- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous, nous vous souhaitons la bienvenue dans le podcast L'environnement au cœur de ma santé, le rendez-vous qui explore les relations entre la santé et l'environnement. Cet épisode est proposé par la mutualité française Grand Est en partenariat avec l'Adréal Grand Est. Un article de la célèbre revue scientifique Nature a montré une présence importante de particules de plastique tout au long du cours du Rhin qui traverse notre région. Le Rhin est l'un des fleuves européens les plus étudiés concernant les microplastiques. Ce fleuve draine des zones industrielles, des bassins urbains densément peuplés et des axes logistiques majeurs, ce qui en fait un véritable observatoire de la pollution plastique continentale. Nous pensions que la pollution plastique était surtout un problème de déchets. Nous découvrons aujourd'hui qu'elle est aussi devenue un problème d'exposition chronique de l'organisme humain. Pour cet épisode, Je reçois Philippe Hérin qui est directeur de l'IFSEN, l'Institut de formation en santé environnementale, formateur et conférencier qui nous permettra d'en apprendre davantage sur l'impact des microplastiques sur la santé et nous transmettra des recommandations pratiques à mettre en œuvre au quotidien. Bonjour Philippe.
- Speaker #1
Bonjour Vanessa, bonjour à toutes et à tous.
- Speaker #0
Alors on parle de plus en plus de microplastiques, qu'est-ce que c'est ?
- Speaker #1
Les microplastiques ce sont des plastiques sous forme micrométrique. le micromètre millionième de mètre. Donc, c'est des très faibles morceaux, des toutes petites particules de plastique, invisibles à l'œil nu, et qui vont contaminer notre environnement. Alors d'abord, peut-être avant de parler de microplastique, il convient déjà de poser un petit peu le décor de l'usage massif des plastiques de nos sociétés modernes. Juste deux chiffres, la production de plastique aujourd'hui au niveau mondial, elle avoisine 500 millions de tonnes par an. On était à 2 millions de tonnes vers les années 1950. Donc on a une explosion de la quantité de plastique produit sur la planète. Et puis on a des prévisions d'une forte augmentation de cette production dans les 20-30 ans qui viennent, du fait notamment de la consommation de ces plastiques par les pays émergents, qui en s'enrichissant, recourent comme nous le faisons massivement à des emballages par exemple, dans l'alimentation notamment. On a des tendances très inquiétantes de consommation de plastique, alors qu'on est déjà dans une situation qui, on va le voir, commence à montrer clairement des limites préoccupantes. Alors, il faut préciser aussi que les plastiques, ce sont des assemblages souvent complexes de ce qu'on appelle des monomères. Vous avez déjà joué, par exemple, au Lego. Le monomère, c'est la brique élémentaire de plastique. Ça va être, par exemple, le propylène. Quand vous assemblez ces briques élémentaires de propylène, vous allez construire ce qu'on appelle des polypropylènes. Vous connaissez par exemple aussi le polystyrène, c'est un assemblage de styrène. C'est intéressant de noter ça d'ailleurs parce que le styrène est un élément qu'on soupçonne fortement de favoriser des cancers, notamment hépatiques. Le styrène, quand on l'assemble, ça donne naissance à du polystyrène, et le polystyrène, lui, on n'a pas d'élément de connaissance préoccupant sur l'impact sanitaire. Par contre, la brique élémentaire qui le constitue serait problématique. comme par exemple vous connaissez aussi sans doute le PVC, le polychlorure de vinyle, et bien le... Le chlorure de vinyle est un cancérigène connu, le PVC, le polychlorure de vinyle. On a des éléments de suspicion fortes sur la santé, mais en tout cas, c'est un assemblage de molécules problématiques. Et avec le temps, ces plastiques vont se dégrader et libérer leurs monomères. Donc on comprend aussi que ces plastiques sont en fait quelque part des bombes à retardement. Avec le temps, ils vont se fragmenter en libérant des monomères qui sont potentiellement extrêmement nocifs. Et comme ils vont être de toutes petites... taillent ces monomères, ils vont pouvoir aller s'infiltrer un petit peu partout dans les écosystèmes jusque même dans notre corps. Dernier élément aussi important pour quand même mettre le cadre sur ces plastiques, on n'a jamais un plastique qui est pur, j'allais dire. On met dans les plastiques toute une série d'agents de charge, de plastifiants, d'additifs qui vont donner à ces plastiques des propriétés particulières. On veut par exemple qu'un plastique soit capable de résister au chaud, on va le traiter à différents agents chimiques pour lui permettre ce genre de choses. Au froid, d'autres agents chimiques. pour le rendre souple, au contraire plus solide, pour le rendre résistant aux UV, pour le rendre résistant aux attaques de champignons, que sais-je. On a des additifs, des plastifiants qui sont en très grande quantité souvent apportés dans ces plastiques, et qui font au final que les plastiques sont potentiellement dangereux du fait de leur propre composition, mais aussi du fait de l'ensemble des composés plastifiants qui y sont additionnés. et pour beaucoup de ces composés Beaucoup d'entre eux sont considérés ou soupçonnés fortement d'être des agents, notamment perturbateurs endocriniens. Donc on comprend bien les risques derrière de l'usage de ces plastiques.
- Speaker #0
Alors le président de la République a annoncé en mai dernier vouloir réemployer les bouteilles en plastique d'ici 2030. Est-ce que c'est une bonne idée ?
- Speaker #1
Je ne pense pas que ce soit une très bonne idée. Le réemploi, le recyclage, je suis un fervent défenseur de ce genre de choses. Mais pour le plastique, c'est un matériau tout à fait particulier. Quand on a des plastiques qui sont issus de recyclage, il faut bien comprendre que ce sont des plastiques qui ont déjà été utilisés, qui ont déjà été traités justement. par différents types de plastifiants qu'on va remettre ensemble dans une nouvelle formule. Mais ces plastifiants sont plus ou moins dégradés dans les processus de recyclage, mais on va retrouver une espèce de soupe chimique duquel on ne maîtrise absolument plus rien. Alors le recyclage des plastiques, quand c'est pour faire derrière des emballages de bouteilles, de lessive, d'assouplissants, que sais-je, à la rigueur, pourquoi pas ? Mais dès que ça entre en contact alimentaire, moi, franchement, ça me pose énormément de questions. Et considérer que le matériel... Le plastique est un matériau comme les autres qu'on va pouvoir réutiliser, recycler, etc. Comme le verre, comme le métal, à mon avis c'est une grave erreur. Recycler, favoriser le réemploi du plastique, c'est inciter à continuer d'utiliser du plastique. D'ailleurs on le voit bien en Allemagne, puisque l'Allemagne s'est faite la championne pratiquement internationale du recyclage et du réusage du plastique, et les quantités de plastique utilisées pour l'emballage n'ont pas cessé d'augmenter. Donc on voit que c'est un effet extrêmement pervers au final. Il y a un exemple aussi, je parlais du recyclage de ces plastiques. Aux Etats-Unis, on avait observé, vous savez, dans ces sustanciles de cuisine en plastique de couleur noire, généralement des cuillères, des espèces de spatules, on s'est rendu compte qu'aux Etats-Unis, on avait une contamination de ces plastiques par des retardateurs de flammes bromées, des composés interdits aujourd'hui, des composés interdits par les conventions internationales et qui n'avaient pas été intégrés par les fabricants de ces sustanciles de cuisine. dans les processus de fabrication. Par contre, c'était des plastiques issus de recyclage, et c'était notamment des plastiques issus de recyclage de plastique destiné à l'informatique. Or, dans l'informatique, on a pendant de nombreuses années utilisé des retardateurs de flammes bromées, très préoccupants, mais qu'on pensait indispensables pour éviter le départ de feu dans les systèmes informatiques qui pouvaient être soumis à la chaleur par des microprocesseurs qui travaillent très très vite. Eh bien, c'était le recyclage de ces plastiques contaminés par ces retardateurs de flammes bromées qui avait conduit. à la contamination des ustensiles de plastique par ces retardateurs de flammes bromées. Donc on se rend compte que non, décidément, le plastique n'est pas un matériau comme les autres. Le verre se recycle à l'infini, le métal se recycle à l'infini, le papier carton se recycle 7-8 fois sans problème, le plastique se recycle deux fois tout au mieux, avant de devoir réintégrer des fibres vierges de plastique. Et puis il y a tout ce problème, encore une fois, des plastifiants utilisés.
- Speaker #0
Alors on pense aux films végétaux ? Comme la fécule de pomme de terre qui pourrait remplacer à terme les plastiques. Qu'en est-il ?
- Speaker #1
Alors ces films végétaux, d'abord, ils sont, c'est vrai, peu utilisés, très peu utilisés. On peut se poser la question sur leur durabilité parce qu'il faut que le plastique, bien sûr, soit avec des propriétés mécaniques de souplesse, de résistance suffisantes. Mais c'est un petit peu paradoxal parce qu'on veut des plastiques qui soient à la fois résistants, mais qui en même temps se dégradent correctement. Donc on a un petit peu, c'est la quadrature du cercle. Et puis on a eu beaucoup de ces plastiques qui étaient problématiques, qui ont d'ailleurs été interdits, parce qu'ils se fragmentaient, c'est-à-dire que le plastique se dégradait dans la nature, mais ce n'était pas un matériau qui se décomposait intégralement, c'était simplement dans la chaîne de plastique, on mettait des composés dérivés d'amidon, ou de matériaux naturels, d'éléments naturels, qui étaient dégradés par les processus du vivant. Donc ça veut dire que les grandes chaînes de plastique se fragmentaient en petites chaînes. Alors évidemment, sur un plan esthétique, on ne voyait plus ces plastiques, Mais les fragmentations de ces chaînes donnaient naissance à des micro-chaînes, j'allais dire, de plastique qui, elles, restaient très stables dans les écosystèmes. Donc ce n'est pas une très bonne solution, je trouve. Ces plastiques dits biosourcés, pour moi, c'est un peu des chevaux de Troie, j'allais dire, pour nous faire accepter un peu plus encore l'idée que le plastique est un matériau comme les autres. Non, décidément, ce n'est pas un plastique comme les autres. Et puis, un dernier point quand même, c'est que si on parle de la fécule de pommes de terre ou de produits dérivés du blé pour fabriquer des plastiques, Il ne faudrait pas que ces produits végétaux entrent en compétition avec la production alimentaire humaine. Parce que c'est un petit peu comme pour les biocarburants dans les véhicules. Si on met des biocarburants dans les véhicules qui sont issus de végétaux, qui sont plantés sur des sols qui auraient pourtant pu nourrir des humains, dans un monde à 8 milliards d'êtres humains, prochainement à 10 milliards d'êtres humains, il va peut-être falloir dédier les sols de production agricole pour la production humaine plutôt que pour des carburateurs automobiles ou la fabrication. de plastique.
- Speaker #0
Du point de vue de l'impact sur la santé, qu'est-ce que cela produit ?
- Speaker #1
On évoquait au début de ce podcast la présence de plastique dans le rein. Eh bien, dans nos reins aussi, on trouve du plastique. On trouve du plastique un peu partout, mais ce n'est pas surprenant. Notre corps est imprégné de plastique. On en trouve dans notre sang, dans notre sperme, dans notre cerveau, dans notre cœur. On en trouve partout. Dans nos muscles, on est imprégné aujourd'hui de microplastique. Et les questions très justes sur l'impact sur la santé... Elles sont arrivées tardivement, en fait, ça fait que 5-6 ans, grosso modo, qu'on commence à avoir des études assez solides sur le sujet de l'impact de ces plastiques dans notre corps. Mais on est littéralement plastifiés. Il faut dire que les plastiques ont été relargués dans les écosystèmes massivement, ils se sont fragmentés et on les retrouve aujourd'hui un peu partout dans les écosystèmes. Et on a aujourd'hui une liste assez impressionnante d'effets sur la santé de ces microplastiques. Alors, ça peut être... des problèmes de réaction inflammatoire par exemple, ça peut être notamment sur la muqueuse intestinale par exemple. Et on se pose beaucoup de questions, d'ailleurs je ne sais pas si vous savez, mais on a une progression aujourd'hui préoccupante des cancers colorectaux chez les populations les plus jeunes. Il y a pas mal de facteurs qui sont soupçonnés derrière cette évolution, mais un des éléments qui est aujourd'hui pointé par les spécialistes, c'est la contamination de l'alimentation et la contamination de l'environnement des individus par ces microplastiques. qui créent des phénomènes d'irritation sur les muqueuses intestinales et qui seraient de nature à favoriser du coup des cancers digestifs. Alors, il y a des risques de réaction inflammatoire. Il ne faut pas perdre de vue aussi que ces plastiques peuvent véhiculer ces fameux plastifiants que j'évoquais tout à l'heure, qui sont pour beaucoup d'entre eux des perturbateurs endocriniens. Ils peuvent servir aussi véritablement de vecteur pour permettre à des micro-organismes de franchir des barrières biologiques, des barrières du sang, des barrières au niveau du cerveau, des barrières à différents niveaux. Donc ça peut, ces microplastiques, favoriser le transfert de certains contaminants chimiques. Et puis on les a associés à beaucoup de pathologies. Enfin, on a des études en tout cas qui pointent des liens avec des pathologies sur le système nerveux, sur le système hépatique, sur le système rénal. Un peu partout en fait sur le corps, on a probablement des conséquences de ces microplastiques sur notre santé. Mais on en trouve dans le corps, on trouve dans le corps humain. On nous parle couramment de cette... de cette idée qu'on mangerait l'équivalent d'une carte de crédit par semaine, 5 grammes de plastique par semaine. Les chiffres sont sans doute un peu surévalués, mais nous mangeons du plastique et notre corps n'est pas fait pour éliminer le plastique. Même le placenta qui protège le fœtus dans le ventre de sa mère n'est pas fait pour trier le plastique que la mère laisse passer dans son sang. Donc on se rend compte qu'on est complètement dépassé aujourd'hui par cette pollution par le plastique et les effets sanitaires. Jour après jour, pratiquement, j'allais dire, s'accumulent sur le sujet. Le plastique devient vraiment un matériau qui, pour ma part, me pose beaucoup de questionnements et d'angoisse pour le futur.
- Speaker #0
Et maintenant, Philippe, on fait quoi ?
- Speaker #1
Ah oui, alors, on ne peut pas, on l'a compris, supprimer cette exposition plastique. Elle est partout. On peut, par contre, fortement la réduire. Donc, c'est là où c'est important d'agir. Même au niveau international, on commence à prendre compte de cette réalité. Il y a notamment la loi AGEC, je ne sais pas si vous connaissez la loi AGEC, c'est la loi contre le gaspillage pour l'économie circulaire, votée en 2020. Elle vise à encourager la réparation d'un produit, par exemple, d'en acheter un neuf. Mais on peut, par exemple, aussi amener un emballage en inox, par exemple, ou en verre, chez un vendeur qui vous vend un produit alimentaire au détail. Si votre emballage est adapté et s'il est propre, alors, depuis 2021, il a obligation d'utiliser l'emballage que vous lui préposez. pour mettre le produit qu'il va vous vendre, en faisant bien sûr la tare. Il existe aussi, par exemple, ça c'est au niveau national, donc il y a eu des progrès de fait, mais on a l'impression qu'aujourd'hui, tout s'est un peu arrêté. Malheureusement, on est en train de reculer sur beaucoup de progrès qu'on avait fait, notamment sur le plastique, sur les pesticides aussi, par exemple, c'est autre chose. Mais on a même au niveau international, des traités internationaux qui visent à lutter contre la pollution par le plastique. Il y a des pays qui étaient très en avance, des pays d'Europe du Nord, comme la Norvège, le Rwanda aussi, par exemple, très en avance. La France, lors des premiers rounds internationaux sur cette pollution par les microplastiques, était très en avance. On a pris malheureusement depuis beaucoup de retard. Et en août 2025, malheureusement, la cinquième conférence internationale qui a eu lieu sur le sujet a été un échec parce que certains pays, notamment les Etats-Unis, mais les pays du Golfe arabo-persique aussi, ont fait de très fortes pressions pour que des traités de réduction d'usage des plastiques ne soient pas mis en place. C'est un peu surprenant peut-être cette idée. Mais pourquoi ces pays, notamment du Golfe, Arabe ou Persique, ne veulent pas de cette réduction de l'usage des plastiques ? C'est parce qu'ils ont compris que le plastique serait de moins en moins utilisé pour la production d'énergie, pour le transport. Donc la fabrication du plastique... qui va absorber de plus en plus des productions de pétrole, c'est un enjeu de survie économique pour ces pays. Donc les pays producteurs de pétrole font pression pour maintenir la consommation de plastique parce que c'est derrière un des bouchées très importants pour leur production de pétrole.
- Speaker #0
En tant qu'individu, comment à mon niveau je peux limiter le plastique ?
- Speaker #1
Alors, il y a différents niveaux. Au niveau alimentation, c'est sans doute un des secteurs sur lesquels il est à la fois peut-être le plus facile d'agir bien souvent. Et le plus efficace aussi, parce qu'on pense qu'une bonne partie des micro-plastiques auxquels on est exposé sont des plastiques qui nous viennent de l'alimentation. Donc on peut par exemple privilégier le verre dans les emballages alimentaires, l'inox, la céramique, privilégier des produits bruts, donc acheter des fruits, des légumes, des céréales, etc. et les transformer soi-même, bien sûr en évitant les contenants en plastique dès que c'est possible. On ne peut pas malheureusement être dans le zéro exposition. Pour l'eau, on peut favoriser l'usage de l'eau. du robinet plus que de l'eau en bouteille puisque l'eau du robinet peut être contaminée on sait qu'il y a des microplastiques dans l'eau du robinet il y en a beaucoup moins que dans les bouteilles en plastique, qui ont d'autres impacts sur la santé d'ailleurs donc ça peut favoriser l'eau du robinet les contenants alimentaires en plastique, alors lorsqu'ils sont chauffés il faut vraiment éviter les contacts plastiques aliments chauds dans un four micro-ondes par exemple éviter les bouilloires en plastique Imaginez que tous les matins vous préparez un thé dans une bouilloire en plastique, tous les matins vous allez vous faire un grand bol de plastique, d'eau plastifiée, parce qu'en plus vous allez tremper dans cette eau chaude, qui est de nature déjà à favoriser la migration de plastique, vous allez additionner à ça un sachet de thé qui est très souvent lui-même en plastique. C'est du nylon très souvent qui est utilisé sur les sachets de thé. Donc là on peut faire quoi ? Favoriser le café, le thé, le café d'ailleurs aussi en vrac. Il y a des tas de systèmes qui permettent aujourd'hui d'acheter en vrac ces produits, ce qui revient beaucoup moins cher aux consommateurs, ce qui lui permet d'avoir des produits souvent de meilleure qualité en réduisant l'exposition au plastique. Donc les solutions sont très nombreuses dans l'alimentation. Attention aussi aux bouteilles en plastique dans lesquelles on peut gazéifier l'eau, parce que ces bouteilles, avec la pression, vont se dégrader plus rapidement. Si vous utilisez des systèmes de ce genre, on voudrait mieux privilégier les systèmes qui fonctionnent avec des bouteilles en verre. tout simplement. Évitez les planches à découper en plastique. Là, c'est une pollution par les microplastiques dans votre cuisine qui est extrêmement importante. Vous coupez du pain là-dessus, vous allez manger des microplastiques. Vous coupez de la charcuterie là-dessus, vous allez manger du plastique, des légumes. Donc, vous augmentez considérablement votre exposition à ces microplastiques. Préférez donc, au final, le vrac, réduire, repérer où se trouve le plastique dans son environnement, et puis faire en sorte de réduire très sensiblement ce genre de source. Il y a plein d'expositions certes, mais il y a aussi du coup plein de solutions.
- Speaker #0
Alors est-ce qu'on prend une planche à découper en bois, Philippe ?
- Speaker #1
Alors ça peut être très intéressant le bois. Alors évidemment, il y a des risques de contamination microbienne sur le bois, mais il y en a plus encore sur le plastique. Donc moi, je préfère une planche à découper en bois, correctement nettoyée. Et cette planche en bois, par contre, il faudra prendre soin d'éviter notamment certains types de bois qui sont des bois reconstitués. Par exemple, le bambou. La vaisselle en bambou est très très appréciée parce qu'on a l'impression qu'on fait un geste pour l'environnement. Il faut bien comprendre que fabriquer à partir de bambou une planche à découper, ou même fabriquer du textile, ou une vaisselle quelle qu'elle soit, c'est quand même quelque chose qui est un peu surprenant comme idée. Eh bien il faut faire des attaques chimiques très puissantes sur la fibre de bambou, et la reconstituer avec notamment des colles. Ce qui veut dire qu'au final la vaisselle en bambou est sans doute une source d'exposition très importante. a de nombreux composés chimiques contenus dans toutes ces opérations de préparation du bambou. Donc la vaisselle en bambou, la planche à découper en bambou, c'est peut-être du bois, mais c'est néanmoins à éviter, il vaudrait mieux des planches en bois d'un seul tenant. Il existe aussi des plaques en inox, enfin en métal plus exactement, et puis il existe aussi des plaques en verre par exemple, il y a des solutions alternatives là aussi.
- Speaker #0
On observe dans les grandes surfaces que les aliments bio sont curieusement plus emballés que les aliments conventionnels. Est-ce qu'il y a une raison à cela ?
- Speaker #1
Oui, parce que quand dans un magasin, on vend et du conventionnel et du bio, pour éviter que le distributeur ne prenne des produits conventionnels et les mette dans le rayon du bio, et donc, en fait, trompe le consommateur, il faut qu'on puisse séparer clairement ce qui relève des produits en bio et des produits conventionnels. La solution a été très souvent trouvée, effectivement, c'est d'emballer soit les produits conventionnels, soit les produits bio. Alors, on emballe les produits bio parce qu'ils sont en moins grande quantité, pour éviter qu'il ne soit rajouté. qui ne soit en fait conflé artificiellement par des produits conventionnels. Donc c'est quelque part, c'est pas relativement, c'est assez... C'est problématique cette idée en fait, parce qu'on est face à des produits biologiques qui sont censés être meilleurs pour la santé et meilleurs pour l'environnement, sur-emballés, c'est clairement une aberration, il faudrait éviter ce genre de recours et favoriser tout simplement des boutiques qui ne vendent à ce moment-là que des produits biologiques, du coup il n'y a pas de sur-emballage dans ces boutiques par exemple.
- Speaker #0
Et on retrouve des micro-plastiques ailleurs dans la maison ?
- Speaker #1
Bien sûr, ça ça ne sert pas à l'alimentation malheureusement, ce serait trop facile dans les textiles. On a des écosystèmes qui sont aujourd'hui massivement contaminés, des écosystèmes qui sont massivement contaminés par ces lavages des produits, des textiles synthétiques. La fast fashion, l'ultra fast fashion, est un désastre pour l'environnement, sur un plan énergétique, sur un plan de la consommation d'eau, mais sur un plan aussi des rejets de microplastiques. A chaque lavage, ces textiles vont libérer énormément de microplastiques. Donc, les solutions, on les comprend. Réduire les plastiques dans les textiles. C'est éviter les polyestères, les poly... en tout genre, tout ce qu'on peut trouver dans les produits aujourd'hui de textiles, et privilégier le lin, le coton, la laine, les fibres naturelles au final. Et puis, lorsqu'on lave les textiles qui sont synthétiques, faire des lavages plutôt doux qui pourraient permettre de réduire les rejets de microplastiques par les lave-linges. Les microplastiques peuvent être aussi relargués lors du séchage du linge, par exemple. Donc on trouve au final... Quand on fait sécher du linge dans un habitat, on retrouve des contaminations du sol par des microplastiques en plus grande quantité. Ça veut dire aussi qu'il faudrait bien aérer, bien ventiler les logements, parce que nos logements sont aussi, du fait de l'introduction massive des différents types de plastique, ils sont contaminés aussi par ces microplastiques. Donc une aération régulière des logements, les systèmes de ventilation qui fonctionnent correctement, ce sont des solutions intéressantes aussi. pour réduire notre exposition au plastique par exemple. Et puis, parce qu'on progresse quand même, c'est bien, les lave-linges doivent être équipées de filtres pour récupérer les micro-plastiques et pour éviter que nos eaux usées des lave-linges soient contaminées par ces micro-plastiques qui ne sont pas piégées dans les stations d'épuration. Donc ces micro-plastiques vont en fait, après être placés dans les stations d'épuration de nos eaux usées, finir soit dans les écosystèmes aquatiques, soit sur les sols agricoles, puisqu'on va utiliser une... partie des bouts de stations d'épuration issues de ces stations d'épuration sur les sols agricoles et on a observé là encore la contamination des végétaux même par des micro plastiques donc on comprend que c'est en amont qu'il faut éviter ce genre de choses donc on fait en sorte de réduire notamment ici dans les textiles l'usagé des fibres synthétiques pour retrouver le plaisir de ces textiles naturels qu'on a un peu trop rapidement sans doute mis de côté
- Speaker #0
L'obligation de filtration des plastiques dans les lave-linges, c'est quelque chose qui va arriver, ce n'est pas encore mis en place.
- Speaker #1
Oui, c'est en cours de mise en place, mais ça se heurte à une forte résistance, on peut le comprendre, des industriels notamment.
- Speaker #0
De manière surprenante, on retrouve du plastique également dans les cosmétiques, dans les crèmes que nous mettons sur notre peau.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. On met du plastique jusque dans nos cosmétiques. C'est là encore des évolutions. intéressantes qui ont été mises en place, puisqu'il y a des réglementations qui visent à l'interdiction de l'usage de ces micro-plastiques dans les cosmétiques, mais c'est en train d'arriver progressivement. Pour 2027, ce sera dans les produits à rincer, 2035 pour le maquillage au plus long cours. Donc on se rend compte que malheureusement, on aura encore sans doute pendant de nombreuses années du plastique dans nos cosmétiques. Alors pas tous les cosmétiques. Si on fait le choix de certains types de labels, comme label Cosmo Natural, Cosmo Organic, Nature & Progrès et d'autres par exemple, on est sur des cosmétiques qui ne contiennent pas, qui n'ont pas le droit tout simplement d'utiliser de produits plastiques. Donc on a des solutions intéressantes. Et puis une partie auquel on pense trop peu, les brosses à dents, qui sont très souvent en plastique. Ces brosses à dents sont aussi de nature à relarguer dans notre bouche des micro-plastiques, parce que le manche en plastique va déjà être en contact avec les muqueuses buccales et puis surtout avec les dents, et puis les poils de ces brosses à dents, etc. Donc, on pourrait peut-être imaginer aussi d'acheter des brosses à dents avec des manches en bois, en évitant, on l'aura compris, le bambou. On a des solutions alternatives qui existent. Donc, pourquoi s'en priver ?
- Speaker #0
Et on retrouve du plastique jusque dans le jardin.
- Speaker #1
Eh oui, jusque dans le jardin. En fait, on y pense trop peu, mais regardez autour de vous, les jardins, on trouve énormément de plastique. Ça peut être simplement, par exemple, sur les systèmes. d'ombrage par exemple, on a des systèmes d'occultation qui imitent du végétal, qui sont en fait du plastique, ce plastique sous l'effet du rayonnement solaire, des températures vont partir en microplastique, vont contaminer l'écosystème. On a aussi, c'est encore plus frappant je dirais, c'est ces fameux rotofils, vous savez, les systèmes pour les tailles bordures, ce sont des fils, on achète des bobines de fils, qui vont petit à petit s'user au contact de l'usage de ces rotofils, et on est sur des bobines de fil qui vont partir, qui vont être dispersées en microplastique dans votre jardin. Le jardin, c'est aussi malheureusement de plus en plus souvent des personnes qui utilisent des gazons synthétiques. Les gazons synthétiques, c'est une source considérable de rejet de microplastique dans les ressources en eau, parce que l'eau qui tombe là-dessus va emporter des microplastiques de contamination du sol. Revenons à des choses plus simples. Vive le végétal, réduisons aussi l'usage du plastique au jardin. Là encore, on a pas mal de moyens d'agir, mais c'est vrai que ce ne sont pas des questions qui nous paraissent très évidentes au départ.
- Speaker #0
Et à l'échelle collective, que peut-on faire, Philippe ?
- Speaker #1
C'est vrai que quand on constate cette omniprésence du plastique dans la société, on comprend qu'il est urgent d'en freiner l'usage. Alors, qu'est-ce qu'il faut faire ? Réduire la production de plastique à la source. C'est-à-dire que nous, consommateurs, À nous aussi de faire le choix de réduire cette consommation de plastique qui va pousser les collectivités, l'État aussi, à changer de comportement. C'est la pression du consommateur qui joue un rôle très important. Il faudrait aussi qu'à l'échelle collective, on améliore le traitement des eaux usées, par exemple, pour piéger plus efficacement ces micro-particules de plastique qui finissent dans nos eaux usées. On pourrait réduire aussi, vous savez, quand on voit des containers de plastique, de billes de plastique... tombent des fois des portes-containers et qui vont contaminer ces quantités gigantesques de micro-plastiques qui sont rejetées dans les écosystèmes. Gérer un peu mieux le plastique, faire attention à ces matériaux, considérer que ce sont des matériaux qui sont potentiellement très impactants sur l'environnement. Donc il faut pousser le monde politique, le monde économique à réduire au maximum l'usage du plastique. Ça c'est notre rôle de consommateur. Il y a aussi des associations qui peuvent... vous permettre aussi de vous manifester sur le sujet pour demander cette urgente réduction de l'usage du plastique.
- Speaker #0
Merci Philippe. Alors en résumé, le plastique n'est pas un matériau comme un autre. Il se fragmente en micro voire en nanomorceaux qui agissent au cœur des organismes. On mange et on respire du plastique. Il est partout, dans les sols, les océans, les organismes vivants. C'est un problème de santé publique de premier plan. La vraie question scientifique aujourd'hui est de mesurer précisément les effets sur notre santé et d'agir suffisamment tôt pour réduire l'exposition. A titre individuel, nous avons à réduire notre utilisation du plastique dans un maximum de domaines, et autant que faire se peut, dans notre alimentation, nos cosmétiques, notre jardin. A titre collectif, nous avons à nous préoccuper du devenir des fragments de plastique générés par les humains et qui impactent les écosystèmes dans lesquels nous vivons. Des solutions existent. Soyons acteurs de notre santé. Découvrez nos podcasts L'environnement au cœur de ma santé au cours de nouveaux épisodes sur l'habitat et l'impact du réchauffement climatique sur la santé et bien d'autres. A bientôt !