Speaker #0Salut tout le monde, j'espère que vous allez bien. On se retrouve pour un nouvel épisode de podcast dans l'éveil du masculin. Aujourd'hui j'ai envie de vous parler de la honte. C'est un sujet que j'ai pas encore abordé, sujet assez sensible pour moi mais aussi pour beaucoup d'hommes. J'ai pu avancer récemment sur ce sujet qui est ressorti en thérapie et je me suis dit ça ferait un bel épisode de podcast. Alors je vais pas vous parler de mes hontes personnelles à moi, ça demanderait d'être en intimité avec moi pour que je vous les dévoile. Mais voilà, je vais vous parler de comment moi je vis la honte à un certain niveau, qu'est-ce que ça joue dans ma structure émotionnelle, comment je me comporte avec, qu'est-ce que j'en fais aujourd'hui, comment j'avance avec ce sentiment de honte, comment j'apprends à le gérer. Donc il n'y a pas forcément des conseils que je vais vous partager, c'est plus un retour d'expérience ou de ressentiment de ma part sur ce sujet, en espérant que ça pourra vous parler. La honte, on est beaucoup à... A la ressentir, on est beaucoup à être touché par la honte. Il y a énormément d'hommes qui sont touchés par la honte. C'est souvent aussi lié à un problème de santé mentale, parce que la honte, on a tendance à la fuir, à la mettre sous le tapis, à l'isoler. On finit par s'isoler, parce qu'on n'est jamais fier. Et le sentiment qui vient en face de la honte, c'est ce que j'ai compris récemment, c'est la fierté. Et avec cette fameuse honte, on a tendance à se limiter, à se censurer, à se faire petit, Parce que c'est des aspects de notre vie qui nous renvoient... à un truc négatif par rapport à nous. Par rapport à la culpabilité, on pourrait dire que la culpabilité c'est le fait de mal agir. La honte, on est à un autre niveau, c'est le fait d'être une mauvaise personne. Et donc, on est quand même dans un truc un petit peu plus fort. Par rapport à ça, et moi c'est mon histoire personnelle avec la honte, j'ai construit l'identité du gentil garçon. Donc le fameux syndrome du gentil garçon. Parce qu'en étant un gentil garçon, un fils aîné modèle, Un enfant médiateur, diplomate, une personne avec beaucoup d'empathie, ça a été un petit peu ma stratégie pour survivre, pour m'adapter, pour plaire, ne pas déplaire, pour être aimé, pour être vu à mon niveau. Et bien sûr, en adoptant cette stratégie, je me suis fait petit. Donc le mec qui a tendance à ne pas communiquer ses besoins, ou qui a tendance à faire passer les besoins des autres en premier, ou en tout cas à diluer ses besoins en fonction de ce que vont penser les autres, ou en fonction des autres tout court. Le mec qui a aussi du mal à poser ses limites, qui a du mal à affirmer ce dont il a besoin. Et pendant longtemps, c'était très compliqué pour moi de tout simplement accéder à ce que j'avais envie de faire. On pouvait me poser une question sur « Demain, est-ce que t'aimerais partir vivre au Brésil pour développer telle ou telle chose ? » J'étais incapable de répondre, car j'arrivais pas à me connecter tout simplement à mes besoins, ou à ma vision, ou à ma direction. Alors que pourtant, je sais qui je suis, mais je me suis tellement enseveli. à un moment donné sous cette identité de gentil garçon, que finalement je vivais à travers ce prisme, et je renforçais bien sûr un narratif autour de ça de moi je suis pas le mauvais mec, moi je suis pas méchant, moi j'arrange les gens, moi je me gêne pour les autres pour qu'ils puissent avoir de la place, moi je vais pas confronter les autres, je vais pas braquer les égaux des gens, donc moi je suis pas tranchant, mais en faisant ça en fait j'ai pas arrêté de me diminuer dans ce que je pouvais être. Comme si finalement j'étais en train de me rétrécir, comme si finalement j'avais pas le droit de vivre que je méritais pas, méritais pas d'exister. Ça me ramène un petit peu, si je prends pas quatre chemins, à la honte d'exister, comme si j'avais pas le droit d'exister. Et quand on est dans cette énergie-là, naturellement c'est hyper suppressif, c'est hyper limitateur, on a envie de se faire petit une fois de plus, on a pas envie de prendre place parce qu'on a peur de gêner, et la gêne c'est, on va dire, une régression, un diminutif finalement de... de la honte, à partir du moment où il y a de la gêne, de manière sous-jacente, il y a souvent de la honte qui se cache derrière. Et si je vous parle de ça, c'est que pour moi ça a été un long process, parce que la honte, je l'ai cachée pendant longtemps. La honte, j'ai essayé de la garder sous le tapis. Même en thérapie, j'ai travaillé avec une thérapeute pendant un an, et c'est seulement après un an de session régulière que le sujet de la honte est sorti sur la table. Alors j'étais pas en surface dans les sessions de thérapie, c'est juste que j'abordais ce qui me semblait convenable. et ce qui pouvait me faire progresser. Et j'ai esquivé habilement le sujet de la honte jusqu'à ce qu'un jour, avec je pense un certain recul et un besoin de me dire, j'arrête de me dérober, j'arrête de tourner autour du pot et je rentre dans ce processus d'honnêteté avec moi-même, je me regarde en face, la honte, voilà, elle est présente. Elle est présente dans ma structure, elle est présente dans ce que je suis en tant qu'homme. J'ai de la honte au niveau sexuel, j'ai eu de la honte au niveau de la réussite. j'ai eu de la honte au niveau des finances j'ai eu de la honte une fois de plus sur le fait d'exister et donc on a fini par aborder le sujet et à le poser sur la table et honnêtement c'est hyper déstabilisant mais ça m'a fait aussi énormément de bien de pouvoir le nommer juste de pouvoir le nommer sans l'intellectualiser sans chercher à trouver une solution pour faire partir cette honte c'est quelque chose qui m'a déjà fait beaucoup de bien et ça c'est peut-être La première step, moi dans mon processus qui m'a aidé, d'avoir un cadre où je me sens en sécurité et où je peux venir identifier, reconnaître cette honte et commencer tout simplement à la nommer. La deuxième chose qui m'a énormément aidé par rapport à la honte, c'est de commencer à en parler dans l'intimité avec ma partenaire. Ma partenaire qui me connaît très bien, qui est avec moi depuis quasiment 11 ans, donc qui l'a naturellement identifié dans ce que je suis. Et le fait de pouvoir en parler avec elle, sans forcément une fois de plus trouver des solutions, mais juste avoir une personne qui reçoit ce que je lui dis, ça m'a aussi fait du bien, ça m'a beaucoup soulagé et ça a permis d'apaiser quelque chose en moi. Alors ça n'a pas supprimé ou éradiqué la honte. Malheureusement la honte c'est un sentiment, sur ce que j'ai pu comprendre, avec lequel on va continuer à vivre toute notre vie. On apprend à manœuvrer avec la honte, on apprend à la relativiser, à mieux la gérer. à avoir un peu plus de levier sur elle. Mais la honte, globalement, une fois qu'elle est bien installée dans la structure émotionnelle d'une personne, et notamment via sa construction et ses racines, c'est quelque chose qui est bien engrainé en nous. La troisième chose qui m'a fait énormément de bien, c'est de commencer à en parler avec mon entourage, et notamment avec un ami en particulier, où très récemment, je lui ai vraiment déposé la honte que je pouvais avoir en tant qu'homme, le poids que ça pouvait avoir pour moi. et où en particulier j'avais honte dans ma vie. Et là, pareil, dans le processus, la personne a juste été à l'écoute de moi, a juste été dans la réception de ce que je pouvais dire, avec beaucoup d'empathie et à la fois beaucoup de fraternité, donc ça m'a fait beaucoup de bien. Et puis naturellement, dans mon narratif, ça semble être de la honte, honte suprême, alors que pour lui, c'était une personne affectée par certaines choses dans sa vie et il n'y avait pas forcément de... honte. Après voilà, c'est un ressentiment qui est personnel, et quand on ressent de la honte, c'est complètement légitime et à sa place de ressentir de la honte. Mais le fait d'avoir, une fois de plus, une safe place avec un ami qui ne me juge pas, qui lui-même a certainement un cheminement ou un parcours avec la honte en tant qu'homme, ça m'a fait beaucoup de bien. Et ça m'a permis de dédramatiser aussi le sujet en me disant, bon, j'en fais habituellement une affaire d'état, en tout cas depuis que je l'ai découvert, parce que C'est déstabilisant. Avant, je ne regardais pas ce sujet, ou en tout cas je le laissais sous le tapis, donc je n'avais pas conscience que j'avais de la honte dans ma structure, et que ça me limitait dans plein d'espaces de ma vie et de situations. Et finalement, le fait de pouvoir le nommer, ça a permis de relativiser ça, et d'arrêter d'en faire une affaire d'état. Par rapport à la honte, ce que j'aurais tendance à vous dire, et là c'est par rapport à un ancien épisode de podcast que j'ai fait récemment, sur le fait d'arrêter d'intellectualiser sa vie. Je pense qu'en effet, c'est pas toujours bon de chercher à venir tout comprendre. Moi, ce que je fais aujourd'hui, et ça c'est peut-être la quatrième étape de mon propre processus personnel, c'est finalement, j'apprends à l'observer. Vraiment en mode pleine conscience. Il y a de la honte qui arrive par rapport à une situation où il y a quelque chose qui remonte en moi, où j'ai de la gêne, et donc souvent c'est l'indicateur que si je me gêne, c'est que j'ai honte, certainement de quelque chose en tout cas. Honte de peut-être prendre trop de place ou de passer pour quelqu'un de narcissique ou quelqu'un qui en fait trop, peu importe, on a tous nos sujets. À ce moment-là, je l'observe et je viens pas la juger. Je la laisse juste remonter, me traverser. Alors, c'est complètement dégueulasse de se faire traverser par de la honte. C'est vraiment un sentiment qui est, voilà, qui est pas du tout agréable. Autant je m'étais laissé traverser par la frustration, la colère, la tristesse à plein de reprises, autant la honte c'est quelque chose de... d'assez fort, assez insidieux, j'ai pas les bons mots pour le définir, mais voilà, c'est quand même intéressant de laisser la honte circuler sans vouloir la comprendre tout de suite et lui apporter une solution et venir finalement changer de place un petit peu, se positionner sur une autre chaise pour changer un peu le narratif et à ce moment-là arrêter d'être juste dans le gentil garçon qui va vouloir se rassurer à tout prix, racheter sa personne par rapport à une situation. vouloir plaire, ne pas communiquer ce dont il a besoin, et me dire « Ok, voilà, je ressens de la honte, c'est désagréable. » J'ai pu la nommer pour moi, je vois ce qui me traverse, et en soi, j'ai pas besoin de me trahir, j'ai pas besoin de continuer à utiliser cette stratégie d'adaptation et de survie qui a un coût, et si manifestement aujourd'hui je l'observe et que j'en ai conscience, c'est que le coût devient trop fort par rapport aux bénéfices, et tout simplement pouvoir habilement me dire ok, ça change pas que je peux avoir une posture où je me respecte. Et quand je dis... je me respecte, c'est je me respecte dans ce dont j'ai besoin, sur l'instant T. J'arrête d'être animé ou driveé par cette honte. Je la vois, je la respire, je la laisse infuser. S'il me faut 30 secondes, 1 minute, 3 minutes pour l'intégrer et me dire c'est bon, la vague est passée, tant mieux. J'ai vu quelque chose de récemment intéressant sur un post, sur les réseaux, où une personne expliquait qu'une émotion globalement dure... 90 secondes, alors je sais que la honte n'est pas une émotion et que c'est un sentiment, mais je mets ça dans le même panier. Et au bout d'un moment, ça passe. Ce qui ne passe pas, c'est quand on alimente quelque chose par rapport à ça et qu'on tourne en boucle, qu'on rumine par rapport à soit la situation ou le sentiment ou l'émotion en question. Et je sais qu'avec cette pleine conscience, au bout d'un moment, en fait, la vague va me traverser et que je vais pouvoir revenir à quelque chose de beaucoup plus juste pour moi. Et là, à ce moment-là, je me rappelle un petit peu mon intention et ce qui est important pour moi. et comment j'ai envie de me positionner et pourquoi j'ai plus envie d'utiliser une stratégie qui avant pouvait me convenir, mais aujourd'hui me fait défaut. Parce qu'aujourd'hui, être un gentil gars à tout prix, c'est me trahir, c'est ne pas me respecter, c'est acheter la paix là où parfois j'ai pas acheté la paix, c'est me diluer dans l'expression de qui je suis, c'est me faire petit pour pas déplaire à certaines personnes. Ça, c'est quelque chose dont j'ai jamais parlé dans... dans un épisode de podcast, mais même sur les réseaux sociaux aujourd'hui dans ce que je peux être. Bien sûr, je vends une partie de moi, de qui est Chris Ode. Et bien sûr, il y a plein d'endroits, plein d'aspects sur lesquels je ne prends pas encore position, où je me gêne, où je me fais petit. Et même, par exemple, sur la partie sportive, et pourtant c'est un aspect où je me sens en maîtrise dans ce que je fais, j'ai tendance à me faire petit pour pas trop déranger. Pour pas déranger des personnes qui n'auraient pas le temps de faire autant de sport. pour pas déranger des personnes qui n'aiment pas le sport, pour pas déranger des personnes qui sont parents et n'ont pas forcément la vie que moi je peux avoir à Bali. Et à force de me gêner en fait ça me fait petit, ça me dilue dans mon énergie et ça me dilue dans l'impact finalement que je peux avoir. Et il y a quelque chose, j'en ai pas parlé, qui m'a beaucoup aidé, je pense que c'est les immersions que j'ai fait avec les hommes que j'ai pu accompagner sur ces 4 dernières années, où les immersions m'ont poussé à prendre ma place. à parler en face d'autres hommes, à animer un groupe, à fédérer un groupe, à créer de la cohésion. Mais elles m'ont poussé aussi à être confrontant par moment, à savoir dire les vérités ou confronter ou prendre des positions différentes pour aider les personnes qui étaient en face de moi. Et parfois sur des sujets sensibles, voire très sensibles. Alors toujours bien sûr, avec le consentement, on vient pas confronter une personne pour la confronter gratuitement ou pour donner l'impression qu'on est super fort. On le fait pour se mettre au service, pour l'aider, et si bien sûr il est ok de recevoir ce geste, ça me fait penser à la notion de l'ami impitoyable, j'en avais parlé dans un épisode de podcast, sur les conversations désagréables, le fait de travailler aussi par exemple, les conversations désagréables dans mon entourage, même dans ma relation de couple, le fait aussi d'avoir travaillé ma susceptibilité, parce que je pense que c'est aussi très lié par rapport à tout ça, c'est quelque chose qui m'a permis de... de progresser à ce niveau-là. Bien sûr, c'était dans des endroits qui étaient maîtrisés, dans les immersions, donc c'était plus évident, parce que j'ai un rôle, j'ai une posture, c'est mon métier, donc c'est plus évident. Dans la vie de tous les jours, en intimité, aujourd'hui, j'ai accès à ça, et tant mieux. Ça n'a pas toujours été évident, parce que parfois, je ne me sentais pas forcément vu, écouté, ou soutenu, ou en sécurité. Dans l'intimité, au-delà de moi, donc dans les camarades, les personnes qui sont autour de moi, mais qui ne sont pas forcément proches de moi. Pendant longtemps, j'ai joué le gentil garçon parce que c'est ce que je voulais vendre aux autres pour passer pour Chris le gentil mec. Chris, il est gentil, il est doux, il est sensible, il adore le sport, il adore le dépassement de soi, mais qu'est-ce que c'est un gentil mec ? Et ça, en fait, ça m'a beaucoup desservi parce qu'une fois qu'on est collé à cette image, pour en sortir, c'est très compliqué. Si on a envie de prendre position ou d'un coup d'être confrontant ou d'un coup d'exprimer ce qu'on pense, et que finalement ce qu'on pense c'est pas agréable pour les autres, c'est très compliqué de sortir de cette position. Mais avec le temps, voilà, le travail s'est fait, c'est un processus qui a été long. Dans tous les cas, je pense que la honte c'est un processus qui prend du temps, ça se construit dans nos racines, ça se construit à la maison. La honte, elle peut être à plein de niveaux. On peut avoir honte par rapport à une situation, honte par rapport à son corps, honte par rapport à une personne, honte par rapport à un secret familial. Je pense que chacun a son niveau de honte. il y a des personnes qui ont plus de difficultés à... à le gérer. Il y a des personnes qui, dans la vie, ont appris à ne pas se gêner, et parfois ces personnes nous dérangent, parce qu'elles ne se gênent pas, et nous, on se gêne. Et je pense que finalement, ces personnes sont des bons enseignants, finalement. Donc souvent, ce qui nous gêne, il y a toujours aussi, quand on tourne le côté de la carte, sûrement un côté intéressant à aller explorer, inspirant finalement. Et pour revenir à cette histoire de honte... Je sais qu'aujourd'hui, plus je me mets à l'aise, plus je la nomme, plus je l'observe en fait, plus j'en parle avec facilité, même si c'est jamais évident de parler de la honte, et plus ça me fait du bien et plus c'est un sujet qui a moins d'emprise sur moi. J'en ai pas parlé, mais la honte aussi est, je pense, très liée aux addictions, aux béquilles qu'on peut avoir, et souvent sur les addictions et les béquilles, il y a de la honte. Moi, pendant longtemps, la pornographie... je ne l'ai pas révélé, parce que la pornographie, entre 14 et 30 ans, ça a été une addiction très présente pour moi. Et il y a ce moment où, à 14 ans, on peut se glorifier parce que on arrive à montrer aux camarades de classe qu'on est pareil, qu'on est viril, et qu'on se masturbe et qu'on consomme de la pornographie. À 25, 30 ans et plus, il y a plutôt un sentiment de honte qui se loge à ce niveau-là. On a plutôt l'impression d'être dysfonctionnel, d'être dépendant, d'être accro. Et bien sûr, on ne va pas en parler, parce que Il y a trop de honte par rapport à ce sujet. Mais une fois de plus, déjà, pouvoir reconnaître ça, reconnaître l'addiction, faire preuve d'honnêteté avec soi-même par rapport à ce qu'on vit, ce qu'on cache, là où on est gêné, la honte qu'on peut avoir par rapport à une addiction, c'est un super chemin. Quand je dis c'est un super chemin, c'est déjà une superbe main tendue vis-à-vis de soi-même. Après, je pense que c'est important de l'encadrer, d'avoir une personne qui nous accompagne, qui crée une place. où on se sent en sécurité. Donc ça peut être avec de la thérapie ou peu importe la modalité. Mais ça en vaut la peine. Ça en vaut la peine parce que moi de mon côté, j'ai rien réglé encore. J'ai bien avancé sur le sujet. Avant j'avais l'impression d'avoir accès à 10-20% de ma personne, de ce que je pouvais être. Aujourd'hui j'ai plutôt l'impression d'avoir accès à 40-50-60% de ce que je peux être. C'est plus évident de prendre une décision, c'est plus évident de parler de mes besoins, de poser mes limites, même si c'est pas toujours le cas avec tout le monde. Et la vie continue à me le rappeler à un certain niveau. Mais en tout cas, ça en vaut la peine. Ne pas explorer ce sujet en tant qu'homme ou en tant que femme de son vivant, c'est certainement passer à côté de quelque chose. Je sais que le sujet de la honte, il est douloureux, il est désagréable. Je sais qu'il peut être lié à des abus, à des violences, à des choses horribles aussi. Donc je pense que c'est un processus qui est personnel. Chacun trouve son rythme par rapport à ce processus. Ça demande du temps. Par la honte, j'ai compris que c'était un petit peu me réapproprier ma personne, qui j'étais finalement, et arrêter de venir valider que dans mon nombre j'étais une mauvaise personne et donc finalement que dans mon narratif je jouais la carte du gentil mec. En fait je suis ni un gentil mec aujourd'hui et je suis ni un mauvais gars. A la limite je suis les deux si vous voulez. Mais quand on réintègre ça, ça fait du bien, ça fait bouger les fondations. Ça peut être déstabilisant parce que... quand on bouge, le système bouge. Il y a vraiment une systémie qui se met en place. C'est-à-dire qu'à partir du moment où ma couleur change, la couleur des autres est impactée. Et donc, on peut avoir l'impression d'un coup d'être, pas une autre personne, mais d'être un petit peu différent, avec des aspérités différentes. Ou cette fois-ci, avant on était peut-être un peu lisse, maintenant on commence à avoir des aspérités. Et ça peut être dérangeant. Ça peut remettre en question certaines choses. Il y a des choses qui peuvent devenir plus évidentes. Il y a des choses sur lesquelles on n'avait pas accès et d'un coup on commence à avoir accès à ces choses. Il y a des personnes qui peuvent nous tourner le dos. Ou il y a des personnes qui se disent, enfin, je te découvre, je vois qui tu es vraiment maintenant. Et ça fait plaisir, ça fait du bien. Donc voilà. J'en dirai pas plus par rapport à ce sujet, si ce n'est prenez le temps de l'explorer à votre niveau si vous sentez qu'il y a de la honte. Si c'est encore beaucoup trop frais et vif et que vous voulez le garder sous le tapis, c'est votre choix. Mais dites-vous que voilà, ça en vaut la peine, même si c'est un processus qui n'est pas agréable, ça en vaut la peine d'aller l'explorer. Moi ce qui a fonctionné pour moi c'est de l'avoir posé en thérapie, d'avoir commencé à observer un petit peu la honte au quotidien en moi et dans mes interactions et de comment je pouvais me gêner avec certaines personnes. Ça a été le fait de pouvoir en parler dans l'intimité avec des personnes à qui je fais confiance, avec qui je me sens en sécurité. Et il y a eu des choses comme mon travail, mon métier qui m'ont permis de venir travailler sans que je le sache finalement, ce sujet pour prendre un petit peu plus de place, rayonner un peu plus, tout en me disant que c'est pas parce que je rayonne que j'éteins la lumière des autres, au contraire, il y a de la place pour tout le monde. Donc voilà, prenez soin de vous et on se retrouve pour un prochain épisode dans l'éveil du masculin. A très vite.