- Speaker #0
L'écho des libraires.
- Speaker #1
Bienvenue dans l'écho des libraires. Un podcast proposé par l'association Paris Librairie, réseau de plus de 200 librairies indépendantes en Ile-de-France, à retrouver sur le site parislibrerie.fr. Le 26 mars 2026 à 19h, la librairie Le Bonheur, quel beau nom pour une librairie, située 99 avenue de la République à Montrouge, accueillait l'autrice britannique et néanmoins francophone Carys Davis, à l'occasion de la parution de son formidable roman « Éclaircie » , élu meilleur livre étranger en 2025 et publié par les éditions de la Table Ronde. Le livre est traduit par David Faucammer. Le Norn, langue scandinave anciennement parlée dans des îles d'Ecosse, joue un rôle important dans le roman de Carys Davis. Vous le découvrirez dans cet épisode. Vous découvrirez aussi... un pan important de l'histoire écossaise, les Highland Clearances, expulsion massive des fermiers par les grands propriétaires terriens. La discussion est animée par Grégory. Je vous laisse tout de suite en leur excellente compagnie. Bonne écoute.
- Speaker #2
Bonsoir. Merci à vous d'être venu en nombre ce soir et merci à Carice Davis d'avoir accepté notre invitation.
- Speaker #0
C'est un plaisir. Merci de m'avoir invitée. Je suis ravie d'être là.
- Speaker #2
Eh bien, plaisir partagé. Et je dois dire en introduction que j'ai lu ce livre l'été dernier. D'ailleurs, il n'était pas encore paru. Non,
- Speaker #0
je n'ai jamais vu ce livre.
- Speaker #2
C'est les épreuves que les libraires reçoivent et que c'est le privilège des libraires. Et j'étais à un moment de mon donné, de mon été, où j'étais vraiment sec, Tout me tombait des mains. Les livres, certains livres que j'attendais et à qui probablement j'avais peut-être, sur lesquels je faisais peser trop d'enjeux. d'autres Et puis, j'ai pris une pile de livres. Et puis, j'ai commencé à les prendre conscience. Sans rien savoir d'eux. Et là, on ne peut pas dire que j'ai été séduit par l'objet. Parce qu'autant il est réussi. Et puis, je suis tombé dedans. Et quel plaisir de lire ce texte. Et je pense que sa force, elle réside un peu aussi dans la fréquentation de ce soir. Mais dans la diversité, je connais bien une bonne partie des gens qui sont là ce soir. Et je peux dire qu'il n'y a pas beaucoup de livres que je peux leur conseiller à tous. Et que je pense que c'est une des qualités de celui-ci, c'est que je pense qu'il peut rencontrer des publics fort différents, tout en étant, à mon avis, aussi singulier et fort. Je trouve que c'est une des forces du livre de parler à... Et que je pense qu'on verra au fil de la rencontre, par rapport aux thèmes que moi j'ai eu envie d'aborder et peut-être que d'autres ont envie d'aborder, que peut-être qu'on en a fait des lectures différentes et qu'on aura les uns et les autres peut-être plus... retenu telle partie de l'histoire. Oui,
- Speaker #0
bien sûr.
- Speaker #2
Peut-être avant d'aller plus loin, vous pourriez nous dire, d'abord vous parlez français très bien, c'est ça ?
- Speaker #0
C'est bien.
- Speaker #2
Vous vivez en France ?
- Speaker #0
En ce moment, oui. Je passe un an à Paris. Je suis à l'Institut for Ideas and Imagination, Montparnasse.
- Speaker #2
Pour une mission.
- Speaker #0
Oui, à écrire. Oui, un nouveau roman.
- Speaker #2
Et qu'est-ce qui fait, si je puis me permettre, votre francophonie ? Parce qu'on va parler beaucoup de langues, peut-être ?
- Speaker #0
Oui, j'ai étudié le français à l'université, mais il y a longtemps maintenant. Alors, j'ai fait un effort de le retrouver. J'adore, oui, je m'intéresse beaucoup aux langues. C'est vrai, c'est une grande partie. du roman. Le fait qu'il y a les langues qui meurent, c'est triste, très triste.
- Speaker #2
On va vous en parler dans vos autres livres aussi parce que moi, du coup, j'ai lu, je vous ai découvert grâce à Euclercy, j'ai eu la chance de pouvoir me procurer West, qu'hélas, vous ne pourrez pas vous procurer vous-même parce qu'il n'est plus, il est indisponible actuellement. J'essaierai de ne pas trop vous faire envie, même s'il est formidable. En revanche, je me fais très envie avec Hilary Bird, qui est formidable aussi, et qui, par contre, lui, est encore disponible. Et ce qui est drôle, enfin, moi, ce que je trouvais étonnant, et moi, ça me parle beaucoup, c'est que quand j'avais commencé à préparer la rencontre, je n'avais pas encore lu les deux autres. Je me suis demandé si toutes les questions que j'avais prévues de vous poser, je ne vous les aurais pas posées si je vous avais reçues pour les deux précédents. Parce que vous avez un univers avec des... thématiques, j'ai trouvé, qui revenaient, presque des obsessions, des choses très... On ne peut pas se tromper, d'après moi, sur le fait que ces trois livres ont été écrits par la même personne.
- Speaker #0
Ah bon ? Oui. Oui. On n'est jamais... Enfin, je ne suis jamais consciente de... Vraiment des thèmes en écrivant les romans, mais après, je me dis, oh, alors j'ai écrit sur la question de la terre et de l'amour. Et après, je vois mes obsessions, oui. Et les hommes, ces hommes d'un certain âge qui ont des défauts, qui sont très mal équipés. aux situations dans lesquelles il se trouve.
- Speaker #2
Vous allez voir, moi j'ai fait une recension de tout ce que je trouvais en commun entre les trois livres. C'est moi qui ai fait une fixation sur des thématiques que j'ai vues moi. Mais quand même, il y en a des, ils sont nombreux, j'ai trouvé. Je me demandais, parce que comment vous vous présentez le livre ? Il y a quelques personnes qui ne l'ont pas lu, même si beaucoup l'ont lu. Et ça m'intéressait de savoir comment vous, vous le pitchez, éclaircie. Qu'est-ce que vous dites comme ça pour présenter le texte ?
- Speaker #0
Je dis qu'il y a trois personnages. Pour moi, c'est un drame intime de ces trois personnages qui se trouvent à un moment très mouvementé dans l'histoire écossaise. C'est l'histoire d'Ivor, qui est le dernier habitant d'une vie très reculée au-delà de la côte nord de l'Écosse. C'est aussi l'histoire d'un pasteur presbytérien, John Ferguson, qui arrive pour expulser Ivor de son île. Et puis il y a Mary, la femme de John. qui reste sur le continent écossais, qui devient de plus en plus inquiète. Elle pense que son mari n'aurait jamais accepté cette mission d'y aller. Pour moi, c'est toujours les personnages et aussi le paysage.
- Speaker #2
Parce qu'effectivement, moi, je l'ai beaucoup... donner envie en racontant comment, en partant du personnage du révérend de John, en disant qu'il avait accepté une mission avec laquelle il n'était quand même pas très à l'aise, pour être le messager, lui-même ayant été exproprié, etc. Et étant le messager. Et puis qu'après, je dis, et j'essaye de ne pas trop en dire, c'est la rencontre, et probablement, la rencontre est possible de l'absence de langue commune. Grâce à l'absence de langue commune.
- Speaker #0
Oui. Oui, c'est vrai, mais pour moi, au début, c'était une grande difficulté. Je me suis dit, mais j'ai ces deux hommes qui ne savent pas se parler. Alors pour un roman, c'est un problème, mais souvent, ce sont les problèmes qui produisent quelque chose de mystérieux, de riche. Oui, alors c'est ça.
- Speaker #2
Tandis que la quatrième de couverture, donc il y a un choix d'édition, etc., il part de la situation inverse, de Hubert qui trouve John échoué sur le sable et qui part de l'accident. Mais je trouve que dans les deux cas, on raconte la même chose, mais c'est vrai que je trouvais intéressant de savoir comment vous reproduisiez le texte.
- Speaker #0
Ah oui, je pourrais toujours dire plus, mais je ne sais pas.
- Speaker #2
Peut-être par rapport au titre, parce qu'évidemment, nous, il s'appelle Éclaircie en français, mais j'imagine que le clear de l'anglais par rapport à la période, il est aussi lié à ça ?
- Speaker #0
Oui, en anglais, clear, dans le contexte du roman, il y a les deux niveaux. Il y a le niveau de clear, c'est-à-dire expulser les locataires pauvres comme Ivor de chez lui. Et aussi, plutôt, le sens d'éclaircie, une certaine luminosité, parce qu'il s'agit de, je ne veux pas dire trop de la fin du roman, mais il s'agit de l'imagination, de l'audace, du courage, de l'espoir. Et je trouve que ça s'exprime très bien dans le mot éclaircie. Il y a aussi une sonorité que j'aime beaucoup. J'aime beaucoup cette traduction. Mais j'étais consciente dès le début que ce titre « Clear » en anglais allait être un cauchemar pour mes traducteurs. Je ne pense pas que ces deux niveaux existent.
- Speaker #2
J'ai vu que les trois livres avaient été traduits par le même traducteur, David Fockenberg, c'est ça ? Oui. Et je me suis demandé d'ailleurs, vous pouvez en parler parce que ce sera aussi un des sujets bientôt sur la traduction, mais comment vous vous intervenez sur une langue que vous connaissez quand même, que vous maîtrisez un peu ? Ça se passe comment la collaboration avec un David Fockenberg par rapport à ça ?
- Speaker #0
C'est plutôt que lui, il fait la traduction et puis mon éditrice, Alice Théon, à la table ronde qui... Il parle parfaitement l'anglais. C'est plutôt elle qui lit la traduction qu'il a faite. Et puis, si elle a des questions, elle m'envoie les questions. Et s'il y a quelque chose qu'il faut préciser un peu.
- Speaker #2
Je me dis que ça doit être si j'étais traducteur. Je serais très inquiet que la personne que je traduis parle la langue que je traduis. Parce que je vous dis que...
- Speaker #0
C'est une très belle traduction. Je l'aime beaucoup. presque l'impression que quelqu'un d'autre l'avait écrit.
- Speaker #2
Je ne sais pas si on parlera, mais il y a plein de choses sur la modernité, la masculinité, la domination, le désir, l'élan. Enfin, moi, tout un tas de thèmes que j'ai vus sur mon livre. Mais j'ai rigolé parce que la semaine dernière, je suis allé, pour raconter ma vie, chez le dentiste, où je n'étais pas allé pour la première fois depuis des années. Et puis, je suis dans la salle d'attente chez le dentiste, et je me dis, tiens, ça fait quand même deux rencontres que j'organise coup sur coup à la librairie, où il est quand même... vachement question de le livre de Marine Débiol pour ceux qui étaient là, il s'ouvrait sur un panorama dentaire. J'ai pensé à Marie et ses problèmes de dents et je me suis marrée. Je me suis dit peut-être que les livres que j'ai lus récemment et les rencontres que j'ai organisées ont fini par m'envoyer, par m'y envoyer. J'ai pensé à vous dans une salle d'attente d'un cabinet dentaire.
- Speaker #0
Il y avait une grande scène dans Buddenbrook, par Thomas Mann aussi, vers la fin du roman, chez le dentiste.
- Speaker #2
Il faut dire que moi, on va surtout parler effectivement des clercis, mais quand même, il y a un truc avec ces personnages masculins. Parce que Hilary Bird et Bellman, dans West, ils ont quand même bien des points communs, ces hommes, je trouve. Ils sont à l'étranger. En tout cas, ils vont en mission, ils vont à l'aventure sur un territoire qui leur est inconnu, en quête de choses bien différentes. mais quand même et puis avec une une problématique de langue qui existe presque toujours et j'ai l'impression que même s'ils font partie du camp des dominants à chaque fois, c'est les dominés dominants ou dominants dominés.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. Et ils ont en même temps, ils sont curieux, mais ils sont aussi tournés à l'intérieur et ils sont courageux mais ils sont aussi lâches alors j'aime bien ce mélange de caractéristiques et dans ce roman éclairci il y a, c'est vrai que John il est le domino mais après sa chute c'est Iva qui le soigne John il ne peut rien faire il est blessé C'est évacué. Il doit le laver, le nourrir, tout.
- Speaker #2
Ce qui se passe dans les autres aussi, parce qu'ils finissent par chuter quand même à un moment où vous donnez ces... Celui qui était en position de faiblesse passe en position de force. Il y a une inversion comme ça.
- Speaker #0
Et aussi Hilary Bird, je me suis rendue compte après. Oui, il chute aussi.
- Speaker #2
Même si la langue est moins une barrière dans Hilary Bird, il y a ce truc de immunologue en permanence dans le...
- Speaker #0
Oui, dans le cas de Hilary Bird, c'est plutôt... qu'il est tellement tourné vers l'intérieur qu'il le comprend et il rencontre un homme qui conduit un je sais pas comment dire ça, un rickshaw oui il ne le voit pas presque il le nie en permanence il lui raconte sa vie pourtant il s'en fiche d'ailleurs il ne sent pas la tendresse et rien,
- Speaker #2
il ne le voit pas. Et donc, il y a ces personnages, donc là, Ivar, qui attire à mon avis beaucoup plus, qui nous attendrisent beaucoup, aussi, par leur... Et comme Vieille Femme de Loin, dans... dans Ouest, et le nom d'un jeune garçon indien, dont le nom indien est Vieille Femme de Loin. Oui,
- Speaker #0
c'est un vrai nom que j'ai trouvé.
- Speaker #2
trouver quelque part. Et où dans Hillary Bird, comment elle s'appelle ?
- Speaker #0
Jamshed.
- Speaker #2
Il leur arrive des accidents à ces hommes et puis après ça ne va pas se passer comme ils avaient imaginé ou on ne sait pas d'ailleurs ce qu'ils avaient toujours imaginé.
- Speaker #0
Non, dans le cas de John Ferguson, dans Merci. C'est comme si elle a eu besoin de cette chute pour devenir, pour recommencer presque, pour devenir sensible au monde d'Iva. Parce que John, il est religieux, il est intellectuel et il commence à entrevoir le monde plus physiquement à travers. à travers la langue parce que la langue non, c'est une langue si vous voulez étroite parce que elle décrit le paysage le ciel la mode de vie elle est étroite mais elle est très très profonde aussi il y a beaucoup de nuances c'est C'est une nuance que John Ferguson commence à apprécier, mais en même temps il y a une sorte de paradoxe parce qu'en tant qu'il essaie de saisir le sens précis de ces mots, il y a beaucoup qu'il cache, qu'il ne dit pas, surtout le fait qu'il est là pour... expulsé. Ivar, c'est un secret qu'il n'ose pas lui dire.
- Speaker #2
Ce qu'on peut dire, pour ceux qui ne l'ont pas lu, c'est qu'effectivement, il arrive sur cette île où il vient normalement être le messager. Il va être expulsé. Ivar, lui-même venant d'être expulsé lui-même de son église et tout ça. Et il a cet accident, il tombe dans les pommes, il est recueilli par Ivar qui va prendre soin de lui, sans savoir pourquoi cet homme est là et qu'est-ce qu'il lui veut. Et quand même, on peut dire qu'il trouve sur cet homme une photographie, la photographie de sa femme qu'il a avec lui et dont il va commencer à chérir à Ivar, cette photographie et cette femme représentée sur la photo. Et que quand finalement il va reprendre conscience, John Ferguson, ils vont essayer d'échanger. Mais pendant longtemps, personne ne sait, ils ont cette langue qui fait le barrage, pourquoi John Ferguson est là.
- Speaker #0
Oui, et en même temps, la langue devient une sorte... d'excuses pour ne pas se dire un tas de choses. Une protection, exactement.
- Speaker #2
Oui, c'est très beau sur la langue parce qu'effectivement, il y a cette façon dont il progresse, les incompréhensions, le fait qu'il a l'impression qu'il utilise toujours des mots différents pour dire la même chose.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
C'est très beau. Et ils vont avancer comme ça. J'ai lu ou j'ai entendu dans une interview quelque part, ou je ne sais plus si c'était une chronique, quelqu'un qui pensait à François Truffaut et à Jules et Jim en parlant de votre livre. Vous connaissez ce film de François Truffaut ? Et moi qui aime beaucoup François Truffaut, je peux dire que si c'était un film de François Truffaut et Claire C, je pense que ce serait plutôt L'Amour en fuite. Dans L'Amour en fuite, le personnage principal, Antoine Douanel, tombe amoureux d'une femme depuis une photo. Ah bon ? Et c'est ça qu'il va faire. Et je pense que la référence à Julie Jim est plutôt sur l'histoire de Trilo amoureux. On n'a pas exactement le sujet, ni vraiment, même si on comprend qu'il y a le désir qui circule dans votre livre.
- Speaker #0
Oui, oui, assez intéressant. La première fois que j'ai écrit cette scène avec la photographe, c'était une petite peinture. Et je me suis dit, mais ce serait tellement plus... puissant si ça pourrait être une photographe. Mais on est au milieu du 19e siècle, précisément en 1843, je me suis dit, ça doit être un peu trop tôt pour les photographes. Mais en fait, il y avait deux hommes à Edinburgh, où j'habite, où John Ferguson habite, qui avaient développé ces calotypes. Alors ça... Je pensais que pour Ivor, pour voir une photographe, ça aurait été incroyable, complètement bouleversant, parce que c'est comme une vraie personne.
- Speaker #2
Et d'ailleurs, est-ce que ce livre-là, au-delà du fait que la période de la... Island Clearance, c'est ça qu'on dit ? Elle se situe dans ces années-là, c'est ça ? Oui,
- Speaker #0
c'est ça.
- Speaker #2
Est-ce que pour vous, il y a quelque chose qui se passe ? Parce que West, il se passe à quel moment ?
- Speaker #0
Au début du XIXe siècle.
- Speaker #2
Je me souviens du XIXe siècle pour vous, même si lui est postérieur, il arrive. Mais c'était un sujet par rapport à une transition, une transformation, la modernité.
- Speaker #0
C'est tellement riche, socialement. Collégieusement, moralement, je trouve que c'est très complexe, le 19e siècle. Oui, j'écris le roman que j'écris en ce moment, Stérol, vers la fin, juste avant le début du 20e siècle, où encore c'était un moment de changement. très attiré par ce moment, quelque chose qui était très intéressant pour moi dans la langue norme, c'est qu'il y a beaucoup de mots qui précisent le moment où un état change et devient un autre. par exemple, il y a un mot en norme pour... le dernier moment de la nuit, avant le début du jour. Il y a un mot précis pour le moment du changement de la marée. Je ne sais pas pourquoi, mais il y a beaucoup de mots, et pour moi, ça m'attire. Oui, parce que c'est un mot nécessaire. conditions de la neige, de la glace, c'est essentiel. On a les mots dont on a besoin.
- Speaker #2
Et il y a le mot, du coup, on voit dans ces langues-là, pour, j'allais dire, modeler le réel, et il y a ces objets manufacturés, je ne sais pas si le parallèle a du sens, mais en tout cas, ces objets qu'on retrouve dans tous vos livres, il y a toujours quelques objets, pas beaucoup, grande importance. D'abord, ils sont peu nombreux. Dans West, il les distribue comme ça, de façon comme une monnaie. Mais même dans Eclaircie ou dans Hillary Bird, il y a une très grande focalisation sur une poignée d'objets.
- Speaker #0
Oui, c'est plutôt que mon imagination s'attache fortement aux objets. Souvent, je commence avec l'objet. Par exemple, au début, dans la première ligne, je crois, de l'éclaircie, il y a John qui porte pour flotter. Ah oui,
- Speaker #2
la bouée.
- Speaker #0
Non, non, c'est quelque chose.
- Speaker #2
Un gilet de sauvetage.
- Speaker #0
Oui, un gilet, mais en anglais, c'était un mot du... 19e siècle alors c'était subtilement différent et c'était cette différence subtile qui m'a laissé entrer dans sa vie dans ce moment et oui il y a aussi la taillère d'Ivor qui a une importance presque totémique pour lui
- Speaker #2
Il l'enterre.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Et il y a toujours une ou deux armes à feu.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Oui,
- Speaker #0
c'est peut-être mon amour de Chekhov. Oui, mais dans West, bien sûr, les armes sont essentielles. Mais oui, ça donne de l'attention.
- Speaker #2
Il y a quelque chose de l'Empire anglais au travers de ces différents territoires que vous explorez dans vos livres et de leur conquête et de ce rapport à cette conquête-là.
- Speaker #0
Oui, et je m'intéresse toujours à la question de la terre et de l'expulsion et même l'extermination. d'un peuple parce que il y a un autre peuple qui voit la terre sur laquelle Ils vivent et ça c'est partout. En ce moment, on ne peut pas l'échapper. C'est une histoire qui continue et continue et continue. Ce n'est pas seulement que je pense à l'Empire britannique, mais c'est vrai que dans l'Ouest, ce sont vraiment les colons. un Britannique qui vole la terre des Américains qui étaient là.
- Speaker #2
À la recherche de ces grands animaux, de ces squelettes. Il y a un peu de pétrole là-dedans, dans ces squelettes ou pas ? Ou dans la recherche de Bellman ?
- Speaker #0
Un peu de quoi ?
- Speaker #2
Du pétrole, je me suis demandé si finalement... Ce n'était pas la conquête de la ruée vers l'or, mais que ce n'était pas l'or noir qu'ils cherchaient.
- Speaker #0
Non, c'était les mammouths.
- Speaker #2
Oui, d'accord, j'ai vu l'allégorie du pétrole et de la socialisation.
- Speaker #0
Non, pour lui, il cherche dans un sens, il sent une réponse au mystère. mystère de la vie. Il a perdu sa foi et il a un sens que la disparition de ces animaux pouvait lui donner une réponse quelconque.
- Speaker #2
C'est le moment de parler de foi parce qu'il en est toujours question dans vos livres de foi, de religiosité, je ne sais pas comment dire. Mais on voit qu'il s'en accommode, il s'en arrange.
- Speaker #0
Oui, oui, oui. Et il était très important pour moi dans l'éclaircie que John, quoi qu'il arrive, qu'il ne perd pas sa foi. C'est plutôt l'église, l'église presbytérienne écossais qu'il jette. C'est une église assez horrible.
- Speaker #2
Hilary Bird, il trouve le chemin de l'église pour d'autres raisons.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. Il doit prétendre.
- Speaker #2
Et là, c'est son désir qui le pilote, qui l'emmène à l'église.
- Speaker #0
Oui, parce qu'il veut se marier avec une femme, mais il doit être chrétien.
- Speaker #2
Il doit compter l'église pour avoir une chance avec elle. Et oui, donc la terre, les animaux. Les animaux, ils occupent aussi toujours une place ?
- Speaker #0
Oui, il y a toujours des animaux.
- Speaker #2
Des charnets à moitié ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Presque toujours des charnets ?
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. Agés ? Oui, c'est vrai. La jument dans Éclaircie, elle m'est venue à l'esprit parce qu'il y a un mot en norme, un pegui, qui veut dire une. tige de chou et j'ai lu une tige de chou oui ben j'ai vu ce mot et Immédiatement, j'ai pensé à un être, un être vivant, et c'était Peggy, ce jument. Et tout le monde me dit, mais il y a aussi une vache aveugle. Oui, tout le monde m'en veut un peu.
- Speaker #1
c'est lui qui le rend vous et le cheval dans Hillary Bird ça vous oublierez jamais moi j'ai lu ce livre là l'été dernier donc ça fait longtemps entre guillemets j'en ai lu beaucoup depuis mais c'est un livre auquel je pense vraiment souvent et maintenant que j'ai lu ça j'ai des images de Ravi Ravi c'est un personnage d'Hillary Bird qui est génial qui veut devenir chanteur de country et qui va pendant tout le livre s'occuper de trouver toute la tiraille le décorum pour euh... pouvoir faire ça, mais il faut un cheval.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et c'est quelque chose, ce cheval aussi.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Seulement s'il va tenir jusqu'au moment où il va devenir chanteur de country.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Qu'est-ce qu'ils vous ont fait, ces animaux-là, pour vous ?
- Speaker #0
Je ne sais pas. Je n'ai pas d'animaux chez moi, mais ils sont toujours importants, c'est vrai, dans mes livres. C'est parce que... Même s'il ne parle pas, il y a des moments où Ivor veut bien que Peggy lui conseille quand il ne sait pas quoi faire. Mais bien sûr, elle ne lui parle pas. Mais il y a toujours de la tendresse. Et c'est peut-être pour ça que les animaux sont toujours vieux. Je ne sais pas. C'est comme les hommes d'un certain âge. Je me suis très attirée vers eux. Je ne sais pas pourquoi. Il y a toujours quand même aussi des personnes qui ont une forme de difformité ou quelque chose, un truc avec le physique aussi quand même, parce qu'il y a des choses qui sont très différentes. Je ne comprends pas. Il y a des choses qui sont très différentes. Il y a des choses qui sont très différentes. Il y a des choses qui sont très différentes. Il y a des choses qui sont très différentes. Il y a des choses qui sont très différentes. Il y a des choses qui sont très différentes. Il y a des choses qui sont très différentes. Il y a des choses qui sont très différentes. Il y a des choses qui sont très différentes. Il y a des choses qui sont très différentes. Il y a des choses qui sont très différentes. Il y a des choses qui sont très différentes.
- Speaker #1
Il y a des choses qui sont très différentes. Il y a des choses qui sont très différentes. Il y a des choses qui sont très différentes. Il y a des choses qui sont très différentes. Il y a des choses qui sont très différentes. Il y a des choses qui sont très différentes. Il y a des choses qui sont très différentes. Il y a des choses qui sont très différentes. Il y a des choses qui sont très différentes. Il y a des choses qui sont très différentes. Il y a des choses qui sont très différentes. Il y a des choses qui sont très différentes. Il y a des choses qui sont très différentes. Il y a des choses qui sont très différentes. Il y a des choses qui sont très différentes. Il y a des choses qui sont très différentes. Il y a des choses qui sont très différentes. Et on comprend que ça crée quelque chose dans la relation.
- Speaker #0
Oui, et ça crée aussi une puissance intérieure. Je pense à la jeune femme dans Le Voyage de Hilary Puth, Priscilla, et aussi Mary, qui a les fausses tempes. Parce que ça part des questions, pas tout à fait de la vanité, leur sens de... d'elle-même, et ce sont des femmes qui ont oui, qui sont très fortes, audacieuses.
- Speaker #1
Elles sont fortes toutes les trois, et d'ailleurs il y a toujours cette situation finalement, l'homme à chaque fois dans tous vos livres il est celui qu'on a dit, avec cette masculinité bancale, je ne sais pas comment dire, et une femme souvent la sœur, mais pas toujours, c'est Marie dans celui-ci, à distance, loin de la situation, mais qui a les portes.
- Speaker #0
Oui, la sœur de Hilary, et dans West, c'est sa fille qui quitte pour aller chercher ses mamous, mais elle s'appelle Bess, et elle n'a pas beaucoup de choix, mais dans cette situation très étroite, elle est très très forte. Elle croit toujours dans son père aussi. Je trouve ça très beau qu'elle ne perde jamais sa foi.
- Speaker #1
Il y a la façon, et pareil, j'ai trouvé, dont le désir naît souvent d'un accident ou alors comme une réponse à un désir supposé de l'autre. Comme si on désirait d'être désiré parfois. Parce que j'ai trouvé qu'il y avait ça, c'est qu'il croit. Il croit qu'on le désire, alors il désire. Je ne sais pas, quelque chose comme ça. En tout cas, c'est le cas dans Hillary Bird. À un moment donné, il croit.
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #1
Et puis du coup, il dit.
- Speaker #0
D'abord, il est horrifié.
- Speaker #1
Exactement. Et ça va faire naître son désir.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
oui. Et dans Eclairci, c'est encore autre chose. Ce désir se déplace.
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #1
Qu'est-ce que vous pouvez nous dire de ce désir, cette circulation du désir ? Qu'est-ce qui animait vous cette idée-là, de cette circulation-là ?
- Speaker #0
Je trouve que c'est réel, que ça arrive. Les choses ne se déroulent jamais sur un chemin vrai. Il y a toujours ces déviations. La vie est pleine de surprises. Imprévisible. C'est vraiment, dans Éclaircie, c'est le moment où arrive ce changement à lieu. C'est un bouleversement et c'était un bouleversement pour moi parce que je ne savais pas que ça allait arriver quand j'ai écrit le roman. Je savais que c'était une situation d'une certaine complexité parce qu'il avait... Il avait tombé amoureux du calotype de Mary. Mais je ne savais pas que la situation deviendrait plus complexe.
- Speaker #1
J'adore ça. C'est très beau, je trouve, la façon dont ça se complexifie, justement. Avant que je lise les deux autres, et j'en ai beaucoup parlé aux gens quand ils venaient ici, je prenais l'exemple de Nuages, qui est un vrai... Sur la langue et entre Ivor et John. Et tout ça. Mais alors, quand j'ai lu les autres, je me suis aperçu. Au début, j'avais commencé à marquer toutes les pages où il y avait nuages dans vos livres. En fait, le livre aurait été corné du début à la fin. Et du coup, j'avais trouvé ça drôle de mettre un petit éloge du nuage, qui est un livre qui paraissait cette semaine, sur la table. Parce que j'ai trouvé que c'était quelque chose qui revenait vraiment beaucoup dans vos livres.
- Speaker #0
Oui, mais oui, j'adore les nuages. J'ai remarqué ce soir, il y avait un, je ne sais pas si vous avez vu. On dit en anglais un ciel de macro. On dit ça. Ça veut dire que le temps va changer. Et à Edinburgh, où j'habite, les ciels sont incroyables. Merci.
- Speaker #1
Sur la langue, pour revenir, parce qu'aussi, dans les choses qui reviennent beaucoup, il y a les dictionnaires et les bibliothèques. Oui. Et je me demandais sur la langue et sur Éclaircie, est-ce que ce moment de l'histoire aussi, ce 19e siècle, ce que vous trouviez d'intéressant, la transition et tout, est-ce que c'est aussi une espèce de, à un moment donné, de la disparition de tout un tas de langues régionales ? Oui,
- Speaker #0
au Royaume-Uni, on est beaucoup plus conscient de la disparition de la langue gallique. qui parlaient à l'ouest de l'Écosse. Et ça, c'était une décision très délibérée d'éradiquer cette langue. C'était vraiment cruel, c'était horrible. Et la remplacer avec l'anglais scott, c'est plutôt à peu près la même langue. Moi, je suis galloise, en fait. J'ai grandi au Pays de Galles pendant les années 60-70. Et c'était une période où la langue, on avait l'impression que la langue allait mourir. Mais on a fait des efforts et c'est incroyable, elle est vivante. des neveux, des nièces qui sont tout à fait bilingues. Mais ça, c'est rare.
- Speaker #1
Et pour vous, c'est un sujet qui vous occupe de sorte à ce que ça participe de vos livres ?
- Speaker #0
Oui, parce que j'ai lu quelque part qu'il y a 7000 langues au monde dont on perd une tous les deux semaines. Ça, c'est déchirant. Quand on pense à ce qu'on perd, quand on perd toute cette façon de voir le monde.
- Speaker #1
C'est une façon de voir le monde qu'on dit ce qui se passe avec nous.
- Speaker #2
Oui, oui. C'est une mode de pensée qui dit.
- Speaker #0
Oui, une mode de pensée, exactement. Oui, parce qu'il y a les langues qui n'ont pas de mots pour avoir, par exemple, pour posséder. Alors, ça dit beaucoup de la façon de vivre.
- Speaker #1
Oui, moi, j'avais noté qu'est-ce qui se joue effectivement là dans cette façon de qualifier le réel. C'est ça qui à la fois les sépare au départ. C'est une façon de qualifier le réel avec d'autres, des mots qui ne sont pas les mêmes. Et puis finalement, d'essayer de trouver. une façon de regarder, d'employer, de trouver des mots pour essayer de voir les situations.
- Speaker #0
Oui, et de... Et de voir ce beau John, pour voir ce qui se trouve devant ses yeux, et ça c'est une autre de mes préoccupations, si vous voulez, que comme humains, c'est une de nos très grandes fautes que nous ne voyons pas ce qui est de... Devant nos yeux, je crois que c'est George Orwell qui a dit ça et qu'il faut faire un effort constant, politiquement, humainement, dans tous sens. Il faut vraiment voir, regarder à travers la langue que John commence à apprendre de faire ça.
- Speaker #1
Mais le rapport qu'ils ont à l'altérité, d'ailleurs, les uns et les autres, il est... Vous jouez avec ça, quoi, sur la façon qu'ils ont d'aborder cette altérité-là, parce qu'il y a à la fois une négation, parfois, de l'autre, comme on le disait dans le cas d'Hillary Bird, qui soliloque quasiment et qui n'écoute rien de ça, mais aussi dans la façon dont le désir, je me suis dit, quelquefois, il était comme ça, projeté sur un... Il y avait un objet de désir, tout d'un coup, qui était parfois aussi une négation. Une négation de l'autre aussi.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Oui, alors voilà, toutes les choses que j'avais trouvées, c'est leur dépendance matérielle et affective, je m'étais noté. Ce désir interdit, ou en tout cas, il y a quand même aussi un désir qui est un peu interdit toujours. Oui,
- Speaker #0
ça c'est vrai aussi. Mais ce qui m'intéresse toujours, c'est que quand quelques lecteurs disent que... L'histoire de Zé Clercie, l'histoire de l'amour est moderne et je trouve ça frappant parce que les gens ont toujours trouvé un moyen. Toujours ! Ce n'est pas du tout moderne.
- Speaker #1
C'est l'époque qui... C'est la modernité de la transformation du monde, mais qui n'a rien à voir avec, effectivement, ça. Est-ce que dans la façon, pas l'histoire d'amour, ou les histoires d'amour, est-ce que dans cette façon, dans le rapport à l'autre, cette façon justement de désirer parce qu'on se croit désiré ou parce que, ou comme ça, dans une façon d'asséner son désir... Sur l'autre, il y a un rapport de domination qui peut raconter quelque chose de la façon dont déjà ils sont dans un rapport de domination avec un peuple ou avec un...
- Speaker #0
C'est pour ça un peu que je pense à cette île où se trouvent John et Iva. C'est plutôt hors du temps. C'est un moment où le monde... disparaissent et ils ont l'occasion de vraiment être eux-mêmes.
- Speaker #1
C'est vrai que la différence, de ce point de vue-là, par rapport aux deux autres, je trouvais, ils sont beaucoup plus inscrits dans le temps, effectivement, alors que là, ça pourrait presque, on se dit parfois, être passé à un autre moment. Oui,
- Speaker #0
ces semaines où ils sont là, oui, c'est vraiment un mot non. qui veut dire un moment de calme entre des orages et je pense à ces semaines où ils sont sur l'île ensemble comme cette période de calme hors du temps oui absolument Non, non, je ne l'ai pas lu, mais j'aime beaucoup les livres de Roy Jacobson, je ne sais pas si c'est The Barrow Chronicles. Roy Jacobson. Oui, ils sont très, très beaux. C'est une petite île, une petite communauté. Je ne savais vraiment pas la période. Au début, oui, ils sont très beaux, ces livres.
- Speaker #2
Moi, ce qui m'a frappée, c'est que, j'ai l'impression que la langue, et même l'humanisme, le pasteur, il vient, lui, comme on l'a découvert, la langue de l'Ivoire. Oui. Il devient pas plus intelligent, il devient plus sensible.
- Speaker #0
Oui, oui, exactement.
- Speaker #2
C'est comme si tout nouveau langage...
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #2
il devient plus ouvert.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #3
oui.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #3
oui. Qui apprend sa langue.
- Speaker #0
Oui, oui, c'est vrai. Oui, oui. Et c'est après sa chute, mais c'est vraiment con. Il est nu, il est vraiment... Oui, non, non. Non, c'est... Oui, dans mon imagination, c'est l'histoire entre les Chechens et la Norvège. Et c'est parce que, pour que la langue... et puis survivre jusqu'au milieu du 19e siècle, Aïva devait être quelque part très, très, très reculée. C'est pour ça que cette île... Ah, les orcades physiquement, je les vois très... les Orcades, oui.
- Speaker #4
Je vais juste revenir en parler, The Highlands Clearance ?
- Speaker #0
Highland Clearance. Oui. Qu'est-ce que c'est ? C'est les Highland Clearances, ils ont commencé au milieu du 18e siècle, c'était quand les grands propriétaires terriens de l'Écosse ont compté à... expulser le petit locataire pour les remplacer avec des moutons parce que ça c'était beaucoup plus rentable que d'avoir ces petits fermiers partout. Et en Écosse, c'est toujours le cas en fait qu'il y a une poignée de propriétaires qui acquièrent presque toute la terre à part. et ils avaient beaucoup de puissance c'était vraiment rien que les petits fermiers pourraient faire et en plus l'église c'était la doctrine presbytérienne qui disait au peuple mais il faut accepter ce qui se passe parce que c'est l'avant-garde La volonté de Dieu et lutter contre ce qui vous arrive maintenant, ce serait un péché.
- Speaker #5
Oui. Vous avez vécu en Inde.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #5
Vous avez vécu en Inde.
- Speaker #0
Oui, dans la ville où il habite, pas longtemps, mais c'était la même vie. En fait, la petite maison où il habite, c'était ma maison à moi. Oui, même les petits détails, c'était absolument là. J'entre dans le salon et la cuisine et c'était absolument la maison à moi. J'étais là en 2000... Ange, je crois, c'était juste avant. Juste avant, en fait. Et j'ai écrit le roman parce que c'était vraiment cette question de cette... Je me sentais tellement aveugle que je n'ai pas vu cette croissance du nationalisme, que ça allait arriver. Modi et tout. Alors c'était vraiment pour ça que j'ai pensé à cet homme qui lui aussi est aveugle, il ne voit rien, il ne comprend pas la politique, les émotions des autres. Il est vraiment dans son petit monde. J'avais le même sentiment, vraiment, parce que j'étais en fait à New York, c'était juste après le Brexit, que je n'avais pas prévu non plus. J'étais complètement bouleversée, horrifiée. Et puis j'étais à New York et je voyais tous mes amis à New York. Personne ne croyait que Donald Trump allait être président. Mais pour moi, c'était exactement comme le Brexit, que la moitié du pays ne comprenait pas du tout l'autre moitié.
- Speaker #1
Dans Hillary Bird, pour ceux qui le liront, il y a une galerie de personnages. Il y a plus de personnages.
- Speaker #0
Oui, oui, c'est un...
- Speaker #1
Et qui sont attachants, enfin, et étonnants, et avec... Ce qu'on a dit depuis tout à l'heure, c'est-à-dire quand même tout un tas de choses qu'on a croisées dans l'éclaircie pour si on a eu l'éclaircie avant, comme c'est notre cas, à presque tous. Et les thématiques qui vont comme ça les lier entre eux. Mais ils sont... On y pense encore longtemps après, je trouve, à vos personnages.
- Speaker #0
Je suis très attachée à mes personnages. Et les animaux. Vous connaissez votre personnage de Mary ? Oui, moi aussi, j'adore Mary. Oui.
- Speaker #3
Qui refuse de se marier parce qu'elle a fini par se marier.
- Speaker #0
Oui, oui, oui, oui, je l'aime beaucoup.
- Speaker #3
Qui refuse de se marier parce qu'elle a fini par se marier. Oui, elle a fini par se marier. Oui,
- Speaker #0
oui, oui, elle était très contente de faire ce qu'elle faisait. Pendant que John Ferguson dormait, Ivor sortait les pages de leur enveloppe bleue et les faisait tourner dans ses mains avec délicatesse, craignant d'abîmer le tissu fragile de la couverture, de fissurer l'une de ses pages sèches et cassantes, ou d'en étaler l'écriture. Avant l'arrivée de John Ferguson, il n'avait jamais vraiment envisagé les choses qu'il voyait, entendait, touchait ou ressentait comme des mots. Le pasteur, autrefois, leur avait lu des passages de la Bible dans une langue qu'ils ne connaissaient pas, avant de leur hurler dessus dans une terrible approximation de leur langue à eux. Mais il était étrange de concevoir, disons, une fine brume de mer ou le vent froid du nord-ouest qui soufflait au printemps et nuisait à la voine. comme les choses solides sur un bout de papier qu'on pouvait toucher. Il se demanda, en contemplant ces colonnes de mots qu'il était incapable de lire, pas plus ceux à gauche dans la langue de John Ferguson que ceux dans la sienne à droite, s'il existait un mot dans la langue de John Ferguson pour désigner l'excitation qu'il ressentait Merci. en faisant glisser son doigt le long de la ligne tracée entre les deux colonnes, laquelle lui semblait relier leur vie respective de la plus solide des manières. Les mots pour lait et ruisseau et pour le scarabée aux ailes bleues qui ne volaient pas et vivaient sur la pâture de la colline. Les mots pour flétan. les étables et le nœud simple qu'il faisait pour bloquer la langue de la vache, les mots pour maison et pour beurre, pour brouillard et petit lait, pour gaumont de mer et poule. C'était comme si, jusqu'à présent, il n'avait pas vraiment compris sa solitude, comme si l'arrivée de John Ferguson l'avait changé en quelque chose. qui n'avait jamais été ou pas été depuis très longtemps. En partie frère et en partie soeur, en partie fils et en partie fille, en partie mère et en partie père, en partie mari et en partie femme.
- Speaker #4
Merci.
- Speaker #6
Merci. Merci d'avoir passé ce moment avec nous à l'écoute de l'Echo des libraires. L'Echo des libraires est un podcast proposé par l'association Paris Librairie. Paris Librairie regroupe plus de 200 librairies à Paris et en Ile-de-France. Retrouvez l'agenda des rencontres animées toute l'année par les libraires du réseau sur le site parislibrairie.fr. Paris Librairie en un seul mot, sans tiret et avec un S à librairie. Vous êtes à la recherche d'un livre ? Trouvez-le, géolocalisez-le et réservez-le dans une librairie près de chez vous. Pour ce faire, rendez-vous toujours à la même adresse sur le site parislibrairie.fr. Merci et belle lecture !