Speaker #0Hello tout le monde, j'espère que vous allez bien. On se retrouve dans l'éveil du masculin. Ça fait depuis longtemps que j'ai pas pris la parole ici. Content de vous retrouver. Ça doit faire deux mois, je pense. Et je viens avec un sujet, car c'est un petit peu le process par lequel je suis passé récemment. Peut-être que ça vous parlera, peut-être pas. Et c'est le fait d'intellectualiser sa vie. D'être beaucoup dans son mental, tout simplement. D'avoir du mal à habiter son corps. Et si je vous parle de ça, c'est que... Alors d'abord, j'ai été en immersion moult fois avec des hommes, depuis quatre ans, où j'ai accompagné des centaines d'hommes. Souvent ce qui remonte c'est cette capacité à vouloir trouver des réponses, cette capacité à vouloir décortiquer chaque espace de sa vie, chaque situation pour comprendre le pourquoi du comment. Et souvent cette capacité nous aide pas toujours parce qu'elle nous éloigne de notre premier outil de régulation qui est le corps, et notamment avec la respiration. Et moi-même dans mon process, j'ai vu à quel point le fait de vouloir intellectualiser ma vie à chaque fois, de vouloir comprendre chaque chose. Chaque partie, chaque blessure, chaque trauma, chaque relation, chaque point de difficulté avec une personne, finalement m'amenait dans une énergie suppressive qui me faisait passer tout simplement à côté de ma vie. Et tout simplement à côté du fait de faire des actions. Comme vous le savez, plus on a confiance des choses, mieux on a d'informations pour pouvoir avancer. Mais plus on a d'informations et plus parfois c'est difficile de se mettre en mouvement et de prendre des décisions. On a plus parfois la capacité finalement à ruminer. à remettre en question notre vie, à se poser parfois des questions invalidantes, et ça ne nous aide pas. Et ça, c'est quelque chose qui est ressorti en thérapie récemment. J'ai repris la thérapie l'année dernière, parce que je sais que par moments, ça peut faire du bien quand il y a certains dossiers à venir traiter. Et c'est quelque chose qui est remonté de « je crois que j'en ai marre d'intellectualiser ma vie, de vraiment tout comprendre, et aujourd'hui, j'ai besoin de revenir à quelque chose de spontané. J'ai besoin de revenir à quelque chose de vivant. J'ai besoin d'arrêter de me poser des questions. » et d'être dans l'action, et d'être dans la capacité à me dire si je fais des erreurs, je fais des erreurs, c'est pas grave, de toute façon je vais apprendre en marchant, et c'est ce qui va me permettre aussi d'évoluer. Et je pense qu'aujourd'hui, en tant qu'homme, il y a cette peur des fois de faire des erreurs, de réapprendre, de se dire bon bah je vais prendre une décision qui sera pas forcément la bonne, et on verra ce qui va arriver. On est parfois justement un peu trop dans la tête à vouloir trouver la meilleure décision, le meilleur comportement, la meilleure posture, la meilleure analyse. Et ça nous coupe un petit peu de cette énergie de « mets-toi juste en mouvement, mets-toi en action et tu verras ce qui va se passer une fois que tu vas commencer à marcher » . Et je vous parle de ça parce que j'ai ressenti en fait beaucoup de suppression de ma part à finalement trop analyser les choses et être dans une forme d'inertie, de procrastination et de rumination. Que ce soit à titre personnel, sur certaines relations, que ce soit à titre professionnel, sur des directions à prendre, sur des projets à mettre en place, sur des choses à développer. Et si je vous parle de ça, c'est que je pense que c'est aussi un petit peu un effet secondaire du développement personnel. Et pour le coup, moi je baigne maintenant depuis 8 ans dans le développement personnel. Je pense être à mon niveau un acteur du développement personnel, et notamment avec le podcast que je propose ici. Et je ne dis pas que le développement personnel est mal, et je ne jette pas la pierre dessus. Je pense que c'est bien, et que c'est important de se développer, de développer son intelligence émotionnelle, relationnelle, son intelligence financière, pour pouvoir avancer dans la vie. Mais quand on rentre dans le développement personnel, on peut être toujours dans une course de finalement, il y a toujours des choses à améliorer. Ce qui renvoie aussi à une forme d'injonction de on n'est jamais assez et on ne mérite pas forcément et on peut toujours améliorer quelque chose ou réparer quelque chose ou guérir quelque chose. Et c'est un petit peu un puits sans fond finalement. Ça renvoie un petit peu le message de, en fait, dans ma vie, je ne suis jamais bien ou je ne suis jamais suffisant finalement. Et c'est là où je pense qu'il faut savoir faire la part des choses. C'est-à-dire qu'il y a des moments... Faire du développement personnel ou faire de la thérapie, typiquement ça va nous faire du bien parce que ça va nous permettre d'avancer sur un dossier en particulier, de s'améliorer, de trouver des réponses, de pouvoir les tester dans la vie de tous les jours en étant à l'action. Puis je pense qu'après c'est intéressant d'avoir ce moment d'intégration où on laisse retomber les choses, où on découvre un petit peu l'apprentissage ou les résultats de ce qui a été mis en place. Et une fois qu'on a pu avancer par nos propres moyens, on peut revenir éventuellement à une forme de développement personnel. ou de thérapie. Je pense qu'être tout le temps dans un processus d'apprentissage continu avec le développement personnel ou d'être tout le temps dans un processus de je dois me réparer avec de la thérapie et suivre de la thérapie pendant 5, 10, 15, 20 ans non-stop, je pense que c'est pas bon. Ça nous renvoie cette information inconsciente qu'on est toujours broken, qu'on est toujours cassé ou qu'on a toujours quelque chose à améliorer. Et je pense qu'il faut savoir prendre du recul avec ça et savoir finalement dans quel timing l'utiliser quand il y a vraiment un besoin d'accélération et quand on peut le mettre de côté. pour aussi avancer de ses propres moyens, mais pour ne pas oublier que la vie, elle mérite aussi d'être vécue. Que si je passe trop de temps à l'intellectualiser, c'est finalement tout le temps que je ne passe pas à vivre la vie pour ce qu'elle est. Ça me ramène un peu à la notion de contentement. Parfois, c'est juste bon de se dire, je peux me contenter déjà des acquis ou des choses que j'ai mis en place et que j'ai appris sur moi ou sur les autres. Et je peux déjà avancer avec ça. C'est pour moi un petit peu le problème de la conscience. C'est plus j'ai conscience des choses, plus j'ai d'informations, plus il y a un gap naturellement qui se met en place entre la conscience et le fait de mettre en place des choses ou de les incarner. Il y a toujours un décalage. Mais prenez l'exemple de demain, vous prenez un livre de développement personnel typiquement. Si vous avez déjà la capacité d'intégrer 3 à 5% de ce livre, c'est déjà un shift énorme dans votre vie. Il peut se passer déjà des choses incroyables. En réalité, vous remarquerez qu'en général, on intègre très peu de choses et on a beau consommer et accumuler les podcasts et les livres, en fait, on est souvent un petit peu dans la recherche d'informations, souvent finalement à vouloir un petit peu assimiler plus d'informations pour souvent se rassurer, se rassurer de comprendre, se rassurer d'être assez, se rassurer d'avoir assez de clés et parfois la vie ne bouge pas parce qu'il y a toujours... un delta entre le moment où je comprends les choses, le moment où ça bouge à l'intérieur de moi dans ma structure émotionnelle et le moment où j'applique les choses et le moment finalement où je commence à avoir des résultats et des changements dans ma vie. Et plus je vais consommer de choses et apprendre de choses et plus cet écart va se creuser. Donc c'est un petit peu, j'ai conscience de beaucoup de choses mais finalement je tombe dans une forme de frustration de voir que ma vie, elle évolue pas tant que ça. Donc après je dis pas qu'il faut plus consommer du développement personnel, c'est pas mon message ici. Ou tout simplement de s'informer, de s'éduquer. Je pense que non, c'est quelque chose de bien une fois de plus. Mais il faut savoir le faire, je pense, en bonne intelligence pour pas se laisser happer par quelque chose qui fait qu'on est toujours dans la tête et on n'est plus du tout dans le fait de tout simplement vivre nos vies. Donc par rapport à ça, si moi en tout cas j'ai un conseil à vous donner, c'est peut-être parfois accepter de savoir moins, d'apprendre un petit peu moins et accepter d'être un peu plus dans l'action et notamment l'action imparfaite. l'action imparfaite qui fait que on peut pas forcément... On peut maîtriser parfaitement ce qu'on a envie de faire, ou la réaction des autres, ou comment va se dérouler une situation, mais on s'autorise en tout cas à être en mouvement et à voir où ça nous amène, à voir qu'en marchant, on va obtenir des réponses, on va découvrir certaines choses, et ça va nous permettre de se révéler ou de révéler certaines situations qui nous permettront par la suite de prendre des décisions ou d'obtenir certains résultats. Ça me fait penser aux immersions avec les hommes que j'ai pu faire pendant 4 ans, où pour moi ce qui a chaque fois fonctionné le plus, C'était pas forcément les cercles de parole qu'on faisait quand on venait échanger sur des thématiques en particulier, sur la sexualité, sur la place d'un homme dans sa relation de couple ou dans la société. C'était souvent plus les expériences qu'on avait autour, donc plutôt corporelles, comme les respirations somatiques, donc le breastwork, l'exposition au froid, la confrontation physique, ou encore le sport, le dépassement de soi, le mouvement, qui permettaient après dans ces cercles de parole de venir révéler des choses, parce qu'on avait bougé physiquement. Parce que quand on habite son corps, naturellement, c'est des pratiques qui vont être somatiques, qui vont réveiller des émotions non vécues, et on va se permettre de réexplorer certaines choses, et donc de ressentir, et à partir de ces espaces, on va se permettre d'exprimer ce qui se passe à l'intérieur de nous. Donc je trouve que souvent c'est une bien meilleure démarche que d'arriver, se poser le cul en lotus, faire un cercle de paroles, venir sur une thématique, et dire voilà, je me sens comme ça dans ma vie, et rester une fois de plus dans un processus d'intellectualisation. C'est ce qui fait que typiquement, quand je commençais à chaque fois une immersion, je démarrais toujours par une activité de type somatique corporelle, un breastwork ou une activité de ce type, pour permettre aux participants et aux hommes de revenir dans leur corps, de ressentir les choses, et après s'autoriser ou pas à les exprimer. Donc ça c'est mon approche et aujourd'hui je vois que moi-même en fait, il y a ce moment où je me suis décalé de cette approche car bien sûr, soif de connaissances et soif de compréhension, j'ai cherché à intellectualiser chaque partie de ma vie et j'ai oublié que... mon meilleur outil, mon meilleur allié, c'était mon corps, pour pouvoir l'expérimenter, pour pouvoir la ressentir, et tout simplement pour pouvoir être présent, en fait, dans ma vie. Alors attention, je ne dis pas qu'il ne faut pas du tout être dans sa tête, je pense qu'il faut savoir utiliser sa tête correctement, et le mental est là pour nous sécuriser et créer de la cohérence, après c'est apprendre à justement se connaître et à fonctionner avec soi-même, et savoir quand c'est un petit peu trop et qu'il y a besoin de revenir tout simplement dans le corps. Je pense qu'en tant qu'homme, et sûrement aussi en tant que femme, notre super pouvoir en réalité c'est de venir dans ce corps, c'est de venir l'habiter, de revenir dans ce qu'on ressent finalement, et à partir de ce corps, avoir ces informations qui nous permettent avec notre tête finalement de trancher ce qui est bon pour nous, et de se mettre en mouvement, tout simplement. Donc voilà, c'est un peu le message que je voulais vous faire passer aujourd'hui. Je pense que l'éveil du masculin va bouger très prochainement. J'ai envie de revenir à quelque chose de plus... spontanée, de plus brute, de moins léchée, de plus, je dirais, authentique, même si l'authenticité à 100% n'existe pas, elle est toujours dosée et arrangée, ça pourrait faire un bon sujet de prochain épisode de podcast. Mais voilà, n'hésitez pas en tout cas si vous avez des idées pour des prochains épisodes, s'il y a des choses qui vous intéressent, des sujets que vous souhaitez que j'aborde, parce que je les ai peut-être expérimentés ou j'ai peut-être un avis sur la question. Et par rapport à cet épisode aujourd'hui, n'hésitez pas aussi à me faire un retour si vous êtes un homme, une femme. Si vous avez la sensation un petit peu de trop intellectualiser votre vie, et si cet épisode vous a déjà fait un petit peu de bien, et que ça vous a permis de vous dire ok je vais prendre un peu de recul, je vais souffler, et je vais arrêter de me poser dix mille questions pour commencer à revenir tout simplement vivre ma vie. Donc voilà, on se retrouve pour un prochain épisode de podcast. Une très belle semaine à tout le monde, à très vite.