- Speaker #0
Podcast.fr. L'interview de Podcast.fr.
- Speaker #1
Bonjour, c'est Claire de Podcast.fr. Chaque semaine, je décortique les secrets des podcasts qui marchent. Aujourd'hui, Les Lueurs avec Jonathan Langlois. Bonjour Jonathan.
- Speaker #0
Bonjour Claire.
- Speaker #1
Ravi de te recevoir sur Boost, ton podcast. Alors, tu as créé Les Lueurs en 2023, un média digital qui éclaire notre vie intérieure. Chaque semaine, tu interviews une personne qui raconte comment un événement transformateur a bouleversé sa vie et a amené un changement profond. Il peut s'agir d'une maladie, d'un deuil, d'un burn-out, de l'arrivée d'un enfant ou bien d'une séparation. C'est une interview des gens qui sont connus du grand public, mais aussi des gens qui le sont beaucoup moins, voire pas du tout. Et parmi les personnalités connues et majeures, je pense notamment à Christophe André, à Jean-Marc Jancovici, mais aussi récemment, assez récemment on va dire, à Méline Auton. Les Lueurs, c'est tout un écosystème, c'est pas seulement un podcast, c'est aussi une chaîne YouTube, une newsletter, et évidemment des comptes sur les réseaux sociaux. C'est un podcast qui connaît un succès assez exponentiel. on peut le dire, puisque vous êtes en train d'atteindre les 500 000 écoutes mensuelles. Pour commencer cet épisode de podcast, j'avais envie qu'on revienne un petit peu en arrière, à une époque où les lueurs n'est pas encore créée. Tu travailles toi-même dans une agence de communication. Nous sommes en 2017, tu as 26 ans et tu te réveilles un matin sans voix. Ce qui devait être temporaire, dur, dure finalement un an et demi. durant cette période où tu quittes... de ton emploi et tu chemines en profondeur. Est-ce que tu peux nous raconter cette période et nous dire rétrospectivement si, à ton avis, cette période, elle était « nécessaire » pour que tu crées les lueurs des années plus tard ?
- Speaker #0
Aujourd'hui, j'ai envie de dire qu'elle était nécessaire, mais sur le moment, c'est vraiment pas agréable. Et j'aurais bien aimé, et encore aujourd'hui, ne pas la vivre. C'est sûr que je travaille dans une grande agence de com, j'étais hyper heureux de mon boulot. Je travaillais pour les appels d'offres sur la partie événementielle d'une grande agence parisienne. J'apprenais mon métier, j'avais l'impression que j'étais en début de carrière, qu'enfin je faisais quelque chose de concret après mes études. J'avais fait une école de commerce, c'est génial pour sortir, c'est génial pour se faire des potes, mais c'était quand même très abstrait par rapport Ausha d'un métier. Et quand je me réveille ce matin-là sans voix, je me dis que c'est parce que j'ai trop bossé. Je bossais beaucoup en vrai, on sortait beaucoup. je me dis que ça va passer et puis je me dis surtout que je vais pas m'arrêter maintenant quoi et donc moi je continue d'aller au boulot sans voix je continue de me dire que ça va que ça va revenir je passe à la pharmacie j'achète tous les trucs de miel eau phyton tous les astuces de grand-mère pour essayer d'aller mieux et puis il se passe comme ça une semaine deux semaines trois semaines je sors plus le soir j'utilise une ardoise le week-end pour parler à mes proches pour reposer ma voix et la semaine je donne tout pour rester au boulot Et ça, ça dure comme ça pendant quand même trois mois. Et je me dis que ça va revenir vite. Et ça a mis un an et demi. J'ai dû quitter mon boulot en juillet. Je suis resté sans boulot pendant un an et demi. Et il a fallu plus d'un an et demi pour que, petit à petit, tout doucement, ma voix revienne.
- Speaker #1
Et donc, rétrospectivement, tu te dis qu'aujourd'hui, cette période, elle était nécessaire. En quoi est-ce qu'elle était nécessaire pour que les lueurs émergent ?
- Speaker #0
Elle était nécessaire parce que pendant un an et demi, j'ai commencé un chemin personnel, presque intime, on pourrait dire. pour essayer de retrouver ma voix et de trouver des réponses à toutes les questions existentielles qui m'arrivaient dans la tronche. C'est à ce moment-là où, évidemment, j'ai fait un travail psychologique pour essayer de comprendre ce qui se passait en moi, parce que c'est une forme de burn-out que je vivais, comment j'en étais arrivé là. J'ai fait un travail spirituel. Moi, je suis né dans une famille croyante et je croyais que Dieu, s'il existe, il répond à tes prières. Et là, il ne répondait pas à mes prières, donc je me suis demandé s'il existait. Donc j'ai commencé à aller voir des religieux, des prêtres, à lire des livres. pour essayer de comprendre. Je suis parti marcher en Italie tout seul pendant des semaines. Et puis, j'ai vu des médecins, je commençais à m'intéresser beaucoup plus à la médecine, à toute forme de médecine, pour essayer de comprendre aussi. Et donc, ces un an et demi-là, ils ont été pour moi le début d'une quête initiatique qui est en fait le fait d'affronter ces questions existentielles, d'affronter le sens de la vie, s'il y en a tant. Et aujourd'hui, cette quête, je la continue, même si je vais mieux dans les lueurs. Et donc, si je n'avais pas vécu cette période, jamais je n'aurais... contacter un tel questionnement, aussi une telle souffrance, et aussi peut-être une telle empathie avec ceux qui souffrent, et je n'aurais jamais eu autant envie de questionner le chemin intérieur de chacun, et c'est ce qu'on fait avec les lueurs, donc c'était très dur. Ça reste aujourd'hui un talon d'Achille, ma voix, même si c'est devenu mon métier, ce qui est quand même complètement dingue. Pour la petite anecdote, un soir, j'ai dit à un de mes meilleurs amis, on prenait un café et je lui ai dit « Bon ben voilà, je vais monter un podcast » et en fait, c'est moi qui vais l'incarner. Finalement, on a fait un pilote et puis le pilote est satisfaisant, donc les gens qui m'entourent et qui vont financer le projet disent qu'on commence avec moi. Et il m'a regardé, il m'a dit « Mais Joe, t'es un super pote, s'il y a bien un truc que je te déconseille de faire après toutes tes années sans voix, c'est d'être animateur de podcast. Tu es juste à côté de la plaque. Et c'est quand même un beau coup de la vie de faire qu'aujourd'hui, c'est par ma voix que je développe un métier et un podcast qui est la même chose qu'il me manquait il y a quelques années.
- Speaker #1
C'est assez fou, effectivement, quand on y pense. Est-ce que c'est directement suite à cette expérience de burnout que l'idée des lueurs émerge ou est-ce que ça va prendre un petit peu plus de temps ? Raconte-nous.
- Speaker #0
Ça va prendre du temps parce que je retrouve petit à petit ma voix en 2018-2019 et les lueurs, ça arrive en 2023. Donc il va s'écouler plusieurs années, je vais reprendre le boulot, je vais être à mon compte comme consultant en communication, ça va me permettre de gérer un peu mon rythme aussi pour ne pas retomber dans mes travers de burn-out. Et puis au fur et à mesure de ces missions-là, je vais apprendre aussi la communication digitale que j'avais moins appris dans l'agence avant et ça va me donner une autre facette très importante pour développer un podcast, on y viendra peut-être après. C'est qu'en fait, animer un podcast, c'est bizarrement, c'est extrêmement important pour le succès, mais c'est même pas 30% de la réussite d'un projet comme les lueurs ou comme d'autres podcasts aujourd'hui. Et donc ça va m'apprendre toutes les stratégies de relation avec les plateformes, les stratégies des communautés sur les réseaux sociaux, les stratégies de gestion d'audience, les stratégies organiques, les stratégies payantes. Et donc c'est vraiment des années où je vais continuer d'apprendre, je continue aujourd'hui, mais en tout cas ça va être très important pour la suite. Et puis, à un moment... en 2022, je vais tomber sur je ne le sais pas encore, sur un client qui deviendra le mécène des lueurs et qui est en fait une grande association qui est dans la spiritualité chrétienne, qui s'appelle un diocèse c'est assez actuel parce qu'on a vu la venue du pape récemment en France et eux ils vont vouloir lancer un média sur la vie intérieure, sur la quête de sens et en fait je vais les convaincre petit à petit que Ils peuvent faire un média très sur la religion et la spiritualité, mais ce n'est pas vraiment ce dont les gens ont besoin, je pense. Il y a beaucoup de Français qui se posent des questions de sens, qui se posent des questions de spiritualité. Et qu'on peut créer un média qui va parler de ça, mais sans être moralisant, sans être dogmatique. Et donc, c'est comme ça, petit à petit, que d'une mission de conseil, on va arriver au lancement des lueurs.
- Speaker #1
Est-ce que ça a été facile de les convaincre ? Parce qu'il me semble que c'est le diocèse de Paris. Je suppose qu'ils ont quand même une mission qui est une mission claire de parler du message du Christ. Et donc, toi, tu proposes un positionnement qui est un petit peu à côté quand même, qui est lié, mais bon. Complètement à côté.
- Speaker #0
Je vois ton sourire, mais il est à côté en positionnement. Il est nouveau. C'est ça qui en fait sa saveur. Et pour répondre à ta question, ça n'a pas été facile de les convaincre, mais en fait, je ne savais pas que je devais les convaincre. Moi, j'ai fait ma mission et en fait, je leur ai dit ce que je pensais. Je leur ai dit, j'ai fait la mission d'un professionnel, entre guillemets. Je leur ai dit, voilà, vous avez deux options. Soit vous parlez du message de Dieu, de la religion catholique, de ce qui est bien de faire, de ne pas faire, de ce que... Et c'est trop bien. Vous allez renforcer, peut-être toucher des gens qui sont croyants, pratiquants ou pas loin de l'être. Mais il y a 42% de Français qui croient sans pratiquer. Et là, vous avez une autre option. Et là, je leur ai parlé d'un projet qui allait s'appeler Les Lueurs. Et ça n'a pas du tout été facile de les convaincre, mais en fait, moi, j'étais très libre. je cherchais pas à le faire ce projet je cherchais à leur dire des options c'est peut-être aussi un secret c'est que j'étais dans par contre si la seule chose que je leur ai dit c'est si vous faites la première option de parler entre guillemets que de Dieu de faire du catéchisme c'est pas un truc que moi je continuerais c'est pas mon truc par contre si vous acceptez de parler de la vie intérieure d'accueillir tout le monde de s'assumer en tant que chrétien mais comme quelque chose qui est très ouvert Alors ça, moi, un espace de dialogue là-dessus, je veux bien y aller parce que je pense que le monde crève de ce besoin, qu'on mélange, ou plutôt qu'on discute dans de mêmes conversations de nos enjeux de développement personnel, de nos quêtes philosophiques, de nos quêtes de sens, et de la place de la spiritualité et de la foi là-dedans. Et ça, il y a une ligne de crête là-dessus dont le monde a besoin.
- Speaker #1
Oui, c'est une ligne qui est, comme tu dis, qui est vraiment une ligne de crête. D'ailleurs, c'est le terme que j'employais quand j'ai préparé cette interview. C'est le mot qui m'est venu aussi, qui est très fine et que tu tiens, je trouve, très bien. Et ça demande, je pense, beaucoup de finesse et beaucoup de pertinence, d'intelligence, finalement, d'arriver à rester sur cette ligne-là. Donc, vous vous lancez en partant de zéro, finalement, deux ans plus tard, en 2023. Littéralement zéro. Littéralement zéro. Vous avez zéro follower sur les réseaux sociaux quand vous commencez. Au départ, c'est une chaîne YouTube, puis un podcast, puis des comptes sur les réseaux sociaux. Quelle est l'ambition du podcast à ce moment-là ? Est-ce que toi, tu imagines à un moment donné que ça va prendre l'ampleur que ça prend à ce moment-là ? Et comment est-ce que ça débute finalement ? Est-ce que tu peux nous raconter ces débuts, peut-être les six premiers mois ?
- Speaker #0
Les premiers jours, j'avais une petite équipe que j'avais pu recruter pour m'aider. On était trois, quatre pour tout faire. Quand on ne connaît pas le podcast, ça peut paraître beaucoup, mais en fait, quand on connaît un peu l'univers du podcast, c'est-à-dire ceux qui nous écoutent connaissent la communication, la vidéo, les métiers d'agence. En fait, il y a énormément de métiers pour réussir à ce que quelqu'un tombe sur un réel qui est bien construit sur Instagram ou un short sur YouTube ou sur TikTok. Donc on est une toute petite équipe. Moi, j'ouvre tous les comptes. Je me souviens le matin, j'ouvre YouTube, zéro abonné. je mets une pauvre... pauvre couverture avec une photo de moi que j'avais un peu mieux taffée d'un premier pilote d'interview et puis j'ai des coupes de trois extraits, on les pose sur Insta et les premières semaines, je me souviens quand la première vidéo sort, il y a 50 vues sur Youtube et il y a beaucoup plus de likes sur LinkedIn parce qu'il y a tous mes potes qui sont contents que j'ai retrouvé un boulot un peu costaud, mais les potes ils likent une fois, ils likent pas deux fois donc très rapidement, au bout de 2-3 semaines ça commence à être un long parcours du combattant et comme ça, on sort au début une interview toutes les deux semaines Il y a quelques personnes, mais moi j'ai beaucoup d'ambition, mais j'y connais pas encore grand chose et je me suis pas encore pris au jeu de comprendre comment ça fonctionnait. Donc j'y vais avec mon ambition, j'y vais avec toute mon envie, j'y vais avec le fait que je suis sûr qu'il faut que je fasse les meilleures interviews possibles et on verra ce qui se passe. Et un matin, je reçois un texto d'une personne qui travaille avec moi et qui me dit « l'algorithme vient de prendre notre vidéo avec Chicandier sur YouTube et en podcast ça part aussi, on va atteindre les 100 000 vues. » C'est génial, ça perce. Et c'est la première fois en fait qu'un premier pop-up arrive. Et en fait, pendant les six premiers mois, il va y avoir comme ça, tous les deux-trois mois, une vidéo qui va émerger. Un épisode qui va devenir viral. Ça a été Clémence Pastier, qui est une personne complètement inconnue, mais qui a 28 ans et qui a un cancer, qui se prépare à mourir, sur le rapport à la mort quand on est jeune. Il y a eu Chicandier, il y a eu Gad Elmaleh, et il y a eu Lilian Renaud, qui était un gagnant de The Voice, qui a fait un énorme burn-out après avoir remporté The Voice. En gros, ces quatre épisodes vont nous faire percer. Et en fait, pour ceux qui connaissent un petit peu, mais ça monte par vagues. Et en fait, avec ces vagues qui montent, je commence à me dire qu'il y a quelque chose à faire. Et on s'améliore constamment. Et en un an, pour donner une idée, on a eu 10 000 abonnés. Ce n'est pas beaucoup, 10 000 abonnés. À la fois, c'est beaucoup et pas beaucoup. Mais sur YouTube, j'entends. On a eu 10 000 abonnés sur YouTube. Voilà, la première année, en 12 mois. Et ensuite, on a eu... L'année suivante, on a eu 100 000 abonnés en un an. Donc, on a fait x10. il y a eu une vraie accélération et depuis c'est environ ces accélérateurs là 100 à 150 000 nouveaux abonnés par an mais c'est aussi l'audience et le trafic qui monte, c'est le nombre d'écoutes quand on parle podcast par mois qui nous permet de mesurer la croissance et peut-être pour aller un peu plus loin je ne sais pas si ça intéressera ceux qui nous écoutent mais il y a plein de manières d'aborder le podcast je ne sais pas si c'est intéressant si si si
- Speaker #1
Oui. Carrément, je l'ai terminé là-dessus, donc vas-y.
- Speaker #0
J'y viens ? OK. Bon, il y a plein de manières d'aborder le podcast et je n'ai pas du tout la prétention de l'avoir bien fait. Il y a plein de gens très forts sur ce marché, en tout cas, ou qui font des podcasts. Ce que je sais, c'est que ma manière de l'amener, c'est de l'amener par la marque. C'est ce que j'ai appris dans mon agence de communication. C'est que j'ai tout de suite voulu un nom, les lueurs, une marque, donc un design fort, une histoire, une manière de la décliner, de la raconter, un storytelling autour des lueurs. une incarnation, c'était moi au lancement, et par la marque, par le storytelling, un contenu. Il y a plein de gens qui arrivent en étant d'abord des influenceurs et ils lancent leur podcast. Il y a des personnes qui lancent un super format et ils espèrent que le format va marcher. Moi, c'était par la marque, l'intelligence de la création de la marque, pour que tout de suite, les gens identifient un contenu à une marque et plus je travaille la marque, plus j'essaie de... construire une marque relationnelle et communautaire avec les gens, plus mon podcast va grandir. Et c'est vraiment comme ça qu'on l'a abordé avec l'équipe. En réfléchissant d'abord la marque. puis le format. Alors que d'autres travaillent d'abord l'influence, ils ont d'abord une communauté, ou alors ils travaillent d'abord le format, puis après ils rajoutent une marque derrière. Il y a plein de manières de faire. Mais ça a été vraiment cette Ausha, et d'être présent tout de suite sur tous les réseaux sociaux.
- Speaker #1
Ce qui demande effectivement déjà, dès le début, une structuration qui est assez forte, et puis aussi un budget, il faut le dire. Vous vous lancez quand même avec un budget qui, au départ, est un budget assez significatif, qui est conséquent. qui permet d'avoir une qualité vidéo qui est extrêmement bonne, d'avoir tout un design aussi, une charte graphique, quelque chose qui fait que directement, on vous identifie. Ce aussi que j'avais envie d'aborder avec toi, c'est toute la question du digital, qui est quand même crucial et je trouve qu'il est extrêmement bien maîtrisé par votre équipe. Qu'est-ce qui a permis aux lueurs d'émerger et de devenir de plus en plus fortes sur les réseaux ? Je pense par exemple à la structuration d'un réel, mais aussi... au lien que vous pouvez avoir avec votre communauté ?
- Speaker #0
Alors déjà, oui, je vais y revenir. On a mis beaucoup d'efforts là-dessus, ça c'est sûr. Mais il y a une posture globale qu'on doit tous avoir. C'est une véritable posture d'humilité sur ce marché. Je pense qu'il y en a qui l'oublient parfois. Je n'ai pas de nom en tête, mais je pense que c'est un des secrets. Pour raconter une anecdote, on a fait un format avec Thibaut InShape, que je pense que tout le monde connaît, un des plus grands influenceurs au monde sur la muscu et le rapport au corps et le fitness. J'avais été le rencontrer dans sa salle de muscu à côté de Toulouse. Au début de l'interview, il poste un short sur YouTube. On fait l'interview de 10 minutes et il me dit « Est-ce que je peux juste regarder mon short que j'ai posté ? » Je dis « Bien sûr ! » Là, je le vois, il regarde le short et il le supprime. Plus précisément, il l'archive. Je dis « Mais tu viens de le poster il y a 10 minutes. » Il me dit « Oui, mais en fait, pour un short, j'ai 10 hooks différents, donc 10 manières de le commencer différents. Et je vois déjà au bout de 10 minutes par rapport à mes chiffres que mon hook n'est pas le bon. » Et donc, je vais en remettre un dans une heure. C'est le même, mais il commence différemment. Et là, j'ai compris que même un des plus grands influenceurs garde une posture d'humilité pour avoir une approche, en fait, de « je ne sais pas comment mon contenu va être repris par les gens. Je sais que j'ai du bon contenu, mais je ne sais pas quelle est la bonne porte. » Moi, c'est comme ça que je l'ai abordé. J'ai dit à l'équipe avec qui je travaille, on construit un contenu exceptionnel d'une heure chaque semaine. Il va falloir qu'on en trouve des extraits, des photos, des citations, des manières de le raconter. Et on va tester plein de formats. Et même sur un réel, on va tester plein de manières de le commencer. Et on va apprendre constamment avec une posture d'humilité, quelle est la bonne manière de le poster. Et ce n'est pas nous qui savons, c'est les gens qui savent ce qui va leur parler. Et plus on va apprendre comment les gens aiment rentrer en relation avec notre marque, plus on va apprendre... Comment développer sur le digital les lueurs ? Et c'est vraiment cette approche d'humilité, de test and learn, à partir d'un compte numérique, qui va nous faire toute l'approche de croissance des lueurs. Je ne sais pas si ça répond à ta question.
- Speaker #1
Si, si, tout à fait. C'est une approche de test and learn qui permet effectivement d'évoluer et de modifier petit à petit ces éléments-là jusqu'à arriver à ce que ça marche vraiment. Tu disais qu'effectivement, le podcast... est arrivé dans un marché qui était déjà saturé, enfin votre podcast, ton podcast, est arrivé dans un marché qui est déjà saturé. Qu'est-ce qui, selon toi, a permis au lueur d'émerger ? Est-ce que c'est tout ce que tu m'as dit qui, mis bout à bout, fait que le podcast émerge ? Est-ce qu'il y a un autre élément, selon toi, peut-être la ligne éditoriale, ou voilà, quelque chose qui fait que ce podcast-là, votre podcast, il a émergé ?
- Speaker #0
En fait, on est quand même sur un marché qui est extrêmement concurrentiel et difficile. Donc, tout ce que je viens de dire, c'est ce qui permet... d'émerger, mais j'ai envie de dire, je pense à mon humble avis que malheureusement, ça ne suffit pas. Et inversement, pour être positif, tout ce que je viens de dire est nécessaire et en même temps, il y a des exceptions et tant mieux. Là, on vient un peu de donner la couche de base pour être présent sur les réseaux, etc., et beaucoup de podcasts longs et plein d'agences se lancent avec toute cette couche-là. Et après, là, tu l'as un peu dit, mais je pense que on est sur une ligne éditoriale à un moment où il y a il y a un besoin, il y a une demande pour cette ligne éditoriale. Et je pense que c'est ça qui fait quand même la résonance. C'est comme quand Mathieu Stéphanie s'est lancé avec Génération Do It Yourself. C'est un très, très grand podcast. Il est un des précurseurs sur ces longs formats, sur cet accès aux grands dirigeants. Moi, c'est une référence que je trouve très, très bonne. Et donc, lui, il est arrivé avec une ligne éditoriale, un accès à des dirigeants, des questionnements très simples avec des gens qu'on met souvent sur des piédestals dans le business. c'est sa secret sauce. Donc, je pense que nous, sur la manière de rassembler le développement personnel, la quête spirituelle, le questionnement philosophique, la quête de sens, et de le mettre dans un format long avec de la nuance, de la douceur, et avec des célébrités, des experts, c'est une mayonnaise qui n'avait pas été proposée telle qu'elle et pour laquelle il y avait un besoin. Et donc, je pense que c'est un des secrets de la réussite ou en tout cas du fait que ça a émergé.
- Speaker #1
Une question que j'avais aussi envie d'aborder avec toi et qui est assez liée à ce qu'on vient d'aborder, c'est l'exercice de l'interview, qui n'est pas forcément un exercice toujours évident. Toi, tu n'es pas journaliste à la base. Moi, j'écoute très régulièrement les lueurs et c'est quelque chose qui m'a marquée dès les débuts. Je me suis dit, mais il est extrêmement bon en interview. Je trouve que tu es très naturelle dans la façon dont tu interviews les gens et aussi que tu te mets vraiment à la place des auditeurs. C'est-à-dire que tu ne vas pas forcément brosser tes invités dans le sens du poil. Tu vas aller un peu gratter, un peu aller sur la surface pour te mettre à la place des gens. qui peuvent se poser des questions et qui peuvent avoir des doutes ou des incompréhensions par rapport à ce qu'évoque l'invité. Est-ce que c'est quelque chose que tu as travaillé ou est-ce que finalement, c'est un talent que tu avais qui s'est révélé quand tu as commencé ?
- Speaker #0
Je pense qu'il y a les deux. Objectivement, il y a une part talent. En France, on fait toujours attention à l'orgueil, l'ambition, etc. Mais il y a une part de talent, moi, je l'assume, et qui a émergé. Ça veut dire que moi, je ne pensais pas que je serais un... bon interviewer, comme beaucoup me le disent, j'ose le dire, ça je l'ai découvert. Donc, super nouvelle, je suis heureux de découvrir que, tout comme j'ai découvert que ma voix pouvait être agréable à écouter alors que je n'en avais pas il y a quelques années, là j'ai découvert que je pouvais avoir une posture d'intervieweur que les gens pouvaient trouver intéressante. Donc ça c'est peut-être une partie de talent qui a émergé, mais en fait, dès que ça a émergé, dès qu'il y a eu les premiers succès, tout de suite, plein de gens m'ont dit, ah c'est génial, mais... Et tout le monde s'est mis à me donner des conseils. Tout le monde. C'était très dur pour moi à gérer parce que je ne savais plus si j'avais émergé parce que j'étais naturel ou s'il fallait tout de suite que je me professionnalise. Et donc très rapidement, j'ai été demander l'aide d'une professionnelle, d'une médiatraineuse, d'une personne qui te prépare, qui accompagne des journalistes, des intervieweurs. Et je lui ai dit, voilà, regarde-moi 10 interviews et dis-moi qu'est-ce que je dois garder, qu'est-ce que je dois travailler, objectivement. Et à partir de là, j'ai travaillé avec elle pour améliorer. quand on fait une interview, quand je fais une interview comme... Nicolas Sarkozy, il y a quelques mois, qui a été évidemment très commenté, Nicolas Sarkozy en face de toi, ce n'est pas simple. Ce n'est même pas simple du tout. Et puis tout le monde a un avis sur la question que tu aurais dû lui poser, la posture, trop complaisant, trop gentil, pas assez de rythme, sort de sa ligne éditoriale, lui sourit trop, pas assez mordant. Donc ce n'est pas facile de rester soi-même. Je l'ai beaucoup travaillé à partir, je pense, temps. d'une bonne base, en tout cas, j'espère.
- Speaker #1
Assez rapidement sur la question du choix des invités avant qu'on passe sur le modèle économique. Aujourd'hui, vous avez fait le choix d'interviewer des personnalités qui sont parfois inconnues du grand public et aussi assez souvent, peut-être de plus en plus, qui sont connues. Comment est-ce que tu choisis les personnes que tu interviews en sachant qu'il y a toujours ce fil rouge de l'événement transformateur qui a amené un bouleversement ? Et que quand on regarde autour de soi, il y a quand même beaucoup de gens qui ont connu des événements comme ça. Donc, qu'est-ce qui, toi, te donne envie de choisir une personne plutôt qu'une autre ?
- Speaker #0
C'est extrêmement dur et donc forcément subjectif. Au fur et à mesure du temps, on s'est mis plein de règles. Tu l'as dit, l'événement transformant, la posture d'humilité, la capacité de prise de recul, la capacité à donner une lueur, quelque chose de positif à la fin, la capacité à aider les gens par son témoignage, quelque chose qui résonne de manière universelle. Donc on a un certain nombre de critères, et ensuite ces critères, on les distribue, c'est une pergola expression, en fonction de trois types de personnes, des experts, Christophe André, Boris Cyrulnik, Charles Pépin, etc. Des personnalités très connues, t'en as cité, des stars, en gros, pour faire simple, et des personnes médiatiquement anonymes. Et moi, je tiens, on tient tous dans l'équipe à ces trois, là, parce que moi, ce que je veux montrer, c'est que la vie intérieure, le questionnement intérieur, le questionnement existentiel, c'est pas un truc de followers, quoi. c'est un truc qui concerne tout le monde et le témoignage d'Alice Taglioni il résonne autant que le témoignage de Jean-Marc Semoulin, un berger dans la cité des Mureaux qu'on a fait il y a trois jours et donc à partir de ces critères là et de ces trois typologies de profils on enchaîne ça veut dire on enchaîne on change toutes les trois semaines on fait tourner et il faut que tu imagines ça fera sourire les gens qui nous regardent mais c'est trop bien on reçoit 250 demandent de venir à notre micro par mois. Donc, c'est vraiment très, très engageant et responsabilisant pour nous, parce que qui on est pour dire, toi tu viens, toi tu viens pas ? C'est vraiment très dur. Donc... On essaie de voir aussi, c'est bien d'avoir une histoire, mais ce n'est pas la même chose de savoir la raconter. Donc, on essaie de voir aussi comment les gens vont être assez matures et avoir du recul, même émotionnellement, pour la raconter. Et ça, c'est le travail d'une partie de l'équipe aujourd'hui.
- Speaker #1
Oui, ça me fait penser aussi à Sarah Koskiewicz, que j'avais interrogée sur Transfert, qui me racontait quelque chose qui était assez similaire sur justement ce choix des invités, même si vous avez des lignes et des trucs qui sont différentes, mais quand même qui se recoupent. Pour passer à la question assez cruciale de l'argent et du modèle économique, donc tu le disais en début d'interview, ce podcast a été financé par le diocèse de Paris. Est-ce qu'il l'est toujours ? Et il me semble qu'il y a aussi d'autres mécènes qui ont rejoint le projet, notamment la Fondation Notre-Dame. Aujourd'hui, comment est-ce que vous construisez ce modèle économique ?
- Speaker #0
Je vois que tu suis super bien. Le diocèse de Paris, c'est un mécène fondateur, c'était le premier, celui qui a dit « j'ose y aller » . Ensuite, au bout d'un an, il y a eu beaucoup de succès. Il y a des fondations privées. Tu as dit la Fondation Notre-Dame. Il y a autour de la Fondation Notre-Dame, il y a des entreprises qui ont des fondations et qui sont abritées et qui sont devenues des mécènes. Il y a quatre ou cinq fondations privées qui ont donné. Ça fait maintenant plusieurs mécènes. Et puis, moi, j'ai toujours dit que si on veut être un média utile, un média, c'est d'abord pour aider les gens, c'est d'abord pour être utile aux gens. Si au bout de deux ou trois ans les gens ne donnent pas d'argent pour les lueurs, c'est que les lueurs ne sert à rien. Je suis extrêmement caricatural, mais pour moi c'est très important. Et donc ça a été pour moi nécessaire de tout de suite demander de l'argent à nos auditeurs. Parce que pour moi si les gens ne reconnaissent pas la qualité et ne sortent pas leurs cartes bleues, alors ils n'ont pas une valeur ajoutée supérieure à celle que j'essaie de leur proposer. Et donc on a rapidement eu, et ça c'est génial, c'est vrai qu'en même pas trois semaines... Chaque année, les trois dernières semaines de la mai, on obtient, juste en quelques postes sur les réseaux sociaux, on obtient 100 000 euros, même plus, 150 000 euros l'année dernière, de la part de nos auditeurs. Donc aujourd'hui, on reste une asso, reconnue d'intérêt général, financée par des grands mécènes, ça nous donne la sécurité un peu des fondations, et puis le grand public. Puis ça nous oblige, parce qu'une fois que le grand public a donné de l'argent, c'est son média aussi. Ça nous oblige à rester bien dans notre ligne éditoriale, et donc c'est ça un peu le modèle. Et puis on va continuer de se développer, tu vois, je peux le dire ici, ça va arriver bientôt, mais on va proposer aux gens de se rencontrer bientôt, de tous nos auditeurs, parce qu'on pense qu'on peut faire quelque chose d'assez incroyable avec les lueurs sur les questions de 2h du mat. Donc on va annoncer une première grande opération pour se rencontrer tous ensemble, et puis on va essayer de développer d'autres choses dans les années qui viennent, parce que je suis convaincu que la vie intérieure va... va malheureusement ou heureusement prendre de l'ampleur face à l'accélération technologique de la société. On va paradoxalement aller beaucoup plus vite sur certaines choses et en même temps, on va avoir beaucoup plus besoin de ralentir, de souffler, d'espérance, de rencontre, de temps, d'écoute. Et le format podcast et la ligne éditoriale des lueurs va répondre, j'espère, à ce besoin.
- Speaker #1
Merci beaucoup Jonathan pour cette interview, pour tout ce que tu nous as partagé. Je rappelle qu'on peut écouter Les Lueurs sur toutes les applications d'écoute de podcast, sur YouTube évidemment, et puis sur notre application de podcast, podcast.fr. Merci beaucoup.
- Speaker #0
Merci Claire, merci de m'avoir invitée.
- Speaker #1
Avec plaisir.