processus d'audit de pensée. En conclusion, dans cet épisode, on a vu trois choses essentielles. D'abord que la procrastination, ce n'est pas un problème de discipline, de motivation, de caractère. C'est une stratégie de gestion émotionnelle qui fonctionne sur le court terme, mais qui ne fonctionne pas sur le long terme. C'est vraiment une façon d'éviter quelque chose qui est inconfortable. Deuxièmement, on a vu qu'il existe six profils bien distincts, chacun avec son mécanisme propre, chacun avec sa peur moteur. La perfectionniste, la rêveuse, l'anxieuse, la chercheuse de sensations fortes, la rebelle et la complaisante. Et on a vu que la solution efficace est différente en fonction du profil. Troisième message clé, c'est que le chemin vers la solution, il ne passe pas par plus de discipline, il passe par comprendre quelle est l'émotion que tu évites, quelles sont les pensées automatiques qui alimentent cette émotion et du coup qui te poussent à agir de la sorte. Et le but, c'est d'apprendre à regarder en face et à traverser cette émotion plutôt que de l'ignorer. Le message principal, c'est que tu n'es pas une paresseuse, tu procrastines parce que tu es humaine et parce que quelque chose dans cette... tâches que tu dois faire déclenchent une émotion que ton cerveau veut éviter. Et maintenant que tu sais laquelle, tu peux commencer à travailler avec elle. C'est la fin de cet épisode, j'espère qu'il t'aura plu et qu'il te permettra de dépasser cette peur qui te bloque pour pouvoir enfin passer à l'action. La semaine prochaine, on va parler d'un sujet qui me tient particulièrement à cœur au vu de mon histoire personnelle et c'est le sujet de la gestion du stress. Et on verra les trois leviers d'action sur lesquels on peut jouer afin de mieux gérer notre stress. Rendez-vous mercredi prochain et d'ici là, prends soin de toi.