Speaker #0Bonjour à tous et bienvenue dans la Bulle Express, le seul podcast qui débloque une compétence ou un savoir sur la prise de parole en moins de 10 minutes. Moi c'est Jean-Corentin, coach et formateur en pitch et prise de parole. Depuis 2020, j'ai aidé plus de 1300 personnes à faire de la parole une alliée dans leur croissance personnelle et professionnelle, et je vous partage tout dans ces épisodes. Alors que ce soit pour affiner votre leadership, optimiser votre gestion d'équipe ou maîtriser l'art de la persuasion, la Bulle Express, c'est votre accélérateur de succès. Bonne écoute à tous ! Il y a des gens qu'on croit avant même qu'ils ouvrent la bouche. Ils n'ont pas besoin d'en faire des tonnes ni de hausser le ton. Leur seule présence impose naturellement le respect. Et à l'inverse, il y a ceux qui parlent, parlent, sans que personne ne les écoute. La différence entre les deux, c'est la crédibilité. C'est ce qui fait qu'on vous écoute, qu'on vous croit et qu'on vous suit. Et le plus fascinant, c'est que cette crédibilité, elle commence avant même de parler. Dans cet épisode, on va comprendre comment elle se construit grâce à trois piliers simples mais puissants. La compétence, la fiabilité et la bienveillance. Trois leviers qui, ensemble, transforment votre parole en autorité. La crédibilité, elle commence bien avant le premier mot. Avant même que votre voix ne s'élève, votre image parle déjà pour vous. C'est ce qu'Aristote appelle l'éthos prédiscursif. Tout ce que le public pense, ressent ou sait de vous avant que vous ne preniez la parole. Autrement dit, votre crédibilité ne n'est pas sur scène, elle va seulement s'y confirmer. Cet éthos prédiscursif, il repose sur trois types de signaux. D'abord les signaux sociaux, votre rôle, votre expérience, vos accomplissements connus ou perçus. Parce qu'on n'écoute pas de la même façon un expert reconnu, un collègue de longue date ou un inconnu qu'on découvre. Ensuite les signaux relationnels, la confiance que vous inspirez déjà et la façon dont vous êtes recommandé ou introduit. Je vous présente quelqu'un de brillant, prépare bien mieux le terrain qu'un simple « on passe à la personne suivante » . Et enfin les signaux non-verbaux. Votre manière d'entrer, de regarder, de vous tenir, de respirer. Car ces éléments complètent l'image mentale que l'auditoire a déjà de vous. Prenez un exemple simple. Une formatrice qu'on sait être exigeante, passionnée, mais toujours bienveillante. Avant même qu'elle ne parle, on s'attend à ce que son discours soit structuré, vivant et précis. Et cette attente influence directement la façon dont on va recevoir ces mots. Pour travailler ça, je vous propose un exercice. Demandez à trois personnes issues de contextes différents, par exemple un collègue, un ami et un client, ce qu'elles perçoivent de vous avant même que vous ne parliez. Et voyez qu'elles me reviennent. Autorité, calme, sympathie, détachement. Cette image, c'est votre éthos prédiscursif. Et elle est précieuse parce qu'elle détermine la disposition d'écoute de votre public avant même la première phrase. Travailler votre crédibilité, c'est donc commencer bien avant la scène. C'est construire une réputation de fiabilité, une présence rassurante, une cohérence entre ce que vous êtes et ce qu'on attend de vous. Maintenant que vous avez préparé le terrain, vous vous lancez. Et pendant la prise de parole, la crédibilité se joue dans un mot-clé, la cohérence. La cohérence entre ce que vous dites, ce que vous montrez et ce que vous êtes. C'est ce qu'Aristote appelait l'éthos discursif, celui qui s'exprime dans l'acte même de parler. Autrement dit, votre parole devient crédible si elle confirme l'image que votre auditoire avait déjà de vous et si elle s'accorde avec les valeurs que vous incarnez. Un orateur peut être excellent techniquement, s'il dit des choses douteuses, approximatives ou contraires à ses actes, il perdra immédiatement en crédibilité. Et à l'inverse, Quelqu'un qui est plus maladroit mais sincère et précis dans ses arguments paraîtra souvent plus fiable. La crédibilité ne se joue donc pas dans la perfection mais dans l'alignement, quand le fond et la forme se renforcent mutuellement. La compétence ici, elle va se manifester par la rigueur de vos propos. Est-ce que ce que vous affirmez repose sur des faits, sur des données, sur une expérience vécue ? Est-ce que vous êtes capable d'admettre une limite ou une nuance sans perdre votre aplomb ? Parce que paradoxalement, Reconnaître qu'on ne sait pas tout renforce notre crédibilité. Ensuite, la fiabilité, elle va transparaître dans votre stabilité émotionnelle, votre calme, votre rythme, votre manière de gérer une objection ou une question déstabilisante. Un orateur crédible ne cherche pas à avoir raison à tout prix, il cherche à être juste. Et enfin, la bienveillance, cette capacité à vouloir éclairer plutôt qu'à vouloir impressionner. Quand vous parlez avec le souci réel d'apporter de la clarté à votre public, ça se sent. Et c'est souvent ce qui distingue un orateur qu'on écoute d'un orateur qu'on admire. Pour travailler ça, je vous propose d'enregistrer une intervention, puis d'analyser deux choses distinctes. D'abord le fond. Est-ce que tout ce que vous dites est vrai, clair et utile pour votre public ? Et ensuite la forme, est-ce que votre manière de parler renforce ou affaiblit ce message ? Puis comparez les deux et demandez-vous, est-ce que ma parole respire la cohérence ? Si la réponse est oui, bravo, vous êtes sur la bonne voie. Contrairement à ce qu'on entend souvent, la crédibilité ne s'arrête pas au dernier mot. Elle se prolonge après la prise de parole dans ce qu'on appelle l'éthos post-discursif. La manière dont vos actes, vos décisions et vos comportements viennent confirmer ou au contraire contredire votre discours. C'est sans doute la partie la plus exigeante, parce qu'elle ne dépend plus du tout de votre performance oratoire, mais de votre constance. Vous pouvez prononcer le discours le plus convaincant du monde. Si derrière vos actes ne suivent pas, votre crédibilité s'effondre. La confiance, c'est un capital. Elle se construit lentement, mais elle se perd à la première incohérence. On l'a vu à grande échelle avec l'exemple de Nicolas Hulot. En tant que défenseur de l'écologie, il a été très critiqué pour l'usage de plusieurs SUV dans sa vie personnelle. Ce décalage perçu entre le discours Merci. public et la pratique privée a clairement fissuré son image. C'est ça les tosses post-discursifs, la trace que la parole laisse quand les actes ne la confirment plus. C'est pour ça qu'un bon orateur n'est pas seulement un bon parleur, c'est quelqu'un dont la parole engage, quelqu'un qui fait ce qu'il dit et qui dit ce qu'il fait. Dans le monde professionnel, cette trace est tout aussi décisive. Un manager qui tient ses promesses, un formateur qui rappelle un participant, Un dirigeant qui assume ses choix, même quand ils sont impopulaires. La crédibilité, ça n'est pas de briller à un instant T, c'est d'être fiable dans le temps. Pour travailler ça, repensez à votre dernière intervention marquante. Qu'avez-vous fait après ? Avez-vous donné suite à ce que vous aviez annoncé ? Un mail envoyé, une action lancée, une promesse tenue ? Ou au contraire, un silence que vous auriez laissé ? Notez-le honnêtement. C'est cette étape qui transforme une belle parole en parole crédible. Parce qu'au fond, la crédibilité, ce n'est pas un instant, c'est une preuve par l'habitude. Vous l'aurez compris, la crédibilité ne se résume pas à une posture ni à un temps assuré. C'est un équilibre permanent entre ce qu'on dégage, ce qu'on dit et ce qu'on fait. Avant la parole, elle repose sur votre image et votre réputation, l'éthos prédiscursif. Pendant, elle s'incarne dans la cohérence entre le fond et la forme, l'éthos discursif. Et après, elle se confirme ou s'effondre, selon vos actes, l'éthos postdiscursif. La crédibilité, c'est donc un fil continu. Ce que vous êtes, ce que vous dites et ce que vous faites doivent raconter la même histoire. Et si vous deviez ne retenir que la même chose, qu'une phrase de cet épisode, ce serait celle-ci. La crédibilité ne se décrète pas, elle se construit. Cet épisode était le premier d'une série de trois épisodes sur la crédibilité. Dans les prochains épisodes, on va voir comment aller plus loin. D'abord avec les sept leviers rhétoriques pour inspirer confiance, puis avec les biais et signaux invisibles qui influencent la perception qu'on a de vous. Merci d'avoir écouté la bulle express. Si cet épisode vous a appris quelque chose, Prenez 10 secondes pour laisser une note sur votre plateforme d'écoute. C'est la meilleure façon de soutenir ce podcast et de m'aider à le faire découvrir à d'autres passionnés de la parole. Et on se retrouve très vite pour la suite du cycle sur la crédibilité. Et d'ici là, continuez à parler vrai, à agir juste et à construire votre crédibilité un mot à la fois. Allez, ciao !