- Speaker #0
Une prise de parole réussie, c'est le fruit d'une multitude de facteurs bien maîtrisés. C'est aussi la garantie d'un bond en avant vers l'atteinte de vos objectifs. Pour vous aider à obtenir ces résultats, j'ai rassemblé les meilleurs experts, les Avengers de la parole. Chaque semaine, ils nous partagent leurs méthodes, leurs techniques et leurs conseils dans leur zone d'excellence. Cette zone, c'est la bulle des pros. Est-ce que ça vous est déjà arrivé de finir une journée de réunion ou de formation avec la voix en miettes ? Et le lendemain, plus rien ne sort. On bosse nos slides, notre discours, notre storytelling, mais très rarement on se concentre sur notre outil numéro 1, la voix. Alors aujourd'hui, on va réparer ça. Aujourd'hui, je reçois Jeanne Cherez, coach vocale, qui accompagne au quotidien celles et ceux qui parlent beaucoup pour leur travail. Formateur, avocat, manager... Podcasters, conférenciers, bref, tous ceux qui n'ont pas le luxe de perdre leur voix. Avec Jeanne, on va parler routine, comment entretenir sa voix, comment on entretient un muscle, quels exercices faire au quotidien, quoi faire juste avant une prise de parole et comment se constituer son fameux sac de Mary Poppins vocal pour être prêt en réunion, en visio ou sur scène. Alors si vous voulez que votre voix tienne la route et la distance, cet épisode est fait pour vous. Salut Jeanne, comment vas-tu ?
- Speaker #1
Salut Jean-Corentin, ça va très bien et toi ?
- Speaker #0
Ça va super bien, je te remercie. Je suis ravi de t'accueillir aujourd'hui et surtout d'aborder avec toi ce sujet que je trouve passionnant des routines. Moi j'en ai plein pour plein de choses des routines, c'est des formes de process que j'utilise tous les jours et que je trouve très utile pour pouvoir s'améliorer dans un domaine. Donc aujourd'hui on va l'appliquer à celui de la voix. Mais déjà, est-ce que tu peux nous dire à qui ça s'adresse ce genre de routine ?
- Speaker #1
Oui, et bien tout d'abord, je suis très heureuse aussi d'être invitée sur ton podcast que j'écoute assidûment. Et je sais ton goût pour les routines aussi en tant qu'entrepreneur. Donc je pense que tu devrais trouver des choses qui pourront t'intéresser là-dedans. Alors à qui ça s'adresse ? Et bien ça s'adresse à toutes les personnes qui utilisent leur voix professionnellement. Et c'est très large. En fait, tant qu'on n'est pas professionnel de la scène et qu'on n'utilise pas sa voix pour la scène, pour le chant, ou que notre voix ne nous a pas posé de problème, Généralement, c'est un non-sujet et on ne pense pas qu'on peut avoir à la travailler. Et pour autant, tout le monde utilise sa voix tous les jours. Mais professionnellement, il y a une dimension qui est rehaussée. Il y a une dimension plus importante que dans la voix du quotidien. Donc ça peut être pour une personne qui va rentrer en réunion, en conférence, en appel pro, en enregistrement de podcast, pour un tournage, pour une plaidoirie, pour des pitches, pour des entretiens, pour des séminaires, pour des formations, pour pas se... bousiller la voix en 7 heures de formation et pas s'épuiser. Voilà, il y a toute personne qui utilise sa voix professionnellement.
- Speaker #0
Ok, très très clair en fait, finalement à partir du moment où on a un boulot, où on est amené à prendre la parole, il faut avoir ce genre de routine.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et alors, une fois qu'on sait qu'on a besoin de ça, par quoi est-ce qu'on va commencer ? Est-ce que c'est des exercices à faire juste avant de prendre la parole ? Est-ce que c'est des exercices du quotidien qu'on doit faire tous les jours ? qui est ou non une prise de parole ? Est-ce que ça se fait juste avant ? Dans quel contexte on va aller pratiquer ces exercices-là ?
- Speaker #1
Alors, comme tu le dis justement, la voix, c'est comme le corps, c'est comme si on va, par exemple, faire du renforcement musculaire. Si on le fait juste avant d'aller à la plage, c'est pas sûr que ça ait beaucoup d'effet et que ça soit très visible. Donc, il y a besoin de pouvoir l'entraîner quotidiennement. Après, les gens qui ne sont pas chanteurs ou comédiens, ils ne vont pas travailler leur voix tous les jours, ou en tout cas dans des sphères très poussées. Ce n'est pas le but. Mais l'idée est d'implanter de nouveaux réflexes, de nouvelles habitudes et de nouveaux chemins connus pour notre corps. Donc pour que ça devienne connu, habituel, et que ça soit facile d'aller piocher dedans juste avant une prise de parole, il faut avoir pu l'implanter au quotidien. Ensuite, moi ce que j'aime bien dire, c'est d'avoir sa boîte à outils qu'on emmène avec soi, son sac de Mary Poppins, dans lequel tu vas aller choper juste les éléments dont tu as besoin. parce qu'il y a quelque chose d'important à se dire, à conscientiser, c'est que la voix, c'est mobile, qu'évidemment, on a une voix qui est reconnaissable tous les jours et qu'en même temps, on n'a pas tous les jours exactement le même corps, exactement la même voix parce qu'on ne vit pas tous les jours la même chose, qu'on n'est pas traversé par les mêmes émotions, que parfois, on a super envie d'aller faire telle prise de parole et parfois, on aurait préféré rester sous la couette ou gérer des problèmes persos. Et donc... Tout ça, ça va jouer. Et finalement, ce que j'apporte aux personnes que j'accompagne autour de la voix et qui est important à se dire, c'est qu'on est un petit peu tous des comédiens. Et que le comédien... Il doit aller tous les jours sur scène, soit faire rire, soit faire pleurer, soit les deux. En tout cas, incarner un personnage qui parfois est évident pour lui et parfois pas du tout. Et parfois on joue, on a enterré quelqu'un juste avant, ou on s'est fait quitter, ou on est malade. On n'a pas du tout envie. Et pour autant, il faut que la voix s'aligne pour porter dans la salle, pour porter nos propos, etc. Donc le but, c'est de connaître suffisamment son instrument et d'avoir pu s'en occuper au quotidien pour savoir comment il fonctionne. et savoir les points de vigilance qui vont être les nôtres. Et ensuite, être à l'écoute de ça pour le jour de sa prise de parole, se dire OK, là, quel est mon enjeu ? Qu'est-ce que je veux faire passer ? Et dans quel état je suis ? Est-ce que j'ai besoin de me dynamiser ? Est-ce que j'ai besoin de me calmer ? Est-ce que ma voix, je suis tellement heureuse aujourd'hui qu'elle porte super facilement ? Ou est-ce que c'est tout noué et je vais devoir me détendre avant ? Et en fait, la routine, on va la réajuster. Et c'est pour ça que plus on a un sac de Mary Poppins bien rempli, plus on va pouvoir aller chercher exactement dans ce dont on a besoin le jour J.
- Speaker #0
Ok, donc très clair. Donc, beaucoup de choses à retenir déjà de tout ça. Première chose, c'est qu'effectivement, si je convoie mes abdos, il ne faut pas que je m'y mette en juin. Merci de me le rappeler. Et donc, maintenant qu'on a tout ça, justement, dans ce sac de Mary Poppins, et merci pour cette référence, c'est un de mes films, un de mes Disney préférés. Une fois qu'on a notre sac de Mary Poppins, qu'est-ce qu'on va pouvoir mettre dedans ? Et est-ce qu'il faut tout mettre dedans ? ou déjà commencer à trier ce qu'on va mettre dans cette sélection ?
- Speaker #1
Oui. Alors, pour moi, il y a des questions à se poser avant, déjà. Savoir un petit peu, je te parlais de vigilance, comment fonctionne ma voix et quelles sont mes vigilances ? Parce que j'aime bien dire vigilance plus que défaut. On va tous avoir une identité vocale et des points sur lesquels il faudra peut-être être un petit peu vigilant. Ça ne veut pas dire qu'il faut les... Les bannir, les effacer, au contraire, c'est aussi une force. Par exemple, je te prends mon exemple, j'ai tendance à avoir une voix naturelle qui est plutôt avec pas mal d'air, avec beaucoup de sourire, un petit peu douce. Et quand je faisais du doublage, parfois je doublais une nana en colère ou quoi, et on me disait, on me faisait reprendre dix mille fois, et on me disait, non, t'as trop de sourire dans la voix. Et je me disais, mais non, là, j'ai joué la colère, je ne comprends pas. Et puis, on me faisait écouter ma voix. Je me disais, mince, il n'y a aucune autorité dedans. C'est horrible, quoi. Et donc, voilà. Et pour autant, est-ce qu'il faut gommer la douceur et le sourire ? Non. Mais dans certaines circonstances, je saurais qu'il va peut-être falloir que j'aille un petit peu plus sur l'articulation, un petit peu plus dans mes graves, etc. pour renforcer mon autorité. Donc, il va y avoir ces questions à se poser avant. Comment se place ma voix naturellement ? Est-ce que j'ai tendance à avoir une voix assez douce ? Est-ce que j'ai tendance à avoir une voix assez projetée vers l'avant et qui va avoir tendance à agresser ? Est-ce que je sais que j'ai beaucoup d'air dans la voix ? Ce qui fait que quand je parle pas très fort au micro, ça va très bien. Mais quand je vais vouloir pousser ma voix et la porter, je vais laisser fuiter tellement d'air et je manquerai tellement de résonance qu'en fait, je vais mettre beaucoup de force au niveau de la gorge et je vais me la fatiguer, etc. Donc, il y a déjà un travail de connaître sa voix. À quoi je vais devoir faire attention ? Est-ce que j'ai souvent des « e » ? Est-ce qu'on me dit souvent que je n'articule pas ? Et du coup, c'est peut-être quelque chose auquel il va falloir que je fasse attention. Est-ce que j'ai tendance à parler beaucoup trop vite ? Et du coup, il faudra que je calme ça, tu vois. Ou est-ce qu'au contraire, j'ai tendance à parler de façon très posée, mais très monotone ? Donc, connaître sa voix. Connaître sa voix.
- Speaker #0
Je me permets là-dessus de t'interrompre, parce que moi, c'est un travail que j'ai pas mal fait aussi sur moi, de connaître ma voix Pour ça, je trouve, et tu vas me dire ce que tu en penses, que le meilleur exercice, c'est de s'enregistrer, de s'écouter et petit à petit de comprendre ce qui se passe au moment où on le fait parce qu'on l'a analysé sur d'autres vidéos, sur des enregistrements avant. Je sais que moi, par exemple, le podcast, la chaîne YouTube, vu que je fais tout le montage moi-même, forcément, je m'écoute pendant plusieurs heures. Pas par plaisir de m'écouter, mais parce qu'il faut bien que je fasse le montage. Et de m'entendre comme ça, au début, c'est forcément très désagréable, mais on finit par s'y faire. et par avoir une oreille, je vais dire, beaucoup plus analytique de ce qu'on fait, ce qui me permet de comprendre, de me dire, OK, là, je sens maintenant, au moment où je parle, que ma voix, elle va être un peu plus comme ci ou un peu plus comme ça. Et donc, d'activer les résonateurs, le souffle, la respiration, de faire plus de pauses, au contraire, d'accélérer. Et je trouve qu'il n'y a rien de mieux que de s'écouter pour avancer là-dessus. Est-ce que tu partages ça ? Est-ce que toi, tu fais ça autrement ?
- Speaker #1
Ouais, c'est extraordinaire de s'écouter. Alors au départ, c'est très dur, mais c'est très important de le faire. En plus, maintenant, on a plein de façons de s'écouter. Tu vois, on envoie des audios. Et d'ailleurs, réécouter des audios, ça peut montrer à quel point la voix est mobile. Parce que tu vas écouter un audio que tu as envoyé pour une personne dans le pro, ou un audio que tu as envoyé à ton meilleur pote, un audio que tu as envoyé juste après une bonne nouvelle, ou un audio que tu as envoyé alors que tu étais en détresse, tu vas voir comme ta voix n'est pas la même. Donc ça, c'est intéressant aussi. Ce n'est pas facile à aller écouter. Mais c'est intéressant parce que tu vois ce qui se dégage, qui est différent et les placements qui sont naturellement différents. Ensuite, toi, ce que tu fais avec le podcast, c'est formidable parce que tu as un micro qui est de bonne qualité. Et donc, tu vas pouvoir entendre ta voix avec un grain qui est très proche de son vrai grain, qui n'est pas abîmé par un mauvais enregistrement et qui est mis en valeur au contraire. Donc ça, ça peut permettre de l'apprécier aussi. Souvent, en coaching, je demande aux gens de s'enregistrer aussi quand on fait des choses parce qu'entre ce qu'ils sentent, Et ce qu'ils entendent derrière, il y a une grosse différence. Parfois, ils vont avoir l'impression d'en avoir fait des caisses avec le sourire. Et en fait, quand ils s'entendent, ils disent « Ah bah non, c'est juste la base et ça rend ma voix un peu plus lumineuse. Mais je n'ai pas du tout fait une voix de pub super poussée. » Ça reste très naturel. Et ils disent « Ah bah tiens, du coup, je peux me le permettre. » Il y a plusieurs personnes à qui j'ai fait explorer des endroits de leur voix où ils ne vont pas. Donc en sensation, ça leur paraît complètement pas eux et complètement falsifié. Et quand ils s'écoutent, ils se disent « Ah mais non, je peux me le permettre. C'est pas trop. » Donc de s'enregistrer, ça permet d'entendre comment on sonne et aussi de pouvoir réajuster et de commencer à s'amuser avec. Et peut-être que dans ce cas-là, pour ne pas être jugeant vis-à-vis de soi, ça peut être sympa de s'enregistrer en se donnant des petits défis. « Tiens, là, je vais imiter telle voix. Là, je vais mettre plus telle intention dans ma voix, plus en colère, plus joyeux, plus ci, plus ça. » Et d'avoir... À chaque fois, un objectif est d'aller regarder ce que ça change dans ta voix. Et peut-être de te faire des retours avec deux colonnes, te dire qu'est-ce qui était bien et quels sont mes points de vigilance. Mais en fait, on va toujours s'écouter en se disant « Ah, ça c'est moche. Ah, ça c'est nul. Ah, ça non. » Et un dernier conseil là-dessus, c'est un peu comme la photo. Ça serait de pouvoir se regarder ou s'écouter quelques jours après l'avoir fait. Parce qu'à chaud... On est souvent très très dur avec soi-même. C'est comme s'il y avait un décalage entre comment on se sent intérieurement et ce qu'on entend ou ce qu'on voit, et qu'on était déçu, qu'on se sentait trahi par le résultat, qu'on avait l'impression que ce n'est pas nous dans notre entièreté, pas ce qu'on a voulu faire passer. Et on est super dur avec soi. Alors que quand on le regarde ou qu'on l'écoute un peu en recul, on est redescendu et on arrive plus à l'analyser comme on analyserait la voix de quelqu'un d'autre avec plus de bienveillance.
- Speaker #0
D'ailleurs, là-dessus, on peut aussi demander aux autres de nous faire des retours. Je sais que là, j'ai une amie qui passait sur Europe 1 ce week-end. Elle s'est écoutée juste après sur la rediff. Je crois qu'elle n'était pas très satisfaite de son truc. Je l'ai écoutée et je lui ai dit que c'était vachement bien. Tu avais toute ton énergie, tu étais ultra souriante,
- Speaker #1
tu étais pêchue.
- Speaker #0
Au contraire, c'était vachement bien. Je pense qu'elle avait un peu besoin de ce regard extérieur pour relativiser son propre regard qui est souvent plus dur que celui des autres.
- Speaker #1
Mais complètement. Je crois parce qu'on a aussi l'impression que ça nous enferme dans un rôle. On entend une chose de soi, on se dit à l'intérieur, je me sens tellement plus que ça. Tu vois, je te prends l'exemple, mais voix trop douce. Et tu te dis mais non, mais j'ai aussi des convictions, j'ai aussi du caractère, j'ai aussi ça. Mince, pourquoi on me dit ça ? Au contraire, si tu as une voix très projetée, etc. Et qu'on te dit que ça porte à fond, là tu vas peut-être te dire j'aimerais avoir une voix douce. donc on est On a souvent l'impression qu'on est limité dans une partie de soi, de ce qu'on dégage, alors que non, tout ça, ça module et ça peut bouger.
- Speaker #0
Très clair. Et alors, maintenant qu'on a identifié nos vigilances, qu'est-ce qu'on va pouvoir plus concrètement mettre dans cette besace magique ?
- Speaker #1
Alors, on va remplir la besace. Juste avant de remplir la besace, tu t'es demandé tes vigilances, comment se place ta voix, et tu te demandes quel est mon objectif. Et là, dans ta besace magique, tu vas pouvoir rajouter des intentions. Les intentions dont tu as besoin pour qu'est-ce que je veux renvoyer ? Qui est mon public ? Quel est le message que j'ai envie de faire passer ? Est-ce que ma voix va devoir faire sentir de l'expertise ? Est-ce qu'elle va devoir motiver ? Est-ce qu'elle va devoir convaincre ? Est-ce qu'elle va devoir rassurer ? Le thérapeute n'aura pas la même voix que l'entraîneur sportif, tu vois, typiquement. J'aime bien prendre des exemples hyper éloignés comme ça. Si tu as un entraîneur sportif qui dit « Alors, à la deuxième mi-temps, on va attacher de... » se bouger un petit peu plus, ça ne va pas le faire du tout. Et si on te dit, allez, détendez-vous, détendez-vous, ça ne va pas non plus. Donc, mon objectif, c'est super important, c'est quel rôle j'ai dans cette prise de parole, quelles sont les personnes à qui je m'adresse, des adultes, des enfants, des personnes qui connaissent mon sujet ou pas, etc. Qu'est-ce que j'ai envie de renvoyer ? Et dans ma besace, je vais mettre quelques intentions clés dont j'aurai besoin. Est-ce que j'ai besoin d'être experte ? Est-ce que j'ai besoin d'être convaincante ? Est-ce que j'ai besoin d'être enjouée ? Et ça, je les prends avec moi et ça va m'aider.
- Speaker #0
Sachant que ces intentions qu'on met dans sa besace, on est d'accord qu'on en met plusieurs parce qu'en fonction de notre rôle ou même de nos rôles, on peut avoir différentes intentions. Typiquement, pour reprendre par exemple l'entraîneur sportif, Il peut y avoir à un moment donné l'intention motivation où il va devoir booster ses gars, ses équipes, etc. Et puis, il peut aussi avoir une intention, j'en sais rien, analytique parce qu'il doit ensuite, après le match, il doit débriefer le match, faire un exposé dessus ou quelque chose comme ça. Peut-être quelque chose d'une intention festive parce qu'après, il doit prendre la parole pour fêter les victoires ou avoir plusieurs intentions qui sont adaptées à ce qu'on fait. C'est bien ça ?
- Speaker #1
C'est ça. Encore une fois, la voix est contextuelle, donc ça dépend à qui tu t'adresses, dans quel contexte, et quel est ton objectif. Tout ça, ça va moduler. Après, évidemment, tu ne vas pas penser dans ta prise de parole à toutes les intentions que tu veux mettre, et tu en auras des tonnes. Il y a plein de micro-choses qui se jouent dans la voix tout le temps. Mais ça, on va dire que ça te sert de pilier d'attaque, par exemple, pour démarrer, de savoir que tu es bien dans ton intention. Quelle est mon intention de départ ? Ça va permettre à ton corps... à ton émotionnel, à ta voix, de s'aligner sur cette intention pour démarrer avec clarté et avec aisance aussi. Et après, tu laisses faire. Mais d'en avoir deux, trois qui sont phares et auxquels tu vas pouvoir te raccrocher dans des moments importants, ça va vraiment t'aider à te mettre dans le personnage, en fait, tout simplement. À savoir avec quoi tu rentres. Tout comme tu as besoin d'avoir préparé ton sujet et de l'avoir en tête et de savoir clairement ce que tu vas dire, ou d'avoir peut-être tes premiers mots, et bien, de savoir dans ton petit sas avant d'entrer dans l'arène de la réunion ou quoi, dans quelles intentions tu entres, il y a tout qui peut s'aligner dessus.
- Speaker #0
Ok, très clair. Donc, on a maintenant nos intentions dans ces deux as. Et c'est quoi la suite, M. Abandonné ? Il va bien falloir qu'on la pratique, cette voie.
- Speaker #1
Exactement. Alors là, je mets cinq étapes, on va dire, que tu peux emmener dans ton sac et tu pioches celles dont tu as besoin. Il y a tous les exercices qui vont permettre d'investir ton corps. Parce que... essayer de passer par ta voix en te limitant à tes cordes vocales, ça ne va pas le faire. Tu as vraiment besoin de comprendre que ta voix, elle se place dans ton corps et que s'il y a bien un échauffement vocal à garder, que ce soit pour les orateurs quels qu'ils soient ou les chanteurs, c'est le corps. C'est ce qu'on fait en premier lieu. On décortiquera ce qu'il y a dedans après. Ensuite, il va y avoir tout ce qui touche à la respiration et au soutien. Donc, comment poser la respiration et pouvoir soutenir ta voix. Là-dessus, tu as plein d'exercices géniaux aussi. Ensuite, ce qui va permettre d'activer la résonance et la brillance de ta voix pour pouvoir la projeter au bon endroit en libérant la gorge, parce que le but, c'est vraiment que ta voix fonctionne entre ta respiration, ton soutien et tes résonances. Et que dans la gorge et au niveau des cordes vocales, ça se fasse tout seul et que toi, tu ne sois pas en train d'actionner quoi que ce soit ici, de serrer quoi que ce soit ici. Donc, les exercices qui permettent de faire sonner la voix, de la mettre en brillance. Ensuite, j'ai dans mon sac tout ce qui va permettre de... tonifier et de préciser l'articulation. Et après, c'est là qu'on va poser son intention et mettre son énergie. Donc en gros, les exercices dont je vais te parler là, il y a des choses qui permettent de passer par le corps, activer la bonne respiration, activer la résonance et mettre en place la diction. Et ensuite, selon les jours, selon les contextes et selon ce qui est le moins évident pour la personne, elle va choisir. Est-ce que je me concentre plus sur l'articulation ? Est-ce que c'est la respiration ? Etc.
- Speaker #0
Donc, ce n'est pas forcément un exercice de chaque. Moi, j'avais en tête que dans cette méthode, il me fallait un exercice corps, un exercice respiration, un exercice résonance, un exercice articulation et un autre sur les intentions.
- Speaker #1
Alors, si tu peux tout faire, c'est formidable, c'est génial. Mais bien souvent, tu n'as pas le temps avant un call, avant une réunion, tu n'as pas forcément le temps de faire tout ça. Donc, c'est pour ça que si c'est des choses que tu as en tête au quotidien et que tu travailles... 5 minutes par jour dans ta voiture, sous la douche, en faisant la vaisselle, n'importe quoi. Mais que c'est une habitude pour ton corps et ta voix qui sait trouver le chemin, qui savent trouver le chemin. Après, tu vas pouvoir aller piocher dans ce dont tu as besoin. Si tu peux faire un de chaque, c'est génial.
- Speaker #0
Ensuite, j'ai mes 5 parties. Il faut soit prioriser, soit réussir à faire les 5, bien sûr, si on peut, mais ce n'est pas toujours le cas. Tu peux nous, maintenant, peut-être revenir. Si ça te va, on va revenir sur chacun des points. Oui, bien sûr. Pour nous donner peut-être quelques exemples de ce qu'on peut faire.
- Speaker #1
Oui, exactement. Alors, ça paraît à la fois dense et à la fois... Dedans, j'ai plein d'exercices à proposer, mais quand tu en choisis un, il te prend quelques secondes, une minute. Tu ne vas pas y passer des heures, tu vois. Alors, pour investir le corps, déjà, il y a tous les exercices d'ancrage. Très efficace et très rapide, je vais tâcher de le décrire correctement, c'est l'exercice du roseau, puisqu'on dit que le roseau ploie alors que le chêne casse, tout simplement. Donc il faut trouver un rapport au sol où tu es bien posé, bien ancré, bien sur tes appuis, et avec souplesse et sans rigidité. Donc en fait, ça, ça consiste à se mettre les pieds à largeur des hanches quand tu es debout, et à venir basculer le plus en avant possible, le plus en arrière possible, le plus sur un côté et le plus sur l'autre. tu t'arrêtes au moment où tes pieds décolleraient. Il ne faut pas que ça décolle, tu vas jusqu'à la limite. Et à partir de ces points, tu vas dessiner un grand cercle en veillant à bien respirer. C'est là que ça se combine aussi, parce que tu vas travailler ta respiration en même temps, une fois que tu as tous tes exos. Et tu vas faire ton cercle, en veillant surtout à bien souffler, parce que généralement, on se met en apnée rien que pour faire un truc aussi bête. En apparence, on se met en apnée. Donc souffler. Tu fais des cercles assez lents, tu passes par les points extrêmes. Et puis petit à petit, tu vas réduire, réduire, réduire le diamètre du cercle jusqu'à te stabiliser en plein centre. Et généralement, rien que ça, ça te prend une minute et ça t'a vraiment posé. Et tu sens que les tensions s'abaissent. Ça bosse ta posture. Si t'as bossé ta respiration en même temps, c'est déjà fait. Et ça permet aussi de poser les émotions et de rendre plus disponible. Tu vois ?
- Speaker #0
Super intéressant. je ne le connaissais pas du tout celui-ci mais je vais me le noter parce que c'est difficile à bosser l'ancrage et je pense que c'est une très très bonne façon de le travailler Ouais tu verras avec celui-là tu le sens bien et si tu dois faire des prises de parole en visio,
- Speaker #1
souvent on fatigue sa voix en visio parce qu'on est beaucoup moins dans son corps et donc on va pousser beaucoup plus sur la gorge au lieu de mobiliser son corps pour parler et dans ce cas je t'invite à le faire avec tes ischions en fait t'es assis sur ta chaise, plutôt en bord de chaise ... avec les pieds à largeur du bassin et à 90 degrés, tu vas. Et tu vas sentir tes petits os sous les fesses, les ischions, et tu t'en sers de points d'appui comme tu as fait avec les pieds. Et tu fais tes cercles de la même façon. Et en fait, ce que j'aime bien ajouter dans l'ancrage, c'est que souvent on dit que c'est important d'être posé, mais on oublie trop souvent que l'ancrage, c'est aussi un élan. Et en fait, la voix, le corps, c'est toujours une alternance entre ça se pose et ça bondit. Et plus tu es dans ton élan, plus tu es dans tes appuis. plus tu vas pouvoir t'apaiser, te poser et en même temps mettre l'énergie qu'il faut au bon endroit.
- Speaker #0
Super clair. Et alors, dans l'hypothèse où on n'aurait pas travaillé la respiration sur celui-ci, sur la respiration, est-ce que tu aurais là aussi un autre exercice peut-être plus dédié à ça pour le coup ?
- Speaker #1
Oui, alors la respiration, de toute façon, on va chercher une respiration qui est ventrale, abdominale comme on dit souvent. Il n'y a aucun air qui rentre par le ventre, absolument pas. C'est juste que le diaphragme, qu'on doit imaginer comme un gros parachute, qui délimite, qui est au centre, il est juste sous les dernières côtes. Tu as les poumons au-dessus, en dessous les viscères, et tu as le diaphragme qui sépare ça. Comme les poumons n'ont pas de structure musculaire, ils ne peuvent pas eux-mêmes se contracter pour aller chercher de l'air et l'expulser. Donc ils ont ce mec en dessous qui fait le job. de se contracter pour faire appel d'air. Donc, pof, il les tire comme un soufflet. Il fait rentrer l'air et après, il se relâche. Et c'est comme ça qu'on expulse l'air. Donc, c'est super important d'avoir une respiration basse parce que ça veut dire qu'elle va être complète, qu'elle va être ample et que ça va nous permettre de gérer les émotions aussi parce que ce diaphragme vient masser les viscères, masser le nerf vague, etc. Ça aide le système nerveux et il permet aux poumons de faire leur job en entier. alors que si tout est serré vers le haut, la respiration est incomplète. Et pourquoi c'est essentiel pour la voix ? C'est que si ta respiration est incomplète et qu'elle est trop haute, quand tu vas chercher à soutenir ta voix pour la porter, pour la projeter ou pour la faire durer longtemps, le corps est bien fait, il va chercher un appui. Et dans ce cas, il va le prendre au niveau des constricteurs de la gorge. Et là, c'est fichu. Il aura besoin de le prendre au niveau du ventre. Donc c'est deux choses qu'on sépare. respiration et soutien. La respiration, on la veut basse, avec le diaphragme qui peut descendre, et donc il descend, il sort le ventre. Et le soutien, on va pouvoir le placer sur une respiration basse. C'est l'espèce de résistance qu'on va mettre au niveau du ventre. Donc, la respiration basse, c'est très complexe, la respiration. Donc, j'invite les gens à... aller regarder, il y a plein de vidéos sur internet, ou même la cohérence cardiaque et tout, pour faire des respirations qui permettent de gérer le stress. Je vais te donner deux petits exercices pour comprendre son soutien vocal, parce que ça, c'est encore autre chose. Alors, ce petit exercice, il faut mettre les mains sur la taille. pour sentir les mouvements, où tu peux en mettre une sur la taille, une sur le ventre, et tu vas aller faire et le but, c'est de travailler, en fait, ça travaille ton soutien, donc l'énergie musculaire qui se crée pour soutenir, sortir la voix, et en même temps le relâchement. Donc il faut qu'à chaque son, tu sentes le ventre qui se contracte, qui rentre un peu, et dès que tu... entre, à chaque fois tu relâches et il se remet en place, il ressort tout le temps. Le risque, c'est souvent que on a tendance à se mettre en gainage et à garder le ventre tout dur, tout dur, tout dur. De travailler ça, ça va vraiment permettre d'avoir cette souplesse qui fait que j'actionne mon soutien, ça se contracte et à chaque fois ça relâche, c'est super flex. Et ça, une fois que tu vas le mettre sur la parole, évidemment ça sera beaucoup moins tonique d'un coup. Mais c'est ça qui se passe. Je parle, mon ventre, il y a une légère contraction pendant que j'ai apporté ma voix. Et puis, dès que je respire, il ressort, il se redétend. Donc ça, c'est un bon exercice pour se mettre en réveil de soutien juste avant. Et je t'en dirai un aussi pour qu'on puisse sentir à quoi ressemble le soutien vocal. C'est en fait une sensation qui paraît assez nébuleuse, mais qui est très simple.
- Speaker #0
Je conclue juste là-dessus, c'est que sur cette respiration ventrale... Si vous voulez voir l'effet inverse, c'est-à-dire ce qui se passe quand on est sur une respiration trop haute, vraiment une respiration qui va passer par la poitrine et par la gorge, regardez un enfant qui pleure. Quand on voit un enfant qui pleure, souvent, il vient chercher son air, il a les épaules remontées, on voit la poitrine qui se gonfle parce qu'il vient chercher son air. Mais en fait, pour le coup, l'air passe mal, la respiration se fait mal. parce que cette respiration est trop haute et trop rapide. Et c'est ça qui vient saccader cette respiration et donc la rendre beaucoup moins efficace. Ça, c'est l'extrême inverse, mais ça permet aussi de comprendre l'intérêt de cette respiration ventrale pour l'orateur.
- Speaker #1
Exactement. Et c'est chouette que tu prennes l'exemple de l'enfant. Si vous avez des enfants, regardez-les dormir. Et tu vois, quand il dort, c'est son ventre qui se gonfle et qui se dégonfle puisqu'il est tout apaisé et que ça fonctionne bien comme ça. Nous aussi, d'ailleurs, quand on dort, si on se réveille le matin, en principe, on est encore avant de se lever dans cette respiration-là. Et puis après, avec les stress, le speed et tout ça, ça remonte. Mais normalement, c'est la respiration qui est physiologique, qui est normale, que les tout-petits ont. Je dis tout-petits parce que rapidement, l'enfant a une respiration qui s'inverse, parce qu'il a rapidement, de nos jours, des rythmes très denses aussi. C'est la respiration des animaux, c'est la respiration qu'on a quand on dort et qu'on est vraiment détendu. Tout l'enjeu, c'est de réussir à la cultiver pendant la parole. Qui plus est, lors de prises de parole, où c'est des événements qui sont source de stress aussi. Donc, c'est là que ça demande un travail de remettre les choses en place. Mais c'est une respiration qui est normale en principe.
- Speaker #0
Et même en dehors, d'ailleurs. C'est peut-être ça qui fait que je suis très souvent trop détente. Mais je sais que je respire quasiment tout le temps avec cette respiration ventrale. c'est à chaque fois que je pense Dès que j'essaie de m'observer respirer, je me rends compte que je respire beaucoup par le ventre.
- Speaker #1
C'est parce que tu l'as bien installé et ça devient normal en fait.
- Speaker #0
Alors je ne sais pas justement, c'est une question que je me pose parce que cette respiration ventrale, moi je l'ai apprise quand j'ai fait du chant choral. Et je ne sais pas si c'est un truc que j'ai tenu de cette époque-là ou si je le faisais déjà avant. Et je n'aurai pas la réponse bien entendu. Mais je ne sais pas si c'est un truc qui est resté, qui est de l'inné ou de l'acquis. En tout cas, ce qui est certain, c'est que si on le travaille, on peut l'utiliser même au quotidien. Ce n'est même pas juste pour la prise de parole. C'est bon pour votre corps et pour votre esprit au quotidien.
- Speaker #1
C'est comme ça qu'on devrait respirer tout le temps, exactement.
- Speaker #0
Tu nous parlais d'un autre exercice, justement, là-dessus.
- Speaker #1
Pour venir sentir le soutien, c'est très simple. Juste, c'est imaginer qu'on va souffler dans une paille qui serait bouchée, ou tu sais, une sarbacane, où il y aurait une boule qui ne veut pas sortir. On va souffler. Et là, forcément, il y a une résistance qui se crée, vu que la paille est bouchée, que la sarbacane est encombrée. Et à ce moment-là, on sent une petite contraction au niveau du ventre, mais qui n'est pas un gainage figé.
- Speaker #0
C'est tout simplement, ça aide à propulser l'air avec cette résistance-là. Le soutien vocal, c'est ça. La sensation de soutien vocal, c'est ça. Après, on va mettre plus ou moins de cette résistance si on a plus ou moins à porter la voix. Si je te parle alors que tu es juste à côté, je vais avoir la respiration basse, mais pas forcément de soutien vocal. Et si je parle au théâtre et que j'ai envie qu'on m'entende de loin, là, je vais avoir beaucoup plus de résistance. Tu vois ? Et cet exercice-là permet de sentir en tout cas ce qui se joue.
- Speaker #1
Et ça, ça nous amène à notre troisième axe, celui de la résonance et de la brillance.
- Speaker #0
Yes. De toute façon, pour tous les exercices, j'en ai plusieurs dans les boîtes. Si tu veux, je te les dirai, que tu puisses les noter sous la vidéo sur YouTube ou quoi, pour avoir un petit peu des pistes. Je te donne les principaux à chaque fois. Pour la résonance et la brillance. Allez, je vais te donner les deux clés qui sont très faciles à faire pour le coup. En toutes circonstances, et justement, j'insiste, faites-le sous la douche, faites-le en faisant la vaisselle, dans des moments où ça devient naturel, quoi. Il n'y a pas... Ce n'est pas protocolaire. Il y en a un qui s'appelle le lipsthrill ou le thrill des lèvres. Et alors ça, les chanteurs l'utilisent énormément, mais sur la voix parlée, c'est formidable aussi. Ça va vraiment venir vérifier le soutien, le flux d'air et que la voix soit bien placée dans les résonateurs en avant du visage. C'est très simple parce qu'en fait, s'il y a trop de soutien, ça va caler. S'il y a trop de tension au niveau des lèvres et des mâchoires, ça va caler. S'il n'y a pas assez de soutien, ça va caler. Et s'il y a trop de fuite d'air, ça va caler. Donc, quand on le fait bien, on sait que la voix est très bien placée et on ne peut pas se faire mal. Je te fais ça.
- Speaker #1
Ok, donc ultra complet.
- Speaker #0
Ouais, c'est génial. Il ne faut juste pas avoir peur du ridicule. Et au départ, ça me met un petit peu de temps à le trouver, mais il y a plein d'astuces pour ça. Donc ça revient à faire ça. Et ça peut beaucoup amuser les enfants, si on en a, on peut s'amuser là-dessus. On peut balader après de note en note. On pourrait le faire juste sur une note. On peut s'amuser à varier le volume sans perdre ça, en restant sur une même note. Alors là, c'est compliqué. Généralement, quand on va en bas, ça cale et on a du mal à relancer. Mais ça, de le travailler quotidiennement, ça va vraiment aider à placer les bons paramétrages de la voix.
- Speaker #1
Je remercierai mon fils parce que je lui fais tout les jours.
- Speaker #0
Mais oui ! Cet exercice, il est génial. Là, tu travailles vraiment ta voix en douceur et il y a tout qui se réveille ensemble. Donc, c'est très complet.
- Speaker #1
J'ai juste une question par rapport à ça. Le lien à la résonance, je ne l'ai pas directement, enfin, je ne le perçois pas directement. Tu peux m'en dire un peu plus ? Oui, bien sûr. En quoi ça travaille, la résonance ?
- Speaker #0
Alors, c'est que tu vas venir sentir les chatouilles autour de tes lèvres, autour des pommettes, les arêtes du nez, le front même, si tu montes un peu dans les hauteurs. Pour sentir que ta voix est bien placée, il va falloir qu'elle soit en équilibre dans ses résonances, donc pas qu'elle soit complètement... englouti sur l'arrière et que là, il n'y a rien qui sonne en avant dans ce qu'on appelle le masque. Là, elle est vraiment retenue en gorge, en sensation sur l'arrière. Et si j'essaye de porter la voix là-dessus, du coup, comme je n'ai pas de brillance dans la voix, j'essaye de compenser par le volume et en fait, je pousse et là, j'envoie plein d'air à travers mes cordes vocales et ça fuite et ça me fait mal. Donc, on cherche à ce que la voix soit beaucoup plus résonante et beaucoup plus projetée sur l'avant. À l'inverse, si elle est carrément trop projetée sur l'avant, ça peut être désagréable, agressif aussi. Donc, on cherche l'équilibre entre ces choses-là. Donc, quand tu vas faire... Tu vas être attentif aux vibrations des lèvres, autour du nez, sur le front. Et ensuite, essayez, quand tu parles, de remettre la voix à peu près dans ces endroits-là. Tu vois, ça vient réveiller ces espaces de résonance-là. Si jamais tu l'as laissée en gorge, ça ressemblerait... C'est quand même dur de la laisser en gorge sur cet exercice, mais... tu t'en rendrais compte surtout en voulant monter dans l'aigu. Ou au lieu qu'elle bascule pour suivre les arrêtes de ton nez et aller en sensation sur le front, elle reste en gorge et là tu pousses. Et là c'est tout serré dedans. Tu vois la différence ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Donc ça fait bosser ça.
- Speaker #1
Trop bien. Super clair. Parfait. Et tu nous as parlé d'un deuxième exercice sur la résonance.
- Speaker #0
Oui, c'est le humming. C'est un exercice phare aussi. Alors là, on fait un M et on va venir... activer les sensations de vibration. En fait, la résonance, ça va vraiment être en lien avec là où ta voix vibre. Plus tu as de vibrations, plus derrière la voix sera résonante aussi. À chaque fois qu'on fait ces exercices-là, il ne faut pas chercher de volume. Le volume dans la voix, c'est la résultante d'un bon soutien. et d'un bon placement de résonance, mais jamais de l'envie de faire fort et de pousser sur la voix, surtout pas. Donc quand on s'échauffe, on ne cherche que de la vibration. On place bien sur sa respiration, on se détend sur l'inspire, et on n'oublie pas que le son, la voix, ça se pose sur du souffle, sur l'expiration. Donc on y va en douceur sur le souffle et on va faire... On peut mettre une main sur la poitrine pour sentir les vibrations. La poitrine, ce n'est pas un résonateur en soi, parce que ça... amplifie pas la voix, c'est sous tes cordes vocales. Par contre, les espaces de résonance se trouvent au-dessus de tes cordes vocales une fois qu'elles ont vibré. Mais d'avoir des vibrations dans la poitrine quand tu fais ça, c'est un bon indicateur que ta gorge est libre et que ça se passe bien. Donc tu peux mettre une main sur ta poitrine pour sentir ça et en même temps être attentif aux vibrations là sur le M, c'est surtout au niveau des lèvres et tu peux aller carrément t'en délecter, tu vois, à fond sur un miam. tout ça, ça va vraiment travailler ta résonance. Et derrière le M, de mettre un A pour ouvrir, comme ça tu vas vers la voix. Tu ne restes pas que sur les exercices bouche fermée, de faire un M. Et là, c'est un très bon indicateur, parce que si ta voix... En fait, le but, c'est que ton M soit le moule pour placer ta voix au bon endroit. Ton A, tu as envie qu'il résonne, qu'il vibre, qu'il chatouille au même endroit que ton M, même si c'est quand même un peu moins perceptible que sur le M. Tu as envie qu'il soit là. Si jamais ta voix est placée en arrière, en gorge, ce qui va se passer, c'est que quand tu vas vouloir ouvrir la bouche pour laisser grossir ton A, ça ne va rien changer. Au lieu de faire... Il va se passer... Ça va être derrière... Et là, la place que tu fais avec ta bouche ne change rien au son. Donc, c'est un bon indicateur pour se dire, tiens, il faut que ma voix, elle soit à cet endroit-là et encore une fois, sans chercher à la pousser.
- Speaker #1
Alors justement, tu nous parles du M et du A qui doivent ressortir. Est-ce que ça ne serait pas aussi une transition vers l'articulation et le fait de bien comprendre aussi, de bien exposer toutes les lettres et les consonnes ?
- Speaker #0
Yes ! Alors l'articulation, elle a plein de vertus. évidemment d'être bien compris, mais souvent on va dire « Ah bah non, ça va, j'articule bien, on me comprend, j'en ai pas besoin. » Mais elle va permettre de rendre la parole plus importante, de donner plus de poids aux mots, et aussi de défatiguer la voix. Parce que le fait de se concentrer sur avoir une articulation précise, ça va remettre les paramètres d'énergie au bon endroit, plus en avant du visage, et on va moins pousser avec la gorge encore une fois. L'exercice qui est extraordinaire pour... tout bosser en même temps. Et peut-être que s'il n'y en a qu'un à faire, une fois qu'on a bien l'habitude de ses routines, ça serait celui-là. C'est le bouchon. Le bouchon, donc je prends un bouchon de liège. Les gens ont peut-être entendu parler du stylo aussi. J'aime moins parce que souvent c'est en plastique déjà, donc c'est moins bon pour les dents, c'est petit, ça tourne, ça se balade, on se crispe, c'est moins intéressant. Et le bouchon, d'une, on peut moins se faire mal, et de deux, comme il est gros, ça... force à faire un petit peu de place en arrière-bouche. Ça, je n'ai pas eu l'occasion d'en parler, mais en fait, on peut faire vraiment de la place avec son voile du palais en arrière-bouche, qui va donner plus de profondeur, de présence dans la voix. D'ailleurs, quand on ne fait pas du tout de place et que le voile du palais est complètement baissé, ça va donner une voix nasale, parce que la voix ne peut pas sortir par l'oropharynx. Elle ne sort pas par la bouche, ou très peu, elle sort par le nez, parce que le voile du palais est abaissé. Et plus le voile du palais est relevé, s'il est carrément relevé, ça va être très, très, très stable, tu vois. Donc, il y a un entre-deux à trouver. Mais d'avoir un petit peu plus de place en bouche, ça donne plus de profondeur et d'ampleur. Donc, prendre son bouchon, le coincer. J'ai mon bouchon, j'ai hâte de le faire, mais on ne voit pas. Le mordre délicatement avec les dents. Je dis vraiment délicatement. Il ne faut pas, juste qu'il ne tombe pas. Il ne faut pas se crisper. les dents doivent rester détendues, la mâchoire aussi et ce qu'on va venir... exagérer autour, c'est les mouvements de la langue, des lèvres et des joues. Et on va exagérer tout ça pour venir tonifier l'addiction. Et quand on va l'enlever, on va se rendre compte qu'on articule mieux et qu'on a aussi une plus grande ouverture en bouche. Et en plus, souvent, il permet de venir ressentir en même temps le soutien. Donc c'est vraiment un exercice génial.
- Speaker #1
Moi, là-dessus, je le fais souvent, pas avec un bouchon, mais avec le petit doigt, tout simplement. Alors certes, il y a... pas cette notion d'ouverture de l'arrière-bouche, je crois que tu disais. Par contre, justement, sur le fait, par rapport au stylo, de ne pas trop mordre, de ne pas être trop crispé, c'est que vu que c'est ton petit doigt, tu le sens et que t'as pas envie de trop mordre, ça permet d'avoir juste les dents posées dessus. Et là, ce que je fais là, c'est de le garder ouvert. Je dis ça parce qu'on n'a pas toujours un bouchon liège sur soi.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Alors qu'on a quasiment toujours un petit doigt. Sauf pour qu'il n'y ait pas d'oiseau, mais c'est un autre sujet.
- Speaker #0
Eh bien, écoute, ton astuce, je la trouve géniale parce qu'effectivement, ça aide à ne pas crisper la mâchoire ni trop serrer les dents si tu tiens un tant soit peu à ton doigt. Ce que tu peux faire, c'est de recourber ton index et tu croques la phalange, tu vois. Là, c'est un peu plus gros. Et comme c'est plus gros, tu fais un peu plus de place en bouche aussi.
- Speaker #1
Trop bien. Je vais faire comme ça maintenant.
- Speaker #0
Et si on n'a pas de petits doigts, on a peut-être encore un index. Exactement. Ça marche avec tous les doigts. On a normalement plusieurs options possibles. Parfait.
- Speaker #1
Je t'ai complété quelque chose sur cet exercice.
- Speaker #0
C'est vraiment l'exercice phare, je trouve. Après, ça, le pratiquer cinq minutes par jour en lisant un petit texte. On voit une grande différence au bout de quelques semaines, c'est frappant. Le pratiquer juste avant une prise de parole, ça permet de remettre les choses en place. Et en plus, on se concentre sur quelque chose. Donc, quand on pratique n'importe quel exercice comme ça, on décentre son attention du stress et on fait baisser aussi la pression. Donc, les routines sont super pour ça aussi. Même si le bouchon, ce n'est pas directement pour ça, ça va apaiser aussi. Et après, on peut le travailler sur des virelangues ou même travailler des virelangues. tout seul, sans bouchon. Ça, si on tape Virlangue sur Internet, il y en a des centaines. C'est les fameux « Suis-je chez ce cher Serge ? » « Nous ne nous désolidariserons pas. » « Ces six cyprès sont si loin qu'on ne sait s'ils s'en sont. » Etc. Il y en a des tonnes. Donc ça, j'invite tout le monde à en choisir deux ou trois et à choisir dans les listes ceux qui nous embêtent le plus parce qu'ils viennent travailler les sonorités qui sont les plus délicates pour nous. Et c'est vraiment comme ça qu'on va progresser.
- Speaker #1
Entièrement d'accord, c'est ce que je dis tout le temps. arrêtez de prendre les virelangues que vous arrivez à faire directement, ça ne sert à rien, si ce n'est à vous rassurer. Le but du virelangue, c'est que ce sont des associations de sonorités qui ne sont pas évidentes ensemble, et donc de travailler sur un type ou un groupe de sonorités particuliers. Il faut bien les choisir. Il y a un document, vous pouvez taper 180 virelangues sur Google. Il y en a plein, je pense qu'on a tous la même règle, c'est les formateurs.
- Speaker #0
Merci à la personne qui l'a mis en ligne.
- Speaker #1
Exactement,
- Speaker #0
parce qu'il est vraiment super Alors juste un dernier conseil sur les virelangues même si on le connait par coeur on peut quand même y aller l'idée c'est que si on le dit naturellement je sais pas, c'est si cypress sont si loin qu'on ne sait si ça travaille mais pas énormément faut vraiment venir suivre chaque sensation, un petit peu à la luchini tu vois, exagérer c'est si cypress sont si loin etc etc après on va pas en faire des tonnes comme ça quand on parlera normalement ... Mais au moins, on a fait un vrai stretching de l'articulation. Et les muscles sont vraiment dynamisés, réchauffés. Et derrière, ça avait bien travaillé.
- Speaker #1
Oui, c'est une musculation, les exercices d'articulation. Les violonques, c'est exactement ça. Quand on va à la muscu, le but, ce n'est pas de prendre le poids qu'on pourrait soulever comme on en soulève tous les jours. Le but, c'est de prendre un truc qui est plus lourd que ce qu'on a tous les jours. C'est pareil dans l'articulation. On va faire un exercice qui est plus complexe. que l'articulation qu'on emploie tous les jours. Et ce n'est pas pour autant que le jour J, on va parler avec cet accent-là qui vient appuyer sur l'ensemble de nos mots. Il faut le faire, mais ce n'est pas ce qu'il y a de plus incarné, on va dire.
- Speaker #0
C'est une très bonne analogie. Et quand tu parles du sport, quand tu vas faire du renfort, ton alter, tu ne la laisses pas tomber. Quand tu relâches, tu accompagnes le mouvement. Et donc, plus on est précis sur accompagner là où se place la résonance, là où se place telle syllabe, telle consonne, plus après, le chemin va se faire naturellement avec précision.
- Speaker #1
Super clair. Je vois que le temps file un peu. Je n'ai pas du tout regardé le depuis tout à l'heure. On va passer au dernier exercice, le dernier point sur l'intention. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus là-dessus ?
- Speaker #0
Celui-là, on va aller assez vite parce qu'on l'a bien décortiqué au départ. Pour moi, la dernière chose, ça va être juste avant de rentrer, ça va être poser l'intention et l'énergie. Les comédiens ont des coulisses et c'est important pour tout orateur de se les recréer à sa façon. Si c'est passer cinq minutes aux toilettes pour faire ses exercices ou se mettre dans l'énergie, on peut le faire. Si c'est juste avant de passer la porte de la réunion ou de passer la porte de la formation, de souffler un coup et de se dire je me remets ma petite phrase en tête de boost, je sais dans quelle énergie, dans quelle intention je veux rentrer, je sautille un peu sur place et tout ça. Ça fait une grande différence parce que ça permet d'avoir ses coulisses, son micro-sas pour se préparer. Et je rentre en ayant mis ma cape, en ayant mis mon personnage. C'est bien moi, mais j'ai déposé tous les trucs du quotidien à l'entrée et je rentre juste avec ce dont j'ai besoin. Et donc là, ça va être d'aller chercher dans ce qu'on s'est dit, de sa boîte à intentions. Je rentre dans quelle énergie et pof, je vais là-dedans. Tout simplement.
- Speaker #1
Eh mais attends, si t'es là, c'est sûrement que les sujets de la parole, du pitch et de l'influence t'intéressent. Si c'est le cas, tu ne voudras pas louper le mégaphone. Le mégaphone, c'est la newsletter courte et actionnable que j'envoie deux fois par mois. Tu vas y retrouver des ressources, des méthodes et tous mes hacks pour mieux t'exprimer. L'inscription est gratuite et le lien est dispo dans la description. On se retrouve là-bas, mais pour l'instant, retour à l'épisode. Super clair. Écoute, ça nous fait déjà pas mal de choses sur lesquelles travailler. Est-ce que tu aurais un dernier conseil à nous donner par rapport à cette routine ?
- Speaker #0
Oui, là, je n'ai pas pu rentrer dans tout parce qu'il y aurait trop de choses, mais je peux citer des choses comme ça qui pourront inspirer. Investir le corps, il y a...
- Speaker #1
Ce que je te propose, peut-être plutôt là-dessus. c'est que tu nous le mettes dans un document qu'on pourra mettre comme ça dans le un document à télécharger qu'on mettra dans le lien du podcast, dans la description comme ça les gens pourront y aller piocher et puis en plus ça sera l'occasion de les rediriger aussi vers Thérèse au social donc comme ça, ça sera parfait pour tout le monde écoute dans ce cas ce que je te propose c'est peut-être de passer directement à la recommandation est-ce que tu aurais une ressource à nous conseiller soit sur le sujet de la voix, soit sur la prise de parole ou sur toute autre chose
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Alors, j'en ai deux sur la voix. Deux livres vraiment marquants pour moi sur la voix et qui peuvent être utiles à tout le monde. Il y a le livre d'Adeline Tognuti qui s'appelle « Anatomie du chant » . Alors là, c'est pour les gens qui veulent vraiment aller un petit peu plus loin sur la voix. Mais ça explique vraiment le fonctionnement anatomique de la voix adapté à la prise de parole et au chant. Et il y a le livre de Jean Sommer qui s'appelle « La voix, cet outil du pouvoir » . et qui là va à la fois rentrer dans les placements de voix, la physiologie, mais aussi et surtout dans l'histoire qui se raconte dans les voix, pourquoi on place notre voix comme ci ou comme ça, et en quoi elle nous est utile professionnellement. Celui-là, il est vraiment très intéressant à aller décortiquer.
- Speaker #1
Écoute, c'est génial que tu cites Jean, parce que justement, j'ai enregistré en studio avec lui la semaine dernière pour un épisode en vidéo, et qui sera disponible en audio ici aussi. Donc effectivement, Jean qui est passionnant. on a plus parlé de son parcours et sa vision de la voix et de la parole que réellement un épisode habituel. C'est pour ça d'ailleurs qu'on l'a fait en studio et qu'on l'a filmé. Et je ne sais pas encore si ça sera diffusé avant ou après ton épisode, Jeanne, mais en tout cas les deux épisodes, je pense, sont très très complémentaires. Donc trop bien que tu termines en le citant.
- Speaker #0
Eh bien génial, je lui dois beaucoup à Jean sur mon parcours de coach vocal, donc c'est vraiment avec joie que je cite son travail que je trouve extraordinaire.
- Speaker #1
Eh bien écoute Jeanne, un très très grand merci pour tout ce que tu nous as partagé. On est sur un épisode un peu plus long que d'habitude, mais je pense que ça valait le coup parce que sans voix, à un moment donné, il n'y a plus de paroles. Donc, prenez le temps de bosser tout ça parce que c'est ça qui va vous aider à déployer vos prises de paroles. Encore un grand merci, Jeanne.
- Speaker #0
Avec plaisir, Jean-Corentin. Merci beaucoup.
- Speaker #1
À bientôt. Merci d'avoir suivi cet épisode jusqu'au bout. J'espère qu'il vous a plu et surtout qu'il vous sera utile. Si c'est le cas, pensez à lâcher la plus belle note sur votre plateforme d'écoute et à partager ce podcast autour de vous. Je compte sur vous, c'est super important pour moi. Et dans tous les cas, on se retrouve la semaine prochaine pour développer une nouvelle compétence oratoire. Allez, ciao !