- Moi - Sébastien
Je suis Sébastien Le Corfec, associé de l'entreprise d'investissement Épopée Gestion. Nous nous sommes mis en quête des grands dirigeants bretons. Aujourd'hui, podcast exceptionnel. Il s'agit d'une de nos participations emblématiques de notre fonds Explore 1. Nous allons revenir sur l'épopée d'Écoterie avec son CEO Erwan Le Méné. Erwan, le 28 septembre dernier. La presse a annoncé que le crédit agricole était entré en négociation exclusive pour devenir actionnaire d'écoterie et lancer son pôle capital naturel. En avril 2016, notre support, le deck que tu nous avais envoyé à West Web Valley Export, c'était lorsqu'on avait fait de l'investissement en 2017, tu listais le crédit agricole parmi les prospects. Dix ans plus tard, le prospect devient actionnaire majoritaire. Erwan, si tu veux bien, on va remonter le fil. Qu'est-ce qu'il y a dans ta tête ce 15 octobre en tant que CEO d'Ecotri ?
- Erwan
Déjà, merci Sébastien pour l'invitation, même si c'est tôt le matin quand même. Qu'est-ce qu'il y a dans ma tête ? Effectivement, très content parce que je pense que c'est une très belle opération. Alors évidemment, c'est une belle opération pour... Alors toi, tu es actionnaire, donc je veux dire pour les actionnaires, etc. C'est une bonne... plutôt une bonne nouvelle d'avoir cette nouvelle, enfin, d'avoir cet adossement qui se fait, en plus avec un grand groupe bancaire, donc dans un secteur que toi et moi on connaît bien. Mais moi, c'est avant tout une grande fierté, déjà, pour l'équipe, parce qu'on a eu une idée de départ et puis on a réussi à la pousser jusqu'au bout. Et ça, c'est quand même une grande satisfaction, parce que c'était pas à se pagayer d'avance. Bon, c'est une très bonne nouvelle pour les équipes aussi, parce que moi, c'est un peu ma crainte depuis toujours, c'est-à-dire, on a quand même BLEUH Des responsabilités, c'est des familles derrière, etc. Puis l'aventure, on va en parler, elle n'a pas été linéaire. Bouteille russe, c'est le cas de le dire. Donc voilà, et puis ensuite, beaucoup d'envie, parce qu'en fait, là, ce qui va se passer avec cette BU Capital Naturel, je pense que ça va vraiment changer le paysage. Il y a enfin une banque qui s'intéresse à ces sujets de façon très concrète. Et donc, on a beaucoup d'envie pour la suite, parce que l'aventure, pour nous, ne se termine pas là. On a encore un peu de chemin à écrire. On a envie de réussir l'étape d'après.
- Moi - Sébastien
Et Ron, on va revenir effectivement sur cette phase-là, mais on va essayer déjà de voir un tout petit peu le parcours que tu as eu, que Ecotri a eu, que les équipes ont eu. On va essayer de dérouler ces 10 ans d'Ecotri, voire un petit peu plus. Justement, Ecotri aujourd'hui, en chiffres, ça donne quoi ? Les chiffres aujourd'hui en hectares de forêt, en nombre de forêts, ça donne quoi ?
- Erwan
Alors... Si je dois faire simple, Ecotree, c'est à peu près 2500 entreprises clientes aujourd'hui, à différents niveaux. Il y a des très grands comptes et des très gros contrats, et puis il y en a plein de petits.
- Moi - Sébastien
Dans les grands comptes, on a du Nestlé, du H&M, Sogen,
- Erwan
on a vraiment presque le CAC 40. C'est à peu près, depuis le début de l'histoire, c'est un peu plus de 5000 hectares restaurés en tout. C'est environ 2000 hectares acquis. Je vais en reparler parce que l'offre d'Operating Partners, c'est vraiment un peu le nouveau moteur.
- Moi - Sébastien
Le pivot, on viendra justement sur un peu ce pivot de trois ans.
- Erwan
Voilà. C'est aujourd'hui à peu près une quarantaine de salariés. Et puis, en chiffre d'affaires, alors en chiffre d'affaires consolidé, si je prends, en fait, parce qu'on a deux antennes, l'une à Berlin et l'autre à Copenhague, c'est un peu plus de 9 millions d'euros de chiffre d'affaires.
- Moi - Sébastien
Et j'avais noté donc... 2 millions d'arbres plantés, 64 forêts, c'est à peu près ça. Forêts détenues en France et au Danemark. On parlera aussi tout à l'heure de l'international. Donc voilà, en chiffres, c'est quand même une... C'est plus du tout une start-up, forcément. C'est une vraie PME et on va essayer de dérouler tout ça. Avant de parler de toutes ces montagnes russes, parce qu'une start-up, en général, ça passe par différentes phases. Avant tout, toi, en tant que CEO, je notais région parisienne, internat en Vendée, scoutisme, une grand-mère nadoise. D'où te vient ce rapport à la nature ?
- Erwan
Le rapport à la nature, je pense que tout le monde l'a un peu. Je pense que j'ai toujours l'habitude de dire qu'on a tous une histoire d'amour avec un arbre. Et si je te pose la question, tu en as forcément une. C'est l'arbre dans lequel tu as construit une cabane enfant. T'as grimpé, l'arbre de lequel t'es tombé, un arbre emblématique du jardin de tes parents, tes grands-parents, que sais-je. Donc on a tous un rapport, un lien avec la nature. J'ai pas d'histoire spécialement particulière avec ça, si ce n'est qu'effectivement dans mon histoire de vie, j'ai beaucoup aimé la mer et la forêt, parce que j'ai eu des vacances à l'époque, tu sais on n'avait pas d'écran, et non mais ça change l'une de l'autre.
- Moi - Sébastien
Oui je sais bien, on va pas rentrer dans ce débat, mais on a des enfants et effectivement je suis d'accord avec toi, on peut s'amuser différemment.
- Erwan
Tu sais quand t'as entre 10 et 16 ans et que t'as pas d'écran et pas de jeu vidéo, ça change quand même la nature, on va dire ce qu'on veut, c'est quand même une réalité aujourd'hui qui pose un problème. Donc voilà, c'est simplement une conviction assez forte que la nature est quelque chose de très important. Enfin, je n'ai rien inventé. Mais surtout, mon combat, c'était de comment faire pour l'inclure dans l'économie. Tu vois ? Et justement,
- Moi - Sébastien
Erwan, je te coupe, pardon, mais tu dis dans l'économie, donc pour avancer sur le parcours, donc tu es ingénieur, puis tu as fait un MBA en finance, puis Arkea. Tu dis que tu es arrivé dans la finance... par accident de calendrier avec la crise de 2008. Qu'est-ce que cette expérience chez Archea a donné pour Ecotree ? Et c'est aussi à ce moment-là que tu croises Renan. L'omole.
- Erwan
Oui, bien sûr. Alors c'est vrai que c'était une très grande chance parce que moi j'étais plutôt finance de marché. Donc je faisais du trading algorithmique sur des dérivés actions à la socgen. Donc c'est un métier très technique, très mateux. En fait, c'est un mot compliqué, mais en fait finalement c'est relativement simple. Et puis je suis arrivé... en Bretagne, parce que je voulais vraiment revenir en Bretagne et dans le groupe Arkea où je me suis occupé, j'étais dans une petite équipe qu'on appelait la cellule croissance externe, où effectivement ma chef à l'époque, Anne-Laure, était rattachée directement à Renan Lemoyle. Donc on a fait pas mal d'opérations, c'était une période exceptionnelle, moi j'en ai un excellent souvenir. Juste pour te donner une idée, je pense qu'entre le moment où je suis arrivé et le moment où je suis parti, on a déployé pas loin de 800 millions d'euros.
- Moi - Sébastien
Oui, c'est à l'époque des Lychee, Mangopé, toutes ces histoires-là. Pumpkin. Oui, Pumpkin, tout à fait. Et puis le fameux Brest avec 3S aussi qui avait été amorcé. Oui, exactement.
- Erwan
Alors moi, je suis parti à ce moment-là.
- Moi - Sébastien
Oui, c'est ça. Tu étais à un moment, tu œuvrais forcément à 10 000% pour Arkea, mais en même temps, tu avais commencé à phosphorer un tout petit peu sur ces histoires d'écoterie.
- Erwan
Oui, alors juste pour revenir, il y a pas mal de startups, mais il y a aussi eu des très belles opérations industrielles. Je pense à Key Trade Bank, qui est devenu maintenant Arca Direct Bank. C'était un peu la suite de ce qu'avait fait Ronan avec Symphonis. Oui, bien sûr. Donc ça a continué. Symphonis Fortuneo. Symphonis Fortuneo. Bon, en fait, ce qui m'a mis la puce à l'oreille, c'est précisément ce métier-là. Alors, il y a eu deux choses. D'une part, quand tu bosses avec des entrepreneurs, à un moment donné, tu as envie de passer de l'autre côté de la barrière.
- Moi - Sébastien
Oui,
- Erwan
oui. Parce que tu as cette envie quand même. Moi, c'était génial. C'était un observatoire génial, le M&A Corporate. T'avais vraiment envie de passer de l'autre côté. Puis la deuxième chose, c'est que le groupe Arkea, en tant que banque coopérative et mutualiste, était très en phase, mais dès le départ en 2014, sur notamment tout ce qui était réputationnel. À l'époque, on appelait ça l'ESG, tu vois, les critères ISR et tout. Il était précurseur. Précurseur, honnêtement. Et même dans les due deal, il y avait tout un pavé là-dessus. Est-ce que la boîte qu'on achète, ils ne sont pas dégueulasses sur la nature, etc. Et en fait, j'étais amené à discuter avec des centaines de dirigeants. Et quand j'évoquais le sujet en disant, bon, votre emparlement... pacte environnemental, vous êtes au courant quand même, vous êtes promoteur immobilier enfin tu vois on avait fait quand même primonial à l'époque un des autres gros dossiers et en fait je retrouvais des gens en face qui disaient écoute, moi je suis patron j'ai besoin de la nature pour me ressourcer le week-end le soir, enfin j'en ai vraiment besoin parce que j'ai un métier de dingue, par contre ce qui justifie mon salaire, mon poste aujourd'hui Ce n'est pas de faire du verre. Moi, ce que veulent mes actionnaires, c'est du pognon. C'est de la croissance, c'est de l'Ebitda, tout ça.
- Moi - Sébastien
Et donc, c'est comme ça qu'il y a arrivé au fur et à mesure. Donc, chose importante. Donc, tu montes Ecotri avec ton frère Théophan et deux autres amis. Donc, vous êtes quatre au départ. Et comment vous avez réparti un tout petit peu les rôles ? Et comment vous avez préservé aussi vos relations ? Parce que... On parle d'il y a, on va dire, 10 ans, mais aujourd'hui, ce qui se passe avec le créé agricole, tout le monde est encore dans la barque. Oui,
- Erwan
c'est un très bon point. Et ça, c'est vrai que les associés, je pense que les choses étaient claires depuis le départ. Alors, on a eu une chance, c'est que donc, en fait, avec Théophan, Pierre-François et Thomas, on est complémentaires. Donc, on est complémentaires et on se fait confiance. Donc, chacun a son précaré. Et je pense que c'est comme ça que ça fonctionne bien. Souvent, ce qui marche mal, c'est quand tu as deux fondateurs qui ont une adhérence entre les périmètres.
- Moi - Sébastien
Oui.
- Erwan
Donc là... On sait qu'on est bon dans nos périmètres respectifs et donc ça tient très bien comme ça. Et puis il y avait aussi l'envie, les perspectives, parce qu'on est quand même sur un sujet qui a été tumultueux, on va en reparler Seb, mais en fait, notre conviction profonde c'est que le sujet reviendra quoi qu'il arrive, et il est revenu. Et en plus dans une période maintenant qu'on ne peut pas qualifier de particulièrement joyeuse, en tout cas les perspectives, quand tu regardes les niveaux de dette et tout, ce n'est pas non plus la panacée, mais malgré tout c'est un sujet de fond. Donc si tu veux, c'est un sujet, j'ai participé à un podcast qui s'appelle Ancré, qui est très ancré, ça ne peut pas ne pas revenir en fait, tu vois ce que je veux dire.
- Moi - Sébastien
Non mais ta vision était juste, tout à l'heure on parlera un tout petit peu de notre analyse West Web Alley quand on va passer le dossier Ecotree. mais Avant d'arriver sur ces levées de fonds, parce que tu as levé pas mal de fonds, tu pars avec tes compères, tes trois compères, ton frère, plus deux associés. Là, quand je faisais mes petites recherches, je vois qu'en 2016, un premier article du Télégramme, où vous annoncez des objectifs, 200 000 arbres, 3 millions de chiffre d'affaires et une douzaine de salariés à 5 ans. Donc voilà, on communique au début. On lance ce type de chiffre. Mais tu te souviens des débuts, le fait de craquer un peu le meuble par anticipation ? Est-ce que tu peux essayer de vulgariser les tout débuts des coteries ? Parce que là, aujourd'hui, on a une superbe entreprise qui se fait racheter et tout ça. Mais les débuts, il a fallu sortir les rames.
- Erwan
Oui, au début, on a bricolé. Parce qu'en fait, nous, notre idée de départ, c'était, vous l'avez compris, d'inclure notre logo. Et ça, je suis assez fier parce qu'on n'a pas fait d'erreur dans le nom. Ecotree est toujours resté Ecotree. Le logo qu'on avait, enfin le moto qu'on avait à l'époque, c'est la nature a de la valeur et c'est jamais autant d'actualité aujourd'hui. Et ça s'est resté tel quel depuis 2014. Et donc oui, au départ, on avait un système de financement participatif d'arbres. Donc on proposait à des particuliers des entreprises de devenir propriétaires d'arbres. Donc c'était une idée qui a très bien marché, qui fonctionne toujours un peu aujourd'hui. Mais notre offre a évolué. On est aussi beaucoup sur les crédits carbone maintenant avec les grands comptes. qui ont des engagements forts. Et puis, au tout début,
- Moi - Sébastien
vous avez acheté des forêts. Donc c'est Vianney qui, à un moment, trouve une forêt du côté de Loguivy, c'est ça ?
- Erwan
Loguivy-Pourras, exactement.
- Moi - Sébastien
Oui, oui. Et cette forêt, à un moment, vous dites, mais on peut, au final, certes, la restaurer, tout ça, mais il y a peut-être un truc à faire avec cette histoire de financement un peu... participatif des arbres. Tu peux nous rappeler à peu près cette histoire ? Oui,
- Erwan
alors le modèle, il est très simple, c'est qu'on sépare la propriété du foncier de la propriété de l'arbre.
- Moi - Sébastien
Oui, le meuble par anticipation. Le meuble par anticipation,
- Erwan
c'est-à-dire qu'on considère que l'arbre est un bien meuble, donc c'est du droit des biens, ce n'est pas un produit financier, qui est aujourd'hui attaché à un support qu'est le foncier, mais qui est destiné à un jour ou l'autre à en être détaché puisqu'il va être récolté et ensuite travaillé pour faire du bois d'oeuvre. Donc c'est-à-dire que c'est un bien, tu peux vendre un arbre comme si tu vendais un vélo. si tu veux, en disant, ce bien-là, il va croître dans le temps. Et quand tu l'achètes, il coûte 15 euros parce que c'est le coût du plan plus nos coûts des travaux et puis notre marge. Mais quand tu vas le récolter dans 50-70 ans, en fonction de si c'est un épicéa ou un machin, ça peut être encore plus long, évidemment, la valeur ne sera pas du tout la même. Et c'est ça qui est magique. Il faut y penser quand même. Je m'arrête dessus. Philosophiquement, c'est passionnant. C'est-à-dire que tu achètes une bouteille de vin en te disant ça, c'est un super vin, dans 20 ans, ça vaudra hyper cher. Mais dans 20 ans, le contenu, il n'a pas évolué. Tu vois, t'as toujours la même bouteille. Tu spécules sur un cours, un nom, un château, tout ce que tu veux. T'achètes un arbre, en fait tu reviens pour le coup 20 ou 30 ans après, la masse volumique de bois elle a évolué, tu vois, c'est pas la même chose. Et donc ce qui valait pas grand chose au départ, tu reviens 20, 30, 40 ans après, ça vaut beaucoup, beaucoup, beaucoup plus. Et c'est quand même ça qui est magique avec la nature, c'est que t'as... T'as une création de valeur, enfin toi et moi on est un peu financiers, t'as une création de valeur sans rien faire, t'as pas beaucoup de...
- Moi - Sébastien
Ouais mais c'est ça, c'est juste ce que tu dis. Et justement quand nous on voit émerger ce dossier Ecotri, donc vous y travaillez depuis un an, deux ans, parce qu'effectivement Westway Valley est basé du côté de Guipava, Ecotri des racines brestoises. Et en préparant du coup le podcast, je me suis dit tiens je vais aller fouiller dans ma boîte mail. Je retrouve le premier mail du 4 mai 2016 que tu nous envoies.
- Erwan
Tu vas me faire...
- Moi - Sébastien
Et donc, c'est un mail qui m'est adressé, adressé forcément à Charles Kabilik, aussi mon associé, et Alexandre Gallou qui était le premier collaborateur de l'Accélérateur. Il y avait Antoine Goré aussi qui était le tout premier. Alex nous avait rejoint, mais Alex c'était vraiment sur la... la partie financière. Et puis donc ton mail, il nous dit merci pour notre échange lors du déjeuner. Comme promis, voici le teaser et le BP au format Excel. Et donc, ce mail date de 2016 et nous, notre closing Westway Valley arrive en 2017, quelques mois après la date que tu disais. Ça prend toujours un tout petit peu de temps. Mais qu'est-ce qui s'est passé entre les deux ? Je pense que c'est le moment aussi de parler des Finisterre Angels qui t'ont tendu la main très tôt. L'importance des... des BA et puis après tu nous raconteras de ton côté comment tu as vécu un peu ces premières levées de fonds.
- Erwan
Effectivement, les Business Angels, on les a rencontrés un peu par accident parce qu'on était dans un parcours avec la CCI où on nous a proposé de pitcher notre idée auprès d'un parterre d'investisseurs. Et moi je les remercie beaucoup parce que c'est quand même des gens formidables. Je pense qu'au final ils ne gagnent pas d'argent l'un dans l'autre entre ce qu'ils perdent et ce qu'ils gagnent. Je pense que ça va s'équilibrer. Donc c'est vraiment des gens qui intellectuellement ont envie Merci. De continuer à oeuvrer et puis à aider des entrepreneurs. Oui,
- Moi - Sébastien
de redonner au territoire. Là, ils le font encore avec conviction, que ce soit les BIA 29, les BIA 35, 56, 22. Ce sont des gens qui sont passionnés par le territoire et qui tendent la main à des jeunes entrepreneurs. Même si toi, tu es un entrepreneur un peu atypique parce qu'avec ce parcours de financier, on avait affaire du coup à quelqu'un d'un peu différent.
- Erwan
Oui, oui, mais effectivement, on les rencontre. La réalité, c'est qu'ils achètent un PowerPoint, on ne va pas se mentir, mais ils ont fait confiance et on a vraiment essayé d'être le plus digne possible de cette confiance. Et ça nous a donné les quelques, je crois que c'était 80 000 euros, tu vois, c'était vraiment de cet ordre-là au tout début. Mais ça nous a permis de recruter une collaboratrice et puis de commencer à essayer de faire notre test, de sortir notre site. de payer les premiers trucs. À l'époque, il n'y avait pas l'IA. Oui, c'est ça.
- Moi - Sébastien
Il fallait payer les développements.
- Erwan
Il fallait payer les développements, le marketing et la com. Ça voulait encore dire des choses à l'époque. Et puis, très vite, ça a commencé un peu à marcher. Et en fait, une fois que ça a commencé à prendre un peu et qu'on a engrangé les premières centaines de milliers d'euros de chiffre d'affaires, c'est là où on s'est rencontrés. Je t'ai présenté le truc. Et c'est là où Westweb a investi l'année suivante, en 2017, avec pour le coup un montant plus significatif. Je crois que de mémoire, c'était 800 000 euros.
- Moi - Sébastien
Oui, effectivement, quand on a vu le dossier, donc nous, on est au tout début de ce premier fonds Westway Valley, donc rebaptisé Explore aujourd'hui, fonds d'épopée gestion. Aujourd'hui, il faut recontextualiser un tout petit peu tout ça. Et c'est vrai qu'Alexandre Gallou, qui est aujourd'hui directeur du développement côté épopée, a creusé cette histoire de... de jurisprudence, du meul pour anticipation. C'était vraiment un dossier atypique. Nous, on venait du SASS avec Charles. Et puis là, on se dit, tiens, surprenant. C'est bizarre, je vous vois encore arriver tous les quatre dans notre salle de pitch à Guy Pava. Et c'est vrai que ce qui a fait la différence, je pense, c'est l'équipe. Encore une fois, on a vu des gens très soudés avec une vraie vision. Et je pense que tu dénotais aussi dans le paysage, et même je continue à dire qu'on a plein de CEOs brillants, mais je pense qu'aujourd'hui, tu en es là avec ce rachat du crédit agricole parce que tu as un pied autant dans le monde de l'entrepreneuriat que de la finance. Je pense que ça, c'était un gros plus. Et puis, effectivement, vous étiez complémentaire parce qu'entre le forestier, le marketing notamment un peu plus incarné par Théophan et puis le commerce par Baudouin, c'est vrai que cette complémentarité, mais c'était vous étiez nombreux, 4 c'était beaucoup nous on s'était dit, c'est peut-être pas si simple que ça, mais le lien de la famille et le lien avec des amis est resté très fort
- Erwan
Oui, alors c'est des hauts débats, mais bon oui globalement je pense qu'on était quand même très clair entre nous et donc ça a tenu
- Moi - Sébastien
Et puis, on est sur les premières levées de fonds et puis aussi, ça commence à être médiatisé aussi. Il y a eu un passage sur BFM Business aussi en 2016. Et puis, dans mes notes, je voyais 600 euros d'arbres par jour pendant trois semaines, 6000 euros en un week-end. C'est là où tu dis, mais attends, il y a une traction. Tu as des yeux, j'imagine, tu regardes ton Stripe en permanence. avoir cette vraie traction.
- Erwan
Oui, en fait, c'est vraiment ce qui nous a... En fait, votre investissement à Westweb Alley avant Explore, il a vraiment permis de générer ça. Et c'est vrai qu'on a connu... Un monde merveilleux, dans lequel on se disait, mais les startups ça marche très bien, c'est un truc de dingue, parce qu'entre 2016, enfin ouais 2016, donc juste avant que vous investissiez, et 2022, on faisait, le CAGR c'est 98%. On doublait notre chiffre d'affaires tous les ans. Alors la renta n'était pas forcément là, mais si tu veux, on n'a jamais eu autant de contrats. Et notre problème majeur dans cette période, c'était de trouver des forêts à acheter. Oui. ou de restaurer des trucs, on était là, on avait un problème de livraison. Oui,
- Moi - Sébastien
d'hypercroissance au final, grâce à cette traction-là.
- Erwan
Donc ça, c'était quand même un... Je passe un peu la levée de fonds de 2019 avec Acurafi, mais on a levé 2 millions juste après, en 2019, ce qui nous a permis vraiment d'ouvrir l'international, et notamment la Scandinavie et puis l'Allemagne, et puis après d'autres pays qu'on a malheureusement refermés, comme le UK, parce que trop compliqué avec la sortie, etc. Mais... Bon bref, et on arrive, si tu veux, nous, entre cette séquence, c'était magnifique. On arrive fin 2021, on arrive à, je crois, 7 millions de chiffre d'affaires. Tu vois, c'était en 2021.
- Moi - Sébastien
Là,
- Erwan
je fais 9 millions en 2025. T'imagines, là, ça a cassé.
- Moi - Sébastien
Il y a eu une accélération qui a été assez dingue. Effectivement, il y a eu d'autres levées de fonds pour continuer d'avancer. Mais à un moment, il a fallu aussi craquer un peu cette histoire d'AMF. Parce que nous, quand on rentre... En 2017, je reviens un tout petit peu en arrière, à un moment on se dit bon ben il y a un vrai sujet, il y a une vraie vision, il y a de vrais clients, mais à un moment l'autorité des marchés financiers arrive là-dedans aussi. Tu peux revenir un peu, parce que ça paraît loin, mais c'est un vrai sujet.
- Erwan
Non mais t'as raison, c'est un vrai sujet, d'autant plus que vous aviez conditionné votre investissement en deux tranches, l'une avant et l'une après.
- Moi - Sébastien
Exactement.
- Erwan
Voilà, donc je m'en rappelle très bien. Voilà, c'est surtout Théo qui avait été à la manœuvre parce qu'il est juriste, donc il avait quand même monté le dossier qui était lourd pour une start-up. Il nous avait demandé de fermer notre site.
- Moi - Sébastien
T'imagines,
- Erwan
comme je te le disais, nous on faisait 6 000 euros tous les week-ends, on faisait à peu près 600 000 euros par jour, c'était au début, on était 5-6. Donc c'était bien. Quand l'AMF te dit tu fermes ton site, le temps qu'on instruise le dossier, là se confronte la temporalité de l'entrepreneur pour qui chaque heure sur son site ouvert compte, parce que ça tombe quoi. Et puis l'administration. Où en fait, quand tu tombes dans les vacances de la Toussaint, t'as plus personne pendant deux semaines quoi.
- Moi - Sébastien
Ouais.
- Erwan
Bon, donc c'était, Théophanes il avait réussi à craquer le truc avec un professeur de droit, et donc c'est ce fameux bien meuble par anticipation, le droit du dessus, le droit du dessous, donc le dessus c'est le sol, enfin le dessus c'est la forêt, excuse-moi, et toute la valeur créée, et le dessous c'est le sol, c'est un droit qui date de Napoléon, enfin non c'était un truc de fou.
- Moi - Sébastien
Ouais, ah ouais, ah ouais, non mais ça Théophanes a été extrêmement fort, Et c'était une des premières barrières. que vous avez mis à l'entrée. Souvent, nous, on parle de barrière technologique, mais là, il y a, grâce à Théophanes, une vraie barrière juridique.
- Erwan
Et d'ailleurs, un des concurrents qui faisait la même chose que nous, il n'a pas réussi, et donc il a fermé.
- Moi - Sébastien
Oui, c'est ça, exactement. Et pour rester sur Théophanes, à un moment, Théophanes a l'intuition aussi d'ouvrir un premier bureau à l'étranger, du côté de Copenhague. Tu peux nous parler de ces premiers tests un peu à l'international ? Comment ça s'est passé ?
- Erwan
Alors en fait, on s'est dit, donc on avait une croissance, comme je viens de te le dire, qui était pratiquement x2 tous les ans. Donc on se dit, en fait, si ça marche en France, pourquoi ça ne marcherait pas à l'international ? Et donc on avait des attaches, évidemment, dans les pays scandinaves, mais on avait trouvé que c'était un marché intéressant. Bon, là-bas, ils ont des sous, la nature, c'est important pour eux. Voilà, de manière générale, l'Europe du Nord, elle est beaucoup plus sensible à l'environnement, déjà parce qu'elle a plus de moyens. que l'Italie ou l'Espagne, et puis il faut se rappeler à l'époque, 2016, la Grèce, si tu veux ouvrir un truc en Grèce, c'était pas forcément l'idée du siècle. Donc on allait plutôt dans la zone d'Arc et la zone d'Europe du Nord. Et donc voilà, et puis en fait, de ce bureau de Copenhague, qui est devenu le siège d'écoterie internationale en fait, on a essayé de couvrir un peu toutes les zones, donc la Scandinavie, le UK, les Pays-Bas, la Belgique, l'Allemagne. Alors l'Allemagne s'est tellement bien développée qu'on y a ouvert finalement un bureau aussi. Et puis aussi... Pas mal de trucs dans les pays de l'Est, Estonie, Lettonie, Roumanie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Roumanie. Voilà, alors on n'a pas encore de bureau là-bas, mais on a fait pas mal de projets dans ces pays-là aussi, etc. Donc l'idée, c'était de montrer le potentiel. Parce que, comme toujours, si c'est franco-français, c'est très bien, mais taille de marché, elle a un cap.
- Moi - Sébastien
Oui, bien sûr.
- Erwan
Si c'est européen, tu es capable de montrer que ton business, tu es aussi capable de le vendre à des Allemands, à des Suédois. ou à des Roumains, ça change un peu la donne.
- Moi - Sébastien
Bien sûr. Et là, c'est vrai que tu parles d'international, pardon, de finance, tout ça, mais vous êtes bicorps en 2021. Vous avez gardé cet axe-là d'être une entreprise, on dirait entreprise à mission aujourd'hui, c'est toujours compliqué, mais vous avez cette réelle mission en devenant bicorps. Vous avez bossé ce dossier-là aussi.
- Erwan
Oui. Alors évidemment, B Corp c'est... Ils sont forts ces labels parce que c'est en même temps un cadre auquel tu t'attaches et donc il faut le respecter pour avoir l'autocollance. Et en même temps tu le fais parce que c'est une très belle publicité, c'est-à-dire que c'était une boîte responsable. Il faut s'imaginer, parce que là on est aujourd'hui dans un contexte compliqué. Rappelle-toi Sébastien, en 2020-2021, tu étais obligé de te cacher pour prendre l'avion.
- Moi - Sébastien
Oui, oui.
- Erwan
Tu as un SUV à Paris, tu te le fais rayer, dégonfler les pneus. Tu pars en séminaire, si tu n'es pas vegan, tu es un criminel. Enfin, il faut se rappeler.
- Moi - Sébastien
Oui, mais tu as bien raison. Il faut recontextualiser un podcast où on reprend les dix dernières années entre Trump, la guerre en Ukraine. Il y a plein de choses qui se sont passées. Les priorités, elles ont complètement évolué.
- Erwan
Mais à l'époque, rappelle-toi, il n'y avait pas un truc d'entreprise. Moi, j'étais chez Arkea. Tu avais forcément des repas vegan. Les gens ne voulaient pas prendre l'avion. Tu as le droit à deux vols dans ta vie. de... Oui, je vois très bien. La guerre en Ukraine et puis le gasoil à 2,50€ nous ont vite... Bon, mais ça va revenir. Mais ça reste une préoccupation quand même des gens qui se disent... Je pense que le truc au départ, enfin, le truc très basique, c'est que il y a une anomalie de marché. Je synthétise très vite comme ça. Quand tu as une boîte à EBITDA équivalent, un résultat équivalent, tu as une boîte... Je prends une image d'épinal, mais la boîte dans le pétrole dégueulasse qui creuse, il y a du pétrole partout, du plastique, voilà. On fait travailler des gens locaux qu'on paye mal et tout. Je force un peu le trait pour que... Mais c'est évidemment pas ça la réalité. Mais t'as une boîte comme ça, et puis t'as une boîte d'informatique à côté qui est assez propre, il y a juste trois serveurs qui tournent et c'est du service. Comment c'est possible de faire le même résultat alors qu'il y en a un qui a consommé du capital naturel de façon hallucinante, qui a salopé quand même les sols, qui a pollué, etc., qui a pas forcément bien traité des gens. Puis de l'autre côté, t'as la boîte un peu parfaite, il se passe rien, t'es consultant informatique, tu vois. L'empreinte, ce n'est pas grand-chose. Et puis, en fait, ils font le même EBITDA. Quand on a un problème.
- Moi - Sébastien
Non, mais c'est complètement juste. Mais au final, quand tu prends cette hauteur de vue, malgré tout, tu as continué forcément à répondre à la demande, à embaucher, et donc tu es repassé par des nouvelles levées de fonds. À un moment, comment ça se passe, la gouvernance, quand tu as... autant de fonds à tes côtés. Comment ça s'est passé, cette partie-là aussi, gouvernance ?
- Erwan
La gouvernance, tu as raison, c'est un vrai sujet, parce que nous, on a eu jusqu'à 5 investisseurs différents. Et puis la dernière levée de fonds en 2022, c'était 12 millions, donc tu avais quand même du gros argent derrière. Oui, bien sûr.
- Moi - Sébastien
Au global, Ecotri a levé ?
- Erwan
Écoute...
- Moi - Sébastien
En gros, 15-20 millions ?
- Erwan
Oui, c'est ça. Je dirais à peu près 16. et puis en tout en coût peut-être un peu plus parce qu'il y a eu des rachats oui bien sûr donc tu as des gens qui ont mis des investisseurs qui ont mis du gros argent et alors
- Moi - Sébastien
Il n'y a pas tellement de secret dans la gouvernance, il faut qu'il y ait quelqu'un qui est un peu le lead. J'avais ce lien avec chacun des investisseurs, mais c'est vrai que c'était bien parce que Ronan est arrivé un peu plus tardivement, parce qu'on a eu Charles au départ.
- Erwan
Oui Charles, un peu d'Alex Gallou, un peu de Charles, puis Ronan qui effectivement entre-temps, là aussi les choses avaient changé côté West-Web-Valais, les histoires d'épopée-gestion, Et puis, Ronan, avec son passé de DG. du crédit Mutuel Arkea, arrive effectivement sur un board où il connaît complètement bien le sujet. Donc il y a eu toutes ces évolutions aussi au niveau du board. Oui,
- Moi - Sébastien
je pense que le secret, c'est même pas un secret. La solution, c'est quand même d'avoir, en fait, moi mon rôle, qui connaît bien les investisseurs et leur moteur, en fait, ce qu'ils attendent vraiment. Et puis... D'avoir quelqu'un qui lide un peu le bord, et c'est vrai que Renan a tenu ce rôle-là. On a plutôt bien travaillé ensemble dans le passé, donc on a continué à bien travailler à travers la gouvernance. Et c'est important parce que quand tu as un alignement entre le fondateur et l'investisseur historique, parce qu'en réalité...
- Erwan
Les Finisterre Angels étaient sortis, ils avaient fait leur cash-out aussi, parce qu'il faut bien comprendre que lorsqu'il y a... on va dire un fonds qui remplace un autre fonds, tout ça.
- Moi - Sébastien
Il y a des rachats, tu nettoies la table de capitalisation. Et donc voilà, on a fait quand même un... Enfin voilà, Renan a été, de toute façon l'histoire parle pour lui, mais il était très bon dans son domaine et donc il a aussi un peu driveé le board. Et puis on se faisait des petits points de temps en temps quand il y avait des sujets.
- Erwan
Bien sûr, parce qu'il y a le board, mais il y a tout ce qui se passe aussi en dehors. un conseil à donner aussi aux autres entrepreneurs du territoire, tout ne se passe pas forcément dans les banques. Oui, bien sûr.
- Moi - Sébastien
Tu as le réseau qui compte beaucoup, tu as ton implication dans les écosystèmes.
- Erwan
Et donc, là, on est sur une période où vous êtes largement financé, tout se passe bien, l'attraction, tu disais effectivement, le chiffre d'affaires à chaque fois qui est un bon multiple tous les ans. Et puis, à un moment, comme dans toute start-up, Il y a un petit peu un creux, où c'est vrai qu'il y a très peu ou aucun média qui a couvert cette période. Nous, même en janvier 2020, on te remet à West Web of Art, on remet à l'équipe. C'était quelque chose qu'on faisait tous les ans, que ce soit des claxons, des stipples, tout ça. Et donc, on voit qu'il y a une belle énergie. Vous êtes... presque 100 ou un peu plus de 100 personnes. Et deux ans plus tard, vous descendez à 25 personnes à peu près. Qu'est-ce qui s'est réellement passé ? Personne n'a raconté cette période. Aujourd'hui, c'est à toi de raconter un peu ce passage avide que plein de startups connaissent. Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Moi - Sébastien
Ce qui s'est passé... Je vais modifier un tout petit peu tes chiffres. En fait, on est arrivé au maximum jusqu'à 107 personnes, je crois, post-levé de fonds 2022. Donc jusqu'à 2021, on est dans le meilleur des mondes. Je te dis, l'écologie, c'est 70% de la couverture médiatique tous les jours. Les jeunes sont éco-anxieux, c'est très bien. Tout le monde prend conscience que c'est important. Les darons qui s'en foutaient ne s'en foutent plus parce que leurs enfants les sensibilisent. Enfin, tu vois, je force un peu le trait, mais tu as compris. Et en fait, nous, on se dit nouvelle phase de croissance. Là, on sort l'artillerie lourde et on se dit, allez, on va lever du gros argent et on lève 12 millions. Donc, on lance ça en 2021. On fait une très belle année 2021. Et alors, l'ironie, mais c'est presque une blague, c'est qu'on reçoit ce cash littéralement deux mois après le début de la guerre en Ukraine. Bon, et puis nous, on savait que ça se passait plutôt bien. On avait pas mal de lettres d'intention et tout. Donc, on savait qu'on allait y arriver. On avait déjà commencé à déployer, nos équipes avaient déjà presque anticipé l'arrivée du fric, enfin de l'argent. Donc du coup on avait embauché, ouvert des bureaux, pris des baux à Copenhague, un baux partout. On avait ouvert un bureau en Suède aussi, on avait recruté plusieurs personnes pour le UK, on a pris un petit bureau au UK, etc. Et alors après... Tu sais, il y a une chose chez Ecotree, c'est qu'on est une équipe qui sait exécuter et qui sait aller vite. Nous, les choses sont faites vite. Donc on s'est dit, il faut aller vite. Mais quand on va vite, tu dis un peu oui à tout, tu ouvres des bureaux partout, tu prends des cabinets de recrutement parce qu'il te faut un senior commercial aux Pays-Bas, un senior au UK...
- Erwan
Qui coûte très cher à chaque fois.
- Moi - Sébastien
Qui coûte cher parce que les mecs sont indépendants. Tu ne vas pas mettre un CEO derrière une personne à chaque fois. Il faut des gars qui ont de la bouteille, qui sachent ce qu'on attend d'eux. donc on recrute à tour de bras et on recrute des gros profils même je me rappelle des certains trucs signés je me dis mais en fait les gars gagnent plus que moi je me dis mon intérêt n'est pas dans mon salaire plutôt dans l'épargne au début ça te fait bizarre tu te dis j'ai signé un contrat le mec il gagne quand même 50% de plus que moi plus 50 000 balles de camion de recrutement à chaque fois donc l'argent au départ tu te dis bon si la vitesse prime bon c'est quand même c'était quand même assez bullish Donc tout ça, on déploie. Et je m'en rappelle très bien, on se retrouve au séminaire fin 2022. Et alors, c'est la pire des situations. C'est que là, en fait, t'as l'inflation qui commence à démarrer, tension sur l'énergie. Donc le pétrole monte. Enfin, tu sais, c'était... Oui,
- Erwan
je vois bien le contexte.
- Moi - Sébastien
Ça se réplique un peu aujourd'hui. Et donc, en fait, faut t'imaginer qu'à ce moment-là, je te donne juste un panel. Nos plus gros clients, c'est le textile, H&M, Camailleux, Gap, NafNaf. Dans les quatre que je viens de te donner, il y en a trois qui sont morts. On a 47 promoteurs immobiliers. Voilà, en ce moment. Et c'était le gros de notre... Bon, je ne te fais pas le dessin, tu sais ce que c'est, devenue la promotion immobilière post-2022. On a 56 boîtes dans le transport, 56 clients dans le transport. Transport égale essence, donc prix de l'essence, compliqué. Donc, on se retrouve. à la fin de cette période, tout le monde pensait que cette guerre en Ukraine allait se terminer assez vite. On n'y est toujours pas. On pensait qu'on allait gagner rapidement. Et que, je ne sais pas... En fait, finalement, personne n'en... Vous savez, ce conflit larvé, long et affreux qui a fait un million de morts de chaque côté, ce n'est pas rien. Et donc, on se retrouve à la fin de l'année en disant que ça ne marche pas. C'est-à-dire qu'on n'arrive pas à... Mon inquiétude, c'est que, non seulement, on ne fait pas de croissance, Ce qui était notre...
- Erwan
Oui, depuis X années. On avait toujours connu la croissance.
- Moi - Sébastien
Jamais, on est en pad. Et là, en plus, on avait rajouté du charbon dans la machine. Parce qu'on avait recruté des gars, ouvert des pays, etc. Mais en plus, nos clients historiques, ceux qui faisaient le cœur du moteur et qui nous remettaient de l'argent tous les mois, tous les ans, etc. Ils nous disent, désolé Ecotri, on vous adore, mais on ne peut plus. Moi, je suis transporteur, je bosse à perte. Il y a des boîtes qui ferment, des promoteurs qui disent « En fait, moi, je ne peux plus rien te donner, je ne promo plus rien parce que j'ai arrêté. » C'est vraiment la cata.
- Erwan
Et donc là, tu dois faire des actes de gestion. Comment t'annonces aux uns et aux autres qu'à un moment, tu les as embauchés, mais il faut à un moment, du coup, les remercier ?
- Moi - Sébastien
Si je peux juste revenir à une minute, c'est-à-dire qu'en fait, ce qui se passe dans ma tête à ce moment-là, si tu te dis en fait... C'est là où un peu dans le board, on a été, pas dans le board, mais oui, entre le board et cofondateur, on a été un peu divisé. On a été divisé, mais ce qui est normal, c'est qu'il y en avait qui disaient, bon, il faut tenir. On crame 300 000 euros par mois de cashboard. C'est énorme. Donc on se dit, non, mais ça va repartir. La guerre va s'arrêter. Ça va repartir. En fait, ce n'est pas possible. Ça fait cinq ans qu'on fait x2. Tout le monde nous dit que c'est génial. En plus, on sort des nouvelles offres. On avait une super équipe et tout. Il faut tenir, c'est juste une question de mois, ça va repartir et tout ce qu'on a plugué, les pays qu'on a ouverts, les bureaux, les baux, les machins, ça va tenir. Et on est là, bon bah ouais, il faut prier pour que ça tienne parce qu'en fait on ne va pas pouvoir rester à cramer 300 000 euros pendant très longtemps. Et puis, donc on est plutôt sur cette position-là avec le bord, nous entre cofondateurs, bon allez, on tient, on redouble de travail, on est insistants, on trouve les comptes qui vont bien, on réoriente un peu la stratégie commerciale. Voilà, bon, et en fait ça dure. Et donc il y a un moment donné, t'es là... on sait que ça va reprendre. Ça ne peut pas ne pas reprendre notre idée. Enfin, c'est pas notre idée en tant que telle, mais le sujet d'envie du capital naturel, il ne peut pas ne pas reprendre. Mais c'est combien de temps faut-il attendre ? Et donc là, tu te dis, en fait, il n'y a pas 10 000 solutions. Si ça ne reprend pas... Donc à un moment donné, moi, j'ai dit, les gars, moi, je suis financier, je regarde les chiffres. On peut se permettre de cramer du fric jusqu'à telle date. À telle date, il faut tout couper. Parce qu'en fait, on n'a pas le choix. C'est-à-dire qu'on a raison, mais si on a raison, c'est comme quand tu as interdit bancaire, tu as un gros patrimoine. Si tu n'es pas... Si tu as découvert... La banque te donne 10 jours pour combler ton découvert, si t'as pas trouvé l'argent, tu peux avoir un patrimoine et t'as tardi bancaire,
- Erwan
tu vois.
- Moi - Sébastien
Là, il y avait une super idée, il y avait un truc, mais voilà. On t'a dit, on aurait pu faire un bridge, ça se fait pas mal dans le milieu des startups. Mais bon, moi je suis financier, le bridge, ça veut dire quoi ? T'es en position de faiblesse, tes investisseurs, ils sont très gentils, vous êtes très gentils, mais vous n'êtes pas idiots non plus. Donc tu te relues pour pas cher.
- Erwan
Et t'as toujours levé en position de force. Ben oui,
- Moi - Sébastien
bien sûr, levé en position de faiblesse. Déjà, c'est pas un bon signal pour tes invests, parce qu'ils se disent, en fait, le gars, il a pas... Il n'a pas vu venir le truc. Donc ils te punissent entre guillemets, c'est normal. Moi je suis financier en te disant, écoute, t'es au courant, t'as tes chiffres, t'as joué ou tu t'es pas préoccupé ou t'as cru que c'était un jeu, mais non c'est pas un jeu en fait, faut vraiment prévoir ça. Donc voilà, nous on a fait un choix radical qui veut dire en fait, il faut vraiment couper hard et on n'a pas le choix, parce que sinon on met en risque vraiment l'équilibre économique. Et puis c'est au moment où je prends ces décisions qui étaient hyper dures. Parce que là, je ne te raconte pas les mois que tu passes. Là, si tu veux, tu passes des mois à un PSE, puis tu découvres ce que c'est que le droit social en France. Tu ne vires pas qui tu veux. Tu as des critères. C'est vraiment un truc de dingue. Il faut le vivre pour le croire. En plus de ça, on a un contrôle fiscal au même moment. Donc, c'est l'horreur. Vraiment l'horreur. Mais la petite lumière là-dedans, c'est l'IA. Et l'histoire, elle est quand même incroyable. Parce qu'on fait ce PSE. L'année suivante, on fait 4 millions de chiffre d'affaires. deux fois moins que l'année précédente. Ce n'est pas une petite baisse, c'est 50% de moins. Alors qu'on faisait x2 en croissance. Quand tu fais x2, tout est excusable. Tu peux cramer du cash, tout est excusable. Quand tu ne crois pas, c'est la cata et tu crames du cash, c'est la cata. Mais quand tu en perds 50%, c'est le biseau infernal. Donc là, on cut vraiment très très hard en disant de toute façon, il n'y a pas trop le choix. Et en fait, au même moment, il y a l'IA qui arrive. Et là, on se dit, ça y est, c'est personne gratuite. Donc, on a plugé Claude partout. Enfin, comme toi, je sais que tu es fan du truc. Mais nous, on est complètement un peu dingo de ce truc-là. Et en fait, on a recréé une équipe de 100 personnes. Mais sauf qu'il y en a 75 qui nous coûtent 100 balles par mois. Oui,
- Erwan
c'est ça. On est là en 2024-25, c'est ça. Où, au final, on peut parler en même temps. Donc, effectivement, l'IA arrive. mais aussi en même temps un pivot autour de tout ce qui est operating partner. Tu parviens à ce moment-là à réaligner ta boîte, ta vision et ça repart.
- Moi - Sébastien
Voilà, alors il y a deux choses. C'est qu'effectivement, nous, 2025, on rejoint les plus hauts des coteries avec près de 9 millions de chiffres d'affaires. Et pour une première fois, enfin pas pour la première fois, mais c'est pour la première fois depuis longtemps, très positif. Je crois qu'on est à 5 ou 600 000 euros d'EBITDA. avec une équipe, donc on fait x2 par rapport aux 4 millions, tu vois, en 2025, avec une équipe qui est passée de 100 à 30. Tu vois, l'effet de levier,
- Erwan
il est dingue.
- Moi - Sébastien
Le message que je veux passer, c'est de toute façon, ces situations, elles arrivent, à tout le monde, à d'autres entrepreneurs, mais il faut prendre les décisions, et je pense qu'effectivement, l'IA, aujourd'hui, c'est un facteur de succès clé, clairement, notamment dans la productivité. Donc, l'effet ciseau horrible qui est de te dire t'as recruté Merci. plein de monde, ça te coûte un fric fou, et il n'y a plus de marché, nous on a réussi à le renverser en un an, avec une décision qui était très dure à prendre, c'était un plan social, en intégrant l'IA, mais tu vois, l'autre effet, l'année suivante, c'était exactement l'effet inverse. On fait x2 de chiffre d'affaires, grâce à l'amélioration de la productivité, et on a réduit l'équipe de 75%. Donc tu retrouves le même schéma, mais dans le sens inverse.
- Erwan
Et c'est vrai que ton témoignage aujourd'hui rejoint un tout petit peu celui Merci. A peu près au même période de Jean-Baptiste de Bélair, patron de Stiple à Rennes, qui est passé, il ne m'en voudra pas si je ne suis pas au top sur les chiffres, mais d'une centaine de personnes aussi à une vingtaine de personnes, des histoires qui étaient différentes, pas du tout les mêmes produits, ce n'était pas la même culture d'entreprise. Et c'est vrai qu'à un moment, lorsqu'on voit le mur, même si vous étiez encore... bien financés, à un moment, il faut avoir une faculté à rebondir. Parce que je regardais les notes de 2016, lorsque l'on étudiait le dossier, on voyait que tu étais un excellent amorceur, mais au final, tu t'es transformé aussi au fil du temps à devenir un super entrepreneur face à des crises de ce type-là. Aujourd'hui, l'éroine de 2016 n'est pas forcément l'éroine de 2026. J'ai pris 10 ans dans la tronche, ça donne. Tu as pris 10 ans, mais tu as grandi avec la boîte. C'est comme les gars de Shopopop, un Antoine, un Johan, lorsqu'on investit chez eux, des gens avec des super amorceurs, une super vision, mais ils grandissent en même temps que la boîte. C'est assez incroyable. Et je sais qu'on va arriver sur les coulisses du rachat. Je suis persuadé que tu vas essayer de redonner aussi au territoire par rapport à tout ce que tu as appris.
- Moi - Sébastien
Oui, bien sûr.
- Erwan
Je suis persuadé de ça. Donc, voilà. Le rebond a eu lieu. L'IA est passé par là. Donc, tu es effectivement un dingue d'IA. Oui, vas-y, vas-y.
- Moi - Sébastien
Je termine parce que je n'en ai pas parlé. L'offre d'Operating Partners. Oui. En fait, on sort une nouvelle offre. Je vous dis, où est-ce qu'il y a du fric ? Où est-ce qu'il y a de l'argent ? Parce qu'à un moment donné, c'est ça la clé. Oui. Et en fait, on voit aujourd'hui... Tous les institutionnels qui récupèrent des milliards tous les mois de cotisations de retraite, des cotisations de retraite privée, d'assurance, enfin tous ceux qui collectent des trucs obligatoires, qui cherchent par la porte ou par la fenêtre à se dire comment je peux avoir des placements plus raisonnables. Tu vois le truc, l'assureur, ça lui coûte depuis 3-4 ans 20% de plus sur les dommages liés aux catastrophes naturelles. Donc lui il se dit, mais c'est horrible, j'augmente les cotisations parce que les catastrophes naturelles, les incendies, les pluies, les fissures dans les maisons, etc. Ça devient de plus en plus important, ça me coûte de plus en plus cher. Moi je collecte de l'argent, tu comprends ? Si je vais le placer sur un truc qui... Ça n'a aucun sens que j'aille le placer dans une entreprise qui fait du pétrole dégueulasse et qui abîme, qui va... Tu vois la roue dans ce sens-là ? Donc les collectes que je fais, il faut que je trouve des investissements qui soient raisonnables, qui améliorent, qui puissent diminuer mon problème. Et donc, effectivement, investir dans des actifs naturels dans les territoires, on sait que ça protège les territoires, etc. Que ça permet de rendre effectivement des actifs naturels beaucoup plus résilients et autres. On s'est dit, cette offre-là, les assureurs, ils ne sont pas idiots. Ils ont beaucoup d'argent à déployer. Et si on leur vend quelque chose, notre fameuse approche value-add, c'est-à-dire acheter des actifs forestiers un peu dégradés. On va le restaurer. Et puis il y a une nouvelle économie de la forêt. C'est qu'en fait, quand tu restaures une forêt qui est abîmée, tu peux vendre des crédits carbone qui sont achetés aujourd'hui par tous les groupes polluants. On commence un peu à leur taper sur la tête en disant « Bon, attendez les gars, vous êtes gentils, mais vous avez quand même pas mal salopé les choses. » Donc voilà, tout le monde s'est engagé à être net zéro carbone émission en 2050, dont ceux qui ont une grosse empreinte environnementale. Donc il y a une nouvelle économie qui se met en place et on se dit « Bah là, il faut y aller. On est bon en forêt, on a des dossiers, on sait comment ça fonctionne. » Et bien tous ces instits, ils vont vouloir en fait, plutôt que de mettre leur argent sur de la tech qui consomme de l'énergie. Alors c'est pas mal pour faire un peu de perf, mais ils vont aussi investir dans les territoires et ça va être un rendement qui va être mieux que la forêt historique, qui était 2-3% qui ne leur suffit pas. Là, nous, on est à 6-7-8%.
- Erwan
Et donc voilà, tu reprends ton bâton de pèlerin avec Benoît Moreau aussi, que je peux citer dans le podcast. Bien sûr,
- Moi - Sébastien
un vieux copain qui est en face de moi.
- Erwan
Oui, qui est le patron du commerce. notamment des coteries. Et donc là, vous y allez à fond, voir tous les clients et les family office, tout ça. Et là, ça matche tout de suite.
- Moi - Sébastien
Tu me laisses deux minutes, parce que c'est important que je raconte ça. C'est ça qui est vraiment intéressant. Ce qui est intéressant, c'est que comment elle vient cette offre ? Je rencontre quelqu'un de très inspirant, que je ne peux pas citer, mais qui est patron d'une grosse boîte. Et c'est quelqu'un de bien. C'est-à-dire qu'il a très bien gagné sa vie. il est vraiment des convictions fortes sur le côté environnement et donc c'est un client fidèle mais nous on lui paye tous les ans 300-400 000 euros l'empreinte de son groupe mais par conviction il le fait etc. Puis un jour il me dit Erwan on se parle entre personnes adultes et tu vois c'était 300 000 euros ta facture l'année dernière avec un volume équivalent cette année c'est 330 les crédits carbone augmentent de 10% par an donc ça va être 360 l'année prochaine bon tu comprends, moi je le fais parce que je suis convaincu mais il y a quand même un truc, c'est que c'est une charge pour ma boîte et je me mets un boulet au pied parce que j'ai pris des engagements je veux les tenir parce que moi j'ai 75 ans j'ai gagné ma vie donc j'ai pas envie de laisser quelque chose de pas propre à mes enfants ma boîte je veux qu'elle soit propre et puis même moi je veux me regarder en face en me disant que à un moment donné j'ai plus besoin de gagner plus je veux faire les choses bien Mais ça me dérange parce qu'économiquement, ça ne marche pas ton truc. Ça te coûte de plus en plus cher. Moi, je fais tout pour réduire, mais à un moment donné, j'ai des magasins, j'ai des gens qui prennent le train, l'avion, je ne peux pas faire moins. Évidemment, je les contrains déjà depuis longtemps. Petite parenthèse, on s'est bien moqué de notre tête quand on dit qu'on va d'abord réduire notre empreinte. Il n'y a aucune boîte qui a dit à ses collaborateurs « Oui, prenez l'avion, allez au resto, achetez de nouveaux ordinateurs toutes les semaines. » Et puis, on a toujours contrôlé les coûts fixes. Là, l'histoire de l'environnement, c'était pour permettre au patron de permettre de contrôler encore plus ses cofis, de dire attention, l'ordinateur, c'est du recyclé, machin. Mais c'est pour éviter que les gars aient acheté le dernier MacBook Pro dès qu'il sort. Donc bon, il me dit, nous, on réduit au maximum, mais de toute façon, on a une empreinte résiduelle, on ne peut pas faire moins. On ne peut pas faire moins. Donc en fait, toi, tu me coûtes, ça va me coûter 300, 400, 500 000 euros récurrents tous les ans. Donc moi, ça ne me va pas économiquement. J'aime la nature, mais ça ne rentre pas dans mon schéma d'entrepreneur. Par contre, moi, j'aime un holding familial. J'ai des sous, j'ai plein d'immobilier, plein d'actions, des options, des produits dérivés, des cryptos, tout ce que tu veux, mais j'ai pas d'actifs naturels. Et les forêts c'est super intéressant pour moi, c'est fonds de portefeuille, hyper stable, transmission, c'est super flexible en transmission, t'es pas assujetti à l'IFI, j'ai déjà plein d'immobilier, ça lourdit pas mon asiatique. Est-ce que tu peux me trouver une forêt Erwan, que j'achète ? et qui va me produire tous les ans les crédits que je t'achète. Et je lui dis, pas de problème, je te trouve ça. Donc je lui trouve cette forêt, il l'achète avec sa holding, donc ça coûte plus cher que 300 000 euros, c'est un actif qu'on a acheté de 2,5 millions. Il l'achète, il est dans son patrimoine, et tous les ans, il revend les crédits carbone issus des travaux qu'on a fait pour lui à sa boîte. Tu comprends bien que la sensibilité au prix, quand ça augmente, c'est une charge qui va de sa boîte dans son patrimoine, donc tu vois. C'est comme les loyers. C'est ni plus ni moins que le dirigeant qui achète son bureau et qui loue à sa boîte.
- Erwan
Oui, je vois bien.
- Moi - Sébastien
Tu comprends ? Donc, le truc, il est génial. Et d'un point de vue... Alors, si je suis très précis, il y a une question qui est éthique. Aurait-il maintenu ce fonctionnement s'il n'y avait pas ce mécanisme intelligent qui fait que tu as une charge qui vient dans son patrimoine ? C'est un vrai sujet. Et probablement que la réponse est non. Parce qu'à un moment donné, tu acceptes de payer. Mais quand la conjoncture va mal, tu n'acceptes plus de payer. Donc, c'est un truc que tu cut. Par contre, le point qui m'intéresse, c'est d'un point de vue de la nature, est-ce que c'est bien ? En fait, il n'y a pas mieux. Parce que cette personne qui a acheté la forêt avec nous, il ne va pas faire un mauvais projet sur la forêt pour avoir des crédits carbone moins chers, pour faire de la monoculture en randonnion. Il est chez lui, il va faire un beau projet. Il veut que sa forêt soit belle et qu'elle vaille plus cher dans 15 ans. Donc en fait, si le crédit coûte 3 euros plus cher parce qu'on a fait de la sylviculture mixte, irrégulière, à couvert continu, qu'on a créé une mare forestière alors qu'on aurait pu y planter 200 arbres de plus et faire plus de carbone, Il va faire le bon projet, donc moi ça me va, d'un point de vue de la nature, c'est aligné. Donc ce truc-là, il est magique, parce qu'il fait de l'environnement. Enfin, tu inclus, et puis en plus, t'as le bon message pour tes clients, tes salariés comprennent que tu te fous pas d'eux, en fait. Non, j'ai acheté une forêt qui est à moi, qui est à tel endroit. Le truc, il est crystal clear, tu fais une super com, c'est hyper incarné, c'est cohérent, ça rejoint ton histoire de territoire. Le truc, il est magique, et ça, une fois que les gens ont compris, t'appuies sur le bouton, ça part tout seul.
- Erwan
Donc la bascule, mais c'est intéressant comme anecdote, je ne l'avais pas. Non, non, c'est super bien. Et justement, pour avancer un moment, les coulisses de ce fameux rachat, quand est-ce que le mot au final de rachat était prononcé la première fois ? Par qui ? Par un actionnaire, un banquier d'affaires, par vous ? Comment ça s'est passé un peu ces coulisses de tout ça ?
- Moi - Sébastien
En fait, ce qui s'est passé, c'est qu'on a fait le pivot au Pirating Partner, dont je viens de te parler, avec cette histoire. Fin 2024, c'est le pire board de notre vie. C'est un board qu'on a fait physiquement. Décembre 2024, on annonce que c'est la Cata qu'on fait en concluture à 4 millions. Et que 2025, c'est l'année soit on coule, soit on renaît. Et Renan est très sympa parce qu'il m'aide en disant avec Épopée, on va lancer le fond, on va essayer de tenter le fond Champs et Forêts.
- Erwan
Je ne sais pas si on peut le dire,
- Moi - Sébastien
mais c'est toujours en cours. En plus, il me dit qu'on va lancer quelque chose, on va en parler, notre réseau, etc. Donc moi, ça me rebooste à fond, je pars à fond là-dessus. Et donc, je prends mon bâton de pèlerin et je me dis que cette offre commence à bien marcher. Par contre, il va falloir que nous, on ait un partenaire de taille, parce qu'avec l'année qu'on vient de faire, on perd 3,2 millions, je crois, en 2024. On perd. Donc on se dit, en fait... L'idée je la pitch plutôt pas mal, l'équipe la pitch bien. Le problème c'est que qui va nous faire confiance ? On parle quand même d'investissement, nous on gère la forêt, on fait les crédits carbone, on les revend, tout ça, on fait tout quoi. Mais qui va nous faire confiance avec des chiffres pareils ? J'avais quand même le sentiment qu'il fallait un adossement d'un gros acteur qui est capable d'apporter ce confort dans les affaires. Et donc je pitch un peu mon truc, évidemment à plein d'investisseurs, plein de financiers, de fonds, de familles, d'entreprises, notamment d'entreprises familiales. Et en parallèle, je parle avec des acteurs en disant, mais c'est le capital naturel, il y a une façon de le voir qui est différente, qui rentre dans le monde de la finance qu'on connaît, toi et moi. C'est comme l'IMO en fait, c'est comme l'IMO, mais voilà, et j'en parle à plusieurs dirigeants. Et donc je rencontre le directeur de l'engagement sociétal du Crédit Agricole à une conférence un jour où je vais, et puis on se trouve qu'on a un lien commun, c'est qu'il part à la retraite et il devient directeur général de la Fondation pour l'Armée de Terre. D'accord. Donc il me dit qu'il lui reste quelques mois à faire. Et moi, dans ma belle famille, il y a beaucoup de gens dans l'armée de terre. Donc je lui fais quelques intros avec des gens bien, enfin sympas en plus. Donc on a ce petit lien-là. Et puis en fait, en discutant, il me dit bon Erwan, moi, je dois écrire la copie à le changement de directeur général. Donc on passe de Philippe Brassac à Olivier Gavalda, qui fait une revue stratégique normale. Il arrive, il veut savoir ce qui se passe, quoi. Et puis il me dit, nous, on doit écrire un papier sur le capital naturel. Et j'aime bien ton idée, quoi. parce que tu peux me l'écrire. Je me rappelle, je suis mandaté, et d'ailleurs, on nous a payé une prestation de conseil pour qu'on rédige le plan Strat sur le truc Capital Naturel. C'était l'été 2025. Donc, c'est ce que je fais. On rédige la copie, on livre. C'était une petite prestat de conseil. Je fais ça pendant l'été. On la pitche. Et puis, en fait, lors de la revue Strat globale du groupe, qui est opéré par un cabinet de conseil de premier plan, qui remonte tout, il remonte notre idée. Mais t'imagines, il y a 56 filiales, chacune des filiales remonte 2-3 idées, donc ça fait quand même beaucoup de... Enfin, vu le nez, comme ça, 150 ou 200 sujets à trancher. Donc ça passe en comex, tout ça c'est ranqué, machin et tout, et en fait, le truc sort en décembre 2025. avec l'annonce aux investisseurs qui s'appelle le plan ACT 2028. Et donc voilà, il y a étendu les activités d'Amundi en Asie, racheté une banque en Allemagne, et puis développé une activité de capital naturel. Donc l'idée qu'on avait rédigée, poussée, ce qu'on avait été payé en plus pour l'été, elle est retenue. Donc bon, il y a eu de l'inspiration, un peu de chance, et puis des convictions qu'on a réussi à pousser. C'est notre vision dont tu parles. Oui,
- Erwan
mais tu as été proactif au final à tous les étages. Et tu as réussi là aussi à... Je parle souvent d'alignement de planète parce que souvent dans les startups, des exits, ça se prépare très tôt. Il faut des revues annuelles sur ces stratégies d'exit. Mais au final, c'est assez incroyable comment tu as réussi à manœuvrer. Mais c'est parce que tout le travail, ton travail, suite tes associés, des actionnaires et des équipes, avait œuvré. pendant pendant dix ans.
- Moi - Sébastien
Et en fait, voilà, tu as tout à fait raison. Ce qui se passe, c'est qu'en acte 2028 sort le successeur qui est parti à la retraite. Il dit bon, Erwan, qu'est ce qu'on fait ? Parce que notre plan, c'est super. La vision que tu avais, elle a été achetée, on a bien compris, je pense que c'est une super idée. Puis nous, Crédit Ricolle, c'est notre ADN, puis moi ça match. Je veux dire aussi Dieu d'Arcade, un monde coopératif, mutualiste.
- Erwan
Justement, ouais.
- Moi - Sébastien
Et bien il me dit, comment on peut faire ? Je dis, c'est simple, il faut trouver l'acteur qui fait ce qui est marqué sur la copie. Ouais,
- Erwan
ouais.
- Moi - Sébastien
Et donc naturellement, il me dit, c'est quel est l'acteur ? Bah oui, écoute, c'est Ecotri. Donc voilà, c'est comme ça que ça se passe. Et en fait, ce qui est vrai, c'est qu'il y a un facteur chance, c'est que le momentum, personne ne le sait. Mais en fait, quand tu as un travail continu, parce que moi, des portes, Ce travail de conviction, je l'ai fait chez tous les banquiers. Voilà, je me suis pris je sais pas combien de murs, t'arrives pas au bon moment, c'est pas la priorité.
- Erwan
T'as une certaine résilience dans tous tes combats.
- Moi - Sébastien
Mais en fait c'est ça, la chance, quand on dit que la chance sourit aux audacieux, c'est-à-dire que quand ton quotidien c'est de pitcher ton truc et de te prendre des murs, bah un jour tu trouves quelqu'un pour qui ça colle quoi. Bon, il se trouve que c'est super que ça soit créé à l'école parce qu'honnêtement, il y a vraiment un ADN commun et que du coup, je reviens à la maison quelque part, dans une autre maison mais... Mais que ça matche parfaitement. Et puis, c'était le bon moment pour eux. Ils avaient besoin de nous maintenant. Nous, on a besoin d'eux aussi maintenant. C'est ça qui fait le monde des affaires, en fait.
- Erwan
Et justement, comment tu annonces tout ça aux équipes ? Le board est au courant au fur et à mesure. Tu as un board mensuel ou trimestriel. Comment tu annonces aux différentes parties prenantes ? Je suis à train de réussir quelque chose.
- Moi - Sébastien
En fait... Je les ai tenus au courant depuis le départ, en disant j'ai une touche, et puis machin, et puis on va voir, est-ce que c'est retenu ou pas comme sujet, et puis quand c'est retenu, il y a le truc d'après, et puis là, tout se met en branle, et puis voilà, c'est une belle esprit d'équipe aussi, parce que chacun a fait sa part, chacun a fait sa conviction à son niveau, même les investisseurs, Renan a fait le sien aussi, en disant, bah train c'est bien, je connais des gens dans l'écosystème, je leur en parle positivement, tout est important à ce moment-là, c'est vraiment un faisceau d'indices qui permettent de franchir ces étapes.
- Erwan
Et la suite, justement... Comment ça va se passer ? Déjà, qu'est-ce que tu peux nous dire ? On est le 15 octobre. Comment le mécanisme va s'enchaîner maintenant que l'annonce est faite, qu'opérationnellement c'est prêt, que ce soit pour les équipes, pour les personnes à Brest ? Est-ce qu'il va y avoir un peu un choc des cultures entre la startup à la... la PME qui rejoint le grand groupe. Comment ça va se passer tout ça ?
- Moi - Sébastien
Tu sais, l'ironie de l'histoire, c'est que je me retrouvais exactement dans la situation dans laquelle je voulais être. Moi, quand on rachetait des boîtes avec l'équipe Adnor et Renan, des fintechs comme Pumpkin, comme Budget Insight et autres. Donc là, je suis la startup qui a racheté. Donc ce qui est bien, c'est qu'on a des gens intelligents en face de nous qui comprennent que ce qu'ils rachètent aussi, c'est une équipe qui a envie de réussir cette nouvelle étape. Donc nous, on est à fond. Au moins jusqu'en 2030, parce qu'on est engagé, etc. Et puis nous, on a envie de réussir l'étape d'après. C'est-à-dire que vendre, c'est bien, mais il faut que ça marche derrière. Je trouve que...
- Erwan
Et vous restez partie prenante ?
- Moi - Sébastien
On reste à fond dedans, on est hyper impliqué. Ils ont acheté l'équipe, c'était une grosse partie de la valeur. Donc on est à fond, on a les moyens, ça y est. On a un actionnaire de référence qui est solide. Je pense qu'on a tous les éléments pour réussir. Le seul truc que je ne maîtrise pas, c'est la conjoncture. On ne va pas se mentir, en 2027, on ne sait pas que les élections, de quel côté la pièce va tomber et comment ça va être. Ce que j'espère, c'est que ça va se stabiliser, parce que c'est ça qui est vraiment important. Et si c'est ça, je pense qu'on a des belles chances d'écrire une très belle page. Et puis ça continue, moi je suis à fond dedans. Encore une fois, si je regarde ça d'un point de vue purement pour Ecotri, on en avait besoin. Les équipes en avaient besoin. On avait beaucoup de signaux positifs. Et donc ce move, il va faire que le conforter et l'appuyer des grands comptes qui voulaient bosser avec nous, mais qui avaient un peu peur de notre fragilité. Ça va les rassurer. Puis tu vois, Crédit Agricole, c'est une marque qui passe bien auprès de tout le monde. Tu vois ce que je veux dire ? C'est pas des requins. Personne n'est fâché avec le Crédit Agricole. C'est bien compris de tout le monde. Tout le monde a un compte au Crédit Agricole. Tu vois, t'es pas avec un financier un peu requin qui peut créer des différents. Même, on bosse pour plein d'autres banques.
- Erwan
Oui, oui.
- Moi - Sébastien
Sans aucun problème. Enfin, tu vois. Donc c'est le bon partenaire, parce que c'est un partenaire qui est dans le paysage depuis des millénaires, non ?
- Erwan
Oui, je suis d'accord. C'est une superbe banque. Erwan, on a passé une heure à parler de la trajectoire d'Ecotri, tu regardes dans le rétroviseur, c'est dix ans au final de ta vie, de celle de tes associés. Qu'est-ce que tu retiens, les deux, trois leçons ? d'un entrepreneur breton, c'est quoi ? Quand tu regardes dans le rétroviseur, comme ça.
- Moi - Sébastien
Les leçons, c'est une fierté, et surtout grâce à l'équipe, parce que moi, j'ai été... Moi, je suis plutôt le gars qui fait de la conviction. Mais il y a les gens qui exécutent derrière et qui le font bien. Donc, merci à l'équipe parce que ça ne marche pas de vendre un truc si derrière, ça ne tient pas la route. Moi, je dirais qu'il faut vraiment aller au bout de ses idées parce que je pense que c'est vraiment... C'est toujours un truc qui m'a toujours animé. On a une idée, il faut vraiment aller au bout. Il faut être très lucide. Et la lucidité, elle peut être crue tant en temps. Mais bon, je pense qu'à un moment donné, il faut savoir... Il faut être honnête avec les gens qui nous entourent. Et nous, on l'a beaucoup pété avec notre board. Quand ça n'allait pas, on l'a vraiment dit.
- Erwan
Oui, oui, je...
- Moi - Sébastien
Et j'ai un... Ça, j'ai beaucoup aimé. Et ça, je remercie quand même mes investisseurs. Parce qu'ils ont été, honnêtement, ils ont tous été bien. C'est-à-dire que, bon, évidemment, en particulier Explore, c'est toi qui m'invite, donc j'ai le droit, bien sûr, vous êtes les premiers. Non, mais c'est vrai que Renan a été un soutien vraiment important. Mais ce qui était marrant, c'est qu'avec Durkul, je me dis, les investisseurs, ils ont été très aidants quand ça n'allait pas, dans le support. Et quand ça allait bien, ils nous fouettaient un peu en disant, bon, les gars, c'est bien, mais il faut aller plus loin. Voilà, donc en fait, ils jouent bien leur rôle, en fait. Ça, c'est bien. Parce que souvent, ça peut être aussi un peu l'inverse. c'est beaucoup. Donc, il faut bien choisir évidemment les gens qui s'entourent. Je pense que ce soit les cofondateurs, les salariés ou même les investisseurs, ce qui compte avant tout, c'est l'humain. Il faut avoir des gens, il faut se dire, nous, il y avait un risque énorme quand vous êtes entré. Oui,
- Erwan
et puis un risque juridique, il y avait l'histoire d'AMF. C'est pour ça que tu disais que c'était conditionné. Mais c'est vrai que tu te dis, autant pour la startup que pour les collaborateurs, que pour nous, fonds d'investissement sur Brest. Il n'y a pas de plus belle histoire, il y a plein de belles success stories sur Brest. Je pense bien sûr à Yves Rallon, c'est un cher numérique qui pâtit gêne, incroyable. Charles Kabylix qui l'a fait avec AC3, Imo Facile, un peu plus tard des gens, Ausha, Imascap. Il y a plein de belles anecdotes, mais c'est vrai par rapport à ta mission, à ton projet, à l'équipe. les associés du départ qui sont là à l'arrivée. Au passage, vous avez partagé de la valeur aussi du capital avec des équipes. Donc ça, c'est bien aussi. Donc forcément, très fier de notre côté d'avoir accompagné Ecotri. Et puis j'espère que ça va inspirer en tout cas... D'autres entrepreneurs bretons, tu as fait un par rapport à l'IA qui te stimule, tu as réussi toi à combiner la nature, plus de l'IA où de temps en temps on peut entendre des personnes qui vont dire bah non c'est incompatible, là tu as tout de même réussi à faire de belles choses. Et est-ce que là durant toute cette conversation tu aurais aimé que... que je t'interroge sur... Tu as fait bosser Claude, justement, pour préparer le truc. Est-ce que tu as des points sur lesquels tu aurais aimé intervenir ou des trucs à préciser, à revenir ?
- Moi - Sébastien
Non, parce qu'on n'a pas tellement parlé de l'idée des coteries. L'objet, c'est plus l'aventure entrepreneuriale que le truc, que mon business, en fait. Je pense que le dernier message de fin, qui me semble important, et moi, j'ai eu ce conseil-là, et en fait, mine de rien, j'appelle ça les phrases T-shirt. C'est le genre de truc que tu mets... Ensemble on va plus vite Mais à plusieurs on va plus loin
- Erwan
Comment dire
- Moi - Sébastien
Tout seul on va plus vite Ensemble on va plus loin C'est ce qu'on appelle les frères se t-shirt Il y en a une qui m'a quand même marqué C'est que quand c'est le bazar partout En fait, il y a quelqu'un qui m'avait dit, quand tu ne sais pas où aller, parce que tu ne sais pas quoi faire, le seul truc à faire, c'est d'arrêter de regarder l'environnement que tu n'arrives plus à maîtriser extérieur. Là, on réarrive dedans, objectivement, avec la France. Il faut juste se concentrer sur ses valeurs. Il faut fermer les portes, c'est quoi nos valeurs ? Parce que de toute façon, tu transformes tes valeurs, tu transformes en fonction des opportunités business que t'as. Quand c'est le bazar, il faut juste se recentrer sur ses valeurs. Et puis je pense que ça, ça marche bien. Ça marche bien, comme conseil. C'est ce que je peux dire aux gens qui traversent cette période-là aujourd'hui. Là, c'est tourmenté, on ne sait pas comment va être demain, tout le monde a des inquiétudes, si les taux augmentent, c'est quoi l'histoire ? Il y a plein d'entrepreneurs qui se posent ces questions-là. Là, il faut se reconcentrer sur les valeurs. C'est quoi qui nous anime ? Pourquoi j'ai créé cette boîte ? Qu'est-ce qui fait que je serai fier demain ? Et éviter de faire des mauvais moves pour essayer de survivre. Donc, m'aider à faire des choses. Peut-être le conseil que je peux donner. En tout cas, je n'ai pas la prétention de donner de conseil, mais c'est ce qui m'a inspiré moi, en tout cas, dans la période.
- Erwan
Merci beaucoup, Erwan. On avait prévu une heure de temps parce que c'est une journée forcément particulière pour toi. Donc en Un grand merci, félicitations à toute l'équipe, bravo aux clients qui t'ont fait confiance et puis longue route pour Ecotree.
- Moi - Sébastien
Merci beaucoup Seb, à bientôt. Salut.