- Speaker #0
Une prise de parole réussie, c'est le fruit d'une multitude de facteurs bien maîtrisés. C'est aussi la garantie d'un bond en avant vers l'atteinte de vos objectifs. Pour vous aider à obtenir ces résultats, j'ai rassemblé les meilleurs experts, les Avengers de la parole. Chaque semaine, ils nous partagent leurs méthodes, leurs techniques et leurs conseils dans leur zone d'excellence. Cette zone, c'est la bulle des pros. Tu as déjà eu cette sensation désagréable. Tu n'as pas encore parlé et on a déjà décidé pour toi de qui tu es. Trop jeune pour ce poste, un peu trop gentil pour diriger une équipe, créateur de contenu donc pas vraiment sérieux. Ça, c'est ta valeur présumée, celle qu'on te colle sur le front avant même que tu n'ouvres la bouche. Et si tu ne fais rien, c'est elle qui décide jusqu'où toi tu peux aller. Alors dans cet épisode, on va voir comment reprendre la main, comment passer de cette valeur présumée héritée et subie à ta valeur perçue, celle que tu incarnes vraiment quand tu parles, quand tu présentes un projet, quand tu rencontres quelqu'un. Et pour ça, mon invité du jour, c'est Ahmet Akurek. Ahmet accompagne des dirigeants, des entrepreneurs, des cadres. Et avec lui, on va comprendre pourquoi être compétent ne suffit plus, comment éviter l'étiquette de Philippe, il est gentil, et comment trouver l'équilibre qui donne envie aux autres de t'écouter. On parlera aussi des bases concrètes. Les 4 leviers qui façonnent l'image qu'on se fait de toi. Alors si tu as déjà eu l'impression d'être sous-estimé ou mal perçu, cet épisode va t'aider à remettre les choses au bon endroit. Alors bienvenue dans la bulle et dans cette conversation avec Ahmet Akurek.
- Speaker #1
Salut Ahmet, comment vas-tu ? Salut Jean-Corinthin, impeccable, et toi ?
- Speaker #0
Ça va super bien, ravi de t'accueillir, je sais beaucoup ce que tu fais sur les réseaux, donc c'est toujours un plaisir de te lire, de t'écouter, donc trop trop cool de te recevoir aujourd'hui. Et puis j'aime beaucoup aussi le sujet que tu m'as proposé, puisque j'essaie toujours d'aller challenger, de m'assurer que les invités parlent de ce qui les intéresse et de ce dont ils veulent parler. Donc maintenant, je leur demande des sujets qu'ils veulent. Tu m'as proposé trois sujets. On reviendra peut-être sur les deux autres dans un prochain épisode. Mais celui que tu m'as proposé me parlait particulièrement à savoir comment passer de la valeur présumée à la valeur perçue. Un sujet que j'aime beaucoup parce qu'il y a vraiment cette question de... ce que l'auditoire va comprendre. Est-ce que déjà, tu peux nous expliquer un petit peu rapidement la différence entre la valeur présumée et la valeur perçue ? De quoi est-ce qu'on va parler ?
- Speaker #1
Alors, la valeur perçue et la valeur présumée. La valeur présumée, c'est la valeur qu'on va nous accorder sans qu'on parle. Genre, je te vois, je me dis peut-être que tu es un homme de plus de 50 ans, ou tu es une jeune femme, ou tu as l'air d'être quelqu'un qui vient plutôt de la campagne, ou d'un milieu urbain, sportif, pas sportif, peu importe. Je vais coller un peu des préjugés sur toi, de ce que je vois d'ailleurs, et sur ça, il va y avoir des connotations qui vont venir donner un coefficient à ta parole. Donc cette valeur présumée, elle va soit te booster, si tu es du bon côté parmi les personnes valorisées, soit venir un petit peu t'handicaper, au cas où tu n'as pas forcément exactement la tête de l'emploi. Et en fait, au-delà de la question sociale, d'être un outsider ou un insider, la valeur présumée joue souvent contre nous. quand on essaye d'être nous-mêmes. Parce qu'en fait, avoir exactement la tête de l'emploi, ça veut très souvent dire avoir renoncé à soi. Parce que devenir une caricature de l'expert comptable ou une caricature du consultant ou une caricature de l'entrepreneur, c'est rarement aligné avec l'authenticité des personnes. C'est souvent des gens qui ont voulu totalement entrer dans cette valeur présumée et qui parfois se retrouvent dans une prison dorée. Ou bien il y a des gens qui ne comprennent pas qu'il y a une valeur présumée et une valeur perçue et qu'en fait, ce qu'on dit ne suffit pas. à être accepté, et là, ils se font avoir par le jeu. Mais dans les deux cas, qu'on fasse partie des gagnants ou des perdants, à long terme, on se fait avoir parce qu'on est désaligné et pas authentique.
- Speaker #0
Et d'ailleurs, sur ce que tu dis par rapport à être un peu le cliché de son rôle, même pour ce que les autres vont en percevoir, pour ce que les autres vont en penser, ça peut être négatif. Moi, je me dis que le cliché de l'expert comptable, c'est pas forcément le mec avec qui j'ai plus envie de parler, c'est pas forcément lui que j'ai envie d'écouter. Alors qu'un mec qui vient casser un peu par rapport à ça, je pense à ça, tu vois, je pense à un créateur de contenu qui s'appelle Jonathan Cohen, qui n'est pas le comédien qu'on peut voir au cinéma, mais qui est expert comptable, si je ne dis pas de bêtise, en tout cas, assez proche de ça, mais qui aborde ça justement en cassant un peu les codes, ce qui crée pour moi plus de valeur. Parce que je ne vais pas m'emmerder, entre guillemets, à l'écouter. Ce n'est pas un mec qui va m'endormir avec des tableaux Excel commentés.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
En fait, même cette... ce manque d'authenticité peut jouer contre nous à double tour finalement.
- Speaker #1
Oui, en fait le manque d'authenticité est tout le temps perdant. Quand tu rentres dans la case, quand tu veux correspondre à la caricature, tu as une micro-victoire qui est que, pour toi, ça peut être sécurisant et te donner le droit d'exister. Mais en fait, tu as raison, au fond, au bon du compte, les gens vont quand même avoir une valeur présumée qui est faible pour toi, parce que mine de rien, tu corresponds tellement aux attentes, c'est tellement téléphoné, que dans la société d'aujourd'hui, où n'importe qui est une marque, n'importe qui est un média, Et n'importe qui doit savoir se différencier. Tout faire pour correspondre à la caricature, c'est un petit peu se tirer une balle dans le pied, clairement.
- Speaker #0
Et alors du coup, maintenant qu'on a acté ça, comment est-ce qu'on fait pour passer de l'un à l'autre, pour aller dans le bon sens finalement ?
- Speaker #1
Et passer donc de la valeur présumée à la valeur perçue. On l'aura bien compris, la valeur perçue, c'est maîtriser, tandis que la valeur présumée, c'est hériter et subir. Et la façon dont moi je travaille pour passer de l'un à l'autre, c'est de prendre un cadran. en psychologie sociale qui est très connu, qui est le cadran chaleur et autorité. Il est dit, selon ces études-là, qui ont été reproduites dans 37 pays, que plus de 80% du jugement social et des comportements sociaux qu'on a vis-à-vis des gens, dans nos interactions, de comment on se positionne par rapport à eux, en gros est-ce qu'on les prend au sérieux ou est-ce qu'on pense que c'est des rigolos, ça va dépendre de deux variables, la chaleur et l'autorité. Et ça, pour n'importe quelle personne qui s'intéressait un peu à la rhétorique, ça fait un peu sourire que... On a dû faire des études modernes pour nous rendre compte de ça, parce qu'en fait, on retombe encore une fois sur l'inévitable et tos patos.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Mais d'ailleurs, est-ce que, je me permets d'interrompre là-dessus, est-ce que dans ce cadran, on estime qu'ils sont opposés ? Parce que pour moi, on peut être à la fois chaleureux et faire preuve d'autorité dans son domaine. Enfin, toi, j'ai un exemple qui me vient en tête, Jean-Pierre Nadir, quelqu'un que j'adore, qui est quelqu'un qui est à la fois très chaleureux et en même temps reconnu avec une expertise dans son domaine ?
- Speaker #1
Voilà, très intéressant comme point de vue parce que c'est exactement ça. En fait, eux, ils disent qu'il faut quitter le monde où on voit les choses sous forme de dualité. Genre, je vais être en gros soit gentil, soit méchant. Mais il faut réussir à être les deux. À être les deux dans la bonne dose. Donc avoir de la chaleur dans son autorité et tout de même préserver de l'autorité dans sa chaleur. Si tu n'as pas de chaleur dans ton autorité, tu deviens juste quelqu'un de cassant. Donc là, ta valeur perçue, elle est encore faible. Tu vas créer de la résistance. de la peur et de l'évitement chez les gens, quand bien même tu peux être compétent. Et si tu n'as pas d'autorité dans ta chaleur, tu vas être quelqu'un de super sympa, mais il se peut que l'environnement et les gens soient un petit peu condescendants et nous prennent un petit peu pour un plaisantin. C'est le fameux, je ne sais pas, tu penses quoi de Philippe ? Philippe, il est gentil, tu vois. C'est un petit peu...
- Speaker #0
Ça me fait beaucoup rire, il y a un de mes témoins de mariage qui s'appelle Philippe, donc je vais clairement lui envoyer ça. et ouais je vois très bien ce que tu veux dire c'est vraiment le gentil c'est le mec marrant mais on lui confierait pas la boîte c'est ça,
- Speaker #1
et ce qu'on veut faire c'est donc réconcilier cette dualité en les voyant plutôt comme des polarités et ça c'est intéressant la notion de polarité parce que deux pôles tiennent en équilibre pourquoi ? parce qu'on sait maintenir la tension entre les deux, on peut même faire des métaphores vis-à-vis de la physique pure et dure et en fait si j'arrive à tenir en tension ma chaleur et mon autorité, donc que j'ai tout le temps les deux Dans cette étude, on se rend compte que tu te places dans une case qui est ultra désirée, qui est la case estime. En gros, c'est un cadran où quand tu as peu de chaleur et beaucoup d'autorité, tu suscites de la crainte. Quand tu as peu d'autorité et beaucoup de chaleur, tu suscites de la condescendance. Quand tu n'as ni l'un ni l'autre, tu suscites du mépris. Et quand tu as beaucoup des deux, tu suscites de l'estime et de l'admiration. Et c'est ce fameux truc où on dit, wow, un tel... Il a de l'aura. Waouh, un tel, il a du charisme. Waouh, un tel, il est spécial. En fait, c'est l'équilibre chaleur et autorité.
- Speaker #0
C'est excellent. Alors ça, pour ceux qui écoutent, bien entendu, je vous mettrai une représentation schématique de ce cadran, parce que je pense que c'est intéressant de la voir visuellement. Et d'ailleurs, je ne sais pas s'il y a un intermédiaire, parce que là, tu nous as donné un peu les quatre extrêmes, on va dire. Est-ce qu'il y a des passages intermédiaires ? Comment est-ce qu'on va évoluer dans ce cadran ?
- Speaker #1
Il va y avoir des passages intermédiaires, bien sûr, et très souvent, l'alternance dans laquelle on peut se retrouver perdu, c'est l'alternance entre trop de chaleur et trop d'autorité. En fait, étonnamment, c'est rarement deux personnes différentes qui est tout le temps méchante ou tout le temps sympa. On avance souvent de blessure en blessure et de radicalité en radicalité dans le but de trouver un jour cet équilibre. Par exemple, quelqu'un qui va être trop autoritaire, c'est pas qu'il aime pas les gens. C'est parfois qu'il a une chaleur blessée, qu'on a peut-être abusé de sa confiance, ou qu'il trop poser des limites avec les gens qu'il aime bien, donc il préfère être distant de tout le monde, comme ça il est en sécurité. De la même façon, celui qui est tout le temps chaleureux, il va se laisser un petit peu marcher sur les pieds parce qu'il a envie qu'on l'aime, et un jour il va exploser et envoyer tout le monde chier pour rester poli, parce que c'est juste, c'est pas possible. Et dans les deux cas, on alterne d'un extrême à un autre. Et comment on fait pour, pas passer d'un extrême à un autre, mais trouver cet équilibre petit à petit ? J'ai remarqué moi, par ma pratique, que ça passe rarement par réussir à mieux sourire, ou réussir à formuler des façons de s'affirmer qui sont de plus en plus diplomatiques, etc. C'est rarement de la technique qui vient nous bloquer, parce que la technique est très simple dans cet équilibre-là. C'est plus ce que j'appelle la maîtrise intérieure. On peut appeler ça la gestion émotionnelle. C'est aussi une dimension de récit personnel. Qui je suis dans ma vie ? Est-ce que je suis tout le temps le bourreau, tout le temps la victime ? Ou est-ce que j'ai dépassé ce triangle-là ? Est-ce que je considère l'extérieur comme étant plein d'adversité envers moi ? Ou je considère juste que l'extérieur, c'est ce que j'en fais ? Et c'est tout ce rapport au monde qui est en fait un rapport à soi qu'on travaille. Et une fois qu'on le travaille et qu'on l'apaise, on peut aller conquérir le monde.
- Speaker #0
Je suis entièrement d'accord avec ce que tu dis là. Et d'ailleurs, c'est la première étape, je trouve, avant même de maîtriser tout ça, c'est d'en prendre conscience. C'est-à-dire de dire qu'est-ce que je perçois de moi, comment je me définis ? Qu'est-ce que j'estime être mes craintes, être mes défauts ? Qu'est-ce qu'il y a dans ma perception du monde que je devrais faire évoluer ? Parce que je prends conscience, en tout cas, que ce n'est pas positif, que ce n'est pas une réalité. Et donc, cet inconscient, il reste malgré tout là. Il faut que je le conscientise pour le faire évoluer. Tu vois, je pense à plein de choses. C'est pas mal de choses, mais cet état de la prise de conscience, elle est vachement importante. Et moi, je l'ai senti sur, par exemple, mon rapport aux autres créateurs. de contenu il y a un moment donné où j'étais là ça me fait chier, lui il réussit c'est dégueulasse etc et après je me suis dit non en fait le fait que moi j'y arrive pas et que lui y arrive n'est pas lié, c'est pas parce que lui y arrive que moi j'y arrive pas, il faut que je change ma perception c'est cool pour lui que ça marche et il faut que je l'accepte que c'est cool et que c'est pas grâce à ça, à cause de ça que moi j'y arrive pas, c'est parce que moi j'avance pas comme il faut et donc il faut que je me recadre moi et pas lui tu vois c'est pas mal de trucs comme ça C'est à la fois sur nos compétences, nos qualités, nos émotions. Ça commence toujours par une prise de conscience, je trouve. Et c'est vrai que c'est ça qui nous permet ensuite de s'aligner sur ce cadran et d'évoluer. Je pense qu'il y a une vraie étape de la prise de conscience qui est importante.
- Speaker #1
Oui, elle est énorme. Et souvent, la prise de conscience qui va faire que les gens veulent bosser avec des formateurs, potentiellement comme tous les deux, c'est qu'à un moment donné, les gens se disent, la question de la valeur perçue, etc., elle revient, tu vois, même inconsciemment, et ils se disent, c'est peut-être pas aux autres. de venir deviner ma valeur cachée. Et c'est peut-être à moi d'ajuster ma communication et ma posture pour que ma valeur que je garde cachée devienne une évidence aux yeux de tout le monde. Quand tu as cette réalisation qui te responsabilise, là, tu peux commencer à bosser et tu es déjà sur la voie de l'excellence, je trouve.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. En fait, déjà, de se mettre sur le chemin, c'est déjà s'assurer ou en tout cas être quasi assuré d'arriver au bout du chemin.
- Speaker #1
Oui. Et ce qui est dangereux quand on n'y arrive pas, cette réalisation est libératrice parce qu'autrement, admettons... On se dit que ce n'est pas notre rôle d'incarner notre valeur à l'oral, etc. On dit que c'est aux autres de le deviner. Mais sachant que les autres ne vont absolument pas le deviner, parce que déjà, leur vie est déjà trop compliquée. Qu'est-ce qu'on va faire ? On va se dire que le monde est méchant. Si je suis une femme, je vais accuser tout le monde de misogynie. Si je suis racisé, je vais dire que les gens sont racistes, c'est parce que je suis un arabe. Si je suis un vieux, et sachant que, fait étonnant, on est senior à partir de 45 ans en France ! Il suffit que j'ai 48 ans et je vais me dire, c'est parce que je suis vieux qu'ils me disent ça. Ou je suis trop jeune et donc ils me disent ça. Et quoi qu'il arrive, ne pas être lucide sur cette responsabilité nous rend victime. Et cet état intérieur un peu chaotique, un peu souffrant, un peu blessé, va faire qu'on ne pourra jamais incarner l'estime et donc l'équilibre chez leur autorité, quand bien même l'aspect technique est très clair pour nous. Parce que l'aspect technique n'est même pas compliqué. Le plus dur, c'est venir bâtir ce truc en soi. qui fait qu'on peut l'incarner avec une aisance qui, là, fascine, là, attire et là, suscite l'admiration.
- Speaker #0
Dans ce que tu décris, j'entends aussi une vision assez stoïcienne de se dire le monde est ce qu'il est, les a priori, les visions, tout ce qui existe dans le monde est ce qu'il est. Maintenant, la question, c'est moi, sur quoi je peux agir ? Si je suis catho, je suis blanc, etc., je ne vais pas changer ça, je ne peux rien y faire, entre guillemets. je pourrais décider de ne plus être catho, mais ma foi, elle restera à se caler malgré tout. Je ne vais pas changer ça. Je ne vais pas changer mon âge, je ne vais pas changer ma couleur de peau, enfin, c'est quelque chose sur laquelle je n'ai pas la maîtrise. Et donc, ça ne sert à rien de m'apitoyer là-dessus. Ce qu'il faut que je me dise, c'est Et maintenant que je l'ai défini, j'ai accepté ça. Comment je vais évoluer ? Comment je vais travailler à partir de ça pour devenir meilleur ? Et donc, effectivement, ma valeur présumée, c'est ça, j'en ai conscience. Et maintenant, valeur perçue, qu'est-ce que je mets en place pour la développer ? Et c'est là où ce que tu décris est vachement important, c'est que c'est le point de départ où ensuite on va pouvoir réellement bosser.
- Speaker #1
Clairement, c'est le début du pouvoir. C'est là que tu ne le subis plus. Il y a une anecdote qui me vient en tête, c'est le jour où j'ai compris ça. putain je devais avoir quoi, 16 ou 17 ans en gros le défi de ma vie à cette époque c'était d'intégrer Sciences Po et une fois que tu passes les épreuves, peu importe si t'as fait la convention ou les écrits et tout à un moment donné t'as un oral final qui s'appelle l'oral de personnalité, et moi c'est une épreuve que je trouvais intrinsèquement injuste et même absurde et enfin, si je voulais vraiment pas entrer à Sciences Po, j'étais à deux doigts de me dire je veux arrêter tellement ça me semble insensé parce que je me disais mais comment ça tu vas venir juger ma personnalité Et donc, tu vas déterminer si je suis cool ou ringard. Et en fonction de ça, je vais être admis, tu vois. Et je commençais un peu à résister à ça. Je me retrouvais un peu victime face au monde. Et je te la fais courte, mais bref, en gros, il y a Claude Bartholone qui visite notre lycée. Les profs, ils arrivent à obtenir le fait que son cabinet va nous former à l'oral en vue de l'épreuve de Sciences Po et tout. Donc, génial. Tous les mois, je suis avec les énarques de Claude Bartholone dans son équipe. Ils sont en train de me former à l'oral et tout. et à un moment donné, j'ai mis 2-3 séances à entendre ce qu'ils me disaient, moi j'ai essayé de les convaincre que c'était injuste comme mode d'admission et que la personnalité ne devrait pas compter. On devrait regarder juste si on est intelligent en gros et voilà si on s'est bossé. Et au bout de presque deux mois de boulot, le mec il me dit écoute, oui c'est injuste, oui c'est absurde, qu'est-ce que tu vas faire face à ça ? Donc arrête de chialer en gros, parce que tu ne vas pas changer le mode d'admission de Sciences Po, mais maintenant que tu as compris que c'était chaotique et absurde, Est-ce que tu souhaites bosser l'oral avec moi pour te passer ? placé du bon côté du canon en gros ou est-ce que tu te préparais parmi ceux qui courent et là ma vie elle a changé, j'ai compris
- Speaker #0
Ah ouais mais c'est exactement ça je crois pas si c'est au cas où pour ceux qui le connaîtraient pas, Claude Barthelone c'était le président de l'Assemblée Nationale notamment sur enfin je crois qu'il a fait tout le quinquennat de France Hollande ouais, c'est ça Ah ouais ouais c'est très juste cette expérience et ce que tu décris là c'est exactement ça, les règles du jeu elles sont ce qu'elles sont, la question c'est est-ce qu'on y joue ou est-ce qu'on se contente de critiquer le jeu ?
- Speaker #1
Voilà. La psychologie humaine est l'escalier.
- Speaker #0
Et alors maintenant qu'on a accepté ce point de départ, la différence entre les deux, concrètement, est-ce que tu as des outils et des méthodes qui permettent d'améliorer ça sur cette question de la valeur perçue ?
- Speaker #1
Ok, donc une fois qu'on a la maîtrise intérieure, comment je viens incarner tout ça ?
- Speaker #0
Ouais, exactement.
- Speaker #1
Dans notre manière de travailler, du coup, on va avoir quatre variables, que moi j'appelle les fondamentaux de la prise de parole. voix, regard, gestuel, silence, qui vont chacun renvoyer sur une dimension essentielle à l'équilibre chaleur-autorité. Donc disons qu'on va mettre d'un côté chaleur et de l'autre côté autorité. A gauche au niveau de la chaleur, ce que moi je vais placer comme élément principal, ça va être le regard et la voix. Le regard parce qu'il se connecte et crée la relation. La voix parce que je trouve que c'est la meilleure manière d'être vivant, dynamique et surtout humain. Quand tu as une voix dynamique en face de toi, tu sens que le mec ressent des choses et qu'il exprime de la colère ou de la joie, ça le rend plus humain, plus chaleureux. À droite de ça, je vais placer le silence et la gestuelle. Pour l'autorité, ça sera silence-gestuelle. Le silence bien maîtrisé va nous donner de la présence et de l'intensité au moment. Et une gestuelle bien maîtrisée va renvoyer de la compétence. Parce que pas d'hésitation, je me tiens droit, je suis ancré, j'ai l'air de vraiment... incarner ce que je dis, d'y croire véritablement et de ne pas être déstabilisé. Et quand tu arrives à avoir connexion et émotion d'un côté, présence et compétence de l'autre, là tu peux incarner chaleur et autorité. Et on va même au-delà, parce que si tu as chaleur et autorité plus la maîtrise intérieure, tu rentres dans ce qu'on appelle la présence exécutive. A partir de ce moment-là, ce n'est plus une question de charisme, etc. C'est toi, ta manière d'être, fait exécuter autour de toi. Donc tu deviens, entre guillemets, le commandeur, par défaut, dans l'esprit des gens.
- Speaker #0
Je trouve ça brillant comme analyse. Tu vois, je ne m'étais jamais fait cette réflexion, voix, regard, gestuelle, silence. Je trouve ça vraiment brillant comme conception de la forme du discours. Ces quatre outils que tu nous décris, c'est des choses que tu travailles en conscience ou justement en partant du... de cette maîtrise émotionnelle. C'est-à-dire, est-ce que tu te dis, là, ma voix, il faut que je la pose comme ça, tel geste à tel moment, etc. Ou est-ce que c'est plutôt une maîtrise générale, un état d'esprit général au moment de parler ?
- Speaker #1
C'est une bonne question. J'ai même du mal à répondre parce que c'est un peu des deux. Dans le travail, il y a toujours, au début, les personnes qui veulent progresser, elles ont besoin d'une chose pour se sentir en confiance, c'est de la clarté. Donc je vais arriver avec quelques règles fondamentales, presque universelles. Par exemple... Ne pas forcément se balancer de Ausha droite sans cesse quand on parle, c'est un peu universel, tu vois, s'ancrer. Regarder les gens, etc., tout ça, c'est universel. Après, on va commencer à casser un peu les règles. Et en fait, les premières règles qui étaient là pour nous donner confiance et nous montrer qu'on est largement capable, nous montrer que ça a déjà de l'effet, parce qu'en fait, c'est tellement simple de passer d'une valeur perçue faible à une valeur perçue forte, qu'on commence à se dire, mais en fait, ce n'est pas les règles. qui t'ont donné cette valeur, c'est que tu t'autorises à travers elle, à devenir toi-même. Parce que même devenir soi, c'est compliqué, franchement. On dit aux gens « Soyez authentique aujourd'hui dans le dev perso. » Qui est un petit peu notre industrie, qu'on le veuille ou non, tu vois. « Soyez vous-même, soyez authentique, c'est votre plus belle force. » Ouais, mais mon ami, moi, la dernière fois que j'ai été authentique, on s'est moqué de moi. La dernière fois que j'ai été authentique, et que je me suis lâché, et j'ai été trop dur et j'ai blessé les personnes que j'aimais. Donc depuis... Moi, j'ai appris à ne pas être authentique. Et je pense que j'ai raison de le faire. Et donc, ces règles-là viennent dire, regarde, tu as un espace dans lequel ton authenticité peut s'exprimer. J'ai placé des frontières. À l'intérieur de ces frontières, amuse-toi. Et quand les gens arrivent à s'amuser à l'intérieur de ces frontières, elles prennent plaisir, elles se disent, mais en fait, je vais aussi aller visiter les styles voisins. Le style un peu théâtral, le style un peu autoritaire, le style un peu à la douce, un peu à la dure et là ils arrivent littéralement à trouver qui ils sont à force de voyager symboliquement dans les différents registres et puis d'ailleurs ce sujet de l'authenticité du naturel comme tu le dis c'est vrai qu'on entend beaucoup parler même trop parler parce que il
- Speaker #0
faut accepter qu'il n'y a rien de naturel et donc rien d'authentique à parler devant un public de plus de 5 personnes en gros l'être humain n'est pas fait pour ça c'est un... C'est quasiment autant un exploit que de sauter en parachute. D'ailleurs, ce n'est pas pour rien qu'il y a de temps en temps les mêmes sensations à l'atterrissage. Donc, effectivement, se dire que se poser un cadre où on accepte certaines règles, on accepte certaines choses qui ne sont pas naturelles, mais que dans ce cadre-là, on essaye de s'exprimer de façon le plus libre possible. Je parlerais plus d'ailleurs de liberté que de naturel ou d'authenticité. Pour moi, c'est plus ça, finalement, le terme. C'est se poser le cadre dans lequel on est libre.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Libre de... Oui, c'est ça. Et sur ce sujet-là, justement, tu nous parlais de ces quatre outils, voix, regard, gestuel, silence. Mais sur le fond, est-ce qu'il n'y a pas aussi des outils qui permettent de valoriser ça ? Que ça soit à la fois sur de l'explicite, c'est-à-dire la façon de poser ses arguments ou autre, et sur de l'implicite, c'est-à-dire plutôt des organisations de la pensée qui vont jouer peut-être plus sur des... Des a priori, sur de l'inconscient, sur du biais cognitif, ce genre de choses ?
- Speaker #1
Sur le fond, comment on bosse tout ça, nous ? Moi, t'as remarqué, j'aime bien faire des cadrans, diviser les choses par catégories. Et donc, d'expérience, je me suis rendu compte d'un truc. Que les gens avaient fondamentalement quatre besoins. À chaque fois que je leur parle, j'ai besoin de faire l'un de ces quatre trucs. Soit je dois les éduquer, soit je dois les convaincre. Soit je dois les influencer, soit je dois les persuader. Donc dans mon glossaire, ces quatre choses-là veulent dire quatre trucs totalement différents. Même si dans la société, on peut les utiliser un peu de manière interchangeable. Pour moi, éduquer, c'est venir démontrer l'intérêt de quelque chose. T'informer que quelque chose existe, mais en le tournant un peu sexy quand même. Donc j'ai une méthode pour ça. Notamment la méthode très connue en vente. Caractéristiques, avantages, bénéfices. Voilà, je t'explique. Un truc existe, il permet de faire quelque chose. qui produit tel résultat désirable. C'est tout simple. Tu as vu, ça tient en 30 secondes. Mais si tu sais le faire comme ça, mentalement, par réflexe intellectuel, tu es le roi du monde, en fait. Tu as une parole qui est déjà beaucoup plus claire. Deuxième chose, si je dois te convaincre. Là, j'utilise des techniques que les avocats aiment beaucoup, qu'on appelle la chaîne de pourquoi. Donc, je balance une position et par un enchaînement de pourquoi, je me retrouve à défendre la position. Si je dois t'influencer ou te persuader ? Là, ça devient plus technique et donc plus intéressant, je trouve. Dans ma vision des choses, l'influence et la persuasion vont se différencier selon ce que j'appelle le rapport à l'existant. L'existant étant... le modèle de croyance que tu as dans ta tête. Si je souhaite modifier ton modèle de croyance et ta façon de voir les choses, je dois t'influencer. Si je souhaite intensifier ton modèle de croyance et accentuer ce que tu penses déjà, je dois te persuader. Après, pour influencer, j'ai une méthode. Pour persuader, j'en ai une autre. Je ne sais pas si tu veux qu'on rentre dans les détails de ça.
- Speaker #0
Je pense qu'on ne va peut-être pas aller trop loin dans le détail. Il faut éviter de ne pas perdre l'audience parce que je ne pense pas qu'on les perdra. Surtout que j'ai peur qu'on n'ait pas le temps d'aller suffisamment loin pour avoir tout ça. On en parlera, je pense, dans un autre épisode, à mon avis, qu'on s'organisera assez vite, j'espère, parce que ça vaut le coup de creuser ces sujets-là. Et surtout, j'aime bien ton approche par les modèles de croyance, qui, je pense, est un sujet qui n'est pas assez abordé, finalement, dans notre métier, alors qu'il est essentiel. Et alors, pour revenir à ce sujet, valeurs présumées, valeurs perçues ? Je pense que là, on a une vision assez globale. Ce cadre chaleur-autorité, les quatre points de la forme, on va dire les quatre cadrans de la forme, les quatre objectifs qu'on peut viser. Maintenant qu'on a tous ces éléments-là, chaleur-autorité, qu'on a ces quatre impacts, j'imagine que derrière, il y a sans doute quelque chose d'un peu plus profond qu'on va pouvoir aller chercher.
- Speaker #1
En fait, ce qu'il y a derrière, c'est presque quelque chose de métaphysique. Je ne vais pas faire une digression sur ce qu'est la parole, la parole sacrée, etc. Mais au fond, pour rester très terre à terre, une fois que tu sais démontrer ta valeur et que ta valeur perçue est maîtrisée, tu as pris pouvoir par la parole, simplement par la parole, tu as pris pouvoir sur ton destin et sur ton image. Et là, tu vas rentrer dans une case qui est la case de la souveraineté personnelle. Ça veut dire que certes, comme on le disait tout à l'heure, tu es une femme. Certes, tu es un jeune de banlieue. Certes, tu es désormais senior de 48 ans. À partir du moment où tu as chaleur et autorité, tu es émancipé de ces catégories-là. Tu continues d'être qui tu es, avec ta condition, mais ta condition ne te conditionne plus. Au-delà de mec de 48 ans, jeune de banlieue, femme, on voit ta compétence, on voit ta valeur, on voit qui tu es. Et c'est ça le plus beau derrière, parce que j'avoue, bon, signer des deals, etc., c'est cool, ça nous permet de nous accomplir, mais le fait que les gens nous voient pour qui nous sommes, ça nous dignifie. Et ça, c'est ce qu'il y a de plus beau dans ce métier.
- Speaker #0
Eh mais attends, si t'es là, c'est sûrement que les sujets de la parole, du pitch et de l'influence t'intéressent. Si c'est le cas, tu ne voudras pas louper le Mégaphone. Le Mégaphone, c'est la newsletter courte et actionnable que j'envoie deux fois par mois. Tu vas y retrouver des ressources, des méthodes et tous mes hacks pour mieux t'exprimer.
- Speaker #1
L'inscription est gratuite et le lien est dispo dans la description. On se retrouve là-bas, mais pour l'instant, retour à l'épisode.
- Speaker #0
J'aime beaucoup cette vision et cette idée de souveraineté personnelle que je trouve très très forte et qui a été très vraie, quel que soit l'endroit, le lieu d'où on part. Je pense que c'est un des éléments de la parole. J'en avais parlé avec Bertrand Perrier, mais la parole, c'est aussi un marqueur. C'est un marqueur de beaucoup de choses. C'est un marqueur d'origine, c'est un marqueur de connaissances, c'est un marqueur de société. qui est profondément politique sur beaucoup de choses. Et donc, la maîtriser, c'est aussi maîtriser tous ces éléments-là. Donc, je te rejoins. C'est vrai que notre rôle, il est au-delà de la simple expression d'une idée. Il est aussi dans l'expression de soi, dans ce qu'il y a de plus profond, et comme tu disais, de quasi métaphysique.
- Speaker #1
Quasi ?
- Speaker #0
Oui, quasi métaphysique. Écoute, Amet, un très très grand merci pour tout ce que tu nous as partagé. C'était vraiment un épisode très très riche. Je pense qu'on a beaucoup de choses... à en ressortir, beaucoup de choses à garder. Et justement, tu as peut-être une ressource à nous conseiller, un livre, un podcast, un film, ce que tu veux, un truc qui pourrait peut-être nous aider pour aller dans ce sens-là.
- Speaker #1
Je vais conseiller deux livres qui n'ont strictement rien à voir avec la prise de parole. Le premier, ça va être Le désir mimétique de René Girard. Le deuxième, c'est Capitalisme de la séduction de Michel Kluskar. Alors, le désir mimétique nous apprend qu'on désire ce que les autres désirent. Donc c'est déjà super intéressant pour avoir du recul sur soi, mais aussi pour avoir du recul sur les dynamiques sociales, comprendre pourquoi les gens agissent de telle façon. Et ça a été un des livres qui m'a permis de gagner une souveraineté sur moi et de faire un bond en termes d'autonomie, de lucidité qui était colossal.
- Speaker #0
Et ce bon-là, justement, aide énormément à la maîtrise intérieure qui, derrière, débloque tout le reste. Et le capitalisme de la séduction, c'est plus une critique sociale, mais c'est quand même intéressant de comprendre dans quel paradigme nous évoluons tous en Occident afin de pouvoir devenir acteurs au sein de cet Occident-là. Peu importe le sens de notre action, il faut savoir dans quel milieu on évolue pour pouvoir être acteurs dessus et ne pas le subir. Donc, au-delà de donner des livres sur la prise de parole, Je vais plus déscoper le truc, prendre de la hauteur et se dire, je suis un animal social dans un ordre social. Si je veux pouvoir changer ma condition, je dois d'abord la comprendre.
- Speaker #1
J'adore. J'adore de livres que je ne connaissais pas, mais que je vais essayer de lire rapidement. Parce que, en tout cas, la façon dont je suis présent, ça me donne très, très envie de les voir. J'aime beaucoup cette idée, on désire ce que les autres désirent. Et le fait de déjà en prendre conscience nous permet souvent, justement, de nous défaire. de cette imitation. Peut-être pas totalement, mais partiellement, en tout cas, de travailler sur ses propres désirs. C'est quelque chose qui est assez rare, en tout cas, on en parle peu, mais de très très fort. Écoute, je te remercie vraiment, Ameth. C'est un épisode encore une fois très riche, parce qu'à la fois sur ce que tu nous as apporté par rapport au sujet, mais aussi sur ces ressources qui m'ont l'air passionnantes. Et je suis très content d'ailleurs qu'on sorte un peu des livres uniquement de rhétorique, sur la gestuelle, sur le machin, un truc, parce que... Comme tu le dis, la prise de parole, c'est aussi prendre de la hauteur et c'est s'inscrire dans un monde, dans une relation sociale. C'est important d'avoir ces connaissances-là et cette recherche-là pour s'améliorer.
- Speaker #0
C'était un plaisir. Merci à toi de m'avoir reçu.
- Speaker #1
Merci à toi. Merci vraiment à toi, Ahmed. Je suis vraiment ravi de cet épisode. Je suis persuadé qu'on en fera très vite de nouveau parce que les deux autres sujets que tu m'avais proposés me parlaient beaucoup aussi. Mais on ne va pas spoiler. Alors, si vous voulez écouter ça, pensez à vous abonner. Merci beaucoup, Ahmed.
- Speaker #0
Avec plaisir.
- Speaker #1
Merci d'avoir suivi cet épisode jusqu'au bout. J'espère qu'il vous a plu et surtout qu'il vous sera utile. Si c'est le cas, pensez à lâcher la plus belle note sur votre plateforme d'écoute et à partager ce podcast autour de vous. Je compte sur vous, c'est super important pour moi. Et dans tous les cas, on se retrouve la semaine prochaine pour développer une nouvelle compétence oratoire. Allez, ciao !