Speaker #0Salut tout le monde, j'espère que vous allez bien. On se retrouve pour un nouvel épisode de podcast dans l'éveil du masculin. Aujourd'hui j'ai envie de vous parler de santé mentale. Alors j'en ai déjà fait un épisode de podcast il y a peut-être quelques mois en arrière, à quel point c'était important de se prendre en charge. Récemment sur les réseaux, j'ai partagé un post où j'ai expliqué que ma santé mentale avait failli me coûter mon couple à plusieurs reprises, et notamment le fait de ne pas me prendre en charge et de venir projeter, on va dire, un petit peu tous mes malheurs et toutes mes souffrances dans ma relation. mais de trouver aussi en ma partenaire une forme de thérapeute et de créer finalement dans la relation un lien thérapeutique ce qui crée beaucoup d'ambiguïté et je l'avais fait le mois de juin parce que le mois de juin c'était le mois de la santé mentale chez l'homme et sur le mois de juin il y a eu beaucoup de postes qui ont afflué dans ce sens et je trouve ça génial parce qu'en tant qu'homme on a besoin de relayer ce message que c'est important de se prendre en charge qu'on a besoin de prendre soin de notre santé mentale parce qu'aujourd'hui c'est toutes les 80 secondes où on a un homme qui meurt dans le monde, donc il y a vraiment à la fois un enjeu mondial, mais ça montre qu'il y a quand même une difficulté à soit trouver un espace ou à se prendre en charge, parce que finalement la santé mentale de l'homme est encore relayée au second plan. Et bien sûr, c'est lié à tous ces conditionnements qui sont liés à l'inconscient collectif masculin. Un homme, ça doit être fort, un homme, ça doit être solide, un homme, ça doit être résilient, un homme, ça doit pas pleurer, un homme, ça doit pas être vulnérable, ça doit pas être sensible. Donc même si aujourd'hui, les lignes bougent, et qu'on voit de plus en plus d'hommes s'exprimer sur ces sujets, ça reste compliqué. Ça reste encore des sujets qui sont sensibles, ça reste encore tabou, parce que les conditionnements, ils ont la peau dure. Quand on regarde nos pères, nos grands-parents ou les anciennes générations, on voit que c'est connecter à ses émotions, parler de ce qu'on ressent, pleurer face à son fils, c'est des choses qui sont très compliquées. Et on se construit par rapport à nos parents, par rapport aussi à ce qui a été transmis des anciennes générations. Et donc, on réplique un petit peu ces mêmes fonctionnements. Et en tant qu'homme, aujourd'hui, même si on entend le message de « c'est important de se prendre en charge » , « c'est important de faire attention à sa santé mentale » , c'est pas pour autant que c'est évident de se prendre en charge et de faire attention. Donc le premier message que moi j'ai envie de vous transmettre en tant qu'homme, moi-même je suis passé par là, je sais à quel point c'est facile de venir relativiser quand ça va pas. Et c'est le fameux « ça va » . Non mais ça va. Quand notre partenaire ou une personne nous demande comment tu te sens en ce moment et qu'elle comprend que dans notre communication non-verbale, ça va pas trop quoi, qu'on fait un petit peu la tronche ou qu'on a l'air un petit peu malheureux et qu'on dit ça va. Ce ça va, il communique de beaucoup de choses. C'est qu'en général, ça va pas trop et on a tendance à minimiser, à relativiser ce qui se passe en nous. Et en faisant ça, on s'isole, on se ferme un petit peu, on ferme notre monde intérieur, on se permet pas d'être vulnérable ou de dire tout simplement bah là j'ai besoin d'aide parce que je rencontre une situation qui me met mal et on se retrouve avec nous. Et souvent, à ça, on va y lier beaucoup de honte, comme si on n'avait pas le droit de ressentir certaines émotions, comme si on n'avait pas le droit de ressentir certaines souffrances, comme si on n'avait pas le droit d'avoir de la frustration, d'être en colère, et que l'homme, il devait à chaque fois être stoïque, qu'il devait être imperméable, comme si les émotions s'étaient réservées aux femmes, alors qu'aujourd'hui, en tant qu'homme, on a un corps physique, on a un mental, mais on a aussi un corps émotionnel. Et malheureusement, ou j'ai envie de dire heureusement d'une certaine façon, toute notre vie, on va vivre avec nos émotions. On va vivre avec la colère, on va vivre avec la joie, on va vivre avec la paix, on va vivre avec la frustration, on va vivre avec la fierté. Ça va faire partie de nous. Et si on ne se permet pas de tout simplement les exprimer, de pouvoir tout simplement aussi demander de l'aide quand ça ne va pas, ou de parler de notre état en fonction de comment on se sent par rapport à une situation, eh bien on réprime ce monde à l'intérieur de nous. Et souvent ça fait un effet cocotte minute. Ça fait un effet cocotte minute qui parfois peut exploser à la maison, avec des grandes impulsivités, qui parfois peut exploser à l'extérieur. et qui parfois peut exploser contre nous. Ça me fait penser un peu à l'archétype du guerrier. Quand j'ai beaucoup de violence à l'intérieur de moi, soit cette violence au bout d'un moment je la projette à l'extérieur et donc je fais mal aux autres, ou sinon je la projette contre moi. Et c'est là où on peut arriver sur des actes malheureux et notamment sur le suicide. Si aujourd'hui on a toutes les 80 secondes un homme qui se suicide dans le monde, c'est qu'il y a un homme qui s'est retrouvé seul un moment, qui s'est retrouvé seul face à lui-même, et qui n'a pas su forcément comment gérer son mal-être, et qui a préféré mettre fin à ses jours. pour x raisons. Et aujourd'hui, je pense qu'on peut arriver à dépasser ça, mais je pense que ça va demander d'avoir de plus en plus d'hommes qui vont prendre la parole et releiller ce besoin de se prendre en charge, ou en tout cas de créer des espaces pour les hommes, pour qu'on puisse avoir des espaces pour venir exprimer nos douleurs, qu'ils puissent venir les canaliser et les contenir. Et pour revenir un petit peu à la relation de couple, moi, la première erreur que j'ai faite, c'est d'utiliser ma relation de couple comme un espace pour venir projeter mes douleurs, en tout cas. Sans forcément faire attention, d'attendre de ma partenaire qu'elle soit un sauveur. Et donc de rentrer dans cette fameuse relation thérapeutique, et moi d'être l'objet à réparer. Le problème c'est que ça amène beaucoup de dysfonctionnement dans la relation, et qu'au bout d'un moment, l'autre personne en face va porter un petit peu tout le pouvoir. du monde sur ses épaules, car on va venir la charger de tous nos problèmes, et même si on ne le communique pas de manière verbale, même si on ne dit pas telle ou telle chose, dans notre communication non-verbale ou dans notre façon d'être au quotidien, la personne va ressentir, elle va se charger émotionnellement de ce qui se passe pour nous, en tout cas. Et attention, je ne dis pas que l'autre personne ne doit pas être présente pour nous, ou ne doit pas être soutenante, mais il y a une différence entre « chérie, ça va pas » Je peux te parler de ça, je sais pas trop comment faire, mais voilà, je vais me prendre en charge, je vais trouver une solution et puis ça va aller, on va trouver des moyens, mais je préfère te le dire en ce moment c'est compliqué que de venir mettre un tunnel à sa partenaire, attendre qu'elle nous répare alors qu'elle peut pas trouver les réponses et qu'elle est pas forcément thérapeute, et de pas forcément se prendre en charge, et que ça continue finalement dans le temps, jusqu'à ce que ça vienne un peu détruire la relation ou créer un tas d'antécédents qui fait que la relation est de plus en plus dysfonctionnelle. Moi je vous parle de ça parce que c'est quelque chose que je suis venu jouer dans ma relation de couple. Et j'ai mis du temps à comprendre qu'en effet, je projetais ma santé mentale et mes douleurs dans ma relation de couple et que ça coûtait énormément à ma partenaire et que c'est comme si en fait je lui demandais de porter le couple pour nous deux, plein de fois. Alors il y a des moments où ça va pas, il y a des moments où on a besoin d'aide et on a besoin que l'autre en fasse un petit peu plus dans la relation. Ça devient problématique quand ça devient une constante, et que l'hôte est toujours dans la position finalement de sauveur ou de capitaine, et toujours en train de driver la relation parce que l'hôte est toujours, on va dire, broken, cassé, et surtout parce que l'hôte ne se prend pas en charge. Et donc ça peut après créer une forme de rancœur vis-à-vis de notre partenaire, en tout cas notre partenaire peut avoir une forme de rancœur vis-à-vis de nous, parce que le fait qu'on ne se prenne pas en charge et qu'on continue à dire des grands ça va alors qu'en fait ça ne va pas, il y a ce moment où la personne se dit mais en fait il fait rien pour arranger notre relation ou en tout cas il fait rien pour... à ranger ce qui ne va pas pour lui et que ça puisse derrière toucher notre relation, mais du bon côté des choses. Et c'est là où, en tant qu'homme, malgré les conditionnements qu'on peut avoir et qu'on a reçus, ça va être à nous de faire ce pas qui est inconfortable, mais de « j'ai besoin de trouver une safe place en dehors de la relation » . Ça n'empêche pas que ma partenaire, c'est ma coéquipière et je peux lui parler de beaucoup de choses, mais ça ne doit pas être mon thérapeute. Et c'est à moi de voir si je prends un coach ou un thérapeute, une personne de confiance, je rejoins éventuellement un cercle d'hommes, un espace collectif où il y a des hommes, et ça va me faire du bien parce que je vais voir qu'en fait, je ne suis pas le seul à avoir des difficultés, des problèmes et des souffrances. Il y a plein d'hommes dans ce monde qui ont vécu de la violence. Il y a plein d'hommes qui ont été rejetés, qui ont été abandonnés, qui ont été maltraités. Et aujourd'hui, pouvoir se réunir parfois en immersion, en cercle ou dans un espace, et voir qu'on n'est pas seul dans nos souffrances, ça fait du bien. Ça nous permet de nous identifier aux autres hommes, à leur histoire, à leur vécu, à leurs blessures. Je pense qu'on a beaucoup à s'apporter entre nous, les hommes. Faut le dire, aujourd'hui, et c'est le message que je tiens maintenant depuis 3 ans, il y a beaucoup de division entre les hommes, c'est ce qui fait que souvent on est isolé, c'est ce qui fait que souvent on témoigne pas de ce qui se passe à l'intérieur de nous, de nos ressentis, de nos émotions. Et venir recréer un lien de confiance, où on a la capacité de se dire, aujourd'hui je me sens comme ça, là ça va pas, est-ce que tu peux m'aider à tel niveau ? Toi t'as vécu comment cette situation à la maison ? Je pense que c'est vraiment une force. Notre force, elle se trouve aussi dans notre... capacité à être en connexion avec les autres hommes. En effet aujourd'hui je pense que c'est un enjeu mondial de retrouver du lien entre les hommes et les femmes mais je pense que c'est aussi un enjeu hyper important de retrouver du lien entre les hommes et d'arrêter d'être dans la division ou dans la rivalité pour voir qui a la plus grande, vous m'avez compris. Pour le coup c'est aussi le message que je veux faire passer ici, pour moi la démarche elle n'a pas été évidente, j'ai mis vraiment du temps à me prendre en charge. Je pense que ma partenaire m'a vraiment poussé au cul plusieurs fois et je la remercie parce que finalement elle a fait preuve d'une grande patience, je pense qu'elle aurait pu me quitter bien avant et j'ai vu qu'il y a un moment à ne pas me prendre en charge, j'étais en train de perdre ma relation, j'étais en train de perdre la personne que j'aimais et ça, ça avait un vrai coup pour moi, en tout cas un vrai coup émotionnel et donc il y a eu ce moment où j'ai commencé à faire un petit peu mes recherches, à voir ce que je pouvais m'apporter, à voir comment je pouvais finalement être un peu plus heureux dans mon quotidien et à ce moment-là, le développement personnel est venu un petit peu comme un pansement, me faire du bien, mais c'est pas ce qui m'a fait vraiment bouger. Je pense que c'est quand j'ai commencé vraiment la thérapie, où là on est vraiment dans une intention, une direction différente, où on vient vraiment creuser aussi dans le passé et faire émerger certaines choses, que là ça a commencé à vraiment avoir un effet sur ma santé mentale. Donc après je pense qu'il y a plein de voies, le tout c'est de se prendre en charge, de trouver la voie qui nous correspond. Moi aujourd'hui je continue la thérapie quand j'ai des besoins spécifiques, et donc il y a des moments où j'avance, il y a des moments où je prends le temps d'intégrer, mais ça, ça a vraiment fait une différence pour moi. Et ce qui est marrant c'est que hier soir j'étais au restaurant, avec un ami et qui me disait alors moi thérapie pas du tout et qui voyait ça comme quelque chose de perché. Donc je me dis encore en tant qu'homme quelle vision on a finalement de la thérapie. Parce que la thérapie c'est pas quelque chose de perché, c'est nous finalement, c'est venir prendre un instant pour parler de ce qui se passe en nous, des situations qu'on a pu vivre dans l'enfance et il n'y a pas de mal à ça en fait. Et en fait ça fait du bien parce que ça permet d'arrêter de se censurer sur ce qu'on a pu vivre, sur ce qui est encore douloureux à l'intérieur de soi et ça permet de trouver un cadre qui va être un cadre neutre pour s'exprimer. Et je pense que le fait de s'exprimer, d'arrêter de se censurer, c'est déjà une forme de guérison en soi. Ça permet déjà de se soulager de certaines choses, de se libérer d'un certain poids, même si on n'a pas forcément les réponses à nos mots, c'est déjà énorme. Et si aujourd'hui, chaque homme pouvait déjà s'exprimer sur ce qu'il ressent à l'intérieur de lui, sur les souffrances qu'il a pu vivre, sans forcément... avoir une réponse, je pense que ça ferait bouger pas mal de choses. Donc si aujourd'hui vous êtes un homme et que vous écoutez mon podcast et que vous sentez que la démarche elle est difficile, rappelez-vous que vous le faites pour vous. Qu'il n'y a pas de honte à se prendre en charge, à aller voir une personne ou à trouver peu importe la modalité qui vous convient pour vous sentir mieux en votre présence. Vous avez le droit d'aller mieux. Bien sûr le but c'est pas de chercher à passer sa vie, à se réparer parce que le message qu'on se renvoie c'est qu'on est toujours broken comme je le dis à chaque fois, mais vous avez le droit de prendre soin de vous. votre santé mentale et compte, on a besoin d'avoir aujourd'hui des hommes qui ont une santé mentale où ça va, quand la santé mentale ça va pas c'est là où ça dérape, c'est là où il se passe des dingueries à la maison, c'est là où il se passe des dingueries dans nos relations de couple, c'est là où il se passe des dingueries sur plein de choses en fait dans le monde dans notre environnement, c'est là où il y a des gros pétages de câbles, c'est là où on dépasse certaines limites c'est là où parfois on fait du mal, parfois on est violente parfois on abuse et donc en fait il y a vraiment un enjeu à se prendre en charge à défaut de le faire au moins pour soi, je pense que c'est intéressant de le faire pour notre environnement mais une fois de plus vous le faites pour vous, vous avez le droit d'aller bien et vous avez le droit de comprendre qu'il n'y a pas de honte à se prendre en charge. On a le droit de venir casser avec les anciens schémas, avec les schémas de masculinité où on devait rester dur, solide et que si on se prend en charge, on est infragile et que si on doit parler de nos émotions, on est infragile. Ça, c'est des discours qui sont obsolètes. On a vu ce que c'est de réprimer toute une génération. On a vu ce que c'est finalement de réprimer ses émotions, de réprimer ce qui se passe à l'intérieur de nous. On a vu les explosions que ça crée aujourd'hui dans le monde et on le voit à plein de niveaux. je vais pas refaire un petit peu l'actualité et sans parler des suicides dans le monde où quasiment toutes les minutes il y a un mec qui meurt il y a un homme qui meurt en fait, il y a un homme qui part donc je vais pas revenir sur ce sujet j'en avais parlé dans un ancien épisode de podcast où je disais que même en France je crois que c'était 80% d'hommes en fait qui se suicidaient sur l'ensemble des suicides et les consultations en thérapie c'était 70 à 75% de femmes qui avaient ces consultations en thérapie donc bien sûr on dit Oui mais les femmes elles passent pas à l'acte, elles ont moins de violence. Oui mais justement c'est tout à fait le problème, c'est que nous les hommes on a énormément de violence en nous et on a une capacité à passer à l'acte plus facilement parce qu'on réprime encore plus facilement ce qui se passe à l'intérieur de nous donc d'autant plus on a peut-être encore plus besoin d'avoir ces espaces ou ces sessions de thérapie pour prendre soin de nous, tout simplement. Donc une fois de plus c'est pas tirer la couette et qui se tue le plus ou qui se prend le moins en charge c'est juste de quoi j'ai besoin, comment au bout d'un moment je peux me la porter. comment je peux mettre de côté la honte et les anciens conditionnements qui ne me conviennent plus, éventuellement trouver des repères masculins qui aujourd'hui se sont réactualisés par rapport à l'ancienne masculinité et avancer et mettre en place des choses pour moi qui me conviennent et qui vont me permettre d'évoluer, de m'épanouir dans ma vie, bien sûr que ça ne sera jamais rose mais j'ai le droit de prendre en charge ma santé mentale, donc voilà. Je vais venir conclure avec ça, peut-être pensez à une action à partir d'aujourd'hui ou à partir de demain que vous pouvez faire pour vous, pour prendre soin de votre santé mentale si vous sentez que vous êtes dans un moment difficile peut-être ça peut être appeler un ami, parler d'une situation difficile à un parent, prendre une session en thérapie voir où ça mène, vous laisser surprendre venir dans cette notion d'action imparfaite j'en ai parlé hier, ça n'a pas besoin d'avoir un résultat exceptionnel, le tout c'est de faire quelque chose qui part de vous et qui est là pour remplir votre besoin de prendre soin de vous tout simplement, voilà, on se retrouve pour un prochain épisode de podcast dans l'éveil du masculin, je vous dis à très vite