Speaker #0Pendant 17 ans, l'alcool a fait partie de ma vie. Le plus difficile, ce n'était pas seulement d'arrêter. C'était de savoir vers qui me tourner. Trouver un professionnel de la santé, demander de l'aide et surtout ne plus rester seul. Et ça, ce n'est pas toujours simple. C'est pour cette raison que j'ai créé l'application L'Ethanol c'est pour les bagnoles. Disponible sur Apple Store et Play Store en tapant dans la barre de recherche L'Ethanol CPLB. Une application qui permet aux personnes confrontées à une addiction de trouver des professionnels de la santé, d'échanger et d'avancer pas à pas. Si vous voulez en savoir plus, toutes les informations sont dans la description de cet épisode. Et surtout, souvenez-vous, parce qu'ensemble, nous sommes toujours plus forts. Hey, salut à toi et bienvenue dans l'Ethanol c'est pour les bagnoles, le podcast qui parle d'alcoolémie, de dépendance et surtout d'humain. Je m'appelle Axel, je suis un ancien alcoolique et aujourd'hui je ne touche plus une seule goutte d'alcool. De nature très joviale, toujours dans la bonne humeur, j'ai envie de partager mon parcours ici avec toi. Mon but, c'est de casser les préjugés, de mettre en lumière cette maladie trop souvent passée sous silence. Un vrai fléau dans notre société. Parce que oui, l'alcool peut tout détruire, un couple, une vie, un avenir. Et c'est exactement ça. ce qui s'est passé pour moi. Tu es prêt ? Alors c'est parti, on en parle sans tabou ici et maintenant. Bienvenue dans ce 25e épisode qui s'intitule « Les confidences noyées dans la bière » . Cela fait déjà plusieurs mois que nous nous côtoyons. Il est peut-être temps de se projeter dans le futur. De plus en plus amoureux, je trouve ça normal. Donc on se pose tour à tour des questions sur la manière de préparer une vie possible à deux. Comme tout bêtement où vivre ? Dans quelle région ? Et puis France ou Belgique ? Un défi de taille nous ronge petit à petit pour justement continuer à faire grandir cette relation amoureuse. Finalement, on a trouvé en faisant des concessions chacun de notre côté. On finit par choisir une ville qui est chargée par tant d'histoires. Cette ville, c'est Bouillon. J'allais vivre dans un premier temps seul. Parce que Laura terminait ses études. Et en même temps, pour moi, je devais absolument partir. Et enfin, laisser pousser des ailes. Quitter le nid familial. Et enfin, pouvoir prendre une bonne bouffée d'oxygène. Quitter aussi tous ces vieux souvenirs. Et recommencer par une nouvelle page en voulant corriger mes erreurs. Enfin, pas corriger les erreurs, mais plutôt mes expériences de la vie. En même temps, ça fait peur aussi. En calculant le tout et en faisant attention aux dépenses, c'est-à-dire le strict nécessaire pour pouvoir vivre et donc pas de loisirs, rien du tout, mettre au boulot, dodo, c'est-à-dire qu'à la fin du mois, il me restait plus ou moins 200 euros. Heureusement que je n'avais plus de crédit sous le dos. Sinon, c'était mission impossible. Mais avant de quitter le cocon familial, je devais attendre que l'ancien locataire termine son préavis de trois mois comme prévu à la base. Moi, ça m'arrange. Pour m'organiser et acheter tout le nécessaire pour emménager, c'est-à-dire tous les meubles, fourchettes, cuillères... assiette, fer à repasser, planche à repasser, absolument tout, C'est là que mon père m'a regardé dans les yeux, en me demandant si la distance entre nos deux habitats était loin. J'ai dit, ben oui, quand même, il y a 92 kilomètres, donc 92 quoi. Et j'ai vu un regard, un regard de désillusion, comme si quelque chose, oui, il allait perdre quelque chose. Et c'est là qu'il m'a proposé de souper dans une brasserie toutes les semaines, tous les mercredis, à 10 minutes de voiture de chez lui, enfin de chez nous. J'habite encore là. Et puis ça pendant trois mois. Ouf, cette brasserie était incroyable. Pour les viandards, c'est le paradis. Et puis bon, malheureusement, cette brasserie n'existe plus pour ça. Mais bon, là-bas aussi, ils servaient. Et également plus de 1000 bières différentes. 1000 ? Quoi ? C'est pas possible, j'y crois pas. Je regarde. Si ! La carte est plus grande que la nourriture. Enfin, que la carte de la nourriture. C'est incroyable. Évidemment, en arrivant sur place, je commence par une bière spéciale. Une au chocolat. Quoi ? Sacrée découverte. Pourquoi pas, mais voilà. D'après mes souvenirs aussi. Ça date. Bref, on passe un bon moment entre père et fils. Je me pose toutes sortes de questions. Et je lui pose aussi des questions liées au travail. Et je lui dis dans ses yeux, à un moment donné, avec deux, trois coups de bière, je lui dis, mais papa, comment tu fais, toi, pour résister à la pression liée au travail ? Il me regarde la tête en bas et me dit, tu sais Axel, tu crois quoi ? On n'a pas le choix. Il faut bien se nourrir et payer tes études, celles de ta sœur, et le crédit de la maison, et toutes les autres factures. Ce n'est pas facile tous les jours. Mais on avance. Même si on travaille sous la contrainte, on n'a pas le choix. C'est la vie. C'est comme ça. Je le regarde avec désillusion et je ne comprends pas ce concept. Vraiment pas. On ne va pas quand même travailler pour trois sous et en même temps cravacher derrière. Et finalement, la passion d'hier et celle d'aujourd'hui finit par tout au tard être étouffée par cette rentabilité. On en a marre. On finit par être dégoûté. En tout cas, ce que je peux retenir de cet échange, c'est l'admiration de mon père de se lever tous les matins avec cette boule au ventre malgré tout, justement, pour se rendre au travail. Dans la famille, on ne connaît pas le mot malade. On ne connaît pas non plus le mot chômage. Bref. Avec cet échange entre père et fils, on chine. On chine nos verres et on enchaîne par des gorgées de bière, en profitant de ce moment présent. Bien souvent, en repartant, on était ivre mort. Même s'il n'y avait que 10 minutes de voiture, jusqu'à notre domicile, je loupais la poignée de la voiture pour rentrer dans celle-ci. Je me suis dit, tchô, la route va être longue. Mon père n'était pas mieux. Tous deux sous comme des cochons. Heureusement qu'on ne croise personne sur la route pour éviter tout accident. Une fois arrivé à la maison, on se souhaite une bonne nuit et on se dit à demain. Ouh, mon lit m'avait manqué. Et surtout que je devais être frais pour le lendemain matin. La suite dans le prochain épisode. Écrire peut parfois aider à comprendre ce que l'on traverse. Dans l'application mobile, l'Ethanol CPLB, tu peux tenir un journal personnel pour y déposer tes pensées, mais aussi tes difficultés, tes progrès et surtout tes réussites. Un espace intime pour avancer pas à pas dans ton parcours. Parce que chaque chemin de reconstruction mérite d'être raconté. Et surtout, souviens-toi, parce qu'ensemble nous sommes toujours plus forts. Ce que je retiens de cet épisode, c'est à quel point nos habitudes peuvent être trompeuses. Partager un repas avec mon père, c'est un moment précieux. Un de ces moments où l'on parle à cœur ouvert, où l'on transmet nos valeurs de courage, de travail et de famille. Mais l'alcool est d'office venu se glisser dans ce rituel. Comme si lever nos verres devenait la condition pour que notre complicité existe. Avec du recul, je comprends que cette discussion aurait eu la même valeur, même plus en profondeur, sans avoir eu besoin de noyer nos gorgées dans la bière. L'alcool nous a donné l'illusion d'une proximité, mais il a aussi pris une place qui n'aurait jamais dû y avoir. Celle de brouiller la clarté dans nos échanges, celle de mettre en danger notre sécurité sur le chemin du retour, et celle de transformer un souvenir pur en un souvenir flou. La vraie force de mon père, ce n'était pas de tenir son verre, mais de se lever chaque matin malgré la fatigue, malgré le poids de responsabilité. Cette histoire m'a appris une chose essentielle. L'alcool ne doit jamais être le ciment de nos liens familiaux ou amicaux. Ce qui nous unit vraiment, ce sont les confidences et les rires, les regards échangés, la sincérité des moments passés ensemble. L'alcool ne doit pas traverser la beauté de ses instants. La véritable ivresse, celle qui reste, celle du lien humain. et celle du fond du verre. Et n'oubliez pas, ensemble nous sommes plus forts. La suite dans le prochain épisode qui s'intitule Bouillon, 33°C et l'odeur du piège. Avant tout, je tiens à te remercier. Oui, te remercier d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Si ce qui a été partagé ici t'a parlé, et si tu ressens le besoin de nous, d'échanger ou de déposer quelque chose, il existe un groupe Facebook dédié. L'Ethanol, c'est pour les bagnoles, le groupe. C'est un espace bienveillant pour partager, pour échanger et surtout, ne pas rester seul avec tout ça. Et si tu veux suivre l'actualité du podcast, les coulisses ou les prochaines annonces, tu peux aussi retrouver le projet sur la page Facebook du même nom. Surtout, prends soin de toi et à très bientôt.